33,24,47,40,64
Réussir la destruction des couverts végétaux hivernaux
La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.
La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.
Comment choisir la période de destruction des couvert hivernaux ?
Le déclenchement de la destruction doit faire l’objet du meilleur compromis entre l’atteinte des bénéfices du couvert (protection contre l’érosion, piège à nitrates, …), et le fait d’éviter de porter préjudice à la culture suivante par épuisement des ressources du sol, dégradation de la structure, ou augmentation de la pression ravageurs (limaces). Elle doit en outre être raisonnée en fonction du stade du couvert, sa composition, la présence d’adventices et la date prévisionnelle du semis de la culture suivante.
- Pour un couvert à dominante crucifères ou graminées, la destruction doit survenir au moins deux mois avant la date prévisionnelle de semis de la culture suivante, afin d’éviter une faim d’azote sur les premiers stades de développement de la culture.
- Pour un couvert à dominante légumineuses, la destruction peut être plus tardive, jusqu’à trois semaines avant la date prévisionnelle de semis. Dans ce cas de figure, le principal point de vigilance concerne la présence de résidus non dégradés au moment du semis.
Les conditions d’intervention sont cruciales pour les destructions mécaniques, tout particulièrement sur sols argileux. Les couverts contribuent au ressuyage du sol durant l’hiver, ils participent également au maintien d’une humidité au sol, d’autant plus importante avec des fortes biomasses ou s’ils contiennent des graminées. Il est ainsi primordial de détruire le couvert dès qu’une fenêtre favorable se présente, en d’autres termes, dès que le sol est suffisamment ressuyé sur tout le profil travaillé (consistance friable, ou au pire semi-plastique) pour limiter les risques de tassement ou de lissage. Pour cela, un suivi régulier des conditions d’humidité du sol s’impose à partir de février.
La destruction tardive d’un couvert hivernal à forte biomasse peut conduire à l’assèchement de sols à faible réserve utile, surtout si la fin d’hiver et le début du printemps sont marqués par un déficit de pluviométrie. L’alimentation hydrique de la culture suivante risque alors d’être pénalisée, en particulier en conduite pluviale.
Aussi, il faut savoir arrêter la progression d’un couvert quand il atteint 2 à 4 tonnes de biomasse par hectare (1 à 2 kg de matière verte par m²).
Vouloir trop « pousser » un couvert tardivement, peut conduire, en cas de scénario climatique défavorable, a des destructions trop tardives.
Quel mode de destruction pour mes couverts ?
Les techniques de destruction sont multiples et doivent être choisies en bonne cohérence avec les caractéristiques des espèces implantées et les propriétés du sol. En fin d’hiver, le labour ou des travaux profonds ne pourront être envisagés que sur les sols limoneux ou sableux. Sur sols argileux, le ressuyage suffisant du sol et des interventions qui restent superficielles, sont 2 conditions indispensables. Dans des situations avec des couverts bien développés, un broyage préalable peut être nécessaire.
Les travaux menés par Terres Inovia dans le cadre du réseau Syppre Lauragais ont montré que sur des couverts à tige creuse (féverole, phacélie), de nombreux matériels présentent des résultats satisfaisants de destruction (herse rotative, scalpeurs, déchaumeurs à disques indépendants, rouleaux hacheurs). La herse rotative sans rouleau, utilisée à faible profondeur (5-7cm) sur des couverts moyennement développés, assure la dévitalisation des plantes et la création d’un lit de semence favorable à la culture suivante. Le débit de chantier reste toutefois faible, tout comme l’efficacité sur les plantes à pivots et les graminées.
La difficulté principale consiste bien souvent à détruire les graminées adventices qui peuvent se développer dans le couvert pendant l’hiver, auquel cas, les outils à bon recouvrement ou équipés d’ailettes se détachent en termes d’efficacité, même si celle-ci est rarement totale. Aussi, la présence d’adventices et notamment de graminées justifie une destruction précoce, afin d’intervenir sur des stades jeunes, et viser une implantation de la culture suivante sur un sol propre.
Si le choix se porte sur la destruction chimique, des couverts développés vont demander des doses élevées de glyphosate. L’ajout de 2-4D peut améliorer l’efficacité de destruction des dicotylédones, mais s’il est utilisé, veiller rigoureusement au délai d’application avant semis du tournesol (30 jours). Précisions également que le levier de destruction chimique peut être mobilisé après une 1ère étape de destruction mécanique, si des graminées adventives n’ont pas été détruites et si les conditions d’humidité ne sont pas favorables. Dans ce cas de figure, il conviendra de moduler les doses utilisées.
Quel que soit le mode de destruction, il faudra être vigilant à la présence de résidus non dégradés ou trop grossiers qui risquent de perturber le passage de l’élément semeur de la culture suivante, ou nuire au contact sol-graine. Les résidus peuvent également générer une activité plus importante des mollusques au printemps. Une surveillance particulière doit être mise en place pour éviter des potentiels dégâts sur la culture suivante.
Pour aller plus loin
Clémence DE SAINTIGNON - Terres Inovia - c.desaintignon@terresinovia.fr
Une pression maladies intense et précoces dès la sortie d'hiver
Les conditions humides et relativement douces du mois de janvier ont été favorables au développement précoce et rapide de maladies du feuillage pour les cultures de féveroles d'hiver du Sud-Ouest, essentiellement le Botrytis mais aussi l'Ascochytose (anciennement Anthracnose) dans une moindre mesure. Dans les cas les plus sévères, et pour les situations où la destruction n'était pas initialement prévue, peut se poser la question du maintien de la parcelle et du choix de la culture de remplacement.
Les conditions humides et relativement douces du mois de janvier ont été favorables au développement précoce et rapide de maladies du feuillage pour les cultures de féveroles d'hiver du Sud-Ouest, essentiellement le Botrytis mais aussi l'Ascochytose (anciennement Anthracnose) dans une moindre mesure. Dans les cas les plus sévères, et pour les situations où la destruction n'était pas initialement prévue, peut se poser la question du maintien de la parcelle et du choix de la culture de remplacement.
Petits rappels sur la reconnaissance des maladies
Le Botrytis
Le botrytis est une maladie aérienne très fréquente sur féverole d’hiver, provoquée par un champignon : Botrytis fabae. Les symptômes sont répartis de façon homogène dans la parcelle et se présentent sous forme de très nombreuses petites tâches marron qui s’étendent et se rejoignent à mesure que la maladie se développe. A terme, elle occasionne une défoliation et des coulures de fleurs. Elle apparaît notamment sur les parcelles semées précocement et/ou densément.
Les conditions météorologiques de ce début d’année ont été particulièrement favorables au développement de la maladie, notamment sur les parcelles semées précocement (mi-octobre) et/ou de fonds de vallée fortement exposées aux excès d’eau récents. De premiers symptômes sont également visibles sur les parcelles semées plus tardivement (courant novembre). Dans ces circonstances, la nuisibilité s’annonce déjà être très élevée.
(Secteur d’Auch (32) le 02/02/2026 - Crédit photo : Terres Inovia)
Ascochytose:
Bien moins fréquente que le Botrytis, l’Ascochytose, anciennement appelée Anthracnose, est provoquée par le champignon Ascochyta fabae. Lorsque les températures sont fraîches (10-15°C) et l’humidité est élevée, elle apparaît en foyers dans la parcelle, caractérisée par des taches brun cendré peu nombreuses avec des points noirs au centre (pycnides). Elles évoluent le plus souvent en « coulures » au pourtour brun-noir. Avec le temps, le centre des taches s’éclaircit et se nécrose allant parfois jusqu’à trouer les feuilles. Sur les tiges, des lésions du même type mais plus allongées peuvent se développer et provoquer des cassures.
Cette maladie est notamment transmise par la semence. Pour limiter au maximum l’inoculum primaire, l’utilisation de semences saines et le traitement des semences sont primordiaux. Le traitement de semences PREPPER (Fludioxonil) est disponible et donné efficace contre l’Ascochytose, mais il n’a pas été évalué contre ce pathogène par Terres Inovia à ce jour.
La majorité des variétés de féverole d’hiver présente un bon comportement vis-à-vis de cette maladie.
(Ascochytose sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia)
La Cercosporiose
La Cercosporiose (Cercospora zonata) provoque des lésions sombres avec une zonation concentrique sans ponctuations noires. Elles apparaissent précocement à la base du couvert et évoluent généralement peu. Cette maladie est peu fréquente et peu nuisible.
(Rouille sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia)
La Rouille
La rouille (Uromyces fabae) est une maladie fréquente et très préjudiciable sur féverole. Elle se développe sur le feuillage sous la forme de pustules brun-rouge auréolées d’un anneau plus clair. Lorsque les conditions climatiques sont très favorables (temps chaud >20°C et humide) la rouille peut recouvrir, parfois de manière rapide et fulgurante, la totalité des feuilles voire des tiges, provoquant un dessèchement prématuré des plantes.
Elle peut entraîner jusqu’à 50 % de pertes de rendement (25 à 40 q/ha) lorsque l’attaque est précoce et importante, et qu’aucun traitement n’est réalisé.
(Rouille sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia )
Comment agir si la maladie est déjà présente ?
Aller observer les parcelles pour estimer le risque de forte nuisibilité Botrytis
Dans ce contexte d’arrivée précoce des maladies sur féverole d’hiver, il convient d’aller observer très rapidement les parcelles assolées pour estimer le niveau d’infestation actuel, et par extension la nuisibilité potentielle. Pour ce faire, il sera nécessaire de réaliser les observations suivantes, sur 5 à 8 placettes de 5 pieds représentatives de la parcelle :
- La densité de peuplement (nombre de pieds/m²)
- L’état sanitaire des pieds sur chaque placette (% de surface foliaire avec symptômes de maladie pour ce qui est du Botrytis, présence de taches pour ce qui est de l’Ascochytose)
En fonction de la densité de peuplement et de la part de surface foliaire touchée par le Botrytis, il est possible d’estimer à priori le risque de nuisibilité significative (> 30%) pour le rendement final de la culture. Terres Inovia a élaboré un tableau d’aide à la décision pour savoir où votre parcelle se situe vis-à-vis du risque Botrytis.
Cette estimation est à réaliser dès maintenant dans le Sud-Ouest. L’expérience nous montre qu’il y a une corrélation entre présence de la maladie en sortie d’hiver et nuisibilité pouvant atteindre jusqu’à 30% de potentiel de rendement à la récolte.
Intervenir lorsque les conditions seront propices ou retourner la parcelle ?
Pour ce qui est du Botrytis, les interventions fongicides n’ont pas d’effet curatif sur la maladie. Du fait de l’impossibilité d’intervenir immédiatement en parcelle, il conviendra de sérieusement penser à procéder au retournement des parcelles déjà fortement infestées (> 15% de surface foliaire avec symptômes dès à présent).
Pour les autres cas, notamment pour les semis tardifs (à partir de la mi-novembre, début décembre), il sera généralement possible de patienter et d’intervenir dès la fin-février ou début mars, lorsque les conditions météorologiques et la portance des sols seront plus favorables. Afin d’adapter au mieux la stratégie fongicide au contexte épidémiologique de l’année, Terres Inovia présente dans son Guide Culture divers exemple de programmes fongicides, qu’il est possible de retrouver ici.
En cas de retournement de la parcelle, le choix de la culture de remplacement dépendra, entre autres, des programmes de désherbage appliqués en entrée d’hiver. Voici un tableau récapitulatif des espèces implantables au printemps et des délais de semis à respecter en fonction des spécialités herbicides employées en début de campagne.
Vos contacts régionaux
- Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
- Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
Bilan de Campagne Soja 2025 - Sud Ouest
Terres Inovia, l’institut technique des professionnels de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre, présente son bilan de campagne 2025 pour la culture de soja. Dans le Sud-Ouest (Départements d’ancienne Aquitaine et Midi-Pyrénées), le rendement régional est estimé à 29 q/ha, en baisse de 6% par rapports aux rendements estimés pour la campagne 2024 (source : Terres Inovia), pour des surfaces annoncées à 63 000 ha, soit une baisse de près de 30% par rapport à la moyenne quinquennale (source : Agreste – SAA 2020 à 2024).
Terres Inovia, l’institut technique des professionnels de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre, présente son bilan de campagne 2025 pour la culture de soja. Dans le Sud-Ouest (Départements d’ancienne Aquitaine et Midi-Pyrénées), le rendement régional est estimé à 29 q/ha, en baisse de 6% par rapports aux rendements estimés pour la campagne 2024 (source : Terres Inovia), pour des surfaces annoncées à 63 000 ha, soit une baisse de près de 30% par rapport à la moyenne quinquennale (source : Agreste – SAA 2020 à 2024).
Focus : les rendements par région
La campagne 2025 a été marquée par de fortes disparités de rendements entre les parcelles cultivées en sec et celles qui ont été irriguées au cours de l’été, principalement en raison des conditions météorologiques estivales, chaudes et surtout sèches entre juillet et la mi-août. Les dates de semis ont également contribué à la variabilité des rendements, avec une plage de semis étalée de la mi-avril au début du mois de juin, conséquence d’un printemps pluvieux.
En ex-Aquitaine, les rendements moyens fluctuent de 26 à 34 q/ha selon les départements, pour une moyenne globale de 30 q/ha, avec de forts écarts entre conduites en sec (8 à 30 q/ha exceptionnellement dans les sols à forte réserve utile et implantation précoce, pour une moyenne estimée à 16 q/ha) et irriguées (25 à 48 q/ha, pour une moyenne estimée à 39 q/ha).
En ex-Midi-Pyrénées, les rendements moyens sont légèrement inférieurs, estimés à 27 q/ha de moyenne, avec là aussi de grands écarts entre départements (20 à 33 q/ha) et conduites (7 à 15 q/ha en sec, contre 20 à 45 q/ha en irrigué, avec quelques rendements exceptionnels à 55 q/ha très localement).
Des semis perturbés par la pluie
Les semis 2025 se sont décalés à cause des cumuls de pluies et des retards engendrés pour la préparation des sols. Dans le Sud-Ouest, l’essentiel des semis ont été effectués entre la mi-avril et la fin du mois de mai. Une fois les graines en terre, hormis quelques situations de pertes de pieds liés à des dégâts de taupins ou de mouches du semis, la levée s’est déroulée sans encombre.
Un début d'été caniculaire & une floraison sous la chaleur et la sécheresse
La seconde moitié du mois de juin est marquée par une séquence météorologique anormalement chaude et sèche qui a fortement impacté le développement des sojas, arrivant alors à début floraison pour les parcelles les plus précoces. Cette séquence s’est achevée par des pluies d’orages inégalement réparties sur l’ensemble du territoire.
Tout au long du mois de juillet, jusqu’à la mi-août, l’absence de pluies significatives et les remontées de températures ont été défavorables à la ramification et à la bonne fertilité des sojas conduits en sec et/ou insuffisamment irrigués, limitant de fait leur potentiel, notamment dans les terres les plus superficielles. Les parcelles régulièrement irriguées ont été moins impactées, expliquant ainsi les forts écarts de rendements obtenus à la récolte.
Une pression ravageurs moindre que les campagnes précédentes
Les attaques d'héliothis (Helicoverpa armigera) et de pyrale du haricot (Etiella zinckenella) sont rares, à des niveaux bien en-deçà des campagnes précédentes, tandis que les attaques de punaises (Nezara viridula et Halyomorpha halys) sont hétérogènes, avec des dégâts importants à la marge, selon le stade du soja (R5-R6) au moment de l'arrivée de l'insecte, l'absence de protection insecticide et/ou d'irrigation.
Pour plus d’informations, consultez le BSV Bilan régional 2025 ici.
Des pluies non-limitantes en fin de cycle, favorables au remplissage des graines
Les pluies sont revenues au cours de la dernière décade d’août et ce sont poursuives jusqu’à la mi-septembre. Ces précipitations, associées aux baisses de températures de fin d’été, ont permis d’allonger la fin de cycle des sojas et d’accompagner le bon remplissage des gousses des parcelles tardives (semis tardifs, variétés du groupe I).
Cet allongement de cycle a néanmoins ralenti l’entrée en maturité des parcelles les plus tardives, retardant les récoltes et dégradant parfois la qualité des lots moissonnés (humidité trop élevée, reprise de végétation, impuretés, etc.).
Une récolte qui s'étale entre les gouttes
La récolte s’est déroulée entre la mi-septembre et début-novembre, en fonction de la vitesse d’arrivée à maturité et des fenêtres de récoltes disponibles. Hormis pour les récoltes les plus tardives, la qualité est au rendez-vous, avec des niveaux d’humidité inférieur à 14% et des taux de protéines dans la moyenne.
Des surfaces en diminution constante depuis 2022
Les difficultés de production de ces dernières années, cumulées avec une conjoncture défavorable pour les productions biologiques, impactent directement les surfaces cultivées, avec une baisse de -5% en ex-Midi-Pyrénées et -8% en ex Aquitaine par rapport à 2024 (source : Agreste – SAA 2020 à 2024). Elle s’inscrit dans une dynamique de réduction constante des surfaces implantées en soja depuis 2022, avec une diminution des surfaces de -31% en Aquitaine et de -43% en Midi-Pyrénées en 3 ans (source : Agreste – SAA 2020 à 2024), principalement dans les territoires où la culture était conduite en pluvial et/ou en agriculture biologique.
Au niveau économique, si la rentabilité des parcelles conduites en pluvial est en moyenne très mauvaise, avec des marges nettes négatives, les parcelles irriguées affichent un niveau de marge nette (aides couplées et découplées comprises) positif (simulations de Terres Inovia à partir des données du CER France), ce qui est à souligner au vu des performances économiques récentes des exploitations en grandes cultures, hors cultures à forte valeur-ajoutée (source : données Agreste/RICA 2025, OTEX 15), dans un contexte de forte baisse des prix des céréales.
Vos Contacts Régionaux :
- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Eléments Complémentaires
Mesurer vos biomasses en sortie d'hiver pour optimiser vos apports azotés au printemps
Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation.
Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables.
Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.
Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation.
Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables.
Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.
Top départ pour les pesées sortie d'hiver
La remontée des températures au cours de la semaine dernière permettra d’initier le redémarrage des colzas, après un repos végétatif et une fonte des biomasses en entrée d’hiver, à la suite des baisses de températures successives entre fin-novembre et début-janvier. Il est donc temps de procéder à la pesée des colzas, afin de déterminer les quantités d’azote à apporter en amont et/ou en cours de montaison selon les situations.
Méthode d’estimation de la biomasse
La pesée s’effectue sur 2 à 4 placettes d’1m² en sectionnant les colzas au ras le sol pour une bonne estimation de sa biomasse aérienne. La méthode de prélèvement varie selon l’écartement du colza (voir tableau ci-contre).
Dans les parcelles avec des colzas hétérogènes, il est recommandé de réaliser 4 prélèvements, à différents endroits représentatifs de la parcelle, tout en évitant les bordures. La valeur moyenne sera lors retenue pour effectuer les calculs de dose prévisionnelle.
Pour éviter tout biais de mesure, notamment en cas de prélèvement par temps pluvieux ou en cas de forte rosée, il conviendra bien secouer les plantes pour les débarrasser des gouttes d’eau sur les feuilles et enlever les éventuelles petites mottes de terre à la base de la tige.
Pour vous aider
Vous pouvez aller voir ce tutoriel
D'autres outils pour calculer directement les doses d'azote à apporter
Il existe aujourd’hui une grande diversité d’opérateurs proposant des services de conseils azoté spatialisés sur colza à partir d’un traitement d’image. Ils permettent aux agriculteurs qui le souhaitent de moduler les apports au sein de la parcelle, soit avec un système piloté sur l'épandeur d'engrais, soit en modulant manuellement par grandes zones dans les parcelles présentant des états de croissance différents. Parmi eux, 4 produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia :
- Farmstar (Airbus, Arvalis)
- Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
- PRECIFert Azote (Precifield)
- Bilan Colza by Abelio (Abelio)
Pour faciliter les estimations au champ, 2 applications smartphone, ImageIT (Yara France) et Crop-Analyser (Visio-Crop), font l’objet de partenariat avec Terres Inovia. La biomasse est estimée à partir de photographies classiques, dont l'exploitation et l’interprétation sont ajustées par la hauteur de végétation, à renseigner en amont du traitement d’image.
Vous trouverez davantage d’informations concernant les méthodes alternatives d’estimation des biomasses et doses prévisionnelles en azote des colzas sur ce lien.
Calcul de la dose prévisionnelle : Attention à la surestimation des besoins !
La Réglette azote colza® permettra de déterminer la dose totale à apporter à partir de plusieurs informations : la biomasse du colza, l’objectif de rendement de la parcelle, le type de sol, l’apport de produits organiques, la nature du précédent et éventuellement l’association de légumineuses gélives.
Afin de ne pas surestimer les besoins de la culture, et ainsi éviter toute sur-fertilisation inutile et coûteuse, notamment dans un contexte de prix élevé des engrais azotés vis-à-vis des prix de vente du colza, il conviendra de fixer dans un premier temps un objectif de rendement raisonnable. Pour ce faire, il faudra calculer la moyenne des rendements des 5 derniers colzas sur la parcelle ou des parcelles comparables, en enlevant la valeur la plus faible et la valeur la plus élevée : c’est la moyenne olympique.
Au vu des conditions de température en ce début d’hiver, 2 situations.
Les colzas du Sud-Ouest ont davantage perdu de biomasse que les campagnes précédentes où, certaines années, ils ne se sont jamais vraiment arrêtés de croître et de se développer. Il convient donc, en plus de bien estimer son objectif de rendement, de prendre en compte l’azote absorbé à l’automne, par une estimation à postériori des biomasses en entrée d’hiver (entre 800g et 1.2 kg/m² en moyenne selon les parcelles) ou par le traitement d’images satellites prises entre la mi-novembre et début-décembre. Le risque de la non-prise en compte de l’azote absorbé à l’automne, lorsque les colzas ont « fondu » au cours de l’hiver, est là-aussi une surestimation des doses à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités absorbées précédemment (voir exemples ci-contre).
En Auvergne et Rhône-Alpes, marquées par des températures inférieures aux normales de mi-novembre puis de fin décembre à début janvier, les colzas ont connu un ralentissement marqué de leur croissance, voire une perte de biomasse dans certaines situations. Dans ce contexte, il est indispensable, en complément d’une estimation réaliste de l’objectif de rendement, de bien prendre en compte l’azote absorbé à l’automne. Les références issues des réseaux BSV montrent des situations très contrastées (biomasses en entrée d'hiver à 2,7 kg/m² de moyenne en Rhône-Alpes, avec des valeurs comprises entre 0,4 et 5,8 kg/m², et 1,5 kg/m² en Auvergne, avec des extrêmes allant de 0,3 à 2,8 kg/m²).
L’estimation a posteriori des biomasses à l’entrée de l’hiver, par des mesures terrain ou via l’exploitation d’images satellites acquises entre la mi-novembre et début décembre, est donc essentielle. Ne pas intégrer l’azote absorbé à l’automne, notamment lorsque les colzas ont “fondu” au cours de l’hiver, conduit à une surestimation des doses d’azote à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités déjà prélevées par la culture.
Fractionner vos apports en fonction de la dose totale à apporter
Le fractionnement permet d’ajuster au mieux les apports aux besoins des plantes.
Pour les colzas à faible croissance, un premier apport précoce dès la reprise de végétation est recommandé ; il est en effet nécessaire d’accompagner la reprise car les petites plantes ont peu de réserves et elles n'accèdent pas facilement à l’azote du sol car, leur système racinaire est faible.
Au contraire pour les colzas à forte croissance, il est conseillé d’attendre la montaison pour l’apport éventuel d’azote ; la remobilisation des réserves accumulées dans les organes suffira à assurer une bonne reprise de végétation.
Dans tous les cas, ne pas apporter plus de 100 kg/ha d’azote en une fois.
Vos contacts en région :
- Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d'Azur
- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Alexandra DENOYELLE - a.denoyelle@terresinovia.fr
Comportement des variétés de tournesol face à l'orobanche cumana - Résultats 2025
Le cycle de l’orobanche cumana
Les dynamiques d’accroches et d’émergences peuvent être différentes selon les secteurs, en partie liées aux conditions climatiques affectant le développement de l’hôte et/ou celui de la plante parasite.
Les toutes premières émergences sont apparues en juillet dans nos essais.
(Photo de C. Jestin – Terres Inovia ; site Longeville-sur-mer – 07/2025)
Le dispositif d’évaluation
Le réseau d’essais, mis en place annuellement est réparti entre la région Sud et le Poitou-Charentes/Vendée, avec 2 -3 essais/an. La difficulté de réussite de ces essais repose avant tout sur la possibilité de disposer de parcelles avec un niveau d’infestation important et homogène. Un grand merci aux agriculteurs pour nous avoir permis de conduire ces expérimentations chez eux.
En 2025, ce sont 2 essais qui ont été implantés dans des parcelles naturellement infestées :
- Longeville-sur-mer (85) - Visite terrain le 31/07, avec 21 participants
- Verdun-sur-Garonne (82)
Les variétés implantées sont celles ayant a priori un comportement permettant de répondre aux principaux risques sur les secteurs concernés selon les dires des semenciers, soit des variétés classées peu sensibles (PS). L’expérimentation permet d’affiner notre conseil en vérifiant le comportement des variétés PS (en les sur-ou dé-classant). Certaines variétés sont retestées d’une année à l’autre en cas de doute.
Le dispositif est en trois répétitions avec un témoin sensible adjacent pour évaluer la pression parasitaire. Les notations sont réalisées durant l’été en mesurant l’incidence et la sévérité.
Résultats 2025 : des variétés TPS en pression modérée à forte
Les conditions de l’année ont encore joué un rôle clé dans la présence d’orobanche. Sur les deux sites d’essais tournesol, un seul a finalement montré une infestation suffisante pour établir un classement variétal.
Le dispositif de Verdun-sur-Garonne (82) n’est pas retenu en raison d’une pression parasitaire trop faible : des conditions climatiqes sèches dès juin ont probablement été défavorables à l’orobanche.
La classification de cette année repose ainsi majoritairement sur le dispositif implanté à Longeville-sur-mer (85) connue pour sa pression parasitaire très forte. Cette année, les conditions environnementales ont favorisé l’orobanche pour les 3 répétitions de ce site. Le niveau d’attaque était modéré à fort sur le témoin sensible répété, avec en moyenne 87% de plantes attaquées (62 à 98%), avec une majorité de pieds en classe 2 (2-5 orobanches/pied) et 3 (6-15 orobanches par pied). Le niveau de sévérité reste toutefois inférieur aux années précédentes sur ce site, où il est fréquent d’observer plus de 15 orobanches/pied sur la totalité des témoins sensibles.
Orobanches émergées sur le témoin sensible à droite ; absence d’orobanche sur une variété résistante à gauche (Longeville-sur-mer, 2025) (Photo : C. Jestin, Terres Inovia)
En infestation modérée à forte, les 17 variétés testées ont présenté un comportement TPS (très peu sensible) avec en moyenne 0 à 10 % de pieds infestés. Seule la variété LID 1062H CLP présentait un niveau d’infestation moyen proche de 10 % (0-15% selon les blocs), à l’inverse des autres variétés qui présentaient moins de 3 % d’infestation. Le témoin résistant P64LE25 présent d’une année à l’autre présente toujours un très bon comportement soulignant la capacité de certaines variétés proposées sur le marché à répondre à la problématique.
Les variétés TPS de cette année sont listées ci-dessous. Retrouvez également tous les résultats sur myvar.fr.
|
Variété |
Proposition classification 2025 |
Classification 2024 |
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CATALINA |
TPS |
TPS* |
|
LG 50463 |
TPS |
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LG 50487 CLP |
TPS |
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|
LG 50626HOV |
TPS |
TPS* |
|
LID 1062H CLP |
TPS |
|
|
LID 1074H |
TPS |
|
|
LID 1083H |
TPS |
|
|
LID 6038H CLP |
TPS |
TPS* |
|
P64HE188 |
TPS |
TPS* |
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P64LE25 |
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TPS |
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RGT GALLAXY SU |
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ROQUETTE |
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STABILO |
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SUREST HTS |
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SY ALMAGRO |
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SY ESSENTIO |
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TPS* |
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SY MAGISTER |
TPS |
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TPS : Très Peu Sensible à l’orobanche cumana. *A conforter
Attention : l’infestation par orobanche cumana est encore un phénomène émergeant. La diversité génétique des populations d’orobanche n’est pas encore stabilisée. Toutes les variétés TPS/PS peuvent ne pas montrer les mêmes niveaux de comportement dans les secteurs à fort risque orobanche cumana. Une attaque notable n’est donc pas exclue malgré les mesures prises.
Aussi, les variétés non proposées à la classification dans le réseau Terres Inovia peuvent donc être potentiellement à risque concernant leur comportement vis-à-vis de l’orobanche.
Dans les secteurs historiques de présence d’orobanche, les variétés sans évaluation ou avec une note inférieure à PS ou TPS sont donc à éviter.
Comment intégrer le choix variétal dans la lutte contre l’orobanche cumana ?
Avant tout, le choix variétal est le 1er levier à activer pour limiter à la fois la nuisibilité sur le tournesol et la dissémination des graines de la plante parasite dans les parcelles avoisinantes.
Il convient d’utiliser à minima des variétés PS dans les secteurs à fort risque orobanche.
Pour maximiser la durabilité du levier génétique, il convient de l’associer à des pratiques agronomiques, chimiques, et prophylactiques, adaptées à votre situation.
Christophe Jestin - c.jestin@terresinovia.fr - Chargé d'études - génétique & protection des cultures
Céline Motard - c.motard@terresinovia.fr - Responsable adjoint variétés
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Ingénieur Régional de Développement Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Quentin Lambert - q.lambert@terresinovia.fr - Ingénieur Régional de Développement Zone sud
Gestion en post-levée des dicotylédones : Des solutions efficientes à adapter à la flore présente
Les pluies de ce début de campagne, réparties entre la fin-août et la mi-septembre, ont quelque peu perturbé les semis, aboutissant à des écarts de dates d’implantation et donc de stade entre les parcelles de colza. Malgré cela, il est aujourd’hui temps de repérer la présence de dicotylédones pour décider d’une éventuelle intervention pour la majorité d’entre-elles.
De nombreuses solutions sont aujourd’hui disponibles pour contrôler les dicotylédones en post-levée. Appliqués seuls, en séquence ou en association, ces produits permettent de maîtriser efficacement la majeure partie des adventices fréquemment présentes dans les soles de colza. Tout l’enjeu à présent est de bien maîtriser le spectre d’efficacité et le mode d’action de chacun d’entre eux afin d’optimiser les interventions, que ce soit en termes de choix de produit(s), de dose(s) et de positionnement(s).
MOZZAR / BELKAR : pour viser un spectre large de dicotylédones
Ce produit est également applicable plus tardivement, en association avec une spécialité à base de propyzamide (IELO, KERB FLO, etc.), tout en gardant une efficacité sur alchémille, lamier, coquelicot, chardon-marie, fumeterre, gaillet, géraniums en pression faible à moyenne. En revanche, l'efficacité peut décroître sur capselle, véronique, laiteron, sisymbre, bleuet, matricaire et mercuriale si le stade est déjà bien avancé.
Attention, le mode d’action de ce produit est uniquement foliaire. Il ne peut donc s’employer que sur des adventices levées et atteignables par la pulvérisation. Il conviendra donc d’éviter d’intervenir sur des colzas très couvrant, afin d’éviter les effets « parapluie », et reporter l’application au retour des premiers froids, sur une culture plus éclaircie. De plus, ce produit n’est pas sélectif des légumineuses dans les parcelles de colza associées. Il conviendra alors de retarder son utilisation en entrée d’hiver, période où la plante compagne est habituellement détruite.
LADIVA ou pack MIZIS (MIZIK + NERIS) : pour élargir le spectre de MOZZAR
En complément de l’Halauxifène-méthyl présente dans le MOZZAR (ou MIZIK), l’Aminopyralide, contenue seule dans le NERIS ou associée au MOZZAR dans le LADIVA, renforce la persistance d’action et l’efficacité sur pensées et composées (matricaires, laiterons, séneçons, chrysanthèmes des moissons, etc.). Ces produits sont à positionner idéalement autour du stade 4 feuilles du colza, en une seule application non-fractionnable.
En plus des informations précédentes, voici quelques compléments à connaître sur ces solutions :
- Les produits sont compatibles avec de nombreux insecticides ou antigraminées foliaires associés avec une huile végétale de type ACTIROB. Ne pas mélanger avec les fongicides/régulateurs.
- En application tardive (au-delà du 10 novembre) de MOZZAR, LADIVA ou du pack MIZIS, le mélange avec un produit type KERB FLO est possible avec adjuvant non-ionique de type PHYDEAL, PIXIES, GONDOR, SILWET, etc. LADIVA existe aussi en pack LADIVA FLO (LADIVA + KERB FLO)
Des solutions davantage spécifiques pour lutter contre une flore plus ciblée
Le recours à d'autres produits peut s'envisager, seul ou en complément des spécialités mentionnées précédemment, pour cibler certaines flores en particulier. Par soucis de sélectivité vis-à-vis du colza, le respect du stade d'application et des conditions d'emploi de ces produits est important.
- FOX 1 L/ha est un herbicide de contact positionnable à 4-5 feuilles du colza, impérativement sur feuillage sec pour des raisons de sélectivité. Employé en complément d’autres produits, il peut apporter un gain d’efficacité sur jeunes mercuriales, chénopodes, lamiers, pourpier, sisymbres, véroniques, ainsi que sur jeunes pensées, morelles, ravenelles ou coquelicots. Il est sélectif des principales légumineuses associées au colza si ces dernières sont bien développées.
- CALLISTO 0,15 L/ha est applicable à partir de 6 feuilles sur des colzas en bon état végétatif et légèrement endurcis (après les premiers froids, mi-octobre ou petites gelées matinales, maximales inférieures à 15-18°C). Il permet de lutter seul contre les crucifères adventices du colza (sanve, moutardes et calépine) ou en association avec du CENT 7 à 0,2 l/ha contre ravenelle, barbarée, sisymbre, et repousses de betterave. Son utilisation est renouvelable 2 à 3 semaines plus tard pour les plus fortes infestations. Il détruit les légumineuses associées au colza.
- IELO / YAGO / BIWIX 1,5 L/ha est efficace sur graminées, bleuets, chardons, matricaires, laiterons, séneçons, coquelicots et dans une moindre mesure sur pensées et véroniques. Il a une légère action contre géranium disséqué. Ce produit détruit les légumineuses associées au colza. Un sol froid et de la pluie après l’application sont nécessaires pour optimiser l’efficacité de la propyzamide.
Quelques trous dans la raquette…
Certaines flores restent toutefois très complexes pour ne pas dire impossibles à contrôler avec les produits de post-levée en colza : citons par exemple les renouées (persicaires, des oiseaux, liseron), rumex, liserons ou encore morelles et amarantes très développées.
Attention aux conditions d’application
Les conditions météorologiques actuelles (début octobre) se caractérisent par des matinées fraiches, humides et des milieux de journées chauds et secs, avec des amplitudes thermiques parfois importantes. Afin de maximiser l’efficacité des solutions présentées précédemment, il est important de se référer aux préconisations d’usage mentionnées sur l’étiquetage de chaque produit afin de positionner au mieux ses interventions. Voici quelques repères simples à connaître pour les produits mentionnés précédemment :
| Produits | Stade d’application | Conditions d’applications | Période en journée |
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MOZZAR/NERIS LADIVA |
A partir de 4 feuilles jusqu’à stade « rosette » | Hygrométrie > 80% Températures comprises entre 12 et 20°C au moment de l’application Amplitudes thermiques <15°C |
04h00 à 09h00 du matin |
| CALLISTO | A partir de 6 feuilles jusqu’à stade « rosette » | Colza en bon état végétatif et légèrement endurcis Hygrométrie > 80% Températures comprises entre 5 et 14°C Amplitudes thermiques < 15°C |
04h00 à 09h00 du matin |
| FOX | A 4-6 feuilles pour un bon compromis efficacité/bonne sélectivité | Feuillage sec (sélectivité) Bon état végétatif Hygrométrie > 80% Températures comprises entre 4 et 14°C au moment de l’application |
Dans la nuit, avant tombée de la rosée ! |
Pour aller plus loin
► Conditions d'application des herbicides
► Tableau d'efficacité des herbicides en colza (Juillet 2025)
► Consultez l'outil 'Mélange des produits phytosanitaires'
Votre contact en région
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) – Centre et Est Occitanie
- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) – Sud Nouvelle-Aquitaine, Gers et Hautes-Pyrénées
- Alexandra Denoyelle - Auvergne-Rhône-Alpes, PACA
Colza : limiter l'impact des repousses de céréales
La présence de petits grains à la récolte des céréales l’été dernier a favorisé la présence de repousses dans les colzas. Si elles ont bien été maîtrisées dans les premiers colzas semés, la décision d’intervenir ou non se pose encore pour les parcelles implantées plus tardivement. Il est important d’évaluer et de prendre en compte le risque rapidement pour éviter une concurrence préjudiciable.
Les repousses de céréales deviennent préjudiciables à partir de 5-10 pieds/m²
Le pouvoir concurrentiel des repousses de céréales vis-à-vis des colzas augmente avec leur densité, et peut se traduire par une diminution du gain de biomasse de la culture à l’automne, limitant sa robustesse, et par extension des pertes de rendement. C’est notamment le cas pour les repousses d’orge d’hiver, davantage préjudiciables que celles du blé.
Pour favoriser une bonne implantation des colzas, une intervention spécifique peut être généralement déclenchée à partir de 5-10 pieds/m² présents en parcelle.
Adapter le positionnement et le choix de produit au salissement de la parcelle
En présence de repousses uniquement, et en cas de concurrence précoce et intense, il est nécessaire d’intervenir rapidement avec des solutions antigraminées foliaires, de préférence de la famille des « Fop » (Cf. tableau ci-dessous). Elles ont l’avantage d’être peu onéreuses et efficaces, contrairement aux herbicides à mode d’action racinaire employés en pré-levée ou post-levée précoce qui n’ont pas ou peu d’effet sur les repousses.
| Produit type fop (liste non exhaustive) |
Dose/ha (dose la plus faible : repousses de céréales avant tallage - dose la plus élevée : ray-grass, vulpin) |
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Spécialités à base de quizalofop-P-éthyl 50 g/l |
0,6 à 1,2 l/ha + huile 1 l/ha |
| Spécialités à base de fluazifop-P-butyl 125 g/l (FUSILADE MAX…) |
0,75 à 1 l/ha |
| Spécialités à base de propaquizafop 100 g/l (AGIL, AMBITION...) |
0,4 à 0,8 l/ha + huile 1 l/ha |
Les conditions d’application sont déterminantes dans le bon fonctionnement des produits
Intervenez dans des conditions poussantes sur des plantes réceptives, c’est-à-dire non-stressées (stress thermique ou hydrique), à des températures douces, des amplitudes thermiques faibles (entre 5 et 15-20°C) et par une hygrométrie supérieure à 80 %. Attention à garder un volume d’eau suffisant pour toucher correctement une cible relativement verticale avec une faible surface foliaire.
En présence de repousses accompagnées de ray-grass et/ou de vulpins,
en conditions d’infestation moyenne à importante (> 20 graminées/m²), il faudra privilégier le recours à une spécialité herbicide à base de cléthodime, seule matière active à mode d’action foliaire encore partiellement efficace contre graminées. Ici, l’objectif est de limiter la concurrence et faciliter l’action de la propyzamide (Kerb Flo, Ielo, etc.) appliquée ultérieurement en entrée d’hiver.
Pour maximiser l’efficacité de l’intervention, l’application doit être positionnée à un stade plus avancé (3-4 feuilles des graminées), tout en veillant à bien respecter les conditions d’applications et les doses recommandées.
| Produit type dim (liste non exhaustive) |
Dose/ha (dose la plus faible : repousses de céréales avant tallage - dose la plus élevée : ray-grass, vulpin) |
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Spécialités à base de cléthodime 240 g/l |
0,4 à 0,5 l/ha + huile 1 l/ha |
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Spécialités à base de cléthodime 120 g/L(CENTURION R, FOLY R, BALISTIK…) |
0,9 à 1 L/ha + huile 1 L/ha |
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- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) – Sud Nouvelle-Aquitaine, Gers et Hautes-Pyrénées
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Soja : profitez de cette belle semaine pour récolter les parcelles mûres
Les températures exceptionnellement élevées de la mi-juin à fin juillet ont entraîné un développement et une entrée en floraison rapide des sojas. L’entrée en maturité, elle, a été plus lente qu’anticipée au vu des chaleurs du mois d’août. Les parcelles sont entrées au stade R7 (première gousse mûre) entre la fin-août et début septembre. Aujourd’hui, la majorité des parcelles implantées dans le Sud-Ouest de précocité 0 atteignent ou ont déjà atteint leur pleine maturité. Des récoltes ont ponctuellement déjà commencé la semaine dernière dans les secteurs précoces implantés en pluvial.
Les parcelles implantées la première quinzaine de mai, avec des variétés de précocité I et conduites en pluvial entrent en maturité, tandis que les parcelles plus tardives (parcelles profondes et/ou irriguées, semis après le 15/05 de variétés tardives) y arriveront d’ici 10-15 jours. Les récentes averses, ainsi que les chantiers de récolte de tournesol et/ou de maïs grain en cours, ralentissent les moissons des parcelles bonnes à battre.
Au-delà du stade, ce sont les conditions météorologiques qui sont déterminantes : les pluies abondantes de ces derniers jours compliquent ou retardent les interventions. Un retour de conditions plus sèches est toutefois attendu en fin de semaine et au milieu de la semaine prochaine, offrant une fenêtre intéressante pour avancer les moissons. Attendre le bon moment sera essentiel pour préserver la qualité des lots et limiter les frais de séchage.
Le contexte climatique reste néanmoins décisif : les pluies abondantes de ces derniers jours compliquent ou retardent les interventions. Un retour de conditions plus sèches est toutefois attendu en fin de semaine et au début de la semaine prochaine, offrant une fenêtre intéressante pour avancer les moissons. Attendre le bon moment sera essentiel pour préserver la qualité des lots et limiter les frais de séchage.
TOP récolte : les graines « sonnent » dans les gousses
Il est important de bien repérer le stade optimum de récolte du soja qui se caractérise par le fait
L’humidité du grain est généralement comprise entre 14 % et 16 %. Les normes de commercialisation sont de 14 % d’humidité et 2 % d’impuretés. Une récolte avec une humidité supérieure entrainera de fait des frais de séchage qui viendront diminuer la marge de la culture.
De plus, il faut être vigilant et livrer rapidement la récolte car la graine ne se conserve pas au-dessus de 14 % d’humidité.
A contrario, récolter un soja trop mûr est contre-productif car cela augmente le risque d’égrenage et donc la perte de grains à la récolte. A trop attendre, les gousses finissent par vriller et s’ouvrent, laissant tomber les graines au sol. A sur-maturité, il y a aussi un risque de réhumectation et donc de baisse de qualité.
Récolter tranquillement
Lors de la récolte, il est important d’adopter une vitesse modérée, de l’ordre de 4-5 km/h et de descendre la barre de coupe au maximum. L’objectif est de récolter l’ensemble des gousses, même les plus proches du sol. Si ces conditions ne sont pas respectées, on peut perdre 3 à 4 q/ha en laissant les premières gousses dans le champ.
La coupe flexible : une solution pour récolter les gousses les plus basses
L’une des principales préoccupations au moment de la récolte est d’arriver à récolter l’ensemble des gousses, y compris les plus proches du sol. Les coupes flexibles peuvent répondre à ce problème. En effet, ce type de matériel est capable d’épouser la forme du sol et ainsi de récolter au plus près du sol (jusqu’à 5 cm environ) sur toute la largeur de coupe. Néanmoins, il faut noter qu’il y a encore peu d’équipements de ce type dans la région, le prix est un frein à son développement.
Pour plus d'informations, consulter l'actualité : Récolter du soja avec une coupe flexible
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Quentin Level – q.level@terresinovia.fr – Sud Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
Désherbage du lin oléagineux : quel programme pour les semis 2025 ?
Le programme de désherbage antigraminées évolue sur le lin oléagineux d’hiver à la suite du retrait d’AVADEX 480. Découvrez quel programme pour les semis 2025.
COLZAMID (napropamide) en postsemis-prélevée est la solution alternative à l’AVADEX 480 travaillée par Terres Inovia depuis 4 campagnes (essais avec observation de la sélectivité et de l’efficacité). Son utilisation sur lin oléagineux est possible parce que COLZAMID couvre toute la portée de l’usage « Crucifères oléagineuses*Désherbage» (colza, lin, etc,.). Attention, les applications en présemis incorporées ne sont pas sélectives du lin.
En situation de pression en graminées, un désherbage de pré-levée peut être réalisé avec COLZAMID (napropamide) à 1,5 l/ha. L’efficacité sera supérieure ou égale à AVADEX 480 qui lui est incorporé en présemis. Sur colza et en situation de ray-grass, COLZAMID en prélevée est légèrement inférieur à 500-600 g ha de métazachlore. Contre vulpin, COLZAMID est plutôt équivalent. Il faut souligner que les conditions de réussite du désherbage sont meilleures en lin (application fin septembre-début octobre) grâce à des sols souvent plus frais au moment des application. L’efficacité est alors comprise entre 50 et 80%.
Le spectre d’efficacité de COLZAMID sur dicotylédone est intéressant et nettement supérieur à AVADEX480, notamment sur coquelicot, c’est aussi un complément sur les pensées et véroniques. Les efficacités sur matricaire et véronique ne sont pas négligeables.
- Appliquer l’herbicide dans les 48h après le semis
- L’efficacité est abaissée en présence de mottes ou de résidus
- L’application sur sol frais permet une efficacité optimale
- L’efficacité est moins régulière sur des sols argileux
- Ne pas appliquer avant de fortes pluviométries, ni sur sols
- Sur sols limoneux ne pas dépasser la dose de 1,5 l/ha, sur d’autres sols la dose peut être montée à 2 l/ha.
Nous devons préciser qu’à ce jour la société UPL couvre uniquement les applications à 1,5 l/ha.
Cette base sera complétée en végétation par un antigraminées foliaire, dans le cas où les ray-grass et/ou vulpins sont encore sensibles. Une vigilance sera portée sur ces applications, les efficacités fortement affectées par la résistance aux inhibiteurs de l’ACCase (“fop”, “dime” et “den”) sont parfois meilleures pour la cléthodime. Mais la fréquence de la résistance progresse, d’où l’intérêt du désherbage de prélevée, parfois la seule façon de contrôler les graminées. Dans les cultures plus faciles à désherber, il est préférable de limiter le recours à la cléthodime pour faire durer l’efficacité. En colza, pour contrôler les repousses, il est préférable de choisir un « fop » (AGIL, etc,.) et la cléthodime ne doit s’envisager que si l’on vise une efficacité optimale dans un programme avec KERB.
En non labour et au semis, il est fortement recommandé, si le dernier passage d’outil date de plus de 5-8 jours, d’appliquer un glyphosate pour éliminer les premières levée de ray-grass ou de vulpin. Cette technique est préférable à un travail du sol au moment du semis (exemple avec un semis en combiné) qui peut favoriser, encore plus, de nouvelles levées en culture.
Le faux semis est en effet un levier incontournable et, dans la rotation d’autres leviers peuvent être activés pour lutter contre le ray-grass ou le vulpin : introduction d’une culture de printemps, voire deux successives, labour occasionnel, etc,.
En lin d’hiver : attention à la sensibilité au gel des antigraminées foliaires
Une autre donnée doit aussi être prise en compte, celle de l’augmentation de la sensibilité des lins au gel après passage d’un antigraminée foliaire (AGF) à l’automne :
• Dans les zones à hivers froids (Centre, Nord et Est), éviter autant que possible l’usage d’un AGF avant la sortie hiver.
• Dans les zones à hivers plus doux (Sud-Ouest, Ouest), l’application d’un AGF à l’automne est envisageable, seulement en cas de concurrence précoce.
• D’une manière générale : mieux vaut positionner l’AGF en sortie d’hiver.
Tournesol : récolter au bon moment
Sur l'ensemble du secteur Sud et de la région AURA, des premières récoltes ont pu être réalisées avant le passage pluvieux de la fin de la semaine dernière, sur les toutes premières dates de semis, mais le vrai Top départ se dessine une fois que l'entrée dans les parcelles sera possible
Comment reconnaitre le bon stade de récolte ?
Récolter au stade optimal demande une observation attentive du champ. Ce moment clé intervient lorsque la majorité de la parcelle présente les signes suivants :
- Le dos des capitules vire du jaune au brun,
- Toutes les feuilles sont sénescentes,
- La tige se dessèche et passe du vert au beige clair,
- Les graines affichent un taux d’humidité compris entre 9 et 11 %.
Un bon réglage de la moissonneuse-batteuse est essentiel pour réduire les pertes et garantir la qualité des graines
Récolter à l’humidité optimale permet de maximiser la marge économique
Une récolte en surmaturité, avec un taux d’humidité des graines réduit à 5 %, peut entraîner une baisse de marge de 55 €/ha — car souvent en dehors des seuils de sans remise aux normes d’humidité. Ces pertes sont à comparer à une récolte effectuée au stade optimal, soit à 9 % d’humidité.
Une récolte avec une teneur en eau élevée des graines entraîne également une baisse de marge. Par rapport à une récolte au stade optimal (9 % d’humidité), la marge diminue de 105 €/ha à 13 % d’humidité.
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