Pérenniser la production française des pois chiches
Quentin Lambert, ingénieur développement et référent de la culture du pois chiche chez Terres Inovia, présente cette légumineuse particulièrement appréciée en France.
Le pois chiche est une légumineuse à graines originaire d'asie occidentale principalement consommé en alimentation humaine. En France, les surfaces de pois chiche sont encore très confidentielles malgré un certain engouement autour de cette légumineuse. En effet, les surfaces françaises ont triplé ces trois dernières années passant de 10 000 à 35 000 hectares.
Le pois chiche a de nombreux atouts agronomiques : il valorise l'azote atmosphérique ainsi que les sols superficiels à moyens dans les situations argileuses et est habitué aux temps chauds et secs. C'est également une culture adaptée au désherbage mécanique, ayant peu de bioagresseurs (ascochytose et héliothis principalement), facile à récolter.
Le marché Kabuli recherche des graines indemnes de tâches et de gros grains (ils peuvent faire jusqu'à deux fois la taille d'un pois). D'autres graines, du type Desi, ouvrent à d'autres valorisations dont la transformation.
Terres Inovia soutient les contrats de production entre le producteur et le collecteur. Le producteur est assuré d'un prix garanti tandis que le collecteur a l'assurance de valoriser les volumes de production adaptés à son marché.
Découvrir l'histoire et les débouchés du chanvre
Louis-Marie Allard, référent de la culture du chanvre chez Terres Inovia présente l'histoire du chanvre ainsi que ses nombreux débouchés. Il explique également le changement important de réglementation depuis juillet 2021 concernant la récolte de la fleur de chanvre en France.
L'itinéraire technique du chanvre en 3 min
Louis-Marie ALLARD, référent national de la culture du chanvre chez Terres Inovia, présente l'itinéraire technique du chanvre.
Un itinéraire simple qui se découpe en 3 étapes : le semis, la fertilisation et la récolte.
Contrairement au blé, au colza ou au tournesol qui sont des hybrides ou des lignées, le chanvre est en réalité un ensemble de populations. L'avantage principal de cette spécificité génétique est qu'en cas de maladie, plutôt que de se développer en foyer comme on peut le voir sur d'autres espèces, un seul pied sera contaminé puisque ces derniers sont génétiquement différents.
Un autre avantage, économique celui-ci, est qu'il n'est pas utile d'utiliser d'herbicides sur le chanvre. En effet, tout se joue au moment de l'implantation et à la rapidité de développement du chanvre dans la parcelle pour lutter contre les adventices.
Pour cela, une règle à respecter : semer dans un sol réchauffé ce qui veut dire à 12° et à 2 à 3 cm de profondeur.
Pour en savoir plus sur le semis du chanvre, sur la fertilisation du chanvre ou la récolte du chanvre.
Pour commander ou télécharger le guide de culture chanvre
Evaluer la rentabilité du tournesol pour mieux saisir son intérêt économique en calculant votre marge
La rentabilité s’évalue le plus couramment de façon annuelle, à l’échelle d’une culture ou de l’assolement. Elargir le calcul de rentabilité à la rotation, à l’échelle pluriannuelle (€/ha/an), permet un regard plus représentatif de l’état économique de son système. A travers cet article, Terres Inovia vous incite quantifier les intérêts du tournesol, cet allié de choix pour vos rotations et assolements. Prenez votre calculette !
Rentabilité économique d’une culture : de quoi parle-t-on ? comment l’évaluer ?
L’indicateur historiquement le plus utilisé, car le plus simple, est le produit brut (€/ha) issus du calcul [Rendement x Prix de vente]. Pourtant ces éléments cruciaux ne suffisent pas à connaître la réelle rentabilité de sa culture. Il est indispensable de prendre en compte a minima les charges opérationnelles (payées par la trésorerie de l’entreprise) en calculant la marge brute.
Il est possible de compléter les calculs en allant jusqu’à la marge nette qui permet de rémunérer la main d’œuvre familiale et les capitaux propres (cf. figure ci-dessous). La marge est le plus souvent exprimée par la moyenne.
Enfin, la compétitivité sur les marchés peut être évaluée en calculant son prix d’intérêt (€/t), dépendant de son coût de production, comme aide à la décision pour vendre sa production, comparé au prix proposé sur les marchés.
Comment se positionne le tournesol en termes de rentabilité et de robustesse ?
A l’échelle nationale, les marges brutes moyennes annuelles hors aide du tournesol (données du CER France analysées par Terres Inovia) sont, relativement à d’autres espèces, peu variables, comprises entre 341 €/ha et 484 €/ha sur la période 2014- 2020* (*données provisoires pour 2019 et 2020) pour une moyenne à 384 €/ha et un écart-type à 48 €/ha.
Depuis 2010, on note des pics de marge qui s’expliquent, entre 2010 et 2012 par des prix élevés et en 2017 par la performance agronomique de la culture. En effet le record historique de rendement en tournesol date de trois ans seulement (ce n’est pas très ancien), preuve que le potentiel de cette culture est toujours bien là, notamment quand le climat est favorable (Voir graphique 1).
Par ailleurs, les charges opérationnelles du tournesol sont relativement réduites et stables comparées à d’autres espèces (en moyenne entre 250 et 350 €/ha - CER France), notamment grâce à ses faibles besoins en engrais azotés par rapport au blé ou au cola par exemple. En effet le graphique1 montre qu’entre 2012 et 2014, les charges opérationnelles ont été peu impactées par La flambée des prix du gaz naturel qui a accru le coût des engrais azotés ; le prix des engrais azotés sont en effet très dépendants du prix de cette énergie.
Le tournesol dépend finalement plus des effets « marchés » et possède une stabilité exceptionnelle au niveau des rendements et des charges opérationnelles contrairement à d’autres cultures. 2020 : données provisoires, campagne de commercialisation en cours
Une mobilisation de trésorerie limitée. Avec son cycle court, le tournesol permet une mobilisation limitée de la trésorerie dans le temps, ce qui est un élément positif dans la gestion d’une exploitation agricole. Le délai de retour sur investissement représente la durée de mobilisation de la trésorerie, c’est un facteur particulièrement important dans un contexte économique tendu.
L’intérêt d’une culture ne se réduit pas à sa seule rentabilité !
Il ne faut pas omettre les intérêts économiques induits par les cultures, comme les effets « précédent » et à l’échelle de la rotation. Par ses faibles résidus et la structure du sol favorable qu’il laisse, le tournesol est un très bon précédent à la céréale suivante. De même l’introduction d’une culture d’été comme le tournesol, dans des rotations d’hiver, facilite la gestion du désherbage, réduisant ce poste de dépense à l’échelle du système de culture.
D’autres bénéfices non négligeables sont à noter, comme la complémentarité des espèces d’hiver et d’été dans le calendrier de travail, ou le nombre limité d’interventions sur une culture comme le tournesol. Même si la conduite culturale reste technique, c’est une culture peu exigeante avec une demande en investissement spécifique limitée.
Enfin, en tant que oléagineux mondial majeur, le tournesol bénéficie d’investissements conséquents de recherche et d’innovation qui se traduisent notamment par un renouvellement variétal dynamique permettant à l’espèce de s’adapter à son contexte de culture. Matière première à multiples usages, les graines de tournesol sont aisées à commercialiser par l’agriculteur que ce soit via les marchés physiques ou différents contrats de production.
A RETENIR
En respectant quelques étapes techniques incontournables, le tournesol est un bon candidat pour la performance de nombreuses rotations. L’évaluation économique démontre l’intérêt pour les agriculteurs d’aller jusqu’au calcul la marge, et de ne pas limiter le raisonnement économique aux chiffres de rendement ou de produit brut, mais d’intégrer a minima les charges opérationnelles. Cette pratique demande à être renforcée, en intégrant l’échelle rotationnelle, qui permet d’évaluer les bénéfices d’une culture et d’un assolement à l’année mais également avec une vision long terme (cinq ans).
Choix de la variété de pois chiche et provenance
Terres Inovia et ses partenaires en région évaluent chaque année les variétés commercialisés sur le territoire français. La première synthèse variétale est publiée depuis l’automne 2019 (à retrouver en fin d'article). On y retrouve : la performance des variétés, leur principale caractéristique ainsi que des critères qualités.
Graines de pois chiche
La valorisation de cette espèce est fortement liée à son mode de mise en marché. Pour assurer un équilibre entre la production et la demande à long terme, Terres Inovia engage vivement à se rapprocher d'un organisme stockeur pour échanger sur les volumes possibles, le prix de vente et la possibilité d’établir un contrat de production. En ce sens, la variété peut être un point inscrit sur le contrat.
Attention à la provenance des graines semées !
Le principal mode de conservation de l’ascochytose (anciennement anthracnose), maladie la plus fréquente sur pois chiche, s’effectue sur graine. La prise de risque est forte lorsqu’on réutilise ces graines contaminées. En effet, on s’expose à une contamination primaire des plantes, dès la levée, avec des pertes associées estimées entre 25 et 75 % du rendement.
Quelles cultures pour remplacer le colza dans la région Nord & Est ?
Au vu des difficultés d’emblavement depuis quelques années, des colzas peuvent être remplacés par d’autres cultures. La liste des espèces possibles est potentiellement large. Mais des critères techniques et économiques sont à prendre en compte.
Tenir compte des herbicides appliqués sur colza
En premier lieu, le choix de la culture de remplacement doit se raisonner par rapport aux herbicides utilisés sur colza. Si plusieurs herbicides ont été utilisés, il faut suivre les recommandations du produit le plus limitant.
Adapter la culture au contexte pédoclimatique
Le soja, le pois, le lin oléagineux, le chanvre, la féverole voire le colza de printemps valorisent les sols profonds. Le tournesol, la lentille et le pois chiche sont des espèces mieux adaptées aux sols plus superficiels même si leur potentiel de rendement s’ajuste.
Les conditions climatiques au cours de la période de semis peuvent amener à changer d’option : le pois de printemps, la lentille, le pois chiche, le lin oléagineux, le colza de printemps et la féverole exigent un semis précoce sur un sol ressuyé en sortie d’hiver. Au-delà de fin mars, le risque de chute de potentiel de rendement devient élevé. Il est alors possible de basculer sur des cultures d’été (soja, tournesol, chanvre) à semer à partir d’avril.
S’assurer du débouché local et des possibilités de collecte
La plupart des cultures ne nécessitent pas de démarche commerciale spécifique. Le chanvre se fera préférentiellement sous contrat. Pour le lin, la lentille et le pois chiche, ils se font quasi-exclusivement sous contrat. Des cultures comme le soja ou le tournesol peuvent nécessiter une prise en charge particulière (logistique et/ou séchage) par l’organisme collecteur.
Evaluer les performances agronomiques des cultures de printemps dans la rotation
La gestion des adventices, notamment les graminées (ray-grass, vulpin), est problématique. L’introduction de cultures de printemps est un levier incontournable pour maîtriser l’efficience du poste désherbage. D’autres effets positifs sont également observés sur la gestion des maladies et des insectes. Les légumineuses (pois, lentille, …), présentent un intérêt sur l’alimentation de la culture suivante, voire sur le déplafonnement des rendements céréaliers. Les cultures de printemps à semis plus tardifs (tournesol, soja) présentent l’avantage de rompre le cycle des adventices et restent de bons précédents pour un blé semé en direct ou en TCS. Le chanvre présente l’intérêt d’être une culture étouffante pour les adventices.
Anticiper le recours éventuel à l’entreprise
Le tournesol nécessite un semis au monograine et une barre de coupe adaptée à la récolte. La récolte du chanvre est généralement sous-traitée par l’industriel. Pour les autres cultures, aucun équipement spécifique n’est à prévoir.
Des espèces à choisir au cas pas cas
Les critères à prendre en compte sont nombreux. Il est nécessaire d’en faire la synthèse pour définir au cas par cas l'intérêt par rapport à la situation de la parcelle. Le tableau ci-dessous est une première étape pour prendre une décision.
Terres Inovia participe à la 1ère Conférence européenne sur la diversification des cultures
Télécharger le guide chanvre
Des conseils de culture mis à jour
11 chapitres permettent de tout savoir sur la conduite de la culture du chanvre : atouts, variétés, culture intermédiaire, implantation, fertilisation, irrigation, désherbage, maladies, ravageurs, récolte et conservation. Cette édition du guide traite notamment des performances agronomiques et économiques de la culture, de la question de l’utilisation du chanvre en remplacement d’une culture d’hiver qui devrait être retournée, ainsi que des espoirs avec la lutte génétique pour combattre l’orobanche rameuse. On trouve également un chapitre dédié à la contractualisation de cette culture. Pour terminer, on retrouve les grands rendez-vous de la culture.
Comment se le procurer ?
Le guide est accessible dans son intégralité en version PDF et à la commande, dans la rubrique "Produits" / Publications.
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Un guide plus complet
Lin d’hiver et lin de printemps sont réunis dans un même guide. 13 chapitres permettent de tout savoir sur la conduite de la culture du lin oléagineux : atouts, variétés, implantation, fertilisation, désherbage, régulateurs, irrigation, récolte et gestion des résidus. Tout au long des chapitres, le guide distingue entre lin d’hiver et lin de printemps pour présenter toutes les spécificités de la culture. On trouve ainsi un chapitre dédié à la culture intermédiaire avant lin de printemps. Il permet aussi de faire le point sur les maladies et les ravageurs. Pour terminer, on retrouve les grands rendez-vous de la culture.
Comment se le procurer ?
Le guide est accessible dans son intégralité en version PDF et à la commande, dans la rubrique "Produits" / Publications.
Documents à télécharger
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Des conseils de culture pour accompagner les producteurs
Ce guide complet est composé de plusieurs chapitres qui balayent l’ensemble des choses à savoir sur la culture du pois chiche : graines, choix de la parcelle, implantation, inoculation, fertilisation, désherbage, récolte et stockage. Il met en lumière les atouts de la culture et fait le point sur les moyens de lutte contre les ravageurs et les maladies qui touchent le pois chiche. On y trouve enfin les grands rendez-vous de la culture.
Comment se le procurer ?
Le guide est accessible dans son intégralité en version PDF et à la commande, dans la rubrique "Produits" / Publications.