Lentille : comment préparer sa campagne ?
La lentille est une culture peu concurrentielle des adventices ; en agriculture biologique comme en conventionnelle, plusieurs pistes de lutte alternative peuvent être envisagées avant le semis :
- Le labour, qui permet d’enfouir graines d’adventices, favorisant la diminution dans le temps de leur pouvoir germinatif ;
- Les déchaumages et faux-semis en interculture, qui permettent de faire lever précocement les adventices, qui seront par la suite détruites mécaniquement avant le semis ;
- Les couverts végétaux en interculture, qui par leur effet structurant du sol et étouffant des adventices viennent compléter cette palette de solutions de gestion de l’enherbement à l’échelle de la rotation ;
- Un semis plus tardif (autour du 15 avril), qui permet la destruction des adventices déjà levées lors du passage du semoir.
Afin de limiter le risque de maladies racinaires, il est recommandé de respecter un délai de retour d’au moins 5 ans entre deux cultures de lentille.
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Le cycle de la culture de la lentille
La lentille est une culture de printemps à cycle court (130 à 150 jours). Semée de mars à avril, la récolte a généralement lieu courant juillet.
Voici quelques repères du cycle de développement :
| Base 0°C | Base 6°C | |
| Semis – Mi-Floraison | 940°C | 490°C |
| Mi-Floraison - Récolte | 560°C | 440°C |
| Cycle total | 1500°C | 930°C |
Fréquence moyenne sur 20 ans (2000 – 2019) de date d’atteinte des stades en fonction de la date de semis.
Semis
| Station météo | Le Puy Loudes Sanssac (43) | Bourges (18) | Auxerre (89) | La Roche-sur-Yon (85) | Mauvezin (32) | |||||||||||
| Semis | 01/03 | 15/03 | 01/04 | 01/03 | 15/03 | 01/04 | 01/03 | 15/03 | 01/04 | 15/02 | 01/03 | 15/03 | 01/04 | 15/02 | 01/03 | 15/03 |
| Pleine Floraison | 22/06 | 23/06 | 26/06 | 28/05 | 31/05 | 06/06 | 29/05 | 01/06 | 07/06 | 20/05 | 25/05 | 28/05 | 04/06 | 13/05 | 15/05 | 22/05 |
| Récolte | 31/07 | 31/07 | 03/08 | 01/07 | 03/07 | 07/07 | 02/07 | 04/07 | 08/07 | 26/06 | 29/06 | 02/07 | 07/07 | 18/06 | 20/06 | 25/06 |
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La place de la lentille en France
Différents types de lentille sont cultivés et consommés à travers le monde :
La lentille verte : plusieurs types de lentilles vertes existent à travers le monde, avec une large gamme de couleurs (du vert clair uniforme à un vert soutenu avec ou sans marbrures). En France, les lentilles vertes connues au travers de la lentille verte du Puy notamment ont de petites graines bombées de couleur verte avec des marbrures brunes et bleutées, et à peau fine. C’est la principale lentille cultivée en France.
Les lentilles corail (ou lentilles rouges) : la plus consommée au monde, notamment en Inde, au Bangladesh, au Moyen-Orient ou encore dans les pays du pourtour méditerranéen. Les graines sont petites, bombées, de couleur foncée. Une étape de décorticage est nécessaire pour dévoiler la couleur « orangée »/corail des cotylédons.
Les lentilles blondes : des graines larges, de couleur claire et plus plates que les précédentes avec une peau généralement épaisse et de couleur de cotylédons pâle.
La lentille noire : Petites graines très bombées de couleur noir brillant.
En France, la production de lentille est en forte croissance : les surfaces sont ainsi passées de 4 400 ha en 1997 à 37 500 ha en 2019. Les principales zones de production sont l’Auvergne, avec la lentille verte du Puy (AOC, AOP) et la lentille blonde de Saint-Flour (IGP, Label Rouge), le Berry, avec la lentille verte du Berry (Label Rouge, IGP), la Champagne avec la lentille rosée de Champagne, qui présente la particularité d’être semée en hiver. Hors zones historiques, la lentille est également largement cultivée dans l’Yonne et l’Aube, ainsi que dans l’Ouest et le Sud-Ouest.
La graine de lentille est riche en protéines : sa teneur est intermédiaire entre celle du pois et de la féverole ; sa teneur en fibre est également plus faible du fait de son tégument fin, ce qui la rend plus digeste en graine entière.
Sans gluten, la lentille répond à de nombreuses tendances actuelles du marché alimentaire : végétarisme, flexitarisme, sans gluten, enrichissement en protéines végétales ….
Ces marchés à valeur ajoutée assurent aux producteurs un meilleur revenu.
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Les atouts de la lentille
La lentille est une légumineuse qui s’intègre facilement dans les rotations céréalières. Culture de printemps à cycle court (150 jours), elle permet de diversifier les rotations et de rompre le cycle des bio agresseurs des autres cultures, qu’il s’agisse d’adventices difficiles à maitriser, de ravageurs ou de maladies des céréales, garantissant un système plus sain et un moindre apport de fongicides et d’herbicides sur le suivant.
La rentabilité d’une culture de lentille doit ainsi se calculer à l’échelle de la rotation, et non uniquement annuellement.
Peu exigeante, la lentille est une culture valorisant bien les terres moyennes à superficielles. A l’inverse les sols profonds la rendent plus vulnérable à la verse et aux maladies. Par ailleurs, sa capacité à noduler lui permet de fixer l’azote atmosphérique, la rendant autonome pour sa nutrition azotée. La lentille est également faiblement exigeante en phosphore et potasse. Cette quasi-autosuffisance permet de réduire l’impact environnemental (consommation moindre d’énergies fossiles imputables au tracteur, moins d’émission de gaz à effet de serre et de gaz acidifiants). La qualité de l’eau souterraine est ainsi préservée. De plus, l’introduction d’une lentille permet une restitution d’azote à la culture suivante, jusqu’à 30 unités dans les meilleurs cas.
Attention : la lentille est une culture intéressante à condition de contractualiser sa commercialisation (prendre contact avec un organisme avant d’engager des surfaces).
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Réussir un tournesol sous pression de sclérotinia
Le sclérotinia peut attaquer de nombreuses cultures et touche toutes les zones de production du tournesol. Capable de se conserver pendant de longues années dans le sol sous forme de sclérotes, il constitue une menace permanente pour la culture. Ce champignon est à l’origine de symptômes sur tous les organes de la plante : collet, bouton, feuille/tige et capitule.
Pour être efficace, LALSTOP CONTANS® WG doit être mis en contact direct avec les sclérotes. Pour cela, LALSTOP CONTANS® WG peut être appliqué en présemis avec incorporation superficielle, notamment après une attaque antérieure sur capitule, à 2 kg/ha en première utilisation (efficacité variable dans nos essais, allant jusqu'à 70 %). La dose peut ensuite être réduite à 1 kg/ha lors des applications ultérieures dans la rotation.
LALSTOP CONTANS® WG est biocompatible avec certaines spécialités phytosanitaires. Ne pas mélanger LALSTOP CONTANS® WG avec les engrais liquides. Pour tout renseignement complémentaire, nous vous invitons à contacter la société LALLEMAND SAS – 4 Route de Beaupuy – 31180 Castelmaurou. Tél : 05 34 27 67 80.
LALSTOP CONTANS® WG est un produit vivant, qui nécessite de bien respecter les précautions de stockage et d'emploi : la germination des spores du champignon contenu dans LALSTOP CONTANS® WG est optimale entre 7 et 24 °C et les conditions au-delà de 30 °C lui sont défavorables.
| La spécialité LALSTOP CONTANS® WG est autorisée en mode biologique, par la directive européenne 2092/91. |
Phomopsis sur tournesol : ne traiter que si nécessaire
La décision de traiter doit tenir compte du risque phomopsis dans la région, de la variété choisie, de la situation de la parcelle et des Bulletins de santé du végétal (BSV), selon la stratégie suivante
Répartition régionale du risque phomopsis
Carte et tableau issus du Guide culture tournesol 2022
Dans des régions à risque de phomopsis fréquent et des parcelles favorables au phomopsis, un traitement fongicide, peut être appliqué selon le BSV, jusqu’au stade limite de passage du tracteur (LPT), soit une hauteur de végétation de 55 à 60 cm, sur les variétés PS (peu sensibles) et exceptionnellement sur les variétés TPS.
La dimoxystrobine (FILAN SC) est désormais retirée du marché (cf. date de fin d’utilisation du tableau ci-dessous). De nouvelles solutions sont désormais accessibles : REVYDAS et BELANTY, l’évaluation de leur efficacité est en cours au sein de Terres Inovia. La référence historique AMISTAR GOLD est toujours disponible. Dans le contexte actuel d'un réel progrès génétique vis-à-vis du phomopsis, cette efficacité est satisfaisante. Également efficaces contre le phoma (attention : BELANTY n’est pas homologué sur phoma), leur utilisation doit être raisonnée d’abord pour le risque phomopsis, maladie la plus nuisible. Vous pouvez profiter de ce traitement pour réaliser un apport de bore si nécessaire.
Tableaux issus du Guide culture tournesol 2025
Carence en bore : Fertilisation du tournesol: carence en bore, intervenir préventivement en cas de risque
Maladies du tournesol : diagnostiquer les maladies sur tige
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| Phomopsis précoce | Sclérotinia au collet |
Phomopsis
En début de cycle, dans les situations à risques, des conditions très humides peuvent permettre l’installation du phomopsis très tôt, sur les cotylédons ou la première paire de feuilles. Ces attaques passent alors rapidement sur tige, formant une nécrose brun-rougeâtre typique, qui peut occasionner la casse de la plante.
Sclérotinia
Le sclérotinia peut être à l’origine d’attaques au collet se déclarant avant la floraison : issues de la contamination du système racinaire, elles se traduisent par le flétrissement de la plante atteinte. Une pourriture humide beige clair s’est installée au collet, elle se couvre d’un abondant mycélium blanc lorsque les conditions sont humides. Des sclérotes noirs et dodus finissent par apparaître dans et sur le bas de tige.
Maladies du tournesol : diagnostiquer les symptômes foliaires
Mildiou
Les plantes atteintes de mildiou sont nanifiées, avec des entre-nœuds raccourcis, ce qui signale une infection systémique de mildiou issue de contaminations primaires par voie racinaire, ou secondaires précoces par voie apicale survenues avant le stade 2-4 feuilles. La hauteur des plantes n’excède rarement 30 cm.
Sur feuilles, on observe des taches chlorotiques localisées le plus souvent le long des nervures principales, donnant un aspect en “aile de fougère”. A la face inférieure des feuilles, les taches sont tapissées d’un feutrage blanc qui correspond aux fructifications de l’agent pathogène.
Phomospsis
La contamination par le phomopsis se produit en bordure des feuilles où se forme une tache triangulaire brune dont la pointe progresse par une nervure vers le pétiole puis la tige. La nécrose est souvent entourée d’une marge jaune et toujours en avance sur la nervure par rapport au limbe sur la face inférieure de la feuille.
Phoma
Les symptômes de phoma se présentent sous forme de petites lésions noires, discontinues ou non, le long des nervures. Souvent, ces lésions se développent à la jonction des 3 nervures principales de la feuille, formant une « patte d’oie ». Un sillon noir progresse ensuite le long du pétiole pour gagner rapidement le point d’insertion de la feuille sur la tige.
Verticillium
Les premiers symptômes de verticillium apparaissent sur les feuilles de la base des plantes et progressent du bas vers le haut. Ils se manifestent le plus souvent lors de la floraison mais peuvent apparaître avant, au stade bouton. A partir de petites taches, la maladie progresse en larges chloroses d'un jaune intense qui se développent entre les nervures. Ces lésions évoluent rapidement en larges nécroses brunes entourées d'une marge jaune. Les feuilles atteintes se trouvent le plus souvent d'un seul côté de la tige. Ne pas confondre avec les symptômes de Verticillium avec ceux de carence en magnésie ou de carence en bore.
L'alternia
L'alternaria se manifeste sur feuilles par de petites taches irrégulières brunes à noires de forme irrégulière, le long des nervures et sur le limbe. Sur les jeunes feuilles, ces taches sont entourées d'une marge décolorée jaune. Lorsqu’elles sont nombreuses, ces petites taches peuvent se rejoindre et entraîner une grillure de la feuille. Contrairement à la septoriose (qui par ailleurs reste cantonnée au tiers inférieur des plantes), on n’observe pas (avec une loupe !) de petits points noirs sur les taches d’alternaria (qui correspondent à des fructifications dans la cas de la septoriose), mais uniquement des cercles concentriques.
La rouille blanche
La rouille blanche (anciennement appelée Albugo) est caractérisée par des pustules vert-jaune, boursouflées, le plus souvent localisées dans la partie apicale de la feuille. A la face inférieure de la feuille et au niveau des cloques, se forment des croûtes blanc crème qui correspondent aux fructifications du champignon. Parfois, les taches foliaires peuvent apparaître en bordure des nervures principales et ressembler à des symptômes de mildiou.
Sclérotinia
Les attaques de sclérotinia sur feuilles sont rares. Une nécrose beige à gris clair, plutôt humide (pourriture), envahit le limbe et les nervures. Elle progresse vers le pétiole et pourra atteindre la tige. En conditions humides, un mycélium blanc peut apparaître, et s’agglomérer pour former des sclérotes noirs, forme de conservation du champignon.
Evaluer la pertinence du retournement du colza
Quels sont les critères à prendre en compte
Il est important d’évaluer l’incidence du retournement par rapport au maintien de la culture : l'investissement déjà engagé, les aspects réglementaires en cas de contrat, la faisabilité de la culture de remplacement selon les herbicides utilisés.
Il faut estimer d'une part les capacités de compensation du colza, la biomasse fraîche (poids vert exprimé par m²) et la densité du peuplement et d'autre part les facteurs aggravants, l’hydromorphie, l’enherbement, un défaut d’enracinement, des dégâts de ravageurs, un peuplement hétérogène... et tenir compte également des conditions intra-parcellaires. Il est inutile de laisser des surfaces en mauvais état à l’intérieur de parcelles qui risquent de se salir rapidement au printemps et ont un potentiel de rendement très limité.
Sol superficiel, contexte défavorable à la compensation
Sol profond, contexte favorable à la compensation
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retournement à envisager |
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| potentiel altéré, tenir compte des facteurs aggravants pour décider du retournement | |
| potentiel peu altéré, culture à conserver | |
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potentiel intact, culture à conserver |
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Destruction et remplacement : Le colza récupère !
Les accidents climatiques ou parasitaires peuvent donner des inquiétudes sur la viabilité et le potentiel de la culture.
Pourtant, dans la plupart des cas, malgré la dégradation du feuillage et la perte de plantes, le colza présente des capacités de récupération étonnantes dans la mesure où le système racinaire n'a pas été affecté et si le peuplement restant est suffisant et réparti de façon homogène sur une parcelle propre.
Le remplacement du colza doit rester exceptionnel
Dans la plupart des cas, il est préférable d’attendre la sortie d’hiver avant de prendre la décision de retourner ou non.
- A l’automne, le retournement ne se justifie qu’en cas de très mauvaise levée ou de destruction de la culture (par des limaces par exemple). Une reprise profonde du sol peut alors élargir le choix des cultures de remplacement possibles, en limitant les risques de phytotoxicité des herbicides déjà appliqués.
- En sortie d’hiver, le maintien de la culture est possible si le contrôle des adventices est correct et si la densité est voisine de 5 à 10 plantes par m2, réparties de façon homogène.
- Adapter la conduite de la culture (fertilisation azotée, protection) à son potentiel estimé.
Dans tous les cas, poursuivre son suivi technique sans l’intensifier en voulant compenser.
- Ne pas « rapiécer » avec du colza de printemps une parcelle de colza d’hiver. Ce serait s’exposer à une pression importante des insectes, notamment des méligèthes et des pucerons, et à une difficulté de récolte liée au décalage des stades de maturité (récolte en 2 temps).
- Le pouvoir de récupération du colza est étroitement lié à la climatologie future et au potentiel naturel de la parcelle. Plus ce dernier est élevé plus les chances de déboucher sur un niveau de rendement satisfaisant sera important pour un même état initial.