Point tournesol en Normandie et Ouest Ile-de-France

Les premières récoltes ont déjà été réalisées par endroit, depuis une dizaine de jours. Un scenario bien à l’opposé de 2024 sur ce point ! Retour sur quelques faits marquants de cette campagne 2025 qui se termine bientôt.

Un départ relativement bon en 2025 

Les conditions pédoclimatiques en avril / mai ont contribué à un bon démarrage du tournesol. L’ampleur des dégâts de limaces ou oiseaux à la levée était remarquablement inférieure aux années récentes. Peu de semis tardifs ou re-semis de mi-mai cette année. De quoi démarrer la campagne plus sereinement.


Avant la floraison, le tournesol a profité d’un temps doux et assez humide jusqu’à ce que le sec et la vague de chaleur de la deuxième quinzaine de juin accélèrent le rythme.
​​​​​​​Dans les sols superficiels en particulier, des effets sur la biomasse et hauteur de plantes ont été pointés. Les pucerons ont été signalés dans tous les secteurs en 2025 avec des phénomènes de crispations régulièrement, mais sans grande inquiétude.


Les premiers fleurons ont été visibles vers le 10 juillet (voire un peu avant pour les plus précoces), ou vers le 20 juillet pour les situations les plus tardives. La floraison s’est déroulée dans des températures à peu près « normales » et en présence de pluies excédentaires dès la mi-juillet.
On peut supposer que le taux de nouaison était correct en 2025 dans la région.

Situation au 05 septembre 2025

Pour le mois d’août, sur le critère « somme des températures depuis la fin floraison », 2025 se place dans le top 5 des années les plus chaudes depuis 20 ans. Les quantités pluviométriques sont souvent déficitaires, et localement excédentaires. La répartition des pluies en août est cependant très inégale.


Dans le sud de l’Orne et le sud de l’Essonne, une pluie significative est survenue le 20 août. Les autres secteurs ont dû attendre fin août pour bénéficier d’eau. Selon l’humidité des sols, la profondeur des sols, les dates de levée et les variétés, on observe donc des écarts de stades de développement et de durée de maintien de feuilles vertes.


Le fait que certaines parcelles aient déjà été récoltées fin août entre 7.5 et 9 % d’humidité (rendements de 27 à 35 q/ha) illustre que la campagne est précoce pour la région. Nous la situons globalement entre 2022 (très précoce et sèche) et 2023.

Les stades rencontrés à ce jour vont de M4 à M1.3 - M2 (voir tableau ci-dessous


Les parcelles aujourd’hui prêtes à être récoltées répondent généralement à l’une ou l’autre des conditions suivantes : 

  • Sols plutôt superficiels ;
  • variétés très précoces (Ex : SY ARCO, LG 50268HOV, LG50276, RGT CAPITOLL, LG50450) voire précoces (ES IDILLIC, SUNBIRD 5, SAVANA, MAS 815 OL);
  • bonne levée après semis du 10-20 avril dans les secteurs précoces du Calvados, de l’Orne, du Sud et Est de l’Eure, des Yvelines, de l’Essonne..
  • peuplements > 6.5 - 7 plantes/m².

Les parcelles au stade proche de M1.3 / M2 devraient être récoltables à compter du 20-25 septembre


Les tournesols « striés » (type SUN BIRD 2) ou tournesol linoléiques (AXELL M, ES AGORA, SY CHRONOS, RGT VUELTA…) semés dans la région vers le 20-25 avril ne devraient pas arriver à maturité avant le 20-25 septembre. 


A noter que certaines variétés voient une maturation se faire plus rapidement au niveau des capitules qu’au niveau des tiges et feuilles (ex : SUNBIRD 5). Il s’agira de bien examiner l’évolution des capitules dans ces cas. Une appréciation « vue de la route » peut être fortement faussée. Quelques feuilles vertes résiduelles sur des plantes aux graines mûres ne doivent pas dissuader de prendre la décision de récolter.​​​​

Récolter à l’humidité optimale permet de maximiser la marge économique

Une récolte en surmaturité, avec un taux d’humidité des graines réduit à 5 %, peut entraîner une baisse de marge de 55 €/ha — car souvent en dehors des seuils de sans remise aux normes d’humidité. Ces pertes sont à comparer à une récolte effectuée au stade optimal, soit à 9 % d’humidité.

Une récolte avec une teneur en eau élevée des graines entraîne également une baisse de marge. Par rapport à une récolte au stade optimal (9 % d’humidité), la marge diminue de 105 €/ha à 13 % d’humidité. 

 

Lire aussi :

Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest

Remplissage des gousses Maturité/récolte Normandie et Ouest Ile-de-France Tournesol Jean LIEVEN (j.lieven@terresinovia.fr)

Enquête kilométrique tournesol : bilan de la 2ème visite Poitou-Charentes/Vendée

Les semis se sont échelonnés de début avril jusqu’à la mi-mai pour les plus tardifs. La campagne 2025 est marquée par un stress hydrique et thermique, avec deux grosses vagues de chaleur : du 20 juin au 7 juillet puis du 8 au 18 août. Les tournesols ont souffert de ces deux périodes de canicules, survenues durant le début / pleine floraison puis lors du remplissage.

Quelles sont les conséquences sur l’état sanitaire des tournesols ?
​​​​​​​Pour répondre à cette question, les parcelles enquêtées pour le premier bilan sont à nouveau visitées.

Cette année, l’enquête recense 213 parcelles (en 2024, 195 parcelles) observées en région. Le réseau BSV Poitou-Charentes contribue pour 43 % et Terres Inovia pour 57 % (en 2024, respectivement 38 % et 62 %). 


Merci aux partenaires Soufflet Agriculture, Océalia, Terre Atlantique, et la Chambre d’Agriculture de Charente pour leur participation à cette enquête terrain, ainsi que les techniciens Terres Inovia de la station expérimentale du Magneraud.

 

​​​Carte : Répartition des enquêtes tournesol 2025

Caractéristiques des parcelles

​​​​​​​Les observations de la deuxième visite sont réalisées entre juin et août, avec une majorité en juillet sur la troisième décade : 75 % des parcelles. Lors de cette deuxième visite, 32 % des parcelles étaient encore au stade floraison (42 % en 2024, lié au retard des semis), 67 % en remplissage, et 2 parcelles avaient atteint le stade récolte. La période d’observation des parcelles enquêtées est habituelle avec des stades classiques.

Sur l’ensemble des parcelles enquêtées, 4 % sont irriguées (7 % sans information). Ce taux est relativement constant entre 3 et 6 % depuis 2021.

Consulter l'intégralité de l'enquete 

​​​​​​​​​​​​► Enquête kilométrique TOURNESOL : bilan de la 2ème visite


​​​​​​​Solana Vera - s.vera@terresinovia.fr - Ingénieur DRT zone Centre & Ouest

Remplissage des gousses Maturité/récolte Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Tournesol Solana Vera

Tournesol : récolter au bon moment

Sur l'ensemble du secteur Sud et de la région AURA, des premières récoltes ont pu être réalisées avant le passage pluvieux de la fin de la semaine dernière, sur les toutes premières dates de semis, mais le vrai Top départ se dessine une fois que l'entrée dans les parcelles sera possible

Comment reconnaitre le bon stade de récolte ? 

Récolter au stade optimal demande une observation attentive du champ. Ce moment clé intervient lorsque la majorité de la parcelle présente les signes suivants :

  • Le dos des capitules vire du jaune au brun,
  • Toutes les feuilles sont sénescentes,
  • La tige se dessèche et passe du vert au beige clair,
  • Les graines affichent un taux d’humidité compris entre 9 et 11 %.

Un bon réglage de la moissonneuse-batteuse est essentiel pour réduire les pertes et garantir la qualité des graines

Récolter à l’humidité optimale permet de maximiser la marge économique

Une récolte en surmaturité, avec un taux d’humidité des graines réduit à 5 %, peut entraîner une baisse de marge de 55 €/ha — car souvent en dehors des seuils de sans remise aux normes d’humidité. Ces pertes sont à comparer à une récolte effectuée au stade optimal, soit à 9 % d’humidité.

Une récolte avec une teneur en eau élevée des graines entraîne également une baisse de marge. Par rapport à une récolte au stade optimal (9 % d’humidité), la marge diminue de 105 €/ha à 13 % d’humidité. 

Lire aussi :

Remplissage des gousses Maturité/récolte Ouest Occitanie PACA Auvergne Rhônes-Alpes Sud Aquitaine Est Occitanie Récolte Tournesol Equipe Sud et AURA - Terres Inovia

Tournesol : récolter au bon moment

Les récoltes de tournesol s’annoncent particulièrement précoces pour la campagne 2025. Les premières parcelles sont même récoltées en Charente depuis une dizaine de jours ! Dans le Berry certaines parcelles sont aussi à maturité et attendent la récolte. Cette avance s’explique par des semis réalisés dès le début du mois d’avril, associés à des températures supérieures aux normales saisonnières. Dans ce contexte, quelques recommandations pour récolter au bon stade s’imposent.

Comment reconnaitre le bon stade de récolte ? 

Récolter au stade optimal demande une observation attentive du champ. Ce moment clé intervient lorsque la majorité de la parcelle présente les signes suivants :

  • Le dos des capitules vire du jaune au brun,
  • Toutes les feuilles sont sénescentes,
  • La tige se dessèche et passe du vert au beige clair,
  • Les graines affichent un taux d’humidité compris entre 9 et 11 %.

Un bon réglage de la moissonneuse-batteuse est essentiel pour réduire les pertes et garantir la qualité des graines

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Récolter à l’humidité optimale permet de maximiser la marge économique

Une récolte en surmaturité, avec un taux d’humidité des graines réduit à 5 %, peut entraîner une baisse de marge de 55 €/ha — car souvent en dehors des seuils de sans remise aux normes d’humidité. Ces pertes sont à comparer à une récolte effectuée au stade optimal, soit à 9 % d’humidité.

Une récolte avec une teneur en eau élevée des graines entraîne également une baisse de marge. Par rapport à une récolte au stade optimal (9 % d’humidité), la marge diminue de 105 €/ha à 13 % d’humidité. 

Lire aussi :

Remplissage des gousses Maturité/récolte Centre-Val de Loire Récolte Tournesol Julien Charbonnaud (j.charbonnaud@terresinovia.fr)

Tournesol : récolter au bon moment pour optimiser la marge économique

Dans les régions du Nord et de l’Est, les récoltes de tournesol s’annoncent particulièrement précoces pour la campagne 2025. Cette avance s’explique par des semis réalisés dès le début du mois d’avril, associés à des températures supérieures aux normales saisonnières. Dans ce contexte, quelques recommandations pour récolter au bon stade s’imposent.

Projections des dates de récoltes pour les variétés de tournesol précoce (Actualisation du 22/08/2025)

Comment reconnaitre le bon stade de récolte ? 

Récolter au stade optimal demande une observation attentive du champ. Ce moment clé intervient lorsque la majorité de la parcelle présente les signes suivants :

  • Le dos des capitules vire du jaune au brun,
  • Toutes les feuilles sont sénescentes,
  • La tige se dessèche et passe du vert au beige clair,
  • Les graines affichent un taux d’humidité compris entre 9 et 11 %.

 

Récolter à l’humidité optimale permet de maximiser la marge économique

Une récolte en surmaturité, avec un taux d’humidité des graines réduit à 5 %, peut entraîner une baisse de marge de 55 €/ha — en l’absence de pertes de graines et sans remise aux normes d’humidité —, jusqu’à 140 €/ha en cas de perte de 2 q/ha, toujours sans correction d’humidité. Ces pertes sont à comparer à une récolte effectuée au stade optimal, soit à 9 % d’humidité.

Une récolte avec une teneur en eau élevée des graines entraîne une baisse de marge encore plus marquée. Par rapport à une récolte au stade optimal (9 % d’humidité), la marge diminue de 105 €/ha à 13 % d’humidité, de 192 €/ha à 15 % (avec 1 q/ha de pertes aux normes), et jusqu’à 312 €/ha à 18 % (avec 2 q/ha de pertes aux normes), soit le seuil maximal d’humidité permettant encore une récolte à la moissonneuse-batteuse.

Dans ces simulations économiques, le taux d’impuretés est supposé constant à 2 %, quel que soit le taux d’humidité à la récolte. Cette hypothèse tend à minimiser l’impact économique des récoltes réalisées en dehors du stade optimal.

 

Un bon réglage de la moissonneuse-batteuse est essentiel pour réduire les pertes et garantir la qualité des graines

 

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Remplissage des gousses Maturité/récolte Bourgogne-Franche-Comté Grand Est Hauts-de-France Lorraine, Alsace et Haute-Marne Récolte Tournesol Benjamin Delhaye (b.delhaye@terresinovia.fr)

Tournesol : les premiers enseignements de la campagne 2025 dans le sud-ouest

Comme chaque année, l’équipe régionale Terres Inovia a réalisé une enquête kilométrique visant à évaluer la qualité d’implantation du tournesol sur le sud-ouest

194 parcelles de tournesol ont été visitées de façon aléatoire par les équipes de Terres Inovia dans le sud-ouest de la France, entre le 4 et le 27 juin dernier. Cette enquête, réalisée dans le cadre du plan de surveillance du mildiou du tournesol, livre les 1ers  enseignements de la campagne 2025 pour ce territoire. - Article Rédigé début Juillet 2025

Ce qu’il faut retenir : 

  • Présence notable du mildiou : Observé dans 29 % des parcelles, avec des attaques généralement faibles (moins de 1 pied sur 20 touché). Toutefois, 5 % des parcelles infectées ont subi des dégâts importants.

  • Progression du verticillium : Cette maladie fongique gagne du terrain, avec des symptômes observés dans 26 % des parcelles.

  • Stades de développement étalés : La campagne a connu un étalement important des semis 

  • Peuplements tout juste dans les objectifs : Moyenne de 50200 pieds/ha, juste au-dessus du seuil bas recommandé (50000-60000). 

  • Enherbement lié à la densité de peuplement : 73 % des parcelles sont propres ou moyennement propres, mais celles avec des peuplements faibles sont plus souvent infestées. Chardon des champs et xanthium ont été fréquemment observés.

  • Autres maladies : L'Alternaria a été détectée dans 9 % des parcelles, sans impact majeur à ce stade, mais une enquête estivale complétera les observations.

Pour consulter le bilan complet de cette enquête - Enquête kilométrique Tournesol : les premiers enseignements de la campagne 2025

 

Cette enquête sera complétée par une seconde visite des parcelles durant l’été entre la floraison et la maturation des tournesols afin d’évaluer plus précisemment la pression maladies et adventices. (Réalisation Fin juillet/début Aout)

 

Vos Contacts régionaux 

Arnaud Micheneau - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers et Hautes-Pyréneées

Quentin Lambert - Occitanie

Implantation Phase végétative Remplissage des gousses Ouest Occitanie Est Occitanie Sud Aquitaine Tournesol Matthieu Abella (m.abella@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Enquête kilométrique tournesol : bilan de la 1ère visite Poitou-Charentes/Vendée

Cette année, l’enquête recense 212 parcelles observées en région entre la fin-mai et la fin-juin (en 2024, 195 parcelles). Le réseau BSV Poitou-Charentes contribue pour 43 % et Terres Inovia pour 57 % (en 2024, respectivement 38 % et 62 %). 

Merci aux partenaires Soufflet Agriculture, Océalia, Terre Atlantique, et la Chambre d’Agriculture de Charente pour leur participation à cette enquête terrain, ainsi que les techniciens Terres Inovia de la station expérimentale du Magneraud.

​​​Carte : Répartition des enquêtes tournesol 2025

Caractéristiques des parcelles

​​​​​​​Pour cette première période d’observation, les tournesols sont répartis pour 79 % en phase végétative et 20 % en phase bouton floral (en 2024, respectivement 79 % et 19 %). Le stade n’est pas renseigné pour 1 % des parcelles. Le début de campagne 2025 est bien plus précoce que l’année 2024, la majorité des parcelles a été semée dans la période ​​​​préconisée. La vague de chaleur de la mi-juin au début du mois de juillet a engendré des stress hydrique et thermique sur les tournesols en début et pleine floraison.

Les conditions climatiques ont été favorables à la préparation du sol et à l’implantation, le peuplement est homogène à très homogène dans 79 % des parcelles (en 2024, 72 % et en 2023, 74%).

Consulter l'intégralité de l'enquete 

​​​​​​​​​​​​► Enquête kilométrique TOURNESOL : bilan de la 1ère visite


​​​​​​​Solana Vera - s.vera@terresinovia.fr - Apprentie DRT zone Centre & Ouest

Remplissage des gousses Maturité/récolte Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Tournesol Solana Vera

Mesurer l’indice foliaire du tournesol : un indicateur du potentiel de la culture

L'indice foliaire, mesuré à la floraison du tournesol, est un déterminant essentiel de la capacité d'interception du rayonnement incident par le couvert et donne une idée du potentiel de la culture.

Tournesol en fleur - Crédit photo : Terres Inovia

L’indice foliaire détermine la capacité de la plante à intercepter les rayons lumineux incidents. Il conditionne en grande partie l'intensité de la photosynthèse par unité de surface de sol et donc la croissance de la culture. En effet, une surface foliaire trop importante génère de l'ombre alors qu'une surface foliaire faible réduit la capacité de la plante à intercepter le rayonnement.

Un indice foliaire compris en 2,5 et 3 est un indicateur d’une bonne interception des rayons sans entraîner une consommation excessive d’eau. Hors de cette fourchette, le potentiel de rendement de la culture est impacté.

 

La mesure, réalisable facilement au champ, est à réaliser à la floraison du tournesol. Vidéo tuto de la mesure :

 

Pour faciliter le calcul, cliquez sur le lien suivant pour télécharger une feuille de calcul pré-remplie

A lire aussi : Point technique Réussir son implantation pour obtenir un tournesol robuste 

 

Remplissage des gousses Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Hauts-de-France Lorraine, Alsace et Haute-Marne Tournesol Clarisse Guiziou-Jaouen (c.guizioujaouen@terresinovia.fr)

Fortes températures dès le mois de juin. Quels risques pour le tournesol ?

La France a connu une vague de chaleur survenue tôt dans la saison. Dès la mi-juin et jusqu’aux 1er jours de juillet, les cultures ont été exposées à des températures maximales ayant régulièrement dépassé les 35 degrés, souvent combinées à des précipitations insuffisantes.

Après un début de campagne particulièrement bien accompagné par une offre climatique clémente, le tournesol a dû faire face à un changement brutal de contexte météorologique alors que les plantes n’avaient pas encore atteint la floraison, où qu’elles l’atteignaient à peine dans les secteurs méridionaux.

Le stress thermique exacerbe les effets du stress hydrique

Premier effet redouté des fortes températures, elles contribuent à l’augmentation de l'évapotranspiration, et à l’assèchement du sol. Lorsqu’elles connaissent une situation de déficit hydrique, les plantes ferment leurs stomates, ce qui limite les échanges gazeux, la photosynthèse, ainsi que la production de biomasse.
La phase de sensibilité maximale du tournesol au stress hydrique correspond à la floraison. Cependant, on n'observe pas, comme chez le maïs par exemple, un effondrement des rendements. Il existe plutôt un effet modéré s'étalant sur une longue période. Ainsi, une contrainte exercée avant ou après floraison conduit également à une réduction du rendement, mais dans de moindres proportions (voir graphique).

Le stress thermique préjudiciable surtout durant la floraison

Les effets du stress hydrique dépendent fortement du stade de développement du tournesol. Jusqu’au début de la floraison, un manque d’eau peut limiter la croissance foliaire, réduisant le potentiel photosynthétique. Pendant la floraison, un stress hydrique sévère (satisfaction en eau autour de 40 %) perturbe la nouaison (formation des graines) et peut amener à la réduction du nombre de graines, jusqu’à -30 % - 40%. En revanche, si le stress reste modéré (satisfaction en eau au-delà de 70 % des besoins de la plante), le nombre de graines n’est pas affecté.
Enfin, de début floraison à maturité, le stress hydrique peut affecter le remplissage des akènes, altérant le potentiel de rendement de façon proportionnelle à la durée du stress.

Les impacts directs du stress thermique sont moins documentés que ceux du stress hydrique. Il est toutefois admis que les températures élevées impactent directement la physiologie du tournesol, avec des effets majeurs en période de floraison. Ainsi des températures supérieures à 33 - 35°C peuvent altérer la quantité de pollen produit, la fertilité des fleurs, par conséquent perturber la fécondation et provoquer des avortements de grains. Cela peut générer une augmentation du nombre d’akènes vides, avec une proportion corrélée à l’intensité et la durée du stress thermique, tous les fleurons ne s’ouvrant pas en même temps.

Les fortes températures agissent également sur l’activité des abeilles. Au-delà de 35°C, leur activité diminue fortement. Cependant, cet effet semble limité sur le rendement du tournesol, car les abeilles restent actives le matin, lorsque les températures sont encore relativement fraîches, et quelques visites suffisent à assurer la part de fécondation entomophile nécessaire.

Après la floraison, la poursuite des fortes chaleurs va accélérer la sénescence foliaire, réduire la surface photosynthétique active et écourter la phase de remplissage des grains. Moins de feuilles fonctionnelles signifie moins d'énergie produite pour alimenter la formation et le remplissage des graines, avec un impact direct sur le rendement ainsi que sur la teneur en huile.

Quel impact de cet épisode de chaleur précoce sur la production de tournesol ?

En résumé, la combinaison de fortes températures et de déficits hydriques marqués réduit l'efficacité photosynthétique, impacte la fertilité des fleurs et limite la formation des graines, particulièrement autour de la floraison et au moment du remplissage des akènes, deux phases clés pour le rendement du tournesol. 

À ce stade, il est encore trop tôt pour estimer les pertes en rendement, et encore davantage pour évaluer les effets sur la qualité des graines, car cela dépendra fortement de l’évolution des conditions climatiques dans les semaines à venir.

  • Pour les tournesols ayant subi cette 1ère vague de chaleur avant floraison, les impacts devraient rester limités, hormis pour les parcelles semées tardivement et sur sols superficiels, sur lesquelles la surface foliaire des plantes pourra être limitante.
  • Pour les tournesols soumis aux fortes températures en pleine floraison, on peut craindre une réduction du nombre d’akènes, surtout en cas de stress marqué (hydrique et/ou thermique). Toutefois, il faudra attendre le début de la maturité pour observer les capitules et évaluer le taux de fécondation des graines.

Selon l’intensité des stress rencontrés et le stade précis des cultures, tous les scénarios restent possibles : d’une absence d’impact significatif à des pertes localisées pouvant être importantes, surtout en l’absence de précipitations au cours des prochaines semaines. Le régime de pluie de juillet sera par conséquent décisif.

Auteurs :

  • Hélène Tribouillois (h.tribouillois@terresinovia.fr) - Chargée d’études écophysiologie colza, tournesol, soja
  • Matthieu Abella (m.abella@terresinovia.fr) - Ingénieur de développement Zone Sud - Responsable Programme Tournesol


 

Remplissage des gousses Sud Aquitaine Ouest Occitanie Est Occitanie Auvergne Rhônes-Alpes Accidents climatiques Tournesol Matthieu Abella (m.abella@terresinovia.fr) & Hélène Tribouillois (h.tribouillois@terresinovia.fr)

Protection fongicide sur tournesol : une rentabilité très aléatoire

Le tournesol présente l’avantage d’être une culture à bas niveau d’intrant (ou d’impact). Néanmoins, les 2 dernières campagnes humides ont été favorables aux maladies et certains s’interrogent sur l’intérêt d’une protection fongicide. Revue des connaissances pour déterminer la pertinence ou non d’une telle intervention.

Les protections fongicides en végétation dans notre région sont rares. Seulement 6% des surfaces sont traitées (enquêtes pratiques culturales Terres Inovia). La lutte contre les maladies repose principalement sur le choix variétal (www.myvar.fr). Néanmoins les 2 dernières campagnes humides ont été favorables aux maladies, en particulier au sclérotinia sur capitule (2023) et au phomopsis (pression exceptionnelle sur variétés sensibles en 2024 en Lorraine et Haute-Marne). En réaction, certains producteurs s’interrogent sur l’intérêt d’assurer une protection fongicide préventive au stade limite passage tracteur avec une spécialité fongicide homologuée et commercialisée (AMISTAR GOLD / PRIORI GOLD ou REVYDAS).

 

Une efficacité partielle sur phoma et phomopsis sur tige

L’application fongicide préventive réduit la sévérité des symptômes de maladie. Cela s’observe facilement sur les taches de phoma présentes tous les ans. Néanmoins le contrôle des maladies est partiel car les contaminations aériennes peuvent se produire régulièrement jusqu’à la fin du cycle et le fongicide n’a pas d’incidence sur d’éventuelles contaminations racinaires.
Les protections fongicides préventives n’ont aucune incidence sur les maladies du capitule (phoma, phomopsis, sclérotinia). La seule façon de se prémunir d’une attaque de sclérotinia sur capitule, qui est la plus préjudiciable, est de choisir une variété à bon comportement (pas de résistance forte)  et de limiter le risque de récolte tardive.

 

Des gains de rendement non systématiques

L’efficacité visuelle ne se traduit pas systématiquement en rendement. Les seules situations dans lesquelles nous constatons des gains de rendement significatifs, de l’ordre de + 3 à + 5 q/ha, sont des situations avec de fortes pressions phomopsis sur tige. Mais la fréquence de ces attaques reste faible. Dans un réseau de 36 essais sur 3 ans (2013-2015) conduit par Terres Inovia et ses partenaires dans l’Est de la France, des gains de rendement significatifs sont observés dans seulement 20% des situations. Le seuil de rentabilité de l’intervention est atteint dans seulement 44% des situations. 
Par ailleurs l’expérience de 2024 avec des attaques historiques de phomopsis sur variétés sensibles montre les limites de la protection fongicide. Dans ces situations, la protection fongicide s’est faite « débordée ». Le bénéfice de l’application fongicide s’est souvent limité à 2 – 3 q/ha non significatif dans les essais. Cela met l’accent sur l’intérêt de sécuriser la production en premier lieu avec le choix variétal.

 

Pas de généralisation des interventions mais une veille sur des cas particuliers si le mois de juin est pluvieux

Au regard des éléments techniques précités, Terres Inovia ne recommande pas une protection fongicide préventive systématique.
Les agriculteurs qui souhaitent protéger un potentiel de production peuvent néanmoins raisonner au cas par cas selon quelques indicateurs de risque. Les variétés TPS vis-à-vis du phomopsis ne nécessitent a priori pas de protection fongicide. La question peut se poser pour les variétés classées Peu Sensible (PS) ou Sensible (S)  vis-à-vis du phomopsis si le mois de juin est particulièrement pluvieux, d’autant plus s’il y a un historique d’attaque sur la parcelle ou aux alentours.
Dans tous les cas, le retour sur investissement ne peut pas être garanti. Car ce sont les conditions climatiques post traitement (humidité et températures) qui concrétiseront le risque ou non.

Tache encerclante de phomopsis sur tige de tournesol - Crédit photo : Aurore Baillet

 

Phase végétative Remplissage des gousses Lorraine, Alsace et Haute-Marne Maladies Tournesol Aurore Baillet (a.baillet@terresinovia.fr)