Des excès d'eau hivernaux qui pénalisent la bonne reprise de la culture

En Auvergne–Rhône-Alpes, la sortie d’hiver est marquée par des précipitations supérieures aux normales saisonnières, en particulier au cours des dix derniers jours. Ces conditions ont rendu l’entrée dans les parcelles difficile et retardé, dans de nombreuses situations, les apports d’azote et de soufre.

L’impact reste toutefois contrasté selon les secteurs et les situations. Les colzas présentent des états très hétérogènes : certaines parcelles affichent des biomasses faibles à la reprise de végétation, traduisant un développement automnal limité. Par ailleurs, les dégâts de larves d’altises ont pu être localement importants, fragilisant les plantes et pénalisant leur dynamique de redémarrage.

Dans ce contexte, la gestion des parcelles les plus affectées doit être appréciée au cas par cas, tout comme la stratégie de fertilisation à adopter lors de retours au champ retardés par les conditions d'humidité des sols, alors même que les cultures poursuivent leur progression physiologique.

En Auvergne–Rhône-Alpes, la sortie d’hiver est marquée par des précipitations supérieures aux normales saisonnières, en particulier au cours des dix derniers jours. Ces conditions ont rendu l’entrée dans les parcelles difficile et retardé, dans de nombreuses situations, les apports d’azote et de soufre.
L’impact reste toutefois contrasté selon les secteurs et les situations. Les colzas présentent des états très hétérogènes : certaines parcelles affichent des biomasses faibles à la reprise de végétation, traduisant un développement automnal limité. Par ailleurs, les dégâts de larves d’altises ont pu être localement importants, fragilisant les plantes et pénalisant leur dynamique de redémarrage.
Dans ce contexte, la gestion des parcelles les plus affectées doit être appréciée au cas par cas, tout comme la stratégie de fertilisation à adopter lors de retours au champ retardés par les conditions d'humidité des sols, alors même que les cultures poursuivent leur progression physiologique.

Adapter les pratiques de fertilisation à l'état des colzas à la reprise

Revoir à la baisse la dose d'azote totale à apporter uniquement sur les parcelles très impactées par les excès d'eau

Dans la majorité des situations, les colzas étaient bien implantés et développés en entrée d’hiver. Si les excès d’eau des dernières semaines ont empêché les apports à reprise de végétation, l’état des colzas (enracinement profond, forte biomasse automnale) ne se montre pas limitant pour une reprise sans encombre. Dans ce contexte, les doses prévisionnelles d’azote à apporter au printemps pourront être maintenues. Seule la question du fractionnement des apports importe. 

En revanche, pour les parcelles où de l’eau excédentaire stagne en surface (bas de côteaux, plaines non-drainées inondées ou saturées, sols hydromorphes), pénalisant la reprise de colzas, il est important d’adapter au cas par cas la stratégie de fertilisation :

  • Sur les parcelles initialement peu développées à l’automne (mauvaise implantation, dégâts précoces de ravageurs, etc.) et confrontées à d’importants excès d’eau, il peut être envisagé de revoir à la baisse leur potentiel de rendement, et par extension la dose totale à apporter au printemps. En effet, les colzas au système racinaire peu développé à l’automne et endommagé par les excès d’eau auront de moins bonnes capacités de compensation face aux stress biotiques (attaques de ravageurs, maladies, salissement) et abiotiques (stress hydrique) au printemps. Afin d’éviter des investissements qui, sans doute, ne seront pas rentabilisés à la récolte, il convient dès maintenant de maîtriser au mieux les charges opérationnelles, notamment sur le poste engrais, qui est généralement le plus lourd pour la culture.

  • Pour les parcelles où le colza présente une bonne qualité d’implantation (peuplement homogène, dense, salissement faible, biomasse importante à l’automne, faibles dégâts de ravageurs), il convient de surveiller leur évolution dans les prochains jours. Les probabilités de reprise sans encombre sont bien plus importantes, n’imposant pas, sauf exception, de revoir les doses prévisionnelles à la baisse. 

Fractionner les apports pour bien accompagner la reprise et garantir la nutrition azotée jusqu’à la floraison

Dès que les parcelles redeviendront praticables, et si les conditions météorologiques sont favorables, une adaptation de la stratégie en 3 apports d’azote est à envisager sur les colzas les plus chétifs, avec un premier apport modéré de 30 à 40 uN pour permettre à la plante de soutenir sa croissance. Un dernier apport de 40 uN est à réserver au stade E (boutons séparés). Le reste pourra être apporté aux stades D1-D2 (boutons accolés). Il est inutile d’accompagner la reprise avec un apport conséquent dès le départ dans ce cas de figure, la capacité d’absorption du colza étant limitée !

Pour les colzas les mieux portants (> 1 kg/m² en sortie d’hiver) et/ou bien implantés déjà au stade C2 (entre-nœuds visibles) voire D1, un premier apport d’environ 60-70 uN sera à effectuer lorsque les parcelles seront praticables. Il n’y a pas lieu de se précipiter pour ces colzas, dont la qualité d’enracinement garantit une bonne capacité d’absorption de l’azote du sol. Le solde pourra être apporté entre les stades D2 et E. 

Ne pas oublier le soufre

Le colza est une culture très exigeante en soufre. Le risque de carence est bien plus important les années difficiles marquées par des excès d’eau important à l’automne et en sortie d’hiver. En conséquence, il ne faut pas négliger la fertilisation soufrée de la culture, préférentiellement avec des engrais de forme sulfate (Sulfate d’ammoniaque, Ammonitrate soufrée, etc.) pour un total de 75 unités à apporter en début de montaison (Stades C2-D1). 

Petits rappels sur les effets des excès d'eau sur le métabolisme du colza

Dans certaines situations (sols hydromorphes, parcelles inondées, sols saturés peu filtrants, colzas mal implantés et/ou peu développés à l’automne) où les colzas sont « complètement à l’arrêt », peut se poser la question du retournement et du remplacement de la culture. Voici quelques rappels concernant l’effet des excès d’eau sur l’activité des colzas et sur l’importance de diagnostiquer finement les parcelles concernées avant de prendre une décision.

Les excès d’eau peuvent affecter l’activité métabolique des colzas à deux niveaux :

  1. L'asphyxie racinaire

    Lorsque la teneur en oxygène du sol passe en dessous de 10%, l’absorption d’azote est bloquée, pénalisant de fait la nutrition azotée et par extension la croissance de la plante.

  2. La fermentation du système racinaire

En présence prolongée d’eau, la racine de colza fermente, ce qui entraîne une accumulation d’éthanol dans les feuilles. Avec l’accumulation, la photosynthèse, et par extension la croissance, sont impactées (la feuille prend une couleur brune à rouge). Si elle devient est trop importante, des pertes de pieds sont observées.

Des facteurs aggravants 

Ces phénomènes sont favorisés et amplifiés par les faibles niveaux de biomasse en sortie d’hiver, associés à des défauts d’implantation (profondeur d’enracinement < 15 cm, pivots « fourchus » ou « coudés »), dont l’origine provient de problèmes de structure de sol, et parfois de fertilisation de fond. Le salissement et les dégâts de ravageur d’automne (larves de grosses altises et/ou de charançons du bourgeon terminal) constituent également des facteurs limitant la capacité de compensation et de reprise des colzas, notamment lorsqu’ils sont peu développés à l’automne.

Ainsi, en fonction de la dynamique de croissance et de développement du colza à l’automne, de sa qualité d’enracinement, de l’état de salissement de la parcelle, des dégâts causés par les ravageurs d’automne et de la vitesse de ressuyage des sols, les effets d’un excès d’eau sur la capacité de reprise et par extension sur le potentiel de rendement peuvent être très différents d’une parcelle à l’autre.

Maintien ou retournement ? Une décision à ne pas prendre à la légère !

Dans certaines situations où les colzas ne semblent pas repartir, se pose la question du maintien ou du retournement de la parcelle. Si la décision est simple dans les cas extrêmes (parcelle intacte ou au contraire présentant de fortes nécroses racinaires), elle est beaucoup plus délicate dans les situations intermédiaires, en fonction du pourcentage de la parcelle concerné et surtout de l’évolution des symptômes.

Bien diagnostiquer chaque parcelle pour juger de la pertinence du maintien de celle-ci
Il est tout d’abord important d’évaluer l’incidence du retournement par rapport au maintien de la culture : l'investissement déjà engagé, les aspects réglementaires, le potentiel et la faisabilité de la culture de remplacement selon les herbicides utilisés.

Pour juger de la pertinence d’un retournement de parcelle, il faut estimer d'une part les capacités de compensation du colza, la biomasse fraîche (poids vert exprimé par m²) et la densité du peuplement, et d'autre part les facteurs aggravants, (hydromorphie, enherbement, défaut d’enracinement, dégâts de ravageurs, peuplement hétérogène, etc.). Il est inutile de laisser des colzas en mauvais état à l’intérieur de parcelles qui risquent de se salir rapidement au printemps et dont le potentiel de rendement est très limité.

Voici quelques repères permettant de décider ou non du maintien des parcelles pour lesquelles de suspicions persistent :

1. Le peuplement 

Selon les types de sols à partir de 5 à 10 pieds/m² sains bien répartis, avec un salissement maitrisé, le retournement de la parcelle est déconseillé. 
 

2. L’état sanitaire de la racine

Pour observer les nécroses racinaires, il faut prélever des racines et les couper longitudinalement pour bien identifier les zones touchées. Si les nécroses racinaires sont trop importantes, la survie de la plante est fortement compromise. En fonction des conditions climatiques (notamment le retour d’une période pluvieuse), les nécroses peuvent évoluer. Il est donc recommandé de vérifier régulièrement la progression ou la stagnation des nécroses dans les parcelles légèrement à moyennement impactées pour confirmer le diagnostic.

Coupe longitudinale d'une racine de colza saineCoupe longitudinale d'une racine de colza nécrosée

3. Le pourcentage de la parcelle concerné par les dégâts

Pour envisager un retournement, la surface concernée par de fortes nécroses doit être suffisante pour justifier de nouvelles dépenses (charges opérationnelles et coûts de passage). Si la surface touchée ne représente que quelques pourcents de la parcelle, le maintien de la culture dans la zone sera décidé, il conviendra alors d’être vigilant sur le salissement en fin de cycle, notamment en graminées. La gestion des adventices devra être envisagée en interculture et dans la culture suivante.

4. Le niveau d’infestation en larves de grosses altises ou de charançons du bourgeon terminal

Il intervient en facteur aggravant de la présence de nécroses racinaires.

Dans tous les cas, la tolérance aux stress et les capacités de compensation du colza au printemps risquent d’être limitées dans les situations où les systèmes racinaires sont endommagés par les excès d’eau. Il faudra en tenir compte dans le raisonnement de la fertilisation de printemps !

Cultures de remplacement

En cas de retournement de la parcelle et de remplacement de la culture, il est important de prendre en compte l’historique des spécialités herbicides employées à l’automne/hiver afin d’adapter le choix d’espèce. Retrouvez ici un tableau des cultures de remplacement possibles après retournement d’un colza, en fonction du programme de désherbage employé.


 

Vos contacts régionaux

  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
  • Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
     
Montaison Auvergne Rhônes-Alpes PACA Fertilisation Accidents climatiques Colza Compatible Quentin Level - q.level@terresinovia.fr

Des excès d'eau hivernaux qui pénalisent la bonne reprise de la culture

Les conditions humides et pluvieuses de sortie d'hiver, qui cette année suivent une période hivernale marquée par une importante fonte des colzas dans le Sud-Ouest à la suite d'épisodes de froid et de gel, ralentissent voire pénalisent la bonne reprise de la culture à deux titres : Un manque de praticabilité des parcelles, empêchant les apports azotés et soufrés, ainsi que des excès d'eau pouvant provoquer l'asphyxie voire la fermentation du système racinaire.

Les conditions humides et pluvieuses de sortie d'hiver, qui cette année suivent une période hivernale marquée par une importante fonte des colzas dans le Sud-Ouest à la suite d'épisodes de froid et de gel, ralentissent voire pénalisent la bonne reprise de la culture à deux titres : Un manque de praticabilité des parcelles, empêchant les apports azotés et soufrés, ainsi que des excès d'eau pouvant provoquer l'asphyxie voire la fermentation du système racinaire. Dans ce contexte se pose la question de la stratégie de fertilisation à adopter lors de retours tardifs au champ ainsi que, dans certaines situations (parcelles de fonds de vallée inondées, sols hydromorphes, plaines peu filtrantes, etc.), du maintien de certaines parcelles.

Adapter les pratiques de fertilisation à l'état des colzas à la reprise

Revoir à la baisse la dose d'azote totale à apporter uniquement sur les parcelles très impactées par les excès d'eau

Dans la majorité des situations, les colzas étaient bien implantés et développés en entrée d’hiver. Si les excès d’eau des dernières semaines ont empêché les apports à reprise de végétation, l’état des colzas (enracinement profond, forte biomasse automnale) ne se montre pas limitant pour une reprise sans encombre. Dans ce contexte, les doses prévisionnelles d’azote à apporter au printemps pourront être maintenues. Seule la question du fractionnement des apports importe. 

En revanche, pour les parcelles où de l’eau excédentaire stagne en surface (bas de côteaux, plaines non-drainées inondées ou saturées, sols hydromorphes), pénalisant la reprise de colzas, il est important d’adapter au cas par cas la stratégie de fertilisation :

  • Sur les parcelles initialement peu développées à l’automne (mauvaise implantation, dégâts précoces de ravageurs, etc.) et confrontées à d’importants excès d’eau, il peut être envisagé de revoir à la baisse leur potentiel de rendement, et par extension la dose totale à apporter au printemps. En effet, les colzas au système racinaire peu développé à l’automne et endommagé par les excès d’eau auront de moins bonnes capacités de compensation face aux stress biotiques (attaques de ravageurs, maladies, salissement) et abiotiques (stress hydrique) au printemps. Afin d’éviter des investissements qui, sans doute, ne seront pas rentabilisés à la récolte, il convient dès maintenant de maîtriser au mieux les charges opérationnelles, notamment sur le poste engrais, qui est généralement le plus lourd pour la culture.

  • Pour les parcelles où le colza présente une bonne qualité d’implantation (peuplement homogène, dense, salissement faible, biomasse importante à l’automne, faibles dégâts de ravageurs), il convient de surveiller leur évolution dans les prochains jours. Les probabilités de reprise sans encombre sont bien plus importantes, n’imposant pas, sauf exception, de revoir les doses prévisionnelles à la baisse. 

Fractionner les apports pour bien accompagner la reprise et garantir la nutrition azotée jusqu’à la floraison

Dès que les parcelles redeviendront praticables, et si les conditions météorologiques sont favorables, une adaptation de la stratégie en 3 apports d’azote est à envisager sur les colzas les plus chétifs, avec un premier apport modéré de 30 à 40 uN pour permettre à la plante de soutenir sa croissance. Un dernier apport de 40 uN est à réserver au stade E (boutons séparés). Le reste pourra être apporté aux stades D1-D2 (boutons accolés). Il est inutile d’accompagner la reprise avec un apport conséquent dès le départ dans ce cas de figure, la capacité d’absorption du colza étant limitée !

Pour les colzas les mieux portants (> 1 kg/m² en sortie d’hiver) et/ou bien implantés déjà au stade C2 (entre-nœuds visibles) voire D1, un premier apport d’environ 60-70 uN sera à effectuer lorsque les parcelles seront praticables. Il n’y a pas lieu de se précipiter pour ces colzas, dont la qualité d’enracinement garantit une bonne capacité d’absorption de l’azote du sol. Le solde pourra être apporté entre les stades D2 et E. 

Ne pas oublier le soufre

Le colza est une culture très exigeante en soufre. Le risque de carence est bien plus important les années difficiles marquées par des excès d’eau important à l’automne et en sortie d’hiver. En conséquence, il ne faut pas négliger la fertilisation soufrée de la culture, préférentiellement avec des engrais de forme sulfate (Sulfate d’ammoniaque, Ammonitrate soufrée, etc.) pour un total de 75 unités à apporter en début de montaison (Stades C2-D1). 

Petits rappels sur les effets des excès d'eau sur le métabolisme du colza

Dans certaines situations (sols hydromorphes, parcelles inondées, sols saturés peu filtrants, colzas mal implantés et/ou peu développés à l’automne) où les colzas sont « complètement à l’arrêt », peut se poser la question du retournement et du remplacement de la culture. Voici quelques rappels concernant l’effet des excès d’eau sur l’activité des colzas et sur l’importance de diagnostiquer finement les parcelles concernées avant de prendre une décision.

Les excès d’eau peuvent affecter l’activité métabolique des colzas à deux niveaux :

  1. L'asphyxie racinaire

    Lorsque la teneur en oxygène du sol passe en dessous de 10%, l’absorption d’azote est bloquée, pénalisant de fait la nutrition azotée et par extension la croissance de la plante.

  2. La fermentation du système racinaire

En présence prolongée d’eau, la racine de colza fermente, ce qui entraîne une accumulation d’éthanol dans les feuilles. Avec l’accumulation, la photosynthèse, et par extension la croissance, sont impactées (la feuille prend une couleur brune à rouge). Si elle devient est trop importante, des pertes de pieds sont observées.

Des facteurs aggravants 

Ces phénomènes sont favorisés et amplifiés par les faibles niveaux de biomasse en sortie d’hiver, associés à des défauts d’implantation (profondeur d’enracinement < 15 cm, pivots « fourchus » ou « coudés »), dont l’origine provient de problèmes de structure de sol, et parfois de fertilisation de fond. Le salissement et les dégâts de ravageur d’automne (larves de grosses altises et/ou de charançons du bourgeon terminal) constituent également des facteurs limitant la capacité de compensation et de reprise des colzas, notamment lorsqu’ils sont peu développés à l’automne.

Ainsi, en fonction de la dynamique de croissance et de développement du colza à l’automne, de sa qualité d’enracinement, de l’état de salissement de la parcelle, des dégâts causés par les ravageurs d’automne et de la vitesse de ressuyage des sols, les effets d’un excès d’eau sur la capacité de reprise et par extension sur le potentiel de rendement peuvent être très différents d’une parcelle à l’autre.

Maintien ou retournement ? Une décision à ne pas prendre à la légère !

Dans certaines situations où les colzas ne semblent pas repartir, se pose la question du maintien ou du retournement de la parcelle. Si la décision est simple dans les cas extrêmes (parcelle intacte ou au contraire présentant de fortes nécroses racinaires), elle est beaucoup plus délicate dans les situations intermédiaires, en fonction du pourcentage de la parcelle concerné et surtout de l’évolution des symptômes.

Bien diagnostiquer chaque parcelle pour juger de la pertinence du maintien de celle-ci
Il est tout d’abord important d’évaluer l’incidence du retournement par rapport au maintien de la culture : l'investissement déjà engagé, les aspects réglementaires, le potentiel et la faisabilité de la culture de remplacement selon les herbicides utilisés.

Pour juger de la pertinence d’un retournement de parcelle, il faut estimer d'une part les capacités de compensation du colza, la biomasse fraîche (poids vert exprimé par m²) et la densité du peuplement, et d'autre part les facteurs aggravants, (hydromorphie, enherbement, défaut d’enracinement, dégâts de ravageurs, peuplement hétérogène, etc.). Il est inutile de laisser des colzas en mauvais état à l’intérieur de parcelles qui risquent de se salir rapidement au printemps et dont le potentiel de rendement est très limité.

Voici quelques repères permettant de décider ou non du maintien des parcelles pour lesquelles de suspicions persistent :

1. Le peuplement 

Selon les types de sols à partir de 5 à 10 pieds/m² sains bien répartis, avec un salissement maitrisé, le retournement de la parcelle est déconseillé. 
 

2. L’état sanitaire de la racine

Pour observer les nécroses racinaires, il faut prélever des racines et les couper longitudinalement pour bien identifier les zones touchées. Si les nécroses racinaires sont trop importantes, la survie de la plante est fortement compromise. En fonction des conditions climatiques (notamment le retour d’une période pluvieuse), les nécroses peuvent évoluer. Il est donc recommandé de vérifier régulièrement la progression ou la stagnation des nécroses dans les parcelles légèrement à moyennement impactées pour confirmer le diagnostic.

Coupe longitudinale d'une racine de colza saineCoupe longitudinale d'une racine de colza nécrosée

3. Le pourcentage de la parcelle concerné par les dégâts

Pour envisager un retournement, la surface concernée par de fortes nécroses doit être suffisante pour justifier de nouvelles dépenses (charges opérationnelles et coûts de passage). Si la surface touchée ne représente que quelques pourcents de la parcelle, le maintien de la culture dans la zone sera décidé, il conviendra alors d’être vigilant sur le salissement en fin de cycle, notamment en graminées. La gestion des adventices devra être envisagée en interculture et dans la culture suivante.

4. Le niveau d’infestation en larves de grosses altises ou de charançons du bourgeon terminal

Il intervient en facteur aggravant de la présence de nécroses racinaires.

Dans tous les cas, la tolérance aux stress et les capacités de compensation du colza au printemps risquent d’être limitées dans les situations où les systèmes racinaires sont endommagés par les excès d’eau. Il faudra en tenir compte dans le raisonnement de la fertilisation de printemps !

Cultures de remplacement

En cas de retournement de la parcelle et de remplacement de la culture, il est important de prendre en compte l’historique des spécialités herbicides employées à l’automne/hiver afin d’adapter le choix d’espèce. Retrouvez ici un tableau des cultures de remplacement possibles après retournement d’un colza, en fonction du programme de désherbage employé.


 

Vos contacts régionaux

  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
  • Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
     
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Le guide de culture 2026 dédié au tournesol est disponible

Terres Inovia a mis à jour son guide de culture consacré au tournesol. Ce support complet, actualisé avec la nouvelle identité visuelle de l’institut, accompagnera pas-à-pas les producteurs et les conseillers lors de la prochaine campagne. Comme chaque année, il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée.

Terres Inovia a mis à jour son guide de culture consacré au tournesol. Ce support complet, actualisé avec la nouvelle identité visuelle de l’institut, accompagnera pas-à-pas les producteurs et les conseillers lors de la prochaine campagne. Comme chaque année, il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée.

Économe en intrants et bénéficiant d’un progrès génétique continu, le tournesol est une culture durable et compétitive, pourvoyeuse de bénéfices pour les systèmes de culture dans lesquels il est inclus. Tête de rotation à cycle court, doté d’une bonne capacité de tolérance au stress hydrique, il s’adapte à de nombreux contextes de production.

Le guide de culture tournesol de Terres Inovia permet de tout savoir sur l’itinéraire technique du tournesol : choix variétal, implantation, stratégie de lutte contre les bioagresseurs, conservation des graines, etc.

Dans cette édition 2026, Terres Inovia a actualisé l’ensemble de ses conseils et positions techniques, à l’instar des recommandations pour lutter contre le mildiou, les caractéristiques réglementaires des solutions préconisées, ou encore la liste des variétés évaluées dans le réseau Terres Inovia. Quant aux références économiques présentées, elles sont en phase avec les éléments de contexte actuel.

 

Le guide de culture tournesol 2026 peut être téléchargé gratuitement sur le site internet de l’institut.

 

Le guide en version imprimée est également gratuit, seule une participation aux frais de port est demandée. Le guide de culture tournesol 2026 sera livré à partir du 23 février 2026.

 

France entière Biodiversité OAD Accidents climatiques Couverts végétaux Implantation Désherbage Débouchés Fertilisation Culture en dérobé Orobanche Irrigation Ravageurs Récolte Stockage Maladies Tournesol Terres Inovia

Spécial Tournesol 2026 : Terres Inovia renouvelle son partenariat avec le groupe Réussir

Une nouvelle fois, l'institut technique a contribué à l'élaboration d'un support édité par le groupe Réussir et dédié à la culture du tournesol.

Une nouvelle fois, l'institut technique a contribué à l'élaboration d'un support édité par le groupe Réussir et dédié à la culture du tournesol.

Dans ce nouveau numéro du Spécial Tournesol 2026, plusieurs articles ont été rédigés par les experts de Terres Inovia.

  • Une année 2025 chaude, sèche et... peu productive, par Elodie TOURTON.
  • Phosphore, potasse : les apports sont-ils bien valorisés ? par Emile LEREBOUR
  • Quel intérêt de la fertilisation azotée ? par Emile LEREBOUR
  • Évaluer le risque taupin et noctuelle terricole pour adapter la lutte, par Laurent RUCK
  • Un verticillium qui gagne du terrain dans l'ouest et le centre de la France, par Cécilia FONTYN
  • Dégâts d'oiseaux à la levée : comment diminuer les risques ? par Christophe SAUSSE
  • Caractéristiques des variétés de tournesol selon leur type et leur précocité, par Céline MOTARD
tournesol à maturité
Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Fertilisation Récolte Ravageurs Maitrise des maladies Maladies Choix variétal Tournesol Non Elodie TOURTON - e.tourton@terresinovia.fr
Emile LEREBOUR - e.lerebour@terresinovia.fr
Laurent RUCK - l.ruck@terresinovia.fr
Cécilia FONTYN - c.fontyn@terresinovia.fr
Christophe SAUSSE - c.sausse@terresinovia.fr
Céline MOTARD - c.motard@terresinovia.fr

Colza : Evaluer la biomasse du colza pour optimiser la fertilisation azotée au printemps

Raisonner la fertilisation azotée des colzas est indispensable pour assurer la productivité de la parcelle et maîtriser le poste de charge opérationnel le plus important de la culture. L’estimation de la biomasse du colza à la sortie de l’hiver et sa prise en compte dans le calcul de dose d’azote est un moyen simple et efficace pour optimiser sa marge brute. 

L’estimation de la biomasse en sortie hiver est indispensable pour ajuster la quantité d’azote à apporter au printemps car la biomasse aérienne (pois vert en kg/m²) est un bon indicateur de l’azote déjà absorbé par la plante. Plus la quantité d’azote absorbé par la culture à l’ouverture du bilan est importante, plus la dose d’azote à apporter sous forme d’engrais au printemps est faible, sans compromis sur le rendement.

L’estimation de la biomasse est à faire lors de la reprise de végétation (stade C1 – C2) et dans tous les cas avant le premier apport d’azote. 
 

Méthode d’estimation de la biomasse par pesée

La pesée s’effectue sur 2 à 4 parcelles d’1 m² en sectionnant les colzas au ras le sol pour une bonne estimation de sa biomasse aérienne. La méthode de prélèvement varie selon l’écartement du colza (voir tableau ci-contre).  

Ecartement

Méthode de prélèvement

Inférieur à 30 cm

Prélever dans un carré de 1 mètre de côté

45 cm

Prélever 2 rangs contigus de 1,10 mètre linéaire

50 cm

Prélever 2 rangs contigus de 1 mètre linéaire


Dans les parcelles avec des colzas hétérogènes, il est recommandé de réaliser 4 prélèvements, à différents endroits représentatifs de la parcelle, tout en évitant les bordures. La valeur moyenne sera alors retenue pour effectuer les calculs de dose d’azote.
 

Pour éviter tout biais de mesure, notamment en cas de prélèvement par temps pluvieux ou en cas de forte rosée, il convient de bien secouer les plantes pour les débarrasser des gouttes d’eau, de retirer les feuilles blanches en décomposition gorgées d’eau et d’enlever les éventuelles mottes de terre et autres débris.
 

D'autres outils pour estimer la biomasse des colzas

Il existe aujourd’hui une grande diversité d’opérateurs proposant des services de conseils azoté spécialisés sur le colza à partir d’un traitement d’image. Ils permettent aux agriculteurs qui le souhaitent de moduler les apports au sein de la parcelle, soit avec un système piloté sur l'épandeur d'engrais, soit en modulant manuellement par grandes zones dans les parcelles présentant des états de croissance différents. Parmi eux, 4 produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia : 

  • Farmstar (Airbus, Arvalis)
  • Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
  • PRECIFert Azote (Precifield)
  • Bilan Colza by Abelio (Abelio)

Pour faciliter les estimations au champ, 2 applications smartphone, ImageIT inclus aujourd’hui dans Atfarm (Yara France) et Crop-Analyser (Visio-Crop), font l’objet de partenariat avec Terres Inovia. La biomasse est estimée à partir de photographies classiques, dont l'exploitation et l’interprétation sont ajustées par la hauteur de végétation, à renseigner en amont du traitement d’image.

Pour aller plus loin : Evaluer la biomasse du colza pour optimiser les apports d'azote au printemps

Calcul de la dose prévisionnelle : attention à la surestimation des besoins !

La Réglette azote colza® - outil simple, facile d’utilisation et mis en ligne gratuitement par Terres Inovia - détermine la dose totale à apporter à partir de plusieurs informations : la biomasse du colza, l’objectif de rendement de la parcelle, le type de sol, l’apport de produits organiques, la nature du précédent et éventuellement l’association de légumineuses gélives.
 

Afin de ne pas surestimer les besoins de la culture, et ainsi éviter une sur-fertilisation inutile et coûteuse dans un contexte de prix élevé des engrais azotés, il convient de fixer un objectif de rendement raisonnable : calculer la moyenne des rendements des 5 derniers colzas sur la parcelle ou des parcelles comparables, en enlevant la valeur la plus faible et la valeur la plus élevée (moyenne olympique).

Fractionner pour synchroniser les apports aux besoins de la culture

Pour les colzas à faible croissance, un premier apport précoce dès la reprise de végétation, en petite quantité, est recommandé. Il est en effet nécessaire d’accompagner la reprise car les petites plantes ont peu de réserves et une capacité d’absorption limitée.
 

Pour les colzas à forte croissance, la remobilisation des réserves accumulées dans les organes suffira à assurer une bonne reprise de végétation. Il est conseillé d’attendre la montaison pour l’apport éventuel d’azote.

Dans tous les cas, ne pas apporter plus de 100 kg/ha d’azote en une fois. 
 

Dose à apporter (kg/ha)

Reprise de végétation (stades C1-C2)

Début montaison (stades C2-D1)

Boutons accolés (D1-D2)

Boutons séparés (stade E)

<100

 

 

<100

 

100 à 170

 

60 à 80

40 à 90

>170

40 à 60

50 et +

40 à 60

 

Aurore BAILLET (a.baillet@terresinovia.fr)

Sortie hiver Pause hivernale Grand Est Hauts-de-France Bourgogne-Franche-Comté Fertilisation Colza Non Aurore BAILLET (a.baillet@terresinovia.fr)

Mesurer vos biomasses en sortie d'hiver pour optimiser vos apports azotés au printemps

Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation. 

Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables. 

Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.

Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation. 

Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables. 

Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.

Top départ pour les pesées sortie d'hiver

La remontée des températures au cours de la semaine dernière permettra d’initier le redémarrage des colzas, après un repos végétatif et une fonte des biomasses en entrée d’hiver, à la suite des baisses de températures successives entre fin-novembre et début-janvier. Il est donc temps de procéder à la pesée des colzas, afin de déterminer les quantités d’azote à apporter en amont et/ou en cours de montaison selon les situations.

Méthode d’estimation de la biomasse

La pesée s’effectue sur 2 à 4 placettes d’1m² en sectionnant les colzas au ras le sol pour une bonne estimation de sa biomasse aérienne. La méthode de prélèvement varie selon l’écartement du colza (voir tableau ci-contre).  

Dans les parcelles avec des colzas hétérogènes, il est recommandé de réaliser 4 prélèvements, à différents endroits représentatifs de la parcelle, tout en évitant les bordures. La valeur moyenne sera lors retenue pour effectuer les calculs de dose prévisionnelle.

Pour éviter tout biais de mesure, notamment en cas de prélèvement par temps pluvieux ou en cas de forte rosée, il conviendra bien secouer les plantes pour les débarrasser des gouttes d’eau sur les feuilles et enlever les éventuelles petites mottes de terre à la base de la tige.

Pour vous aider

Vous pouvez aller voir ce tutoriel

D'autres outils pour calculer directement les doses d'azote à apporter

Il existe aujourd’hui une grande diversité d’opérateurs proposant des services de conseils azoté spatialisés sur colza à partir d’un traitement d’image. Ils permettent aux agriculteurs qui le souhaitent de moduler les apports au sein de la parcelle, soit avec un système piloté sur l'épandeur d'engrais, soit en modulant manuellement par grandes zones dans les parcelles présentant des états de croissance différents. Parmi eux, 4 produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia : 

  • Farmstar (Airbus, Arvalis)
  • Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
  • PRECIFert Azote (Precifield)
  • Bilan Colza by Abelio (Abelio)

Pour faciliter les estimations au champ, 2 applications smartphone, ImageIT (Yara France) et Crop-Analyser (Visio-Crop), font l’objet de partenariat avec Terres Inovia. La biomasse est estimée à partir de photographies classiques, dont l'exploitation et l’interprétation sont ajustées par la hauteur de végétation, à renseigner en amont du traitement d’image.

Vous trouverez davantage d’informations concernant les méthodes alternatives d’estimation des biomasses et doses prévisionnelles en azote des colzas sur ce lien.
 

Calcul de la dose prévisionnelle : Attention à la surestimation des besoins !

La Réglette azote colza® permettra de déterminer la dose totale à apporter à partir de plusieurs informations : la biomasse du colza, l’objectif de rendement de la parcelle, le type de sol, l’apport de produits organiques, la nature du précédent et éventuellement l’association de légumineuses gélives.

Afin de ne pas surestimer les besoins de la culture, et ainsi éviter toute sur-fertilisation inutile et coûteuse, notamment dans un contexte de prix élevé des engrais azotés vis-à-vis des prix de vente du colza, il conviendra de fixer dans un premier temps un objectif de rendement raisonnable. Pour ce faire, il faudra calculer la moyenne des rendements des 5 derniers colzas sur la parcelle ou des parcelles comparables, en enlevant la valeur la plus faible et la valeur la plus élevée : c’est la moyenne olympique.

Au vu des conditions de température en ce début d’hiver, 2 situations. 

Les colzas du Sud-Ouest ont davantage perdu de biomasse que les campagnes précédentes où, certaines années, ils ne se sont jamais vraiment arrêtés de croître et de se développer. Il convient donc, en plus de bien estimer son objectif de rendement, de prendre en compte l’azote absorbé à l’automne, par une estimation à postériori des biomasses en entrée d’hiver (entre 800g et 1.2 kg/m² en moyenne selon les parcelles) ou par le traitement d’images satellites prises entre la mi-novembre et début-décembre. Le risque de la non-prise en compte de l’azote absorbé à l’automne, lorsque les colzas ont « fondu » au cours de l’hiver, est là-aussi une surestimation des doses à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités absorbées précédemment (voir exemples ci-contre).

En Auvergne et Rhône-Alpes, marquées par des températures inférieures aux normales de mi-novembre puis de fin décembre à début janvier, les colzas ont connu un ralentissement marqué de leur croissance, voire une perte de biomasse dans certaines situations. Dans ce contexte, il est indispensable, en complément d’une estimation réaliste de l’objectif de rendement, de bien prendre en compte l’azote absorbé à l’automne. Les références issues des réseaux BSV montrent des situations très contrastées (biomasses en entrée d'hiver à 2,7 kg/m² de moyenne en Rhône-Alpes, avec des valeurs comprises entre 0,4 et 5,8 kg/m², et 1,5 kg/m² en Auvergne, avec des extrêmes allant de 0,3 à 2,8 kg/m²).
L’estimation a posteriori des biomasses à l’entrée de l’hiver, par des mesures terrain ou via l’exploitation d’images satellites acquises entre la mi-novembre et début décembre, est donc essentielle. Ne pas intégrer l’azote absorbé à l’automne, notamment lorsque les colzas ont “fondu” au cours de l’hiver, conduit à une surestimation des doses d’azote à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités déjà prélevées par la culture.

 

Fractionner vos apports en fonction de la dose totale à apporter

Le fractionnement permet d’ajuster au mieux les apports aux besoins des plantes.

Pour les colzas à faible croissance, un premier apport précoce dès la reprise de végétation est recommandé ; il est en effet nécessaire d’accompagner la reprise car les petites plantes ont peu de réserves et elles n'accèdent pas facilement à l’azote du sol car, leur système racinaire est faible.

Au contraire pour les colzas à forte croissance, il est conseillé d’attendre la montaison pour l’apport éventuel d’azote ; la remobilisation des réserves accumulées dans les organes suffira à assurer une bonne reprise de végétation.

Dans tous les cas, ne pas apporter plus de 100 kg/ha d’azote en une fois.
 

Vos contacts en région :

  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Pause hivernale Ouest Occitanie Est Occitanie Sud Aquitaine PACA Rhônes-Alpes Auvergne Fertilisation Optimisation économique Nutrition minérale Colza Compatible Quentin LEVEL- q.level@terresinovia.fr
Alexandra DENOYELLE - a.denoyelle@terresinovia.fr

Nutrition : peser les colzas pour optimiser les apports au printemps

La fertilisation azotée est l’un des plus gros postes de charges opérationnelles sur l’oléagineux. Cependant, l’azote est aussi l’un des premiers facteurs qui limite le rendement de cette culture. En calculer la dose avec le plus de précision s’impose.

La fertilisation azotée de printemps du colza se prévoit dès novembre. Crédit : Terres Inovia.

Chaque année, les agriculteurs français appliquent en moyenne 170 unités d’azote (uN) minéral sur leurs colzas, soit un coût d’environ 200 €/ha. Or, la variabilité des situations dans lesquelles sont implantés les colzas nécessiterait des doses plus ajustées. Le calcul prévisionnel de la dose d’azote à apporter, avec l’outil Réglette azote colza, tient compte des conditions de l’année et de la parcelle pour raisonner la fertilisation et ainsi optimiser les charges d’engrais azotés. L’outil simplifie la méthode du bilan (figure 1) et l’adapte aux spécificités du colza, pour estimer rapidement et précisément la dose d’azote à apporter au printemps.

Une absorption importante à l’automne

Le colza absorbe l’azote en grandes quantités avant l’hiver et le remobilise au printemps pour répondre à ses besoins pour l’élaboration du rendement. Pour réaliser une bonne estimation de la dose d’engrais à apporter au printemps, il faut connaître la quantité déjà absorbée par la culture en sortie d’hiver, laquelle peut varier d’une année sur l’autre et d’une parcelle à l’autre.

A cela, s’ajoute la minéralisation issue des feuilles tombées au sol durant l’hiver. Dans les régions où les gelées hivernales causent des pertes de feuilles vertes importantes durant l’hiver, la quantité d’azote perdue peut atteindre, voire dépasser, 50 kg N/ha. Or près de la moitié de l’azote présent dans les feuilles tombées au sol sera réabsorbé par le colza pendant le printemps à la suite de leur minéralisation. C’est autant d’azote en moins à apporter par la fertilisation. Il est important dans ces situations de connaître les quantités d’azote absorbées par le colza en entrée et en sortie d’hiver, afin de calculer la quantité d’azote fournie par la minéralisation de ces feuilles.

Une dose inférieure à 170 uN dans 75 % des cas

Les références de Terres Inovia montrent que les colzas peuvent absorber de 25 à 250 kg d’N/ha en sortie d’hiver. Ces « réserves » permettent de réduire significativement la dose d’azote à apporter au printemps. Comme le montre la figure 1, les différents postes de fourniture d’azote (entrées) peuvent se compenser pour répondre aux besoins du colza. Dans les essais menés entre 2016 et 2023, la dose à apporter au printemps pour atteindre le rendement maximum varie de 0 à 300 uN. Dans ces essais, 75 % des situations nécessitaient une dose inférieure à 170 uN. En moyenne, cette même dose aurait conduit à une sur-fertilisation de l’ordre de 32 uN, soit environ 40 €/ha de pertes économiques. Ainsi, pour les gros colzas en sortie d’hiver qui ont déjà absorbé de grandes quantités d’azote, la dose d’engrais à apporter pour atteindre le rendement maximum peut être réduite par rapport aux petits colzas, qui ont absorbé peu d’azote.

 

Une méthode et un outil opérationnels

Pour estimer ces quantités d’azote absorbées par le colza, les pesées de matière fraîche des parties aériennes du colza sont une méthode simple et fiable (1). Prélevez les plantes sur au moins 2 m² par parcelle, répartis en 2 placettes distinctes, en évitant les bordures. Coupez les plantes au ras du sol et pesez-les précisément. Divisez le poids obtenu par la surface prélevée pour exprimer le résultat en kg/m². Réalisez ces pesées à l’entrée et à la sortie de l’hiver afin de connaître (i) la quantité d’azote présente dans le colza à la reprise de végétation et (ii) celle qui sera minéralisée au printemps à partir des feuilles gelées, tombées pendant l’hiver.

Une fois les poids du colza en entrée et sortie d’hiver connus (et le reliquat sortie d’hiver si possible), renseignez ces informations sur le site internet de la Réglette azote colza et ajoutez les informations sur le contexte de la parcelle. L’outil calcule la dose totale à apporter et indique comment fractionner l’apport (tableau 1). Par exemple, sur des parcelles avec de gros colzas et donc une dose à apporter assez faible, il est possible de retarder le premier apport jusqu’au début de la montaison. La remobilisation des réserves accumulées dans la plante suffira à assurer une bonne reprise de végétation.

Enfin, pour maximiser l’absorption de l’engrais par la plante, réalisez les apports seulement quand la vitesse de croissance de la plante est forte (lorsque les besoins en azote du colza sont élevés). Des apports réalisés trop tôt, avec des températures très basses (voire sur sol gelé), ne seront que très peu valorisés, les besoins du colza étants faibles à ces périodes. Visez des conditions suffisamment humides (pluie récente ou dans les jours à venir) pour assurer une rapide mise à disposition de l’engrais aux racines et ainsi éviter un excès de volatilisation de l’azote. Chaque unité mal valorisée est perdue pour la plante et le rendement… et pollue l’environnement.

(1) D’autres méthodes d’estimation de la quantité d’azote absorbée par le colza existent. Elles utilisent une analyse d’image, obtenue via drone, satellite, smartphone ou appareil spécialisé. Plusieurs produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia, et intègrent tout ou partie de la méthode de calcul de la Réglette azote colza.

Contact : Emile Lerebour, e.lerebour@terresinovia.fr​​​​​​​

​​​​​​​Lire l'article dans le n° de décembre d'Arvalis & Terres Inovia infos : ici.

France entière Fertilisation Colza

Consultez le dernier numéro d'Arvalis & Terres Inovia infos

Le numéro d'Arvalis & Terres Inovia infos daté décembre 2025 est disponible et consultable en ligne (PDF téléchargeables ci-dessous).

A découvrir dans ce numéro :

OLÉOPROTÉAGINEUX

  • Plan de sortie du phosmet : leviers testés et perspectives attendues, p. 25
  • Cuvette jaune : un piège à insectes éprouvé dans le colza, p. 28
  • Nutrition : peser les colzas pour optimiser les apports au printemps, p. 30
  • Désherbage du pois de printemps : des stratégies adaptées au type et à la flore, p. 33
  • Pratiques culturales : féverole 2024, les évolutions récentes à la loupe, p. 36

Bonne lecture !

​​​​​​​

 

France entière Fertilisation Choix variétal Ravageurs Colza Féverole d'hiver Féverole de printemps Pois d'hiver Pois de printemps

Maitriser la culture de la cameline

Formation experte et opérationnelle sur la cameline : maîtrise des itinéraires techniques, analyse des débouchés, retours d’essais et diagnostics terrain pour sécuriser l’intégration de la culture et sa valorisation.

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Cameline : transformer une culture de diversification en opportunité technique et économique.
Portée par des débouchés en plein développement, la cameline nécessite une maîtrise précise de son itinéraire cultural pour exprimer tout son potentiel. Cette formation vous propose une approche technique et économique complète pour réussir son intégration dans les systèmes de culture.

 

Au programme :

1.La cameline : bases et enjeux

  • Origine, cycle de développement et caractéristiques agronomiques
  • Atouts de la culture et positionnement dans les systèmes de culture

2.Débouchés et cadre de valorisation

  • Principaux débouchés : carburants durables, alimentation humaine et animale, cosmétique, usages industriels
  • Éléments de contexte réglementaire

3.Itinéraires techniques de la cameline

  • Conditions de réussite et choix de la parcelle
  • Implantation et choix variétal
  • Fertilisation et gestion de l'enherbement
  • Gestion des bioagresseurs
  • Adaptation de l'itinéraire selon le mode de conduite : culture principale, dérobé estival ou hivernal, culture en association

4.Récolte et sécurisation de la production

  • Principes et réglages clés de la récolte
  • Fauchage-andainage

5.Cameline en agriculture biologique

  • Intérêts agronomiques
  • Spécificités techniques et débouchés

6.Performances économiques

  • Comparaison de marges selon les itinéraires techniques
  • Analyse économique à l'échelle du système de culture

7.Diagnostic terrain

  • Observation de parcelles et/ou d'essais
  • Analyse collective des situations rencontrées

À l'issue de la formation, les participants seront capables de :

  • Comprendre les enjeux agronomiques, économiques et réglementaires liés à la culture de la cameline
  • Identifier les différents débouchés de la cameline et leurs exigences
  • Préconiser les techniques culturales clés pour réussir la cameline, quel que soit le mode de conduite (culture principale, dérobé, association, agriculture biologique)
  • Adapter l'itinéraire technique de la cameline aux contextes pédoclimatiques et aux objectifs de production

Format présentiel avec une partie terrain (selon conditions et période de la formation) :

  • Apports en salle théoriques : Présentation de la culture, de ses débouchés et des itinéraires techniques (culture principale, dérobé, association), illustrée par des résultats d'essais et des études de cas concrets.

  • Observation terrain  : Analyse de situations réelles en parcelle et observation d'essais afin de réaliser des diagnostics collectifs et d'illustrer les leviers techniques.

Méthodes actives : Exposés, études de cas, échanges de pratiques, questions-réponses, diagnostic appliqué.

Évaluation : Quiz de validation des acquis, questions-réponses tout au long de la formation, auto-positionnement des participants, enquête individuelle de satisfaction.

Supports théoriques : Présentations, exposés, textes réglementaires et documents de synthèse remis aux participants.

Études de cas : Situations réelles issues de résultats d'expérimentations et de retours d'expérience terrain, analysées collectivement.

Échanges de pratiques : Partage d'expériences entre participants et formateurs afin d'enrichir l'analyse technique et les diagnostics.

Techniciens, conseillers agricoles, agriculteurs, agents de structures travaillant avec la cameline en vue de production de biocarburant Questions-réponses, Quiz, enquête individuelle de satisfaction, auto-positionnement

Pour toute demande d'adaptation pour vous permettre la réussite de votre parcours, merci de contacter le référent handicap :

Christel CARO

Tél : 01 30 79 95 09

Mail : formation@terresinovia.fr 

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Maîtrise agronomique de la culture du pois chiche et lentille dans le Sud-Ouest

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Intégrer lentille et pois chiche dans vos rotations : un choix agronomique stratégique
Lentille et pois chiche, cultures économes et performantes, améliorent la fertilité des sols, cassent les cycles de bioagresseurs et offrent des débouchés sûrs. Adaptée au contexte pédoclimatique du Sud-Ouest, la formation propose apports théoriques et visites pour maîtriser les itinéraires techniques et intégrer durablement ces légumineuses.

 

Au programme :

1.Introduction aux légumineuses : 

  • Définition des légumineuses et fonctionnement,
  • Rôle des légumineuses dans la fertilisation des sols et la rotation des cultures.

2.Conduite de la lentille dans le Sud-Ouest

  • Caractéristiques agronomiques : espèce de printemps, culture économe en intrants
  • Typologies (blonde, corail, verte) et opportunités de valorisation
  • Adaptation de l'itinéraire technique aux contraintes régionales : types de sols, disponibilité en eau, températures
  • Implantation, choix variétal, conduite culturale, fertilisation, protection
  • Récolte : conditions optimales, réglages des équipements

 3.Conduite du pois chiche dans le Sud-Ouest

  • Intérêts agronomiques, environnementaux et économiques
  • Itinéraire technique régionalisée : choix des dates de semis, densités, conduite en conditions sèches, récolte, stockage et contractualisation
  • Gestion des bioagresseurs spécifiques à la zone

 4.Focus sur l'agriculture biologique

 

Formation réalisée en collaboration avec FILEG (gratuité pour leurs adhérents)

A l'issue de la formation, les participants seront capables de :

  • Expliquer le fonctionnement agronomique des cultures de lentille et pois chiche
  • Identifier les intérêts agronomiques, économiques et environnementaux
  • Choisir les espèces et variétés adaptées aux contextes pédoclimatiques du Sud Ouest
  • Mettre en œuvre une conduite culturale raisonnée : implantation, fertilisation, gestion des adventices et bioagresseurs
  • Diagnostiquer les principaux accidents de cultures
  • Appliquer les bonnes pratiques de récolte et de post-récolte
  • Intégrer les spécificités de la production en agriculture biologique dans le contexte local

Format présentiel :

  • Apports techniques en salle : exposés, études de cas, échanges interactifs

  • Mise en pratique sur le terrain : visite de parcelle, observation de cultures

Méthodes actives : Exposés illustrés, débats, questions-réponses, retours d'expériences

Évaluation : Quiz, questions-réponses, exercice d'application, enquête individuelle de satisfaction, auto positionnement

Supports théoriques : Exposés, présentations visuelles, supports écrits remis aux participants

Visite de parcelle : Analyse de cultures de lentille et pois chiche en conditions réelles, repérage de points techniques clés

Échanges de pratiques : Retours d'expérience terrain et discussions collectives avec le formateur

Conseillers/Techniciens des organismes de développement, des organismes économiques et de l'agrofourniture. Enseignants. Agriculteurs Quiz, questions-réponses, exercice d'application, enquête individuelle de satisfaction, auto positionnement

Pour toute demande d'adaptation pour vous permettre la réussite de votre parcours, merci de contacter le référent handicap :

Christel CARO

Tél : 01 30 79 95 09

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