Les conseils de Terres Inovia pour l'irrigation du tournesol
Elodie Tourton, ingénieur de développement en zone Centre & Ouest chez Terres Inovia, donne quelques conseils pour irriguer le tournesol au bon moment et ainsi profiter des nombreux avantages de cette pratique.
Une erreur s'est glissée lors de l'explication du timing. Dans le cas de 3 apports, il faut comprendre un apport début floraison, un autre fin floraison et le dernier 2-3 semaines post floraison.
Vidéo réalisée aux Culturales 2019 dans le cadre du projet NEOSOL : pour un développement équilibré et pérenne du tournesol dans les bassins et contextes à potentiel.
Adapter le travail du sol au type de sol
Le choix du travail du sol est déterminant pour garantir la réussite de la levée, indispensable pour obtenir un colza robuste.
Ce choix dépend des problématiques à gérer (voir article ‘décider du travail du sol à privilégier en intégrant toutes les problématiques’) et doit être adapté au type de sol.
- Pour tous les types de sol : pas de travail superflu pour préserver l’humidité. Limiter la profondeur et le nombre d’intervention au strict nécessaire. Si le sol est travaillé, intervenir au plus tôt après la récolte, avant les pluies, si possible, et rouler. Éviter tout travail du sol dans les 15 jours avant semis pour favoriser le réhumectation en cas de pluie
Exemple d’un travail du sol post moisson permettant de bénéficier et de préserver l’humidité résiduelle
- En sols argileux (teneur > 22-25%) :
- Risques à éviter : création de mottes à cause d’un travail sur sol sec ou compacté
- Solution à privilégier : éviter le travail du sol en profondeur et notamment le labour et intervenir juste après récolte et le plus en amont du semis possible. Il est alors indispensable d’avoir anticipé pour avoir une structure du sol poreuse ne nécessitant pas de fragmentation (exemple restructurer le sol avant l’implantation de la culture précédente puis éviter les tassements)
Exemple d’une levée perturbée en sol argileux à cause la création de mottes par du travail profond
- En sols limono-sableux (sols dits ‘fragiles’) :
- Risques à éviter : battance du sol à cause d’une préparation trop fine et difficultés d’enracinement à cause de sol pris en masse.
- Solutions : fragmentation du sol souvent utile (outil à dent ou labour repris à la dent), en évitant de multiplier les passages et la création de trop de terre fine. Le strip-till est particulièrement bien adapté à ces conditions et peut être simultané avec le semis.
Parcelle de colza ennoyée à la sortie de l’hiver, à cause d’un sol battu dû à une préparation trop fine
Point technique "Réussir son implantation pour obtenir un colza robuste"
Acheter ou télécharger le point technique "Réussir son implantation pour obtenir un colza robuste"
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Pourquoi irriguer son tournesol ? témoignage de Pascal Chagneau, agriculteur en Nouvelle-Aquitaine
Pourquoi irriguer son tournesol ? Pascal Chagneau, agriculteur et irriguant depuis 30 ans en Nouvelle-Aquitaine, témoigne des avantages liés à l'irrigation et les gains constatés sur son exploitation grâce à cette pratique.
Envie d'en savoir plus ? Elodie Tourton, ingénieur de développement chez Terres Inovia, offre des conseils précieux pour irriguer le tournesol au bon moment et tirer avantage de cette pratique.
Vidéo réalisée aux Culturales 2019 dans le cadre du projet NEOSOL : pour un développement équilibré et pérenne du tournesol dans les bassins et contextes à potentiel.
Tournesol : régulateurs de croissance
Réguler le tournesol est déconseillé en situation normale
Aucun gain de rendement n'a été mis en évidence grâce à l'usage de régulateur : leur utilisation sur tournesol doit donc se limiter aux situations où le risque de verse est important.
En condition normale de culture, les risques de verse sont minimes et la dépense, de l’ordre de 10-15 €/ha, est inutile.
La prévention du risque de verse passe d’abord par une bonne maîtrise de la densité (60 000 pieds bien répartis, pas plus de 5 plantes au mètre linéaire) et de la fertilisation azotée.
Attention, dès l’apparition du bouton floral (E1), les applications de régulateurs peuvent perturber la fécondation et la nouaison, surtout en conditions sèches.
Les régulateurs sont également déconseillés quand les températures sont supérieures à 20°C.
A réserver aux quelques rares situations à risque
Le risque de verse est le plus souvent lié à une erreur technique importante : mauvais réglages du semoir avec des excès de densité, azote disponible excédentaire (apports, minéralisation de la matière organique).
Produits utilisables
Depuis janvier 2025 avec le retrait du CYBELE PRO (ethéphon 480 g/l), aucune solution de régulation n’est actuellement disponible sur tournesol. L’usage des bidons de CYBELE PRO affichant l’ancienne étiquette est possible jusqu’au 31/07/2026.
Gwenola RIQUET (g.riquet@terresinovia.fr)
Enquête de surveillance orobanche rameuse : participer et visualiser les zones à risque
En raison de sa très forte nuisibilité, sa capacité à se fixer à de nombreuses espèces végétales, et sa très grande capacité de dissémination, Terres Inovia souhaite assurer un suivi dynamique des zones touchées par l’orobanche rameuse en France.
En quelques clics, vous pouvez nous aider en saisissant les coordonnées de vos parcelles dans lesquelles vous avez identifié de l’orobanche. Ces données nous serviront à identifier les nouveaux foyers et suivre l’évolution des zones à risque afin de vous conseiller aux mieux sur les pratiques à adopter.
La synthèse des communes est disponible en temps réel sur le site. Toutes les autres informations saisies restent confidentielles. De nombreuses parcelles sont déjà saisies !
Un doute ?Si vous avez observé des tiges fleuries bleues violet entre avril et juin au pieds de vos cultures, il s’agit probablement de l’orobanche rameuse. Ces plantes parasites, arrivées à maturités en été sont brunes, et sont très visibles lors de la récolte, le plus souvent en foyer, conduisant à une réduction de croissance de la culture.
Pour en savoir plus sur l'orobanche rameuse. En cas de doute, contactez Terres Inovia |
Gérer le phoma grâce au choix variétal
Le choix variétal, associé à quelques mesures agronomiques, permet de gérer le risque phoma. Pour cela, les variétés TPS (très peu sensible) sont à privilégier : elles permettent de limiter l’impact de la maladie sur la culture, et de maintenir des pressions faibles en phoma en limitant l’inoculum pour les années suivantes.
La résistance des variétés de colza au phoma repose sur 2 types de mécanismes : la résistance quantitative, et les gènes de résistances spécifiques. Les variétés possédant de la résistance exclusivement quantitative ont un comportement stable. L’efficacité des gènes de résistance spécifique dépend quant à elle des populations de phoma, qui peuvent différer entre régions et dans le temps. L’utilisation de variétés ayant des résistances spécifiques efficaces (RlmS et LepR1) favorise en effet la sélection de souches de phoma contournant ces résistances, engendrant ainsi peu à peu leur perte d’efficacité. Ainsi, les variétés ayant ces résistances doivent être utilisées en alternance avec des variétés ne possédant pas ce ou ces gènes de résistance.
Les types de résistance au phomaLa résistance des variétés de colza vis-à-vis du phoma repose sur deux types de mécanismes : La résistance peut également être apportée par des gènes de résistance spécifique. Les résistances spécifiques agissent au stade précoce de l’infection. Elles sont conférées par des gènes, nommés Rlm ou LepR, qui bloquent spécifiquement le développement des souches de phoma reconnues par ce gène. Ces deux types de résistances ne sont pas exclusifs ! Les variétés peuvent à la fois posséder des résistances quantitatives et des résistances spécifiques ; c’est pourquoi, certaines variétés peuvent rester très peu sensibles au phoma, même lorsqu’elles portent un gène Rlm (ou LepR) contourné, tandis que d’autres variétés voient leur niveau de résistance se dégrader. Ce n’est toutefois que lorsque l’évolution des populations de phoma engendre une perte d’efficacité de ces gènes Rlm (ou LepR) que ce niveau de résistance quantitative se révèle. Les variétés possédant de la résistance exclusivement quantitative ont quant à elles un comportement stable dans le temps. |
Comment choisir les variétés ?
Pendant longtemps, seul le gène Rlm7 était jugé efficace sur le territoire ; par la suite, c’est le couple Rlm3 / Rlm7 qui montrait une très bonne efficacité. Au fil des années, avec l’utilisation de variétés présentant ces gènes de résistance, le gène Rlm7, couplé ou non à Rlm3, a perdu de son efficacité. Compte tenu de l’évolution des populations de phoma sur le territoire, les résistances spécifiques Rlm3 et Rlm7 ne sont plus considérées comme efficace à ce jour. Parallèlement, des variétés présentant de nouveaux gènes de résistance efficaces voient le jour sur le marché. Dans ce contexte, Terres Inovia vous donne toutes les informations sur les variétés, et ses recommandations pour gérer la durabilité de ces solutions à la parcelle : choisir ses variétés selon son contexte local et son historique
L’utilisation des variétés ayant des résistances spécifiques efficaces doit être raisonnée et pratiquée en alternance avec des variétés ne possédant pas ce ou ces gènes de résistance. Depuis plusieurs années, grâce aux travaux de recherche et de sélection, des variétés sans gène de résistance spécifique efficace montrent de très bons niveaux de résistance quantitative au phoma (classées TPS) : cette alternance des variétés n’accroit donc pas le risque maladie sur la parcelle et contribue à la durabilité de la gestion du phoma.
En termes d’efficacité, les résistances RlmS et LepR1 confèrent à ce jour un très bon niveau de résistance sur tout le territoire.
Pour permettre à chacun d’adapter son choix variétal à la situation de la parcelle, Terres Inovia communique depuis 2019 sur les gènes de résistance présents dans les variétés. L’information sur la présence du gène LepR1 a été ajoutée en 2023 avec les premières variétés déployées en France et possédant ce gène.
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Variété |
Année et Pays d'inscription |
Représentant |
Phoma |
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Evaluation au champ |
Dernière année d'éval |
Type de résistance |
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ACROPOLE (2) |
2018 - F |
LG Semences |
S/PS* |
2020 |
Quanti |
|
ADDITION (2) |
2018 - F |
Soufflet Seeds |
PS |
2018 |
Quanti |
|
ALASCO (1) |
2017 - UE |
LG Semences |
PS |
2018 |
Quanti |
|
AMPLITUDE (2) |
2018 - F |
LG Semences |
TPS |
2018 |
Quanti |
|
ANNAPOLIS |
2016 - F |
LG Semences |
PS |
2017 |
Quanti |
|
ARCHIVAR (2) |
2021 - F |
Semences de France |
TPS |
2021 |
Quanti |
|
ASTANA |
2018 - UE |
Saatbau France |
TPS* |
2020 |
Quanti |
|
ATTICA (2) |
2021 - F |
Soufflet Seeds |
PS |
2022 |
Quanti |
|
HERERA |
2021 – F |
KWS Momont |
TPS |
2022 |
RlmS |
Extrait du guide de culture Colza
Toutes ces données sont accessibles dans MyVar, l’outil dédié au choix variétal.
Pourquoi Terres Inovia donne également l’information sur la date de dernière évaluation du phoma ?
Le comportement S/PS/TPS est évalué au champ dans un réseau multilocal sur une à deux années ; toutefois les populations de phoma évoluant, les conditions d’évaluation ne sont pas les mêmes : par exemple, des variétés possédant un gène de résistance spécifique et évaluées TPS dans un contexte où ce gène était encore très efficace et bloquait les infections pourraient avoir un comportement différent aujourd’hui si son efficacité n’est plus optimal : plus l’année d’évaluation est récente (- de 3 ans), plus l’information est fiable aujourd’hui. C’est donc un point d’attention à avoir, pour les variétés ayant des gènes de résistance spécifique efficace. Les variétés dont la résistance repose exclusivement sur de la résistance quantitative ont un comportement stable dans le temps.
La maladie des pois roses
La maladie des pois roses est due à une bactérie, Erwinia rhapontici. Cette bactérie est un parasite de faiblesse qui peut envahir les gousses en fin de saison, en particulier lorsqu’elles sont endommagées.
De petites lésions brunes peuvent apparaitre sur les gousses, les graines contaminées prennent une coloration rose à rouge (ressemblant à celle laissée par certains produits de traitement de semences) et sont parfois ‘ratatinées’. Cette coloration rose est due à un pigment produit par la bactérie.
Cette maladie est assez rare et la proportion de graines colorées à la récolte généralement faible. On la rencontre principalement lorsque la saison est humide, suite des orages ou des averses de grêles pouvant endommager les gousses.
Graines touchées par la maladie des pois roses - en partenariat avec la FNAMS et Océalia
La bactérie peut se conserver dans les graines et les débris de culture. Lorsque les graines sont contaminées, l’émergence et la vigueur des plantes peuvent être affectées. La bactérie pourrait également provoquer une nécrose à la base du collet. Un test réalisé en 2019 à partir d’un lot contaminé et d’un lot sain n’avait pas permis de mettre en évidence un effet de la maladie sur la faculté germinative. Par précaution, il est toutefois recommandé de ne pas semer de lots contaminés.
Télécharger le guide chanvre
Des conseils de culture mis à jour
11 chapitres permettent de tout savoir sur la conduite de la culture du chanvre : atouts, variétés, culture intermédiaire, implantation, fertilisation, irrigation, désherbage, maladies, ravageurs, récolte et conservation. Cette édition du guide traite notamment des performances agronomiques et économiques de la culture, de la question de l’utilisation du chanvre en remplacement d’une culture d’hiver qui devrait être retournée, ainsi que des espoirs avec la lutte génétique pour combattre l’orobanche rameuse. On trouve également un chapitre dédié à la contractualisation de cette culture. Pour terminer, on retrouve les grands rendez-vous de la culture.
Comment se le procurer ?
Le guide est accessible dans son intégralité en version PDF et à la commande, dans la rubrique "Produits" / Publications.
Télécharger le guide lin oléagineux
Un guide plus complet
Lin d’hiver et lin de printemps sont réunis dans un même guide. 13 chapitres permettent de tout savoir sur la conduite de la culture du lin oléagineux : atouts, variétés, implantation, fertilisation, désherbage, régulateurs, irrigation, récolte et gestion des résidus. Tout au long des chapitres, le guide distingue entre lin d’hiver et lin de printemps pour présenter toutes les spécificités de la culture. On trouve ainsi un chapitre dédié à la culture intermédiaire avant lin de printemps. Il permet aussi de faire le point sur les maladies et les ravageurs. Pour terminer, on retrouve les grands rendez-vous de la culture.
Comment se le procurer ?
Le guide est accessible dans son intégralité en version PDF et à la commande, dans la rubrique "Produits" / Publications.
Documents à télécharger
Télécharger le guide pois chiche
Des conseils de culture pour accompagner les producteurs
Ce guide complet est composé de plusieurs chapitres qui balayent l’ensemble des choses à savoir sur la culture du pois chiche : graines, choix de la parcelle, implantation, inoculation, fertilisation, désherbage, récolte et stockage. Il met en lumière les atouts de la culture et fait le point sur les moyens de lutte contre les ravageurs et les maladies qui touchent le pois chiche. On y trouve enfin les grands rendez-vous de la culture.
Comment se le procurer ?
Le guide est accessible dans son intégralité en version PDF et à la commande, dans la rubrique "Produits" / Publications.