Diagnostiquer les maladies sur tige du tournesol à la floraison

 

 

Phomopsis

La progression d’une tache foliaire de phomopsis via le pétiole conduit à la formation d’une tache brun-rouge aux contours frangés centrée sur le point d'insertion de la feuille. La tache peut évoluer jusqu’à encercler complètement la tige. La destruction des tissus est profonde (la zone malade est « crunchy » lorsque l’on appuie dessus) et entraîne l’arrêt de la circulation de la sève. La nuisibilité de la maladie est accrue lorsque la tige malade fragilisée casse au moindre choc (pluie, vent, rabatteurs de la moissonneuse batteuse).

 

Phoma

Les taches noires autour de l’insertion d’une feuille représentent le symptôme le plus fréquent et le plus facilement reconnaissable du phoma, appelé aussi « maladie des taches noires ». Les contaminations ont lieu le plus souvent au niveau de l’auget situé à l’insertion du pétiole sur la tige : cette petite zone retient l’humidité favorable à la germination des spores du champignon. Les taches du phoma sont brun-noir, plutôt arrondies aux contours assez nets, parfois surlignées d’un halo orangé. D’abord indépendantes les unes des autres, elles peuvent progressivement se rejoindre le long de la tige : elles sont coalescentes. Contrairement au phomopsis, ces nécroses restent superficielles et n’engendrent pas de casse de la tige.

 

Verticillium

Les symptômes de verticillium sont d’abord visibles sur feuilles, le plus souvent d'un seul côté de la tige. Ils peuvent parfois se manifester sur tiges par la présence d’une bande longitudinale vert foncé puis brune d’un seul côté de la tige. En fin de cycle, la tige des plantes touchées devient noire, parsemée de petites stries blanches et molle car la moelle s’est rétractée. La moelle est recouverte superficiellement d’une poussière noire de microsclérotes (0,05-0,1 mm) alors que son intérieur demeure blanc.

 

Sclérotinia

Les attaques de sclérotinia sur tige peuvent avoir deux origines : une contamination aérienne des feuilles adultes et une contamination racinaire du bas de la tige. Toutes deux évoluent en pourriture humide et blanchâtre, avec souvent des stries correspondant au front de croissance du champignon. Au fil du temps, des sclérotes noirs et dodus prennent forme dans et sur la portion de tige malade, qui peut finir par casser.

 

Macrophomina

Le macrophomina se manifeste en fin de cycle, surtout en sols séchants et les étés chauds. On observe une décoloration gris argenté sur 10 à 30 cm au bas de la tige. Des microsclérotes (0,1 mm - 1 mm) sont présents sur la moelle et dans la moelle (contrairement au verticillium), qui est déstructurée en bas de tige, formant des "piles d'assiettes". Ce symptôme donne son nom à la maladie : pourriture charbonneuse. La plante se dessèche prématurément. Ces microsclérotes assurent, comme dans le cas du Verticillium, la conservation du champignon dans le sol.

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Préparer son sol pour le chanvre

Une préférence pour les sols profonds et peu acides

Le chanvre se développe dans quasiment toutes les conditions et peut se retrouver dans tous les types de sols. Néanmoins, sa productivité sera meilleure dans des sols à bon potentiel et possédant des réserves organiques et minérales importantes. Il apprécie les terres profondes et fraîches avec un pH compris entre 6 et 8. En cas de sols trop acides, un chaulage est nécessaire.

Le chanvre apprécie peu les sols lourds, tassés ou hydromorphes où son développement peut être assez hétérogène en phase de levée et d’implantation.

preparation chanvre

Labour d'hiver ou de printemps

Malgré son système racinaire à pivot qui ameublit le sol, le chanvre supporte mal une semelle de labour ou tout autre obstacle à son développement.

  • En terre lourde (type argileuse), un labour d’hiver peut être recommandé pour obtenir au moment du semis un sol fin et émietté.
  • En terre légère, un labour de printemps peut être suffisant.
  • Si le sol se prête au non labour (structure satisfaisante sur 0-30 cm), travaillez le uniquement sur 7-8 cm. Le semis direct peut-être envisageable dans certains milieux.
  • Quel que soit le type de travail, évitez les tassements du sol préjudiciables au système racinaire. Utilisez des trains d’outils pour limiter le nombre de passages sur la parcelle et/ou des équipements de type roues jumelées ou pneus basses pression. Intervenez à chaque fois sur un sol parfaitement ressuyé.

Un faux-semis pour optimiser le lit de semences

Après le labour (d’hiver ou de printemps) et courant mars-avril avant le semis, il est recommandé de reprendre le sol avec le passage d’un outil à dents pour ameublir la terre, favoriser la pénétration des futures racines, faciliter le réchauffement du lit de semences et éviter le dessèchement du sol. Cela aura aussi l’avantage de faire lever les adventices (technique du faux semis) qui seront ensuite détruites de préférence par voie mécanique.

En sols battants, évitez de trop affiner le lit de semences afin de limiter le risque de formation d’une croûte de battance.

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Chanvre : pratiques culturales

Depuis 2011, Terres Inovia réalise une enquête annuelle sur les conduites du chanvre, culture contractualisée. Le dispositif tient compte de l'évolution des zones de production et couvre les bassins majeurs de production de chanvre en France.

champ de chanvre

La synthèse de ces enquêtes fournit un état des lieux sur l'ensemble des étapes de la conduite du chanvre :

  • Surfaces en chanvre dans les exploitations agricoles
  • Types de sols
  • Variétés
  • Dates et densité de semis
  • Techniques culturales
  • Fertilisation azotée
  • Enherbement des parcelles
  • Rendements paille et chènevis

Ces enquêtes réalisées régulièrement permettent de suivre l’évolution des pratiques au niveau national mais également pour chaque bassins concernés.

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Les variétés du chanvre

Des semences obligatoirement certifiées

La culture du chanvre est régie par les réglementations françaises et européennes, harmonisées depuis 2004.

Seules les variétés ayant un taux de THC inférieur à 0,3 % (delta 9 TétraHydroCannabinol) sont autorisés à la culture au sein de l'union européenne. Les semences certifiées sont obligatoires.

champ chanvre

L'utilisation de semences de ferme est rigoureusement interdite. En effet, cela risquerait d'entraîner une augmentation du taux de THC, et ainsi de dépasser les normes en vigueur, mais également d’augmenter le taux de fleurs mâles (faiblement productrices) de cette plante naturellement dioïque. Chaque année, des contrôles sont effectués en culture (30 % des surfaces cultivées).

Aujourd'hui, 9 variétés françaises (inscrites au Code de la Santé Publique) peuvent être multipliées en France. Il est possible de cultiver toutes les variétés françaises et certaines variétés étrangères inscrites au catalogue communautaire.

Pour une grande majorité, les mêmes variétés sont utilisées pour la production de paille et pour la production de chènevis. Mais avec l’inscription en 2016 de Fibror 79 et en 2019 d’Earlinéa on observe une nouvelle caractérisation des variétés, avec notamment des variétés qui ont une meilleure facilité de défibrage ou bien qui sont plus productives en chènevis.

Le choix variétal fonction du mode de culture

Le chanvre est cultivé selon 2 modes, le mode battu et le mode non battu.

  • Dans le mode non battu, la plante entière est récoltée (fauchage, andainage, pressage). Choisir plutôt des variétés tardives, pour maximiser le rendement paille.
  • Dans le mode battu, le chènevis (battage) puis la paille (fauchage, andainage, pressage) sont récoltés. Choisir plutôt des variétés précoces ou mi-précoces permettant à la fois d’obtenir un optimum de productivité pour la graine et la paille.

Les variétés de chanvre se distinguent essentiellement par leur précocité. Une large gamme de précocité est offerte dans les variétés françaises (de très précoce à tardive). La précocité est mesurée par rapport à la date du stade pleine floraison. Le stade pleine floraison est atteint lorsque 85 % des plantes ont leurs dernières fleurs femelles ouvertes. La floraison du chanvre est très dépendante de la photopériode. Cela signifie que la pleine floraison est toujours atteinte à date fixe pour une variété donnée, à une latitude donnée, indépendamment de la date de semis.

La sélection de variétés monoïques, plus productives

A l’état naturel, le chanvre est dioïque : fleurs mâles et fleurs femelles fleurissent sur des pieds distincts. Or, les pieds mâles sont moins productifs en fibre, ne produisent pas de graines et meurent dans la culture avant les pieds femelles. Par ailleurs, leurs pieds, secs avant récolte, posent des problèmes de fauche.

La sélection s'est donc attachée à obtenir des variétés monoïques, plus productives.

Sexualité et précocité (date de pleine floraison) des principales variétés cultivées en France

Variétés Sexualité Précocité
Uso 31 Monoïque 20 juillet
Férimon Monoïque 31 juillet
Fédora 17 Monoïque 1er août
Félina 32 Monoïque 4 août
Santhica 27 Monoïque 6 août
Epsilon 68 Monoïque 9 août
Santhica 70 Monoïque 11 août
Futura 75 Monoïque 15 août
Fibror 79 Monoïque 20 août
Dioïca 88 Dioïque 5 septembre

Un traitement de semences contre la fonte des semis

En culture conventionnelle, un traitement de semences à base de thirame, à 160 g de matière active par quintal, peut être appliqué pour lutter contre la fonte des semis. Mais à la suite du non-renouvellement de l’approbation du thirame, 2019 sera la dernière campagne proposant ce traitement de semences.

Il est possible de se procurer des semences non traitées, notamment en culture biologique.

Un outil opérationnel

Avec myVar®, un outil d’aide à la décision accessible en ligne, toutes les données variétés sont disponibles en quelques clics. Vous pouvez consulter les fiches par variété et comparer plusieurs variétés entre elles.

A découvrir sur www.myvar.fr

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Le semis du chanvre

Semer dans de bonnes conditions

En année normale, et selon les régions de production, les semis se réalisent de fin mars à début mai. Il est nécessaire d’effectuer le semis dans un sol ressuyé et suffisamment réchauffé (aux alentours de 10 – 12°C à 2-3 cm de profondeur)

parcelle de chanvre

Parcelle de chanvre

En conditions difficiles, il est possible de retarder le semis jusqu’à début juin, mais principalement le rendement paille risque d’en être diminué. En effet, la production dépend directement de la durée de croissance qui se termine à date fixe au stade fin floraison. Si la date de semis est trop retardée, la durée du cycle végétatif sera raccourcie, et donc le potentiel de rendement sera diminué.

Sous réserve que les conditions de semis soient bonnes, avancer la date de semis permet d’augmenter le rendement paille. Les meilleurs rendements graines sont obtenus avec les semis d’avril.

A retenir

L'essentiel est d'assurer le démarrage le plus rapide possible de la culture. Un blocage à la levée (sol froid, gelées etc.) peut porter préjudice au développement et donc au rendement du chanvre. Un bon semis se caractérise par une couverture complète du sol 20 jours après le semis.

Semer à 2-3 cm, en rangs rapprochés

Le semis s’effectue en ligne avec un semoir à céréales classique à socs avec un écartement pouvant varier de 12 à 17 cm, l’optimum étant d’avoir des rangs les plus rapprochés.
La profondeur du semis est de 2-3 cm maximum. Si le semis est trop superficiel, les graines ne trouvent pas l’humidité nécessaire pour germer et lever et deviennent une proie facile pour les oiseaux, friands des graines. A l’inverse, un semis trop profond limite le pourcentage de plantes levées et a un impact négatif, particulièrement sur des sols limoneux sensibles à la battance.

Pour assurer une levée homogène, il est essentiel que la profondeur de semis soit la plus régulière possible.

L’impact de la dose de semis

La dose de semis en conditions normales est à moduler en fonction du type de peuplement voulu qui peut dépendre du cahier des charges signé avec l'industriel. L'impact de la densité de semis sur le rendement paille ou graine est très limité. Elle influera principalement sur la morphologie du peuplement : plus la densité de semis est importante plus les tiges de chanvre seront fines et courtes. Le peuplement recherché s'établit de 200 à 250 plantes levées/m2 (équivalent à 40-50 kg/ha semés).

Le poids de mille grains (PMG) est généralement compris entre 15 et 20 grammes selon les variétés.

Rouler si nécessaire

Une fois le semis effectué, un roulage peut être nécessaire. D’une part il favorise la germination des graines en favorisant la remontée capillaire de l’humidité au sol. D’autre part, il permet de niveler le sol et de limiter la présence de cailloux, pour assurer de bonnes conditions de récolte.

Cas particulier : après un retournement

Le chanvre, culture de printemps peut remplacer à certaines conditions une culture d'hiver qui aurait subi des dégâts (gel, mauvaise levée, attaque de parasites etc.)

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Chanvre : attention aux limaces

Au même titre que dans toute autre culture, les deux espèces principales de limaces (grise et noire) peuvent être présentes dans les parcelles de chanvre, bien que des dégâts significatifs soient rares.

limaces chanvre

Les pieds de chanvre sont sensibles au stade plantule, avec une présence potentielle de limaces en avril/mai. Il faut surveiller prioritairement les bordures de parcelles entre le semis et le stade cotylédon-1ère paire de feuille, notamment en période humide et fraîche.

Du fait d’une croissance rapide, le chanvre ne nécessite cependant pas ou très peu de traitement anti-limaces (0 à 1 intervention maximum). Si une intervention localisée peut s’avérer parfois nécessaire, les anti-limaces sont homologués en traitements généraux, toutes cultures.

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La fertilisation soufrée et en magnésium

Soufre : pas d'apport nécessaire

En général, l’apport de soufre n’est pas nécessaire dans les régions traditionnelles de production.

En général, les premiers symptômes se manifestent sur les jeunes feuilles par une décoloration jaunâtre. Cependant, ces manifestations peuvent aussi apparaître sur des feuilles plus âgées avec une possible décoloration violette de la tige. Ces symptômes sont assez rares actuellement sur les parcelles. Le chanvre, en effet, est une plante estivale dont la croissance et les besoins sont assez bien corrélés à la minéralisation soufrée de la matière organique.

Magnésium : la carence est rare

carence magnesium chanvre

Cette carence se traduit par des taches de couleur rouille et/ou des taches jaunes entre les nervures. Ce phénomène reste très localisé en sols normalement pourvus.

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La fertilisation azotée du chanvre

Eviter les excès d'azote par une dose bien ajustée

Les besoins de la culture sont estimés à 13-15 unités N/tonne de matière sèche lorsque les ressources en eau ne sont pas limitantes. Le besoin total d’azote se situe donc autour de 120 U/ha pour un objectif de rendement paille de 8 t/ha, duquel il faut soustraire les reliquats du sol et la minéralisation pour calculer la dose d'azote minéral à apporter.
La méthode du bilan peut être appliquée. En excès, l’azote favorise une végétation exubérante, induit précocement la verse et maintient une humidité excessive des graines (et des feuilles). Les pailles restent plus vertes. On observe également plus de pieds morts.

champ chanvre

En conséquence, la récolte est retardée, le temps de séchage de la plante est plus important et le défibrage à l’usine devient plus difficile.

Bien enraciné, le chanvre mobilise l’azote minéral des couches les plus profondes. C’est pourquoi la réponse à l’azote apporté est variable selon l’année, le sol et les conditions climatiques. Elle est donc à adapter en fonction du type et de la profondeur du sol, ainsi que des reliquats effectués par analyses à différentes profondeurs (0 à 30 cm, 30 à 60 cm, 60 à 90 cm pour les sols les plus profonds).

Favoriser un apport fractionné

La fertilisation azotée vise à compléter les fournitures d’azote du sol. Le chanvre absorbe de l’azote principalement entre le stade 3 paires de feuilles (50 cm) et la fin de la floraison. Généralement la totalité des apports se fait au semis. Toutefois, il faut noter qu’un apport d’azote fractionné et tardif (2/3 au semis + 1/3 stade 50 cm c’est-à-dire au stade 5-6 paires de feuilles) a un impact positif sur le rendement en graines. Ce deuxième apport doit se faire impérativement sur une végétation sèche et sous forme solide uniquement.

Le bénéfice de la fertilisation localisée

Des expérimentations menées par Terres Inovia ont permis de mettre en évidence des gains de rendements en graines obtenus avec un premier apport réalisé en localisé (100 kg/ha de 18-46) le complément de la fertilisation ayant été apporté après le semis en plein. Pour ceux qui ne sont pas équipé pour faire cette application en localisée, des études sont en cours afin de d’évaluer le mélange semence et engrais.

A savoir

Dans les zones vulnérables, le raisonnement de la fertilisation azotée doit être conforme aux arrêtés préfectoraux de votre région.

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Les adventices du chanvre

Conditions de présence des adventices

Si la levée se réalise dans de bonnes conditions (à densité de semis usuelle), le chanvre couvre très rapidement le sol et étouffe les adventices.

Dans le cas contraire (semis trop précoce, terre mal préparée, mauvaises conditions de levée, densité très clairsemée), l’effet étouffement n’existe pas et les mauvaises herbes peuvent alors prendre le dessus.

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champ chanvre

Les sortes d’aventices

Les adventices qui posent parfois problème dans ce cas sont les sanves, chardons, liserons des champs, mercuriale, chénopodes et les graminées estivales.

Les interventions

récolte chanvre

Chanvre au moment de la récolte

Lorsque la parcelle est connue pour être fortement infestée par des mauvaises herbes, il est conseillé de procéder à la technique du faux-semis en intervenant toujours sur un sol parfaitement ressuyé et d'éviter un semis trop précoce.

Si des levées de mauvaises herbes sont observées juste après le semis du chanvre, il est possible d’intervenir mécaniquement avec une herse étrille. Même avec une agressivité assez forte, le chanvre résiste bien à cet outil à un stade de la culture d’environ 15 cm.

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Les ravageurs du chanvre

Actuellement, le chanvre ne connaît quasiment pas de ravageurs très nuisibles. Le recours à un traitement insecticide reste exceptionnel (quelques rares cas de fortes pressions de noctuelles) et l'impact sur le rendement est faible. Certains peuvent exister néanmoins sur cette culture. Tour d’horizon des ravageurs à surveiller.

La noctuelle défoliatrice

noctuelles chanvre

Une noctuelle, l’un des ravageurs du chanvre

La situation sur le chanvre

D’une façon générale, et sauf population très importante, les chenilles de noctuelles défoliatrices n’entraînent pas d’impact sur les rendements du chanvre.

Il existe dans la nature beaucoup d’espèces de noctuelles. Celles observées le plus couramment sur chanvre sont Heliothis armigera ou Helicoverpa armigera. Elles peuvent produire d’une à six générations par an (deux le plus souvent). Lorsqu’elles sont présentes, elles peuvent être généralement observées (selon le développement du chanvre et des conditions climatiques) en mai-juin et en août. La chenille est active surtout pendant la nuit.

Les symptômes

Ils se manifestent par des consommations de feuilles. La noctuelle dévore le limbe de part en part et peut sectionner les pétioles. Le jour, elle peut rester très active. Elle ne transmet pas de virose.

La mouche mineuse

mouche chanvre

Dégâts de mouche mineuse sur tige de chanvre

La situation sur le chanvre

Les mouches mineuses (Liriomyza spp.) sont des diptères, comme la mouche domestique. En Europe il y a trois espèces courantes : la mouche mineuse de la tomate (Liriomyza bryoniae), la mouche mineuse américaine (Liriomyza trifolii) et la mouche mineuse sud-américaine (Liriomyza huidobrensis).

Les femelles ont une taille de 2 à 3 mm et une couleur noire et jaune. Le point jaune sur le dos est typique. Les mâles sont un peu plus petits (1,5 mm).

Les symptômes

Les mouches mineuses perforent les feuilles afin de sucer la sève de la plante et/ou pondre un oeuf. Les larves creusent des galeries dans les feuilles, ce qui donne l’aspect de tunnel blanc en serpentin sur le dessus du limbe (de fin avril à juillet). Elles n’occasionnent aucun dommage préjudiciable à la culture.

La tipule

ravageurs chanvre

Une tipule, ici sur tournesol

Quelques attaques de larves de tipules (Tipula spp) sont parfois observées. Les larves, de couleur grise et sans pattes, peuvent mesurer jusqu’à 3 cm. Très polyphages, elles s’attaquent à diverses cultures, dont parfois le chanvre. Les larves détruisent les parties aériennes situées à la base des jeunes plants. Les dégâts significatifs restent assez rares.

L’altise

altise chanvre
altise chanvre

1. Altise, ici sur du colza - 2. Dégâts d’altise sur feuille de chanvre
 

Les altises (Psyllodes spp), sont rarement signalées et leur incidence économique semble très limitée, sauf en production de semences où l’impact peut être très important du fait du mode de culture (faible peuplement avec seulement 1,5 à 2 kg/ha de semences).

L’adulte, de couleur noire, mesure de 3 à 4,5 mm. Il vit sur les cotylédons et/ou les feuilles qu'il décape et perfore, notamment par temps chaud et sec. Par temps froid ou humide, il reste caché sous le feuillage ou dans le sol. L’adulte apparaît entre mai et juillet avec des écarts importants selon les régions, les années et les conditions climatiques, une période pluvieuse favorisant les sorties massives.

La punaise

punaise chanvre

Une punaise, ici sur tournesol

On les observe principalement au moment de la maturation des graines et de la récolte. Les punaises peuvent être présentes en grandes quantité sur l’inflorescence pouvant entraîner la chute précoce des graines. On peut également les trouver après la récolte dans des tas de chènevis. Leur présence est en progression.

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