1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,15,16,17,18,19,20,21,22,23,24,25,26,27,28,29,30,31,32,33,34,35,36,37,38,39,40,41,42,43,44,45,46,47,48,49,50,51,52,53,54,55,56,57,58,59,60,61,62,63,64,65,66,67,68,69,70,71,72,73,74,75,76,77,78,79,80,81,82,83,84,85,86,87,88,89,90,91,92,93,94,95
Implanter la lentille dans de bonnes conditions
La lentille trouve pleinement sa place dans les rotations, à condition de soigner son implantation. Du choix de la parcelle à la fertilisation en passant par la préparation de sol, plusieurs leviers techniques permettent de sécuriser le potentiel de rendement et la qualité de la récolte.
La lentille trouve pleinement sa place dans les rotations, à condition de soigner son implantation. Du choix de la parcelle à la fertilisation en passant par la préparation de sol, plusieurs leviers techniques permettent de sécuriser le potentiel de rendement et la qualité de la récolte.
Choisir la parcelle adéquate
Pour garantir une bonne mise en place des nodosités qui sont essentielles à la nutrition azotée de la culture, il est recommandé d’implanter la lentille dans des sols drainants, bien aérés avec de faibles reliquats azotés.
La lentille s’adapte donc particulièrement bien aux sols superficiels présentant une réserve utile faible à moyenne. Les sols argilo-calcaires superficiels à moyens, ainsi que certains sols volcaniques ou granitiques dans le Velay (premier bassin historique de production de lentille), offrent des conditions favorables à son développement. Les craies de Champagne sont également des types de sol propices à la lentille.
Les sols hydromorphes, les limons battants ou, à l’inverse, les sols très séchants sont donc à éviter. Des sols fertiles et profonds favorisent un développement végétatif excessif, augmentant les risques de verse et la sensibilité aux maladies foliaires.
Anticiper les maladies telluriques
La lentille est sensible à l’Aphanomyces euteiches, ainsi qu’à des complexes de Fusarium spp. et Pythium spp. La gestion est essentiellement préventive. Il est indispensable d’éviter les retours trop fréquents de la lentille ou d’autres cultures hôtes (pois, luzerne…) sur une même parcelle. L’allongement des rotations constitue le principal levier de maîtrise.
Miser sur des parcelles propres
Au début de son cycle, la lentille supporte mal la concurrence avec les adventices. Les parcelles à faible salissement sont à privilégier, notamment celles exemptes d’adventices problématiques comme le datura, l’ambroisie, le bleuet ou l’ortie royale. Certaines espèces, telles que les morelles, le xanthium ou l’ambroisie, peuvent entraîner un déclassement de la récolte vers l’alimentation animale, avec des conséquences économiques directes.
Soigner le lit de semences et le semis
Dans l’Ouest et le Sud de la France, les semis peuvent débuter dès la mi-février. Dans les régions plus froides, il est préférable d’attendre le mois de mars et un réchauffement suffisant des sols.
Un travail du sol soigné sur les 15 premiers centimètres et un sol bien ressuyé sont indispensables. Une température supérieure à 6 °C au moment du semis favorisera une levée rapide et homogène.
La profondeur optimale de semis se situe entre 2 et 3 cm avec un semoir à céréales. En sols caillouteux, un roulage post-semis peut être envisagé pour niveler la surface, en veillant à intervenir avant le stade 7–8 feuilles.
L’objectif de peuplement est de 220 à 250 plantes levées/m². En agriculture biologique, une majoration de densité de 10 à 30 % est souvent pratiquée pour renforcer la compétitivité vis-à-vis des adventices. Attention cependant, une densité trop élevée favorise l’auto-compétition, réduit les ramifications et accroît les risques de verse et de maladies fongiques.
Une fertilisation raisonnée
Grâce à sa symbiose avec Rhizobium leguminosarum, bactérie naturellement présente dans les sols, la lentille fixe l’azote atmosphérique et ne nécessite pas d’apport azoté. Pour les autres éléments fertilisants, ses besoins restent modérés. Les apports conseillés se situent autour de 30 à 50 unités de phosphore, 60 à 80 unités de potasse et 20 à 25 unités de magnésium.
Autres documents
Le guide de culture 2026 dédié au tournesol est disponible
Terres Inovia a mis à jour son guide de culture consacré au tournesol. Ce support complet, actualisé avec la nouvelle identité visuelle de l’institut, accompagnera pas-à-pas les producteurs et les conseillers lors de la prochaine campagne. Comme chaque année, il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée.
Terres Inovia a mis à jour son guide de culture consacré au tournesol. Ce support complet, actualisé avec la nouvelle identité visuelle de l’institut, accompagnera pas-à-pas les producteurs et les conseillers lors de la prochaine campagne. Comme chaque année, il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée.
Économe en intrants et bénéficiant d’un progrès génétique continu, le tournesol est une culture durable et compétitive, pourvoyeuse de bénéfices pour les systèmes de culture dans lesquels il est inclus. Tête de rotation à cycle court, doté d’une bonne capacité de tolérance au stress hydrique, il s’adapte à de nombreux contextes de production.
Le guide de culture tournesol de Terres Inovia permet de tout savoir sur l’itinéraire technique du tournesol : choix variétal, implantation, stratégie de lutte contre les bioagresseurs, conservation des graines, etc.
Dans cette édition 2026, Terres Inovia a actualisé l’ensemble de ses conseils et positions techniques, à l’instar des recommandations pour lutter contre le mildiou, les caractéristiques réglementaires des solutions préconisées, ou encore la liste des variétés évaluées dans le réseau Terres Inovia. Quant aux références économiques présentées, elles sont en phase avec les éléments de contexte actuel.
Le guide en version imprimée est également gratuit, seule une participation aux frais de port est demandée. Le guide de culture tournesol 2026 sera livré à partir du 23 février 2026.
Combiner les moyens pour désherber ses pois et féveroles de printemps
Les semis des pois et féveroles de printemps approchant, il est temps de prévoir votre stratégie de désherbage en fonction de la flore connue sur la parcelle.
Les semis des pois et féveroles de printemps approchant, il est temps de prévoir votre stratégie de désherbage en fonction de la flore connue sur la parcelle.
Une application en prélevée : une solution sécurisante
Dans les situations de fortes infestations en dicotylédones concurrentielles (gaillet, renouées, matricaire) ou difficiles à maîtriser uniquement en post-levée (éthuse, arroche, renouée des oiseaux), une stratégie « tout en prélevée » offre un choix de produits plus large pour sécuriser la culture, mais reste plus onéreux.
La prélevée doit s’effectuer au plus près du semis, sur des semences recouvertes de terre et un sol rappuyé, afin de limiter les risques de phytotoxicité. Excepté dans les sols battants, un roulage est conseillé afin de bien recouvrir la graine avant toute intervention.
Un sol frais au moment du traitement et une légère pluviométrie dans les jours qui suivent sont les conditions idéales pour une bonne efficacité. Dans le cas de relevées d’adventices ou d’efficacité insuffisante (sol sec), un rattrapage en post-levée est possible.
Pour rappel, la féverole possédant moins de solutions de rattrapage en post-levée que le pois, la prélevée est importante pour assurer une bonne maîtrise des adventices.
Une stratégie post-levée seule : Pression faible et flore connue
Dans le cas de parcelles à faible infestation et/ou de flore connue, le choix d’une intervention unique en post-levée peut être suffisant. Veiller à intervenir sur des adventices jeunes (stade cotylédon à 2-3 feuilles), dans des conditions poussantes et en dehors de fortes amplitudes thermiques.
Certains programmes peuvent se fractionner afin d'augmenter l'efficacité contre certaines adventices. Espacer alors les deux interventions de 10-15 jours minimum.
Un programme de prélevée et post-levée
Un programme complet (pré+post) permet de maîtriser de très fortes infestations ainsi que des levées échelonnées d’adventices tout en maîtrisant le coût de son désherbage. Les adventices les plus difficiles à contrôler orientent le choix du ou des produits appliqués en prélevée.
Pour maîtriser les coûts, appliquer le produit de prélevée à une dose inférieure à la dose homologuée (3/4 de celle-ci), puis appliquer en post-levée sur des adventices jeunes des produits à faible dose.
Pour rappel, les différents produits à base de pendiméthaline, imazamox et bentazone ne sont pas mélangeables. Leur application dans un même programme en post-levée doit se faire en 2 applications – se référer aux délais de rentrée des différentes spécialités pour recomposer l’association initialement visée.
Exemple de programmes pour la féverole de printemps
Exemples de programmes pour le pois de printemps
Rappel des règles d’utilisation de l’aclonifen (CHALLENGE 600 ou COLT/PAPEL) en pré et post-levée
*herbicide générique : CHANON, etc,..
P=pois
F=féverole
L=lupin
(1) : respecter un délai de 25 jours entre les 2 applications pour pois d'hiver, 15 jours pour pois de printemps
(2) : respecter un délai de 10 jours entre les 2 applications de postlevée
Gestion des graminées
Problématique montante dans les parcelles de protéagineux de printemps, la gestion des graminées constitue une difficulté majeure et ne doit pas être négligée. Les bases de pendiméthaline en prélevée telles que le NIRVANA S 3 l/ha et le PROWL 400 2l /ha présentent une efficacité modérée. Celle-ci peut être complétée par une association avec de l’aclonifen, Challenge 600 ou Colt à 2 l/ha.
Les anti-graminées foliaires peuvent être mobilisés en rattrapage de post-levée. Leur efficacité est extrêmement variable selon les situations de résistances des ray-grass/vulpin aux Fop et Dime.
Spectres d’action des produits sur pois
Spectres d’action des produits sur féverole
Désherbage mécanique : une solution efficace en conditions sèches
Avec des printemps parfois secs, le désherbage mécanique peut apporter une aussi bonne efficacité que certains programmes chimiques. Également, les stratégies mixtes associant prélevée chimique et post-levée mécanique sont des solutions efficaces si la météo est favorable. Elles sont moins onéreuses et faciles à mettre en œuvre, d’autant plus pour la féverole qui présente peu de solutions chimiques de rattrapage et se prête mieux que le pois au binage et à des passages mécaniques tardifs. Pour rappel, les interventions mécaniques gagnent en efficacité si elles s’effectuent avec 2 journées de beau temps avant et après.
Pois de printemps : le désherbage en plein (herse étrille ou houe rotative) et la bineuse céréales sont possibles tant que les vrilles ne sont pas trop développées (4-5 feuilles max).
Avant la levée : un passage de herse étrille est possible, à l’aveugle, dès que la portance du sol est suffisante, sur des adventices jeunes et donc faciles à détruire.
A partir d’1 feuille : la houe rotative est la plus sélective sur les pois à ce stade. Elle est particulièrement adaptée aux sols limoneux. Son efficacité est liée au stade des adventices (fil blanc à 2 feuilles maximum).
A partir de 2-3 feuilles : effectuer un passage avec la herse étrille avant le stade 5 feuilles. Ne plus intervenir dès que les vrilles du pois sont développées ; les risques de pertes de plantes par arrachage sont élevés.
Féverole de printemps : les passages mécaniques peuvent s’opérer jusqu’à tard, en particulier pour la bineuse, tant que la hauteur du couvert le permet. Généralement, passé 6 feuilles, le risque de casse de tige augmente. Si ce stade est atteint, il faut donc bien raisonner les interventions. Aux stades antérieurs, la herse étrille peut présenter de bons résultats sur des adventices jeunes. La houe rotative ayant une efficacité moindre est à réserver plutôt aux sols limoneux qui valoriseront sa fonction d’écroûteuse. L’intérêt de la bineuse est de pouvoir intervenir sur des adventices plus développées.
Pour les féveroles semées à grand écartement (>45cm), la combinaison d’un herbicide localisé sur le rang avec un binage réalisé en différé quand les pédoclimatiques sont idéales présentera une très bonne efficacité pour une charge maîtrisée.
► Stratégies de désherbage mécanique ou mixte de la féverole
(b.remurier@terresinovia.fr)
Arnaud MICHENEAU
(a.micheneau@terresinovia.fr)
Fanny VUILLEMIN
(f.vuillemin@terresinovia.fr)
Les listes recommandées soja et tournesol 2026 sont disponibles sur myvar
Terres Inovia met à votre disposition les listes recommandées pour les semis 2026 des cultures du tournesol et du soja. Nous remercions les partenaires qui participent chaque année à la mise en place de ces listes recommandées.
Terres Inovia met une nouvelle fois à disposition les listes recommandées pour les semis 2026 des cultures du tournesol et du soja. L'institut remercie les partenaires qui participent chaque année à la mise en place de ces listes recommandées. Ces listes régionalisées permettent aux producteurs de sélectionner les variétés les plus adaptées à leur contexte et leur bassin de production.
Arnaud VAN BOXSOM - a.vanboxsom@terresinovia.fr;
Emilie VERDOIS - e.verdois@terresinovia.fr
Soja : Quelques rappels sur l'inoculation pour la campagne 2026
L'inoculation : Une étape cruciale dans la réussite des Sojas
Le soja est une légumineuse dont la capacité à fixer l’azote présent dans l’atmosphère, nécessaire à sa croissance, repose sur sa capacité à s’associer avec diverses bactéries spécifiques, principalement du genre Bradyrhizobium. Ces partenaires symbiotiques ne sont pas naturellement présents dans les sols français. Il est donc nécessaire de les amener une première fois dans les sols par inoculation.
Les conditions d'une inoculation réussie
Afin de favoriser la nodulation, issue de l’association symbiotique entre plantes de Soja et bactéries fixatrices d’azote, et obtenir un nombre optimal de nodosités sur le système racinaire (au moins 10 par pied aux stades V3-R1) il convient de créer les conditions favorables à l’installation en nombre de bactéries viables et efficientes. Pour ce faire, plusieurs conditions doivent être satisfaites :
- Disposer d’un inoculum de qualité, sans contaminant, conservé dans les conditions mentionnées par le fabricant (températures fraîches et à l’abri de la lumière) avec une concentration adéquate d’une souche vivante et efficiente de Bradyrhizobium,
- Réaliser l’inoculation avec précaution, sans eau javélisée, à l’abri de la lumière et en allant semer en respectant les délais impartis entre inoculation et semis, dans le but de conserver la viabilité et l’efficience des bactéries,
- Réaliser le semis dans des conditions non-limitantes pour la nodulation (sol affiné en surface, nivelé et ressuyé sans être sec ; structure aérée, poreuse et exempte de tassements, semelles ou lissage ; éviter les sols à forte concentration en azote minéral).
Les diverses techniques d'inoculation
Pour inoculer une culture de soja, différents types d’inocula existent sur le marché français :
- Certains sont sous licence INRAE, contrôlés en termes de concentration en bactéries, d’identité de la souche, d’absence de contaminants et de stabilité des propriétés
D’autres produits sont sans licence, offrant moins de garanties pour leurs utilisateurs
1. Inocula commercialisés à base de Tourbe sur graine
La plus ancienne technique d’inoculation repose sur l’utilisation d’un inoculum sous forme de tourbe. Chaque sachet de tourbe doit contenir au moins 4*1011 bactéries pour garantir une concentration suffisante de bactéries par graine semée. Le contenu du sachet de tourbe est mélangé aux semences après ajout d’environ un litre d’eau non javélisée ou de lait. Il faut, une fois le mélange réalisé et conservé à l’abri de la lumière, semer dans un délai de 4 heures.
Cette technique initiale a été complétée par des additifs, le plus souvent des liquides osmo-protecteurs, permettant de limiter les pertes entre inoculation et semis et donc d’allonger le délai entre ces deux tâches.
Voici ci-dessous quelques exemples de spécialités commercialisées, avec des commentaires issus de l’expertise Terres Inovia, bâtie à la suite de séries d’essais sur le terrain :
Fabricant | Produit | Utilisation | Souche | Contrôle qualité INRAE | Avis Terres Inovia |
| AGRIFUTUR SARL | NITROGEN | Max 4h av. semis | G49 | Oui | Non testé TI |
| BASF | NPPL Force 48 | Max 48h av. semis | G49 | Oui | Très bon |
2. Inocula commercialisés à base de Tourbe sur micro-granulés d’argile
Il s’agit de mélanger le contenu du sachet de tourbe avec 10 kg de micro-granulés d’argile, opération plus facile et moins destructrice par rapport au mélange de 100 kg de semence. Cela aboutit en général à des nodosités mieux réparties sur l’ensemble du système racinaire et moins exposées aux alternances humectation/dessication. On obtient ainsi souvent des nodosités plus régulièrement fonctionnelles avec à l’issue des gains de rendement et/ou de teneur en protéine. Cette technique requiert l’utilisation du micro-granulateur présent sur les semoirs de précision.
| Fabricant | Produit | Utilisation | Souche | Contrôle qualité INRAE | Avis Terres Inovia |
| AGIFUTUR SRL | NITROGEN | Max 4h av. semis | G49 | Oui | Bon |
3. Inocula commercialisés liquides avec adjuvants
Sous format de flacon ou de bidon selon les quantités, ils permettent d’utiliser directement une solution bactérienne sans recours à la tourbe. Ces inocula sont utilisés avec un adjuvant servant de colle et de source carbonée pour une meilleure survie sur la graine, permettant ainsi une augmentation du délai inoculation-semis. Ils offrent de très bons résultats d’inoculation.
*Les souches SEMIA 5079 et 5080 sont issues de processus de sélection ayant eu lieu au Brésil, dans un contexte agropédoclimatique particulier et avec des objectifs très différents du contexte français. Alors que la stratégie brésilienne visait le déploiement de souches efficientes, robustes et très compétitives vis-à-vis des autres rhizobiums présents dans le sol, la position française s’est concentrée sur la sélection d’une souche stable et peu compétitive (souche G49), dans le but de faciliter l’inoculation de nouvelles bactéries en cas d’éventuel progrès génétique ou de perte d’efficience des supports actuels, ce que ne permettraient pas les souches sud-américaines.
| Fabricant | Produit | Utilisation | Souche | Contrôle qualité INRAE | Avis Terres Inovia |
| De Sangosse | Rhizoliq Top | Jusqu’à 10-12 jours | G49 | Oui | Très bon, leader du marché |
| Cerience | Vitalianz R Soja | Jusqu’à 2-3 jours | G49 | Oui | Très bien à 48h |
| Legume Technology Ltd. | Liquifix 120 | Jusqu’à 120 jours d’après Catelin-Logi-Fert | SEMIA 5079 SEMIA 5080 | Non | Déconseillé* |
| Legume Technology Ltd. | Liquifix | Jusqu’à 7 jours d’après Catelin-Logi-Fert | SEMIA 5079 SEMIA 5080 | Non |
4. Semences pré-inoculées en usine
Produits innovants, [QL1.1]mais techniquement difficiles à produire, du fait de la nécessité de maintenir en vie plus d’un million de bactéries par graine pendant 2 à 3 mois, durée moyenne des opérations entre le traitement et l’ensachage des semences jusqu’au semis. De plus, la surface de la graine constitue à priori un environnement hostile à la survie des bactéries qui ne sporulent pas. Il faut donc y associer un produit osmo-protecteur qui puisse également fournir une source carbonée pour sa survie.
Sur le marché, c’est BASF qui domine ce segment, avec le procédé HICOAT, dont la concentration en bactéries est, à ce jour, considérée comme faible par rapport aux concentrations recommandées par l’INRAE (5.105 contre minimum de 1.106 bactéries/graine). Les conditions de survie imposées aux bactéries font que le résultat de nodulation n’est pas toujours à la hauteur des inocula classiques. BASF ne préconise donc pas l’utilisation de graines avec pré-enrobage HICOAT sur des parcelles n’ayant pas porté de soja depuis plus de 5 ans.
| Fabricant | Produit | Utilisation | Souche | Concentration garantie | Avis Terres Inovia |
| BASF | Hicoat Super + Extender | Au semis | 532C | 5.105 Bactéries/grain | Pratique, mais à réserver aux parcelles ayant connu du Soja récemment |
Quand faut-il ré-inoculer ?
Une fois introduit par une première inoculation réussie, les rhizobiums survivent généralement très bien à des niveaux ne nécessitant pas une ré-inoculation ultérieure. Cependant, quelques exceptions existent, constituant des situations pour lesquelles une nouvelle inoculation est nécessaire :
Les sols calcaires avec présence de calcaire actif,
Les sols sableux (>35 % sables) pauvres en matière organique,
Les parcelles n’ayant pas porté de soja depuis de nombreuses années (> 5 ans)
Pour en savoir plus :
Soja : pourquoi et comment inoculer pour avoir un rendement optimal ?
Inoculation : les origines de cette pratique
Inoculation : tout savoir sur la réglementation
Bien préparer sa campagne soja – RTTI 2022
Exprimer le potentiel du soja – RTTI 2023
Rédaction :
Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement Sud-Ouest (ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées)
Emile LEREBOUR (e.lerebour@terresinovia.fr) – Chargé d’étude, nutrition des cultures
Emile LEREBOUR (e.lerebour@terresinovia.fr)
Les travaux de Terres Inovia sur le décorticage des graines de tournesol publiés dans OCL
Ce 21 janvier, la revue OCL a publié les résultats de Terres Inovia, obtenus après deux années d’expérimentation dans le cadre du projet Protour.
Ce 21 janvier, la revue OCL a publié les résultats de Terres Inovia, obtenus après deux années d’expérimentation dans le cadre du projet Protour.
Terres Inovia a montré que la facilité à décortiquer les graines de tournesol dépend d’abord des conditions de culture, surtout de l’eau disponible, et ensuite seulement de la génétique des variétés.
Ainsi, en testant 30 hybrides dans 8 environnements sur 2 années, il a été mis en évidence qu’environ la moitié de la variabilité du décorticage vient de l’environnement, tandis qu’un bon tiers est lié au matériel génétique.
Les résultats, issus du projet Protour, sont détaillés dans la revue OCL.
L’eau, un facteur clé à deux stades
Pendant la floraison, la satisfaction des besoins en eau de la plante joue sur le développement de la taille des enveloppes (péricarpe). Des coques bien développées sont favorables à la séparation coque-amande au décorticage. À l’inverse, lorsque l’eau est très abondante pendant le remplissage du grain, on observe la formation d’adhérences entre coque et amande lorsque ces deux tissus entrent en contact, ce qui rend le décorticage moins efficace pour l’industriel.
Les conditions favorables à des richesses élevées sont défavorables au décorticage
La corrélation négative entre ‘teneur en huile’ et ‘facilité de décorticage’ est confirmée, mais il n’y a pas de causalité directe entre ces deux paramètres. Les conditions favorables à des richesses élevées sont défavorables au décorticage, mais il reste possible de sélectionner des variétés qui peuvent atténuer cette tendance.
Le poids de mille grains et la densité apparente ont, eux, un pouvoir explicatif bien plus faible et ne suffisent pas à prédire le comportement des lots en trituration.
Ajuster l’itinéraire technique en fonction des objectifs industriels
Pour les agriculteurs, le message pratique est que la conduite de l’irrigation (ou la gestion du risque de stress hydrique) autour de la floraison est déterminante pour la qualité technologique des graines.
La sélection variétale peut améliorer l’aptitude au décorticage, mais le résultat final restera très dépendant des conditions météo et de la couverture des besoins en eau pendant la floraison et le remplissage, ce qui incite à ajuster l’itinéraire technique en fonction des objectifs industriels (rendement en huile, qualité du décorticage, valorisation des coproduits).
Pois et féveroles : les traitements de semences disponibles pour les protéger
Depuis le retrait du WAKIL XL en 2021 et deux campagnes avec un usage dérogatoire pour cette spécialité jusqu’en 2023, les semences de protéagineux sont sans protection spécifique face aux mildious. Que s’est-il passé depuis ? Quelles solutions sont désormais disponibles pour protéger les pois et féveroles ?
Depuis le retrait du WAKIL XL en 2021 et deux campagnes avec un usage dérogatoire pour cette spécialité jusqu’en 2023, les semences de protéagineux sont sans protection spécifique face aux mildious. Que s’est-il passé depuis ? Quelles solutions sont désormais disponibles pour protéger les pois et féveroles ?
Les mildious du pois (Peronospora pisi) et de la féverole (Peronospora viciae) sont deux pathogènes distincts qui peuvent occasionner des pertes de pieds à la levée et donc impacter le peuplement voire le rendement. Les agents de la fonte des semis sont quant à eux plus nombreux (genres Pythium, Fusarium, etc.) et peuvent être communs à ces deux cultures. Enfin, l’aphanomycès est un pathogène spécifique du pois protéagineux et particulièrement du pois de printemps, qui peut avoir un réel impact sur le rendement de la culture en entraînant la pourriture du système racinaire et ainsi la perte de pieds.
Combiner les leviers
A ce jour, aucune solution de traitement de semences n’est disponible pour lutter contre l’aphanomyces. Des règles simples de choix de parcelle en fonction de différents critères permettent d’éviter les situations à risque (outil Eva de Terres Inovia). Des variétés de pois de printemps plus tolérantes ont par ailleurs été inscrites et sont conseillées dans les parcelles faiblement contaminées pour sécuriser les rendements. Elles permettent d’envisager la culture du pois de printemps sur des parcelles à pression faible à modérée. Enfin, Terres Inovia poursuit l’évaluation de solutions de traitements de semences pour compléter la stratégie de gestion.
À la suite de l’interdiction de l’usage en plein champ du WAKIL XL, les pois et les féveroles avaient perdu leur unique solution de traitement de semences alors disponible. Avec son large spectre, le WAKIL XL permettait de sécuriser l’implantation de ces deux cultures en ayant une action à la fois anti-mildiou via le métalaxyl-M mais aussi une action anti-fonte des semis via le fludioxonil et le cymoxanil. Depuis 2021, le seul traitement de semences autorisé sur pois et féveroles était le PREPPER, à base de fludioxonil (voir encadré). Ce dernier n’a aucune action contre les mildious mais montre une efficacité contre les agents de la fonte des semis (Fusarium et Ascochyta).
Depuis 2023, une augmentation de la présence de mildiou a été observée sur pois protéagineux dans les réseaux BSV. L’augmentation constatée concerne les attaques primaires (c’est-à-dire à la levée de la culture) et montre bien la présence du pathogène dans les parcelles, où il peut se conserver jusqu’à huit ans. En moyenne 4,6 % de parcelles ont été déclarées touchées par du mildiou entre 2011 et 2023 (utilisation du WAKIL XL autorisée) contre 16 % en moyenne pour 2024 et 2025 (moyennes pondérées). Sans avoir de volonté d’explication statistique, ces chiffres mettent en avant une tendance sur les dernières années (figure 1) et le besoin d’une solution de gestion performante de cette maladie.
PREPPER : un usage limité
Attention, depuis 2025, Certis-Belchim a fait retirer l’usage de la spécialité PREPPER sur féveroles et ne cautionne plus cet usage. Il reste cependant disponible sur pois protéagineux et les autres cultures bénéficiant déjà d’une AMM.
Une dérogation pour un traitement de semences anti-mildiou
La demande de dérogation 120 jours (art53 REG 1107/2009) déposée le 2 juillet 2025 par Terres Univia et Terres Inovia au niveau des services du ministère de l’Agriculture – avec le soutien de Corteva – a reçu un avis positif.
La spécialité commerciale LUMISENA, traitement de semence efficace contre le mildiou, bénéficie donc d’un usage dérogatoire pour la campagne 2026 (Graines protéagineuses*Trt Sem*Champignons (pythiacées)). Les semences traitées sont utilisables du 15/11/2025 au 15/03/2026 (120 jours) uniquement pour le pois protéagineux et la féverole (printemps et hiver).
Retrouvez tous les articles des éditions d'Arvalis & Terres Inovia infos ici : https://www.terresinovia.fr/fr/actualites/consultez-le-dernier-numero-darvalis-terres-inovia-infos-6
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Légumineuses de printemps : surveiller les thrips, sitones et pucerons dès la levée
Les semis de pois, féveroles, lupin et lentille se préparent. Alors il est temps de se réapproprier les méthodes d’observations, les seuils et les interventions possibles.
Les semis des pois, féveroles, lupins et lentilles se préparent. Alors il est temps de se réapproprier les méthodes d’observations, les seuils et les interventions possibles.
Chaque ravageur possède ses préférences, qu’il s’agisse des stades ou des organes de la plante visés. L’observation assidue de la parcelle permet d’intervenir à bon escient, sans oublier que la présence des auxiliaires est de bon augure.
Le sitone, le ravageur toujours ponctuel
Le sitone est un charançon de grande taille, de couleur gris verdâtre à brun-rouge. Actif à partir de 12°C, la présence de l’adulte dans les parcelles se traduit par des encoches semi-circulaires sur le bord des feuilles. Cette activité d’alimentation n’est pas nuisible. En revanche, les larves détruisent les nodosités (photo ci-dessous), ce qui compromet l’alimentation en azote des légumineuses. Les larves étant non atteignables, la lutte vise les adultes.
Pois de printemps : surveiller les parcelles de la levée jusqu’au stade 6 feuilles. Intervenir à partir de 5 à 10 encoches par plante sur les premières feuilles émises. Maintenir la surveillance et réintervenir si le seuil est à nouveau dépassé sur les jeunes feuilles émises avant 6 feuilles.
Féverole, lentille et lupin : la présence de nombreuses encoches sur l’ensemble des étages foliaires avant 6 feuilles peut justifier une intervention. Pour la lentille, dont les feuilles sont petites, surveiller les racines pour voir les attaques des larves sur les nodosités.
Si les seuils sont atteints, un traitement à base d’un pyréthrinoïde homologué est recommandé. L’intervention sera d’autant plus efficace que les sitones sont actifs (temps ensoleillé, sans vent). Ne plus intervenir au-delà de 6 feuilles. L’application de ce pyréthrinoïde sera également efficace sur les thrips ou pucerons.
Le thrips, le ravageur discret
Le thrips est un insecte de 1 mm brun foncé et de forme allongée, difficilement observable directement sur les plantes. Il est actif dès que la température atteint les 7-8°C. Il pique les plantes pour se nourrir et injecte alors une salive toxique, ce qui induit le nanisme des plantes, la crispation des feuilles avec des tâches jaunes et brunes, de nombreuses ramifications. La nuisibilité des thrips est accentuée si la plante est jeune et peu poussante.
Pois de printemps : surveiller de la levée au stade 6 feuilles. Intervenir si l’on dénombre 1 thrips par plante en moyenne.
Lupin et lentille : surveiller de la levée à 6 feuilles pour le lupin et 4 feuilles pour la lentille. Intervenir en cas de forte présence.
Comme pour les sitones si un traitement est nécessaire, utiliser un pyréthrinoïde homologué. L’application de ce pyréthrinoïde est aussi efficace sur les sitones ou pucerons.
Le puceron, attention en cas d’hiver doux
Le pois et la lentille peuvent être colonisés par le puceron vert du pois (Acyrthosiphon pisum), qui présente une couleur verte à rose et se cache souvent sous les feuilles et dans les nouvelles feuilles émergentes et plus tard dans les boutons floraux.
Féverole : elle est plutôt colonisée par le puceron noir de la fève (Aphis fabae), qui s’agglutine en manchons de plusieurs centimètres sur les tiges et est bien visible. Le puceron vert du pois Acyrthosiphon pisum peut aussi être observé en fin de cycle.
Lupin : il peut être colonisé par Macrosiphon albifrons, gros puceron bleu-vert-gris spécifique des plantes du genre Lupinus, mais dont la présence en parcelle est rare.
Les pucerons ponctionnent la sève et transmettent des virus. Ces viroses sont d’autant plus nuisibles qu’elles infectent les plantes avant la floraison. Le puceron vert est souvent caché et peu visible par sa couleur verte. Pour mieux l’observer, il suffit de prélever des plantes et de les secouer au-dessus d’une feuille blanche.
Les seuils d’intervention varient selon la culture, le stade et le type de puceron (voir encadré ci-dessous). Avant toute intervention, rester attentif à : la présence d’auxiliaires (coccinelles, syrphes…) qui permettent de réguler les populations de pucerons ; la météo.
Pucerons : les clefs pour agir au bon moment
En cas d’arrivée précoce des pucerons avant la floraison et le risque de transmission de viroses, il est préférable de limiter le développement des populations avec des pyréthrinoïdes pour conserver TEPPEKI/AFINTO pour les applications plus tardives et sur des infestations fortes ou en cas d’efficacité insuffisante des pyréthrinoïdes. L’efficacité des pyréthrinoïdes est insuffisante sur une végétation en pois ou lentille développée avec des pucerons cachés sous les feuilles ou dans les boutons floraux ou en féverole sur des manchons de pucerons.
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Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr
Réussir l’implantation des pois et féveroles de printemps
Les semis des protéagineux de printemps débutent dès fin janvier en Poitou-Charentes/Vendée et s’étaleront jusqu’à mi-mars sur l’ensemble des bassins de production de la moitié nord. L’implantation est une étape clé pour assurer le bon développement de la culture et son futur potentiel de rendement.
Choisir sa parcelle
Les protéagineux de printemps sont sensibles au stress hydrique de fin de cycle (floraison à remplissage), il faut éviter de les implanter en sols séchants et superficiels. En conduite pluviale, les sols profonds sont donc à privilégier avec une réserve utile idéalement de 150 mm et plus (>100 mm à minima). Attention également aux argiles lourdes et limons hydromorphes, pouvant compliquer leur implantation.
Les parcelles saines d’aphanomyces sont à privilégier pour implanter un pois de printemps. L’Aphanomyces étant la maladie tellurique la plus préjudiciable sur le pois (pertes de rendement importantes), le risque doit être évalué avant l’implantation (évaluer le risque avec l’outil EVA de Terres Inovia). La féverole n’est pas concernée par la maladie.
Préparer une structure favorable aux nodosités
L’objectif est d’obtenir une bonne structure de sol pour assurer l’enracinement du pois et développer les nodosités. Le lit de semences doit être meuble sur les 8-10 premiers centimètres du sol pour favoriser un bon contact sol/graine et une levée rapide. Une structure poreuse sur les 15-20 premiers centimètres permettra aux nodosités et radicelles de se développer correctement. Le pois est très sensible aux asphyxies racinaires, les zones compactes doivent être évitées afin de favoriser le ressuyage.
En cas de mauvais nivellement ou de sol refermé durant l’hiver, une reprise sur 5-10 cm est conseillée avant toute implantation. Pour les sols à risque de battance, ne pas hésiter à laisser quelques mottes en surface (2-3 cm). Un roulage est conseillé (hors sol battant) pour assurer le contact sol-graine et protéger de la phytotoxicité des herbicides.
Date de semis, profondeur et densité
Les dates de semis des protéagineux de printemps sont à adapter à la zone géographique. En Poitou-Charentes et en Vendée, les semis peuvent démarrer dès fin janvier si le sol est bien ressuyé et si des températures gélives fortes ne sont pas attendues dans les 2 à 3 jours qui suivent le semis (gel possible des graines lors de l’imbibition). À noter qu’il est possible de semer sur sol gelé, la graine s’imbibera une fois la phase de gel passée. Si les conditions de portance le permettent, favoriser les semis précoces, qui permettent de diminuer l’exposition de fin de cycle des protéagineux aux stress climatiques (hydrique, thermique).
En termes de réglementation et d’usage des herbicides, les protéagineux semés avant le 01/02 sont considérés comme des protéagineux d’hiver, et à partir du 01/02 comme des protéagineux de printemps (peu importe le type variétal, « hiver » ou « printemps »). Certaines solutions disponibles en pois d’hiver ne le sont pas en pois de printemps et inversement. La date de semis est donc à prendre en compte dans la stratégie de désherbage.
Semer à 4-5 cm de profondeur les pois et 6-7cm pour les féveroles. Attention à ne pas semer trop dense, au risque de surinvestir le poste de semences et de favoriser les maladies foliaires et la verse en fin de cycle. Dans le cadre d’utilisation de graines de ferme, un test de germination est fortement recommandé pour bien maîtriser son peuplement.
Doses de semis selon le type de sol et le PMG des graines de pois de printemps :
Sol limoneux | Sol argileux ou caillouteux | Sol de craie | |
70 à 80 graines/m² | 90 graines/m² | 105 graines/m² | |
PMG 230 g | 160 à 180 kk/ha | 205 kg/ha | 240 kg/ha |
PMG 260 g | 180 à 210 kg/ha | 235 kg/ha | 275 kg/ha |
Conseils pour un taux de germination de 90%
Doses de semis selon le type de sol et le PMG des graines de féveroles de printemps :
Sol limoneux | Sol argileux ou caillouteux | |
40 à 45 graines/m² | 45 à 50 graines/m² | |
PMG 400 g | 160 à 180 kg/ha | 180 à 200 kg/ha |
PMG 450 g | 180 à 200 kg/ha | 200 à 225 kg/ha |
Conseils pour un taux de germination de 90%
Le pois s’adapte à des écartements de 12 à 35 cm. La féverole peut se semer de 17 à plus de 45 cm d’écartement. Les semis au monograine permettent de diminuer la densité de 5 grains/m² et d’envisager des stratégies de binage.
Fertilisation
Aucun apport d’engrais azoté n’est nécessaire : les protéagineux sont autonomes pour leur nutrition azotée grâce à la fixation symbiotique de l’azote atmosphérique.
Le pois et la féverole sont moyennement exigeants en phosphore et potasse. Cependant, ces éléments restent essentiels au bon développement de la plante et des nodosités. La dose est à raisonner en fonction des exportations, de la teneur du sol en P et K et du nombre d’années sans apport.
Doses moyennes conseillées | Pois | Féverole | |
| Phosphore | Pailles non exportées | 55 | 60 |
| Pailles exportées | 65 | 60 | |
| Potasse | Pailles non exportées | 85 | 70 |
| Pailles exportés | 145 | 100* | |
Doses conseillées en kg/ha pour un rendement de 55q/ha en pois et 40 q/ha en féverole
* seulement si sol pauvre, autrement pas de compensation supplémentaire
Choisir sa variété
Consultez la synthèse variétale Pois de printemps (graines jaunes) 2025 et la synthèse féverole de printemps sur le site myvar de Terres Inovia.
Solana Vera - s.vera@terresinovia.fr - Ingénieure de développement zone Centre & Ouest
Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr - Référent protéagineux zone Centre & Ouest
Tournesol sauvage : faire front commun pour en venir à bout !
Toujours d’actualité, cette adventice nécessite que les actions soient menées tôt dans la parcelle afin d’en maîtriser l’infestation. Les VTH font partie de l’arsenal de lutte, mais d’autres leviers méritent l’attention de tous afin de coordonner la gestion à l’échelle globale.
Toujours d’actualité, cette adventice nécessite que les actions soient menées tôt dans la parcelle afin d’en maîtriser l’infestation. Les VTH font partie de l’arsenal de lutte, mais d’autres leviers méritent l’attention de tous afin de coordonner la gestion à l’échelle globale.
Caractérisé par un port buissonnant, une polyflorie (nombreux capitules de petite taille), une hauteur souvent supérieure à 2 m et la plupart du temps une tige ou des pétioles anthocyanés (avec une teinte rougeâtre), le tournesol sauvage reste une menace à ne pas négliger. Des solutions en cultures existent, elles doivent être préservées et s’inscrire dans le cadre d’une gestion globale.
Les caractéristiques du tournesol sauvage permettent de le distinguer du tournesol cultivé. En revanche, les confusions sont fréquentes avec les tournesols ornementaux, issus d’un croisement entre une lignée et un tournesol ornemental à proximité de la parcelle de multiplication de semences. Tournesol sauvage et tournesol ornemental sont considérés comme des tournesols adventices.
La polyflorie, un faux indice !
Attention à ne pas confondre les tournesols adventices avec des repousses de tournesol cultivé ayant une polyflorie, ces dernières étant systématiquement sur l’inter-rang, de hauteur comparable au tournesol cultivé et sans coloration rougeâtre. Par ailleurs, en réaction à un stress, certaines plantes de tournesol cultivé peuvent également présenter un caractère polyflore, mais restent d’une hauteur comparable aux autres tournesols et sans coloration rougeâtre.
Des précautions pour assurer la pérennité des VTH
Apparu en 2005 sur le territoire français, les tournesols adventices sont toujours signalés dans 10 à 15 % des parcelles enquêtées annuellement par Terres Inovia à l’échelle du territoire national (échantillon moyen annuel de 519 parcelles enquêtées). L’essentiel des signalements correspond à des pieds isolés, le plus souvent sur le rang, preuve d’une néo-infestation des parcelles dont l’origine est liée au lot de semences employées.
La déhiscence prématurée des graines engendre une forte augmentation du stock semencier en l’absence de moyens de gestion. Une situation de néo-infestation non maitrisée, peut rapidement évoluer vers des foyers puis des infestations partielles ou totales. La concurrence exercée sur le tournesol cultivé peut se traduire par une perte de rendement qui dépasse 50 % du potentiel et altérer la teneur en acide oléique.
En l’absence de problématique connue sur la parcelle, identifier dès que possible les tournesols « hors types ». Si ces individus présentent les caractéristiques d’un tournesol adventice (couleur rougeâtre sur pétiole et au centre du capitule, taille significativement supérieure, polyflorie avec difficulté pour identifier un capitule principal), il faut alors détruire les plantes. Si des graines sont déjà formées sur l’un des capitules, il est nécessaire de sortir les plantes de la parcelle.
Si la problématique est déjà connue, avec une présence moyenne à forte, les variétés tolérantes aux herbicides (VTH) sont indispensables, avec une application impérative de l’herbicide associé. Aucune zone de la parcelle ne doit rester sans traitement.
Le risque de croisement avec un tournesol d’une VTH est préoccupant. Les travaux menés en 2008 par Terres Inovia avaient mis en évidence le risque avéré de transmission du caractère VTH en présence de tournesols sauvages au sein d’une parcelle cultivée avec une VTH. Tandis que les solutions de désherbage développées sur VTH (SX, Clearfield ou Clearfield Plus) demeurent les seules efficaces contre les infestations de tournesols adventices en végétation, l’acquisition de la résistance à ces solutions par l’adventice rendrait la lutte impossible. Il est donc impératif d’appliquer l’herbicide associé en début de cycle, afin de prévenir tout risque de croisement en cas de contamination du lot de semences.
Agir pour assainir la parcelle
Après une infestation, il est recommandé d’éviter le labour, afin de laisser les graines en surface, lesquelles seront ainsi soumises aux contraintes climatiques, ce qui altérera leur potentiel germinatif. Les faux-semis avant les cultures de printemps ainsi que le déstockage par un déchaumage aussitôt après la récolte des cultures d’automne sont utiles à moyen terme s’ils sont répétés dans les différentes intercultures. La répétition des passages pendant l’été ne présente en revanche pas d’intérêt. Dans la mesure où la dormance des tournesols sauvages est plus profonde que celle des tournesols cultivés, l’effet d’un déstockage d’automne après la récolte du tournesol sera inutile. Sur la dernière interculture avant le prochain tournesol, un labour profond avec retournement peut s’envisager, pour repartir sur une situation assainie. Dans le cas contraire, privilégier un décalage de la date de semis et une destruction des individus levés au glyphosate.
La gestion efficace des tournesols sauvages implique tous les acteurs de la filière, pas uniquement les agriculteurs mais aussi le conseil et la distribution ainsi que les semenciers (meilleur contrôle des lots de semences).
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