Désherbage mécanique ou mixte du pois

Intervenir avant et après la levée

Le désherbage mécanique est surtout pratiqué en bio ; il peut cependant être utilisé en conventionnel en complément du désherbage chimique.

Pour cela, il sera nécessaire de réaliser 2 à 3 passages avec la herse étrille ou la houe rotative :

Herse étrille sur pois de printemps (à gauche) et houe rotative (à droite).

De manière générale, intervenir sur sol ressuyé et par temps séchant sur adventices jeunes ; privilégier la herse étrille qui est sensiblement plus efficace que la houe rotative qui n’arrache que les adventices très jeunes (surtout stade fil blanc). En revanche, si le sol est plutôt battant préférer la houe rotative qui pénètrera mieux dans le sol que la herse étrille et jouera son rôle d’« écroûteuse ».

Avant la levée : un passage de herse étrille ou de houe rotative à l’aveugle, dès que la portance du sol est suffisante, est intéressant car les adventices sont très jeunes et donc faciles à détruire. Cependant, le stade germination étant très sensible à l’écrasement des roues, intervenir en prélevée que si nécessaire (levée d’adventices) et préférer des outils larges pour diminuer la surface des passages de roues.

Après la levée : un ou des passage(s) avec la herse étrille (ou la houe rotative) entre les stades 2 et 5 feuilles sont envisageables (et même nécessaires car souvent le passage à l’aveugle ne suffit pas). Il est conseillé de cibler l’intervention après et avant 2-3 jours de beau temps pour une meilleure efficacité. Il ne faut plus intervenir dès que le pois a des vrilles bien développées. Sinon, les risques d’arracher des pieds sont élevés. De plus, en créant un espace nu ces pertes de plantes peuvent favoriser le développement des adventices à cet endroit.

Stades de passage des outils de désherbage mécanique sur pois de printemps

 

Les pertes de pieds de pois sont plus faibles avec la houe rotative (qui est plus sélective de la culture) qu’avec la herse étrille. Cependant, ces pertes avec herse étrille sont raisonnables si on intervient sur un pois levé et pas trop développé, et aucun impact sur le rendement n’a été décelé dans nos essais. Pour plus de prudence, il est possible de semer le pois légèrement plus densément (pas plus de 10%). Pour trouver le bon compromis entre une bonne sélectivité pour la culture et une bonne efficacité sur les adventices, régler l’agressivité de la herse (inclinaison des dents et 3ème point) en faisant des tests sur un bout de champ.

Dans le passage de roues, les pertes de pieds dues à l’écrasement du tracteur sont estimées à 22% quelque soit l’outil et quel que soit le stade. A titre d’exemple, une herse de 3m entrainera donc 4,5 % de pertes sur toute la surface par écrasement des roues tandis qu’une herse de 12m engendrera 1% de pertes de pieds sur toute la surface à cause du passage de roues. C’est le 1er passage d’outils qui est le plus néfaste au pois dans le passage de roues ; le stade germination est particulièrement sensible.

Passage de roues marqué dans un pois de printemps désherbé mécaniquement en expérimentation

Passage de roues marqué dans un pois de printemps désherbé mécaniquement en expérimentation

Raisonner par stratégies

Il est bien entendu possible d’associer (voire d’alléger) les programmes herbicides aux interventions mécaniques. Les deux types de techniques sont complémentaires et facilitent la réduction de l’IFT. Par exemple, une application de Challenge + Basagran en post-levée peut être combinée à des passages mécaniques à l’aveugle ou de début de cycle (lorsque les adventices sont encore jeunes pour être sensibles à la herse étrille et à la houe rotative et que le pois n’a pas encore de vrilles bien développées risquant de s’accrocher aux outils). L’efficacité de ces itinéraires mixtes s’est révélée intéressante dans nos essais (meilleure qu’un désherbage mécanique seul et qu’un désherbage chimique seul), en particulier ceux avec la herse étrille réalisée entre 2 et 5 feuilles du pois suivie du traitement Challenge + Basagran.
Les années sèches, cette modalité mixte donne des efficacités intéressantes (de plus de à 90% sur renouée liseron 6 pl/m² dans le dernier essai réalisé dans le Berry et financé par cap protéines) et supérieures à la référence tout chimique.

 

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Accidents climatiques de la féverole : resemis, destruction, remplacement

Resemis de la féverole

problème de levée de la féverole peut se traduire par un peuplement hétérogène en-dessous de l’optimum. Cette situation est propice au salissement de la parcelle à la fin du printemps. Un resemis peut être envisagé si les pertes sont élevées.

 

Destruction de la féverole

Observer les parcelles et le peuplement

Avant de s’interroger sur un éventuel retournement de la culture de féverole, observer les parcelles et le peuplement est incontournable. L’émission de nouvelles feuilles sur la tige principale et/ou de nouvelles ramifications partant des deux premières écailles est encourageante. Les plantes deviennent noires quand elles gèlent.

Seuils de retournement

En féverole d’hiver, les références sont moins nombreuses qu’en pois. Compter sur 8 à 10 plantes/m² étant donné la forte capacité à ramifier. Mais un faible peuplement implique un salissement de la parcelle. L’utilisation d’un dessicant (RÉGLONE 2) avant la récolte risque de s’imposer.

 

Remplacement de la féverole

Après une féverole accidentée, comme après un pois ayant subi des dégâts, il est envisageable de procéder à une culture de remplacement sous certaines conditions.

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Accidents climatiques de la féverole : excès d'eau

Situations à risque

Si le sol est saturé en eau et qu’elle ne s’évacue pas rapidement, la féverole s’asphyxie. Elle est toutefois moins sensible que le pois à l’excès d’eau.

Les zones à risques sont : les parties basses des parcelles, les mouillères, les sols hydromorphes et sensibles à la battance.

 

Symptômes observés

Pourrissement des semences et absence de levée

Lorsque les semences se retrouvent dans un sol gorgé d’eau, elles s’asphyxient et pourrissent. La levée est impossible.

Levée hétérogène

Plus la phase semis-levée est longue, plus la féverole est exposée aux risques de battance dans les sols à risque. Dans les jours qui suivent le semis, des conditions humides sont à l’origine d’accidents de levée.

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Accidents climatiques de la féverole : sécheresse et températures élevées

Symptômes de coup de chaud sur féverole

Symptômes de "coup de chaud" sur féverole.

Températures > 25°C

L’effet des fortes températures sur le rendement en féverole de printemps devient significatif à partir de plusieurs jours au-delà de 25°C.

Lorsque la température maximale dépasse 25°C, pour chaque tranche de 10°C cumulés au-delà de ce seuil on observe une perte de rendement d’environ 2 q/ha en sol superficiel et 3 q/ha en sol profond (références acquises en situations bien alimentées en eau).

Stress hydrique

Le rendement de la féverole de printemps est corrélé à la consommation totale en eau du stade 2 feuilles à la récolte (résultats obtenus sur des plantes n’ayant pas subi de fortes températures). Un déficit hydrique de 100 mm peut faire perdre environ 20 q/ha.

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Accidents climatiques de la féverole : gel et basses températures

Les situations à risque

La résistance de la féverole – notamment d’hiver – au froid dépend de critères :

  • agronomiques : la variété, le niveau d’endurcissement, les stades de développement et la profondeur de semis ;
  • environnementaux : la rigueur des températures, la date d’arrivée du froid et les conditions du milieu (en particulier le taux d’humidité du sol) au moment du gel.

 

Variété et résistance au froid

Selon la région de culture, la variété de féverole choisie doit être résistante au froid et avoir une bonne aptitude à ramifier.

La résistance maximale au gel de la féverole d’hiver est inférieure à celle du pois d’hiver. Elle peut être estimée aux alentours de -12°C pour les variétés les plus résistantes. Les dégâts sur féverole sont importants lorsqu’une gelée arrive brutalement après une période de températures douces. La plante n’a alors pas eu le temps de s’acclimater.

 

Profondeur de semis

Féverole d’hiver : pour assurer une meilleure résistance au gel, il est préconisé de semer à 7-8 cm de profondeur.

Féverole de printemps : lorsqu’elle est semée début février, viser 6-7 cm de profondeur pour limiter le risque de gel en cours de germination. Après le 20 février, semer à 5 cm de profondeur est suffisant.

 

Date de semis et stades de développement

Le semis doit être réalisé durant la plage optimale. Les variétés de féverole d’hiver semées trop tôt atteignent un stade trop avancé à l’arrivée du froid. Les risques de dégâts de gel sont alors importants.

Avant la levée, les semences de féverole en phase d’imbibition (pénétration de l’eau dans les graines) sont sensibles au gel : les départs de germes sont faibles ou, pire, la levée est inexistante.

En cas d’hiver doux, la féverole d’hiver risque d’être très développée et peu endurcie au froid. Si les températures chutent brutalement en janvier/février, les dégâts pourront être importants (pertes de pieds voire retournement de la parcelle dans les situations extrêmes).

 

Les symptômes observés

Noircissement des plantules

Le gel provoque la formation de glace à l’intérieur et à l’extérieur des cellules de féverole. La plante présente des lésions et l’entrée des agents pathogènes est facilitée. La plantule noircit et meurt.

Émission de ramifications

En féverole d’hiver les ramifications peuvent prendre le relais et remplacer la destruction d’une tige principale.

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Stratégie de lutte contre les adventices pour le lin d’hiver – campagne 2023-2024

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​​​​​​​Lin d’hiver : le programme de désherbage antidicotylédones

La lutte contre les dicotylédones pour le lin d’hiver se base désormais sur des produits à base de metsulfuron-methyl (ALLIE SX) et de bifénox (FOX). Le stade des adventices lors de l’intervention est primordial, il est conseillé de viser le stade jeune de l’adventice (stade cotylédons, à 4 feuilles).

FOX est utilisable sur lin oléagineux à l’entrée de l’hiver. A la dose de 1 l/ha, il est efficace sur véroniques sp., pensée des champs, fumeterre, ou encore coquelicot (dont résistant aux inhibiteurs de l’ALS, comme les sulfonylurées). La dose peut même être réduite à 0,5 l/ha sur véroniques et pensées lorsqu’il est associé à ALLIE SX. Il est important de respecter les conditions d’emploi.

FOX : Appliquer à partir du stade 5 cm du lin ET 50 jours après semis. Efficacité conditionnée par le stade des adventices. Doit être appliqué sans adjuvant et sur feuillage sec. Ne pas mélanger avec un anti-graminées foliaire. Eviter les périodes où un gel peut suivre l'application de quelques jours (4-6 jours). Eviter des amplitudes thermiques supérieures à 15°C dans les 3 jours qui suivent. Ne pas utiliser en sortie d'hiver.


ALLIE SX 15g/ha, offre un spectre assez complet avec des bonnes efficacités sur crucifères, coquelicot, géraniums et matricaire. On note encore une efficacité moyenne à bonne sur laiteron et seneçon (LONTREL pourra compléter l’efficacité au printemps. Une telle application sera insuffisante sur gaillet, fumeterre et véroniques.

Terres Inovia a aussi expérimenté l’association ALLIE SX 15 g/ha + FOX 0,5 à 1 l/ha. Lorsque les conditions d’application de FOX sont respectées, l’addition d’ALLIE SX ne vient pas modifier la sélectivité de FOX. Cette association n’est pas couverte par les firmes mais peut se faire sous la responsabilité du producteur. Elle permet un spectre très complet à l’entrée de l’hiver. FOX renforce la faible dose d’ALLIE SX (à seulement 15 g/ha) sur crucifères, coquelicot (surtout en cas de résistance), fumeterre, géranium et jonc des crapauds. Cette association est également très efficace sur véronique et pensée (défaut d’ALLIE). L’association avec 1 l/ha de FOX apporte une légère efficacité sur gaillet (comparativement à ALLIE SX seul qui ne permet pas de limiter l’adventice). En forte infestation, le recours à GRATIL est nécessaire en sortie d’hiver, en complément de l’association ALLIE SX + FOX.

Il est possible, réglementairement, de monter la dose d’ALLIE SX à 25 g/ha pour des usages en sortie d’hiver, jusqu’à 20 cm du lin maximum. Mais en cas de fortes infestations de véroniques, préférez l’application d’entrée hiver avec l’association FOX + ALLIE SX.

L’association de FOX avec GRATIL, à 5 cm du lin, est possible (et cautionnée par la firme ADAMA), sur la base des doses maximales /ha suivantes : Fox 1 l/ha + Gratil 20 g/ha. Ce mélange permet de renforcer l’action de FOX sur gaillet et crucifères (capselle, repousses de colza, ravenelle, sanve). Sans être totalement efficace, GRATIL à 20 g/ha présente aussi un intérêt sur rumex dont les biomasses sont réduites. Si l’application de GRATIL peut être reportée en sortie hiver, ce n’est pas le cas de FOX.

Reste enfin l’option LONTREL (100 ou SG) en sortie d’hiver, pour gérer des chardons des champs, le chardon marie, des laiterons, des matricaires, des séneçons, en plein ou en tir à vue. C’est un complément intéressant sur bleuet. Enfin, c’est le seul herbicide capable de maîtriser des levées de printemps d’ambroisie.

Post-levée précoce
​​​​​​​Stade adventices juvéniles Stade 5 cm du lin et 50 jours après le semis
Cout en €/ha

Rattrapage sortie hiver
​​​​​​​Reprise de végétation de la culture des adventices
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Si nécessaire

Cout en €/ha
ALLIE SX 15 g/ha + FOX 0.5 à 1 l/ha 35 à 41 € Gaillet GRATIL 0.04 kg/ha 18€
Chardons, laiterons, matricaires, séneçons LONTREL SG ou 100 pleine dose + huile (possible localisé sur ronds) 39€
Rattrapage antigraminées si nécessaire


En lin d’hiver : attention à la sensibilité au gel des antigraminées foliaires
En situation de forte infestation de graminées et/ou présence de graminées résistantes, réalisez un désherbage de pré-semis incorporé avec Avadex 480, dont l’efficacité avoisine 60-80 % lorsque l’application est réalisée sur sol frais. Cette base peut être complétée en végétation par un antigraminées foliaire, dans le cas où les ray-grass et/ou vulpins sont encore sensibles.
Noter que les efficacités fortement affectées par la résistance aux inhibiteurs de l’ACCase (“fop”, “dime” et “den”) sont parfois meilleures pour la cléthodime. Mais la fréquence de la résistance progresse, d’où l’intérêt de l’application en pré-semis, parfois la seule façon de contrôler les graminées.

Une autre donnée doit aussi être prise en compte, celle de l’augmentation de la sensibilité des lins au gel après passage d’un anti-graminée foliaire (AGF) à l’automne :

  • Dans les zones à hivers froids (Centre, Nord et Est), éviter autant que possible l’usage d’un AGF avant la sortie hiver.
  • Dans les zones à hivers plus doux (Sud-Ouest, Ouest), l’application d’un AGF à l’automne est envisageable, seulement en cas de concurrence précoce.
  • D’une manière générale : mieux vaut positionner l’AGF en sortie d’hiver.
 

Présemis
incorporé

Antigraminées foliaires de post-levée Commentaires Coût(€/ha)
Très forte infestation de ​​​​​​​graminées et/ou graminées résistantes Lin oléagineux d'hiver déconseillé
Moyenne à forte infestation de graminées

AVADEX 480
​​​​​​​3 l/ha

AGF si nécessaire
Ex : CENTURION 240 EC/OGIVE Vxt 0,5 l/ha + huile

En non-labour : faux semis. Ne pas travailler le sol au dernier moment, et glyphosate juste avant semis.

En zone à hiver froid : privilégier des applications d'AGF en sortie d'hiver. Sensibilité au gel accrue, d'autant plus avec l'emploi de produit antidicotylédones avant.

70-80 €/ha
Faible infestation de graminées - AGF si nécessaire 30 €/ha


​​​​​​​Les autres leviers de gestion de l’enherbement

Tous les leviers agronomiques doivent être mobilisés, autant que possible, pour mieux contrôler le salissement des lins : rotations longues et diversifiées, labour tous les 3 à 4 ans dans la rotation, déchaumages, semis en bonnes conditions.

Le désherbage mécanique est aussi une possibilité. En tendance, contrairement à ce que nous observons sur d’autres cultures, la herse étrille est moins agressive que la houe rotative sur lin oléagineux. Son efficacité reste limitée sur graminées.
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La principale difficulté dans la mise en œuvre du désherbage mécanique sur lin oléagineux réside dans le nombre de fenêtres climatiques disponibles, parfois très réduit à partir de la mi-octobre. Des travaux sont prévus pour les prochains semis afin d’évaluer l’intérêt de la herse étrille en aveugle, c’est-à-dire en prélevée de la culture, donc sur fin septembre-début octobre.

La mise en pratique de ces leviers est détaillée dans le guide lin édition 2022

Zoé Le Bihan - z.lebihan@terresinovia.fr - Référente lin et lentilles zone Centre & Ouest
​​​​​​​Franck Duroueix - f.duroueix@terresinovia.fr - Responsable évaluation des intrants

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Gestion des adventices en lin : se baser sur des méthodes agronomiques

Le lin est une plante peu couvrante et sensible à la concurrence des adventices. Une parcelle propre est donc indispensable pour obtenir de bons rendements, faciliter la moisson et éviter des récoltes trop humides et sales dépassant les normes commerciales (9 % humidité, 2 % impuretés).

gestion des adventices dans le lin

Anthémis élevée dans un jeune lin

Privilégier les rotations longues et diversifiées

Cela permet l’alternance de cultures d’hiver et de printemps qui crée une rupture efficace du cycle des adventices et une utilisation plus diversifiée des familles chimiques.

Réaliser un labour tous les 3 à 4 ans dans la rotation

En cas de difficultés liées aux graminées, le labour occasionnel permet de diminuer le stock semencier de certaines espèces (efficace sur bromes, vulpin, ray-grass). Dans les situations pour lesquelles les faux-semis sont impossibles ou difficilement mis en œuvre, le labour permet de lutter efficacement contre les repousses.

Déchaumages

Il est souhaitable de réaliser plusieurs déchaumages superficiels après récolte du précédent pour permettre un déstockage des graines d’adventices (faux-semis), favoriser la dégradation des résidus de récolte et réduire la présence de ravageurs. Attention à l’affinage excessif du lit de semences qui augmente les risques de battance en sols limoneux, ainsi qu’au tassement du sol auquel le lin est très sensible.

Réaliser un semis en bonnes conditions

Semer dans de bonnes conditions (bonne gestion des résidus de culture, terre réchauffée, vitesse de semis et profondeur maîtrisée) favorise une bonne levée et se traduit par une meilleure concurrence du lin vis-à-vis des adventices.

lin non infesté d’adventices

lin non infesté d’adventices

Terres Inovia, l’ACTA, AgroSup Dijon, ARVALIS-Institut du végétal, la FNAMS, l’INRAE, l’ITAB et l’ITB proposent Infloweb, un site web qui rassemble et synthétise, de façon pédagogique, des connaissances scientifiques et techniques sur plus de 40 adventices majeures des grandes cultures. Les contenus, rédigés par des experts du domaine, sont destinés à un large public d’agriculteurs, conseillers, enseignants et étudiants, pour aider au raisonnement des stratégies de désherbage.

Après avoir sélectionné l’adventice qui vous intéresse, vous accédez à des informations utiles sur sa description botanique (avec illustrations), sa biologie, son affinité vis-à-vis des milieux et des cultures, les facteurs favorables à son extension, et sa nuisibilité dans les grandes cultures, y compris les espèces porte-graines. Les différents moyens de lutte disponibles sont aussi passés en revue : méthodes préventives et agronomiques, choix des herbicides les plus adaptés et désherbage mécanique. Des recommandations de lutte spécifiques en agriculture biologique sont également fournies.

Bouches-du-Rhône (13) Finistère (29) Gard (30) Haute-Garonne (31) Gers (32) Gironde (33) Hérault (34) Ille-et-Vilaine (35) Indre (36) Indre-et-Loire (37) Isère (38) Jura (39) Landes (40) Loir-et-Cher (41) Loire (42) Haute-Loire (43) Loire-Atlantique (44) Loiret (45) Lot (46) Lot-et-Garonne (47) Lozère (48) Maine-et-Loire (49) Manche (50) Marne (51) Haute-Marne (52) Mayenne (53) Meurthe-et-Moselle (54) Meuse (55) Morbihan (56) Moselle (57) Nièvre (58) Nord (59) Oise (60) Orne (61) Pas-de-Calais (62) Puy-de-Dôme (63) Pyrénées-Atlantiques (64) Hautes-Pyrénées (65) Pyrénées-Orientales (66) Bas-Rhin (67) Haut-Rhin (68) Rhône (69) Haute-Saône (70) Saône-et-Loire (71) Sarthe (72) Savoie (73) Haute-Savoie (74) Paris (75) Seine-Maritime (76) Seine-et-Marne (77) Yvelines (78) Deux-Sèvres (79) Somme (80) Tarn (81) Tarn-et-Garonne (82) Var (83) Vaucluse (84) Vendée (85) Vienne (86) Haute-Vienne (87) Vosges (88) Yonne (89) Territoire de Belfort (90) Essonne (91) Hauts-de-Seine (92) Seine-Saint-Denis (93) Val-de-Marne (94) Val-d'Oise (95) Préparation de campagne Implantation Désherbage Lin d'hiver Lin d'hiver Lin de printemps Lin de printemps Lin d'hiver Lin de printemps Fanny VUILLEMIN (f.vuillemin@terresinovia.fr)

Désherbage mécanique et mixte du lin oléagineux

Il est possible de désherber mécaniquement les lins d’hiver et de printemps. Le désherbage mécanique montre un intérêt sur des adventices jeunes, en conditions de passages optimales (sol ressuyé pendant l’intervention et 2 à 3 jours sans pluie suivant l’intervention), tout en respectant vitesse, réglages et stades de passage pour ne pas pénaliser la culture (réaliser des tests en bord de champ pour trouver le réglage et la vitesse adaptés entre bonne efficacité sur les adventices et bonne sélectivité sur la culture).

herse étrille lin
houe rotative

Passages de herse étrille à gauche et houe rotative à droite.

Les outils utilisables sur le lin sont surtout la herse étrille et la houe rotative en raison de l’écartement de la culture. Une bineuse à céréales autoguidée peut être utilisée sur un lin semé à écartement de 15-17 cm.

Quand intervenir avec les outils mécaniques sur le lin ?

La herse étrille et la houe rotative sont efficaces sur adventices jeunes (fil blanc, cotylédons), il ne faut donc pas trop attendre pour commencer à désherber mécaniquement le lin.

A quelques nuances près, la plage d’intervention des outils mécaniques en plein sur lin oléagineux se situe entre 2-5 cm du lin jusqu’à 10-12 cm (vérifier le bon enracinement du lin et la bonne vigueur de la culture avant d’intervenir). Sur lin, il est recommandé de ne pas trop augmenter la vitesse de passage et l’agressivité des outils.

La herse étrille peut se passer à 5-8 km/h, la houe rotative peut aller jusqu’à 13-15 km/h. Cette dernière peut légèrement recouvrir le lin de terre mais celui-ci reprend ensuite facilement le dessus dans les jours qui suivent le passage : finalement, le résultat visuel immédiatement après passage est plus impressionnant qu’inquiétant. Pour compenser des éventuelles pertes, il est possible de semer un peu plus dense (soit 5 à 10% de plus que la densité préconisée).

En cas de sols non limoneux, privilégier l’utilisation de la herse étrille, à tendance plus efficace que la houe rotative et moins exigeante en termes de stades des adventices. En revanche, en sol battant la herse étrille ne parviendra pas à rentrer dans le sol et la houe rotative est alors incontournable pour le désherbage mécanique en plein.

Par ailleurs, les passages de herse étrille ou de houe rotative en aveugle sont toujours intéressants pour faire gagner à la culture un temps d’avance sur les adventices. En effet, arrachées au stade fil blanc ou cotylédons pendant la levée de la culture, elles seront ensuite « en retard » par rapport au développement de la culture.

Enfin, plusieurs passages au cours du cycle sont nécessaires pour une meilleure efficacité.

Si le binage est envisagé avec une bineuse à céréales autoguidée, il faut privilégier les écartements de 15 ou 17 cm.
Le binage sera efficace sur des adventices plus développées (jusqu’à 3 feuilles).
Les stades du lin oléagineux pour lesquels un ou des binage(s) précis peuvent être réalisés sont à partir de 6-8 cm jusqu’à 25 cm. Il faut adapter la vitesse en fonction du stade du lin. Sur des stades précoces, il est indispensable d’utiliser des protections pour éviter le recouvrement des plantules par la terre et adapter la vitesse d’avancement. Il est possible de passer plus tôt (dès le stade 4 cm) à condition de passer très lentement pour ne pas ensevelir le lin.

De manière générale, si le désherbage mécanique est prévu sur le lin il est conseillé d’adapter sa densité de semis pour compenser des éventuelles pertes (+ 5 à 10 % de la densité préconisées).

Les bons réglages sont indispensables !

Les réglages d’outils sont essentiels pour préserver le lin et détruire un maximum de mauvaises herbes. Il est conseillé de tester préalablement les outils sur une distance courte mais suffisante pour que la vitesse de travail soit atteinte. Attention, ces réglages doivent être renouvelés à chaque stade de développement de la culture et des adventices, et à chaque nouvelle parcelle (surtout si les types de sol diffèrent).

Herse étrille : inclinaison des dents, profondeur de travail et vitesse d’avancement forment la combinaison gagnante, parfois délicate à obtenir. En modifiant l’un de ces paramètres, s'assurer de ne pas perturber les autres réglages. Il vaut mieux parfois diminuer l’agressivité et conserver ou augmenter la vitesse d’avancement.

passage de herse étrille sur lin oléagineux

Houe rotative : très simples sur ce type d’outil, les réglages consistent en une mise à niveau de l’appareil (attelage 3ème point) et un ajustement de la vitesse d’avancement en fonction du stade de la culture. Sur certains modèles, des roues de terrage et ressorts de pression supplémentaires permettent de régler la profondeur et la pression des roues au sol. Il est parfois nécessaire de placer des masses à l’avant du tracteur pour éviter un déséquilibre de charges.

Désherbage mixte

Intégrée à une stratégie de lutte plus globale, la lutte mixte, combinant à la fois désherbage chimique et désherbage mécanique est un bon moyen pour maîtriser les adventices. Apportant fiabilité et souplesse de réalisation pour la première et diminution significative de l’IFT pour la seconde, ces deux techniques sont complémentaires.

Il y a d'autres moyens de gérer les mauvaises herbes. Pour cela, il faut se renseigner sur les leviers agronomiques disponibles pour le lin

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Gestion des adventices en soja

Combiner lutte préventive et curative

Prises séparément, les solutions agronomiques ou mécaniques ne peuvent garantir un désherbage suffisant. Une règle d’or consiste donc à combiner, autant que faire se peut, un maximum de ces méthodes pour parvenir à une gestion durable du salissement.
Des pratiques curatives visent à limiter toute compétition entre la culture et les mauvaises herbes. Le bon usage des outils mécaniques (période d’intervention et réglages en adéquation avec les types de sol et les conditions météo) est alors de rigueur.

Efficacités comparées des différentes méthodes sur une sélection d'adventices

Ce tableau indique le niveau d'efficacité des méthodes préventives et curatives disponibles en agriculture biologique sur les principales adventices du soja, graminées et dicotylédones.

  Méthodes préventives Méthodes curatives
Rotation longue et diversifiée Déchaumage (été) Labour occasionnel Faux-semis (printemps, avant semis) (1) Report de la date de semis (2) Houe rotative, écroûteuse sur limons (3) Herse étrille (3) Bineuse (3)
Panic pied de coq                
Sétaires                
Digitaire sanguine                
Amarante réfléchie et A. hybride                
Ambroisie à feuille d'armoise                
Chénopode blanc                
Folle avoine                
Datura stramoine                
Helminthie fausse-vipérine                
Matricaires et Anthémis                
Mercuriale annuelle                
Morelle noire                
Renouée liseron                
Renouée des oiseaux                
Renouée persicaire et f. de patience                
Tournesol sauvage                
Xanthium (Lampourde à gros fruits)                
  Bonne efficacité
  Efficacité moyenne ou irrégulière
  Efficacité insuffisante ou très aléatoire
  Efficacité nulle ou technique non pertinente

(1) si les conditions pédoclimatiques sont favorables

(2) semis jusqu'au 1er juin (AB)

(3) si les conditions d'intervention sont favorables et avec des passages réalisés sur des adventices jeunes

Rotation et choix de la parcelle

Eviter les parcelles à risques

champ de soja

Le désherbage du soja peut être problématique dans certaines situations, particulièrement en bio. Le choix des parcelles en fonction de l'historique du salissement est primordial.

Proscrire le soja dans les parcelles dont le sol présente a priori un stock important de graines de morelle, chénopode, renouée, amarante, panic pied-de-coq, liseron, datura, Xanthium (lampourde).

 Diversifier les rotations

A l’échelle de la rotation, l’anticipation se traduit par le choix de cultures diversifiées, destinées à gêner au maximum la croissance et le développement des mauvaises herbes.

 

  • Privilégier des rotations longues et variées (alternance de cultures d’hiver, de printemps, d’été) en alternant, si possible, des cultures à grand et à faible écartement.
  • Introduire, si possible, des cultures étouffantes (triticale, orge d’hiver, association pois/céréale, chanvre, etc.) ou pluriannuelles dans la rotation (luzerne).
  • Eviter de semer le soja sur un précédent tournesol.
  • Eviter les retours fréquents de soja si la maîtrise des adventices est défaillante.

Déchaumage, labour, faux-semis

Déchaumer dès la moisson du précédent

Réalisé, au plus tôt juste après la moisson et, dans tous les cas, avant la grenaison des mauvaises herbes présentes durant l’été, le déchaumage vise à détruire des mauvaises herbes développées et à éviter toute augmentation du stock semencier. Il peut également stimuler la levée groupée de certaines espèces annuelles non dormantes ou à faible dormance et capables de lever jusqu’en fin d’été (bromes, ray-grass, amarantes, voire chénopodes), à la faveur d’un temps assez humide et doux.

Le déchaumage est impératif en présence d'ambroisie, en raison du risque allergisant du pollen.

  • Si les mauvaises herbes risquent de grainer après la récolte du précédent, déchaumer précocement en été.
  • Pour détruire les adventices à des stades avancés, privilégier les cultivateurs à dents rigides (type Smaragd) ou à socs larges et plats (type Horsch terrano).
  • Les déchaumeurs à disques indépendants (type Carrier) ou cover-crops sont moins efficaces et nécessitent des passages croisés.

Labourer pour ensevelir et épuiser les semences

Le labour élimine les adventices et les repousses de cultures installées et assure un enfouissement de près de 90 % des graines de l’année localisées en surface. En profondeur, les graines perdent leur viabilité au cours du temps, les graminées beaucoup plus rapidement que les dicotylédones. En revanche, le labour fait généralement remonter à la surface 35 % de graines anciennes encore viables (mais dormantes), enfouies au cours des années antérieures.

  • Il est conseillé de labourer lentement, en terre bien ressuyée, à 20-25 cm de profondeur.
  • Pour lutter contre les espèces annuelles dont les graines dépérissent rapidement dans le sol (bromes, vulpins, ray-grass, panics, sétaires, digitaires), un intervalle de 3 à 4 ans entre chaque labour est optimal.
  • Le labour n’est pas approprié dans le cas de dicotylédones aux levées printanières (ambroisie, amarantes, chénopodes, morelles, renouées, datura…).

picto soja bio
En agriculture biologique, les labours sont généralement retournés et non dressés car ils ont surtout une fonction de désherbage.

Pratiquer le faux-semis pour réduire le stock

Positionné(s) dans les 2 mois qui précèdent le semis du soja, le ou les faux-semis, à intervalle de 15 à 20 jours minimum, vise(nt) à obtenir un lit de semences aussi propre que possible et un salissement minimal de la culture. Un faux-semis se réalise en deux étapes : stimulation de la levée des mauvaises herbes par un travail du sol superficiel rappuyé, puis destruction. A long terme, la répétition annuelle de faux-semis participe à la réduction du stock semencier pour les cultures suivantes.

picto soja bio
Le faux-semis est une opération culturale indispensable en agriculture biologique.

Après la reprise du labour, faire une première préparation superficielle avec un outil à dents (vibroculteur, herse plate, herse de déchaumage ou herse étrille), complétée par un rappuyage, dès les premiers signes de réchauffements.

Pour une bonne réussite des faux-semis, réaliser le travail du sol superficiel sur un sol ressuyé, de préférence avant une petite pluie, en visant une profondeur de travail régulière et voisine de 5 cm.

Laisser passer 15 à 20 jours puis renouveler l’opération en veillant toujours à maintenir une action superficielle pour ne pas remonter d’autres graines jusque là dormantes.

Détruire les dernières levées avant le vrai semis qui n’aura généralement pas lieu avant début mai.

La pratique du faux-semis permet de réduire les adventices du soja

Adaptation au type de sol

En sol argileux, mieux vaut démarrer tôt les préparations superficielles pour rendre le faux-semis efficace.

Dans certains sols (limons surtout), l’exercice du faux-semis est parfois délicat : l’affinement et l’absence de mottes peuvent en effet favoriser la battance. Il est donc important d’intervenir à bon escient et, dans tous les cas, en conditions parfaitement ressuyées.

Décaler la date de semis : en soja bio ou en présence d’adventices printanières difficiles

picto soja bio
La date de semis des cultures de printemps est un levier pouvant être mis à profit pour limiter la concurrence précoce des mauvaises herbes.

En effet, attendre suffisamment (mais pas trop pour ne pas compromettre le potentiel de rendement) permet de bénéficier de températures plus poussantes, favorisant une levée rapide et homogène du soja qui sera plus concurrentiel vis-à-vis des adventices.

D’autre part, retarder le semis du soja permet d’avoir préalablement le temps de réaliser le(s) faux-semis.
Enfin, le seul report de la date de semis permet de limiter une partie des levées des espèces capables de germer tôt en saison (renouées liseron par exemple).

Effet de la date de semis sur le salissement du soja

Effet de la date de semis sur le salissement du soja

  • Semer à partir de début mai. Dans les régions du Sud-Ouest et en Rhône-Alpes, le meilleur compromis entre la maîtrise du salissement et le maintien du potentiel de rendement semble se situer autour du 10-15 mai, à condition de disposer d’une précocité variétale adaptée au contexte.
  • En soja non irrigué, mieux vaut ne pas repousser au-delà du 15 mai.
  • En soja irrigué, le semis peut s’envisager jusqu’au 25 mai.
  • Semer le plus uniformément possible (vitesse lente, profondeur de semis constante), pour maximiser la pousse précoce du soja.

Pour en savoir plus :

Gestion des adventices difficiles en tournesol et en soja

Gestion de l'ambroisie à feuille d'armoise en tournesol et soja

Stratégies herbicides pour désherber le soja

Désherbage mécanique du soja

Désherbage mixte du soja

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Le sitone, très friand de féverole

Le sitone est un charançon de 3,5 à 5 mm de long, de couleur gris-verdâtre à brun-rouge. La larve, de forme arquée, mesure de 0.5 à 5-6 mm selon le stade. Elle est de couleur blanche, présente une tête brune et aucune patte.

sitone adulte
larves de sitone féverole

Sitona lineatus - Fréquence : forte ; nuisibilité : faible

 

Un seul cycle par an

L’adulte hiverne dans les jachères ou les cultures de légumineuses, comme la luzerne ou le pois. Les hivers doux et secs lui sont favorables. Au printemps, il quitte ses zones refuges et envahit les parcelles de féverole par vols échelonnés. Le ravageur est actif par temps ensoleillé et lorsque la température est supérieure à 12°C.

Au moment de la récolte, les champs sont infestés par les nouveaux adultes qui viennent d’émerger. Les adultes issus des pontes de printemps, émergent du sol des parcelles de juin à septembre. quittent la culture pour hiverner dans différents abris naturels : feuilles mortes, mousses…
Le sitone du pois ne présente qu’une génération par an.

 

Feuilles dentelées, système racinaire attaqué

dégâts de sitones sur feuilles de féverole

Dégâts de sitones sur feuilles de féverole.

Les adultes de sitones mordent les bords des feuilles, occasionnant des encoches semi-circulaires reconnaissables. Le préjudice est présumé sans grande conséquence sur le rendement, en comparaison avec les dégâts qu’engendrent les larves sur le système racinaire de la féverole.

Les larves de sitones se développent dans les nodosités de la féverole puis dévorent les racines. Elles perturbent ainsi l’alimentation azotée de la culture. La nuisibilité sur le rendement est faible sauf en cas d'attaques précoces et nombreuses. Le phénomène est accentué dans les terres peu profondes, qui s’assèchent en avril-mai (diminution du nombre de nodosités).

 

Observer dès la levée

Jusqu'au stade 6 feuilles, observer si des encoches sont présentes sur le feuillage.

 

Lutter contre les adultes avant la ponte

Il n’y a pas de solution pour atteindre les larves dans les nodosités. La lutte vise donc les adultes avant la ponte. Cependant, leur arrivée très échelonnée rend difficile les traitements en végétation.

Seuil d’intervention

Lorsque toutes les plantes ont de nombreuses encoches sur toutes les feuilles. Ne pas intervenir après le stade 6 feuilles car les sitones ont déjà pondu. La nuisibilité induite par les encoches sur le feuillage réalisées par des adultes au cours de la floraison est a priori négligeable.

Stade sensible Comment les détecter Conditions favorables Seuil
De la levée au stade 6 feuilles inclus Observations encoches sur plante

Favorable : hiver sec et froid, zones refuges : bois, haies, légumineuses

Actif par temps ensoleillé et T°> 12°C

Nombreuses encoches sur les feuilles

 

Lutte alternative

Les semis précoces au printemps attirent les premiers adultes sortis. Retarder le semis réduit le risque sitones mais expose davantage la féverole au stress hydrique.

Le thrips

Ce petit insecte noirâtre (taille 1 mm) de forme allongée est peu présent sur féverole de printemps contrairement au pois de printemps, culture sur laquelle il peut occasionner des dégâts importants. Aucune nuisibilité n’a pu être mise en évidence sur féverole.

 

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