Choix des couverts

Outil d’aide au choix des couverts d’interculture, gélifs associés au colza et semi-permanents.

Terres Inovia a intégré ses cultures dans l'application Internet proposée par ARVALIS-Institut du Végétal et qui permet de vérifier la conformité d'un mélange, ou de construire un mélange à partir des produits autorisés.

Oui Couverts Interculture Utiliser l'outil Gratuit Désactivé

Les intercultures pièges : un levier de gestion territorial des altises d’hiver

La stratégie de lutte contre les altises d’hiver s’étoffe avec un nouveau levier de gestion à l’échelle du territoire : les intercultures pièges. En complément des leviers déjà mis en place à l’échelle de la parcelle pour réduire les dégâts du ravageur (colza robuste, lutte insecticide), cette pratique doit permettre de réduire les infestations.

Le colza est soumis à une pression croissante des altises, favorisée par l’élévation des températures et l’expansion des résistantes fortes aux pyréthrinoïdes. La lutte intégrée contre ce ravageur mobilise déjà des leviers de gestion à l’échelle de la parcelle (itinéraire technique). L’enjeu est de les sécuriser avec une stratégie territoriale qui vise à détourner les altises d’hiver des parcelles de colza en les attirant sur des parcelles d’interculture puis à réguler leur population en détruisant les larves dans les couverts.

Une pratique facile à mettre en œuvre

Les altises adultes, à leur sortie d’estive, recherchent des sites pour s’alimenter et pondre. Si elles sont particulièrement attirées par le colza, d’autres brassicacées comme le radis chinois ou la navette présentent un attrait équivalent, voire supérieur. En revanche la moutarde blanche et le radis fourrager ne sont pas adaptés.

Fort de ces constats, l’idée des intercultures pièges à germer. La pratique consiste à semer des plantes attractives (radis chinois) dans les couverts d’interculture pour diluer la population du ravageur à l’échelle du territoire, puis de détruire les larves grâce à la destruction mécanique du couvert en entrée d’hiver (cf. figure ci-dessous).

Une expérimentation à grande échelle

​​​​​​​Cette stratégie, initiée par un collectif sur les plateaux de Bourgogne, a été testée dans d’autres territoires sur trois campagnes dans le cadre du Plan d’action de sortie du phosmet, soutenu par le ministère de l’Agriculture via le fond Casdar.
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Entre 2022 et 2024, 41 parcelles d’interculture ont été implantées avec des mélanges comportant au moins 20 pieds/m² de radis chinois et 74 parcelles de colza à proximité ont été suivies. Dans ce pool de situations (pas toujours optimisées), l’efficacité de la pratique est très variable, allant de 0 % à 89 %. En moyenne 29 % de la population d’altise ont été détournés des champs de colza.

Des conditions de réussite identifiées

Terres Inovia a d’ores et déjà identifié plusieurs facteurs de réussite de la pratique :

  • Une densité minimale de 20 pieds/m² de radis chinois dans l’interculture.
  • Une surface de parcelle piège importante, idéalement au moins équivalente à celle du colza.
  • La proximité entre les intercultures pièges et le colza.
  • Le semis de l’interculture sur la même période que le colza. Le radis est plus attractif lorsqu’il est jeune. Les semis d’interculture au mois de juillet conduisent souvent à un développement trop important de la plante piège.
  • Une destruction des intercultures en entrée d’hiver, de préférence mécaniquement.

Une coordination territoriale, favorisant une mise en œuvre concertée entre exploitations voisines, permettra d’optimiser la mise en œuvre et de maximiser l’impact. Le déploiement à grande échelle de cette pratique augmentera l’efficacité de la technique car elle améliorera la probabilité d’interception des insectes lors de leurs déplacements. Seuls les secteurs avec des problématiques de hernie des crucifères ou de nématodes doivent être exclus de cette mise en œuvre.

En parallèle, des recherches sont en cours pour optimiser la méthode, notamment en explorant l’usage de médiateurs chimiques capables d’attirer ou de repousser les altises. Ces solutions pourraient encore améliorer l’efficacité des intercultures pièges et renforcer leur complémentarité avec les leviers de gestion à l’échelle de la parcelle.

Une pratique sécurisée

Avant de déployer à grande échelle les intercultures pièges, Terres Inovia a mis en place des essais spécifiques pour s’assurer que les larves d’altises étaient bien détruites lors de la destruction des intercultures. L’institut recommande une destruction mécanique avant l’hiver pour sécuriser la pratique. Dans cette configuration, on dénombre 90 % d’adultes émergeants en moins que sur un colza.

Aurore Baillet - a.baillet@terresinovia.fr - Alsace, Lorraine

 

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Floraison Maturité/récolte Lorraine, Alsace et Haute-Marne Interculture Ravageurs Colza Aurore Baillet (a.baillet@terresinovia.fr)

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Le numéro d'Arvalis & Terres Inovia infos de décembre est disponible et consultable en ligne (PDF téléchargeable ci-dessous).

A découvrir dans ce numéro :

OLÉOPROTÉAGINEUX

  • Coléoptères d’automne sur colza : déployer des leviers préventifs innovants à grande échelle, p. 28
  • Intercultures pièges : une nouvelle stratégie de gestion territoriale des altises d’hiver, p. 32
  • Projet Biostim colza : évolution des méthodes d’évaluation, p. 34
  • Désherbage du soja : le point sur les stratégies, p. 36

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France entière Ravageurs Interculture Désherbage Maitrise des adventices Maitrise des maladies Maladies Colza Tournesol Pois d'hiver Pois de printemps Soja Féverole d'hiver Féverole de printemps Lentille Pois chiche Lin d'hiver Lin de printemps Lupin d'hiver Lupin de printemps Cameline arvalis terres inovia infos ati infos atii

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Les éditions régionalisées du numéro de janvier sont en ligne et consultables dès à présent.

OLÉOPROTÉAGINEUX

  • Colza d’hiver : les variétés évaluées par Terres Inovia
  • CEPP : réduire les applications avec des variétés adaptées
  • Chardon des champs : les interventions en interculture efficaces
  • Maladies de la féverole : associer les leviers pour une gestion efficace
  • Jusqu’où peut-on décaler la date de semis du pois ?
  • Légumineuses : cultiver du soja et de la lentille dans le Grand-Ouest (éditions Sud et Ouest uniquement)

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Bioéconomie : cameline et Brassica carinata

Le volet technique du développement des intercultures oléagineuses pour les carburants d’aviation durables se structure avec les acteurs des projets Carina et 4CE-Med.


Paris, le 25 avril 2024 - Arvalis, Terres Inovia et Saipol ont réuni les agriculteurs, institutionnels et acteurs du monde agricole le 12 mars dernier pour une journée technique appelée « journée cameline : relever les défis techniques de l’amont à l’aval », organisée dans le cadre des projets européens Carina et 4CE-Med. Cet événement, qui s’est tenu sur la ferme expérimentale d’Arvalis à Boigneville, a permis aux partenaires de partager les dernières recommandations techniques pour accompagner le développement de cameline et Brassica carinata en intercultures, qui seront utilisées notamment pour le développement des carburants d‘aviation durables.

Un programme d’expérimentation soutenu par Carina et 4CE-Med

Les deux projets européens Carina et 4CE-Med étudient des systèmes de culture mobilisateurs de nouvelles ressources durables pour l’énergie en limitant les concurrences d‘usage des sols.

Le projet Carina soutenu par l’Union européenne vise à diversifier les systèmes de culture grâce à la culture de deux plantes oléagineuses, la Brassica carinata et la cameline. Les différentes stratégies de diversification étudiées pour ces deux cultures aux cycles courts visent à réduire la concurrence d’usage des sols. Les conduites en interculture de la cameline ou
de Brassica carinata, en association ou sur terres marginales sont travaillées avec les acteurs des filières afin de développer des systèmes de culture durables en tenant compte de différents modes d’insertion et d’itinéraires techniques associés. La valorisation de ces productions est travaillée dans une optique d’économie circulaire pour valoriser les coproduits en substances de biocontrôle. En combinant stratégiquement ces cultures, le projet Carina vise à renforcer la stabilité des rendements, à améliorer les revenus des agriculteurs et à promouvoir la durabilité globale des systèmes agricoles. En outre, cette initiative vise à contribuer à la croissance et au développement du secteur de la bioéconomie. Afin de faciliter le déploiement de systèmes innovants, Carina abordera également les questions de certification des matières premières à faible impact sur l'environnement destinées à l'industrie biosourcée.

Le projet 4CE-MED soutenu par PRIMA a initié les travaux sur la cameline dans des systèmes de double culture en zone méditerranéenne. Ce projet a également permis de travailler sur les voies d’insertion de cette culture avec les acteurs des filières dans une logique de durabilité et de co-conception, notamment dans des systèmes en agriculture de conservation.

A l’occasion de la journée technique, les instituts techniques agricoles Terres Inovia et Arvalis ont partagé les résultats de leurs derniers travaux sur la cameline : ils ont mis en avant les différents modes d’insertion de la cameline dans les systèmes de culture, et proposé des recommandations techniques adaptées pour les différents modes de production, les points d’attention et les conditions de réussite. Les instituts devront également explorer de nouvelles questions dans le cadre de leurs activités de recherche sur la cameline, comme le préfauchage pour avancer la récolte, les modalités de semis et de gestion de la paille du précédent, les zones de faisabilité de la culture en fonction du contexte pédoclimatique... A noter que de gros enjeux existent encore pour les dérobés : stabilisation des rendements sur la cameline en dérobé estivale dans un contexte climatique incertain, capacité de récolter la cameline assez précocement pour pouvoir implanter une culture après pour la cameline en dérobée hivernale par exemple.

Les instituts techniques ont aussi proposé à cette occasion des recommandations pour différents itinéraires techniques : dérobé d’été et dérobé d’hiver, sous formes de fiche disponibles auprès des instituts.

Les instituts techniques prêts à accompagner le développement des intercultures sur le terrain

En interculture d’été, aussi appelée dérobée estivale, la cameline a été étudiée dans un vaste réseau de parcelles agriculteurs par Terres Inovia, Saipol et différentes coopératives. Pois d’hiver et orge sont les deux précédents majeurs pour un semis avant le 10/07, avec de moindres contraintes techniques après pois. La gestion du mode d’implantation après céréale doit être bien travaillée, préférentiellement en semis direct à dents. Une fertilisation de 10 à 40 unités selon le précédent permet d’améliorer l’implantation de la culture. Le semis doit être réalisé dès la récolte. L’organisation du travail pour assurer récolte et le semis dans la foulée est un enjeu majeur. En dépit de la tolérance à la sécheresse de la cameline, les potentiels de production dépendent de la pluviométrie estivale, notamment à la levée : de 0,5 à 1,5 t/ha. La récolte se déroulera fin septembre début octobre.

Cette même cameline peut être semée à l’automne juste avant la campagne de semis de céréales (1 au 20/10 du Nord au Sud) pour être récoltée en mai avant l’implantation d’une culture principale d’été (sorgho, tournesol, soja, sarrasin, maïs) un peu tardive. La date de récolte est une condition de réussite essentielle de cette succession ; le choix de culture alimentaire et des variétés associées seront aussi déterminants. Le pré-fauchage est une technique étudiée et serait une option d’intérêt (Pour en savoir plus : Impact du fauchage-andainage sur la récolte de cameline d’hiver - arvalis.fr (youtube.com)). Les besoins en fertilisation azotée sont aussi réduits (40 à 60 kg N/ha).

Les points clés de chaque mode de production sont à l’étude : l’alimentation hydrique pour les intercultures d’été et la réussite des cultures principales après cameline en interculture d’hiver. Des techniques comme le relay cropping sont aussi travaillées face à ces contraintes.

Un déploiement progressif dès 2024 cadré par un débouché industriel proposé par Saipol

Acteur industriel du projet Carina en relation avec les metteurs en marché, Saipol a présenté les résultats des expérimentations des années précédentes et exposé les ambitions pour 2024. Afin d’accompagner la montée en puissance des cultures intermédiaires oléagineuses pour répondre aux futurs besoins en carburants d’aviation durables, Saipol initie dès 2024 le marché des intercultures oléagineuses en France en proposant un prix attractif pour les graines de cameline en interculture.

Concrètement, par l’intermédiaire des organismes collecteurs ciblés, les graines de cameline bénéficieront d’un prix incitatif ainsi que d’une « garantie récolte » si le cahier des charges est respecté. Véritable opportunité pour les agriculteurs et les organismes collecteurs, Saipol a pour objectif de préparer le terrain à une montée en puissance des volumes dès la récolte suivante (voir le communiqué).

Saipol compte transformer jusqu’à 2 000 tonnes de graines d’intercultures françaises dès 2024 puis multiplier par 5 les volumes transformés dès la récolte 2025, prenant le leadership en Europe sur la transformation des intercultures pour les carburants d’aviation durables, en assurant le partage de la valeur.

Autres axes à l’étude

La journée du 12/03 a également permis d’aborder d’autres voies de production pour des marchés bas carbone : les cultures en association ou en culture principale après d’autres cultures intermédiaires pour le biogaz par exemple. Cette journée sera renouvelée annuellement pour faire part des avancées des travaux et sera complétée de visites d’essais en cours.

Pour aller plus loin


•    Projet Carina : https://www.carina-project.eu/about/

•    Projet 4CE-Med : https://www.4cemed.eu/accueil/

•    Le guide de culture cameline, publié par Terres Inovia, téléchargeable en ligne : https://www.terresinovia.fr/p/cameline-guide-de-culture​​​​​​​

•    CP Saipol : https://www.saipol.com/actualites/saipol-acheteur-de-cameline-en-interculture- des-2024-avec-lappui-dorganismes-collecteurs-engages/

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Implantation et destruction du couvert végétal avant la culture du tournesol

Une destruction pas trop tardive sur sol ressuyé

L’implantation

Si le sol est travaillé, il est conseillé de réaliser un travail superficiel juste après la récolte pour gérer les pailles et favoriser les repousses, et de renouveler le passage pour détruire les éventuelles repousses avant d’implanter le couvert. En non-labour, compléter par une fissuration du sol en profondeur (possible en cours d’été ou d’automne) pour faciliter la croissance ultérieure du pivot du tournesol. Le semis direct du couvert d’interculture après récolte du précédent peut s’envisager, à condition d’avoir une structure favorable et peu d’adventices.

Pour choisir la bonne période de semis, plusieurs possibilités sont envisageables selon vos objectifs, votre équipement et le contexte pédoclimatique :

  • Un semis post-moisson du précédent permet de produire de la biomasse précocement. Il faut alors privilégier des espèces peu exigeantes en eau comme le sorgho fourrager. Ces couverts semés tôt nécessitent généralement une destruction précoce pour éviter les grenaisons.
  • Le couvert peut être semé courant août, permettant un choix d’espèces plus large.
  • Le semis peut être déclenché de façon opportuniste avant une pluie annoncée.

Selon les contraintes réglementaires, une implantation plus tardive en septembre et jusqu’à début octobre, notamment dans le Sud, est possible. La production de biomasse sera généralement limitée, mais cela permet d’assurer une couverture du sol en hiver. Il faut alors choisir des espèces capables de se développer tardivement. Peu de légumineuses sont adaptées, à l’exception notamment de la féverole. Ces couverts implantés tardivement peuvent venir en relais d’un couvert implanté en post-moisson, permettant ainsi de maximiser les services rendus. Les implantations tardives sont à éviter dans les parcelles à forte pression de graminées hivernales qui pourraient se développer dans le couvert et qui sont difficiles à détruire avant implantation du tournesol. 

Dernier conseil : rouler pour maximiser le contact entre la terre et les graines. Attention, les résidus de sulfonylurées appliquées au printemps dans le précédent peuvent pénaliser fortement le développement des couverts en interculture.

 

La destruction

Le choix de la période de destruction est très important : il doit permettre d’éviter la grenaison des couverts, le salissement de la parcelle par les adventices, et les effets dépressifs sur le tournesol du fait d’une mobilisation d’azote ou d’un assèchement du sol. Les critères à prendre en compte sont donc l’état de croissance et de développement du couvert, sa composition et la présence et le développement des adventices.

destruction des couverts avant implantation tournesol

La destruction du couvert doit se faire sur sol gelé ou bien ressuyé.

 

Détruire les couverts dès le début de floraison pour éviter les grenaisons et ceux à forte croissance [> 2 t/ha de matière sèche (MS), soit > 1 kg/m² de matière verte pour un couvert à 20 % de MS] dès la fin novembre et au plus tard deux mois avant la date prévue du semis du tournesol s’il ne comportent pas de légumineuses.

Sauf en cas de présence d’adventices et notamment de graminées qui justifient une destruction précoce, la période de destruction des mélanges avec légumineuses est plus souple. Elle peut être plus proche du semis, ce qui doit permettre de prioriser sur les conditions d’humidité du sol permettant de réaliser une reprise optimale et d’obtenir un bon état structural de surface avant semis. Dans tous les cas, pour déclencher la destruction, saisir la bonne occasion (sol gelé ou bien ressuyé) pour éviter tout lissage ou tassement de sol qui dégraderait fortement l’implantation du tournesol suivant.

Privilégier la destruction par action du gel (voir tableau cidessous) et/ou mécanique (rouleau hacheur ou broyage préalable si la biomasse est élevée, travail superficiel ou labour), en veillant à préserver la structure du sol.

La destruction chimique est nécessaire si le couvert n'est pas gelé ou si des adventices sont présentes dans le couvert et que les conditions ne sont pas favorables à la destruction mécanique (sol trop humide, en particulier les sols argileux). En non labour, attacher une importance particulière à la qualité de la destruction et à l’incorporation des résidus végétaux (risque de limace accru en présence de couverts végétaux en interculture). Dans tous les cas, la présence de terre fine autour de la graine est indispensable pour réussir le semis et la levée du tournesol.

Préparation de campagne Interculture Tournesol Tournesol

Choix et bénéfices d'un couvert végétal avant la culture du tournesol

Des bénéfices pour le tournesol et le système de culture

Lorsqu’ils sont bien implantés, les mélanges d’espèces incluant une légumineuse et en particulier le mélange féverole et phacélie (photo) peuvent présenter un intérêt agronomique et environnemental en interculture avant tournesol.

 

Les couverts d’interculture peuvent apporter des bénéfices agronomiques à court, moyen et long terme et répondre également à des contraintes réglementaires. Il s’agit notamment de la réduction des pertes d’azote par lixiviation en période hivernale et du risque d’érosion, la minéralisation d’azote à court, et moyen et long terme, le stockage de carbone, le maintien ou l’amélioration de la structure des sols... Les couverts avec des mélanges d’espèces légumineuses et non légumineuses permettent a minima de maintenir, et parfois, d’augmenter le rendement du tournesol qui suit (comme l’a montré la synthèse des essais Terres Inovia de 2000 à 2012). En zone vulnérable, la couverture des sols à l’automne est obligatoire et réglementée par la Directive Nitrates. Des déclinaisons spécifiques de ce programme existent dans chaque région, intégrant notamment les spécificités liées aux sols à comportement argileux où la mise en oeuvre des couverts végétaux est plus difficile qu’ailleurs. Les conseils ci-dessous doivent vous aider à adapter le choix des espèces et la conduite du couvert pour répondre à vos objectifs et favoriser les bénéfices pour le tournesol. Il convient de les adapter au cadre réglementaire local.

 

Des mélanges avec légumineuses à préférer

  • Privilégier les mélanges d’espèces, ils sécurisent la réussite du couvert. Les mélanges avec des légumineuses et des non légumineuses permettent de maximiser les bénéfices du couvert, surtout dans les sols à faibles fournitures azotées. Par exemple, le mélange phacélie-féverole est particulièrement bien adapté avant tournesol pour fournir une diversité de services agronomiques.
     
  • Tenir compte des périodes de semis et du mode de destruction envisagé (se reporter au tableau p 8). Intégrer des espèces à installation rapide et à fort pouvoir d’absorption d’azote minéral fin août-début septembre (ex. moutarde blanche, phacélie) pour limiter les risques de lixiviation de nitrate, surtout dans les situations à risque (sols à forte minéralisation, sols profonds et riches en matières organiques, reliquats d’azote élevés à la récolte du précédent, etc.).

 

Tenir compte du risque sanitaire pour le tournesol et les autres cultures de la rotation :

  • Proscrire le niger et le tournesol à cause du risque de mildiou, le sarrasin en raison du risque de repousses dans le tournesol et éviter le lin pour le risque verticilium;
  • Dans les rotations avec colza, les moutardes et les autres crucifères sont à éviter, et même à proscrire dans les parcelles touchées par la hernie;
  • Dans les rotations avec légumineuses sensibles à aphanomycès (pois, lentille, luzerne, gesse et certaines variétés de vesces et de trèfles) ou si le pouvoir infectieux du sol est supérieur à 1, choisir des espèces et variétés non hôtes ou très résistantes (féverole, fenugrec, certaines variétés de vesces, comme la vesce commune Nacre, et de trèfles, comme le trèfle d’Alexandrie Tabor)

Préparation de campagne Interculture Tournesol Tournesol Matthieu ABELLA (m.abella@terresinovia.fr)