Comprendre le phénomène des phyllodies en Tournesol

Les phyllodies sont une anomalie rare mais significative qui peut affecter les tournesols. Ce phénomène se manifeste par la transformation de certaines fleurs en structures ressemblant à des feuilles.

Qu'est-ce que les Phyllodies ?

Les phyllodies sont des déformations de fleurs en tournesol où les organes floraux se développent de manière anormale, prenant l'apparence de feuilles. Plutôt que de produire des graines ou des fleurs fonctionnelles, les structures affectées ressemblent à des feuilles ou à des bractées, des feuilles modifiées généralement situées à la base des fleurs.

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Causes et facteurs contribuants

Le tournesol est particulièrement sensible aux stress thermiques pendant la phase d'initiation florale, qui s'étend du stade des 8 feuilles au stade du bouton étoilé. Les principaux stress thermiques incluent une amplitude thermique élevée (supérieure à 15°C) entre le jour et la nuit, ainsi que des températures inférieures à 5°C. La combinaison de ces deux facteurs tend à aggraver les symptômes observés.

​​​​​Impact sur la production

L'étude conduite par Terres Inovia sur les parcelles affectées par les phyllodies en 2021 montre que les phyllodies ont conduit à une augmentation du diamètre des capitules. Toutefois, elles n'ont pas eu d'impact significatif sur le taux d’impuretés ou le rendement en termes de poids net des graines. Ces résultats suggèrent que, bien que les phyllodies puissent altérer la taille des capitules, leur influence sur le rendement global de la culture semble limitée. Cf. étude détaillée ici : Impact des phyllodies en tournesol sur le rendement

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Irriguer son tournesol à bon escient pour assurer les quintaux

 

Par climat sec et sur terres à réserve en eau limitée, 2 apports d'eau de 35 à 40 mm à partir de la floraison garantissent un gain de 8 q/ha et de 2 à 4 points d'huile.

Irrigation du tournesol

 

Une culture très tolérante aux conditions sèches

Si la structure du sol n’entrave pas sa croissance racinaire, le tournesol est capable d'exploiter les horizons les plus profonds (jusqu’à 2 m), et d'extraire la totalité de l'eau disponible, là où d'autres cultures ne peuvent extraire que les 2/3 de la réserve utile.

Le tournesol est également une plante qui répond bien à l’irrigation surtout si sa croissance végétative est modérée avant la floraison. Du tout début floraison à la fin du remplissage de la graine, le tournesol doit consommer 230 mm d’eau pour assurer un rendement de 30 q/ha. L’eau d’irrigation est particulièrement bien valorisée à cette période, lorsque la réserve en eau du sol est épuisée. Les essais et les observations en culture ont montré des gains moyens de l’ordre de 8 q/ha pour des apports de 100 mm avec une irrigation bien gérée.

 

Rendement du tournesol (q/ha) et intensité de la sécheresse estivale

Niveau de remplissage de la réserve d'eau utile du sol le 21 juillet en %

Lors d'années humides (2007 ou 2011), les rendements nationaux ont pu atteindre 27 q/ha

Lors d'années sèches (2006 ou 2010), les rendements moyens ont stagné à 22-24 q/ha.

shéma rendement du tournesol par rapport à l

 

 

Un à trois tours d'eau suffisent

Le tournesol irrigué présente deux atouts majeurs particulièrement intéressants lorsque l’eau disponible pour l’irrigation est limitée ou lorsque le calendrier d’irrigation de l’exploitation est chargé :

  • de faibles volumes d’eau requis : 30 à 120 mm d’eau d’irrigation suffisent ;
  • une période d’irrigation centrée sur juillet et début août.

 

Débuter l’irrigation suivant l’état végétatif du tournesol

Le choix de la date de début d’irrigation dépend de l’état de croissance végétative du tournesol avant la floraison et de l’état des réserves en eau du sol. Il est en effet nécessaire d’éviter l’exubérance des plantes avant la floraison : l’efficacité des arrosages s'en trouve améliorée. Arrêter l’irrigation quand le dos du capitule vire du vert au jaune citron.

 

Pilotage de l'irrigation

Croissance au stade bouton A disposition :
1 tour d'eau 30/40 mm 2 tours d'eau 60/80 mm 3 tours d'eau 90/120 mm

Faible à modérée

irrigation faible

 

Juste avant la floraison ou plus tôt si les feuilles de la base jaunissent

Juste avant la floraison ou plus tôt si les feuilles de la base jaunissent

Fin floraison

Sols superficiels :

Bouton étoilé

Début floraison

Fin floraison*

Sols profonds :

Début floraison

Fin floraison

10 jours plus tard

Normale à exubérante

irrigation tournesol forte

 

Fin floraison

Fin floraison

10 jours plus tard

Ne pas dépasser 2 tours d'eau

En sol profond, l’irrigation est justifiée uniquement en année sèche. Un tour d’eau en fin floraison est conseillé.
* Dans le Sud-Est (vallée du Rhône et bordure méditerranéenne), la forte évapotranspiration et la faible pluviométrie justifient souvent un tour d’eau supplémentaire 10 jours après la fin de la floraison.

Après la première irrigation, la durée du tour d’eau recommandée est d’une dizaine de jours, tant qu’il ne pleut pas. Après une pluie, décaler le tour d’eau d’un jour par tranche de 5 mm. Préférer des doses de 30-35 mm à chaque tour d’eau à des apports plus faibles et plus rapprochés.

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Attention au sclérotinia et au phomopsis

  • Ne pas irriguer en pleine floraison si le temps est humide, pour éviter les attaques de sclérotinia du capitule.
  • Veiller particulièrement au phomopsis en choisissant une variété très peu sensible ou peu sensible, protégée si nécessaire par un traitement en végétation.
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Irriguer le tournesol : un intérêt accru dans les sols superficiels et intermédiaires

Une culture très tolérante aux conditions sèches…

Si la structure du sol n’entrave pas sa croissance racinaire, le tournesol est capable d'exploiter les horizons les plus profonds (jusqu’à 2 m) et d'extraire une plus grande quantité d’eau disponible du sol que d’autres cultures. Au niveau technico-économique, c’est une culture robuste, relativement à d’autres cultures d’été conduites en sec, amortissant particulièrement bien les aléas climatiques.

 

… et valorisant de quantités limitées d’eau d’irrigation

Le tournesol est également une plante qui répond bien à une irrigation modérée en quantité, surtout si sa croissance végétative est limitée avant la floraison. L’eau d’irrigation est particulièrement bien valorisée entre le tout début floraison et la fin du remplissage des graines, lorsque la réserve en eau du sol est en phase d’épuisement. Les besoins en eau d’irrigation du tournesol sont le plus souvent inférieurs à 100 mm (1000 m³/ha).

L’irrigation du tournesol est la mieux valorisée dans les sols superficiels et intermédiaires. Les essais et les observations en culture ont montré un gain moyen de l’ordre + 1.2 à + 1.4 q/ha par tranche de 10 mm d’apport dans les sols superficiels (RU ≈ 80 mm), + 0.8 à + 1 q/ha dans les sols intermédiaires (RU ≈ 130 mm) et de + 0.5 q/ha dans les sols profonds (Réserve utile ≈ 180 mm).

 

Deux apports d’eau, l’un avant et l’autre après la floraison : une stratégie gagnante

Comme l’illustrent notamment des essais conduits dans des sols filtrants de Rhône-Alpes, deux tours d’eau, positionnés avant et après la floraison, constituent la solution optimale pour augmenter le rendement avec un volume d’eau limité (80mm).

Dans ce contexte de disponibilité en eau restreinte, une seule irrigation de 40mm fin floraison apporte déjà un gain de rendement de 5q/ha par rapport à une conduite sans irrigation. Le positionnement de cet apport unique à fin floraison, par rapport à la préfloraison, permet d’augmenter à la fois le rendement et la teneur en huile (+ 4 points).

A noter que l’irrigation n’a aucun effet sur la teneur en acide oléique du tournesol.

 

Résultats essai CREAS/TERRES INOVIA 2006

Contexte : stress hydrique précoce et prolongé en sol superficiel

Résultats essai CREAS

 

Des marges améliorées

Au niveau économique (marge intégrant les coûts de l’eau d’irrigation), le tournesol irrigué en culture principale est bien positionné relativement à d’autres espèces irriguées de printemps (pois) ou d’été (soja, sorgho, maïs) dans les sols superficiels voire intermédiaires selon le contexte de prix de vente des graines et de coût d’achat de l’eau, toutes les espèces étant irriguées avec des mêmes volumes restreints (1 à 3 tours d’eau avec un volume total inférieur ou égal à 100 mm). Toujours en relatif, l’irrigation du tournesol est moins bien valorisée dans les sols profonds où des espèces plus exigeantes en eau, comme le soja ou le maïs, se positionnent mieux au niveau économique. 

La simulation économique présentée ci-dessous illustre l’intérêt de l’irrigation du tournesol dans les sols superficiels : dans ce contexte défini, le tournesol irrigué fait partie des cultures d’été à meilleure marge en conduite irriguée et volumes restreints.

 

Hypothèses retenues

Avec les hypothèses retenues, les gains de marge permis par l’irrigation du tournesol, pour un coût total de l’eau à 0.30 €/m³, sont compris entre +150 et +200 €/ha dans les sols superficiels pour 100 mm de dose totale. Ce gain n’intègre par l’effet de l’augmentation de teneur en huile sur le prix de vente des graines, effet le plus souvent valorisé à l’échelle de l’organisme de collecte. 

Les coûts de l’eau sont très variables selon le contexte de chaque exploitation agricole irrigable (selon l’origine de l’eau, les modes de pompage et d’aspersion, l’amortissement plus ou moins avancés des équipements, etc.). De même, les prix de vente du tournesol et des autres cultures peuvent fortement différer d’une campagne à l’autre. Ainsi selon votre contexte de production, les gains de marge à attendre grâce à l’irrigation du tournesol sont très variables : voir les deux tableaux suivants (sols superficiel et sol intermédiaire).

 

Irrigation indispensable pour le tournesol en double culture

Dans le Sud de la France, le tournesol peut être cultivé en double culture (ou culture dérobée), juste après une orge précoce par exemple. Dans ce cas, l’irrigation est indispensable pour assurer une levée rapide dès fin juin – début juillet et accompagner la culture dans un contexte où la réserve en eau du sol est fortement entamée après la culture d’hiver.

 

L’irrigation du tournesol peut être très rentable pour l'exploitation !

1. Lorsque la ressource en eau est limitée

Mettre du tournesol dans l’assolement présente un intérêt pour les exploitations avec irrigation où les quantités d’eau disponibles ne permettent pas d’irriguer à l’optimal, sur toute la surface, les autres cultures, en particulier les plus exigeantes en eau.

2. Lorsque l’interdiction d’irrigation est précoce

Les exploitations soumises à des arrêts précoces d’irrigation (début à mi-août) peuvent trouver avec l’irrigation du tournesol un moyen de valoriser l’eau à l’époque où elle est encore disponible.

3. Tout particulièrement dans les sols superficiels et intermédiaires

 

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Symptômes de carence en soufre, phosphore et bore à floraison

Symptômes de carence en soufre

Décoloration (blanchissement) des fleurs. Les symptômes foliaires sont parfois fugaces ou peu prononcés. Ils apparaissent d'abord dans les tournières, les ruptures de pente et dans toutes les zones où la minéralisation et l'enracinement sont mauvais.

carence en soufre sur colza à floraison

Fleurs pâles, avortées

Symptômes de carence en phosphore

A ce stade, il n’est plus possible de corriger les carences sur la culture en place. Etre attentif au raisonnement de la fertilisation sur les cultures suivantes, surtout si elles sont très exigeantes, pour éviter l’apparition de nouvelles carences.

carence en phosphore sur colza à floraison

Avec et sans fertilisation phosphatée, essai Terres Inovia

Symptômes de carence en bore

L'association de plusieurs symptômes est nécessaire pour conclure à une carence en bore

  • épaississement du pivot et du collet, et éventuellement moelle nécrosée dans la partie supérieure,
  • régression et disparition des bourgeons terminaux ; départ très bas des ramifications ; port buissonnant,
  • fentes longitudinales sur la tige en croissance active (stade D2) en "coups de rasoirs",
  • pincement de la tige sous les boutons floraux de la hampe principale et des ramifications,
  • siliques peu nombreuses, plus ou moins vides, souvent en crochet.

carence en bore sur siliques colza

Bloquage de la croissance des siliques

Risque de confusion

  • dégâts de gel entraînant la pourriture du bourgeon terminal
  • dégât de charançon du bourgeon terminal
  • éclatement de l'épiderme des tiges, lié à une croissance trop rapide au printemps
  • attaque de charançon de la tige entraînant une nécrose de la tige
  • carence en soufre et siliques vides.

Méthodes de correction

Le stade est trop tardif pour réaliser une correction.

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La fertilisation soufrée trop souvent négligée

Symptômes de carence en soufre

Au moment de la montaison : décoloration (jaunissement) du limbe des feuilles les plus jeunes (au sommet). Les nervures restent vertes. En vieillissant, ces feuilles deviennent rougeâtres et cassantes. La croissance est fortement ralentie.

symptômes de carence en soufre sur colza

feuilles décolorées, jaunies

Le colza a besoin de soufre au printemps

Mobilisation en soufre de différentes cultures

Source : SADEF pôle d'Aspach

Dans le cas du colza, la demande en absorption est plus précoce que pour les autres cultures, à un moment où la minéralisation du soufre du sol peut être faible.

Le colza est une culture qui a besoin d'une quantité de soufre importante au printemps et dans un laps de temps précis. C'est pourquoi, il est impératif d'apporter le soufre en début montaison (stade C2/D1)

Une disponibilité insuffisante entraîne des pertes de rendement pouvant atteindre 10 à 20 q/ha dans les cas les plus graves.

Apporter 75 unités de soufre sous la forme assimilable (sulfate)

Réaliser systématiquement un apport au début de la montaison, de début février dans le Sud à mars/début avril dans le Nord. Une dose de 75 unités de soufre (SO3) permet de compenser les exportations par la culture et offre le meilleur rapport rendement/qualité de la graine.

En cas d'apport régulier de produit organique, le risque de carence en soufre est plus limité. Mais en année difficile, des carences peuvent s'exprimer. Adapter la dose apportée.

Attention ! L'apport de soufre sous forme S est onéreux et a une action nutritionnelle directe faible. Même si un léger effet fongicide et physiologique sur le couvert foliaire a été observé en laboratoire, préférer les formes sulfates (voir tableau de produits ci-après).

En cas de carence en soufre

Si vous observez des symptômes de carence sur feuille (décoloration entre les nervures), il faut intervenir rapidement en pulvérisant 100 kg/ha de sulfate d’ammoniaque, dilué dans 500 l d’eau pour éviter les brûlures des plantes.

Principaux engrais soufrés utilisables

Dernière mise à jour : juin 2016

Engrais Concentration de SO3 (1) Apport minimal pour 75 unités de SO3/ha Elément associé au soufre (1) Observations
en kg en litre
Sulfate d'ammoniaque 60% 125 -

21% N

Ne pas épandre sur végétation humide ou par temps de gel
Sulfonitrate d'ammoniaque 26 32,5% 230 - 26% N Bien adapté au 2ème apport d’azote
Ammonitrate soufré 26 - 13 (2) 13% 580 - 26% N
Solution azotée soufrée 26 - 14 (2-3)

14 kg SO3/100 l

678 536 26 kg N / 100 l
Superphosphate simple ou normal 18 30% 250 - 18% P2O5  
Superphosphate concentré 25 20% 375 - 25% P2O5
Sulfate de potassium 45% 170 - 50% K2O
Kiesérite granulé(sulfate de magnésium) 50% 150 - 25% MgO A réserver aux sols pauvres en magnésium
Polysulfate TM 48% 155 -

14 % K2O

6 % MgO

17 % CaO

 

Engrais composés

variable à calculer      

 

(1) Concentration variable. Référez-vous à votre distributeur

(2) Il existe d'autres formulations : consultez votre distributeur

(3) Densité de 1,265

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Les stades repères du tournesol