Publié le 13 mars 2026 | Modifié le 13 mars 2026

Semis de tournesol : Rechercher les conditions optimales

Le semis joue un rôle capital dans l’obtention d’un tournesol robuste. La réussite de cette opération clé doit se traduire par un démarrage rapide de la culture et une moindre exposition des jeunes plantules aux ravageurs de début de cycle (limaces, oiseaux, taupins), par l’obtention d’un peuplement régulier, et par la limitation du risque mildiou. 

Réaliser les dernières préparations sur sols ressuyés

Les conditions d’humidité au moment de la destruction des couverts et de la préparation du sol sont cruciales pour un bon enracinement du tournesol. Un travail du sol inadapté peut entraîner des conséquences rédhibitoires. Il est donc essentiel d’intervenir sur un sol friable (niveau de ressuyage en dessous de la profondeur de travail voulue) qui s’émiette sans coller, ou d’attendre un ressuyage correct. Une surveillance régulière de l’humidité du sol est indispensable pour saisir les créneaux favorables afin d’être prêt à semer dès le début de la période de semis. Enfin, le lit de semence doit assurer un bon contact sol/graine, avec un équilibre entre mottes et terre fine, notamment en sol argilo-calcaire.

Viser une levée avant le 1er mai

Les semis précoces, réalisés dans de bonnes conditions, améliorent les performances du tournesol, comme l’ont montré plusieurs campagnes d’essais entre 1996 et 2019. Un semis avant le 15 avril est avantageux pour le rendement, à condition d’éviter des pluies abondantes après implantation. Il faut donc saisir les créneaux favorables pour optimiser le positionnement du cycle de la culture et réduire le risque de stress hydrique estival. L’objectif est une levée avant le 1er mai pour une floraison début juillet, tout en adaptant la date de semis à la précocité de la variété. 

Ne décaler la date de semis que pour des raisons sanitaires

En situation de risque mildiou (symptômes observés par le passé), il est recommandé de retarder le semis, si de fortes pluies sont annoncées dans les 5 jours. La contamination des plantules ayant lieu au moment de leur émergence, la présence d’eau libre durant cette phase favorise la germination des spores de mildiou qui vont alors infecter le tournesol.  

En Situation fortement infestée par du Datura: La réalisation de faux-semis printaniers peut s’avérer un levier efficace de déstockage. Cette pratique nécessite de décaler la date de semis pour laisser le temps aux adventices de lever, puis d’avoir une fenêtre climatique favorable pour les détruire.

Pour les situations d'infestations de Xanthium ou Ambroisie, cette technique n'est pas adéquate, car les levées de ces adventices, sont très échelonnées.

Attendre que le sol soit suffisamment réchauffé 

Il est essentiel de semer sur un sol ressuyé et réchauffé à plus de 8°C à 5 cm de profondeur sur plusieurs matinées consécutives. Un thermomètre de sol permet de déterminer le bon moment, en tenant compte des prévisions météorologiques. Une baisse de température annoncée doit inciter à la prudence, surtout si le sol est humide, tandis qu’un semis en conditions fraîches reste possible si un réchauffement est prévu.

Prendre le temps de semer

Pour assurer une levée homogène, le semis doit être réalisé à vitesse modérée (4 à 6 km/h). Les semoirs monograines rapides à distribution électrique permettent d’augmenter la vitesse jusqu’à 10-12 km/h sans impact sur le rendement (résultats d’Essais Terres Inovia 2021-2022, cela n’empêche pas un contrôle régulier de la qualité de semis), mais au-delà, des pertes sont observées. 

 Une profondeur de semis maîtrisée est essentielle : 2 à 3 cm en sol frais et jusqu’à 5 cm en sol sec. Il faut également tenir compte de l’affaissement des billons en sols légers pour éviter une profondeur excessive. 

Décider d’une densité de semis adaptée à chaque situation

La densité optimale de semis dépend des contraintes hydriques, du type de parcelle, de l’écartement entre rangs et du climat régional, notamment en zone fraîche ou humide en fin de cycle. En moyenne, elle se situe entre 65 et 70 000 graines/ha pour optimiser rendement et teneur en huile. Avec un écartement supérieur à 60 cm, il faut éviter les surdensités sur la ligne pour limiter la concurrence entre pieds. Un écartement de 40 à 60 cm est préférable, permettant un gain de 1 à 4 q/ha par rapport à un semis large type maïs (75-80 cm). 

Maitriser les dégâts des ravageurs de début de cycle

Les dégâts seront d’autant plus faibles que la levée sera rapide ; au-delà de la première paire de feuilles, les jeunes plantes seront hors risque oiseau, il faudra attendre le stade 2 paires de feuilles pour être hors risque limaces !

Limaces

Les plantules de tournesol sont vulnérables de la levée jusqu’au stade 2 feuilles

  • Si les conditions au semis sont humides et si une attaque est attendue (sol motteux, présence de résidus végétaux en surface après la destruction d’un couvert hivernal par exemple sont des situations à risques), appliquer une protection anti-limaces à la surface du sol juste après le semis (une ou des applications relais peuvent être nécessaires en fonction de l’activité du ravageur et de la vitesse de délitement des granulés).  
  • On note ces dernières années, des attaques importantes de limace, notamment dans les situations avec couverts hivernaux. Dans ces situations, et plus globalement quand les conditions sont favorables aux limaces, la protection est indispensable jusqu’à la fin de la période de risque.  Au-delà de la matière active, la qualité de l’appât, la régularité du granulé et sa tenue dans le temps en conditions humides sont des points à prendre en compte lors du choix de votre anti-limace.
  • Pour les parcelles jouxtant un cours d’eau, utilisez un appareil qui contrôle l’épandage en bordure (type SPANDO TDS), ou utilisez un anti-limace à base de phosphate ferrique (autorisé en culture BIO).

Taupins et noctuelles terricoles

Ils occasionnent dans certaines situations des pertes de pieds importantes. Outre une levée rapide, une légère augmentation de la densité de semis permettra d’anticiper et compenser les pertes éventuelles. Pour les situations à risque taupin – antécédents d’attaques ou précédents favorables (prairie, friches, culture fourragère ou légumineuse) – un insecticide pourra être appliqué au semis.

Plusieurs produits en micro-granulé sont autorisés en application au semis. Veillez à respecter les prescriptions réglementaires sur l’utilisation des diffuseurs: en particulier, les microgranulés à base de lambda-cyhalothrine et de téfluthrine doivent être incorporés respectivement à 4 et 3 cm de profondeur minimum et donc sans diffuseur.

  • Belem 0.8MG/Daxol (cyperméthrine) à 12kg/ha,
  • Karate 0.4GR (lambda-cyhalothrine) de 12 à 15 kg/ha,
  • Trika Expert+ (lambda-cyhalothrine) à 15 kg/ha
  • Force 1.5G (téfluthrine) à 10 kg/ha 

Vos contacts régionaux

  • Alexandra DENOYELLE - Terres Inovia (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur
  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
  • Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées