Jamais d’engrais azoté au semis
En brefEn zone vulnérable, la règle générale des arrêtés préfectoraux est de ne pas apporter d'azote sur légumineuses. |
Cette double activité permet à la culture de s’alimenter en azote sans qu’il soit nécessaire d’apporter des engrais azotés.
Attention ! Un apport d’engrais azoté aux alentours du semis est nuisible car il empêche les nodosités de s’installer et de fonctionner, ce qui pénalise la culture durant tout son cycle.
Privilégier une fertilisation azotée en végétation plutôt qu'au semis du tournesol
En zones vulnérables, se référer aux arrêtés préfectoraux
Dans tous les cas, respecter strictement les réglementations en vigueur, notamment les arrêtés préfectoraux en zones vulnérables*. Les arrêtés préfectoraux diffèrent d'une région à une autre, dans les méthodes de calcul et les grilles de références.
* Liste des communes en zone vulnérable : voir le site de votre Chambre d'agriculture, DREAL ou DRAAF.
Raisonner la fertilisation azotée du tournesol
Les besoins en azote du tournesol sont modérés. Ils sont proportionnels au rendement à raison de 4,5 kg d'azote absorbé par quintal. Au delà de 150 kg d'azote absorbés/ha, l'azote n'est plus limitant.
Bien enraciné, le tournesol mobilise l’azote minéral des couches les plus profondes du sol qui lui fournit alors une grande partie de ses besoins, voire la totalité. La fertilisation azotée vise à compléter les fournitures du sol, si nécessaire, afin de satisfaire les besoins de la plante.
Pour déterminer la dose d'azote à apporter, il existe deux méthodes :
- l'estimation des besoins à partir des reliquats et de l'objectif de rendement (méthode du bilan)
Privilégier une fertilisation azotée en végétation plutôt qu'au semis
Un apport d'azote en végétation est souvent mieux valorisé qu'un apport au semis car il est mieux synchronisé avec la période de besoin maximum de la culture.
Pour apporter l’azote en végétation sans risque, utiliser une forme solide (ammonitrate ou urée), par temps sec, avant le stade 14 feuilles.
L’application de solution azotée est déconseillée ; elle n’est possible qu’en équipant le pulvérisateur de pendillards. Cet équipement évite de brûler les boutons dans le cas du report de l'intervention au delà du stade "14 feuilles'' (en raison par exemple de contraintes de temps de travail ou météorologiques).
Eviter les excès d'azote
- ils favorisent l'exubérance de la végétation, le développement des maladies (sclérotinia, phomopsis, botrytis) et la verse, ce qui pénalise le rendement ;
- ils abaissent la teneur en huile des graines d'un demi point pour 50 unités en trop, ce qui pénalise la qualité de la récolte. La teneur en acide oléique n'est pas affectée.
En revanche, quand on n'apporte pas d'engrais, ou trop peu là où il aurait fallu en fournir plus, on perd du rendement à cause des carences en azote (nombre de graines réduit et déficience photosynthétique)
Estimation des besoins à partir des reliquats et de l'objectif de rendement
En zone vulnérable vis à vis de la teneur en nitrate des eaux, respecter les arrêtés préfectoraux établissant les référentiels régionaux de mise en œuvre de l'équilibre de fertilisation azotée.
| Dose d'azote à apporter | |||
| Objectif de rendement | |||
| 25 q/ha (sol superficiel) (1) | 35 q/ha (sol profond) (2) | ||
| Reliquat d'azote minéral dans le sol au semis | faible (30 u) | 40 à 80 u | 80 à 100 u |
| moyen (60 u) | moins de 40 u | 40 à 80 u | |
| elevé (90 u) | 0 u | moins de 40 u | |
(1) argilo-calcaire superficiel, sol sableux, cranette
(2) limon, limon argileux, argile limoneuse, craie.
Si la minéralisation est forte, choisir la valeur basse de la fourchette et inversement. Les reliquats d'azote au semis se mesurent en prélevant des échantillons de sol à différentes profondeurs, par exemple par couche de 30 cm d'épaisseur jusqu'à 90 cm, voire 120 cm pour les sols les plus profonds. Ils peuvent être estimés à partir des résultats mesurés chaque année sur des réseaux de parcelles de référence ou calculés grâce à des logiciels de fertilisation azotée.
Le soja, une légumineuse à inoculer
Le soja est une légumineuse qui possède la particularité de pouvoir fixer l’azote de l’air lorsqu’elle forme une symbiose avec une bactérie du genre Bradyrhizobium. Se forment alors des nodosités sur le système racinaire.
La bactérie apporte l’équipement enzymatique nécessaire à la fixation biologique de l’azote, et la plante, via la photosynthèse, les substrats carbonés nécessaires au fonctionnement de l’association. Lorsque l’association fonctionne bien la plante peut assurer jusqu’à 80 ou 90% de ses besoins en azote par la fixation biologique. Le soja est une plante originaire d’Asie. Son exploitation agricole en Europe occidentale n’a été envisagée que très récemment (fin des années 1930). C’est à cette période qu’il a été constaté l’absence de la bactérie symbiotique dans les sols français et donc la nécessité d’apporter la bactérie par inoculation.
Parcelle de soja présentant un défaut d’inoculation
C’est à partir des années 60 que l’INRA, avec l’appui de Terres Inovia, a réalisé l’ensemble des travaux permettant de choisir une souche de Bradyrhizobium japonicum et de définir les critères de qualité des inocula (concentration, absence de contaminant, identité de la souche, absence d’interactions variétés x souche). Depuis 1980, c’est la souche G49 qui est utilisée dans les inocula vendus en France et sur lesquels figure la mention « contrôlé par l’INRA ».
Lors d’une première culture de soja sur la parcelle, l’inoculation est donc indispensable. Différents produits commerciaux et méthodes d’inoculation sont disponibles.
Une fois introduit par une 1ere inoculation, les Bradyrhizobium survivent en général très bien à des niveaux qui ne nécessitent pas une ré-inoculation ultérieure. Néanmoins, dans une étude réalisée par l’INRA et Terres Inovia dans les années 90 (* renvoi possible à Revellin et al 1996) il a été montré que certaines situations nécessitaient une ré-inoculation. Il s’agit des cas suivants :
- Sols calcaires avec présence de calcaire actif
- Sols sableux pauvres en matière organique
- Et par sécurité, les parcelles n’ayant pas portée de soja depuis de nombreuses années (> 5 ans)
Les inocula sont des produits contenant des bactéries vivantes, qui nécessitent quelques précautions. Les Bradyrhizobium sont sensibles aux températures trop élevées et aux UV solaires. Les inocula ainsi que les semences inoculées avant semis doivent donc être conservés au frais et à l’ombre.
Fertilisation du tournesol: optimiser la fertilisation phosphatée et potassique
40 u P2O5 et 40 u K2O pour un rendement de 35 q/ha
Si l’on souhaite couvrir les exportations, pour un rendement de 35 q/ha, il faut apporter environ 40 unités d’acide phosphorique et 40 unités de potasse.
Le blocage de la fertilisation phospho-potassique sur les têtes de rotation n’est plus conseillé par le COMIFER (Comité français d'études et de développement de la fertilisation raisonnée). Il est préférable d’apporter les éléments phospho-potassiques nécessaires à chaque culture.
Gestion de la fertilisation phosphatée et potassique
| P2O5 | K2O | |||||
| Objectif de rendement | sol à faible teneur | sol à teneur moyenne | sol à teneur élevée | sol à faible teneur | sol à teneur moyenne | sol à teneur élevée |
| 25 q/ha | 40 u | 30 u | 0 u | 40 u | 30 u | 0 u |
| 35 q/ha | 60 u | 40 u | 0 u | 60 u | 40 u | 0 u |
En l’absence d’apport en année n-1 ou n-2, les quantités peuvent être augmentées de 10 u de P2O5 et de 20 u de K2O.
En cas d’exportations des pailles de céréales avant la culture, rajoutez à ces chiffres, et seulement en sols pauvres, 10 à 20 u de P2O5 et 30 à 40 u de K2O.
Se référer aux grilles diffusées par le COMIFER.
Pas d’intérêt particulier de la localisation
La localisation d’engrais PK sur tournesol n’apporte pas d’avantage par rapport aux applications en plein. Toutefois cette technique peut être utilisée sans inconvénient (même dose qu’en plein).
Attention aux impasses !
Selon l'enquête 2017 de Terres Inovia sur les conduites du tournesol, il y a encore 45% des surfaces de tournesol qui ne reçoivent pas de PK. Les doses moyennes apportées sont de 49 kg/ha de P2O5 (contre 56 kg/ha en 2011 et 51 kg/ha en 2013) et 51 kg/ha de K2O (contre 58 kg/ha en 2011 et 52 kg/ha en 2013).
Le tournesol est une plante considérée comme peu exigeante en phosphore et moyennement exigeante en potasse. Ces éléments combinés aux prix élevés des fertilisants phospho-potassiques peuvent inciter à généraliser les impasses.
Attention, faire des impasses sur une culture doit se faire en connaissance de cause. Il est donc important de réaliser des analyses de sol pour prendre la bonne décision.
Chaque année, quelques parcelles carencées sont observées. Les carences phospho-potassiques freinent la croissance végétative de la plante et limitent son potentiel de rendement.
Carence en potasse sur jeune plante à ne pas confondre avec celle en molybdène.
Les carences sont possibles :
- si les teneurs du sol en élément phospho-potassique sont trop faibles par rapport au besoin de la plante,
- en cas d'enracinement médiocre et de disponibilité en eau limitante.
Inoculer le soja : produits et méthodes
La bactérie symbiotique du soja étant absente naturellement des sols français, une 1ère culture de soja doit être inoculée. Par ailleurs, certaines situations peuvent nécessiter des ré-inoculations de précaution.
Soja inoculé (à gauche) et non inoculé (à droite)
L’offre commerciale d’inocula est aujourd’hui assez large. Elle fait appel à plusieurs méthodes d’inoculation.
On trouve d’abord, les inocula les plus anciens en sachets de tourbe neutralisée et stérilisée avant introduction des bactéries. Ces sachets de 400g contiennent au moins 4 x 1011 bactéries et correspondent à une dose pour un hectare. L’application peut se faire soit sur graine (106 bactéries / graine) soit sur micro-granulés d’argile (10 kg pour un hectare).
L’inoculation sur graine consiste à mélanger les semences avec le contenu du sachet de tourbe et environ un litre d’eau non javélisée ou de lait. Les semences sont ensuite mises dans le semoir en minimisant l’exposition à la lumière.
L’inoculation sur micro-granulés est possible avec un semoir de précision équipé d’un micro-granulateur. Le mélange avec la tourbe se fait à sec. Les micro-granulés sont distribués dans la raie de semis par le micro-granulateur du semoir.
Mélange de la tourbe sur les semences
A partir des années 90 sont apparus sur le marché des adjuvants collants permettant soit une meilleure tenue de la tourbe sur la graine, soit une inoculation liquide directement sur la graine en s’affranchissant de la tourbe. Ces produits permettent également de donner un peu de souplesse à l’agriculteur dans le délai à respecter entre l’inoculation et le semis. Selon les produits, ce délai va de 6 à 48 heures.
Plus récemment, en 2017 un produit associant inoculum liquide et adjuvant carboné permet de porter ce délais inoculation / semis jusqu’à 15 jours, sous réserve de garder alors les semences pré-inoculées au frais et à l’abri de la lumière.
La même année, sont arrivées sur le marché français des semences pré-inoculées en usine. Ce procédé présente l’avantage d’affranchir l’agriculteur des opérations d’inoculation. Néanmoins, ce nouveau produit introduit quelques spécificités méritant vérification. Sa première spécificité est d’introduire une nouvelle souche de Bradyrhizobium dont il convient de préciser quelques propriétés par rapport à la souche historique G49. Par ailleurs, la chaine logistique allant de l’usine à l’agriculteur doit garantir le maintien d’une concentration suffisante sur la graine, alors que le délai inoculation / semis peut aller jusqu’à 2 mois, et que les semences sont exposées à des facteurs de milieu pouvant affecter la survie de la bactérie.
A retenir
|
Documents à télécharger
Listes recommandées tournesol : pour un choix variétal optimal
Parce que la variété est un levier agronomique de premier plan pour répondre aux conditions climatiques et sanitaires locales et que l’adéquation entre choix de la variété et territoire est déterminante, Terres Inovia propose aux agriculteurs et techniciens un conseil variétal tournesol sous forme de « listes recommandées».
Choisir une variété de la liste recommandée, c’est l’assurance de bénéficier à la fois du progrès génétique, d’un bon niveau de performance et de caractéristiques agronomiques adaptées à son contexte de production.
Des listes élaborées chaque année à partir des résultats des essais Terres Inovia-Partenaires
Capture d'écran de l'application MyVar
Terres Inovia élabore les listes recommandées à partir des résultats issus des essais variétés tournesol des réseaux d’évaluation de post-inscription conduits par Terres Inovia et ses Partenaires[1]. Chaque année, à l’issue des résultats annuels, les listes recommandées pour les semis à venir sont mises à jour en y intégrant les derniers résultats.
Toutes les variétés disponibles sur le marché ne sont pas testées dans le réseau Terres Inovia-Partenaires, ainsi seules les variétés mises à disposition de Terres Inovia par leur représentant, dans le cadre de l’évaluation de post-inscription, sont prises en compte.
[1] Après leur inscription au catalogue des variétés commercialisées en France, les variétés font l’objet d’une évaluation par Terres Inovia dans le cadre d’un réseau Terres Inovia-Partenaires. Cette évaluation a lieu dans un réseau d’essais couvrant l’ensemble des régions de production.
Des règles de tri sécurisantes : performance et tolérance sanitaire
Les variétés proposées dans les listes recommandées répondent toutes à des exigences en termes de performance, de régularité et permettent également d’assurer une protection sanitaire minimale : ce sont les critères appliqués à toutes les situations, pour l’ensemble des listes.
Ces contraintes générales sont les suivantes :
- Bénéficier du progrès génétique, avec des variétés inscrites en France depuis maximum 6 ans.
- Productivité et régularité de bon niveau. Sont conservées, les variétés ayant obtenu, lors d’au moins une année d’évaluation, un indice de rendement supérieur ou égal à 100 dans au moins 50 % de nos essais de post-inscription.
- Une tolérance sanitaire minimale : les variétés sont, au minimum, classées Peu Sensible (PS) au phomopsis.
Une expertise régionale et un tri adapté au contexte climatique et sanitaire
Pour répondre à des situations particulières, une liste de « Variétés possibles » est proposée sur chaque bassin de production. Cette liste regroupe des variétés qui ne satisfont pas à tous les critères mais qui présentent un intérêt dans certaines situations locales ; un commentaire de l’ingénieur régional Terres Inovia explicite leur intérêt et/ou les contraintes d’utilisation.
Des choix à la parcelle à faire pour certains critères. Certains critères de choix (tolérance herbicide, mildiou) sont liés à la connaissance de la parcelle : historique maladies et adventices. Ce sera donc à l’agriculteur, avec l’aide éventuelle de son technicien, de faire ses propres choix à partir de la liste proposée en s’appuyant sur les conseils proposés dans le document.
Accéder à myVar : Résultats et recommandations Terres Inovia 2024
Le soja en double culture (dérobé)
Si on dispose d'eau d'irrigation au cours de l'été et que l'on souhaite augmenter ses revenus par ha cultivé, le soja en double culture est une très bonne opportunité, pour les débouchés en alimentation humaine comme en alimentation animale.
Bien maîtrisé et pour un prix de graine compris entre 300 et 600 €/t, il permet de dégager une marge brute de 300 à 1000 €/ha.
Pas de soja en double culture sans irrigation
Irriguer immédiatement après le semis (15 mm en boulbène, 20 mm en sol argileux) pour assurer un démarrage rapide de la culture. Cet apport est à renouveler si besoin.
Après la levée, réaliser un tour d’eau de 30 à 40 mm tous les 8 à 10 jours. Poursuivre l’irrigation jusqu’à fin septembre (environ un mois avant récolte) en ajustant selon les précipitations de l’année.
|
Besoins en eau d’irrigation pour un soja dérobé dans le Sud de la France (rendement visé : 28 à 30 q/ha) |
|||
| Région | Apports d'eau totaux | Nombre de tours d'eau | |
| Sols superficiels | Midi-Pyrénées et Aude* | 200 à 250 mm | 7 à 8 |
| Bordure méditerranéenne | 250 à 300 mm | 8 à 10 | |
| Sols profonds | Midi-Pyrénées et Aude* | 100 à 150 mm | 3 à 4 |
| Bordure méditerranéenne | 150 à 250 mm | 4 à 6 | |
* nord 09, ouest 11, 31, est 32, sud 47, 81 et 82
Réussir l’implantation
Intervenir le plus rapidement possible après la moisson ; retirer les pailles ou les broyer en les répartissant sur la largeur de travail. Le soja en double culture ne se cultive qu'après une culture récoltée tôt (avant fin juin), orge, pois, ail.
Réaliser soit une préparation de sol superficielle (deux déchaumages croisés), soit un semis direct (à condition de disposer d’un équipement adapté), soit un travail du sol localisé sur le rang (type "strip-till"). Il est important d'obtenir un lit de semence très régulier.
En effet, les premières gousses en dérobé sont plus basses qu'en culture principale : un sol irrégulier peut provoquer des pertes conséquentes à la récolte.
Semer le plus tôt possible : les semis les plus précoces sont les plus productifs et permettent une récolte plus précoce dans de bonnes conditions en limitant les frais de séchage
Adapter la précocité à la date de semis et veiller à une densité de semis suffisante.
|
|
Les éléments à double disque de type «planteur» sont bien adaptés pour implanter un soja dérobé. Des équipements annexes comme les chasse-débris rotatifs permettent de semer en présence de résidus en surface (cas du semis direct). 1 : disque d'ouverture 2 : chasse-débris rotatif 3 : roue de jauge 4 : roue de fermeture |
|
|
La technique du travail du sol localisé sur la ligne de semis, "strip-till" permet une implantation rapide en un passage combiné strip-till + semoir monograine ou 2 passages (strip-till puis semoir monograine) du soja en double culture.
|
La précocité, premier critère de choix variétal
Pour assurer une récolte courant octobre, la précocité de la variété doit être adaptée aux conditions pédoclimatiques de la région et à la date de semis.
Choisir des variétés qui offrent un bon compromis entre rendement et teneur en protéines. Si le débouché visé est l'alimentation humaine, accorder une attention particulière à la teneur en protéines.
Privilégier les variétés avec la première gousse haute, ce qui facilitera la récolte (le port du soja en dérobé est bas)
| Groupe de précocité |
Date de semis conseillée | Objectif de peuplement en irrigué (pieds/ha) |
Densité de semis (graines/ha) | |||
| Nord Rhône Alpes Sud Bourgogne | Sud-ouest Sud Rhône Alpes | Bordure méditérranéenne | Pertes d'environ 10% | Pertes d'environ 20% | ||
| I | inadapté en dérobé | inadapté en dérobé | avant le 1er juillet | 400 000 | 450 000 | 500 000 |
| 0 | inadapté en dérobé | avant le 20 juin | avant le 5 juillet | 450 000 | 500 000 | 550 000 |
| 00 | aléatoire en dérobé | avant le 5 juillet | avant le 10 juillet | 500 000 | 550 000 | 625 000 |
| 000 | avant le 1er juillet | 550 000 | 600 000 | 700 000 | ||
En large écartement entre rangs (supérieur à 40 cm), l'objectif de peuplement peut-être réduit de 10 %.
¹ Possible uniquement les années où les cultures d'hiver libèrent le sol très tôt.
² pour un développement végétatif optimal, ne pas dépasser un écartement de 40 cm.
Surveiller les limaces
Intervenir si besoin en cas de présence.
Désherber soigneusement
Moins haut et moins ramifié qu'en culture principale, le soja dérobé est moins concurrentiel vis à vis des mauvaises herbes. Préférer le désherbage de post-levée (PULSAR 40, BASAGRAN SG, CORUM, divers antigraminées à action foliaire). La croissance rapide du soja et des adventices sur le mois de juillet implique très souvent un 1er passage de postlevée dès trois semaines après le semis. Eviter les heures chaudes et les temps très secs. Intervenir sur des adventices jeunes (dicoltylédones de 2 à 6 feuilles ; antigraminées d'une feuille à un talle maximum).
Le soja dérobé en mode biologique est possible, le contrôle des adventices y est néanmoins plus délicat qu'en culture principale car la culture est moins concurrentielle.
Conduites de culture optimales
| Préparation superficielle Semis direct | |
| Moisson avec retrait rapide des pailles ou broyage avec répartition des pailles sur la largeur de travail | |
|
• Deux déchaumages croisés • Semis au semoir à céréales ou au semoir monograine • 1er tour d'eau juste après : 20 mm en sol argileux ; 15 mm sur boulbène ( à renouveler si besoin)
|
• Semis direct avec un semoir adapté • 1er tour d'eau juste après : 20 mm en sol argileux ; 15 mm sur boulbène ( à renouveler si besoin) • A partir de la 1ère feuille trifoliée du soja et selon les levées d'adventices, désherbage de postlevée en évitant les heures chaudes de la journée et les hygrométries trop faibles. |
Marges brutes indicatives en soja double culture, selon le prix de la graine
Dans le sud de la France, le soja en double culture est compétitif dans les situations où il peut recevoir 150 à 250 mm d’eau d’irrigation. (Pour des doses totales d’irrigation inférieures à 100 mm, la double culture de tournesol est plus appropriée).
Dans le sud de la Bourgogne et dans le nord de Rhône-Alpes, avec des variétés de groupe de précocité 000 semées avant le 1er juillet, le soja en double culture est possible y compris dans les situations peu irriguées (dose totale < 100 mm).
| Poste | €/ha | Commentaires |
| Variété | 180 | Densité de semis = 600 000 graines/ha (6 doses achetées/ha) |
| Inocumum | 32 | Inoculation sur semences ou microgranulés |
| Herbicide | 90 | PULSAR 40 en 1 ou 2 passages puis antigraminées |
| Irrigation (220 mm à 0.07 €/m³ | 155 | 5 à 6 apports de 40 mm chacun |
| Charges opérationnelles | 456 | |
| Rendement indicatif | 27 q/ha | |
| Marge brute |
85 €/ha pour un prix de la graine de 200 €/t 625 €/ha pour un prix de la graine de 400 €/t 1030 €/ha pour un prix de la graine de 550 €/t |
|
Optimiser son semis pour limiter les risques maladies
Optimiser le semis pour réduire le risque sclérotinia
Pour limiter le risque sclerotinia, éviter les fortes densités et choisir un interligne assez large, de 50 à 60 cm permettant une fermeture des lignes moins rapide et ainsi de mieux aérer le soja. Ceci évite de créer un micro-climat sous couvert favorable au développement du sclérotinia.
Semis de soja en dérobé
Diminuer la pression sclérotinia par la lutte biologique appliquée au semis
En situation à risque sclérotinia, il est possible de réduire le potentiel infectieux de la parcelle à l’aide de l’agent de biocontrôle LALSTOP CONTANS® WG en pré-semis (de préférence un mois avant le semis) à 2 kg/ha, en première utilisation (efficacité variable dans nos essais, allant jusqu'à 70 %). Juste après l’application, incorporer le produit de biocontôle par un travail du sol superficiel (4 à 5 cm) qui optimise le contact avec les sclérotes.
Car pour être efficace, LALSTOP CONTANS® WG doit être mis en contact direct avec les sclérotes. Cet usage assure une destruction des sclérotes superficiels qui permet de réduire la pression d'inoculum (émission d’ascospores qui contaminent les fleurs de soja) et limiter les attaques de sclérotinia.
LALSTOP CONTANS® WG est biocompatible avec certaines spécialités phytosanitaires. Ne pas mélanger LALSTOP CONTANS® WG avec les engrais liquides. Pour tout renseignement complémentaire, nous vous invitons à contacter la société LALLEMAND SAS – 4 Route de Beaupuy – 31180 Castelmaurou. Tél : 05 34 27 67 80.
|
La spécialité LALSTOP CONTANS® WG est autorisée en mode biologique, par la directive européenne 2092/91. |
Identifier la bonne parcelle pour le pois chiche
Le pois chiche est une culture méditerranéenne qui appréciera les sols filtrants avec un bon pouvoir de réchauffement au printemps. Veiller à éviter toutes parcelles hydromorphes, la culture étant très sensible aux excès d’eau. Ce phénomène pénalise la levée et accentue fortement les pertes de pieds.
Le pH de la parcelle est un critère important qui influera la mise en place de la symbiose et des nodosités. Le Mesorhizobium est, à priori, présent dans les sols à pH alcalin (>7) du sud de la France.
Parcelle de pois chiche
Les limons froids, battant et/ou acide sont donc à éviter. De même, prudence dans les sols profonds et riches qui auront tendances à favoriser un développement végétatif exubérant. Cela accentuera le risque de verse, même si la culture y est généralement peu sensible.
Pour éviter tous risques de maladies (fusarioses, ascochytose), ne pas implanter de pois chiche sur une même parcelle avant une période d’au moins cinq à six ans.
Enfin, la valorisation de cette espèce est destinée à l’alimentation humaine. On évitera donc les parcelles où la présence de morelle, xanthium ou datura est avérée, au risque de voir sa culture déclassée.
A retenirPrivilégier les parcelles sans flore difficile, à réserve utile moyenne à superficielle, non hydromorphes, bien exposées et avec un pH compris entre 7 et 9. Les argilo-calcaires sont par exemple des sols propices à la culture. Rotation d’au moins 5 à 6 ans. |
Le tournesol : une culture qui s’adapte à différents modes d’implantation
Le tournesol est appelé à subir des stress hydriques plus ou moins contraignants selon les situations géographiques et le contexte pédologique. En l’absence d’irrigation, pendant la période de mise en place du potentiel, les besoins en eau et minéraux doivent être couverts pour assurer une surface foliaire suffisante.
Durant la phase de reproduction, fréquemment sèche, le potentiel exprimé est dépendant de bon fonctionnement de la plante et sa capacité à conserver une surface foliaire suffisante. Pour cela, la qualité d’enracinement est déterminante pour assurer l’alimentation en eau et ainsi limiter la chute rapide de l’indice foliaire, lors des phases contraignantes.
Assurer une bonne levée ainsi qu’un enracinement performant est indispensable pour obtenir un tournesol robuste capable de résister aux stress climatiques. Pour cela, il convient d’avoir un sol bien structuré.
Un couvert végétal, installé en été, peut précéder le tournesol. Une destruction hivernale laisse alors du temps pour préparer le sol. Certaines destructions sont plus tardives et modifient les stratégies d’implantation habituellement pratiquées. Quelle que soit la démarche, la levée doit être rapide et la croissance racinaire verticale sans obstacle pour limiter sa progression.
Le principe de base du travail du sol en tournesol : offrir une bonne structure de sol
Le tournesol est une plante à racine pivotante et à cycle court. Ces deux caractéristiques en font une culture exigeante vis-à-vis de la structure du sol. Le travail du sol jusqu’au semis doit donc être raisonné en fonction de cet état structural, de l’encombrement en surface par les résidus végétaux (du précédent voire de l’éventuel couvert) et des fortes exigences de la culture par rapport à la qualité du lit de semences (présence de terre fine nécessaire). Un obstacle au développement racinaire de la culture (zone tassée ou lissée) ou un défaut de qualité du lit de semences peut occasionner des pertes importantes en rendement (> 10 q/ha) et une dégradation de la qualité (baisse du % d’huile).
Un choix en fonction de son sol
Les sols fragiles (taux d'argiles ≤ 15% ou faible taux de matières organiques) et les sols tassés (ex : récolte tardive du précédent en conditions humides) demandent en général une restructuration en profondeur. Le travail profond, par exemple avec un décompacteur, crée alors une structure de sol favorable à la progression des racines.
Les autres sols, à bonne capacité naturelle de restructuration et n'ayant pas subi de tassements, peuvent ponctuellement s’affranchir d’un travail profond. Cela peut être le cas dans les sols argileux ou riches en matières organiques. La réussite des techniques de travail très superficiel (< 5 cm) ou du semis direct est trop aléatoire en tournesol pour qu’elles soient conseillées. En effet, elles augmentent fortement les risques de tassement superficiel et de limaces, auquel le tournesol est très sensible. Elles allongent aussi la durée de levée à cause d’un réchauffement plus lent du sol au printemps.
Un labour réalisé en bonnes conditions permet l'ameublissement du sol en profondeur et assure en outre l'incorporation des pailles de la céréale précédente.
En non labour, un travail profond réalisé en conditions adéquates est conseillé, en particulier si le sol s'avère tassé. Ce travail de fissuration sera réalisé dès la fin de l'été en sol argileux pour constituer des éléments grossiers qui évolueront avec les séquences climatiques de l’automne-hiver (gel-dégel, sec-humidité). En sol limoneux, il aura lieu au printemps.
Cas d’un couvert détruit mécaniquement ou par le gel durant l’hiver.
1. Labour hivernal pour implanter un tournesol; 2.Tournesol en milieu argilo calcaire, travail hivernal et affinage au printemps.
C’est un cas très courant. Le couvert disparait durant l’hiver, l’agriculteur peut donc faire un travail profond hivernal sous forme de labour ou avec un outil à dents. L’intervention se déroule en situation ressuyée ou sur un sol légèrement gelé.
En sols argileux, ce travail peut être grossier, les différentes séquences climatiques hivernales puis de début de printemps permettent généralement un effritement ou éclatement des mottes. Si les conditions météorologiques le permettent c‘est également l’occasion d’avoir des levées d’adventices. Si ces levées sont précoces, un travail superficiel de fin d’hiver doit les éliminer. Une nouvelle germination est également possible, elle sera détruite au moment du semis.
Ces deux passages, en situations saines permettent non seulement d’éliminer une ou deux levées d’adventices, mais aussi d’affiner, aplanir et réchauffer le lit de semences.
En sols légers, limono sableux par exemple, un travail profond hivernal de type labour ou passage d’outil à dents est possible. La reprise superficielle est dans ce contexte pédologique effectuée juste avant le semis pour éviter les risques de forte humidité du sol encourus en cas de fortes pluies sortie hiver. Ce travail de pré semis de niveler, affiner le lit de semence et d’éliminer les adventices.
Cas d’un couvert détruit très tardivement, juste avant le semis.
Le couvert « mulché » retient la terre et le tournesol, dans des coteaux très arrosés
Cette stratégie est fréquente en milieu sensible à l’érosion et en agriculture de conservation ou on limite autant que possible les interventions mécaniques, profondes en particulier.
Le couvert (féveroles et phacélies par exemple) est roulé quelques jours avant le semis. Un passage d’outil superficiel est parfois nécessaire. La herse rotative est privilégiée. Le fait que cette herse soit animée évite les risques de bourrage et l’effet « râteau ». Le semis peut ensuite avoir lieu sur un sol encombré certes mais avec des résidus hachés et répartis de façon à ne pas nuire à la qualité de positionnement de la graine. Ce passage d’herse peut également servir à détruire les jeunes adventices. Le rôle du couvert est bien entendu de limiter leur apparition (ombrage).
Cette pratique est envisageable si le sol est bien structuré, ce à quoi l’enracinement du couvert doit participer. Lors de l’implantation de la culture précédente, ou lors de l’installation du couvert, un travail profond peut être nécessaire pour fragmenter un sol qui présenterait des zones de compaction ou des ruptures de porosité dans la couche labourable. Un test bêche ou des sondages au pénétromètre sont conseillés pour prendre connaissance de l’état structural.
Cas du strip till
Semis de tournesol derrière fissuration de la ligne de semis avec un strip till en sol limono sableux.
L’utilisation de cet outil qui combine plusieurs éléments pour fissurer, affiner et rappuyer la zone travaillée en un seul passage est possible mais, à adapter au contexte pédologique.
En sol argileux, il semble préférable de privilégier un passage de fin d’été ou automnal en situation sèche, dans un couvert ou lors de son installation. La reprise de printemps est effectuée juste avant le semis et peut consister en un simple roulage ou roulage suivi d’un passage de herse rotative. Le semis du tournesol a lieu dans la zone fissurée. Le guidage est indispensable.
En sols légers, type limono sableux, le passage du strip-till peut avoir lieu juste avant ou au moment du semis, dans un couvert mulché et haché.
Le sol est fissuré sur 18 -19 centimètres. On observe des racines anciennes et les mottes se détachent facilement.
Cas du semis direct
Le tournesol apprécie les sols affinés, bien structurés avec un lit de semence réchauffé. A priori, la pratique du semis direct ne parait indiquée pour implanter le tournesol. Toutefois dans des situations très bien structurées, cette stratégie est possible. Il est conseillé d’attendre un réchauffement du sol suffisant pour assurer une levée et un début de croissance rapide. Les pratiques permettant d’évaluation de la qualité structurale sont indispensables (test bêche, pénétromètre).
En résumé
Efficacité des techniques de travail du sol en tournesol
Le semis a lieu dès que les conditions le permettent
Le semis s’effectue sur un sol bien ressuyé. Il est préférable qu’il soit suffisamment réchauffé. Plus de 10° en surface et au moins 8° dans le lit de semence sont nécessaire pour assurer une levée rapide et régulière. Il est conseillé de débuter les semis dès le début d’une phase de réchauffement, en particulier si les prévisions météorologiques prévoient la poursuite de ce réchauffement. Il est évidement déconseillé de semer en sol frais sensible au tassement. La vitesse de semis doit être réduite (7 à 8 kilomètres/heure au plus) pour assurer un positionnement régulier de la graine à la profondeur souhaitée.