Semis de tournesol : Rechercher les conditions optimales

Le semis joue un rôle capital dans l’obtention d’un tournesol robuste. La réussite de cette opération clé doit se traduire par un démarrage rapide de la culture et une moindre exposition des jeunes plantules aux ravageurs de début de cycle (limaces, oiseaux, taupins), par l’obtention d’un peuplement régulier, et par la limitation du risque mildiou. 

Le semis joue un rôle capital dans l’obtention d’un tournesol robuste. La réussite de cette opération clé doit se traduire par un démarrage rapide de la culture et une moindre exposition des jeunes plantules aux ravageurs de début de cycle (limaces, oiseaux, taupins), par l’obtention d’un peuplement régulier, et par la limitation du risque mildiou. 

Réaliser les dernières préparations sur sols ressuyés

Les conditions d’humidité au moment de la destruction des couverts et de la préparation du sol sont cruciales pour un bon enracinement du tournesol. Un travail du sol inadapté peut entraîner des conséquences rédhibitoires. Il est donc essentiel d’intervenir sur un sol friable (niveau de ressuyage en dessous de la profondeur de travail voulue) qui s’émiette sans coller, ou d’attendre un ressuyage correct. Une surveillance régulière de l’humidité du sol est indispensable pour saisir les créneaux favorables afin d’être prêt à semer dès le début de la période de semis. Enfin, le lit de semence doit assurer un bon contact sol/graine, avec un équilibre entre mottes et terre fine, notamment en sol argilo-calcaire.

Viser une levée avant le 1er mai

Les semis précoces, réalisés dans de bonnes conditions, améliorent les performances du tournesol, comme l’ont montré plusieurs campagnes d’essais entre 1996 et 2019. Un semis avant le 15 avril est avantageux pour le rendement, à condition d’éviter des pluies abondantes après implantation. Il faut donc saisir les créneaux favorables pour optimiser le positionnement du cycle de la culture et réduire le risque de stress hydrique estival. L’objectif est une levée avant le 1er mai pour une floraison début juillet, tout en adaptant la date de semis à la précocité de la variété. 

Ne décaler la date de semis que pour des raisons sanitaires

En situation de risque mildiou (symptômes observés par le passé), il est recommandé de retarder le semis, si de fortes pluies sont annoncées dans les 5 jours. La contamination des plantules ayant lieu au moment de leur émergence, la présence d’eau libre durant cette phase favorise la germination des spores de mildiou qui vont alors infecter le tournesol.  

En Situation fortement infestée par du Datura: La réalisation de faux-semis printaniers peut s’avérer un levier efficace de déstockage. Cette pratique nécessite de décaler la date de semis pour laisser le temps aux adventices de lever, puis d’avoir une fenêtre climatique favorable pour les détruire.

Pour les situations d'infestations de Xanthium ou Ambroisie, cette technique n'est pas adéquate, car les levées de ces adventices, sont très échelonnées.

Attendre que le sol soit suffisamment réchauffé 

Il est essentiel de semer sur un sol ressuyé et réchauffé à plus de 8°C à 5 cm de profondeur sur plusieurs matinées consécutives. Un thermomètre de sol permet de déterminer le bon moment, en tenant compte des prévisions météorologiques. Une baisse de température annoncée doit inciter à la prudence, surtout si le sol est humide, tandis qu’un semis en conditions fraîches reste possible si un réchauffement est prévu.

Prendre le temps de semer

Pour assurer une levée homogène, le semis doit être réalisé à vitesse modérée (4 à 6 km/h). Les semoirs monograines rapides à distribution électrique permettent d’augmenter la vitesse jusqu’à 10-12 km/h sans impact sur le rendement (résultats d’Essais Terres Inovia 2021-2022, cela n’empêche pas un contrôle régulier de la qualité de semis), mais au-delà, des pertes sont observées. 

 Une profondeur de semis maîtrisée est essentielle : 2 à 3 cm en sol frais et jusqu’à 5 cm en sol sec. Il faut également tenir compte de l’affaissement des billons en sols légers pour éviter une profondeur excessive. 

Décider d’une densité de semis adaptée à chaque situation

La densité optimale de semis dépend des contraintes hydriques, du type de parcelle, de l’écartement entre rangs et du climat régional, notamment en zone fraîche ou humide en fin de cycle. En moyenne, elle se situe entre 65 et 70 000 graines/ha pour optimiser rendement et teneur en huile. Avec un écartement supérieur à 60 cm, il faut éviter les surdensités sur la ligne pour limiter la concurrence entre pieds. Un écartement de 40 à 60 cm est préférable, permettant un gain de 1 à 4 q/ha par rapport à un semis large type maïs (75-80 cm). 

Maitriser les dégâts des ravageurs de début de cycle

Les dégâts seront d’autant plus faibles que la levée sera rapide ; au-delà de la première paire de feuilles, les jeunes plantes seront hors risque oiseau, il faudra attendre le stade 2 paires de feuilles pour être hors risque limaces !

Limaces

Les plantules de tournesol sont vulnérables de la levée jusqu’au stade 2 feuilles

  • Si les conditions au semis sont humides et si une attaque est attendue (sol motteux, présence de résidus végétaux en surface après la destruction d’un couvert hivernal par exemple sont des situations à risques), appliquer une protection anti-limaces à la surface du sol juste après le semis (une ou des applications relais peuvent être nécessaires en fonction de l’activité du ravageur et de la vitesse de délitement des granulés).  
  • On note ces dernières années, des attaques importantes de limace, notamment dans les situations avec couverts hivernaux. Dans ces situations, et plus globalement quand les conditions sont favorables aux limaces, la protection est indispensable jusqu’à la fin de la période de risque.  Au-delà de la matière active, la qualité de l’appât, la régularité du granulé et sa tenue dans le temps en conditions humides sont des points à prendre en compte lors du choix de votre anti-limace.
  • Pour les parcelles jouxtant un cours d’eau, utilisez un appareil qui contrôle l’épandage en bordure (type SPANDO TDS), ou utilisez un anti-limace à base de phosphate ferrique (autorisé en culture BIO).

Taupins et noctuelles terricoles

Ils occasionnent dans certaines situations des pertes de pieds importantes. Outre une levée rapide, une légère augmentation de la densité de semis permettra d’anticiper et compenser les pertes éventuelles. Pour les situations à risque taupin – antécédents d’attaques ou précédents favorables (prairie, friches, culture fourragère ou légumineuse) – un insecticide pourra être appliqué au semis.

Plusieurs produits en micro-granulé sont autorisés en application au semis. Veillez à respecter les prescriptions réglementaires sur l’utilisation des diffuseurs: en particulier, les microgranulés à base de lambda-cyhalothrine et de téfluthrine doivent être incorporés respectivement à 4 et 3 cm de profondeur minimum et donc sans diffuseur.

  • Belem 0.8MG/Daxol (cyperméthrine) à 12kg/ha,
  • Karate 0.4GR (lambda-cyhalothrine) de 12 à 15 kg/ha,
  • Trika Expert+ (lambda-cyhalothrine) à 15 kg/ha
  • Force 1.5G (téfluthrine) à 10 kg/ha 

Vos contacts régionaux

  • Alexandra DENOYELLE - Terres Inovia (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur
  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
  • Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
Implantation PACA Ouest Occitanie Est Occitanie Sud Aquitaine Auvergne Rhônes-Alpes Implantation Tournesol Compatible Equipe Zone Sud

Réussir l’implantation du tournesol débute par un travail du sol raisonné !

Le tournesol est une plante à pivot et à cycle court, ce qui rend cette culture très exigeante vis-à-vis de la qualité d’implantation, notamment pour assurer l’installation du peuplement et mieux supporter les périodes de stress hydrique par un bon enracinement. Tout défaut d’enracinement entraine une perte de rendement (jusqu’à 10 q/ha) et de qualité (% d’huile).

Le tournesol est une plante à pivot et à cycle court, ce qui rend cette culture très exigeante vis-à-vis de la qualité d’implantation, notamment pour assurer l’installation du peuplement et mieux supporter les périodes de stress hydrique par un bon enracinement. Tout défaut d’enracinement entraine une perte de rendement (jusqu’à 10 q/ha) et de qualité (% d’huile).

La préparation du sol vise 4 objectifs principaux :

  • Assurer la porosité du sol,
  • Assurer un lit de semence homogène et rappuyé,
  • Favoriser un réchauffement rapide du sol,
  • Contrôler la présence précoce des adventices.
     

Assurer un bon état structural

L’objectif du travail du sol est de corriger les défauts de structure pour ameublir le sol et permettre un bon enracinement. L’idéal est de viser 15 cm de structure poreuse (cf. illustration ci-dessous).

Un bon enracinement aidera la plante à s’adapter aux périodes de stress hydrique, notamment durant la floraison où le tournesol est le plus sensible à la restriction d’eau.

L’adaptation du tournesol aux différents modes d’implantation est récapitulée dans le tableau ci-dessous.
 

Adapter la préparation au contexte de l’année et au type de sol

ATTENTION : avant de réaliser un travail du sol, vérifier son état d’humidité en profondeur. Cette observation se fait à l’aide d’une bêche. La présence de mottes encore humides entre 15 et 20 cm de profondeur vous incitera à décaler l’intervention de quelques jours pour permettre le ressuyage et limiter la création d’une zone non favorable à la croissance de la racine. Cette année, cette observation est d’autant plus importante, compte tenu des précipitations hivernales.

Source : Arvalis

Si vous réalisez un travail profond en sortie hiver dans un sol encore humide en profondeur, vous risquez de tasser le sol et/ou limiter l’efficacité du passage de l’outil. Sur la photo ci-dessous, un passage d’outil a été réalisé à 15 cm dans un sol encore en condition plastique. Vous observez la restructuration sur le passage de la dent mais son action a été insuffisante entre les dents. Dans ces conditions, l’implantation du tournesol sera pénalisée.

Gestion des sols argileux

Les sols argileux présentent une forte capacité de rétention en eau, une sensibilité au compactage et une tendance à former des mottes si le travail est réalisé en conditions humides.
Dans la plupart des situations, un travail d’hiver a déjà été réalisé (soit un labour, soit un passage d’outil profond sur 15-20 cm). Les préparations profondes à la dent durant l’été montrent aujourd’hui de belles structures en comparaison des interventions durant l’hiver (passages sur le gel) du fait de conditions de sol plus favorables (sol suffisamment sec et friable).

Hivers plus pluvieux : l’été devient la clé pour préparer les sols

Si le changement climatique entraine une augmentation des pluviométries hivernales, ces interventions profondes, pour restructurer le sol durant l’été et complétées par le semis d’un couvert végétal, seront à favoriser.

Une reprise superficielle (5 à 8 cm selon les outils) sera à réaliser dès que les conditions de sol le permettront afin d’assurer le ressuyage et la préparation du lit de semence. Un second passage sera réalisé quelques jours avant le semis pour finaliser la préparation, niveler et réchauffer le sol. Les outils à disques sont à éviter pour limiter les risques de lissage. Privilégier les outils à dents, voire la herse rotative (pas idéal mais possible dans ce type de sol pour sa capacité à casser les mottes). L’alternance de l’un et l’autre est souvent observée.

Gestion des sols limoneux

Ces sols présentent moins de contraintes que les sols argileux. Ils restent plus faciles à travailler mais sont sensibles à la battance si la surface du lit de semence est trop affinée.
Un travail profond (15-20 cm) peut être réalisé dès que les conditions de ressuyage du sol le permettront (labour ou outil à dents). Par la suite, 1 à 2 interventions seront nécessaires pour affiner le lit de semence, le niveler et le réchauffer. Veiller à ne pas faire trop de terre fine en surface, ce qui augmente le risque de battance. Dans ces conditions, les outils trop énergiques (type herse rotative) sont à proscrire. Privilégiez les outils à dents (type vibro ou herse lourde) qui conserveront des mottes en surface.

Dans les situations de non-labour, le recours à un herbicide non sélectif peut être envisagé pour détruire les adventices notamment les vivaces et les graminées développées qui seront difficiles à détruire mécaniquement et risqueraient de repiquer dans le tournesol.

Implantation Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Hauts-de-France Préparation du sol Tournesol Michael GELOEN (m.geloen@terresinovia.fr)

Chanvre : les étapes clés pour une culture réussie

L’implantation du chanvre est une étape déterminante pour la réussite de la culture. Espèce à cycle court, il ne tolère aucun arrêt de croissance après le semis. L’objectif est donc d’obtenir une levée rapide et homogène grâce à une structure du sol adaptée et une gestion maitrisée de la fertilisation azotée.

L’implantation du chanvre est une étape déterminante pour la réussite de la culture. Espèce à cycle court, il ne tolère aucun arrêt de croissance après le semis. L’objectif est donc d’obtenir une levée rapide et homogène grâce à une structure du sol adaptée et une gestion maitrisée de la fertilisation azotée.

Viser une levée rapide grâce à une bonne structure du sol

Le chanvre, malgré son système racinaire pivotant et sa forte capacité d’adaptation, reste très sensible à une mauvaise structure du sol. Il est essentiel que la préparation du sol permette un enracinement profond pour absorber eau et nutriments, et un lit de semences fin, aéré et réchauffé pour assurer une levée rapide et homogène. Pour limiter les tassements nuisibles aux racines, il est recommandé de réduire les passages sur la parcelle en utilisant des trains d’outils adaptés ou des équipements tels que des roues jumelées ou des pneus à basse pression.

Optimiser le lit de semences grâce au faux semis

Après le labour, (qu’il soit hivernal ou printanier), l’utilisation d’un outil à dents permet d’ameublir le sol, favorise la pénétration racinaire, accélère le réchauffement du lit de semences et limite le dessèchement. Cette technique fait germer les adventices, qui seront éliminées mécaniquement avant le semis.

Semer dans des conditions optimales

La levée du chanvre, idéale entre 4 et 10 jours après semis, est une étape critique. Les conditions de semis suivantes doivent être respectées :

  • Profondeur : 1 à 2 cm 
  • Température du sol : 12°C à 3 cm de profondeur
  • Période de semis de fin mars à début mai selon les régions
  • Semer en ligne avec un semoir à céréales classique à disques, idéalement équipé d’une roulette de rappui, avec un écartement de 9 à 17 cm. 

Après le semis, le roulage n’est pas une étape systématique. Il se justifie dans deux situations :

  • En sol sec et absence de pluie annoncée dans les cinq jours : le roulage favorise un meilleur contact entre les graines et le sol, assurant ainsi l’humidité nécessaire à la germination.
  • En présence importante de cailloux en surface : ces derniers peuvent nuire à la qualité des pailles à la récolte. Le roulage les enfonce et améliore les conditions de récolte.
     

Limiter les adventices grâce à une couverture rapide

Une levée réussie permet une couverture rapide du sol. Environ quatre semaines après le semis, le feuillage forme un écran empêchant la photosynthèse des adventices déjà germées.

Adapter la densité de semis selon les débouchés et les modes de récolte

Le poids de 1 000 grains varie habituellement de 15 à 17 g. 

 

Débouchés

Paille (mode non battu)

Mixte (mode battu)

Graines

Textile fibres longues

Densité en kg/ha

50-55

45-50

25-30

75-85

Peuplement en pieds levés/m²

280-320

240-280

200-250

400-500

Source : Terres Inovia “Guide de culture chanvre 2026” 

D’un point de vue réglementaire, pour les cultures à usage industriel, une dose minimale de semis de 25 kg/ha doit être respectée. 
 

Garantir un bon démarrage avec l’azote

La fertilisation minérale vise à compléter les fournitures d’azote du sol, avec un besoin total de 13-15 unités/t de matière sèche. Il est recommandé de se référer aux valeurs définies dans les GREN et de respecter les doses maximales fixées par les arrêtés de la Directive Nitrates de votre région.

Le chanvre absorbe près de la moitié de cet azote entre le semis et le stade 5-6 paires de feuilles. Pour des raisons pratiques, les apports sont généralement réalisés en totalité au moment du semis, mais un fractionnement est possible : deux tiers de la dose avant le semis/levée, le reste au stade 50-60 cm de la plante. Les formulations liquides sont à proscrire en végétation car elles peuvent provoquer des brûlures. 

Pour les fibres longues, la fertilisation azotée ne doit pas dépasser 70 unités/ha, reliquats compris. Au delà, les risques de verse sont importants.

Ainsi une préparation soignée du sol, un semis dans de bonnes conditions, une densité adaptée et une fertilisation maîtrisée sont essentiels pour assurer une implantation rapide et performante du chanvre.
 

Implantation France entière Implantation Chanvre Louis-Marie ALLARD (lm.allard@terresinovia.fr) ; Victor FLEURY (v.fleury@terresinovia.fr)

Préparation avant le semis du tournesol : une étape cruciale pour l’implantation

La reprise des parcelles avant le semis est déjà une étape clé dans la perspective d’obtenir d’un tournesol robuste. L’enjeu principal cette année consistera à réaliser les opérations de préparation du sol dans de bonnes conditions d’humidité. 

La reprise des parcelles avant le semis est déjà une étape clé dans la perspective d’obtenir d’un tournesol robuste. L’enjeu principal cette année consistera à réaliser les opérations de préparation du sol dans de bonnes conditions d’humidité. 

Deux enjeux majeurs sont à considérer lors de la mise en œuvre des opérations de préparation au semis :

1-Préserver l’état structural du sol

Sur sols argileux, l’état structural du sol ne doit absolument pas être dégradé par les opérations de préparation au semis. Aussi, en fin d’hiver, le travail profond est à éviter. Seules des conditions de parfait ressuyage sur la profondeur de travail, qui devraient être rarissimes cette année, offrent des possibilités de fissuration et d’aération des sols argileux.  

Pour les sols limoneux, un travail profond de fissuration ou un labour peuvent, s’ils sont nécessaires, être envisagés même tardivement, juste avant le semis du tournesol.

2-Obtenir un lit de semence qui comporte au moins autant de terre fine que de mottes pour assurer un bon contact terre-graine.

 Attention, un trop grand nombre de passages peut générer de la terre fine en excès, ce qui peut être préjudiciable dans les sols sensibles à la battance ou à l’érosion.  

Raisonner le type d’outils, ainsi que le nombre de passages est indispensable

La préparation des parcelles en sortie d’hiver s’appuie sur 2 piliers :

  • Travailler des sols ressuyés, à consistance friable sur tout le profil travaillé. C’est le cas si les mottes, pétries dans la main, s’émiettent sans coller et donnent de la terre fine. Cette règle fondamentale invite à réaliser des observations très régulières de la consistance du sol, sur toute la profondeur de travail envisagée. Cela semble particulièrement crucial après l’hiver très pluvieux que nous venons de connaitre, afin de déclencher les opérations de reprise dès que les premiers créneaux favorables se présenteront (la fenêtre risque d’être courte cette année), et d’être prêt à semer dès le début du mois d’avril.
  • Le choix et les conditions d’utilisation des outils de travail du sol.  

    Outre l’état du sol au moment de l’intervention, ces deux autres critères s’avèrent déterminants pour réussir la préparation au semis.

  • Privilégier les outils à dents non animés pour préparer le lit de semences. Si 2 passages sont envisagés, le 1er peut être réalisé à 10-15cm de profondeur, sans rouleau pour favoriser le réchauffement du sol. Le 2ème passage à 6-8cm aura pour objectif principal de niveler et d’affiner
  • Combiner les outils pour limiter le nombre de passages  
  • Lutter contre la compaction du sol, en utilisant des équipements de type roues jumelées ou pneus basse pression. En l’absence de tels équipements, vérifier et adapter la pression des pneumatiques.  

Dans quel cas réaliser des faux semis printaniers ?

Sur des flores printanières et estivales qui lèvent tôt en saison comme l’ambroisie, la renouée liseron, le xanthium ou même un peu plus tardivement le datura, le faux-semis peut s’avérer efficace pour réduire les infestations dans le tournesol.  

Le faux-semis consiste à réaliser un travail superficiel du sol assez tôt en saison pour faire lever les adventices, bien rappuyé avec un rouleau et positionné de préférence avant une pluie.  1 à 3 semaines après, on détruira ces levées, soit chimiquement dans les situations où le glyphosate est autorisé, soit mécaniquement, en veillant à remuer le sol le moins possible pour éviter de provoquer de nouvelles germinations. Cette stratégie s’accompagne souvent d’un décalage de la date de semis du tournesol de 15 à 20 jours, nécessaire à la réalisation de cette chaine d’interventions.

Attention, des semis tardifs de tournesol, au-delà du 1er mai, peuvent pénaliser les résultats de la culture. Un compromis est donc à trouver entre bénéfices retirés du faux-semis, et risques occasionnés pour le tournesol. Ce décalage de la date de semis est à réserver aux situations où il est prioritaire d’alléger la pression exercée par les flores dites « problématiques », car difficiles à détruire et exerçant une forte concurrence sur la culture (ambroisie, renouée liseron, tournesol sauvage, xanthium).    

Vos contacts régionaux

  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
    Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
  • Alexandra DENOYELLE - Terres Inovia (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur

 

Implantation Auvergne Est Occitanie Ouest Occitanie PACA Rhônes-Alpes Sud Aquitaine Implantation Préparation du sol Tournesol Compatible Matthieu ABELLA - Terres Inovia - m.abella@terresinovia.fr

Semis de tournesol : les règles d’or pour une implantation réussie

Avoir un tournesol robuste pour limiter les stress biotiques (ravageurs, maladies, adventices) et abiotiques (facteurs climatiques) tout au long du cycle passe par une bonne implantation. Celle-ci va être conditionnée d’une part, par une préparation du sol exigeante et d’autre part, par une réussite du semis pour sécuriser le peuplement.

Avoir un tournesol robuste pour limiter les stress biotiques (ravageurs, maladies, adventices) et abiotiques (facteurs climatiques) tout au long du cycle passe par une bonne implantation. Celle-ci va être conditionnée d’une part, par une préparation du sol exigeante et d’autre part, par une réussite du semis pour sécuriser le peuplement.

Adaptez la période de semis et la précocité à votre région

Semer dans de bonnes conditions et dans un sol suffisamment réchauffé (8°C à 5 cm de profondeur) est essentiel pour assurer un démarrage rapide de la culture. Adapter la période de semis et la précocité variétale permet de limiter le risque de récoltes tardives. Les recommandations par secteur sont reprises dans le tableau ci-dessous.

La bonne densité pour faire succès

Semez entre 65 000 et 75 000 graines/ha selon la situation de la parcelle, afin de viser 50 000 à 60 000 plantes levées. Les écartements de 40 à 60 cm permettent généralement de gagner quelques quintaux par rapport à un écartement plus large de type maïs (75 à 80 cm), à densité équivalente.
 

Semez avec un semoir monograine à 5 km/h maximum, à une profondeur de 2 à 3 cm si le sol est frais, et plus profondément, entre 4 et 5 cm, si le sol est sec en surface.

Cotylédon de tournesol
Implantation Préparation de campagne Grand Est Hauts-de-France Bourgogne-Franche-Comté Implantation Tournesol Compatible Mathys MIQUET (m.miquet@terresinovia.fr)

Le désherbage de la lentille

Pour la culture de la lentille, le désherbage constitue une étape importante de l’itinéraire technique. Sa croissance lente et son faible pouvoir couvrant la rendent vulnérable à la concurrence précoce des adventices, pouvant entraîner des pertes de rendement et des difficultés de récolte. De plus, pour réussir son désherbage chimique ou mécanique, la qualité d’implantation (profondeur et régularité de semis) est une étape importante pour limiter les problèmes de sélectivité et permettre une bonne efficacité. 

Pour la culture de la lentille, le désherbage constitue une étape importante de l’itinéraire technique. Sa croissance lente et son faible pouvoir couvrant la rendent vulnérable à la concurrence précoce des adventices, pouvant entraîner des pertes de rendement et des difficultés de récolte. De plus, pour réussir son désherbage chimique ou mécanique, la qualité d’implantation (profondeur et régularité de semis) est une étape importante pour limiter les problèmes de sélectivité et permettre une bonne efficacité. 

Une gamme d’herbicides homologués limitée

Le désherbage chimique repose essentiellement sur une application en post-semis prélevée. Lorsque la pression adventice persiste, un traitement complémentaire au stade 3–4 feuilles peut être envisagé, bien que les possibilités restent limitées selon les situations. Cette application peut être fractionnée pour améliorer l’efficacité et limiter des problèmes de sélectivité.

Flore cibléePrélevée (dose/ha)Post-levée (dose/ha)Prix
Crucifères, chénopodes (faible pression), coquelicots, gaillets, renouées (oiseaux, liserons en faible pression), mourons, véroniques Challenge 600 3 l/ha
+ Nirvana S 1 l/ha
Challenge 600 1 l/ha115 €
Idem + mercuriales, fumeterres, renfort sur chénopodes et renouéesChallenge 600 0,5 l/ha
+ Lentagran 0,5 kg/ha
A renouveler une 2e fois
175 €

Pour les parcelles avec une problématique importante en graminées (vulpin, ray grass), il est possible d’utiliser les produits à base de propyzamide (Kerb flo à 1,875 l/ha) en prélevée. Cette matière active peut présenter un intérêt en situation de graminées résistantes à certaines familles d’herbicide (FOPs et DIMEs). Le produit ne peut pas être associé à l’application du Challenge 600 et du Nirvana S pour des questions de réglementation et de manque de sélectivité sur la lentille. Malgré les conditions de températures moins favorables au mois de mars, les essais montrent des efficacités correctes en conditions humides. 
 

L’homologation récente du Pentium flo à base de pendiméthaline permet d’avoir une solution supplémentaire en augmentant la dose de cette matière active. Cependant, des essais sont en cours pour affiner les préconisations et limiter les risques de phytotoxicité. De plus, l'utilisation des produits Onyx et Corum est déconseillée en lentille pour des raisons de sélectivité.
 

Comme pour la campagne 2025, une demande de dérogation a été faite pour pouvoir utiliser le Nirvana S en post-levée pour lever des impasses techniques (ex : ortie royale). Le retour des services du ministère de l’Agriculture est toujours en attente. En cas de retour positif, il est conseillé de fractionner l’apport en 2 passages de 0,25 l/ha.  Une association avec Challenge 600 à 0,5 l/ha est possible. 
 

50 % des lentilles sont conduites en agriculture biologique

Le désherbage mécanique de la lentille se fait principalement avec la herse étrille (la herse de type Treffler étant plus sélective) ou la houe rotative. Le binage est possible mais demande des équipements spécifiques pour pouvoir travailler sur des écartements faibles.
La herse étrille peut être passée « à l’aveugle », quelques jours après le semis et permettra de détruire précocement les adventices en cours de levée. Cependant, il ne faut pas intervenir autour de la levée de la culture et jusqu’au stade 2 feuilles, car c’est le moment où la lentille est la plus fragile. On peut passer la herse étrille ou la houe rotative facilement à partir du stade 3-4 feuilles en réalisant les réglages adéquats (vitesse, angle d’inclinaison des dents).
 

Il est recommandé d’intervenir tôt car ce sont les stades jeunes des adventices qui sont plus sensibles aux outils. Il est également important d’intervenir sur sol bien ressuyé et par temps séchant, c’est-à-dire sans pluie annoncée les jours suivants pour éviter le repiquage ou la mise en germination de nouvelles adventices.  
 

Le passage de la herse étrille pouvant faire remonter des cailloux, un roulage jusqu’au stade 8-10 feuilles de la lentille est recommandé après le dernier passage d’outils. 
 

Implantation Levée France entière Maitrise des adventices Lentille Partiel Mathieu DULOT (m.dulot@terresinovia.fr)

L’implantation du lin de printemps, l’étape clé de la bonne conduite de la culture !

Choisir sa parcelle

Le lin est sensible au stress hydrique dès le début floraison qui a lieu courant juin, il faut donc éviter les sols séchants et superficiels pour implanter le lin de printemps. Les parcelles se réchauffant vite au printemps seront également à privilégier pour permettre des levées rapides.

Enfin, le lin est une culture peu couvrante et sensible à la concurrence des adventices et disposant de peu de solutions chimiques pour le désherbage. Il est fortement conseillé de l’implanter sur une parcelle à très faible enherbement, en particulier pour les graminées. 

Dans les régions concernées, les parcelles infestées en orobanche rameuse peuvent être implantées en lin de printemps. Le lin de printemps est une espèce faux hôtes de l’orobanche rameuse : elle stimule la germination des graines d’orobanches par ses exsudats racinaires, mais celles-ci ne peuvent se fixer aux racines du lin et dépérissent rapidement, on parle de « germination suicide ». 

Apporter un soin particulier à la préparation du lit de semences

L'objectif est d’obtenir une bonne structure de sol pour assurer un enracinement optimal. Le lin oléagineux de printemps est une plante assez exigeante en eau au cours de la floraison, il est important que la culture puisse exploiter au mieux la réserve hydrique du sol (ses racines peuvent explorer plus de 90 cm de profondeur).

Une levée rapide et homogène du lin sera facilitée par une structure superficielle, fine et aplanie, si possible rappuyée pour optimiser le contact sol-graine (Rester vigilant face aux phénomènes de battance qui peuvent pénaliser la levée). Il est également conseillé d’éviter au maximum les amas de débris végétaux (veiller à la bonne destruction des couverts végétaux et à la bonne répartition des résidus avant le semis du lin).  Cette levée rapide permet également de limiter l’impact des altises du lin, qui consomment les cotylédons du lin. 
 

Date de semis

Les dates de semis optimales pour le lin de printemps sont à adapter à la zone géographique.

Attention aux décalages de dates de semis trop importants par rapport aux dates optimales : les semis les plus tardifs seront potentiellement plus sensibles aux conditions de sec de l’été. Les stress hydriques et thermiques pendant la floraison peuvent directement impacter le potentiel de rendement.

En agriculture biologique, retarder le semis (fin-mars à mi-avril) pour que le sol soit suffisamment réchauffé. Une levée rapide de la culture permettra de limiter les dégâts d’altises.
 

Maitriser la densité, la profondeur et la vitesse de semis

800 graines/m² (selon pertes estimées à la levée) au semoir à céréales pour obtenir un peuplement de 450 à 550 plantes / m². Dans les secteurs où la reprise est plus tardive au printemps (type Lorraine, Bourgogne), il est souvent conseillé de semer à 750-800 graines / m². Les graines de lin sont fluides : contrôler la densité du semis car le Poids de Mille Grains peut varier de 5 à 8 g selon les variétés.

En agriculture biologique, il est conseillé de semer entre 75 et 80 kg/ha pour une meilleure couverture du sol et anticiper les pertes liées au désherbage mécanique.

Calculer la densité de semis (en kg/ha) selon le PMG du lin de printemps

PMG (g)

Nombre désiré de graines / m²

650

800

5

33

40

5.5

36

44

6

39

48

6.5

42

52

7

46

56

7.5

49

60

8

52

64

*Lecture du tableau : pour un PMG de 7 g, semer environ 46 kg/ha pour avoir 650 graines / m² en lin de printemps.

Semer à 1-2 cm de profondeur, au semoir à céréales. Une vitesse de semis réduite favorise la bonne répartition des graines sur la ligne de semis.
En cas de faible densité, le lin est capable de compenser en émettant des tiges supplémentaires. Cependant, le lin de printemps ramifie moins que le lin d’hiver (0 à 1 ramification en moyenne par plante). Avec 300 plantes/m², correctement réparties, le potentiel de la culture est affecté mais la parcelle peut généralement être conservée si les adventices sont maîtrisées.
 

Fertilisation azotée

Le lin n’est pas une culture exigeante en azote et supporte mal les surplus d’azote. L’excès d’azote augmente le risque de verse et peut altérer la qualité finale de la récolte en impactant les teneurs en oméga 3 de la graine. Il est donc fortement conseillé de réaliser une analyse de reliquats d’azote avant lin de printemps et de prendre en compte l’azote que pourra restituer le couvert intermédiaire pour calculer la dose d’azote prévisionnelle.

Il est recommandé d’apporter la dose d’azote au semis en incorporé. Si la dose à apporter est supérieure à 80 unités, fractionner en deux l'apport pour limiter le risque verse : 30 à 50 unités au semis et le complément, sous forme solide, à l'apparition des boutons floraux.
Si la parcelle reçoit régulièrement des apports de matière organique, réduire la dose d’azote à apporter d’environ 30 à 40U (selon types d’effluents et l’historique d’apports sur la parcelle).
 

► Se référer aux règles de calcul des doses d’azote à apporter dans vos régions.
 

Fertilisation en Zinc, en cas général, l’enrobage de la semence suffit

Le lin exporte beaucoup de zinc, de l’ordre de 300 g/ha d’élément pur. Le calcaire actif bloquant le zinc, éviter de réaliser un chaulage avant une culture de lin. Le lin de printemps est plus sensible aux carences en zinc que le lin d’hiver. 

Cas général : l’enrobage des semences avec du zinc est suffisant, mais en l’absence d’enrobage, procéder à l’application de sulfate ou du chélate de zinc (volume de bouillie conseillée = 400 l/ha) au stade cotylédons-premières feuilles apparentes (= 2 cm). 

Dans les situations à risque de carence (sols superficiels argilo-calcaires, sols sableux, pH supérieur à 7,5, apports de chaux et de résidus d’origine agro-industrielle) : opter pour des semences enrobées et prévoir l’application de sulfate de zinc ou du chélate de zinc (forme plus sélective en conditions gélives ou en présence de morsures d’altises) au stade cotylédons-premières feuilles apparentes (volume de bouillie conseillée = 400 l/ha). 

► Ne pas faire d'applications en cas de risque de gelées nocturnes
 

Et le choix de ma variété ?

Consultez la synthèse variétale de lin de printemps 2023 sur le site 


Zoé Le Bihan - z.lebihan@terresinovia.fr - Référente lin et lentilles zone Centre & Ouest

Implantation France entière Implantation Lin de printemps Partiel Zoé Le Bihan

Implanter la lentille dans de bonnes conditions

La lentille trouve pleinement sa place dans les rotations, à condition de soigner son implantation. Du choix de la parcelle à la fertilisation en passant par la préparation de sol, plusieurs leviers techniques permettent de sécuriser le potentiel de rendement et la qualité de la récolte.

La lentille trouve pleinement sa place dans les rotations, à condition de soigner son implantation. Du choix de la parcelle à la fertilisation en passant par la préparation de sol, plusieurs leviers techniques permettent de sécuriser le potentiel de rendement et la qualité de la récolte.

Choisir la parcelle adéquate

Pour garantir une bonne mise en place des nodosités qui sont essentielles à la nutrition azotée de la culture, il est recommandé d’implanter la lentille dans des sols drainants, bien aérés avec de faibles reliquats azotés. 
La lentille s’adapte donc particulièrement bien aux sols superficiels présentant une réserve utile faible à moyenne. Les sols argilo-calcaires superficiels à moyens, ainsi que certains sols volcaniques ou granitiques dans le Velay (premier bassin historique de production de lentille), offrent des conditions favorables à son développement. Les craies de Champagne sont également des types de sol propices à la lentille. 
Les sols hydromorphes, les limons battants ou, à l’inverse, les sols très séchants sont donc à éviter. Des sols fertiles et profonds favorisent un développement végétatif excessif, augmentant les risques de verse et la sensibilité aux maladies foliaires. 
 

Anticiper les maladies telluriques

La lentille est sensible à l’Aphanomyces euteiches, ainsi qu’à des complexes de Fusarium spp. et Pythium spp. La gestion est essentiellement préventive. Il est indispensable d’éviter les retours trop fréquents de la lentille ou d’autres cultures hôtes (pois, luzerne…) sur une même parcelle. L’allongement des rotations constitue le principal levier de maîtrise.

Miser sur des parcelles propres

Au début de son cycle, la lentille supporte mal la concurrence avec les adventices. Les parcelles à faible salissement sont à privilégier, notamment celles exemptes d’adventices problématiques comme le datura, l’ambroisie, le bleuet ou l’ortie royale. Certaines espèces, telles que les morelles, le xanthium ou l’ambroisie, peuvent entraîner un déclassement de la récolte vers l’alimentation animale, avec des conséquences économiques directes. 

Soigner le lit de semences et le semis

Dans l’Ouest et le Sud de la France, les semis peuvent débuter dès la mi-février. Dans les régions plus froides, il est préférable d’attendre le mois de mars et un réchauffement suffisant des sols.
Un travail du sol soigné sur les 15 premiers centimètres et un sol bien ressuyé sont indispensables. Une température supérieure à 6 °C au moment du semis favorisera une levée rapide et homogène.
La profondeur optimale de semis se situe entre 2 et 3 cm avec un semoir à céréales. En sols caillouteux, un roulage post-semis peut être envisagé pour niveler la surface, en veillant à intervenir avant le stade 7–8 feuilles.
L’objectif de peuplement est de 220 à 250 plantes levées/m². En agriculture biologique, une majoration de densité de 10 à 30 % est souvent pratiquée pour renforcer la compétitivité vis-à-vis des adventices. Attention cependant, une densité trop élevée favorise l’auto-compétition, réduit les ramifications et accroît les risques de verse et de maladies fongiques. 

Une fertilisation raisonnée

Grâce à sa symbiose avec Rhizobium leguminosarum, bactérie naturellement présente dans les sols, la lentille fixe l’azote atmosphérique et ne nécessite pas d’apport azoté. Pour les autres éléments fertilisants, ses besoins restent modérés. Les apports conseillés se situent autour de 30 à 50 unités de phosphore, 60 à 80 unités de potasse et 20 à 25 unités de magnésium.

Levée de lentille
Implantation France entière Implantation Lentille Compatible Mathieu DULOT (m.dulot@terresinovia.fr) - Solana VERA (s.vera@terresinovia.fr)

Réussir la destruction des couverts végétaux hivernaux

La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.

La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.

Comment choisir la période de destruction des couvert hivernaux ?

Le déclenchement de la destruction doit faire l’objet du meilleur compromis entre l’atteinte des bénéfices du couvert (protection contre l’érosion, piège à nitrates, …), et le fait d’éviter de porter préjudice à la culture suivante par épuisement des ressources du sol, dégradation de la structure, ou augmentation de la pression ravageurs (limaces). Elle doit en outre être raisonnée en fonction du stade du couvert, sa composition, la présence d’adventices et la date prévisionnelle du semis de la culture suivante.

  • Pour un couvert à dominante crucifères ou graminées, la destruction doit survenir au moins deux mois avant la date prévisionnelle de semis de la culture suivante, afin d’éviter une faim d’azote sur les premiers stades de développement de la culture.
  • Pour un couvert à dominante légumineuses, la destruction peut être plus tardive, jusqu’à trois semaines avant la date prévisionnelle de semis. Dans ce cas de figure, le principal point de vigilance concerne la présence de résidus non dégradés au moment du semis.

Les conditions d’intervention sont cruciales pour les destructions mécaniques, tout particulièrement sur sols argileux. Les couverts contribuent au ressuyage du sol durant l’hiver, ils participent également au maintien d’une humidité au sol, d’autant plus importante avec des fortes biomasses ou s’ils contiennent des graminées. Il est ainsi primordial de détruire le couvert dès qu’une fenêtre favorable se présente, en d’autres termes, dès que le sol est suffisamment ressuyé sur tout le profil travaillé (consistance friable, ou au pire semi-plastique) pour limiter les risques de tassement ou de lissage. Pour cela, un suivi régulier des conditions d’humidité du sol s’impose à partir de février.

La destruction tardive d’un couvert hivernal à forte biomasse peut conduire à l’assèchement de sols à faible réserve utile, surtout si la fin d’hiver et le début du printemps sont marqués par un déficit de pluviométrie. L’alimentation hydrique de la culture suivante risque alors d’être pénalisée, en particulier en conduite pluviale. 
Aussi, il faut savoir arrêter la progression d’un couvert quand il atteint 2 à 4 tonnes de biomasse par hectare (1 à 2 kg de matière verte par m²).
Vouloir trop « pousser » un couvert tardivement, peut conduire, en cas de scénario climatique défavorable, a des destructions trop tardives.
 


 

Quel mode de destruction pour mes couverts ?

Les techniques de destruction sont multiples et doivent être choisies en bonne cohérence avec les caractéristiques des espèces implantées et les propriétés du sol. En fin d’hiver, le labour ou des travaux profonds ne pourront être envisagés que sur les sols limoneux ou sableux. Sur sols argileux, le ressuyage suffisant du sol et des interventions qui restent superficielles, sont 2 conditions indispensables. Dans des situations avec des couverts bien développés, un broyage préalable peut être nécessaire.

Les travaux menés par Terres Inovia dans le cadre du réseau Syppre Lauragais ont montré que sur des couverts à tige creuse (féverole, phacélie), de nombreux matériels présentent des résultats satisfaisants de destruction (herse rotative, scalpeurs, déchaumeurs à disques indépendants, rouleaux hacheurs). La herse rotative sans rouleau, utilisée à faible profondeur (5-7cm) sur des couverts moyennement développés, assure la dévitalisation des plantes et la création d’un lit de semence favorable à la culture suivante. Le débit de chantier reste toutefois faible, tout comme l’efficacité sur les plantes à pivots et les graminées.

La difficulté principale consiste bien souvent à détruire les graminées adventices qui peuvent se développer dans le couvert pendant l’hiver, auquel cas, les outils à bon recouvrement ou équipés d’ailettes se détachent en termes d’efficacité, même si celle-ci est rarement totale. Aussi, la présence d’adventices et notamment de graminées justifie une destruction précoce, afin d’intervenir sur des stades jeunes, et viser une implantation de la culture suivante sur un sol propre.

Si le choix se porte sur la destruction chimique, des couverts développés vont demander des doses élevées de glyphosate. L’ajout de 2-4D peut améliorer l’efficacité de destruction des dicotylédones, mais s’il est utilisé, veiller rigoureusement au délai d’application avant semis du tournesol (30 jours). Précisions également que le levier de destruction chimique peut être mobilisé après une 1ère étape de destruction mécanique, si des graminées adventives n’ont pas été détruites et si les conditions d’humidité ne sont pas favorables. Dans ce cas de figure, il conviendra de moduler les doses utilisées.

Quel que soit le mode de destruction, il faudra être vigilant à la présence de résidus non dégradés ou trop grossiers qui risquent de perturber le passage de l’élément semeur de la culture suivante, ou nuire au contact sol-graine. Les résidus peuvent également générer une activité plus importante des mollusques au printemps. Une surveillance particulière doit être mise en place pour éviter des potentiels dégâts sur la culture suivante.

Implantation Ouest Occitanie Sud Aquitaine Auvergne PACA Rhônes-Alpes Couverts végétaux Tournesol Soja Compatible Matthieu ABELLA - Terres Inovia - m.abella@terresinovia.fr
Clémence DE SAINTIGNON - Terres Inovia - c.desaintignon@terresinovia.fr

Bilan de Campagne Soja 2025 - Sud Ouest

Terres Inovia, l’institut technique des professionnels de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre, présente son bilan de campagne 2025 pour la culture de soja. Dans le Sud-Ouest (Départements d’ancienne Aquitaine et Midi-Pyrénées), le rendement régional est estimé à 29 q/ha, en baisse de 6% par rapports aux rendements estimés pour la campagne 2024 (source : Terres Inovia), pour des surfaces annoncées à 63 000 ha, soit une baisse de près de 30% par rapport à la moyenne quinquennale (source : Agreste – SAA 2020 à 2024).

Terres Inovia, l’institut technique des professionnels de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre, présente son bilan de campagne 2025 pour la culture de soja. Dans le Sud-Ouest (Départements d’ancienne Aquitaine et Midi-Pyrénées), le rendement régional est estimé à 29 q/ha, en baisse de 6% par rapports aux rendements estimés pour la campagne 2024 (source : Terres Inovia), pour des surfaces annoncées à 63 000 ha, soit une baisse de près de 30% par rapport à la moyenne quinquennale (source : Agreste – SAA 2020 à 2024).

Focus : les rendements par région

La campagne 2025 a été marquée par de fortes disparités de rendements entre les parcelles cultivées en sec et celles qui ont été irriguées au cours de l’été, principalement en raison des conditions météorologiques estivales, chaudes et surtout sèches entre juillet et la mi-août. Les dates de semis ont également contribué à la variabilité des rendements, avec une plage de semis étalée de la mi-avril au début du mois de juin, conséquence d’un printemps pluvieux.

En ex-Aquitaine, les rendements moyens fluctuent de 26 à 34 q/ha selon les départements, pour une moyenne globale de 30 q/ha, avec de forts écarts entre conduites en sec (8 à 30 q/ha exceptionnellement dans les sols à forte réserve utile et implantation précoce, pour une moyenne estimée à 16 q/ha) et irriguées (25 à 48 q/ha, pour une moyenne estimée à 39 q/ha). 

En ex-Midi-Pyrénées, les rendements moyens sont légèrement inférieurs, estimés à 27 q/ha de moyenne, avec là aussi de grands écarts entre départements (20 à 33 q/ha) et conduites (7 à 15 q/ha en sec, contre 20 à 45 q/ha en irrigué, avec quelques rendements exceptionnels à 55 q/ha très localement).

Des semis perturbés par la pluie

Les semis 2025 se sont décalés à cause des cumuls de pluies et des retards engendrés pour la préparation des sols. Dans le Sud-Ouest, l’essentiel des semis ont été effectués entre la mi-avril et la fin du mois de mai. Une fois les graines en terre, hormis quelques situations de pertes de pieds liés à des dégâts de taupins ou de mouches du semis, la levée s’est déroulée sans encombre.

Un début d'été caniculaire & une floraison sous la chaleur et la sécheresse

La seconde moitié du mois de juin est marquée par une séquence météorologique anormalement chaude et sèche qui a fortement impacté le développement des sojas, arrivant alors à début floraison pour les parcelles les plus précoces. Cette séquence s’est achevée par des pluies d’orages inégalement réparties sur l’ensemble du territoire.

Tout au long du mois de juillet, jusqu’à la mi-août, l’absence de pluies significatives et les remontées de températures ont été défavorables à la ramification et à la bonne fertilité des sojas conduits en sec et/ou insuffisamment irrigués, limitant de fait leur potentiel, notamment dans les terres les plus superficielles. Les parcelles régulièrement irriguées ont été moins impactées, expliquant ainsi les forts écarts de rendements obtenus à la récolte.

Une pression ravageurs moindre que les campagnes précédentes

Les attaques d'héliothis (Helicoverpa armigera) et de pyrale du haricot (Etiella zinckenella) sont rares, à des niveaux bien en-deçà des campagnes précédentes, tandis que les attaques de punaises (Nezara viridula et Halyomorpha halys) sont hétérogènes, avec des dégâts importants à la marge, selon le stade du soja (R5-R6) au moment de l'arrivée de l'insecte, l'absence de protection insecticide et/ou d'irrigation.

Pour plus d’informations, consultez le BSV Bilan régional 2025 ici.
 

Des pluies non-limitantes en fin de cycle, favorables au remplissage des graines

Les pluies sont revenues au cours de la dernière décade d’août et ce sont poursuives jusqu’à la mi-septembre. Ces précipitations, associées aux baisses de températures de fin d’été, ont permis d’allonger la fin de cycle des sojas et d’accompagner le bon remplissage des gousses des parcelles tardives (semis tardifs, variétés du groupe I).

Cet allongement de cycle a néanmoins ralenti l’entrée en maturité des parcelles les plus tardives, retardant les récoltes et dégradant parfois la qualité des lots moissonnés (humidité trop élevée, reprise de végétation, impuretés, etc.).
 

Une récolte qui s'étale entre les gouttes

La récolte s’est déroulée entre la mi-septembre et début-novembre, en fonction de la vitesse d’arrivée à maturité et des fenêtres de récoltes disponibles. Hormis pour les récoltes les plus tardives, la qualité est au rendez-vous, avec des niveaux d’humidité inférieur à 14% et des taux de protéines dans la moyenne. 

Des surfaces en diminution constante depuis 2022

Les difficultés de production de ces dernières années, cumulées avec une conjoncture défavorable pour les productions biologiques, impactent directement les surfaces cultivées, avec une baisse de -5% en ex-Midi-Pyrénées et -8% en ex Aquitaine par rapport à 2024 (source : Agreste – SAA 2020 à 2024). Elle s’inscrit dans une dynamique de réduction constante des surfaces implantées en soja depuis 2022, avec une diminution des surfaces de -31% en Aquitaine et de -43% en Midi-Pyrénées en 3 ans (source : Agreste – SAA 2020 à 2024), principalement dans les territoires où la culture était conduite en pluvial et/ou en agriculture biologique.

Au niveau économique, si la rentabilité des parcelles conduites en pluvial est en moyenne très mauvaise, avec des marges nettes négatives, les parcelles irriguées affichent un niveau de marge nette (aides couplées et découplées comprises) positif (simulations de Terres Inovia à partir des données du CER France), ce qui est à souligner au vu des performances économiques récentes des exploitations en grandes cultures, hors cultures à forte valeur-ajoutée (source : données Agreste/RICA 2025, OTEX 15), dans un contexte de forte baisse des prix des céréales.
 

Vos Contacts Régionaux :

  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Implantation Début de cycle / croissance Maturité/récolte Est Occitanie Ouest Occitanie Sud Aquitaine Légumineuses à graines Implantation Ravageurs Soja Compatible Quentin LEVEL - q.level@terresinovia.fr