Le chanvre comme culture de remplacement
Le chanvre, culture de printemps, peut être utilisé en remplacement d’une culture d’hiver qui aurait subi des dégâts de gel. Cependant le chanvre est particulièrement sensible aux différents herbicides et peut rapidement montrer des symptômes de phytotoxicité. Des précautions doivent donc être prises.
1. Parcelle témoin sans labour un mois après le semis - 2. Phytotoxicité du Colzor Trio appliqué à 4l/ha après un semis sans labour préalable - 3. Colzor Trio appliqué à 4l/ha après un semis avec labour
Recommandations
Le chanvre étant une culture contractualisée et réglementée, il convient de se rapprocher de l’industriel le plus proche pour un éventuel semis.
Faire un test de levée avec de la terre prélevée sur la parcelle à réimplanter et comparer avec de la terre non traitée.
Réaliser un travail du sol profond.
Augmenter la densité de semis pour pallier aux éventuelles pertes de pieds et limiter les potentiels effets de rémanence.
Sensibilité aux herbicides : les essais de Terres Inovia
Terres Inovia dispose de données obtenues dans le cadre d’essais et d’observations au champ qui permettent d’évaluer la sensibilité du chanvre au moment de l’implantation vis-à-vis des herbicides appliqués sur les cultures d’hiver :
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Herbicide (dose) |
Effet sur chanvre qui suit | Commentaires |
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napropamide 2,2 à 2,8 l/ha pf |
Culture possible à condition de faire un labour profond | |
| COLZOR TRIO 3 à 4 l/ha |
Culture possible à condition de faire un labour profond dans le cas d'une faible pluviométrie hivernale. Attention, depuis le renouvellement des AMM, la firme a déposé une action de recours suite à la décision "seules des céréales ou crucifères oléagineuses" pourront être semées |
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| AXTER (2 l/ha) | Culture possible à condition de faire un labour profond. Des symptômes peuvent être observées (hauteur limitée, pertes de pieds à la levée) | |
| NOVALL (2,5 l/ha) | Culture possible sans restriction | |
| COLZOR TRIO (3 l/ha) + BUTISAN S (1 l/ha) | Culture possible sans restriction | |
| NOVALL (2,5 l/ha) + RUEDA (0,25 l/ha) | Culture possible sans restriction | |
| IELO (1,5 l/ha) | Culture possible sans restriction | |
| SUCCESSOR 600 (2 l/ha) + RUEDA 0,25 l/ha) | Culture possible sans restriction | |
| CALLISTO 0,3 l/ha | Culture possible sans restriction | |
| propyzamide (KERB FLO...) 1,8 l/ha pf | Culture possible sans restriction | |
| SPRINGBOK (3 l/ha) | Culture possible à condition de faire un labour profond | |
| ALABAMA (2,5 l/ha) | Culture possible à condition de faire un labour profond | |
| CLERANDA - CLERAVIS (2 l/ha) | Chanvre à proscrire | |
| LONTREL SG (0,2 l/ha) | Culture possible sans restriction | |
| métazachlore 2 l/ha pf | Culture possible à condition de faire un labour profond | |
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chlortoluron |
Chanvre à proscrire. Pertes de pieds et diminution de vigueur même si ce n'est pas systématique | |
| metsulfuron méthyl (ALIEE, ARCHIPEL...) | Culture possible à condition de faire un labour profond | |
| FOSBURI | Culture possible à condition de faire un labour profond | |
| ALISTER | Culture possible sans restriction | |
| BRENNUS - FIRST | Culture possible sans restriction |
En cas d'implantation du chanvre suite à une culture d'hiver, Terres Inovia ne pourra être tenu pour responsable d'éventuels problèmes de phytotoxicité observés à la levée ou lors de l'implantation de la culture.
Les atouts du chanvre
Les atouts agronomiques
Une très bonne tête d'assolement
Le chanvre s'intègre bien dans une rotation. Culture de printemps, il permet de diversifier les assolements à base de cultures d'automne.
Le chanvre est une très bonne tête d’assolement qui laisse un sol propre (du fait de son comportement étouffant vis-à-vis des adventices) et meuble (du fait des racines pivotantes qui se développent en profondeur).
C'est un très bon précédent à céréales au même niveau qu'une luzerne ou un pois.
Pas de traitement en culture
La culture du chanvre ne nécessite pratiquement pas d’entretien ni l’usage de produits phytosanitaires en végétation. Si la levée se réalise dans de bonnes conditions, il se comporte comme une plante étouffante et empêche toute rivalité des adventices.
Un réservoir de biodiversité
Comparé à des cultures telles que le colza et le tournesol, le chanvre accueille la plus grande quantité et/ou activité d’arthropodes prédateurs (araignées, carabidés). Grâce à son couvert haut et dense, les araignées sont deux à trois fois plus nombreuses dans cette culture que dans les autres. L’effet tampon du couvert et la litière de feuilles au sol sont de forts atouts puisqu’ils offrent abri, humidité et nourriture à l’ensemble de ces prédateurs.
Une bonne résistance à la sécheresse
Par la configuration de son système racinaire (profond et en pivot), le chanvre est une culture qui résiste relativement bien à la sècheresse. Dans la très grande majorité des cas, les fournitures du sol sont suffisantes et l'irrigation ne se justifie pas économiquement.
Une culture adaptée à tout type de sol
Le chanvre se développe bien dans quasiment toutes les conditions et peut se retrouver dans tous les types de sols avec toutefois des différences de rendement. Il produira au mieux en terres profondes, humifères et bien drainées et donnera des rendements plus faibles en sols superficiels. Son système racinaire en pivot ameublit le sol, cependant le chanvre est très sensible à tous les défauts de structure du sol (semelle de labour, compaction localisée, etc.…).
Les atouts environnementaux
Les débouchés du chanvre a un impact favorable vis à vis de l'effet de serre, d’après les résultats de l'analyse du cycle de vie réalisé par l'INRA sur le chanvre.
L’agronomie
L’impact potentiel favorable est dû à la prise en compte du stockage de carbone dans la fibre et la chènevotte par la photosynthèse.
La thermoplastie
L'incorporation de la fibre de chanvre diminue l'impact potentiel défavorable du polypropylène. Ainsi, la consommation d'énergie et l'impact sur l'effet de serre sont respectivement inférieurs de 20 et 40 % à ceux liés à la production de polypropylène pur.
Le bâtiment
Le chanvre a un impact favorable vis-à-vis de l'effet de serre. Le cycle de vie d'un mètre carré de mur en béton de chanvre sur 100 ans stocke entre 14 et 35 kg de CO2 équivalent par m².
Afin d'évaluer les impacts potentiels sur l'environnement des compounds thermoplastiques chargés en fibres de chanvre et d'un mur en béton de chanvre, le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, en partenariat avec la filière chanvre, a sollicité l'INRA pour réaliser une ACV.
Une ACV permet de quantifier les impacts d'un produit fini, depuis l'extraction des matières premières qui le composent jusqu'à son élimination en fin de vie, en passant par les phases de distribution et d'utilisation, soit « du berceau au tombeau ». L'étude a été divisée en 3 parties : une partie agronomique, une partie thermoplastique et une partie bâtiment. Achevée en juin 2005, elle a mis en évidence des gains environnementaux dus à la présence du chanvre dans ces nouveaux produits. Or ces gains n'avaient pas été quantifiés jusqu'à présent.
Les atouts économiques
La culture du chanvre est éligible aux aides PAC (obtention d'une compensation financière à la surface et à la transformation industrielle de la filière).
Il existe une aide couplée à la surface pour la production de chanvre qui évolue chaque année. Une enveloppe de l’ordre de 1,7 millions d’euros est destinée au financement de cette aide avec un montant unitaire calculée en fin de campagne, sur la base des superficies demandées et respectant les conditions d’éligibilité à l’aide. Ainsi en 2015, son montant était de 140 €/ha. Du fait de l’augmentation des surfaces, en 2017 cette aide est passée à environ 100 €/ha.
Des débouchés diversifiés grâce à une valorisation de toutes les composantes de la planteToutes les parties aériennes de cette plante fibreuse et oléagineuse sont utilisées et valorisées dans une large palette de débouchés :
Les matériaux issus du chanvre possèdent une image extrêmement positive dans l’opinion publique de par leur caractère végétal, naturel et renouvelable (par comparaison aux produits issus du pétrole). |
Inoculation du chanvre : mycorhization
Les mycorhizes sont des associations bénéfiques (symbioses) entre les racines de plantes et des champignons du sol. Ces champignons se connectent aux racines et forment un large réseau de filaments microscopiques (hyphes), qui prolonge les racines.
La présence de mycorhizes peut avoir un effet sur les caractéristiques suivantes :
- Absorption de minéraux
- Absorption de l’eau
- Activité hormonale
- Agrégation des sols
- Protection contre les organismes pathogènes
- Résistance aux stress environnementaux
- Modification de la composition biochimique
L’utilisation d’inocula de mycorhizes a pour vocation d’améliorer la croissance et la santé des plantes. En s’associant aux racines de la majorité des plantes, il augmente la zone de prospection du sol. En se développant à l’intérieur de la racine il favorise les échanges avec la plante.
Des études récentes menées par Terres Inovia ont permis de confirmer que le chanvre avait la capacité à être mycorhizé.
Analyse colorimétrique permettant d’apprécier l’intensité mycorhizienne des racines du végétal
Source INOCULUMplus
Des expérimentations ont été menées avec 2 types de produits de compositions différentes :
- SYMBIVIT®PRO Premium de chez INOCULUMplus
Composition : propagules (spores et fragments de mycélium, très petits fragments
de racines mycorhizées) de six champignons mycorhizogènes naturellement présents
dans les sols européens :
- Claroideoglomus etunicatum
- Glomus microaggregatum
- Rhizophagus intraradices
- Claroideoglomus claroideum
- Funneliformis mosseae
- Funneliformis geosporum
- Resid MG® fabriqué par la société Symborg
Composition : propagules d’un champignon, le Glomus iranicum var. tenuihypharum
Les premiers résultats mettent en évidence des gains de rendement que ce soit au niveau du chènevis que de la paille. Cette évaluation doit se poursuivre afin de confirmer ces tendances.
Les produits appliqués sont sous forme :
- de micro-granulés à appliquer dans la raie de semis ou bien par épandage
- liquide et devant être enrobée à la semence
Il existe pour chacun de ces produits une formulation « bio ».
Le choix variétal, la base de la gestion des maladies du tournesol
La protection du tournesol contre les maladies repose sur un ensemble de bonnes pratiques, dont le choix variétal fait partie
En effet, pour la plupart des maladies du tournesol - mildiou, sclérotinia, phomopsis et verticilliose - à l’exception du phoma, il existe une solution variétale adaptée à la situation parasitaire dominante de la parcelle.
Face au sclérotinia, le tournesol ne dispose que de résistances partielles et chaque organe a son propre niveau de résistance. Ainsi, une même variété peut être sensible aux attaques au collet et peu sensible aux attaques sur capitule. Le choix variétal est donc à raisonner en fonction de la forme d’attaque la plus fréquente dans sa parcelle.
Face au phomopsis, dans les régions où de fortes attaques sont régulièrement observées, notamment dans le Sud-Ouest, privilégier des variétés résistantes ou très peu sensibles. Les variétés peu sensibles sont conseillées chez les producteurs prêts à traiter si besoin.
Carte issue du Guide de culture tournesol 2022
Face au verticillium, la tolérance variétale est le seul moyen de lutte efficace. Dans les zones de production touchées par la maladie (le Sud-Ouest ou certains secteurs du Centre-Ouest et du Centre,) opter pour des variétés très peu sensibles, voire peu sensibles, dans toutes les parcelles où la maladie s’est déjà manifestée. Dans les zones de production où la maladie n'a pas encore été détectée, le choix variétal n’est pas contraint.
Carte issue du Guide de culture tournesol 2022
Selon leur profil de résistance, les variétés permettent de contrôler tout ou partie des races de mildiou présentes sur notre territoire. Le principe d’une lutte durable contre le mildiou repose sur une utilisation raisonnée sur le long terme de ces résistances, pour maintenir leur efficacité dans le temps et limiter le risque d’apparition de nouvelles races (voir l'article Mildiou du tournesol : les réponses aux questions que vous vous posez).
Identifier une variété adaptée à votre situation à l’aide de l’outil Terres Inovia myVar.
Cependant, aucune des variétés n’est résistante à l’ensemble des maladies. Le choix de la variété est donc à raisonner en fonction de la fréquence des risques maladies encourus dans la parcelle. De plus, la lutte génétique n’est pas le seul levier à considérer : son efficacité sera renforcée par l’adoption de bonnes pratiques agronomiques (rotation, implantation, irrigation…) et d’une protection fongicide seulement si besoin.
Tournesol : précautions en cas de présence de maladies
Phomopsis et phoma
Le phomopsis et le phoma sont deux champignons qui se conservent dans les restes de tiges de tournesol contaminés, sous forme de mycélium. En fin d’hiver ou au début du printemps, ce mycélium produit des fructifications, appelées périthèces. Ce sont dans ces petits sacs que se formeront les spores responsables des attaques sur les tournesols cultivés dans les parcelles alentours. Le broyage des cannes et leur enfouissement sont fortement conseillés aussitôt après la récolte pour limiter la production de périthèces et donc l’émission de spores contaminantes l’année suivante. En effet, ils favorisent la dégradation des résidus et les mettent à l’abri de la lumière, empêchant ainsi la formation des périthèces. Le broyage et l'enfouissement des résidus se font par labour ou, à défaut, par un déchaumage agressif ou un broyage avant un déchaumage classique. Les spores de ces champignons étant un peu voyageuses, cette pratique est d'autant plus efficace qu’elle est mise en œuvre à l’échelle du secteur de production.
Verticillium
Dans les situations où des attaques ont été observées, il est préférable de ne pas enfouir les cannes contaminées afin de favoriser la dégradation de la forme de conservation du champignon que sont les microsclérotes. Ceux-ci se forment dans la tige des plantes touchées, tout autour de la moelle. Le fait de ne pas enfouir les cannes infectées après la récolte serait, à l’opposé du phomopsis et du phoma, plutôt bénéfique pour le contrôle de cette maladie : en effet, la dégradation des microsclérotes restés en surface serait favorisée, et le risque d’infection limité : la germination des microsclérotes étant stimulée par des exsudats émis par les racines du tournesol, limiter le nombre de microsclérotes enfouis dans le sol et à hauteur du système racinaire réduit le nombre potentiel d’infections.
Sclerotinia
Réduire le risque sclérotinia pour les cultures suivantes
Enfouir les résidus après le traitement pour favoriser la conservation de l'agent biologique, sensible aux conditions sèches. Respecter les précautions de stockage et d'emploi : la germination des spores du champignon contenu dans LALSTOP CONTANS® WG est optimale entre 7 et 24 °C et les conditions au-delà de 30 °C lui sont défavorables. LALSTOP CONTANS® WG est biocompatible avec certaines spécialités phytosanitaires. Ne pas mélanger LALSTOP CONTANS® WG avec les engrais liquides. Pour tout renseignement complémentaire, nous vous invitons à contacter la société BAYER Service Infos au 0 800 25 35 45. Pour tout renseignement complémentaire, nous vous invitons à contacter la société BAYER CROPSCIENCE FRANCE au 04 72 85 43 21. |
Diagnostiquer les maladies sur tige du tournesol à maturité
Le phomopsis forme une tache brun-rouge aux contours frangés et centrée sur le point d'insertion de la feuille. La tache peut évoluer jusqu’à encercler la tige. Le symptôme de tache encerclante en causant une interruption de la circulation de la sève est responsable de la nuisibilité de la maladie. Celle-ci est accrue lorsque la tige malade fragilisée casse au moindre choc (pluie, vent, rabatteurs de la moissonneuse batteuse).
Tige cassée par le phomopsis
Les taches noires autour de l’insertion d’une feuille représentent le symptôme le plus fréquent et le plus facilement reconnaissable du phoma ; les taches indépendantes les unes des autres le long de la tige ne sont que très peu nuisibles. Lorsqu’elles se rejoignent d’un étage foliaire à l’autre (coalescence), les pertes de rendement peuvent atteindre 0,5 q/ha pour 10% de plantes atteintes, mais une partie de ces pertes est, dans ce cas, liée aux attaques au collet. Voir « identifier le phénomène Pieds secs ».
Les symptômes de verticillium se manifestent sur tiges par la présence de bandes longitudinales noires. En fin de cycle, la tige entièrement noire est parsemée de fines stries blanches et très fragile. A l’exception des fibres, son épiderme très altéré s’effiloche laissant apparaître la moelle recouverte superficiellement d’une poussière noire de microsclérotes noirs (0,05-0,1 mm). L’intérieur de la moelle demeure blanc.
Le macrophomina se manifeste en fin de cycle, surtout en sols séchants. On observe une décoloration gris argenté sur 10 à 30 cm au bas de la tige. Des microsclérotes (0,1 mm - 1 mm) sont présents sous l’épiderme et dans la moelle, qui est déstructurée en bas de tige, formant des "piles d'assiettes". La plante se dessèche prématurément. Les microsclérotes assurent la conservation du champignon dans le sol.
Maladies du tournesol : identifier le phénomène "pieds secs"
L’attaque du phoma au collet la forme potentiellement la plus pénalisante de la maladie pour le tournesol : elle conduit en effet rapidement au dessèchement précoce des plantes pendant la phase de remplissage des grains, pénalisant le rendement.
1. Début d'attaque au collet - 2. Manchon en bas de tige - 3. Formation de crevasses
En général trois semaines à un mois avant la maturité normale, le noircissement du collet peut s’accompagner d’un dessèchement précoce des pieds : les plantes se dessèchent prématurément et les capitules restent de très petite taille, secs, noirs et recroquevillés. Ce phénomène apparaît soit de façon aléatoire dans la parcelle, soit dans de larges zones où toutes les plantes sont touchées.
Les attaques débutent par une petite tache au collet qui se développe puis l’encercle ; le resserrement du diamètre du collet est très souvent le signe annonciateur du dessèchement précoce, alors qu’un collet hypertrophié/crevassé/fissuré révèle la mise en place d’une réaction de défense de la plante. En cas de collet rétréci, le champignon a pénétré à l’intérieur des tissus de la tige, jusqu’aux vaisseaux conducteurs. On assiste alors à un arrêt progressif du fonctionnement physiologique de la plante (transpiration, photosynthèse), qui entraîne la dégradation du système racinaire. L’apparition du dessèchement précoce se manifeste environ 45 jours après le début de l'attaque au collet et stoppe le remplissage des graines.
1. Zone de pieds secs dans une parcelle - 2. Le capitule devient sec, brun-noir, recroquevillé et de petite taille - 3. haut : système racinaire d'une plante saine, bas : système racinaire d’une plante attaquée par le phoma (pied sec)
Le dessèchement précoce est le signe que le système racinaire est touché par le phoma. En effet, le pivot devient noirâtre, se durcit et se creuse de l’intérieur ; les racines secondaires disparaissent. Les pieds secs s’arrachent facilement.
3 critères pour identifier le dessèchement précoce (phénomène "pieds secs")
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Diagnostiquer les maladies sur capitule du tournesol
Mildiou
Les plantes nanifiées par le mildiou peuvent arriver à floraison et développer un capitule ; celui-ci reste horizontal, dressé vers le ciel à floraison, et plus ou moins stérile.
Sclerotinia
Les attaques de sclérotinia sur capitule ont lieu pendant la floraison, favorisées par des périodes pluvieuses. La contamination a lieu dès que les premiers cercles de fleurons s'épanouissent. Le champignon envahit peu à peu le tissu spongieux, provoquant l’apparition de taches de pourriture molle beige clair au dos du capitule. Le champignon colonise ensuite tout le capitule et un abondant mycélium blanc apparaît sur sa face fleurie. Ce mycélium sera à l’origine de la formation d’une grille de sclérotes entourant les graines. Le capitule est alors complètement détruit. Les graines et les sclérotes tombant au sol, seul subsiste un « balai de sorcière ». Cette évolution est très dépendante de la pluviométrie de fin de cycle.
Botrytis
Le botrytis est un champignon qui ressemble beaucoup au sclérotinia. Il provoque lui aussi une pourriture, un peu plus foncée que celle du sclérotinia. En conditions humides, celle-ci se recouvre d’un feutrage gris foncé dense et plat. Selon la précocité de l’attaque, le botrytis peut envahir l’ensemble du capitule, face fleurie comprise. Il détruit tous les tissus, contrairement au sclérotinia qui laisse les fibres libéro-ligneuses en l’état. Ses sclérotes sont fins et allongés, ceux du sclérotinia beaucoup plus dodus.
Rhizopus
Les attaques de Rhizopus sont rares ; elles sont à l’origine d’une pourriture molle et humide au dos du capitule, tirant sur le « rougeâtre ». En parallèle à la destruction des tissus, le champignon fructifie sous forme d’un duvet assez aérien (d’où le nom de pourriture chevelue) qui devient gris à l’intérieur des tissus du capitule voire sur la face fleurie. Cette sporulation observable avec une petite loupe ressemble à des têtes d’épingle (petites boules noires au sommet de filaments blancs). Les symptômes s’observent en général pendant la phase de remplissage.
Phomopsis
La contamination des capitules par le phomopsis s’effectue depuis une bractée ou l'une des petites feuilles du dos du capitule. Une tache beige-brun rougeâtre, sèche, progresse en pointe vers la crosse du capitule, affectant une portion du dos du capitule.
Phoma
Le phoma sur capitule se manifeste le plus souvent par une tache noire arrondie, sèche, entourant de la crosse du capitule. Ces attaques peuvent être à l'origine d'une dissémination du champignon par les semences, le champignon étant capable de s'installer dans la coque et dans l'amande.
Phomopsis et phoma n’occasionnent pas de pourriture sur capitule, contrairement au sclérotinia, botrytis et rhizopus.
Diagnostiquer les maladies sur tige du tournesol à la floraison
Phomopsis
La progression d’une tache foliaire de phomopsis via le pétiole conduit à la formation d’une tache brun-rouge aux contours frangés centrée sur le point d'insertion de la feuille. La tache peut évoluer jusqu’à encercler complètement la tige. La destruction des tissus est profonde (la zone malade est « crunchy » lorsque l’on appuie dessus) et entraîne l’arrêt de la circulation de la sève. La nuisibilité de la maladie est accrue lorsque la tige malade fragilisée casse au moindre choc (pluie, vent, rabatteurs de la moissonneuse batteuse).
Phoma
Les taches noires autour de l’insertion d’une feuille représentent le symptôme le plus fréquent et le plus facilement reconnaissable du phoma, appelé aussi « maladie des taches noires ». Les contaminations ont lieu le plus souvent au niveau de l’auget situé à l’insertion du pétiole sur la tige : cette petite zone retient l’humidité favorable à la germination des spores du champignon. Les taches du phoma sont brun-noir, plutôt arrondies aux contours assez nets, parfois surlignées d’un halo orangé. D’abord indépendantes les unes des autres, elles peuvent progressivement se rejoindre le long de la tige : elles sont coalescentes. Contrairement au phomopsis, ces nécroses restent superficielles et n’engendrent pas de casse de la tige.
Verticillium
Les symptômes de verticillium sont d’abord visibles sur feuilles, le plus souvent d'un seul côté de la tige. Ils peuvent parfois se manifester sur tiges par la présence d’une bande longitudinale vert foncé puis brune d’un seul côté de la tige. En fin de cycle, la tige des plantes touchées devient noire, parsemée de petites stries blanches et molle car la moelle s’est rétractée. La moelle est recouverte superficiellement d’une poussière noire de microsclérotes (0,05-0,1 mm) alors que son intérieur demeure blanc.
Sclérotinia
Les attaques de sclérotinia sur tige peuvent avoir deux origines : une contamination aérienne des feuilles adultes et une contamination racinaire du bas de la tige. Toutes deux évoluent en pourriture humide et blanchâtre, avec souvent des stries correspondant au front de croissance du champignon. Au fil du temps, des sclérotes noirs et dodus prennent forme dans et sur la portion de tige malade, qui peut finir par casser.
Macrophomina
Le macrophomina se manifeste en fin de cycle, surtout en sols séchants et les étés chauds. On observe une décoloration gris argenté sur 10 à 30 cm au bas de la tige. Des microsclérotes (0,1 mm - 1 mm) sont présents sur la moelle et dans la moelle (contrairement au verticillium), qui est déstructurée en bas de tige, formant des "piles d'assiettes". Ce symptôme donne son nom à la maladie : pourriture charbonneuse. La plante se dessèche prématurément. Ces microsclérotes assurent, comme dans le cas du Verticillium, la conservation du champignon dans le sol.
Préparer son sol pour le chanvre
Une préférence pour les sols profonds et peu acides
Le chanvre se développe dans quasiment toutes les conditions et peut se retrouver dans tous les types de sols. Néanmoins, sa productivité sera meilleure dans des sols à bon potentiel et possédant des réserves organiques et minérales importantes. Il apprécie les terres profondes et fraîches avec un pH compris entre 6 et 8. En cas de sols trop acides, un chaulage est nécessaire.
Le chanvre apprécie peu les sols lourds, tassés ou hydromorphes où son développement peut être assez hétérogène en phase de levée et d’implantation.
Labour d'hiver ou de printemps
Malgré son système racinaire à pivot qui ameublit le sol, le chanvre supporte mal une semelle de labour ou tout autre obstacle à son développement.
- En terre lourde (type argileuse), un labour d’hiver peut être recommandé pour obtenir au moment du semis un sol fin et émietté.
- En terre légère, un labour de printemps peut être suffisant.
- Si le sol se prête au non labour (structure satisfaisante sur 0-30 cm), travaillez le uniquement sur 7-8 cm. Le semis direct peut-être envisageable dans certains milieux.
- Quel que soit le type de travail, évitez les tassements du sol préjudiciables au système racinaire. Utilisez des trains d’outils pour limiter le nombre de passages sur la parcelle et/ou des équipements de type roues jumelées ou pneus basses pression. Intervenez à chaque fois sur un sol parfaitement ressuyé.
Un faux-semis pour optimiser le lit de semences
Après le labour (d’hiver ou de printemps) et courant mars-avril avant le semis, il est recommandé de reprendre le sol avec le passage d’un outil à dents pour ameublir la terre, favoriser la pénétration des futures racines, faciliter le réchauffement du lit de semences et éviter le dessèchement du sol. Cela aura aussi l’avantage de faire lever les adventices (technique du faux semis) qui seront ensuite détruites de préférence par voie mécanique.
En sols battants, évitez de trop affiner le lit de semences afin de limiter le risque de formation d’une croûte de battance.