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Semis de tournesol : Rechercher les conditions optimales

Le semis joue un rôle capital dans l’obtention d’un tournesol robuste. La réussite de cette opération clé doit se traduire par un démarrage rapide de la culture et une moindre exposition des jeunes plantules aux ravageurs de début de cycle (limaces, oiseaux, taupins), par l’obtention d’un peuplement régulier, et par la limitation du risque mildiou. 

Le semis joue un rôle capital dans l’obtention d’un tournesol robuste. La réussite de cette opération clé doit se traduire par un démarrage rapide de la culture et une moindre exposition des jeunes plantules aux ravageurs de début de cycle (limaces, oiseaux, taupins), par l’obtention d’un peuplement régulier, et par la limitation du risque mildiou. 

Réaliser les dernières préparations sur sols ressuyés

Les conditions d’humidité au moment de la destruction des couverts et de la préparation du sol sont cruciales pour un bon enracinement du tournesol. Un travail du sol inadapté peut entraîner des conséquences rédhibitoires. Il est donc essentiel d’intervenir sur un sol friable (niveau de ressuyage en dessous de la profondeur de travail voulue) qui s’émiette sans coller, ou d’attendre un ressuyage correct. Une surveillance régulière de l’humidité du sol est indispensable pour saisir les créneaux favorables afin d’être prêt à semer dès le début de la période de semis. Enfin, le lit de semence doit assurer un bon contact sol/graine, avec un équilibre entre mottes et terre fine, notamment en sol argilo-calcaire.

Viser une levée avant le 1er mai

Les semis précoces, réalisés dans de bonnes conditions, améliorent les performances du tournesol, comme l’ont montré plusieurs campagnes d’essais entre 1996 et 2019. Un semis avant le 15 avril est avantageux pour le rendement, à condition d’éviter des pluies abondantes après implantation. Il faut donc saisir les créneaux favorables pour optimiser le positionnement du cycle de la culture et réduire le risque de stress hydrique estival. L’objectif est une levée avant le 1er mai pour une floraison début juillet, tout en adaptant la date de semis à la précocité de la variété. 

Ne décaler la date de semis que pour des raisons sanitaires

En situation de risque mildiou (symptômes observés par le passé), il est recommandé de retarder le semis, si de fortes pluies sont annoncées dans les 5 jours. La contamination des plantules ayant lieu au moment de leur émergence, la présence d’eau libre durant cette phase favorise la germination des spores de mildiou qui vont alors infecter le tournesol.  

En Situation fortement infestée par du Datura: La réalisation de faux-semis printaniers peut s’avérer un levier efficace de déstockage. Cette pratique nécessite de décaler la date de semis pour laisser le temps aux adventices de lever, puis d’avoir une fenêtre climatique favorable pour les détruire.

Pour les situations d'infestations de Xanthium ou Ambroisie, cette technique n'est pas adéquate, car les levées de ces adventices, sont très échelonnées.

Attendre que le sol soit suffisamment réchauffé 

Il est essentiel de semer sur un sol ressuyé et réchauffé à plus de 8°C à 5 cm de profondeur sur plusieurs matinées consécutives. Un thermomètre de sol permet de déterminer le bon moment, en tenant compte des prévisions météorologiques. Une baisse de température annoncée doit inciter à la prudence, surtout si le sol est humide, tandis qu’un semis en conditions fraîches reste possible si un réchauffement est prévu.

Prendre le temps de semer

Pour assurer une levée homogène, le semis doit être réalisé à vitesse modérée (4 à 6 km/h). Les semoirs monograines rapides à distribution électrique permettent d’augmenter la vitesse jusqu’à 10-12 km/h sans impact sur le rendement (résultats d’Essais Terres Inovia 2021-2022, cela n’empêche pas un contrôle régulier de la qualité de semis), mais au-delà, des pertes sont observées. 

 Une profondeur de semis maîtrisée est essentielle : 2 à 3 cm en sol frais et jusqu’à 5 cm en sol sec. Il faut également tenir compte de l’affaissement des billons en sols légers pour éviter une profondeur excessive. 

Décider d’une densité de semis adaptée à chaque situation

La densité optimale de semis dépend des contraintes hydriques, du type de parcelle, de l’écartement entre rangs et du climat régional, notamment en zone fraîche ou humide en fin de cycle. En moyenne, elle se situe entre 65 et 70 000 graines/ha pour optimiser rendement et teneur en huile. Avec un écartement supérieur à 60 cm, il faut éviter les surdensités sur la ligne pour limiter la concurrence entre pieds. Un écartement de 40 à 60 cm est préférable, permettant un gain de 1 à 4 q/ha par rapport à un semis large type maïs (75-80 cm). 

Maitriser les dégâts des ravageurs de début de cycle

Les dégâts seront d’autant plus faibles que la levée sera rapide ; au-delà de la première paire de feuilles, les jeunes plantes seront hors risque oiseau, il faudra attendre le stade 2 paires de feuilles pour être hors risque limaces !

Limaces

Les plantules de tournesol sont vulnérables de la levée jusqu’au stade 2 feuilles

  • Si les conditions au semis sont humides et si une attaque est attendue (sol motteux, présence de résidus végétaux en surface après la destruction d’un couvert hivernal par exemple sont des situations à risques), appliquer une protection anti-limaces à la surface du sol juste après le semis (une ou des applications relais peuvent être nécessaires en fonction de l’activité du ravageur et de la vitesse de délitement des granulés).  
  • On note ces dernières années, des attaques importantes de limace, notamment dans les situations avec couverts hivernaux. Dans ces situations, et plus globalement quand les conditions sont favorables aux limaces, la protection est indispensable jusqu’à la fin de la période de risque.  Au-delà de la matière active, la qualité de l’appât, la régularité du granulé et sa tenue dans le temps en conditions humides sont des points à prendre en compte lors du choix de votre anti-limace.
  • Pour les parcelles jouxtant un cours d’eau, utilisez un appareil qui contrôle l’épandage en bordure (type SPANDO TDS), ou utilisez un anti-limace à base de phosphate ferrique (autorisé en culture BIO).

Taupins et noctuelles terricoles

Ils occasionnent dans certaines situations des pertes de pieds importantes. Outre une levée rapide, une légère augmentation de la densité de semis permettra d’anticiper et compenser les pertes éventuelles. Pour les situations à risque taupin – antécédents d’attaques ou précédents favorables (prairie, friches, culture fourragère ou légumineuse) – un insecticide pourra être appliqué au semis.

Plusieurs produits en micro-granulé sont autorisés en application au semis. Veillez à respecter les prescriptions réglementaires sur l’utilisation des diffuseurs: en particulier, les microgranulés à base de lambda-cyhalothrine et de téfluthrine doivent être incorporés respectivement à 4 et 3 cm de profondeur minimum et donc sans diffuseur.

  • Belem 0.8MG/Daxol (cyperméthrine) à 12kg/ha,
  • Karate 0.4GR (lambda-cyhalothrine) de 12 à 15 kg/ha,
  • Trika Expert+ (lambda-cyhalothrine) à 15 kg/ha
  • Force 1.5G (téfluthrine) à 10 kg/ha 

Vos contacts régionaux

  • Alexandra DENOYELLE - Terres Inovia (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur
  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
  • Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
Implantation PACA Ouest Occitanie Est Occitanie Sud Aquitaine Auvergne Rhônes-Alpes Implantation Tournesol Compatible Equipe Zone Sud

Charançons de la tige et Méligèthes, surveillance et lutte à mener sur 2 fronts - AURA

En Auvergne et Rhône-Alpes, le développement des colzas a nettement accéléré ces derniers jours. Après les pluies répétées des dernières semaines, le retour du soleil et des températures élevées ont entraîné une avance rapide des stades. A l'exception de quelques secteurs, le stade de sensibilité vis-à-vis des méligèthes est désormais atteint sur la majorité des colzas de la région.

Les conditions actuelles — temps sec, lumineux et chaud — sont favorables à la dynamique de croissance du colza… mais aussi à l’activité des ravageurs.  

Une surveillance régulière et attentive des parcelles, en lien avec les stades et les seuils d’intervention, sera déterminante dans cette phase précédant la floraison. 

En Auvergne et Rhône-Alpes, le développement des colzas a nettement accéléré ces derniers jours. Après les pluies répétées des dernières semaines, le retour du soleil et des températures élevées a entraîné une avance rapide des stades. A l'exception de quelques secteurs, le stade de sensibilité vis-à-vis des méligèthes est désormais atteint sur la majorité des colzas de la région. Les conditions actuelles — temps sec, lumineux et chaud — sont favorables à la dynamique de croissance du colza… mais aussi à l’activité des ravageurs.  

Une surveillance régulière et attentive des parcelles, en lien avec les stades et les seuils d’intervention, sera déterminante dans cette phase précédant la floraison. 

Les charançons de la tige du colza peuvent occasionner des éclatements de tige qui pénalisent les composantes de rendement, particulièrement lors des années sèches. Les pontes, en perturbant le flux de sève, sensibilisent les plantes aux stress ultérieurs et limitent leurs capacités de compensation. Un stress hydrique ou une attaque d’un autre ravageur au printemps sur un colza préalablement affaibli par le charançon de la tige sont ainsi plus dommageables. Les moyens de lutte sont toujours efficaces, mais le positionnement de l’intervention est déterminant pour garantir l’efficacité de la protection.

Un pic de vols atteint entre fin-février et début mars

Si les premiers charançons de la tige du chou et du colza ont pu être observés dans certaines parcelles dès début février, les pluies et le vent rencontré dans les jours et semaines qui ont suivi n’ont pas été favorable à la généralisation du vol. Depuis une dizaine de jours en revanche, le retour de journées ensoleillées, couplées à des températures exceptionnellement douces, ont été favorable à l’activité des charançons. D’après les réseaux de suivi BSV, le pic de vol du charançon de la tige du colza semble avoir été atteint fin février en Rhône-Alpes, tandis que le pic de vol est encore en cours sur Auvergne cette semaine. Ces pics de vols sont observés alors que les colzas sont majoritairement au stade D1-D2, période de sensibilité au ravageur. 

En règle générale, il convient d’intervenir 8 – 10 jours après les premières captures « significatives » ou idéalement au pic de vol régional (consulter le BSV pour connaitre la date du pic de vol à l’échelle du territoire). En effet, la seule présence du ravageur dans la culture constitue un seuil de nuisibilité. L’objectif est d’intervenir lorsqu’un maximum d’insectes est dans la parcelle et avant le début des pontes.  

Le pic de vol étant probablement en cours, une intervention pourra être déclenchée la semaine du 02 au 09 mars pour maîtriser efficacement les populations de charançons de la tige, sous réserve d’une baisse des captures au sein du réseau BSV la semaine prochaine.  

Des solutions insecticides toujours efficaces

Le succès de la lutte chimique dépend du positionnement de l’intervention et de la persistance d’action. À ce jour, Terres Inovia n’observe pas de baisse d’efficacité au champ. Les résultats du monitoring ne montrent pas l’émergence de résistances inquiétantes.

  • DECIS PROTECH 0.33 L/ha et KARATE ZEON 0.075 L/ha sont efficaces pour réduire les dégâts du charançon de la tige du colza (réduction du nombre de tiges déformées et/ou éclatées).  
  • TREBON 30 EC est comparable à ces références. En cas d’infestation tardive et de présence de méligèthes, il présente l’intérêt d’être également efficace sur ces derniers.
  • SHERPA 100 EW et CYTHRINE MAX sont un peu en retrait. MAVRIK SMART est quant à lui inférieur aux références sur charançon de la tige et est à réserver pour la lutte éventuelle contre méligèthes entre les stades D1 et E-F1.

Attention : Veiller à réserver les produits TREBON 30 EC ou MAVRIK SMART pour la lutte éventuelle contre méligèthes entre les stades D1 et E-F1. 

Méligèthes : Une vigilance de rigueur

Une arrivée soudaine et massive

Les éclaircies et températures exceptionnellement chaudes des derniers jours sont très favorables aux vols d’insecte, dont le méligèthe, qu’il est aisé de capturer en cuvettes ou d’observer en parcelle, notamment sur les pieds de colza les plus avancés en stade. Le méligèthe est avant tout un pollinisateur. Son alimentation est basée sur le pollen. Cependant, lorsque les fleurs sont encore au stade boutons, ils les perforent pour atteindre les étamines, ce qui peut endommager le pistil et conduire à leur avortement. Le risque de pertes est d’autant plus important que les boutons sont petits ; mais dès que les fleurs sont ouvertes, le pollen est libre d’accès et la nuisibilité devient généralement nulle et le traitement inutile. Les femelles pondent pendant la floraison dans les boutons mais cela n’endommage pas la plante.

Visiter ses parcelles pour évaluer l’état des colzas et le niveau de présence du méligèthe

Plus la culture est vigoureuse et saine, plus elle peut supporter la présence de méligèthes, même abondante. Au contraire, plus la culture est chétive, stressée ou en situation contrainte, plus elle sera sensible aux attaques. L'observation de l'état du colza est donc aussi primordiale que l'observation du ravageur.  

Voici quelques règles à connaître dans la caractérisation du risque méligèthes sur colza :  

  • Fertilisation du colza : que faire en cas de sols trop humides ?Observer les parcelles du stade D1 (BBCH50) correspondant à l’apparition des boutons accolés toujours cachés sous les feuilles jusqu’au stade F1 (BBCH60) correspondant aux premières fleurs ouvertes sur la moitié des plantes. Au stade D1 lorsque les boutons floraux sont présents et encore dissimulés sous les feuilles terminales, les méligèthes sont plus difficiles à observer. Il faut prendre le temps de bien analyser la zone de feuilles entourant les boutons. Au stade D2 (BBCH53) et E (BBCH57), les boutons sont complètement visibles et les méligèthes sont plus facilement repérables.
  • Les comptages en bordure ou sur les plantes les plus hautes ne sont pas représentatifs de la situation. Il est conseillé de compter sur 4 x 5 ou 2 x 10 plantes consécutives ; puis de calculer une moyenne ou un % par plante à rapprocher des seuils mentionnés dans le tableau ci-dessous, en tenant compte des capacités de compensation de la culture.
  • Évitez les plantes pièges si elles sont présentes.  
  • La vigilance doit à présent être maintenue par un dénombrement régulier sur les plantes pour se situer par rapport aux seuils.
  • Surveillance de rigueur également dans les situations avec une variété haute et très précoce (ex : ES Alicia ou DK Exavance) en mélange. Cette pratique permet de maîtriser certaines attaques faibles à moyennes mais n’exclue pas la surveillance ! En cas de fortes attaques, au-delà des seuils indiqués ci-dessous sur les plantes d'intérêt, un contrôle des populations de méligèthes peut se justifier. 

Stratégie de lutte : maintenir la population à un niveau tolérable en employant les spécialités adaptées

La stratégie de lutte vis-à-vis des méligèthes a pour objectif de maintenir la population à un niveau tolérable (et non à l'éradiquer) pour que la floraison puisse s’engager sans retard important et que les compensations puissent s'exprimer au maximum. Le colza dispose d’importantes capacités de compensation. Lorsque la culture est vigoureuse, elle peut faire face à des attaques de méligèthes même fortes.

Les méligèthes sont résistants aux pyréthrinoïdes en « -ine » (lambda-cyhalothrine, deltaméthrine, cyperméthrine, etc.). Le tau-fluvalinate et l'étofenprox sont 2 pyréthrinoïdes qui échappent à la rapide métabolisation par les méligèthes et conservent leur potentiel d’efficacité.

Les substances actives efficaces sur méligèthes :    

  • L’étofenprox (TREBON,30EC, UPPERCUT 0.2 l/ha)
  • Le tau-fluvalinate (MAVRIK SMART, TALITA 0.2 l/ha)

En cas de présence concomitante de méligèthes et de charançons de la tige du colza au seuil d’intervention, privilégier l’utilisation de solutions à base d’Étofenprox, en veillant à bien respecter les conditions d’emploi des spécialités insecticides correspondantes.

Recommandations d’utilisation

Volume de bouillie, un optimum autour de 200 l/ha : pour optimiser l'efficacité d'une pulvérisation insecticide, il est conseillé de travailler à volume « normal », en évitant les trop bas-volumes, inférieurs à 100 l/ha.

Le contexte de réalisation est important : réglage du pulvérisateur, conditions climatiques, caractéristiques du produit appliqué.

Protection des abeilles : Dangereux pour les abeilles (phrase SPE8) : pour protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs, ne pas appliquer durant la floraison et/ou en période de production d'exsudat, à l'exception des usages bénéficiant de la mention abeille F, PE, ou FPE. En cas d’intervention tardive (par exemple, stade E avec apparition des premières fleurs), utiliser impérativement les solutions efficaces et bénéficiant d’une dérogation abeille : MAVRIK SMART, TREBON 30EC (stade limite d’utilisation BBCH61) Attention : ces applications font l’objet d’un arrêté encadrant les horaires d’application : dans les 2 heures qui précèdent le coucher du soleil et dans les 3 heures qui suivent le coucher du soleil.  

Une utilisation raisonnée de ces solutions est indispensable. Lire attentivement les étiquettes et la documentation disponible et respecter les recommandations d'emploi. 

Vos contacts régionaux

Alexandra DENOYELLE - Terres Inovia (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur

Montaison Floraison Rhônes-Alpes PACA Auvergne Ravageurs Colza Quentin LEVEL - (q.level@terresinovia.fr) & Alexandra DENOYELLE (a.denoyelle@terresinovia.fr)

Préparation avant le semis du tournesol : une étape cruciale pour l’implantation

La reprise des parcelles avant le semis est déjà une étape clé dans la perspective d’obtenir d’un tournesol robuste. L’enjeu principal cette année consistera à réaliser les opérations de préparation du sol dans de bonnes conditions d’humidité. 

La reprise des parcelles avant le semis est déjà une étape clé dans la perspective d’obtenir d’un tournesol robuste. L’enjeu principal cette année consistera à réaliser les opérations de préparation du sol dans de bonnes conditions d’humidité. 

Deux enjeux majeurs sont à considérer lors de la mise en œuvre des opérations de préparation au semis :

1-Préserver l’état structural du sol

Sur sols argileux, l’état structural du sol ne doit absolument pas être dégradé par les opérations de préparation au semis. Aussi, en fin d’hiver, le travail profond est à éviter. Seules des conditions de parfait ressuyage sur la profondeur de travail, qui devraient être rarissimes cette année, offrent des possibilités de fissuration et d’aération des sols argileux.  

Pour les sols limoneux, un travail profond de fissuration ou un labour peuvent, s’ils sont nécessaires, être envisagés même tardivement, juste avant le semis du tournesol.

2-Obtenir un lit de semence qui comporte au moins autant de terre fine que de mottes pour assurer un bon contact terre-graine.

 Attention, un trop grand nombre de passages peut générer de la terre fine en excès, ce qui peut être préjudiciable dans les sols sensibles à la battance ou à l’érosion.  

Raisonner le type d’outils, ainsi que le nombre de passages est indispensable

La préparation des parcelles en sortie d’hiver s’appuie sur 2 piliers :

  • Travailler des sols ressuyés, à consistance friable sur tout le profil travaillé. C’est le cas si les mottes, pétries dans la main, s’émiettent sans coller et donnent de la terre fine. Cette règle fondamentale invite à réaliser des observations très régulières de la consistance du sol, sur toute la profondeur de travail envisagée. Cela semble particulièrement crucial après l’hiver très pluvieux que nous venons de connaitre, afin de déclencher les opérations de reprise dès que les premiers créneaux favorables se présenteront (la fenêtre risque d’être courte cette année), et d’être prêt à semer dès le début du mois d’avril.
  • Le choix et les conditions d’utilisation des outils de travail du sol.  

    Outre l’état du sol au moment de l’intervention, ces deux autres critères s’avèrent déterminants pour réussir la préparation au semis.

  • Privilégier les outils à dents non animés pour préparer le lit de semences. Si 2 passages sont envisagés, le 1er peut être réalisé à 10-15cm de profondeur, sans rouleau pour favoriser le réchauffement du sol. Le 2ème passage à 6-8cm aura pour objectif principal de niveler et d’affiner
  • Combiner les outils pour limiter le nombre de passages  
  • Lutter contre la compaction du sol, en utilisant des équipements de type roues jumelées ou pneus basse pression. En l’absence de tels équipements, vérifier et adapter la pression des pneumatiques.  

Dans quel cas réaliser des faux semis printaniers ?

Sur des flores printanières et estivales qui lèvent tôt en saison comme l’ambroisie, la renouée liseron, le xanthium ou même un peu plus tardivement le datura, le faux-semis peut s’avérer efficace pour réduire les infestations dans le tournesol.  

Le faux-semis consiste à réaliser un travail superficiel du sol assez tôt en saison pour faire lever les adventices, bien rappuyé avec un rouleau et positionné de préférence avant une pluie.  1 à 3 semaines après, on détruira ces levées, soit chimiquement dans les situations où le glyphosate est autorisé, soit mécaniquement, en veillant à remuer le sol le moins possible pour éviter de provoquer de nouvelles germinations. Cette stratégie s’accompagne souvent d’un décalage de la date de semis du tournesol de 15 à 20 jours, nécessaire à la réalisation de cette chaine d’interventions.

Attention, des semis tardifs de tournesol, au-delà du 1er mai, peuvent pénaliser les résultats de la culture. Un compromis est donc à trouver entre bénéfices retirés du faux-semis, et risques occasionnés pour le tournesol. Ce décalage de la date de semis est à réserver aux situations où il est prioritaire d’alléger la pression exercée par les flores dites « problématiques », car difficiles à détruire et exerçant une forte concurrence sur la culture (ambroisie, renouée liseron, tournesol sauvage, xanthium).    

Vos contacts régionaux

  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
    Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
  • Alexandra DENOYELLE - Terres Inovia (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur

 

Implantation Auvergne Est Occitanie Ouest Occitanie PACA Rhônes-Alpes Sud Aquitaine Implantation Préparation du sol Tournesol Compatible Matthieu ABELLA - Terres Inovia - m.abella@terresinovia.fr

Des excès d'eau hivernaux qui pénalisent la bonne reprise de la culture

En Auvergne–Rhône-Alpes, la sortie d’hiver est marquée par des précipitations supérieures aux normales saisonnières, en particulier au cours des dix derniers jours. Ces conditions ont rendu l’entrée dans les parcelles difficile et retardé, dans de nombreuses situations, les apports d’azote et de soufre.

L’impact reste toutefois contrasté selon les secteurs et les situations. Les colzas présentent des états très hétérogènes : certaines parcelles affichent des biomasses faibles à la reprise de végétation, traduisant un développement automnal limité. Par ailleurs, les dégâts de larves d’altises ont pu être localement importants, fragilisant les plantes et pénalisant leur dynamique de redémarrage.

Dans ce contexte, la gestion des parcelles les plus affectées doit être appréciée au cas par cas, tout comme la stratégie de fertilisation à adopter lors de retours au champ retardés par les conditions d'humidité des sols, alors même que les cultures poursuivent leur progression physiologique.

En Auvergne–Rhône-Alpes, la sortie d’hiver est marquée par des précipitations supérieures aux normales saisonnières, en particulier au cours des dix derniers jours. Ces conditions ont rendu l’entrée dans les parcelles difficile et retardé, dans de nombreuses situations, les apports d’azote et de soufre.
L’impact reste toutefois contrasté selon les secteurs et les situations. Les colzas présentent des états très hétérogènes : certaines parcelles affichent des biomasses faibles à la reprise de végétation, traduisant un développement automnal limité. Par ailleurs, les dégâts de larves d’altises ont pu être localement importants, fragilisant les plantes et pénalisant leur dynamique de redémarrage.
Dans ce contexte, la gestion des parcelles les plus affectées doit être appréciée au cas par cas, tout comme la stratégie de fertilisation à adopter lors de retours au champ retardés par les conditions d'humidité des sols, alors même que les cultures poursuivent leur progression physiologique.

Adapter les pratiques de fertilisation à l'état des colzas à la reprise

Revoir à la baisse la dose d'azote totale à apporter uniquement sur les parcelles très impactées par les excès d'eau

Dans la majorité des situations, les colzas étaient bien implantés et développés en entrée d’hiver. Si les excès d’eau des dernières semaines ont empêché les apports à reprise de végétation, l’état des colzas (enracinement profond, forte biomasse automnale) ne se montre pas limitant pour une reprise sans encombre. Dans ce contexte, les doses prévisionnelles d’azote à apporter au printemps pourront être maintenues. Seule la question du fractionnement des apports importe. 

En revanche, pour les parcelles où de l’eau excédentaire stagne en surface (bas de côteaux, plaines non-drainées inondées ou saturées, sols hydromorphes), pénalisant la reprise de colzas, il est important d’adapter au cas par cas la stratégie de fertilisation :

  • Sur les parcelles initialement peu développées à l’automne (mauvaise implantation, dégâts précoces de ravageurs, etc.) et confrontées à d’importants excès d’eau, il peut être envisagé de revoir à la baisse leur potentiel de rendement, et par extension la dose totale à apporter au printemps. En effet, les colzas au système racinaire peu développé à l’automne et endommagé par les excès d’eau auront de moins bonnes capacités de compensation face aux stress biotiques (attaques de ravageurs, maladies, salissement) et abiotiques (stress hydrique) au printemps. Afin d’éviter des investissements qui, sans doute, ne seront pas rentabilisés à la récolte, il convient dès maintenant de maîtriser au mieux les charges opérationnelles, notamment sur le poste engrais, qui est généralement le plus lourd pour la culture.

  • Pour les parcelles où le colza présente une bonne qualité d’implantation (peuplement homogène, dense, salissement faible, biomasse importante à l’automne, faibles dégâts de ravageurs), il convient de surveiller leur évolution dans les prochains jours. Les probabilités de reprise sans encombre sont bien plus importantes, n’imposant pas, sauf exception, de revoir les doses prévisionnelles à la baisse. 

Fractionner les apports pour bien accompagner la reprise et garantir la nutrition azotée jusqu’à la floraison

Dès que les parcelles redeviendront praticables, et si les conditions météorologiques sont favorables, une adaptation de la stratégie en 3 apports d’azote est à envisager sur les colzas les plus chétifs, avec un premier apport modéré de 30 à 40 uN pour permettre à la plante de soutenir sa croissance. Un dernier apport de 40 uN est à réserver au stade E (boutons séparés). Le reste pourra être apporté aux stades D1-D2 (boutons accolés). Il est inutile d’accompagner la reprise avec un apport conséquent dès le départ dans ce cas de figure, la capacité d’absorption du colza étant limitée !

Pour les colzas les mieux portants (> 1 kg/m² en sortie d’hiver) et/ou bien implantés déjà au stade C2 (entre-nœuds visibles) voire D1, un premier apport d’environ 60-70 uN sera à effectuer lorsque les parcelles seront praticables. Il n’y a pas lieu de se précipiter pour ces colzas, dont la qualité d’enracinement garantit une bonne capacité d’absorption de l’azote du sol. Le solde pourra être apporté entre les stades D2 et E. 

Ne pas oublier le soufre

Le colza est une culture très exigeante en soufre. Le risque de carence est bien plus important les années difficiles marquées par des excès d’eau important à l’automne et en sortie d’hiver. En conséquence, il ne faut pas négliger la fertilisation soufrée de la culture, préférentiellement avec des engrais de forme sulfate (Sulfate d’ammoniaque, Ammonitrate soufrée, etc.) pour un total de 75 unités à apporter en début de montaison (Stades C2-D1). 

Petits rappels sur les effets des excès d'eau sur le métabolisme du colza

Dans certaines situations (sols hydromorphes, parcelles inondées, sols saturés peu filtrants, colzas mal implantés et/ou peu développés à l’automne) où les colzas sont « complètement à l’arrêt », peut se poser la question du retournement et du remplacement de la culture. Voici quelques rappels concernant l’effet des excès d’eau sur l’activité des colzas et sur l’importance de diagnostiquer finement les parcelles concernées avant de prendre une décision.

Les excès d’eau peuvent affecter l’activité métabolique des colzas à deux niveaux :

  1. L'asphyxie racinaire

    Lorsque la teneur en oxygène du sol passe en dessous de 10%, l’absorption d’azote est bloquée, pénalisant de fait la nutrition azotée et par extension la croissance de la plante.

  2. La fermentation du système racinaire

En présence prolongée d’eau, la racine de colza fermente, ce qui entraîne une accumulation d’éthanol dans les feuilles. Avec l’accumulation, la photosynthèse, et par extension la croissance, sont impactées (la feuille prend une couleur brune à rouge). Si elle devient est trop importante, des pertes de pieds sont observées.

Des facteurs aggravants 

Ces phénomènes sont favorisés et amplifiés par les faibles niveaux de biomasse en sortie d’hiver, associés à des défauts d’implantation (profondeur d’enracinement < 15 cm, pivots « fourchus » ou « coudés »), dont l’origine provient de problèmes de structure de sol, et parfois de fertilisation de fond. Le salissement et les dégâts de ravageur d’automne (larves de grosses altises et/ou de charançons du bourgeon terminal) constituent également des facteurs limitant la capacité de compensation et de reprise des colzas, notamment lorsqu’ils sont peu développés à l’automne.

Ainsi, en fonction de la dynamique de croissance et de développement du colza à l’automne, de sa qualité d’enracinement, de l’état de salissement de la parcelle, des dégâts causés par les ravageurs d’automne et de la vitesse de ressuyage des sols, les effets d’un excès d’eau sur la capacité de reprise et par extension sur le potentiel de rendement peuvent être très différents d’une parcelle à l’autre.

Maintien ou retournement ? Une décision à ne pas prendre à la légère !

Dans certaines situations où les colzas ne semblent pas repartir, se pose la question du maintien ou du retournement de la parcelle. Si la décision est simple dans les cas extrêmes (parcelle intacte ou au contraire présentant de fortes nécroses racinaires), elle est beaucoup plus délicate dans les situations intermédiaires, en fonction du pourcentage de la parcelle concerné et surtout de l’évolution des symptômes.

Bien diagnostiquer chaque parcelle pour juger de la pertinence du maintien de celle-ci
Il est tout d’abord important d’évaluer l’incidence du retournement par rapport au maintien de la culture : l'investissement déjà engagé, les aspects réglementaires, le potentiel et la faisabilité de la culture de remplacement selon les herbicides utilisés.

Pour juger de la pertinence d’un retournement de parcelle, il faut estimer d'une part les capacités de compensation du colza, la biomasse fraîche (poids vert exprimé par m²) et la densité du peuplement, et d'autre part les facteurs aggravants, (hydromorphie, enherbement, défaut d’enracinement, dégâts de ravageurs, peuplement hétérogène, etc.). Il est inutile de laisser des colzas en mauvais état à l’intérieur de parcelles qui risquent de se salir rapidement au printemps et dont le potentiel de rendement est très limité.

Voici quelques repères permettant de décider ou non du maintien des parcelles pour lesquelles de suspicions persistent :

1. Le peuplement 

Selon les types de sols à partir de 5 à 10 pieds/m² sains bien répartis, avec un salissement maitrisé, le retournement de la parcelle est déconseillé. 
 

2. L’état sanitaire de la racine

Pour observer les nécroses racinaires, il faut prélever des racines et les couper longitudinalement pour bien identifier les zones touchées. Si les nécroses racinaires sont trop importantes, la survie de la plante est fortement compromise. En fonction des conditions climatiques (notamment le retour d’une période pluvieuse), les nécroses peuvent évoluer. Il est donc recommandé de vérifier régulièrement la progression ou la stagnation des nécroses dans les parcelles légèrement à moyennement impactées pour confirmer le diagnostic.

Coupe longitudinale d'une racine de colza saineCoupe longitudinale d'une racine de colza nécrosée

3. Le pourcentage de la parcelle concerné par les dégâts

Pour envisager un retournement, la surface concernée par de fortes nécroses doit être suffisante pour justifier de nouvelles dépenses (charges opérationnelles et coûts de passage). Si la surface touchée ne représente que quelques pourcents de la parcelle, le maintien de la culture dans la zone sera décidé, il conviendra alors d’être vigilant sur le salissement en fin de cycle, notamment en graminées. La gestion des adventices devra être envisagée en interculture et dans la culture suivante.

4. Le niveau d’infestation en larves de grosses altises ou de charançons du bourgeon terminal

Il intervient en facteur aggravant de la présence de nécroses racinaires.

Dans tous les cas, la tolérance aux stress et les capacités de compensation du colza au printemps risquent d’être limitées dans les situations où les systèmes racinaires sont endommagés par les excès d’eau. Il faudra en tenir compte dans le raisonnement de la fertilisation de printemps !

Cultures de remplacement

En cas de retournement de la parcelle et de remplacement de la culture, il est important de prendre en compte l’historique des spécialités herbicides employées à l’automne/hiver afin d’adapter le choix d’espèce. Retrouvez ici un tableau des cultures de remplacement possibles après retournement d’un colza, en fonction du programme de désherbage employé.


 

Vos contacts régionaux

  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
  • Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
     
Montaison Auvergne Rhônes-Alpes PACA Fertilisation Accidents climatiques Colza Compatible Quentin Level - q.level@terresinovia.fr

Réussir la destruction des couverts végétaux hivernaux

La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.

La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.

Comment choisir la période de destruction des couvert hivernaux ?

Le déclenchement de la destruction doit faire l’objet du meilleur compromis entre l’atteinte des bénéfices du couvert (protection contre l’érosion, piège à nitrates, …), et le fait d’éviter de porter préjudice à la culture suivante par épuisement des ressources du sol, dégradation de la structure, ou augmentation de la pression ravageurs (limaces). Elle doit en outre être raisonnée en fonction du stade du couvert, sa composition, la présence d’adventices et la date prévisionnelle du semis de la culture suivante.

  • Pour un couvert à dominante crucifères ou graminées, la destruction doit survenir au moins deux mois avant la date prévisionnelle de semis de la culture suivante, afin d’éviter une faim d’azote sur les premiers stades de développement de la culture.
  • Pour un couvert à dominante légumineuses, la destruction peut être plus tardive, jusqu’à trois semaines avant la date prévisionnelle de semis. Dans ce cas de figure, le principal point de vigilance concerne la présence de résidus non dégradés au moment du semis.

Les conditions d’intervention sont cruciales pour les destructions mécaniques, tout particulièrement sur sols argileux. Les couverts contribuent au ressuyage du sol durant l’hiver, ils participent également au maintien d’une humidité au sol, d’autant plus importante avec des fortes biomasses ou s’ils contiennent des graminées. Il est ainsi primordial de détruire le couvert dès qu’une fenêtre favorable se présente, en d’autres termes, dès que le sol est suffisamment ressuyé sur tout le profil travaillé (consistance friable, ou au pire semi-plastique) pour limiter les risques de tassement ou de lissage. Pour cela, un suivi régulier des conditions d’humidité du sol s’impose à partir de février.

La destruction tardive d’un couvert hivernal à forte biomasse peut conduire à l’assèchement de sols à faible réserve utile, surtout si la fin d’hiver et le début du printemps sont marqués par un déficit de pluviométrie. L’alimentation hydrique de la culture suivante risque alors d’être pénalisée, en particulier en conduite pluviale. 
Aussi, il faut savoir arrêter la progression d’un couvert quand il atteint 2 à 4 tonnes de biomasse par hectare (1 à 2 kg de matière verte par m²).
Vouloir trop « pousser » un couvert tardivement, peut conduire, en cas de scénario climatique défavorable, a des destructions trop tardives.
 


 

Quel mode de destruction pour mes couverts ?

Les techniques de destruction sont multiples et doivent être choisies en bonne cohérence avec les caractéristiques des espèces implantées et les propriétés du sol. En fin d’hiver, le labour ou des travaux profonds ne pourront être envisagés que sur les sols limoneux ou sableux. Sur sols argileux, le ressuyage suffisant du sol et des interventions qui restent superficielles, sont 2 conditions indispensables. Dans des situations avec des couverts bien développés, un broyage préalable peut être nécessaire.

Les travaux menés par Terres Inovia dans le cadre du réseau Syppre Lauragais ont montré que sur des couverts à tige creuse (féverole, phacélie), de nombreux matériels présentent des résultats satisfaisants de destruction (herse rotative, scalpeurs, déchaumeurs à disques indépendants, rouleaux hacheurs). La herse rotative sans rouleau, utilisée à faible profondeur (5-7cm) sur des couverts moyennement développés, assure la dévitalisation des plantes et la création d’un lit de semence favorable à la culture suivante. Le débit de chantier reste toutefois faible, tout comme l’efficacité sur les plantes à pivots et les graminées.

La difficulté principale consiste bien souvent à détruire les graminées adventices qui peuvent se développer dans le couvert pendant l’hiver, auquel cas, les outils à bon recouvrement ou équipés d’ailettes se détachent en termes d’efficacité, même si celle-ci est rarement totale. Aussi, la présence d’adventices et notamment de graminées justifie une destruction précoce, afin d’intervenir sur des stades jeunes, et viser une implantation de la culture suivante sur un sol propre.

Si le choix se porte sur la destruction chimique, des couverts développés vont demander des doses élevées de glyphosate. L’ajout de 2-4D peut améliorer l’efficacité de destruction des dicotylédones, mais s’il est utilisé, veiller rigoureusement au délai d’application avant semis du tournesol (30 jours). Précisions également que le levier de destruction chimique peut être mobilisé après une 1ère étape de destruction mécanique, si des graminées adventives n’ont pas été détruites et si les conditions d’humidité ne sont pas favorables. Dans ce cas de figure, il conviendra de moduler les doses utilisées.

Quel que soit le mode de destruction, il faudra être vigilant à la présence de résidus non dégradés ou trop grossiers qui risquent de perturber le passage de l’élément semeur de la culture suivante, ou nuire au contact sol-graine. Les résidus peuvent également générer une activité plus importante des mollusques au printemps. Une surveillance particulière doit être mise en place pour éviter des potentiels dégâts sur la culture suivante.

Implantation Ouest Occitanie Sud Aquitaine Auvergne PACA Rhônes-Alpes Couverts végétaux Tournesol Soja Compatible Matthieu ABELLA - Terres Inovia - m.abella@terresinovia.fr
Clémence DE SAINTIGNON - Terres Inovia - c.desaintignon@terresinovia.fr

Mesurer vos biomasses en sortie d'hiver pour optimiser vos apports azotés au printemps

Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation. 

Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables. 

Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.

Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation. 

Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables. 

Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.

Top départ pour les pesées sortie d'hiver

La remontée des températures au cours de la semaine dernière permettra d’initier le redémarrage des colzas, après un repos végétatif et une fonte des biomasses en entrée d’hiver, à la suite des baisses de températures successives entre fin-novembre et début-janvier. Il est donc temps de procéder à la pesée des colzas, afin de déterminer les quantités d’azote à apporter en amont et/ou en cours de montaison selon les situations.

Méthode d’estimation de la biomasse

La pesée s’effectue sur 2 à 4 placettes d’1m² en sectionnant les colzas au ras le sol pour une bonne estimation de sa biomasse aérienne. La méthode de prélèvement varie selon l’écartement du colza (voir tableau ci-contre).  

Dans les parcelles avec des colzas hétérogènes, il est recommandé de réaliser 4 prélèvements, à différents endroits représentatifs de la parcelle, tout en évitant les bordures. La valeur moyenne sera lors retenue pour effectuer les calculs de dose prévisionnelle.

Pour éviter tout biais de mesure, notamment en cas de prélèvement par temps pluvieux ou en cas de forte rosée, il conviendra bien secouer les plantes pour les débarrasser des gouttes d’eau sur les feuilles et enlever les éventuelles petites mottes de terre à la base de la tige.

Pour vous aider

Vous pouvez aller voir ce tutoriel

D'autres outils pour calculer directement les doses d'azote à apporter

Il existe aujourd’hui une grande diversité d’opérateurs proposant des services de conseils azoté spatialisés sur colza à partir d’un traitement d’image. Ils permettent aux agriculteurs qui le souhaitent de moduler les apports au sein de la parcelle, soit avec un système piloté sur l'épandeur d'engrais, soit en modulant manuellement par grandes zones dans les parcelles présentant des états de croissance différents. Parmi eux, 4 produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia : 

  • Farmstar (Airbus, Arvalis)
  • Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
  • PRECIFert Azote (Precifield)
  • Bilan Colza by Abelio (Abelio)

Pour faciliter les estimations au champ, 2 applications smartphone, ImageIT (Yara France) et Crop-Analyser (Visio-Crop), font l’objet de partenariat avec Terres Inovia. La biomasse est estimée à partir de photographies classiques, dont l'exploitation et l’interprétation sont ajustées par la hauteur de végétation, à renseigner en amont du traitement d’image.

Vous trouverez davantage d’informations concernant les méthodes alternatives d’estimation des biomasses et doses prévisionnelles en azote des colzas sur ce lien.
 

Calcul de la dose prévisionnelle : Attention à la surestimation des besoins !

La Réglette azote colza® permettra de déterminer la dose totale à apporter à partir de plusieurs informations : la biomasse du colza, l’objectif de rendement de la parcelle, le type de sol, l’apport de produits organiques, la nature du précédent et éventuellement l’association de légumineuses gélives.

Afin de ne pas surestimer les besoins de la culture, et ainsi éviter toute sur-fertilisation inutile et coûteuse, notamment dans un contexte de prix élevé des engrais azotés vis-à-vis des prix de vente du colza, il conviendra de fixer dans un premier temps un objectif de rendement raisonnable. Pour ce faire, il faudra calculer la moyenne des rendements des 5 derniers colzas sur la parcelle ou des parcelles comparables, en enlevant la valeur la plus faible et la valeur la plus élevée : c’est la moyenne olympique.

Au vu des conditions de température en ce début d’hiver, 2 situations. 

Les colzas du Sud-Ouest ont davantage perdu de biomasse que les campagnes précédentes où, certaines années, ils ne se sont jamais vraiment arrêtés de croître et de se développer. Il convient donc, en plus de bien estimer son objectif de rendement, de prendre en compte l’azote absorbé à l’automne, par une estimation à postériori des biomasses en entrée d’hiver (entre 800g et 1.2 kg/m² en moyenne selon les parcelles) ou par le traitement d’images satellites prises entre la mi-novembre et début-décembre. Le risque de la non-prise en compte de l’azote absorbé à l’automne, lorsque les colzas ont « fondu » au cours de l’hiver, est là-aussi une surestimation des doses à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités absorbées précédemment (voir exemples ci-contre).

En Auvergne et Rhône-Alpes, marquées par des températures inférieures aux normales de mi-novembre puis de fin décembre à début janvier, les colzas ont connu un ralentissement marqué de leur croissance, voire une perte de biomasse dans certaines situations. Dans ce contexte, il est indispensable, en complément d’une estimation réaliste de l’objectif de rendement, de bien prendre en compte l’azote absorbé à l’automne. Les références issues des réseaux BSV montrent des situations très contrastées (biomasses en entrée d'hiver à 2,7 kg/m² de moyenne en Rhône-Alpes, avec des valeurs comprises entre 0,4 et 5,8 kg/m², et 1,5 kg/m² en Auvergne, avec des extrêmes allant de 0,3 à 2,8 kg/m²).
L’estimation a posteriori des biomasses à l’entrée de l’hiver, par des mesures terrain ou via l’exploitation d’images satellites acquises entre la mi-novembre et début décembre, est donc essentielle. Ne pas intégrer l’azote absorbé à l’automne, notamment lorsque les colzas ont “fondu” au cours de l’hiver, conduit à une surestimation des doses d’azote à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités déjà prélevées par la culture.

 

Fractionner vos apports en fonction de la dose totale à apporter

Le fractionnement permet d’ajuster au mieux les apports aux besoins des plantes.

Pour les colzas à faible croissance, un premier apport précoce dès la reprise de végétation est recommandé ; il est en effet nécessaire d’accompagner la reprise car les petites plantes ont peu de réserves et elles n'accèdent pas facilement à l’azote du sol car, leur système racinaire est faible.

Au contraire pour les colzas à forte croissance, il est conseillé d’attendre la montaison pour l’apport éventuel d’azote ; la remobilisation des réserves accumulées dans les organes suffira à assurer une bonne reprise de végétation.

Dans tous les cas, ne pas apporter plus de 100 kg/ha d’azote en une fois.
 

Vos contacts en région :

  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Pause hivernale Ouest Occitanie Est Occitanie Sud Aquitaine PACA Rhônes-Alpes Auvergne Fertilisation Optimisation économique Nutrition minérale Colza Compatible Quentin LEVEL- q.level@terresinovia.fr
Alexandra DENOYELLE - a.denoyelle@terresinovia.fr

Suivi du vol du charançon du bourgeon terminal du colza : une activité en progression

Les observations issues du réseau de surveillance colza indiquent une activité croissante du charançon du bourgeon terminal (CBT) depuis le début du mois d’octobre. Si les premières captures ont été relevées dans des créneaux similaires aux tendances pluriannuelles, la progression du vol apparaît cette année plus graduelle que l’automne 2024.

En Auvergne

Les premiers individus ont été détectés dès la semaine du 1er octobre, et le nombre de parcelles concernées poursuit son augmentation ces derniers jours. Cette évolution traduit un vol désormais bien amorcé avec des captures significatives sur l’ensemble des départements suivis (Allier – 03, Puy-de-Dôme - 63, Haute-Loire – 43).

En Rhône-Alpes 

La situation reste plus hétérogène, avec quelques captures enregistrées depuis la semaine du 6–7 octobre, principalement dans l’Ain, le Rhône et le nord de l’Isère.
 L’activité du ravageur demeure pour l’instant modérée, mais une poursuite du vol est à suivre dans les semaines à venir, en fonction des conditions climatiques. 

 

Dans tous les cas, la surveillance en cuvettes jaunes est impérative !


N'hésitez pas à consulter le dernier BSV de votre région pour plus d'informations sur le risque local:

Le CBT, un ravageur dont les dégâts sont visibles au printemps : rappel. Les dégâts sont occasionnés par les larves de charançons issus des adultes visibles aujourd’hui. Ces dégâts se traduisent au printemps par des pieds de colzas à port buissonnants, c’est-à-dire une  disparition de la tige principale au profit de hampes secondaires repartant du pied ; ces plantes présentent une taille réduite par rapport à un colza sain. A l’échelle de la parcelle, on estime une perte de rendement à partir de 30% de plantes à port buissonnant.

Faut-il intervenir?  une surveillance indispensable pour évaluer présence du charançon du bourgeon terminal (CBT) et état du colza

Tous les colzas ne sont pas égaux face au CBT et la décision d’intervenir est non seulement soumise à une évaluation de la présence du ravageur mais également de l’état du colza.  Pour être en mesure de raisonner au mieux chaque intervention, Terres Inovia a récemment intégré la notion d’état végétatif du colza dans le processus de prise de décision pour intervenir ou non vis-à-vis du charançon du bourgeon terminal. 

Le CBT est-il présent dans ma parcelle et/ou dans le secteur ? A quel niveau ?

Cuvette jaune indispensable : trop de parcelles aujourd’hui ne sont pas équipée de ce piège et dans ces conditions, impossible de raisonner correctement l’intervention (installer une cuvette jaune (avec de l’eau), posée sur la végétation).
En effet, l’identification de l’insecte et surtout sa date d’arrivée sont des données indispensables pour intervenir au bon moment. Par ailleurs, il est recommandé d’utiliser également les données de réseaux d’observations et de comparer la situation de sa parcelle à celle des parcelles proches. En effet il peut arriver qu’un piège capture plus ou moins bien les insectes.  Par exemple, la consultation du BSV colza est un outil permettant de suivre la situation, plus ou moins précisément selon la répartition des parcelles sur le réseau.

Ma parcelle présente-t-elle un risque agronomique ? 

Le risque charançon du bourgeon terminal est réduit sur un colza suffisamment développé qui pousse au cours de l’automne jusqu’à l’entrée de l’hiver. Ainsi, c’est bien l’état de développement du colza et la dynamique de croissance durant l’automne jusqu’en entrée hiver qui sont déterminants. La couleur du colza, la qualité de l’enracinement et la disponibilité en azote permettent d’évaluer sa capacité à poursuivre sa croissance. On recherche à la fois un colza bien développé au moment de l’arrivée de l’insecte, avec une alimentation correcte jusqu’à l’entrée hiver pour éviter une faim d’azote et un arrêt de croissance.
​​​​​​Les apports d’azote étant interdits à l’automne en zone vulnérable, on tiendra compte de l’enracinement du colza pour évaluer sa capacité à exploiter les ressources en profondeur, de la connaissance de la parcelle et de sa capacité de minéralisation. L’apport d’engrais organique, au semis et/ou de façon récurrente sur la parcelle fait partie des éléments à prendre en compte pour définir si oui ou non le colza risque une faim d’azote trop tôt à l’automne. (voir en bas de page le tableau décisionnel pour le diagnostic du risque charançon du bourgeon terminal) qui est intégré dans l'outil Colza / Risques charançon du bourgeon termila .

 --  En pratique --

1/ Evaluer l’activité du charançon du bourgeon terminal (BSV et parcelle)
Relever régulièrement vos pièges, consulter le bulletin de santé du végétal (BSV), qui vous renseignera sur la dynamique des vols et les risques d'entrée en ponte.
Rappelons que la protection des colzas vise les adultes au moment de la ponte des femelles : l’arrivée des adultes signale le début de la période de risque.

Ne pas hésiter à utiliser notre outil de prédiction des vols en sélectionnant le Charançon du bourgeon terminal- Prédiction des vols ravageurs

2/ Evaluer la capacité du colza à poursuivre sa croissance (voir ci-dessous évaluation du risque agronomique)
- « en surface » : mesurer la biomasse en kg/m² ou g/plante, observer la couleur des feuilles pour identifier des carences (azote, phosphore ...), une phytotoxicité.
- et « sous terre » (longueur du pivot et état du système racinaire)

3 / Reporter les indicateurs de votre parcelle dans l’outil

"charançon du bourgeon terminal (CBT)". L’outil vous indiquera la marche à suivre.

C’est la combinaison de cet état agronomique et de la présence du ravageur (qui permet d’évaluer le risque à la parcelle et de décider le passage d’un insecticide. la simple présence du ravageur n’est pas le seul indicateur à prendre en compte!

Quand faut-il intervenir ?

La date d’intervention est fonction de la date d’arrivée des insectes sur la parcelle. Rappelons que les solutions insecticides disponibles ne permettent pas d’atteindre les larves responsables des dégâts et que la stratégie de lutte consiste donc à viser les femelles adultes avant qu’elles ne pondent. L’aptitude à la ponte est atteinte 10 à 15 jours après l’arrivée sur les parcelles. Le traitement insecticide est donc à positionner un peu en amont, 8-10 jours après les premières captures significatives. On peut estimer un piégeage significatif à partir de 5 individus piégés sur la même semaine. Ce chiffre est à prendre comme une indication et non comme une valeur seuil validée.

Avec quelle solution peut-on intervenir ?

  • Les pyréthrinoïdes fonctionnent bien sur le charançon du bourgeon terminal. En cas de besoin, utiliser un pyréthrinoïde autorisé comme la lambda-cyhalothrine, la deltaméthrine ou la cyperméthrine. L’étofenprox affiche un niveau d’efficacité inférieur.

L’intervention visant le CBT exercera un premier contrôle des larves d’altises*. Il faudra toutefois surveiller attentivement ces larves et se préparer à une éventuelle intervention plus tard, pour cibler spécifiquement les larves d’altises.

*Hors secteurs avec résistance Super KDR aux pyréthrinoïdes avérée sur larves d’altises 

 

 

 

Votre contact régional

Alexandra Denoyelle - Auvergne-Rhône-Alpes, PACA

 

 

Automne Rhônes-Alpes Auvergne Colza Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Bilan sur l'état sanitaire des tournesols en région Auvergne-Rhone-Alpes

Alors que les récoltes vont bon train, nous vous proposons le bilan de la seconde tournée d’enquête kilométrique visant à évaluer l’état sanitaire du tournesol en région Auvergne Rhône-Alpes réalisées sur le milieu/fin de cycle par notre équipe régionale Terres Inovia. Les observations ont été réalisées le 5-6 et 7 août 2025.

Comme chaque année, l’équipe régionale Terres Inovia a réalisé une enquête kilométrique en 2 parties visant à évaluer la qualité d’implantation et l'état sanitaire avant maturité du tournesol en région Auvergne-Rhône-Alpes. 

2 bilans selon les anciennes régions ont pu être établis: Cette seconde enquête, qui s’inscrit toujours dans le cadre du BSV régional, recense 22 parcelles en Auvergne, répartie entre l’Allier et le Puy-de-Dôme et sur la partie Rhône-Alpes 20 parcelles réparties entre l'Ain, l'Isère, la Drôme et le Rhône. Les observations ont été réalisées entre le 19 et le 22 mai 2025. 

Lien vers l'article dédié à la première enquête - 

Région Auvergne

Ce qu’il faut retenir : 

  • Des stades particulièrement avancés avec une majorité de parcelles à M1.2
  • Une pression maladie faible à modérée
  • Une maîtrise de l’enherbement globalement bonne malgré la présence persistante d’ambroisie à feuille d’armoise dans l’Allier et une petite augmentation de la présence de chardon.
  • Des dégâts climatiques localisés liés aux orages de fin juin – début juillet
Pour consulter le bilan complet de cette enquête - Enquete kilométrique - Bilan à Maturité (2e visite) Auvergne

 

Région Rhône-Alpes

Ce qu’il faut retenir : 

  • Des stades particulièrement avancés avec une majorité de parcelles à M1.
  • Une pression maladie faible 
  • Une maîtrise de l’enherbement globalement bonne malgré la présence significative d’ambroisie à feuille d’armoise 
Pour consulter le bilan complet de cette enquête - Enquete kilométrique - Bilan à Maturité (2e visite) Rhone-Alpes

 

 

Votre contact régional

Alexandra  Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr)- Auvergne-Rhône-Alpes, PACA

Maturité/récolte Auvergne Rhônes-Alpes Maladies Ravageurs Tournesol Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Récolte : viser le bon créneau entre pluies et éclaircies

Jusqu’à fin juillet, les sojas affichaient une avance de cycle par rapport aux années précédentes, conséquence directe des fortes chaleurs de début d’été. L’accélération de la maturation, attendue à la mi-août avec la hausse brutale des températures, s’est finalement révélée plus progressive qu’anticipée.l’essentiel des chantiers devrait s’engager d’ici une semaine, dès qu’un créneau météo favorable se présentera. 

Aujourd’hui, la majorité des parcelles de précocité 00 en Auvergne-Rhône-Alpes approchent ou atteignent leur pleine maturité. Si les récoltes ont déjà débuté ponctuellement, notamment sur les parcelles conduites en pluvial, l’essentiel des chantiers devrait s’engager d’ici une semaine, dès qu’un créneau météo favorable se présentera. 

Le contexte climatique reste néanmoins décisif : les pluies abondantes de ces derniers jours compliquent ou retardent les interventions. Un retour de conditions plus sèches est toutefois attendu en fin de semaine et au début de la semaine prochaine, offrant une fenêtre intéressante pour avancer les moissons. Attendre le bon moment sera essentiel pour préserver la qualité des lots et limiter les frais de séchage. 

Voici quelques conseils pratiques pour réussir la récolte de soja dans ce contexte. 

​​TOP récolte : les graines « sonnent » dans les gousses 

​​​Il est important de bien repérer le stade optimum de récolte du soja qui se caractérise par le fait

que les graines sont libres et sonnent dans les gousses. Les graines sont alors bien rondes et peu rayables à l’ongle et la plupart des feuilles sont tombées.

L’humidité du grain est généralement comprise entre 14 % et 16 %. Les normes de commercialisation sont de 14 % d’humidité et 2 % d’impuretés. Une récolte avec une humidité supérieure entrainera de fait des frais de séchage qui viendront diminuer la marge de la culture.

De plus, il faut être vigilant et livrer rapidement la récolte car la graine ne se conserve pas au-dessus de 14 % d’humidité. 

A contrario, récolter un soja trop mûr est contre-productif car cela augmente le risque d’égrenage et donc la perte de grains à la récolte. A trop attendre, les gousses finissent par vriller et s’ouvrent, laissant tomber les graines au sol. A sur-maturité, il y a aussi un risque de réhumectation et donc de baisse de qualité.

​​​​Récolter tranquillement 

Lors de la récolte, il est important d’adopter une vitesse modérée, de l’ordre de 4-5 km/h et de descendre la barre de coupe au maximum. L’objectif est de récolter l’ensemble des gousses, même les plus proches du sol. Si ces conditions ne sont pas respectées, on peut perdre 3 à 4 q/ha en laissant les premières gousses dans le champ. 

La coupe flexible : une solution pour récolter les gousses les plus basses

L’une des principales préoccupations au moment de la récolte est d’arriver à récolter l’ensemble des gousses, y compris les plus proches du sol. Les coupes flexibles peuvent répondre à ce problème. En effet, ce type de matériel est capable d’épouser la forme du sol et ainsi de récolter au plus près du sol (jusqu’à 5 cm environ) sur toute la largeur de coupe. Néanmoins, il faut noter qu’il y a encore peu d’équipements de ce type dans la région, le prix est un frein à son développement.

Pour plus d'informations, consulter l'actualité : Récolter du soja avec une coupe flexible 

Votre contact Régional:

Laura Cipolla (l.cipolla@terresinovia.fr)- Auvergne-Rhône-Alpes, PACA 

Floraison Maturité/récolte Auvergne Rhônes-Alpes Récolte Soja Laura Cipolla (l.cipolla@terresinovia.fr)

L’arrivée de l’automne est synonyme de vigilance sur les Altises

Consécutivement aux précipitations parfois très importantes de fin août, qui ont globalement permis une bonne avancée des semis, on observe cette année en Auvergne-Rhône-Alpes des situations contrastées. Dans certains cas extrêmes, notamment en Auvergne où les pluies ont été particulièrement abondantes, des re-semis ont été nécessaires. Les stades de développement des colzas apparaissent relativement hétérogènes, allant de la levée jusqu’à 6 feuilles selon les secteurs et les dates de semis. Cette variabilité est renforcée par des conditions climatiques changeantes : un rafraîchissement ponctuel fin août - début septembre, suivi d’un retour de la chaleur ces dernières semaines. Les prévisions annoncent désormais une baisse des températures à partir de la semaine prochaine. Dans ce contexte, les colzas les plus jeunes restent particulièrement exposés au risque d’attaques précoces de grosses altises.

Au vu des conditions météo, une surveillance est de mise

Le déclenchement du vol de grosses altises est conditionné par une variation de températures. Ces dernières années en Auvergne Rhône-Alpes, le début du vol est enregistré entre le 20 et le 25 septembre. Les premiers retours des réseaux BSV, confirment une arrivée des grosses altises plus précoce que l’année dernière avec des captures en cuvettes significatives sur certains secteurs.

Par conséquent, il est indispensable de surveiller les parcelles dès aujourd’hui, et suivre l’évolution de la situation au travers du BSV (Bulletin de Santé des Végétaux). de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Consulter l’OAD de Terres Inovia

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​En quelques clics, cet outil estime le risque parcellaire lié aux prélèvements foliaires par les altises lors de la phase levée du colza. Il a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia.

Lien vers l'outil : Estimation du risque lié aux altises adultes

 

L’insecte migre sur la parcelle depuis divers abris, où il réalise sa diapause estivale. Peu active le jour, l’altise est active en début de nuit pour s'alimenter au détriment du colza. Quelques jours seulement après l’arrivée sur la parcelle, la ponte a lieu dans le sol, à proximité du collet du colza. Les dégâts causés par les adultes se manifestent par la destruction de surface foliaire, sous forme de morsures circulaires. Concernant les dégâts, ils sont potentiellement préjudiciables et d’autant plus importants que le colza est à un stade peu développé avant 4 feuilles. 

Les interventions ne sont pas systématiques !

Avec la seule famille des pyréthrinoïdes à disposition pour lutter contre ce ravageur, l’efficacité sur adultes comme sur les larves de la grosse altise est directement liée au niveau de résistance des populations. Il est par conséquent essentiel d’intervenir uniquement en cas de risque avéré sur adultes ou sur larves et de limiter l’utilisation de ces insecticides (stratégie d’esquive, en semant tôt). 

Un danger pour les colzas de la levée à 3 feuilles 

De la levée à 3 feuilles, le colza pousse relativement lentement et sa biomasse est faible. Les destructions de feuilles (voire des cotylédons) par les adultes de la grosse altise sont d’autant plus préjudiciables sur des colzas peu développés.

Intervention inutile à partir de 4 feuilles 

A partir de 4 feuilles, le colza entre en phase de croissance active. La production de biomasse par la plante est alors plus rapide que les destructions par morsures de l’altise. A partir de ce stade, une intervention contre la grosse altise adulte est inutile. Intervenir sur les adultes se raisonne au regard du risque qu’elles font peser sur les plantules de colza jusqu’à 3 feuilles inclues. Cette intervention n'aura que peu d'impact sur les infestations larvaires qui elles seront visibles à l'entrée de l'hiver et qui devront être gérées spécifiquement.

Si une intervention est nécessaire :  

  • Pour les régions à forte résistance généralisée aux pyréthrinoïdes (secteur rouge sur la carte), la seule stratégie de gestion passe par un semis et une levée précoce.
  • Dans les secteurs où les résistances fortes ne sont pas généralisées (en jaune ou hachuré), intervenir avec un pyréthrinoïde en soirée (adulte actif en début de nuit). 

Toutes les pyréthrinoïdes n’ont pas la même efficacité 

Les molécules testées présentent quelques différences entre elles, qui s’accentuent au cours du temps, après application.

 

 

 

 

 

 

  • 3-4 jours après le traitement, les pyréthrinoïdes lambda-cyhalothrine, cyperméthrine (on peut y associer la deltaméthrine) et l’étofenprox sont comparables.
  • 7 jours après le traitement, on observe des différences. Lambda-cyhalothrine, cyperméthrine et deltaméthrine conservent leur efficacité (50 à 60 %). L’étofenprox est en retrait.
  • L’esfenvalérate est en retrait à 3-4 jours ou 7 jours.

 

Votre contact régional

  • Alexandra DENOYELLE (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes PACA
     
Implantation Automne Pause hivernale Auvergne Rhônes-Alpes Ravageurs Colza Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Terres Inovia