Réussir l’implantation du tournesol débute par un travail du sol raisonné !
Le tournesol est une plante à pivot et à cycle court, ce qui rend cette culture très exigeante vis-à-vis de la qualité d’implantation, notamment pour assurer l’installation du peuplement et mieux supporter les périodes de stress hydrique par un bon enracinement. Tout défaut d’enracinement entraine une perte de rendement (jusqu’à 10 q/ha) et de qualité (% d’huile).
Le tournesol est une plante à pivot et à cycle court, ce qui rend cette culture très exigeante vis-à-vis de la qualité d’implantation, notamment pour assurer l’installation du peuplement et mieux supporter les périodes de stress hydrique par un bon enracinement. Tout défaut d’enracinement entraine une perte de rendement (jusqu’à 10 q/ha) et de qualité (% d’huile).
La préparation du sol vise 4 objectifs principaux :
- Assurer la porosité du sol,
- Assurer un lit de semence homogène et rappuyé,
- Favoriser un réchauffement rapide du sol,
- Contrôler la présence précoce des adventices.
Assurer un bon état structural
L’objectif du travail du sol est de corriger les défauts de structure pour ameublir le sol et permettre un bon enracinement. L’idéal est de viser 15 cm de structure poreuse (cf. illustration ci-dessous).
Un bon enracinement aidera la plante à s’adapter aux périodes de stress hydrique, notamment durant la floraison où le tournesol est le plus sensible à la restriction d’eau.
L’adaptation du tournesol aux différents modes d’implantation est récapitulée dans le tableau ci-dessous.
Adapter la préparation au contexte de l’année et au type de sol
ATTENTION : avant de réaliser un travail du sol, vérifier son état d’humidité en profondeur. Cette observation se fait à l’aide d’une bêche. La présence de mottes encore humides entre 15 et 20 cm de profondeur vous incitera à décaler l’intervention de quelques jours pour permettre le ressuyage et limiter la création d’une zone non favorable à la croissance de la racine. Cette année, cette observation est d’autant plus importante, compte tenu des précipitations hivernales.
Source : Arvalis
Si vous réalisez un travail profond en sortie hiver dans un sol encore humide en profondeur, vous risquez de tasser le sol et/ou limiter l’efficacité du passage de l’outil. Sur la photo ci-dessous, un passage d’outil a été réalisé à 15 cm dans un sol encore en condition plastique. Vous observez la restructuration sur le passage de la dent mais son action a été insuffisante entre les dents. Dans ces conditions, l’implantation du tournesol sera pénalisée.
Gestion des sols argileux
Les sols argileux présentent une forte capacité de rétention en eau, une sensibilité au compactage et une tendance à former des mottes si le travail est réalisé en conditions humides.
Dans la plupart des situations, un travail d’hiver a déjà été réalisé (soit un labour, soit un passage d’outil profond sur 15-20 cm). Les préparations profondes à la dent durant l’été montrent aujourd’hui de belles structures en comparaison des interventions durant l’hiver (passages sur le gel) du fait de conditions de sol plus favorables (sol suffisamment sec et friable).
Hivers plus pluvieux : l’été devient la clé pour préparer les sols
Si le changement climatique entraine une augmentation des pluviométries hivernales, ces interventions profondes, pour restructurer le sol durant l’été et complétées par le semis d’un couvert végétal, seront à favoriser.
Une reprise superficielle (5 à 8 cm selon les outils) sera à réaliser dès que les conditions de sol le permettront afin d’assurer le ressuyage et la préparation du lit de semence. Un second passage sera réalisé quelques jours avant le semis pour finaliser la préparation, niveler et réchauffer le sol. Les outils à disques sont à éviter pour limiter les risques de lissage. Privilégier les outils à dents, voire la herse rotative (pas idéal mais possible dans ce type de sol pour sa capacité à casser les mottes). L’alternance de l’un et l’autre est souvent observée.
Gestion des sols limoneux
Ces sols présentent moins de contraintes que les sols argileux. Ils restent plus faciles à travailler mais sont sensibles à la battance si la surface du lit de semence est trop affinée.
Un travail profond (15-20 cm) peut être réalisé dès que les conditions de ressuyage du sol le permettront (labour ou outil à dents). Par la suite, 1 à 2 interventions seront nécessaires pour affiner le lit de semence, le niveler et le réchauffer. Veiller à ne pas faire trop de terre fine en surface, ce qui augmente le risque de battance. Dans ces conditions, les outils trop énergiques (type herse rotative) sont à proscrire. Privilégiez les outils à dents (type vibro ou herse lourde) qui conserveront des mottes en surface.
Dans les situations de non-labour, le recours à un herbicide non sélectif peut être envisagé pour détruire les adventices notamment les vivaces et les graminées développées qui seront difficiles à détruire mécaniquement et risqueraient de repiquer dans le tournesol.
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Tournesol : bilan de campagne 2025 en Centre-Val de Loire
Après une campagne 2024 catastrophique, le rendement moyen, 2025 est légèrement meilleur, mais reste en-dessous de la moyenne historique. 2025 est parmi les 10 plus mauvaises années sur les 35 dernières. Cette moyenne cache comme d’habitude une forte hétérogénéité. On observe un effet important nord-sud de la région selon les pluies au cours du cycle, mais aussi en fonction de la réserve utile et la présence ou non de l’irrigation.
Le rendement régional est proche de 22,5 q/ha. Les échos cultures vont de quelques quintaux à plus de 40 q/ha en situation irriguée.
Ce bilan de campagne s’appuie sur les données mises à disposition par de nombreux partenaires régionaux, notamment par le groupe DIA Tournesol Centre-Val de Loire, que je remercie.
Pour ce bilan de campagne 2025, une sélection de stations météorologiques et d’illustrations a été réalisée. Vous pouvez retrouver plus d’éléments dans le « Diaporama Bilan Tournesol 2025 ».
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Pour ce bilan de campagne 2025, une sélection de stations météorologiques et d’illustrations a été réalisée.
j.charbonnaud@terresinovia.fr
Préparation avant le semis du tournesol : une étape cruciale pour l’implantation
La reprise des parcelles avant le semis est déjà une étape clé dans la perspective d’obtenir d’un tournesol robuste. L’enjeu principal cette année consistera à réaliser les opérations de préparation du sol dans de bonnes conditions d’humidité.
La reprise des parcelles avant le semis est déjà une étape clé dans la perspective d’obtenir d’un tournesol robuste. L’enjeu principal cette année consistera à réaliser les opérations de préparation du sol dans de bonnes conditions d’humidité.
Deux enjeux majeurs sont à considérer lors de la mise en œuvre des opérations de préparation au semis :
1-Préserver l’état structural du sol
Sur sols argileux, l’état structural du sol ne doit absolument pas être dégradé par les opérations de préparation au semis. Aussi, en fin d’hiver, le travail profond est à éviter. Seules des conditions de parfait ressuyage sur la profondeur de travail, qui devraient être rarissimes cette année, offrent des possibilités de fissuration et d’aération des sols argileux.
Pour les sols limoneux, un travail profond de fissuration ou un labour peuvent, s’ils sont nécessaires, être envisagés même tardivement, juste avant le semis du tournesol.
2-Obtenir un lit de semence qui comporte au moins autant de terre fine que de mottes pour assurer un bon contact terre-graine.
Attention, un trop grand nombre de passages peut générer de la terre fine en excès, ce qui peut être préjudiciable dans les sols sensibles à la battance ou à l’érosion.
Raisonner le type d’outils, ainsi que le nombre de passages est indispensable
La préparation des parcelles en sortie d’hiver s’appuie sur 2 piliers :
- Travailler des sols ressuyés, à consistance friable sur tout le profil travaillé. C’est le cas si les mottes, pétries dans la main, s’émiettent sans coller et donnent de la terre fine. Cette règle fondamentale invite à réaliser des observations très régulières de la consistance du sol, sur toute la profondeur de travail envisagée. Cela semble particulièrement crucial après l’hiver très pluvieux que nous venons de connaitre, afin de déclencher les opérations de reprise dès que les premiers créneaux favorables se présenteront (la fenêtre risque d’être courte cette année), et d’être prêt à semer dès le début du mois d’avril.
Le choix et les conditions d’utilisation des outils de travail du sol.
Outre l’état du sol au moment de l’intervention, ces deux autres critères s’avèrent déterminants pour réussir la préparation au semis.
- Privilégier les outils à dents non animés pour préparer le lit de semences. Si 2 passages sont envisagés, le 1er peut être réalisé à 10-15cm de profondeur, sans rouleau pour favoriser le réchauffement du sol. Le 2ème passage à 6-8cm aura pour objectif principal de niveler et d’affiner
- Combiner les outils pour limiter le nombre de passages
- Lutter contre la compaction du sol, en utilisant des équipements de type roues jumelées ou pneus basse pression. En l’absence de tels équipements, vérifier et adapter la pression des pneumatiques.
Dans quel cas réaliser des faux semis printaniers ?
Sur des flores printanières et estivales qui lèvent tôt en saison comme l’ambroisie, la renouée liseron, le xanthium ou même un peu plus tardivement le datura, le faux-semis peut s’avérer efficace pour réduire les infestations dans le tournesol.
Le faux-semis consiste à réaliser un travail superficiel du sol assez tôt en saison pour faire lever les adventices, bien rappuyé avec un rouleau et positionné de préférence avant une pluie. 1 à 3 semaines après, on détruira ces levées, soit chimiquement dans les situations où le glyphosate est autorisé, soit mécaniquement, en veillant à remuer le sol le moins possible pour éviter de provoquer de nouvelles germinations. Cette stratégie s’accompagne souvent d’un décalage de la date de semis du tournesol de 15 à 20 jours, nécessaire à la réalisation de cette chaine d’interventions.
Attention, des semis tardifs de tournesol, au-delà du 1er mai, peuvent pénaliser les résultats de la culture. Un compromis est donc à trouver entre bénéfices retirés du faux-semis, et risques occasionnés pour le tournesol. Ce décalage de la date de semis est à réserver aux situations où il est prioritaire d’alléger la pression exercée par les flores dites « problématiques », car difficiles à détruire et exerçant une forte concurrence sur la culture (ambroisie, renouée liseron, tournesol sauvage, xanthium).
Vos contacts régionaux
- Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées - Alexandra DENOYELLE - Terres Inovia (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur
Tout savoir sur le phomopsis du tournesol
Le phomopsis du tournesol est une maladie causée par un champignon ascomycète nécrotrophe appartenant au genre Diaporthe.
Agent pathogène et hôte
Le phomopsis du tournesol est une maladie causée par un champignon ascomycète nécrotrophe appartenant au genre Diaporthe. Cet agent pathogène se présente sous deux formes biologiques : une forme sexuée, appelée Diaporthe helianthi, et une forme asexuée, Phomopsis helianthi. Cette espèce est historiquement la plus couramment impliquée dans les attaques observées sur tournesol. Toutefois, des travaux plus récents ont mis en évidence l’existence d’autres espèces du genre Diaporthe capables d’infecter cette culture, notamment D. gulyae, D. kongii, D. masirevicii et D. novem.
Phomopsis helianthi a été décrit pour la première fois à la fin des années 1970 dans l’ex-Yougoslavie à la suite d’épidémies sévères sur tournesol. En France, la maladie est identifiée pour la première fois en 1984 dans une zone située entre Toulouse et Carcassonne. À partir du milieu des années 1990, le phomopsis s’est progressivement étendu à l’ensemble des régions de culture du tournesol. Aujourd’hui, cette maladie est responsable de pertes de rendement importantes dans plusieurs pays producteurs, notamment en Europe de l’Est, en Russie, aux États-Unis et en Australie.
L’hôte principal de la maladie est le tournesol cultivé (Helianthus annuus). D’autres espèces d’Astéracées telles que Arctium lappa, Xanthium italicum ou Xanthium strumarium ont été signalées comme hôtes potentiels, mais leur rôle dans pour la survie et la propagation du phomopsis n’a pas été clairement démontré.
Symptômes
Les premiers symptômes du phomopsis apparaissent généralement après la floraison, bien que les contaminations puissent avoir lieu plus précocement. Ils se manifestent initialement sur les feuilles, sous la forme de taches triangulaires brunâtres, souvent bordées d’un halo chlorotique jaune, localisées en bordure du limbe. Ces taches s’étendent progressivement le long des nervures principales en direction du pétiole, ce qui constitue un élément caractéristique de la maladie.
À un stade plus avancé, les feuilles atteintes se flétrissent puis se dessèchent. Le champignon progresse de manière systémique le long du pétiole pour atteindre la tige. Cette phase de colonisation est lente et souvent asymptomatique pendant plusieurs semaines, ce qui explique le décalage fréquent entre la date de contamination et la date d’apparition sur tige.
Les lésions observées sur tige sont allongées, de couleur brun foncé à brun grisâtre, et sont le plus souvent localisées au niveau des nœuds, à l’insertion des pétioles. Elles peuvent atteindre une longueur de 15 à 20 cm et évoluer jusqu’à encercler complètement la tige. Dans ce cas, la circulation de la sève est interrompue, ce qui entraîne un dessèchement prématuré du capitule ainsi qu’une fragilisation importante de la tige, susceptible de casser sous l’effet du vent, de la pluie ou lors de la récolte.
Des symptômes peuvent également être observés sur le capitule. Ils se traduisent par l’apparition de petites taches brunes à l’insertion des bractées ou des folioles situées à l’arrière du capitule, puis par une extension progressive vers la tige. Dans les situations les plus sévères, l’ensemble du capitule peut se dessécher prématurément.
Attention aux confusions !
Les symptômes du phomopsis peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies du tournesol.
- Sur feuilles, une confusion est possible avec le verticillium, mais la nécrose du phomopsis suit les nervures du limbe foliaire, contrairement à celle du verticillium, qui est inter-nervaire.
- Sur tige, le phomopsis peut être confondu avec le phoma ; toutefois il se caractérise par des taches plus foncées, souvent noires, sans provoquer de casse de tige.
Importance de la maladie
En France, le phomopsis du tournesol était très fréquent jusqu’à la fin des années 1990. Depuis le milieu des années 2010, sa fréquence a nettement diminué, jusqu’à devenir presque absente certaines années, à l’exception de quelques campagnes ponctuelles, comme en 2021, où des signalements ont été observés.
Malgré cette évolution, la maladie reste à surveiller dans certaines régions, notamment dans Centre et Centre-Est, où elle est historiquement la plus fréquemment observée.
La nuisibilité du phomopsis peut être importante. En conditions favorables, les pertes de rendement peuvent atteindre jusqu’à 40 %, auxquelles s’ajoute une baisse de la teneur en huile des graines pouvant atteindre 25 %. Il est généralement admis qu’un taux de 10 % de tiges présentant des lésions encerclantes peut entraîner une perte de rendement comprise entre 1 et 3 quintaux par hectare, ainsi qu’une diminution d’environ un point de teneur en huile. La maladie est surtout nuisible dans le Nord-Est.
Cycle de vie
Le champignon hiverne sous forme de mycélium et de périthèces sur les résidus de culture de tournesol présents à la surface du sol. À la fin de l’hiver, lorsque les températures atteignent environ 10 °C, les périthèces se forment. En conditions d’humidité suffisante, ils libèrent des ascospores, qui constituent l’inoculum primaire, qui pourront être émises de façon progressive avec des pics au moments des épisodes pluvieux. Ces spores sont disséminées par le vent ainsi que par les éclaboussures de pluie et contaminent les feuilles du tournesol.
Après l’infection des feuilles, le mycélium colonise les espaces intercellulaires, progresse le long des nervures et de la nervure centrale, puis migre vers le pétiole. Il atteint ensuite la tige de manière systémique, où se développe une lésion nécrotique allongée. Les pertes de rendement apparaissent lorsque les tissus conducteurs de la tige sont envahis et que le système vasculaire est obstrué. La plante se flétrit alors progressivement et la tige, fragilisée, peut casser sous le poids du capitule ou à la suite d’un choc.
Des infections secondaires peuvent être observées à partir de conidies produites dans les lésions de tige. Toutefois, ces conidies semblent avoir un rôle limité dans le développement de l’épidémie. L’agent pathogène est capable de survivre jusqu’à cinq ans sur les résidus de culture, en fonction des pratiques agronomiques et des conditions météorologiques.
Facteurs favorables
Le développement du phomopsis est étroitement dépendant des conditions climatiques. Des températures comprises entre 20 et 24 °C, associées à une humidité relative supérieure à 90 % pendant une durée prolongée, constituent des conditions particulièrement favorables à l’infection et à la progression du champignon.
Certaines pratiques agronomiques peuvent également favoriser l’apparition de la maladie.
Un semis précoce augmente le risque d’attaque sévère, car il favorise la coïncidence entre la période de sensibilité maximale du tournesol, située autour du stade bouton floral, et les périodes climatiques favorables aux contaminations.
Une densité de peuplement élevée entraîne une mauvaise circulation de l’air au sein du couvert végétal et favorise le maintien d’une forte humidité, condition indispensable au développement du phomopsis. Enfin, une fertilisation azotée excessive ainsi qu’une irrigation autour de la floraison peuvent accentuer la gravité des attaques.
Diversité de l’agent pathogène
La diversité des agents responsables du phomopsis varie selon les régions du monde. En France et plus largement en Europe, Diaporthe helianthi est l’espèce majoritairement retrouvée. En Australie, les épidémies sont principalement dues à Diaporthe gulyae, tandis qu’aux États-Unis, ces deux espèces coexistent.
La diversité intra-spécifique de Phomopsis helianthi reste encore peu documentée. À ce jour, il n’existe pas de dispositif de surveillance des populations en France. Toutefois, certaines études ont mis en évidence des différences d’agressivité entre isolats, suggérant une variabilité au sein des populations de cet agent pathogène.
Leviers de lutte
La gestion durable du phomopsis repose sur une approche intégrée, combinant plusieurs leviers complémentaires, à raisonner à l’échelle de la parcelle, de la rotation et du long terme.
Pratiques agronomiques
Les pratiques agronomiques jouent également un rôle majeur dans la réduction du risque :
- allonger la rotation du tournesol, idéalement avec un retour tous les cinq ans
L’allongement de la rotation du tournesol permet de réduire la quantité de résidus infectés disponibles et de limiter la pression d’inoculum d’une campagne à l’autre. Un retour trop fréquent du tournesol favorise au contraire l’accumulation de l’inoculum et augmente le risque d’infections précoces.
- broyer et enfouir les résidus de culture à plus de cinq centimètres de profondeur
Le broyage et l’enfouissement partiel des résidus contribuent à accélérer leur dégradation et à réduire la capacité du champignon à produire des périthèces viables.
- adapter les dates de semis
Un semis plus tardif peut provoquer la formation d’un couvert moins dense au moment des périodes à risque (périodes pluvieuses)
- éviter des densités de peuplement excessives
Une densité de peuplement élevée favorise la fermeture rapide du couvert, limite la circulation de l’air et augmente la durée pendant laquelle l’humidité relative reste élevée à l’intérieur de la végétation. Ces conditions sont particulièrement favorables aux infections foliaires, qui constituent la première étape du développement de la maladie
Résistances variétales
La tolérance variétale constitue un moyen de lutte efficace. Dans les zones à risque, opter pour des variétés très peu sensibles (TPS). Les variétés peu sensibles (PS) sont conseillées uniquement chez les producteurs prêts à traiter si nécessaire. Sur le reste du territoire, le choix variétal n’est pas contraint.
Lutte fongicide
La protection fongicide contre le phomopsis doit être considérée comme un levier d’appoint, dont l’efficacité dépend fortement du contexte. Les traitements visent essentiellement à limiter les infections foliaires précoces, afin de réduire la probabilité de progression du champignon vers la tige. Le recours à cette protection fongicide doit être raisonné en tenant compte du risque régional, de la sensibilité variétale, des caractéristiques de la parcelle et des informations issues des Bulletins de Santé du Végétal. Consultez le guide de culture tournesol Terres Inovia pour les recommandations de traitements.
Tout savoir sur le mildiou du tournesol
Plasmopara halstedii, agent responsable du mildiou du tournesol, est un oomycète biotrophe obligatoire, spécialiste, capable de se conserver pendant 10 ans dans le sol.
Agent pathogène et hôte
Plasmopara halstedii, agent responsable du mildiou du tournesol, est un oomycète biotrophe obligatoire, spécialiste, capable de se conserver pendant 10 ans dans le sol. Le mildiou est capable d’attaquer plusieurs Astéracées dont les espèces Hfelianthus comme H. argophyllus, H. debilis et H. petiolaris, et aussi la forme sauvage et cultivée de H.annuus, le tournesol. Plasmopara halstedii peut également attaquer d’autres Asteraceae comme Bidens, Artemisia, Xanthium, qui pourraient être de potentiels réservoirs d’inoculum.
Comme le mildiou est un agent pathogène biotrophe obligatoire, sa survie en absence de tournesol repose sur des plantes relais. Les principales plantes relais (de P. halstedii vers le tournesol) à considérer sont Ambrosia artemisiifolia, Xanthium strumarium, Iva xanthiifolia et Senecio vulgaris, qui sont parfois abondantes dans les parcelles cultivées en tournesol. Du fait de leur proximité botanique avec H. annuus, ces espèces sont peu sensibles à la plupart des herbicides utilisés dans cette culture.
| Nom latin | Nom courant | Nom latin | Nom courant |
| Ageratum sp. | Agératum | Helianthus giganteus | Tournesol géant |
| Ageratum houstonianum | Agératum du Mexique | Helianthus grosseserratus | Hélanthe à grosses dents |
| Ambrosia artemisiifolia | Ambroisie à feuilles d’armoise | Helianthus hirsutus | Tournesol hérissé |
| Artemisia vulgaris | Armoise commune | Helianthus nuttallii | Tournesol de Nuttall |
| Centaurea sp. | Centaurée | Helianthus petiolaris | Tournesol à pétiole |
| Chrysanthemum sp. | Chrysanthème | Helianthus rigidus | Tournesol rigide |
| Cineraria sp. | Cinéraire | Helianthus scaberrimus | Tournesol rude |
| Clibadium sp. | Clibadie | Helianthus strumosus | Tournesol à rhizomes |
| Coreopsis sp. | Coréopsis | Helianthus subrhomboideus | Tournesol subrhombique |
| Coreopsis lanceolata | Coréopsis lancéolé | Helianthus tuberosus | Topinambour |
| Dimorphotheca sp. | Ostéospermum / Marguerite africaine | Helianthus occidentalis | Tournesol occidental |
| Elephantopus sp. | Éléphantope | Helianthus debilis | Tournesol délicat |
| Emilia sp. | Émilie | Helianthus lenticularis | Tournesol lenticulaire |
| Erigeron sp. | Vergerette | Iva sp. | Iva |
| Eupatorium sp. | Eupatoire | Petasites sp. | Pétasite |
| Eupatorium ageratoides | Eupatoire agératoïde | Rudbeckia sp. | Rudbeckie |
| Eupatorium purpureum | Eupatoire pourpre | Rudbeckia fulgida | Rudbeckie brillante |
| Eupatorium rugosum | Eupatoire rugueuse | Senecio sp. | Séneçon |
| Franseria sp. | Franseria | Venidium sp. | Venidium |
| Gerbera jamesonii | Gerbéra | Verbesina sp. | Verbesine |
| Helianthus sp. | Tournesol | Vernonia sp. | Vernonie |
| Helianthus annuus | Tournesol commun | Xanthium strumarium | Lampourde commune |
| Helianthus argophyllus | Tournesol argenté | Ximenesia sp. | Ximenesia |
| Helianthus divaricatus | Tournesol à feuilles écartées | Zinnia sp. | Zinnia |
Symptômes
Les symptômes provoqués par le mildiou sur le tournesol sont multiples. Selon le stade d’infection de la plante, les symptômes peuvent aller jusqu’à de la mort de la plantule, si l’attaque est très précoce.
En début de cycle, les plantules contaminées présentent un retard de croissance, elles apparaissent « rabougries », montrent des cotylédons jaunes. Des zones décolorées vert plus clair sont visibles sur les feuilles, dont la face inférieure est recouverte d’un feutrage blanc plus ou moins intense : ce feutrage correspond aux sporulations du mildiou, à partir desquelles pourront se déclarer des contaminations secondaires mais surtout « se fabriquer » l’inoculum pour les campagnes suivantes. Le mildiou va peu à peu coloniser tous les tissus de la plante et « monter dans les étages » : on dit qu’il est systémique et son développement à l’intérieur de la plante entraîne un nanisme caractéristique : les entre-nœuds sont raccourcis.
Les symptômes courants lors d’une attaque sont :
- Nanisme de la plante
- Port à plat du capitule
- Symptômes en « ailes de fougère »
- Présence de chlorose sur les feuilles délimitées par les nervures
- Blanchiment des feuilles
- Sporulation blanche visible d’abord sur la face inférieure des feuilles
- Capitule stérile
Une visite en début de campagne permet de faire le point sur l’état de santé « mildiou » de la parcelle. Cette visite précoce présente le grand avantage de ne pas passer à côté des symptômes de mildiou, qui peuvent être plus difficiles à repérer lorsque le couvert se développe et les plantes grandissent. Souvent, un petit foyer de mildiou se déclare à l’entrée de parcelle, là où le passage du matériel agricole a créé des zones de tassement favorables à l’accumulation d’eau libre. N’hésitez pas à rentrer plus avant dans la parcelle afin de compléter votre diagnostic !
Attention, ne pas confondre mildiou et rouille blanche
Des attaques précoces de rouille blanche peuvent parfois se manifester : celles-ci n’occasionnent pas de nanisme. Des cloques de couleur vert clair se développent sur les feuilles. Sur leur face inférieure, les sporulations du champignon forment des croûtes et non un feutrage homogène.
Cycle de vie
Bien que P. halstedii puisse être dispersé par le vent, l'eau et via les semences contaminées, il s'agit principalement d'un agent pathogène transmis par le sol. Au champ, les infections racinaires des jeunes plants de tournesol sont responsables des symptômes les plus graves et possèdent un fort impact sur le rendement.
Les zoospores de Plasmopara halstedii sont libérés soit à partir de sporanges oosporés (au printemps) soit à partir de sporanges asexués (du printemps à l'été) et peuvent infecter les jeunes plants de tournesol.
L’infection primaire se déroule au printemps et se passe sous forme souterraine via la germination d’oospores. Dans des conditions humides et fraîches, ces oospores vont entraîner la formation de zoosporanges, une structure de fructification produisant les zoospores. Ces zoospores sont biflagellées et vont aller infecter les racines de la plante. La contamination secondaire, contrairement à la primaire, se produit en phase aérienne. Les sporangiophores qui se trouvent sur les cotylédons ou sur la face inférieure des feuilles, vont entraîner la formation de sporanges qui seront disséminés par le vent, et produiront les zoospores responsables de l’infection secondaires. Cette étape est responsable des infections tardives des plantes voisines et contribue à la dissémination de l’agent pathogène.
Toute attaque même minime, contribue à alimenter le réservoir d’inoculum dans le sol.
Importance
Le mildiou est l’une des principales maladies affectant la production de tournesol. Cet agent pathogène a été observé pour la première fois en Amérique du Nord en 1888, puis en Russie et en Europe aux alentours de 1960. Cette introduction en Europe est probablement la conséquence d’une importation de graines contaminées. Depuis les années 1992 et jusqu’en 2019, ce pathogène a été soumis à un régime de quarantaine en Europe.
L’impact global de cette maladie sur le rendement a été estimé à 3,5% de la production de graine en Europe, avec l’utilisation des méthodes de contrôle couramment utilisées.
En général, les attaques de mildiou impactent peu le potentiel de production des parcelles de tournesol. Cependant, certains cas bien plus graves peuvent se manifester à l’occasion de conditions favorables (rotation, choix variétal, pluviométrie), plus le pourcentage de pieds nanifié dans la parcelle est important, plus la perte de rendement sera élevée. Dans le Sud-Ouest, les années 2019 et 2020 ont pu marquer les mémoires. En 2025, une situation inhabituelle a été constatée, des cas d’attaques sévères ont été observées dans le Nord-Est.
La nuisibilité des attaques primaires de mildiou est estimée à 1% de perte de rendement pour 1% de plantes nanifiées. Elle est donc significative en cas d’attaque généralisée ou par grands foyers mais quasi-nulle lorsque quelques pieds isolés sont touchés, ou qu’un petit foyer est présent à l’entrée de la parcelle.
La surveillance du territoire national a mis en évidence une pression mildiou en augmentation depuis 6 ans : entre 12 et 19% de parcelles touchées, avec une augmentation significative de la proportion des attaques graves à plus de 10% de pieds nanifiés.
Facteurs favorables
Le retour trop fréquent du tournesol favorise le développement de la maladie. En effet les parcelles les plus attaquées sont celles ou le tournesol revient un an sur deux dans la rotation.
Le mildiou se développant lors de conditions très humides et fraîche, semer dans un sol mal ressuyé, froid et lorsque de fortes pluies sont annoncées sont des conditions favorables au développement de l’infection.
Le mauvais désherbage des parcelles de tournesol de toutes les espèces pouvant héberger le mildiou et les repousses de tournesol, favorise le développement de la maladie.
La culture de plantes hôtes du mildiou en interculture, tel que le niger ou encore la sylphie, est un autre facteur favorable au développement de la maladie.
Diversité de l’agent pathogène
Les races de mildiou sont déterminées selon leur virulence vis-à-vis d’une gamme de lignées différentielles.
Tableau : lignées différentielles utilisées pour la détermination des races de mildiou en France. S : la race est virulente, R : la race est avirulente
Plasmopara halstedii est apparu en France pour la première fois en 1966 avec la race 100. Par la suite, la maladie fut éradiquée grâce à l’utilisation des résistances variétales. Néanmoins, la réapparition du mildiou en 1988 a tiré la sonnette d’alarme, et une surveillance annuelle a été mise en place en France en 1990. Cette surveillance nationale couvre l’ensemble des zones de production. En 1999, seulement deux races ont été détectées sur le territoire français, les races 703 et 710. Depuis le début des années 2000, les races dites « récentes » sont régulièrement détectées, il s’agit des race 304, 307, 314, 334, 704 et 714, en plus des races dites « anciennes », 100, 710 et 703 (CETIOM & INRAE, 2011). En France, depuis le début de la surveillance, environ 24 races ont été identifiées selon leur profil de virulence.
Graphique de l’évolution du nombre de races de mildiou du tournesol en France de 2000 à 2024.
Les races de mildiou en France sont en constante évolution. Au début des années 2000 et jusqu’en 2010, les anciennes races de mildiou 703 et 710 représentaient la majorité de la fréquence des races retrouvées en France, avec une fréquence de la race 710 souvent aux alentours des 70%. Par la suite, c’est la race 714, apparue pour la première fois en 2002, qui a dominé le paysage. En effet, contrairement aux races 703 et 710, la race 714 est virulente contre le gène de résistance Pl6. L’utilisation de plus en plus répandue de ce gène dans les variétés cultivées a entraîné une augmentation de fréquence de cette race dans le paysage.
La race 704 a également été retrouvée en fréquence élevée parallèlement à la race 714. Mais depuis les années 2019, de nouvelles races de mildiou sont apparues et dominent à présent le paysage, il s’agit des races 774#, 704# et plus particulièrement la race 714#. Ces races sont capables d’infecter les variétés comportant le gène de résistance Pl8 (#). Ce gène a été introduit à une fréquence significative depuis quelques années ce qui a entraîné l’apparition de races virulentes correspondantes.
Leviers de lutte
La gestion durable du mildiou passe par une protection intégrée où tous les leviers de lutte doivent être raisonnés à la parcelle, dans la rotation, et pour le long terme.
Pratiques agronomiques
La lutte contre le mildiou passe par des mesures agronomiques simples mais efficaces qui permettent de réduire le risque :
- Allonger les rotations de tournesol.
- Semer dans un sol bien ressuyé et réchauffé sans annonces de fortes pluies les jours suivant le semis.
- Détruire des parcelles cultivées en tournesol toutes les espèces pouvant héberger le mildiou.
- Eviter les plantes hôte en interculture.
Résistances variétales
Ces bonnes pratiques agronomiques peuvent se combiner au choix variétal pour favoriser la diminution du risque d’apparition de la maladie.
La résistance des variétés au mildiou est définie par leur profil RM. Il existe des variétés dites RM9, c’est-à-dire qu’elles sont résistantes aux 9 races officielles de mildiou : 100, 304, 307, 314, 334, 703, 704, 710 et 714, RM8, résistantes à 8 des 9 races (sensible à la race 334). Depuis quelques années, des profils de résistance #, RM8# et RM9#, sont apparus sur le marché, ces variétés sont résistantes à la race 714#, en plus des autres, race la plus communément retrouvée lors d’attaque de variétés RM9.
A ce jour il existe 88 variétés résistantes à la race majoritaire de mildiou (RM9#) en France, leur utilisation permet de lutter contre la maladie. L’alternance des variétés permet de changer, au fil des campagnes, les gènes de résistances auxquels on expose le mildiou dans la parcelle, et donc de réduire le contournement de ces résistances. En effet, cultiver des variétés possédant un même gène de résistance au fil des campagnes entraine une forte pression de sélection sur le mildiou, vis-à-vis de ce gène, ce qui favorise les cas de contournements.
Traitement de semence
Le recours au traitement de semence est possible mais non obligatoire. Son utilisation est à raisonnée en fonction de l’historique mildiou de la parcelle ainsi que de la variété utilisée. A ce jour, il existe deux spécialités à base d’oxathiapriproline (LUMISENA et PLENARIS), disponibles comme traitement de semence mildiou.
LUMISENA (n°2200078) de la société CORTEVA et PLENARIS (n°2200736) de la société SYNGENTA sont deux traitements de semences à base d’oxathiapiproline à 200 g/l en formulation FS.
Cette substance active connue notamment en vigne (ZORVEC) pour sa bonne action contre le mildiou de la vigne est un inhibiteur de la protéine de liaison à l’oxystérol. Elle intervient dans l’équilibre, le transport et le stockage des lipides de la cellule du champignon. L’oxathiapiproline est classé dans le groupe 49 du FRAC (Fongicide Résistance Action Committee) qui juge le risque de résistance comme moyen à élevé. C’est en effet un fongicide à mode d’action unisite. Il est déconseillé de l’employer seul. C’est un point commun à toutes les luttes durables : associer deux modes d’action efficace, que ce soit en mildiou vigne, fongicides céréales ou colza ou mildiou du tournesol.
Si disponible, Terres Inovia conseil d’associer l’oxathiapiproline à un autre anti-mildiou efficace afin de limiter la pression de sélection.
Attention, l’utilisation de semences traitées doit être réfléchi au cas par cas et ne doit pas être systématique, afin de ne pas favoriser l’apparition de résistances chez le mildiou
Le raisonnement pour la lutte contre le mildiou doit être tenu à la parcelle car il dépend de l’historique de chacune :
- la parcelle a-t-elle subi des attaques de mildiou sur les 5 dernières campagnes ?
- quelles variétés (génétique, profil RM) y ont été cultivées ?
- avec quel(s) traitement(s) de semences anti-mildiou ?
C’est sur ces questions que se base notre position technique.
Position technique mildiou Terres Inovia 2026
L’évolution constante des races de mildiou impose une adaptation régulière des stratégies de lutte et des choix variétaux. Les observations réalisées sur le territoire national montrent que, dans la majorité des cas analysés d’attaques de mildiou sur variétés de type RM9, l’isolat en cause correspond à la race 714Pl8. C’est pourquoi il est aujourd’hui recommandé de privilégier les variétés dites RM8/9#, résistantes à cet isolat 714Pl8, dans le cas d’attaque précédente sur variété RM9.
Il convient toutefois de rappeler que les populations de Plasmopara halstedii sont en constante évolution. Aucune stratégie de lutte ne peut être considérée comme totalement durable ou absolue. Les recommandations doivent être régulièrement réévaluées en fonction des observations de terrain.
Même dans le cas de l’utilisation d’une variété résistante et d’un traitement de semence, le risque mildiou existe toujours. N’oublions jamais deux choses :
- le traitement de semences peut être lessivé en cas de grosses pluies
- et le mildiou possède une capacité d’adaptation extraordinaire face aux molécules fongicides et aux gènes de résistance des variétés.
Ces moyens de lutte doivent donc être bien utilisés afin de les faire durer :
- utiliser les bonnes pratiques agronomiques
- varier les profils RM des variétés
- utiliser raisonnablement le traitement de semence
Pour plus d’informations sur la fréquence et l’intensité du mildiou en France, retrouvez notre note commune mildiou publiée chaque fin d’année sur le site de Terres Inovia.
En savoir plus sur le mildiou du tournesol
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Semis de tournesol : les règles d’or pour une implantation réussie
Avoir un tournesol robuste pour limiter les stress biotiques (ravageurs, maladies, adventices) et abiotiques (facteurs climatiques) tout au long du cycle passe par une bonne implantation. Celle-ci va être conditionnée d’une part, par une préparation du sol exigeante et d’autre part, par une réussite du semis pour sécuriser le peuplement.
Avoir un tournesol robuste pour limiter les stress biotiques (ravageurs, maladies, adventices) et abiotiques (facteurs climatiques) tout au long du cycle passe par une bonne implantation. Celle-ci va être conditionnée d’une part, par une préparation du sol exigeante et d’autre part, par une réussite du semis pour sécuriser le peuplement.
Adaptez la période de semis et la précocité à votre région
Semer dans de bonnes conditions et dans un sol suffisamment réchauffé (8°C à 5 cm de profondeur) est essentiel pour assurer un démarrage rapide de la culture. Adapter la période de semis et la précocité variétale permet de limiter le risque de récoltes tardives. Les recommandations par secteur sont reprises dans le tableau ci-dessous.
La bonne densité pour faire succès
Semez entre 65 000 et 75 000 graines/ha selon la situation de la parcelle, afin de viser 50 000 à 60 000 plantes levées. Les écartements de 40 à 60 cm permettent généralement de gagner quelques quintaux par rapport à un écartement plus large de type maïs (75 à 80 cm), à densité équivalente.
Semez avec un semoir monograine à 5 km/h maximum, à une profondeur de 2 à 3 cm si le sol est frais, et plus profondément, entre 4 et 5 cm, si le sol est sec en surface.
En savoir plus
Semer du tournesol en toute sécurité : les points à contrôler
Le contexte économique et des retournements de cultures d’hiver peuvent conduire à réassoler les parcelles avec du tournesol qui bénéficie d’une conjoncture favorable. Pour sécuriser la réussite de la culture, il est nécessaire de respecter quelques principes agronomiques.
Le contexte économique et des retournements de cultures d’hiver peuvent conduire à réassoler les parcelles avec du tournesol qui bénéficie d’une conjoncture favorable. Pour sécuriser la réussite de la culture, il est nécessaire de respecter quelques principes agronomiques.
1. Le délai de retour dans la rotation
Tête de rotation à cycle court, doté d'une bonne capacité de tolérance au stress hydrique, le tournesol s'adapte à de nombreux contextes de production. Appartenant à la famille des Astéracées, la culture permet une certaine rupture avec les autres familles botaniques. Idéalement, le tournesol doit revenir tous les 4 ou 5 ans dans la rotation (minimum 3 ans). Un tournesol sur tournesol ou un tournesol tous les deux ans entraîne un risque sanitaire important, notamment vis à vis du mildiou, pathogène à très forte nuisibilité.
2. Gestion de l’interculture
Idéalement, Terres Inovia conseille de détruire les couverts au plus tard deux mois avant le semis afin d’éviter les effets dépressifs sur le tournesol liés à une quantité importante de débris végétaux, au risque de salissement, et à la concurrence pour l’eau. Toutefois, cette année, les conditions météorologiques pluvieuses rendent la gestion des couverts difficile et des couverts sont encore en place dans certaines parcelles. La destruction chimique est à envisager si le couvert n’a pas gelé et que la destruction mécanique n’est pas possible. En cas d’utilisation de 2,4-D, le semis ne peut intervenir qu’après un délai d’un mois minimum suivant l’application. Dans tous les cas, Il est essentiel d’intervenir uniquement sur un sol ressuyé pour prévenir le tassement et préserver la structure du sol.
3. Culture de remplacement et rémanence des herbicides
Si le tournesol est envisagé en substitution d’une culture d’hiver défaillante, il est nécessaire d’étudier la faisabilité en fonction des herbicides appliqués.
En cas de retournement d’une parcelle de colza, de nombreux herbicides auront peu d’impact sur la croissance du tournesol (cf. tableau 1). Un labour profond est néanmoins recommandé si le désherbage du colza comportait du CALLISTO (mésotrione), du CENT 7 (isoxabène), du Rapsan TDI (métazachlore + quinmérac) ou du CENTIUM (clomazone).
Une vigilance particulière s’impose également concernant les délais de rémanence (indiqués entre parenthèses dans le tableau) pour IELO, LADIVA et surtout TRIVALDI. En cas d’application de LONTREL 100 ou SG sur le colza, l’implantation d’un tournesol est à proscrire.
Tableau 1 : Remplacement de la culture après retournement du colza
En cas de retournement d’une céréale d’hiver, la liste des herbicides déconseillés avant un tournesol est plus restrictive (cf. tableau 2). Le tournesol est ainsi à exclure comme solution de remplacement en cas d’utilisation de chlortoluron, seul ou associé (TABLO 700, CONSTEL…).
MATENO (diflufénican + aclonifène) et KALENKOA (diflufénican + mésosulfuron + iodosulfuron + méfénpyr) sont également non recommandés par la firme avant l’implantation d’un tournesol.
Pour le diflufénican utilisé seul (DFF) ou en association avec la pendiméthaline (CODIX), un labour est recommandé.
À noter que le tableau comporte plusieurs inconnues selon les matières actives : la prudence reste donc de mise.
Tableau 2 : Possibilité de réimplantation des cultures de printemps en fonction des programmes d’automne (essais ARVALIS, Boigneville (91) de 2013 à 2015)
4. Travail du sol
Le tournesol est une culture exigeante vis-à-vis de la qualité d’implantation. L’objectif du travail du sol est de corriger les éventuels défauts de structure (compaction, faible porosité) et d’ameublir le sol (présence de terre fine nécessaire) afin de favoriser un bon enracinement. Un lit de semences de mauvaise qualité peut entraîner des pertes de rendement importantes (> 10 q/ha) ainsi qu’une dégradation de la qualité (baisse du % d’huile).
Les sols tassés, ainsi que ceux présentant un taux d’argile ≤ 15 % ou un faible taux de matière organique, nécessitent généralement une restructuration en profondeur, par exemple à l’aide d’un décompacteur, afin de recréer une structure favorable à la progression racinaire. Attention toutefois aux conditions d’humidité lors des décompactages hivernaux, qui peuvent provoquer un phénomène de lissage et « faire pire que mieux ».
Si les sols bien structurés peuvent s’affranchir de ce travail, la réussite des techniques très superficielles (< 5 cm) ou du semis direct reste souvent aléatoire. Le strip-till peut constituer, selon le type de sol, une alternative intéressante, à condition de travailler suffisamment en profondeur (15–20 cm).
Traditionnellement, pour la reprise en sortie d’hiver, deux passages d’outils (déchaumeur à dents, herse, vibroculteur, rotative…) sont préconisés afin d’éclater les mottes, affiner, aplanir et réchauffer le lit de semences.
En savoir plus
Réussir la destruction des couverts végétaux hivernaux
La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.
La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.
Comment choisir la période de destruction des couvert hivernaux ?
Le déclenchement de la destruction doit faire l’objet du meilleur compromis entre l’atteinte des bénéfices du couvert (protection contre l’érosion, piège à nitrates, …), et le fait d’éviter de porter préjudice à la culture suivante par épuisement des ressources du sol, dégradation de la structure, ou augmentation de la pression ravageurs (limaces). Elle doit en outre être raisonnée en fonction du stade du couvert, sa composition, la présence d’adventices et la date prévisionnelle du semis de la culture suivante.
- Pour un couvert à dominante crucifères ou graminées, la destruction doit survenir au moins deux mois avant la date prévisionnelle de semis de la culture suivante, afin d’éviter une faim d’azote sur les premiers stades de développement de la culture.
- Pour un couvert à dominante légumineuses, la destruction peut être plus tardive, jusqu’à trois semaines avant la date prévisionnelle de semis. Dans ce cas de figure, le principal point de vigilance concerne la présence de résidus non dégradés au moment du semis.
Les conditions d’intervention sont cruciales pour les destructions mécaniques, tout particulièrement sur sols argileux. Les couverts contribuent au ressuyage du sol durant l’hiver, ils participent également au maintien d’une humidité au sol, d’autant plus importante avec des fortes biomasses ou s’ils contiennent des graminées. Il est ainsi primordial de détruire le couvert dès qu’une fenêtre favorable se présente, en d’autres termes, dès que le sol est suffisamment ressuyé sur tout le profil travaillé (consistance friable, ou au pire semi-plastique) pour limiter les risques de tassement ou de lissage. Pour cela, un suivi régulier des conditions d’humidité du sol s’impose à partir de février.
La destruction tardive d’un couvert hivernal à forte biomasse peut conduire à l’assèchement de sols à faible réserve utile, surtout si la fin d’hiver et le début du printemps sont marqués par un déficit de pluviométrie. L’alimentation hydrique de la culture suivante risque alors d’être pénalisée, en particulier en conduite pluviale.
Aussi, il faut savoir arrêter la progression d’un couvert quand il atteint 2 à 4 tonnes de biomasse par hectare (1 à 2 kg de matière verte par m²).
Vouloir trop « pousser » un couvert tardivement, peut conduire, en cas de scénario climatique défavorable, a des destructions trop tardives.
Quel mode de destruction pour mes couverts ?
Les techniques de destruction sont multiples et doivent être choisies en bonne cohérence avec les caractéristiques des espèces implantées et les propriétés du sol. En fin d’hiver, le labour ou des travaux profonds ne pourront être envisagés que sur les sols limoneux ou sableux. Sur sols argileux, le ressuyage suffisant du sol et des interventions qui restent superficielles, sont 2 conditions indispensables. Dans des situations avec des couverts bien développés, un broyage préalable peut être nécessaire.
Les travaux menés par Terres Inovia dans le cadre du réseau Syppre Lauragais ont montré que sur des couverts à tige creuse (féverole, phacélie), de nombreux matériels présentent des résultats satisfaisants de destruction (herse rotative, scalpeurs, déchaumeurs à disques indépendants, rouleaux hacheurs). La herse rotative sans rouleau, utilisée à faible profondeur (5-7cm) sur des couverts moyennement développés, assure la dévitalisation des plantes et la création d’un lit de semence favorable à la culture suivante. Le débit de chantier reste toutefois faible, tout comme l’efficacité sur les plantes à pivots et les graminées.
La difficulté principale consiste bien souvent à détruire les graminées adventices qui peuvent se développer dans le couvert pendant l’hiver, auquel cas, les outils à bon recouvrement ou équipés d’ailettes se détachent en termes d’efficacité, même si celle-ci est rarement totale. Aussi, la présence d’adventices et notamment de graminées justifie une destruction précoce, afin d’intervenir sur des stades jeunes, et viser une implantation de la culture suivante sur un sol propre.
Si le choix se porte sur la destruction chimique, des couverts développés vont demander des doses élevées de glyphosate. L’ajout de 2-4D peut améliorer l’efficacité de destruction des dicotylédones, mais s’il est utilisé, veiller rigoureusement au délai d’application avant semis du tournesol (30 jours). Précisions également que le levier de destruction chimique peut être mobilisé après une 1ère étape de destruction mécanique, si des graminées adventives n’ont pas été détruites et si les conditions d’humidité ne sont pas favorables. Dans ce cas de figure, il conviendra de moduler les doses utilisées.
Quel que soit le mode de destruction, il faudra être vigilant à la présence de résidus non dégradés ou trop grossiers qui risquent de perturber le passage de l’élément semeur de la culture suivante, ou nuire au contact sol-graine. Les résidus peuvent également générer une activité plus importante des mollusques au printemps. Une surveillance particulière doit être mise en place pour éviter des potentiels dégâts sur la culture suivante.
Pour aller plus loin
Clémence DE SAINTIGNON - Terres Inovia - c.desaintignon@terresinovia.fr
Le guide de culture 2026 dédié au tournesol est disponible
Terres Inovia a mis à jour son guide de culture consacré au tournesol. Ce support complet, actualisé avec la nouvelle identité visuelle de l’institut, accompagnera pas-à-pas les producteurs et les conseillers lors de la prochaine campagne. Comme chaque année, il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée.
Terres Inovia a mis à jour son guide de culture consacré au tournesol. Ce support complet, actualisé avec la nouvelle identité visuelle de l’institut, accompagnera pas-à-pas les producteurs et les conseillers lors de la prochaine campagne. Comme chaque année, il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée.
Économe en intrants et bénéficiant d’un progrès génétique continu, le tournesol est une culture durable et compétitive, pourvoyeuse de bénéfices pour les systèmes de culture dans lesquels il est inclus. Tête de rotation à cycle court, doté d’une bonne capacité de tolérance au stress hydrique, il s’adapte à de nombreux contextes de production.
Le guide de culture tournesol de Terres Inovia permet de tout savoir sur l’itinéraire technique du tournesol : choix variétal, implantation, stratégie de lutte contre les bioagresseurs, conservation des graines, etc.
Dans cette édition 2026, Terres Inovia a actualisé l’ensemble de ses conseils et positions techniques, à l’instar des recommandations pour lutter contre le mildiou, les caractéristiques réglementaires des solutions préconisées, ou encore la liste des variétés évaluées dans le réseau Terres Inovia. Quant aux références économiques présentées, elles sont en phase avec les éléments de contexte actuel.
Le guide en version imprimée est également gratuit, seule une participation aux frais de port est demandée. Le guide de culture tournesol 2026 sera livré à partir du 23 février 2026.
Ouverture Occitanie
l’Agence de l’Eau Adour Garonne, l’Union européenne, la région Occitanie dans le cadre d’un Partenariat Européen pour l’Innovation (PEI)
525 000 €
48 mois Non NationalLes enjeux
Les producteurs de grandes cultures d’Occitanie doivent relever des défis techniques et environnementaux de taille, rendant indispensable la transition agroécologique de leurs systèmes de culture. Réussir une telle évolution requiert la mise en œuvre de projets agronomiques personnalisés, construits en collaboration avec leurs conseillers agricoles, visant à améliorer les performances de leurs systèmes de culture. Pour y parvenir, il est nécessaire que le conseil agricole s’appuie sur une démarche d’accompagnement spécifique.
Les objectifs
Le projet ambitionne de déployer la démarche d’accompagnement « Cap Agronomie », et de montrer aux conseillers et agriculteurs les bénéfices techniques, économiques et environnementaux qu’elle pourra générer pour les exploitations agricoles de grandes cultures, ainsi que pour le territoire d’Occitanie. C’est pourquoi le projet organise la formation de 6 conseillers de Chambres d’agriculture partenaires (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Gers, Hautes-Pyrénées et Tarn-et-Garonne), qui mettront en œuvre la démarche auprès de 30 agriculteurs suivis de façon spécifique sur la durée du projet.
L’accompagnement consiste à prévenir l’apparition de facteurs limitant la production par une démarche d’anticipation fondée sur l’implantation des cultures, la fertilité des sols et l’évolution progressive des systèmes de culture.
Les résultats attendus
- Accompagner la transition agroécologique de 30 exploitations agricoles spécialisées en grandes cultures, localisées dans la Région Occitanie. Contribuer à la réussite de cette transition
- Réaliser la preuve de concept de la démarche « Cap agronomie » dans le contexte de production d’Occitanie : évaluer l’intérêt de la démarche pour les producteurs, et vis-à-vis des enjeux territoriaux
- Favoriser le déploiement à large échelle d’une démarche d’accompagnement innovante à la transition agroécologique des exploitations agricoles, visant à maintenir ou améliorer leurs performances techniques, économiques environnementales et sociales.
Le rôle de Terres Inovia
Coordinateur
- Pilotage du projet
- Transfert de la méthode d’accompagnement « Cap agronomie » aux conseillers de Chambres d’agriculture dans la cadre d’une formation action
- Accompagnement des conseillers à la mise en œuvre de la démarche auprès de 30 agriculteurs de la région Occitanie
- Valorisation et communication des résultats du projet
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M2ProLIV
Vers des ingrédients protéiques multifonctionnels obtenus par transformation modérée de co-produits végétaux riches en lipides bénéfiques pour la santé
Matthieu Abella - m.abella@terresinovia.fr
15/10/2024 Agir pour la transition agroécologique Terres Inovia En cours Non