Les atouts du pois
Le pois s’intègre aisément dans les rotations céréalières
- Il est le plus souvent cultivé avant un blé, mais il peut être aussi associé au semis à d’autres cultures sur la même parcelle (pois d’hiver et blé, ou pois et triticale)
- Il facilite l’implantation sans labour de la culture suivante car il laisse un sol bien structuré, du fait des pailles peu abondantes, d’une récolte précoce (pendant l’été), d’un système pivotant et d’une activation de la vie biologique des sols.
- Le pois d’hiver peut faciliter le calendrier de travail car les périodes de son semis et de sa récolte sont décalées par rapport par rapport au blé, au colza et aux principales cultures de printemps ou d’été.
Gousses de pois
Il apporte des bénéfices au système de culture
- Le pois est l’un des meilleurs précédents du blé et du colza. Un blé tendre après un pois produit 6 à 12 q/ha de plus qu’un blé de céréale (7,4q/ha en moyenne). Un colza après pois produit entre 0,5 et 3 q/ha de plus qu’un colza après paille (données d’essais sur 3 campagnes).
- En faisant évoluer la composition des rotations à forte proportion de céréales ou de celles de type colza-blé-orge, le pois favorise la régulation des maladies des cultures dominantes (coupure des cycles des bio-agresseurs).
- Le pois aide au contrôle des adventices à l’échelle de la rotation cultureale, car il permet notamment de diversifier les substances actives utilisées et les dates de semis des cultures.
- Les légumineuses comme le pois sont capables de prélever l’azote de l’air grâce aux bactéries symbiotiques des nodosités de leurs racines. Elles ne demandent donc pas d’apport d’engrais azote. Les doses optimales d’azote sont, en outre, à réduire sur les cultures suivantes, soit de -20 à -60 kg/ha d'azote, selon les situations, sur les céréales à pailles ou le colza, pour un rendement similaire ou amélioré par rapport à un précédent de non-légumineuse.
Son intérêt économique se révèle à l’échelle de la rotation
L’intérêt économique du pois se perçoit à l’échelle de la rotation en intégrant les effets de précédent : une économie d’apport d’azote sur la culture suivante, un gain de rendement du blé suivant par rapport à un blé de paille, une possible réduction des phytosanitaires, et, à terme, une meilleure robustesse et productivité des cultures (efficience azotée voire activité biologique des sols). En tant que protéagineux, il bénéficie d’une aide couplée.
Exemples de marges indicatives comparées à l’échelle de la rotation
| Marge brute indicative* (€/ha/an) | |||||||
| Potentiel de sol élevé | Rotation de référence | 3 ans | Colza | Blé tendre | Blé tendre | / | Sur la rotation |
| 842 | 973 | 742 | 819 | ||||
| Rotation avec pois d'hiver | 4 ans | Colza | Blé tendre | Pois d'hiver | Blé tendre | Sur la rotation | |
| Avec prix de vente du pois = 195 €/t | 842 | 873 | 627 | 930 | 818 | ||
| Avec prix de vente du pois = 222 €/t** | 842 | 873 | 748 | 930 | 848 | ||
| Potentiel de sol limité | Rotation de référence | 3 ans | Colza | Blé tendre | Blé tendre | / | Sur la rotation |
| 531 | 617 | 486 | 545 | ||||
| Rotation avec pois d'hiver | 4 ans | Colza | Blé tendre | Pois d'hiver | Blé tendre | Sur la rotation | |
| Avec prix de vente du pois = 195 €/t | 531 | 617 | 515 | 674 | 584 | ||
| Avec prix de vente du pois = 222 €/t** | 531 | 617 | 615 | 674 | 609 | ||
* marge brute = produit brut - charges opérationnelles (+ aide découplée pour le pois à 100 €/ha)
** prix moyen de vente du pois dans l'observatoire des résultats économiques à la production 2006-2016 ; départements n° 10, 14, 27, 76 et 89
Sources : projection de marges 2019 du CER Nord Est Ile de France ; observatoires et expertises de Terres Inovia
Hypothèse concernant le blé de pois Vs blé de blé : + 7,4 q/ha à 160 €/t ; - 40 kg Nmin/ha à 1 €/unité ; - 30 €/ha de désherbage
Des débouchés en alimentation animale et humaine
Le débouché principal du pois protéagineux cultivé en France est l’alimentation animale (environ 50 % au cours des dernières campagnes). Les débouchés en alimentation humaine et comme ingrédient sont en pleine croissance depuis quinze ans : le pois jaune est utilisé par l’industrie française des ingrédients agroalimentaires et non alimentaires, ou exporté vers l’Inde pour l’alimentation humaine ; le pois vert est destiné à la casserie ; le pois marbré à l’oisellerie. Ces débouchés sont mieux valorisés en termes de prix de vente que le débouché alimentation animale. Quant aux pailles de pois, elles sont reconnues pour leur valeur fourragère ou utilisées pour la litière (bovins allaitants, animaux à croissance lente).
L’interculture et le pois
Implanter une légumineuse est possible
Toutes les légumineuses n’ont pas le même comportement vis-à-vis d’Aphanomyces euteiches.
1. parcelle de lupin – 2. Parcelle de pois chiche
Si le pois est très sensible au champignon responsable de la pourriture de ses racines, d’autres cultures sont plus tolérantes. Le lupin, le pois chiche ou le fénugrec sont des espèces « non hôtes » ; la féverole et le soja sont hôtes mais très résistants au pathogène ; la majorité des variétés de trèfle sont très résistantes. Ces 6 cultures peuvent être cultivées sur des parcelles infestées, et trouvent donc leur place en interculture avant le pois (mais aussi dans une rotation avec du pois), car elles ne sont pas susceptibles de multiplier Aphanomyces euteiches.
Proscrire, en revanche, les cultures sensibles et multiplicatrices du pathogène telles que : la lentille, la gesse, certaines variétés de vesce et de trèfle blanc. La luzerne est sensible en conditions contrôlées, mais pas en plein champ. Par mesure de précaution, mieux vaut éviter tout de même de la cultiver.
En raison d'autres maladies racinaires, il est préférable d'éviter les légumineuses en interculture avant un protéagineux.
Gérer les résidus de récolte
Broyer les pailles du précédent avant pois d’hiver.
Si un seul déchaumage peut suffire, deux déchaumages superficiels permettent de les enfouir et favorisent leur dégradation en les mettant en contact avec le sol. Réaliser le second passage (faux-semis) avec un outil à dents afin de détruire les adventices (vulpin, brome...).
En situation infestée de vivaces, déchaumer 10 jours après une application d’herbicide total (à réaliser en conditions poussantes et sur sol humide).
- Avant pois de printemps, l’interculture est suffisamment longue pour permettre une bonne décomposition des pailles. Le broyage est inutile.
- Avant un pois de printemps ou un pois d’hiver, répartir les pailles de céréales (décomposées et/ou broyées) dans la parcelle pour éviter d’encombrer le lit de semences.
Sinon, elles peuvent gêner la mise en place des graines à la bonne profondeur, être un obstacle à la levée du pois, et avoir tendance à limiter le terrage du semoir (profondeur du semis insuffisante).
Visiter ses parcelles fin juillet pour faire les bons choix par la suite
Claire Martin Monjaret (Terres Inovia) nous explique l'intérêt de visiter ses parcelles tournesol au moment de la floraison (fin juillet - début août).
Cette visite peut permettre de prévenir les risques de tournesols sauvages, de maladies (mildiou, verticilium et phomopsis) mais aussi d'orobanche cumana.
Depuis 2020, Terres Inovia propose un outil pour accompagner les agriculteurs dans leur visite annuelle. Tour de plaine, disponible gratuitement sur mobile, permet aux producteurs de tournesols de faire un bilan sanitaire (maladies et adventices) de leurs parcelles en seulement quelques clics !
Participer au suivi des zones à orobanche cumana
En raison de sa très forte nuisibilité sur les cultures de tournesol et sa très grande capacité de dissémination, Terres Inovia souhaite assurer un suivi dynamique des zones touchées par l’Orobanche cumana en France.
En quelques clics, vous pouvez nous aider en saisissant les coordonnées de vos parcelles dans lesquelles vous avez identifié de l’orobanche. Ces données nous serviront à identifier les nouveaux foyers et suivre l’évolution des zones à risque afin de vous conseiller aux mieux sur les pratiques à adopter.
La synthèse des régions touchées est disponible sur le site. Toutes les autres informations saisies restent confidentielles. De nombreuses parcelles touchées par l'orobanche cumana sont déjà saisies !
S'agit-il bien de l'Orobanche cumana ?
Cette enquête concerne uniquement les parcelles touchées par l'orobanche cumana, à ne pas confondre avec l'orobanche rameuse du colza (P. ramosa), que l'on peut aussi observer sur tournesol.
Avant juillet, il faut arracher les plants infectés pour l’observer, mais au cours de l’été, les tiges et les fleurs du parasite sont observables à l’œil nu. Une tige non ramifiée de 50 cm environ émergera du sol, avec des fleurs le plus souvent blanches à violacées. A la récolte, les orobanches sont également visibles, et apparaissent le plus souvent en foyer.
1. Orobanche cumana
2. Orobanche rameuse
En cas de présence d'orobanche, trois solutions :
- Il s'agit bien de l'orobanche cumana : renseigner l'enquête de surveillance sur l'orobanche cumana ci-dessous
- Il s'agit en fait de l'orobanche rameuse : renseigner l'enquête de l'orobanche rameuse
- Impossible de faire la différence entre les deux types d'orobanche ? contacter Christophe Jestin de Terres Inovia
Mieux connaitre l’orobanche cumana
Un phénomène récent en France
Originaire du Bassin Méditerranéen, Orobanche cumana parasite les racines de tournesol et provoque depuis environ 50 ans d'importants dégâts dans les pays producteurs de tournesol (Espagne, Turquie, Bassin de la Mer Noire). Depuis 2007, sa présence est avérée en France. Elle est présente dans le Sud-Ouest et plus ponctuellement en Vendée et Poitou-Charentes.
Une plante parasite exclusive au tournesol
L'orobanche cumana est une plante parasite. Elle n’a pas de chlorophylle, et doit donc se fixer sur le tournesol pour se développer. Ses graines minuscules (0.3 mm), stockées dans le sol, vont germer, stimulées par des molécules émises par les racines de son hôte. Une fois fixée sur les racines du tournesol, l’orobanche va détourner les nutriments de cet hôte à son profit et former un tubercule souterrain. Une tige non ramifiée de 50 cm environ émergera hors du sol, avec des fleurs le plus souvent blanches plus ou moins teintées de bleues. A maturité, des milliers de graines se dissémineront dans la parcelle et contamineront les prochains tournesols. La durée de vie de ces graines dans le sol est de plus de 10 ans.
Une nuisibilité importante
Dans les parcelles les plus infestées, les pertes de rendement peuvent aller au-delà des 90%, dans le cas où les mesures de lutte ne sont pas appliquées. L’orobanche cumana est une plante parasite redoutable car elle possède une forte capacité de dissémination (vent, machines agricoles, animaux, semences…) et une production grainière très importante.
D’autres orobanches sont susceptibles de se fixer sur le tournesol, telles que Orobanche reticulata ou Phelipanche ramosa, mais elles ne sont pas ou peu préjudiciables pour cette culture.
Plusieurs orobanches ?
Dans les pays de l’Est, les variétés résistantes ont été largement développées au cours du siècle dernier. Cette utilisation récurrente a favorisé l’apparition de populations d’orobanche cumana de plus en plus agressives face à chaque nouveau gène de résistance introduite dans les variétés cultivées. Ainsi aujourd’hui on distingue plus de 8 populations ou races d’orobanche dans le monde (notées race A, B, C, D, E…). En France, on considère la présence a minima de la race E, a priori parfois en mélange avec d’autres races sur les parcelles, en proportion variable. Le caractère émergeant explique que les populations ne sont pas encore homogènes au sein d’une même parcelle.
1. Des graines de très petites tailles - 2. Plantule
3. Floraison - 4. Maturité
Des leviers existent pour lutter efficacement
Face au risque d'infestation croissante des parcelles par ce parasite, Terres Inovia et ses partenaires en région préconisent un plan de prophylaxie et de lutte pour limiter l'expansion du parasite, abaisser son stock grainier dans les sols, et limiter sa nuisibilité sur le tournesol.
Le contrôle de cette plante parasite chez le tournesol en France s’articule autour de plusieurs leviers associés à un choix variétal adapté dont le comportement est disponible sur myvar.fr.
Une combinaison de leviers pour lutter contre l’orobanche cumana - Terres Inovia
Le détail des leviers opérationnels de lutte contre cette plante parasite est disponible en cours de campagne.
Documents à télécharger
Orobanche cumana : utiliser des solutions adaptées à votre situation
Dans les situations à risque, des mesures curatives et prophylactiques sont à mettre en place dans la rotation mais également pour préparer l’implantation future d’une culture de tournesol.
| Pour en savoir plus sur cette plante parasite exclusive au tournesol - Mieux connaître Orobanche Cumana |
Quelles sont les zones à risque ?
Des mesures s’imposent dans ou autour de ces zones à risque fort :
Poitou-Charentes/Vendée : secteurs de Longeville-sur-Mer (Vendée), Poitou-Charentes (triangle Tusson-Aigre-Lupsault (Charente) et secteur Sainte-Cognac-Barbezieux-Saint-Hilaire-Jonzac)
Sud-Ouest : grand sud du Tarn-et-Garonne, sud-ouest du Tarn, Gers (triangle Gimont, Mauvezin, L’Isle Jourdain et Ligardes), Lauragais et Ouest-audois.
Que faire lorsqu'on se situe dans un secteur à risque fort ?
En amont de la campagne, dans la rotation :
- Allonger votre rotation, avec un tournesol tous les 3-5 ans selon présence de la plante parasite
- Intégrer des espèces potentiellement faux hôtes dans la rotation (soja, sorgho, maïs, avoine, pois chiche, blé, colza, triticale, moha, millet, féverole, chanvre) qui stimulent la germination de l’orobanche cumana sans que celle-ci puisse se fixer, afin de réduire le stock grainier.
A la mise en place de la culture :
- choisir une variété adaptée, avec ou sans herbicide selon les observations des années précédentes :
| Absence ou présence très faible de l’orobanche sur la parcelle | Quelques foyers à forte présence de l’orobanche sur la parcelle |
|
Semer une variété au moins peu sensible (PS) vis-à-vis de l’orobanche cumana Cas particulier : en cas de présence d’adventices difficiles à détruire avec des herbicides classiques, utilisez une variété de tournesol CLEARFIELD® (en privilégiant au moins PS) accompagnée d’un traitement PULSAR 40/Listego (positionnement classique au stade 4 feuilles du tournesol) |
2 solutions à utiliser en alternance lorsque le tournesol revient sur la parcelle
|
hampe d'orobanche cumana
Que faire si la parcelle se situe autour d’un secteur à risque fort ?
- Surveiller vos parcelles de tournesol à la floraison et à la récolte, durant lesquelles les orobanches sont visibles
- Cultiver du tournesol tous les 3-4 ans
- Privilégier une variété moyennement sensible, en modulant ce choix vis-à-vis des autres bioagresseurs présents sur la parcelle
Attention : quel que soit le type de variété de tournesol choisi, une attaque d’orobanche cumana ne peut être exclue. Il s’agit en effet d’un phénomène émergeant non stabilisé en termes de populations d’orobanche présentes. Classement consultable sur MyVar.
A la récolte, en cas de présence d’orobanche cumana, limiter au maximum la dissémination !
|
Ravageurs souterrains : limaces et mouche du semis
Les levées lentes et difficiles sont particulièrement exposées aux ravageurs souterrains (mouche des semis, limaces, …).
Soigner la mise en place de la culture et respecter les bonnes pratiques de semis suffisent généralement à limiter les problèmes et à éviter le recours aux produits phytosanitaires.
Limaces : les dégâts significatifs sont rares
Les limaces font preuve d'activité essentiellement nocturne. De jour, elles ont tendance à rester immobiles, cachées à l'abri de la lumière. De nuit, en conditions favorables (température, humidité), elles s'activent et cherchent à s'alimenter, à proximité immédiate ou, si la nourriture manque sur place et si elles ont la possibilité de se déplacer (sol humide en surface), en menant une prospection active. Une limace grise peut parcourir jusqu'à 3 m par nuit.
Une limace consomme jusqu'à l'équivalent de 50% de son poids par période de 24h.
Deux espèces principales
| Limace grise ou loche | Limace noire | |
| Couleur de la jeune limace | Rose violacée | Gris bleuâtre |
| Couleur de la limace adulte | Gris beige (+ ou - foncé) | Manteau noir |
| Taille de l'adulte au repos | 4 à 5 cm | 2.5 à 4 cm |
| Mucus | Blanc laiteux ou abondant | Incolore |
| Nombre de génération par an | 1 à 2, voire plus | 1 à 2 |
| Ponte par individu | 300 oeufs | 150 à 200 oeufs |
| Espérance de vie | 9 à 13 mois | 7 à 12 mois |
Même en conduite conventionnelle, la lutte doit demeurer exceptionnelle car les dégâts significatifs sur soja sont rares. 2 substances actives sont autorisées aujourd’hui :
- métaldéhyde
- phosphate ferrique.
Afin d’évaluer le risque d’attaque, vous devez connaître l’activité des limaces sur la parcelle
en conditions humides (attention, une observation ou un piégeage juste après un travail du
sol peut biaiser le résultat) :
- par observation directe des limaces actives sur le sol humide en surface, avant qu’il ne
- fasse trop jour ;
- par piégeage : disposez un abri sur la surface du sol (carton plastifié, tuile, soucoupe
- plastique, planche, etc.) ou mieux, un véritable piège à limaces.
En soja bio, en dernier recours, et de manière exceptionnelle, utiliser en curatif un anti limaces autorisé en AB à base de phosphate ferrique.
Mouche du semis
Les attaques de mouche sont plus fréquentes et potentiellement plus graves que celles occasionnées par les limaces.
Les adultes (mouches) de cet insecte polyphage pondent de préférence dans les terrains humides et riches en matière organique.
Les larves de mouches peuvent ronger dans le sol le contenu des graines et des cotylédons, mais dès que ceux-ci sortent de terre et s'étalent, l'impact devient négligeable.
Les cotylédons touchés , une fois dépliés, laissent apparaitre des lésions noirâtres. Repérer ces symptômes sur plantule et les difficultés à la levée.
De simples mesures préventives, basées sur une implantation des cultures dans des conditions favorables à une levée rapide, sont généralement suffisantes. Pour éviter les attaques :
- Travailler le sol 1 mois avant la levée afin d’éviter de se retrouver en présence de matière organique en décomposition au moment de la germination (les sols fraichement travaillés sont plus attractifs)
- Semer sur un sol suffisamment réchauffé (> 10°C) pour éviter les levées lentes et difficiles qui sont les plus exposées.
- Ne pas semer à plus de 3 cm de profondeur, en préférant un semoir pneumatique monograine
- Semer sur terres bien ressuyées.
Aucun produit n’est actuellement autorisé pour lutter contre la mouche des semis en soja.
Taupins
En cas de risque de taupins avérés, Trika Lambda 1/Trika Expert+ ou Karate 0,4 gr/Ercole, sont autorisés (efficacité montrée également sur vers gris).
Pyrale des haricots : observer les gousses
Identifier la pyrale des haricots
La pyrale des haricots (Etiella zinckenella) est un insecte de l'ordre des lépidoptères (papillons). La chenille est de couleur jaune à vert. Elle prend une teinte violacée au niveau dorsal avec des lignes longitudinales plus sombres en fin de développement (jusqu’à 15 mm de long).
L’adulte est un papillon grisâtre de 22-26 mm d’envergure.
Biologie
Après une première génération dans les légumineuses sauvages (ex. : robinier faux acacia), les deux générations suivantes s'attaquent au soja et couvrent la phase de formation et de remplissage des gousses. Après éclosion la larve pénètre rapidement dans la gousse et la chenille se nourrit des graines en cours de remplissage. A l’ouverture de la gousse, on retrouve soit la chenille soit des déjections et des restes de graines.
Après s’être nourrie des graines de soja, la chenille sort de la gousse en perçant un trou (diamètre 1 à 2 mm), tombe sur le sol, puis s’y enfonce pour se nymphoser ou entrer en diapause larvaire.
Observée pour la première fois sur soja en 2003 dans un secteur centré sur la région d’Agen (Lot-et-Garonne), la pyrale des haricots a gagné progressivement l’ensemble de la zone de production de soja du Sud-Ouest.
Dégâts
Dans la zone de présence, une forte proportion des parcelles peut être concernée. Cependant, les attaques étaient globalement faibles dans trois quarts des cas et le plus souvent localisées sur les bordures. Les pertes de rendement peuvent être importantes sur certaines parcelles en particulier les parcelles non irriguées.
La qualité visuelle et la capacité de conservation des graines sont altérées. Par contre, la teneur en protéines n'est pas affectée.
Conseils et moyens de lutte
Aucune stratégie de lutte chimique ou avec du Bacillus thuringiensis n’est réellement efficace car la larve pénètre rapidement dans la gousse après éclosion.
Une irrigation bien conduite constitue la meilleure parade.
Sur les parcelles où des attaques de pyrale du haricot ont été observées, il est conseillé de :
- déchaumer derrière le soja pour augmenter le taux de mortalité des cocons de pyrale,
- labourer ensuite pour limiter les sorties d'adultes de la première génération.
Récolter du soja avec une coupe flexible
Charlotte Chambert (Terres Inovia) et Stéphane Pavan (agriculteur dans le 32) présentent la coupe flexible en soja qui permet de diminuer les pertes à la récolte.
Les barres de coupes dites" flexibles" permettent de récolter au plus près du sol (jusqu’à 5 cm du sol environ) sur toute la largeur de coupe : elles sont particulièrement adaptées aux parcelles peu nivelées, sol meubles et aux sojas dont les premières gousses sont très basses. Un lamier en inox assure la déformation de la lame de coupe. Les doigts des rabatteurs sont en plastique afin d’être moins agressifs envers la plante. Plusieurs constructeurs proposent des coupes dans leur gamme européenne ou par import des Etats Unis avec des largeurs variant de 5 à 12 m. Les barres de coupe de très grande largeur ne sont pas toujours les mieux adaptées, différents types de flexibilité existent. Elles peuvent être moins propices à suivre les micro-dénivelés dans la parcelle. Ces barres de coupe peuvent être rigidifiées et permettent de récolter également les céréales à paille (versées ou non). Certaines de ces coupes seulement laissent la possibilité d’adapter une rallonge de coupe pour récolter les colzas.
Documents à télécharger
Récolte du soja : bonnes pratiques et réglages de la machine
Soigner la récolte pour ramasser tous les quintaux
Gousses basses restées sur chaume après récolte
Un seul mot d’ordre pour la récolte du soja : récolter ni trop vite, ni trop haut.
Une récolte insuffisamment soignée peut conduire à des pertes de rendement de l’ordre de 3 à 5 quintaux/ha.
La qualité de la récolte sera conditionnée par plusieurs facteurs :
- Conduite de la culture sur la parcelle choisie : nivellement du sol, choix variétal, peuplement, désherbage
- Date de récolte : bonne observation de la maturité et passage sans attendre
- Conduite et réglages de la moissonneuse-batteuse
Adapter les réglages de la machine aux conditions de culture
Coupe classique et flexible sont possibles pour la récolte du soja
Il convient d’adapter les réglages des éléments de la moissonneuse-batteuse aux conditions de récolte : régime batteur, ouverture du contre-batteur, grilles de nettoyage, ventilation.
Pour le soja, les réglages recommandés sont :
- Rabatteurs à griffes : vitesse égale à la vitesse linéaire machine ou jusqu’à 10 à 25% supérieure.
- Batteur : vitesse la plus faible possible – 400 t/min
- Contre -batteur : ouverture maximale
- Ventilateur : puissance maximale
- Grilles inférieure et supérieure : ouverture maximale
De plus, régler au plus bas la hauteur de la coupe et modérer la vitesse d'avancement de la moissonneuse-batteuse pour optimiser la performance du chantier de récolte.