Tournesol : gérer les graminées et les dicotylédones

La gestion des adventices devient un enjeu croissant dans la culture du tournesol. Comme dans les céréales, certaines graminées gagnent du terrain, tandis que plusieurs dicotylédones difficiles – comme l’ambroisie, le datura ou le chardon – imposent des stratégies adaptées. 

La gestion des adventices devient un enjeu croissant dans la culture du tournesol. Comme dans les céréales, certaines graminées gagnent du terrain, tandis que plusieurs dicotylédones difficiles – comme l’ambroisie, le datura ou le chardon – imposent des stratégies adaptées. Pour maintenir l’efficacité du désherbage, les programmes doivent combiner judicieusement solutions chimiques et interventions mécaniques.

Des flores adventices en évolution

Dans les tournesols, les graminées les plus souvent citées comme problématiques par les producteurs sont aujourd’hui les ray-grass et les vulpins. La culture étant majoritairement conduite en système pluvial et souvent intégrée dans des rotations avec cultures d’hiver, le tournesol revient généralement tous les trois à quatre ans sur une même parcelle. Dans ces conditions, les graminées estivales de type PSD (panics, sétaires, digitaires) restent présentes mais sont le plus souvent peu problématiques, car ces rotations ne leur sont pas particulièrement favorables.

Du côté des dicotylédones, une grande partie des situations reste dominée par une flore dite classique, généralement contrôlée par les programmes de pré-levée. Néanmoins, plusieurs évolutions sont observées ces dernières années. Les situations avec chardon des champs tendent à progresser, tandis que certaines espèces comme l’ambroisie ou le xanthium nécessitent toujours une vigilance particulière.
En matière de solutions herbicides, aucune évolution majeure n’est attendue pour la prochaine campagne. L’extension d’usage de l’Isard sur tournesol est toujours en attente et ne sera pas disponible pour cette campagne. Par ailleurs, Codix, association de DFF et de pendiméthaline, n’a pas obtenu d’extension d’usage sur tournesol.

La pré-levée reste la base du contrôle des graminées

Jusqu’en 2024, les solutions à base de S-métolachlore constituaient un pilier des programmes de désherbage antigraminée dans de nombreuses situations. Depuis le retrait de cette molécule, les alternatives reposent principalement sur les spécialités à base de pendiméthaline seule (Prowl 400 ou Atic Aqua, ou associé au Dmta-p, comme Dakota-p.).

Employée seule, la pendiméthaline se montre inefficace sur les ray-grass. En revanche, elle prouve son efficacité sur les PSD et semble suffisante dans la plupart des cas sauf en cas de fortes infestations de panics, situation que l’on rencontre plutôt dans des rotations dominées par les cultures d’été, notamment le maïs. La molécule présente également un spectre d’action assez large sur certaines dicotylédones, en particulier les chénopodes et les renouées.
Dans les parcelles où le ray-grass est présent et le contrôle nécessaire dans certaines situtations, la pendiméthaline par le Dmta-p devient indispensable.

Dans ce contexte, Dakota-P 3 l/ha constitue aujourd’hui une référence. Pour élargir le spectre d’efficacité à l’ensemble de la flore dicotylédone et graminée, ce type de base peut être complété par des solutions comme Challenge ou Chanon de 2 à 2,5 l/ha, ou encore Proman ou Inigo à 2 l/ha.

Aclonifène ou métobromuron pour compléter la pré-levée

Dans la plupart des situations, la base antigraminée doit être associée à un herbicide à large spectre sur dicotylédones afin de sécuriser l’efficacité du programme de pré-levée. Les solutions à base de métobromuron, comme Proman, Inigo ou Soleto, ainsi que celles contenant de l’aclonifène, comme Challenge 600 ou Colt, sont aujourd’hui les principales partenaires. A noter, l’exception faite aux sols argileux où l’emploi de Dakota-p à 3l/ha seul peut permettre de contrôler une pression dicotylédone modérée, dans la plupart des situations.

Une troisième solution reste disponible pour la campagne 2026 : Racer ME, à base de flurochloridone. Non mélangeable, cette spécialité devrait cependant vivre sa dernière campagne d’utilisation.

L’aclonifène présente un bon niveau d’efficacité sur de nombreuses dicotylédones, notamment les renouées, l’amarante, le chénopode, le gaillet, le laiteron ou encore certaines crucifères. Son efficacité apparaît toutefois plus moyenne sur mercuriale et plus limitée sur morelle, faiblesse qui peut être compensée par l’association avec Dakota-P.

Le métobromuron (Proman) apporte pour sa part de bons résultats sur amarante, chénopode, laiteron, linaire, matricaire ou morelle, ainsi que sur les renouées selon la dose utilisée. Proman est également recommandée dans les stratégies de gestion de l’ambroisie à feuilles d’armoise.

Les essais conduits durant 3 années montrent que Challenge 600 et Proman, appliqués à 2 l/ha sur une base Dakota-P à 2 l/ha, présentent des spectres d’efficacité globalement très proches. Challenge 600 se distingue toutefois par une meilleure efficacité sur mercuriale et sur renouée persicaire, tandis que Proman présente un avantage sur matricaire, lampsane ou encore, dans certaines observations, sur renouée des oiseaux et helminthie (tout en restant à un niveau insuffisant sur cette dernière).

Sur le plan économique, l’association Dakota-P 2 l/ha + Challenge 2 l/ha se situe autour de 98 €/ha, soit environ 18 €/ha d’économie en comparaison de l’association Dakota-P 2 l/ha + Proman 2 l/ha. Il convient toutefois de rappeler que l’utilisation de solutions à base d’aclonifène impose la présence d’un dispositif végétalisé permanent (DVP) de 20 mètres.

Le désherbage mécanique, un levier complémentaire efficace

Le tournesol supporte bien le désherbage mécanique et sa période de végétation offre plusieurs créneaux climatiques favorables pour intervenir. L’écartement inter-rang, généralement de 60 cm mais pouvant varier de 40 à 80 cm selon le matériel, permet d’envisager un ou plusieurs passages de bineuse.
Pour garantir l’efficacité de cette action, il est important d’intervenir sur un sol bien ressuyé, voire sec, et sans pluie annoncée dans les jours suivants. L’objectif étant d’éviter de provoquer de nouvelles levées d’adventices ou le repiquage de celles-ci. L’efficacité dépend aussi de l’enracinement des adventices, c’est-à-dire principalement de leur stade et de leur espèce : plus elles sont jeunes, plus l’arrachage sera efficace.

Dans les flores simples, les dicotylédones composées par exemple de mercuriale annuelle, mouron des champs, morelle noire, chénopodes ou renouées, les binages peuvent suffire à assurer le désherbage de post-levée lorsque les infestations restent modérées.

En revanche, lorsque la parcelle est confrontée à des espèces plus difficiles comme ambroisie, datura, xanthium, panics, sétaires, digitaires, ray-grass et même chardon, et dont la densité est considérée comme forte, il est préférable de maintenir un programme herbicide complet (prélevée + postlevée). Dans ces situations, le binage constitue un complément intéressant qui peut apporter environ 20 % d’efficacité supplémentaire sur des densités non négligeables (exemple d’un essai à 50 pieds d’ambroisie/m²). Les stades optimaux de la bineuse pour intervenir se situent généralement entre les stades « 2 et 6 paires de feuilles » du tournesol. 

En l’absence de solutions herbicides efficaces en post-levée sur ray-grass, un passage de bineuse réalisé dans des conditions bien sèches peut également s’avérer efficace face à une situation insuffisamment contrôlée par les herbicides de pré-levée.

Dans les parcelles infestées par le chardon des champs et lorsque le recours à Express SX n’est pas possible, le binage peut aussi contribuer à détruire les plantes mères. L’intervention favorise alors le démarrage de nouvelles pousses sur les drageons en levant la dormance apicale. Pour éviter une intervention contre-productive, plusieurs passages sont généralement nécessaires, ce qui implique d’anticiper le premier passage suffisamment tôt dans le cycle de la culture.

Avant/après un passage de bineuse

Parcelle de tournesol avec levée de Ray-Grass avant un passage de bineuse

Parcelle de tournesol avec levée de Ray-Grass après un passage de bineuse

Les solutions de post-levée, la meilleure réponse aux flores difficiles

Lorsque la parcelle est dominée par des flores difficiles à contrôler, le recours à des variétés tolérantes aux herbicides est indispensable. Les technologies Clearfield, Clearfield Plus et ExpressSun permettent ainsi d’utiliser des herbicides à base d’imazamox ou de tribénuron.

Infestation de chardons des champs dans une parcelle de tournesol au stade « 2 feuilles ».

Pour les vivaces telles que le chardon des champs ou le liseron des haies, la technologie Express Sun constitue l’unique solution. 

Une autre solution de post-levée est disponible avec Viballa, à base d’halauxifène-méthyl, utilisable sur tous les types de variétés de tournesol. Cette spécialité est principalement à réserver aux situations avec l’ambroisie à feuilles d’armoise ou à de faibles infestations de xanthium. 

Les spectres de l’imazamox et du tribénuron, quoique globalement très complets, peuvent nécessiter une application dès la prélevée. C’est le cas avec Pulsar 40, Passat Plus ou Davai (imazamox) pour gérer les fortes pressions de graminées et de renouée liseron. En utilisant Express SX (tribénuron), la prélevée permettra de gérer essentiellement des graminées adventices. Viballa aura également besoin d’une base anti-graminée mais aussi d’un renfort pour élargir son spectre sur dicotylédone, en particulier sur les renouées et astéracées (laiteron, seneçon).

L’intervention est recommandée au stade quatre feuilles du tournesol pour les spécialités à base d’imazamox et tribénuron, soit environ un mois après le semis. Un repère simple consiste à intervenir qu’à partir du moment où 80 % des plantes ont atteint ce stade.

Dans les situations de flores complexes, notamment avec ambroisie ou xanthium, une stratégie fractionnée peut être privilégiée. Elle consiste à réaliser une première application anticipée au stade 2 feuilles du tournesol, puis une seconde intervention environ une semaine plus tard.

Infestation d'ambroisie à feuilles d'armoise sur témoin non traité, comparée à la modalité Viballa 1 l/ha

Comparativement, l’imazamox offre un spectre un peu plus large sur les graminées estivales et présente un léger avantage face au tribénuron sur ambroisie et xanthium (écart moins visible en cas de fractionnement de ces solutions). Le tribénuron se distingue davantage sur les astéracées comme le laiteron, le séneçon ou l’helminthie, mais aussi sur la renouée liseron et surtout sur le chardon des champs.

Il existe plusieurs solutions à base d’imazamox. Selon la flore, il est possible d’ajouter une huile végétale et surtout de moduler la dose (tableau suivant). Le fractionnement en deux applications peut être privilégié pour les flores les plus complexes. L’efficacité du tribénuron à 45 g/ha sur chardon des champs reste d’un bon niveau, même en application tardive. Toutefois, au regard de la très forte concurrence exercée par cette espèce vivace sur le tournesol dès les premiers stades, un contrôle précoce, idéalement grâce au fractionnement, est à privilégier. Un contrôle tardif (au-delà de « 6 feuilles » du tournesol), même très efficace, peut conduire à une disparition partielle ou totale de la culture sous les ronds de chardons. 

Tableau : Recommandation de dose et adjuvantation pour les solutions à base d'imazamox selon la flore ciblée.
 ProgrammeCible
OUPulsar 40* 0.8l/ha à 1l/haAmarante, Datura, Linaire batarde, Morelle, Moutarde, Ravenelle
Davai* 0.4l/ha
Passat Plus 1.3l/ha
OUPulsar 40* 1l/ha    + Autres espèces (voir spectre)
Davai* 0.5l/ha    
Pulsar 40 1.25l/ha
Davai 0.65l/ha 
Passat Plus 1.6l/ha
Passat Plus 2l/haBénéfices sur : Ambroisie, Renouée liseron, Tournesol sauvage, Digitaire, Gaillet, Laiteron, Mercuriale, Seneçon
OU2x Pulsar 40* 0.6l/haBénéfices sur : Ambroisie, Renouée liseron, Tournesol sauvage, Xanthium, Ammi-majus, Anthémis, Helminthie, Laiteron, Matricaire, Mercuriale
2x Davai* 0.32l/ha
2x Passat Plus 1l/ha
* : Huile végétale type Actirob B    Stratégie en deux passages : 2-3F puis 8-10 jours plus tard.


 

 

Spectre d'efficacité des solutions de désherbage de post-levée, extraits du Guide de culture Tournesol 2025
Résultats d'efficacité des solutions Passat plus 2l/ha et Viballa 1 l/ha sur ambroisie à feuilles d'armoise dans 6 essais conduits de 2018 à 2020.
Levée Phase végétative Implantation France entière Désherbage Maitrise des adventices Tournesol Non Arnaud MICHENEAU - a.micheneau@terresinovia.fr

Le désherbage du lin oléagineux de printemps est l’in-contestable d’un début de campagne réussi

Le désherbage du lin oléagineux de printemps est une étape importante en production conventionnelle. Les agriculteurs peuvent s’appuyer sur les solutions suivantes :

•    CALLIPRIME XTRA, BASAGRAN SG, ALLIE SX, GRATIL et LONTREL SG pour le contrôle des adventices dicotylédones ;
•    COLZAMID pour la maitrise des graminées, en renfort des spécialités foliaires telles que SELECT, FOLY R, FUSILADE MAX …

Attention : contrairement au lin d’hiver, les références acquises sur le lin de printemps ne permettent pas de recommander l’utilisation du FOX.

Une post-semis prélevée pour « pré-nettoyer »

En post-semis prélevée, l’utilisation de CALLIPRIME XTRA à 0,3L/ha présente l’avantage de gérer efficacement les chénopodes et matricaires. Même si son action est plutôt moyenne sur morelle, renouées ou arroches étalées, il perturbe leur dynamique de croissance, facilitant leur contrôle en post-levée.

Rattrapage des dicotylédones en post-levée

En fonction de la flore adventice présente, de son stade et celui de la culture, en conditions poussantes, il est possible d’intervenir avec :

•    BASAGRAN SG, à partir du stade 3 cm du lin et sur des adventices n’ayant pas dépassé le stade 4 feuilles. L’intérêt du BASAGRAN SG sera son efficacité sur morelles, crucifères, laiterons, matricaire, seneçons, arroche étalée et fumeterre.
Dose pratique d’emploi : 400 à 600g/ha (se limiter à 400g/ha pour des lins à 3-4cm)

Attention : la SPe 1 sur le produit est applicable à tous les usages dont le lin oléagineux, il n’est pas possible d’utiliser le BASAGRAN SG entre le 21 septembre et le 21 mars.

•    GRATIL (complément anti-gaillet), préférentiellement entre 6 et 15 cm du lin, en évitant autant que possible une application si une forte pluviométrie est prévue dans les 8 jours qui suivent.
Dose pratique d’emploi si associé à une autre spécialité : 20g/ha.

•    ALLIE SX, homologué depuis septembre 2021, et dont le positionnement et les recommandations d’emploi sont résumées ci-dessous :

ALLIE SX 15g/ha présente un spectre d’action assez large, en l’absence de dicotylédones résistantes aux sulfonylurées. Ses efficacités sont remarquables sur crucifères, stellaire intermédiaire (ou mouron des oiseaux), lamiers, matricaires. On note encore une efficacité moyenne à bonne sur chénopode, laiterons et seneçon. Ce sera aussi la solution à privilégier en cas de présence de renouées ou de véronique de Perse, plutôt à la dose de 25g/ha mais seulement dans les situations de lins très poussants et parfaitement enracinés.

Rajoutons que LONTREL SG (0,174kg/ha) est aussi utilisable entre les stades 10 et 40 cm du lin, pour gérer des chardons des champs, le chardon marie, des laiterons, des matricaires, des séneçons, en plein ou par tâche. C’est aussi le seul herbicide capable de maîtriser des levées de printemps d’ambroisie.

Gestion des graminées

La problématique graminées est moindre en lin oléagineux de printemps qu’en lin d’hiver. La meilleure solution reste d’éviter les parcelles à forte pression graminées. En cas de forte infestation de graminées résistantes aux antigraminées foliaires, il faudra miser sur un désherbage de post-semis prélevée avec COLZAMID à 1,5l/ha dont l’efficacité avoisine 70% lorsque l’application est réalisée sur sol frais. Un rattrapage avec antigraminées foliaire pourra toutefois s’envisager dans les situations où une efficacité même partielle est encore observée. 
Le mélange COLZAMID 1,5l/ha + CALLIPRIME XTRA 0.31 l/ha est sélectif du lin oléagineux de printemps (tests réalisés par UPL). 

Principales spécialités herbicides applicables contre les adventices

Et le désherbage mécanique ?

L’option du désherbage mécanique reste tout à fait intéressante lorsque les conditions climatiques le permettent. En culture de lin oléagineux, en tendance, la herse étrille offre de meilleurs résultats que la houe rotative. En revanche, en situation de sol à tendance battante, la houe rotative est plus adaptée.

Avec ces outils, il est possible d’intervenir entre les stades 2 et 12 cm des lins, pourvu que ceux-ci présentent une bonne vigueur et soient bien enracinés. Préférez les interventions le plus tôt possible (en bonnes conditions) pour que les adventices soient encore jeunes et donc plus sensibles aux outils, le créneau 2 à 5 cm du lin est donc à privilégier. Le passage en prélevée peut être intéressant mais souvent difficilement réalisable.

Enfin, une bineuse à céréales équipée d’un bon système de guidage sera intéressante sur des adventices un peu plus développées entre 6-8 et 25 cm d’un lin semé à 15 ou 17 cm d’écartement.
Pour tout passage mécanique, évitez d’intervenir juste avant une pluie pour ne pas provoquer un effet « faux-semis ».

Zoé Le Bihan - z.lebihan@terresinovia.fr - Référente lin et lentille zone Centre & Ouest
Arnaud Micheneau – a.micheneau@terresinovia.fr – Ingénieur développement désherbage chimique
Fanny Vuillemin – f.vuillemin@terresinovia.fr – Chargée étude adventices et techniques alternatives désherbage
 

France entière Désherbage Lin de printemps Zoé Le Bihan - z.lebihan@terresinovia.fr

Arnaud Micheneau - a.micheneau@terresinovia.fr

Fanny Vuillemin - f.vuillemin@terresinovia.fr

Le guide de culture 2026 dédié au tournesol est disponible

Terres Inovia a mis à jour son guide de culture consacré au tournesol. Ce support complet, actualisé avec la nouvelle identité visuelle de l’institut, accompagnera pas-à-pas les producteurs et les conseillers lors de la prochaine campagne. Comme chaque année, il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée.

Terres Inovia a mis à jour son guide de culture consacré au tournesol. Ce support complet, actualisé avec la nouvelle identité visuelle de l’institut, accompagnera pas-à-pas les producteurs et les conseillers lors de la prochaine campagne. Comme chaque année, il est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée.

Économe en intrants et bénéficiant d’un progrès génétique continu, le tournesol est une culture durable et compétitive, pourvoyeuse de bénéfices pour les systèmes de culture dans lesquels il est inclus. Tête de rotation à cycle court, doté d’une bonne capacité de tolérance au stress hydrique, il s’adapte à de nombreux contextes de production.

Le guide de culture tournesol de Terres Inovia permet de tout savoir sur l’itinéraire technique du tournesol : choix variétal, implantation, stratégie de lutte contre les bioagresseurs, conservation des graines, etc.

Dans cette édition 2026, Terres Inovia a actualisé l’ensemble de ses conseils et positions techniques, à l’instar des recommandations pour lutter contre le mildiou, les caractéristiques réglementaires des solutions préconisées, ou encore la liste des variétés évaluées dans le réseau Terres Inovia. Quant aux références économiques présentées, elles sont en phase avec les éléments de contexte actuel.

 

Le guide de culture tournesol 2026 peut être téléchargé gratuitement sur le site internet de l’institut.

 

Le guide en version imprimée est également gratuit, seule une participation aux frais de port est demandée. Le guide de culture tournesol 2026 sera livré à partir du 23 février 2026.

 

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Combiner les moyens pour désherber ses pois et féveroles de printemps

​Les semis des pois et féveroles de printemps approchant, il est temps de prévoir votre stratégie de désherbage en fonction de la flore connue sur la parcelle. 

​Les semis des pois et féveroles de printemps approchant, il est temps de prévoir votre stratégie de désherbage en fonction de la flore connue sur la parcelle. 

Une application en prélevée : une solution sécurisante

Dans les situations de fortes infestations en dicotylédones concurrentielles (gaillet, renouées, matricaire) ou difficiles à maîtriser uniquement en post-levée (éthuse, arroche, renouée des oiseaux), une stratégie « tout en prélevée » offre un choix de produits plus large pour sécuriser la culture, mais reste plus onéreux. ​​​​​​

La prélevée doit s’effectuer au plus près du semis, sur des semences recouvertes de terre et un sol rappuyé, afin de limiter les risques de phytotoxicité. Excepté dans les sols battants, un roulage est conseillé afin de bien recouvrir la graine avant toute intervention. 
Un sol frais au moment du traitement et une légère pluviométrie dans les jours qui suivent sont les conditions idéales pour une bonne efficacité. Dans le cas de relevées d’adventices ou d’efficacité insuffisante (sol sec), un rattrapage en post-levée est possible.

Pour rappel, la féverole possédant moins de solutions de rattrapage en post-levée que le pois, la prélevée est importante pour assurer une bonne  maîtrise des adventices. 

Une stratégie post-levée seule : Pression faible et flore connue

Dans le cas de parcelles à faible infestation et/ou de flore connue, le choix d’une intervention unique en post-levée peut être suffisant. Veiller à intervenir sur des adventices jeunes (stade cotylédon à 2-3 feuilles), dans des conditions poussantes et en dehors de fortes amplitudes thermiques. 
​​​​​​​Certains programmes peuvent se fractionner afin d'augmenter l'efficacité contre certaines adventices. Espacer alors les deux interventions de 10-15 jours minimum. 

Un programme de prélevée et post-levée

Un programme complet (pré+post) permet de maîtriser de très fortes infestations ainsi que des levées échelonnées d’adventices tout en maîtrisant le coût de son désherbage. Les adventices les plus difficiles à contrôler orientent le choix du ou des produits appliqués en prélevée. 
​​​​Pour maîtriser les coûts, appliquer le produit de prélevée à une dose inférieure à la dose homologuée (3/4 de celle-ci), puis appliquer en post-levée sur des adventices jeunes des produits à faible dose. 
​​​​

Pour rappel, les différents produits à base de pendiméthaline, imazamox et bentazone ne sont pas mélangeables. Leur application dans un même programme en post-levée doit se faire en 2 applications – se référer aux délais de rentrée des différentes spécialités pour recomposer l’association initialement visée.

Exemple de programmes pour la féverole de printemps 
Exemples de programmes pour le pois de printemps

Rappel des règles d’utilisation de l’aclonifen (CHALLENGE 600 ou COLT/PAPEL) en pré et post-levée 

*herbicide générique : CHANON, etc,..
P=pois
F=féverole
L=lupin
(1) : respecter un délai de 25 jours entre les 2 applications pour pois d'hiver, 15 jours pour pois de printemps
(2) : respecter un délai de 10 jours entre les 2 applications de postlevée

Gestion des graminées

Problématique montante dans les parcelles de protéagineux de printemps, la gestion des graminées constitue une difficulté majeure et ne doit pas être négligée. Les bases de pendiméthaline en prélevée telles que le NIRVANA S 3 l/ha et le PROWL 400 2l /ha présentent une efficacité modérée. Celle-ci peut être complétée par une association avec de l’aclonifen, Challenge 600 ou Colt à 2 l/ha.  

Les anti-graminées foliaires peuvent être mobilisés en rattrapage de post-levée. Leur efficacité est extrêmement variable selon les situations de résistances des ray-grass/vulpin aux Fop et Dime. 

Spectres d’action des produits sur pois 
Spectres d’action des produits sur féverole 

Désherbage mécanique : une solution efficace en conditions sèches

Avec des printemps parfois secs, le désherbage mécanique peut apporter une aussi bonne efficacité que certains programmes chimiques. Également, les stratégies mixtes associant prélevée chimique et post-levée mécanique sont des solutions efficaces si la météo est favorable. Elles sont moins onéreuses et faciles à mettre en œuvre, d’autant plus pour la féverole qui présente peu de solutions chimiques de rattrapage et se prête mieux que le pois au binage et à des passages mécaniques tardifs. Pour rappel, les interventions mécaniques gagnent en efficacité si elles s’effectuent avec 2 journées de beau temps avant et après.

Pois de printemps :  le désherbage en plein (herse étrille ou houe rotative) et la bineuse céréales sont possibles tant que les vrilles ne sont pas trop développées (4-5 feuilles max).  

Avant la levée : un passage de herse étrille est possible, à l’aveugle, dès que la portance du sol est suffisante, sur des adventices jeunes et donc faciles à détruire.

A partir d’1 feuille : la houe rotative est la plus sélective sur les pois à ce stade. Elle est particulièrement adaptée aux sols limoneux. Son efficacité est liée au stade des adventices (fil blanc à 2 feuilles maximum).

A partir de 2-3 feuilles : effectuer un passage avec la herse étrille avant le stade 5 feuilles. Ne plus intervenir dès que les vrilles du pois sont développées ; les risques de pertes de plantes par arrachage sont élevés.

Stratégies de désherbage mécanique ou mixte du pois 

Féverole de printemps : les passages mécaniques peuvent s’opérer jusqu’à tard, en particulier pour la bineuse, tant que la hauteur du couvert le permet. Généralement, passé 6 feuilles, le risque de casse de tige augmente. Si ce stade est atteint, il faut donc bien raisonner les interventions. Aux stades antérieurs, la herse étrille peut présenter de bons résultats sur des adventices jeunes. La houe rotative ayant une efficacité moindre est à réserver plutôt aux sols limoneux qui valoriseront sa fonction d’écroûteuse. L’intérêt de la bineuse est de pouvoir intervenir sur des adventices plus développées.

Pour les féveroles semées à grand écartement (>45cm), la combinaison d’un herbicide localisé sur le rang avec un binage réalisé en différé quand les pédoclimatiques sont idéales présentera une très bonne efficacité pour une charge maîtrisée. 

Stratégies de désherbage mécanique ou mixte de la féverole 

France entière Désherbage Pois de printemps Féverole de printemps Bastien REMURIER
(b.remurier@terresinovia.fr)
Arnaud MICHENEAU
(a.micheneau@terresinovia.fr)
Fanny VUILLEMIN
(f.vuillemin@terresinovia.fr)

Tournesol sauvage : faire front commun pour en venir à bout !

Toujours d’actualité, cette adventice nécessite que les actions soient menées tôt dans la parcelle afin d’en maîtriser l’infestation. Les VTH font partie de l’arsenal de lutte, mais d’autres leviers méritent l’attention de tous afin de coordonner la gestion à l’échelle globale.

Toujours d’actualité, cette adventice nécessite que les actions soient menées tôt dans la parcelle afin d’en maîtriser l’infestation. Les VTH font partie de l’arsenal de lutte, mais d’autres leviers méritent l’attention de tous afin de coordonner la gestion à l’échelle globale.

tournesols sauvages enquête Terres Inovia

Caractérisé par un port buissonnant, une polyflorie (nombreux capitules de petite taille), une hauteur souvent supérieure à 2 m et la plupart du temps une tige ou des pétioles anthocyanés (avec une teinte rougeâtre), le tournesol sauvage reste une menace à ne pas négliger. Des solutions en cultures existent, elles doivent être préservées et s’inscrire dans le cadre d’une gestion globale.

Les caractéristiques du tournesol sauvage permettent de le distinguer du tournesol cultivé. En revanche, les confusions sont fréquentes avec les tournesols ornementaux, issus d’un croisement entre une lignée et un tournesol ornemental à proximité de la parcelle de multiplication de semences. Tournesol sauvage et tournesol ornemental sont considérés comme des tournesols adventices.
 

La polyflorie, un faux indice !

Attention à ne pas confondre les tournesols adventices avec des repousses de tournesol cultivé ayant une polyflorie, ces dernières étant systématiquement sur l’inter-rang, de hauteur comparable au tournesol cultivé et sans coloration rougeâtre. Par ailleurs, en réaction à un stress, certaines plantes de tournesol cultivé peuvent également présenter un caractère polyflore, mais restent d’une hauteur comparable aux autres tournesols et sans coloration rougeâtre.
 

Des précautions pour assurer la pérennité des VTH

Apparu en 2005 sur le territoire français, les tournesols adventices sont toujours signalés dans 10 à 15 % des parcelles enquêtées annuellement par Terres Inovia à l’échelle du territoire national (échantillon moyen annuel de 519 parcelles enquêtées). L’essentiel des signalements correspond à des pieds isolés, le plus souvent sur le rang, preuve d’une néo-infestation des parcelles dont l’origine est liée au lot de semences employées. 

La déhiscence prématurée des graines engendre une forte augmentation du stock semencier en l’absence de moyens de gestion. Une situation de néo-infestation non maitrisée, peut rapidement évoluer vers des foyers puis des infestations partielles ou totales. La concurrence exercée sur le tournesol cultivé peut se traduire par une perte de rendement qui dépasse 50 % du potentiel et altérer la teneur en acide oléique. 

En l’absence de problématique connue sur la parcelle, identifier dès que possible les tournesols « hors types ». Si ces individus présentent les caractéristiques d’un tournesol adventice (couleur rougeâtre sur pétiole et au centre du capitule, taille significativement supérieure, polyflorie avec difficulté pour identifier un capitule principal), il faut alors détruire les plantes. Si des graines sont déjà formées sur l’un des capitules, il est nécessaire de sortir les plantes de la parcelle.

Si la problématique est déjà connue, avec une présence moyenne à forte, les variétés tolérantes aux herbicides (VTH) sont indispensables, avec une application impérative de l’herbicide associé. Aucune zone de la parcelle ne doit rester sans traitement.

Le risque de croisement avec un tournesol d’une VTH est préoccupant. Les travaux menés en 2008 par Terres Inovia avaient mis en évidence le risque avéré de transmission du caractère VTH en présence de tournesols sauvages au sein d’une parcelle cultivée avec une VTH. Tandis que les solutions de désherbage développées sur VTH (SX, Clearfield ou Clearfield Plus) demeurent les seules efficaces contre les infestations de tournesols adventices en végétation, l’acquisition de la résistance à ces solutions par l’adventice rendrait la lutte impossible. Il est donc impératif d’appliquer l’herbicide associé en début de cycle, afin de prévenir tout risque de croisement en cas de contamination du lot de semences.

Agir pour assainir la parcelle

Après une infestation, il est recommandé d’éviter le labour, afin de laisser les graines en surface, lesquelles seront ainsi soumises aux contraintes climatiques, ce qui altérera leur potentiel germinatif. Les faux-semis avant les cultures de printemps ainsi que le déstockage par un déchaumage aussitôt après la récolte des cultures d’automne sont utiles à moyen terme s’ils sont répétés dans les différentes intercultures. La répétition des passages pendant l’été ne présente en revanche pas d’intérêt. Dans la mesure où la dormance des tournesols sauvages est plus profonde que celle des tournesols cultivés, l’effet d’un déstockage d’automne après la récolte du tournesol sera inutile. Sur la dernière interculture avant le prochain tournesol, un labour profond avec retournement peut s’envisager, pour repartir sur une situation assainie. Dans le cas contraire, privilégier un décalage de la date de semis et une destruction des individus levés au glyphosate.

La gestion efficace des tournesols sauvages implique tous les acteurs de la filière, pas uniquement les agriculteurs mais aussi le conseil et la distribution ainsi que les semenciers (meilleur contrôle des lots de semences). 

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tournesol sauvage Terres Inovia
France entière Désherbage Tournesol Compatible Arnaud Micheneau - a.micheneau@terresinovia.fr
Fanny Vuillemin - f.vuillemin@terresinovia.fr
Franck Duroueix - f.duroueix@terresinovia.fr
Alain Rodriguez - alain.rodriguez@acta.asso.fr

Lutter contre l’enherbement en pois chiche : agir tôt pour être efficace

Le pois chiche est une culture qui se développe lentement en première partie de cycle, jusqu’au début de la floraison, ce qui est propice à l’enherbement de l’entre-rang. A ce jour, une stratégie basée sur une application de prélevée est incontournable pour assurer une efficacité acceptable. Elle pourra être relayée par une application de post-levée en fonction de la flore. 

Application de la prélevée

Selon les conditions climatiques, la levée du pois chiche peut être relativement longue. Toutefois, il est conseillé de ne plus appliquer d’herbicides dans les quelques jours qui précèdent la levée afin d’éviter tout risque de phytotoxicité. Le positionnement de la prélevée au plus près du semis est donc à privilégier. L’humidité dans les premiers centimètres du sol conditionnera l’efficacité de ces herbicides racinaires dans les semaines qui suivent l’application. Pour leurs larges spectres, deux stratégies sont privilégiées : Prowl 400 2l/ha + Challenge 600 2l/ha ou Nirvana S 1,8 à 2l/ha (voir tableau ci-dessous). Attention, dès cette camapagne, le Prowl 400 n’est plus utilisable sur les pois chiches semés avant le 01/02.

Antidicotylédones en post-levée : deux spécialités commerciales disponibles

Le Challenge 600 peut être utilisé en post levée (à 0,5 l/ha), sous conditions d’une impasse de cette spécialité commerciale en prélevée. Il doit être appliqué tôt, au stade 2-3 feuilles du pois chiche sur des adventices jeunes (2-3 feuilles maximum). ONYX (Pyridate 600 g/l) apporte un bénéfice net sur la postlevée avec une efficacité régulière sur datura, repousses de tournesol, morelle et renouées. Comme le Challenge, il doit être appliqué tôt, à partir de 2 feuilles (et jusqu’à 8 feuilles) sur des adventices entre 2 et 4 feuilles. Une application par an et fractionnable en 2x 0,75l/ha. Un effet dose est constaté sur datura, morelle, renouées et matricaire (1,5 l plutôt que 0,75 ou 1 l). 

 

(1) Utilisation possible seulement si semis réalisé après le 01/02.
(2)    En fonction du type de sol, moduler la dose de Nirvana entre 1,5 et 2 l/ha maximum. Déconseillé dans les sols sableux.
(3)    Si Challenge 600 non utilisé en prélevée
(4)    Renouées en relais d’une prélevée efficace uniquement
(5)    Fractionnement à 7-10 jours d’intervalle
(6)    Non couvert par les firmes

Voir le tableau complet des herbicides en fin d'article

 

 

Désherbage mécanique

En complément ou en substitution, des solutions de désherbage mécanique sont possibles et montrent chez certains producteurs des efficacités tout à fait acceptables. 

  • Un passage d’herse étrille « à l’aveugle » en post semis prélevée sera profitable, puis de nouveau en végétation, à partir du stade 3-4 feuilles (le pivot des plantes est alors assez développé pour ne pas être arraché par l’outil). En adaptant la vitesse et l’agressivité, le passage de herse étrille est possible dès 1 feuille.
  • Un passage de bineuse dans l’inter-rang est possible, si l’implantation est réalisée au semoir monograine, à partir du stade 4-5 feuilles (en veillant à ne pas recouvrir les plantes).

Le déclenchement des passages mécaniques se fera selon la levée des adventices (privilégier des interventions sur adventices jeunes), le stade de la culture (voir tableau ci-dessous) et les conditions météorologiques (intervenir toujours par temps séchant : sol bien ressuyé et pas de pluie annoncée dans les jours suivants, afin d’éviter le repiquage des adventices ou la mise en germination de nouvelles graines).

Dans nos essais, en situation de printemps humide, écartement à 60 cm, nous avons pu constater qu’une stratégie basée uniquement sur l’utilisation de la herse étrille en début de cycle à 1-2 feuilles, n’a pas donné satisfaction. De même, une stratégie basée uniquement sur du binage à partir de 4 feuilles ne permet pas une efficacité comparable à une stratégie combinant les deux outils : Herse étrille à 1-2 feuilles puis binage à partir de 3-4 feuilles, stratégie qui pour le coup a présenté de bons résultats en expérimentation. La météo de l’année et la diversité de la flore dans la parcelle ont une grande influence sur les résultats.

Désherbage mécanique du pois chiche, réglages et possibilités de passage en fonction du stade de la culture et du choix de l'outil.

Désherbage mixte

Allier chimique et mécanique prend tout son sens, d’autant plus pour une culture mineure où les solutions disponibles sont peu nombreuses et ne permettent pas toujours de répondre à toutes les flores rencontrées. En situation sèche au semis ou pluvieuse au printemps par exemple, une stratégie tout en prélevée peut s’avérer insuffisante : inefficacité de la prélevée ou re-salissement au printemps. On peut alors adopter, en substitution ou complément de la prélevée, une stratégie avec herbicide de post-levée appliqué à 3-4 feuilles en combinaison avec un ou plusieurs passages de bineuse à partir de 4-5 feuilles. L’application de la post-levée sera considérée en fonction des levées d’adventices. Cette stratégie donne de bons résultats en flore simple à moyenne (dans notre essai 2023 : renouée liseron, mercuriale, véronique des champs et ray-grass). 

Implantation Levée Phase végétative France entière Maitrise des adventices Désherbage Pois chiche Partiel Quentin Lambert & Gwénola Riquet - Terres Inovia

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Les quatre éditions du numéro d'Arvalis & Terres Inovia infos de janvier 2026 sont disponibles et consultables en ligne.

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Tournesol et oléoprotéagineux

  • Tournesol : les variétés évaluées par Terres Inovia en 2025
  • Implantation du tournesol : viser une levée avant le 1er mai
  • Tournesol sauvage : faire front commun pour en venir à bout !
  • Légumineuses de printemps : surveiller les thrips, sitones et pucerons dès la levée
  • Pois et féveroles : les traitements de semences disponibles pour les protéger

Bonne lecture !

Les quatre éditions consultables en ligne

Edition Centre, Centre-Ouest, Vendée, Poitou-Charentes

Edition Nord, Normandie, Bretagne, Pays de la Loire

Edition Nord-Est, Centre-Est, Sud-Est

Edition Sud-Ouest

Attention une erreur s'est malencontreusement glissée dans les éditions Centre, Centre-Ouest, Vendée, Poitou-Charentes et Sud-Ouest. Dans le tableau oléique précoce, la variété LID 1083H n'a pas été évaluée en 2024. La donnée indiquée est erronée.

France entière Choix variétal Désherbage Maitrise des maladies Implantation Ravageurs Tournesol Pois d'hiver Pois de printemps Féverole d'hiver Féverole de printemps Lupin d'hiver Lupin de printemps Lentille Compatible Terres Inovia et Arvalis

Evaluation des intrants

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Propyzamide : les conditions sont favorables

La forte baisse des températures associée à une humidité satisfaisante des sols sur la zone Nord-Est permet aujourd’hui d’envisager l’application de propyzamide pour la gestion des graminées adventices dans les colzas.
 

La forte baisse des températures associée à une humidité satisfaisante des sols sur la zone Nord-Est permet aujourd’hui d’envisager l’application de propyzamide pour la gestion des graminées adventices dans les colzas.

Le propyzamide (KERB FLO et produits génériques) est une molécule herbicide incontournable dans la gestion du désherbage des parcelles de colza fortement infestées en graminées, notamment lorsque celles-ci sont résistantes à d’autres matières actives. Le propyzamide a une action racinaire systémique sur ray-grass, vulpin, repousses de céréales (surtout blé), bromes, folle-avoine (d’hiver surtout), pâturin, vulpie et agrostis.

Bonnes pratiques d’utilisation

Certaines conditions d’application sont indispensables pour optimiser l’efficacité et préserver la durabilité de la molécule :

  1. Une seule application de propyzamide à 750 g/ha par campagne, de début novembre à fin décembre sur colza.
  2. Pas d’application sur un sol saturé en eau pour éviter ruissellements et échecs d’efficacité.
  3. Viser une application sur sol frais et humide. L’efficacité dépend de l’humidité du sol. Des températures inférieures à 10 °C sont vivement conseillées pour assurer la persistance d’action.

Les résultats expérimentaux montrent que l’application des produits à base de propyzamide n’est pas très sensible à la biomasse et ceci ne doit pas remettre en cause la période optimale. Attention, en raison de l’action foliaire antidicotylédones de l’aminopyralide, respecter un délai sans pluie pour les produits IELO / YAGO / BIWIX / DITOP. Les applications trop tardives (au-delà de novembre) manqueront d’efficacité antidicotylédones.

Mélange herbicide + insecticide : quelle conduite adopter ?

Il est toujours tentant d’économiser un passage en associant l’herbicide et l’insecticide. Mais cela est parfois une mauvaise économie.

En premier lieu, il convient de s’interroger sur la nécessité de l’insecticide. Pour mémoire, le seuil indicatif de risque est de 5 larves par pied pour des colzas bien développés et de 2 à 3 larves par pied pour des petits colzas ou des colzas mal implantés avec des faims d’azote.

Dans les secteurs avec des résistances fortes aux pyréthrinoïdes (secteur SKDR), le mélange MINECTO GOLD + propyzamide est fortement déconseillé par l’institut pour des raisons de comptabilité et d’efficacité. MINECTO GOLD doit impérativement être associé à un adjuvant huileux (type ACTIROB). Or, la présence d’huile provoque la floculation du propyzamide, réduisant fortement son efficacité. Par ailleurs, Minecto Gold s’applique lorsque les températures sont douces et les larves actives pour maximiser son efficacité. Alors que la propyzamide s’applique par temps froid.

De la même manière dans les secteurs qui ne sont pas concernés par les résistances fortes et qui utilisent encore des pyréthrinoïdes pour la lutte contre les larves d’altise, il est souvent préférable de réaliser les interventions séparément. En effet, même si en pratique, le mélange propyzamide + pyréthrinoïdes reste possible, les conditions optimales d’application de l’insecticide (températures douces) diffèrent de celles de l’herbicide (températures fraiches).

Automne Hauts-de-France Bourgogne-Franche-Comté Grand Est Lorraine, Alsace et Haute-Marne Désherbage Maitrise des adventices Colza Non Mathys MIQUET (m.miquet@terresinovia.fr)

Désherbage du pois de printemps : des stratégies adaptées au type et à la flore

Terres Inovia propose, pour le protéagineux, un panorama des usages autorisés et des moyens de lutte selon les contextes.

Le 1er février, date de semis de bascule entre un pois considéré
comme hiver ou printemps. Crédit Terres Inovia.

En matière de désherbage des protéagineux (pois, féverole, lupin), la notion d’usage printemps ou hiver est importante à prendre en compte. Certaines solutions disponibles en pois d’hiver ne le sont pas en pois de printemps et inversement. Indépendamment du type variétal « printemps » ou « hiver » de la variété implantée, la date d’implantation de la culture permet de la considérer pour un usage printemps ou hiver.

Les protéagineux semés avant le 1er février sont considérés comme protéagineux d’hiver, et à partir du 1er février comme protéagineux de printemps. Un pois de type variétal « printemps » semé avant le 1er février est considéré comme un pois d’hiver du point de vue des usages des herbicides.

Les solutions telles que Prowl 400/Pentium Flo/Baroud SC, le Basagran SG ou encore les herbicides à base de cléthodime, autorisés en pois de printemps ne le sont pas en pois d’hiver. A l’inverse, Kerb Flo, utilisable en post-levée des pois d’hiver, est interdit sur pois de printemps.

Introduire une prélevée pour un spectre large

Ainsi, en pois de printemps, les stratégies ayant recours aux solutions de prélevée, seules ou relayées par une post-levée sont les plus sécurisantes. Elles permettent de recourir à une gamme de solutions plus étoffée qu’en post-levée. Le spectre d’action plus large permet de mieux contrôler les situations de fortes infestations, ou les situations où la flore est mal connue.

Pour les situations ou la pression en flore dicotylédone est faible à modérée, une intervention en prélevée seule est possible. Il en est de même en sols hydromorphes où les conditions ne permettent pas toujours de revenir sur les parcelles pour effectuer l’intervention de post-levée. Des programmes tels que Bismark 1,6 l/ha + Challenge 1,6 l/ha, Prowl 1,5 l/ha + Challenge 2 l/ha ou Nirvana 2l/ha + Challenge 2 l/ha offrent un spectre plutôt large qui assure un bon contrôle des levées en sortie d’hiver. 

Le recours aux anti-graminées foliaires constitue le dernier levier de gestion
contre les vulpins et les ray-grass. Crédit Terres Inovia.

Les stratégies de prélevée puis post-levée offrent un bon compromis technico-économique dans des contextes à forte pression. Il est recommandé de moduler la dose de prélevée (environ trois-quarts de la dose pleine) avec des solutions comme Nirvana, Prowl 400 ou Bismark CS, relayé par Challenge 600 0,5 l/ha + Basagran SG 0,3 kg/ha. Il est également possible, en substituant Challenge 600 par Colt, de fractionner la post-levée. La réglementation en matière de dose et de fractionnement de l’aclonifen (avec Challenge 600 ou Colt) est rappelée dans la figure 1.

Tout en post pour les situations de flores connues

La stratégie de gestion uniquement en post-levée est souvent plus économique, à condition de bien connaître la flore attendue. Bien adaptée aux faibles pressions des mauvaises herbes, elle reste délicate : adventices jeunes (stade cotylédons à 2-3 feuilles), conditions poussantes et en dehors de fortes amplitudes thermiques (sélectivité). Il devient très difficile d’aboutir à un bon contrôle des adventices trop développées telles que les renouées liseron ou les chénopodes.

La gestion des graminées constitue une difficulté à souligner en pois de printemps. Alors que Kerb Flo est utilisable en pois d’hiver, le pois de printemps ne dispose pas d’une solution racinaire d’efficacité comparable. Les flores telles que les vulpins et les ray-grass ne pouvant être contrôlées que partiellement en prélevée avec une association Prowl 400 + Challenge 600, le recours aux anti-graminées foliaires constitue le dernier levier de gestion. En situation de résistance aux fop/dimes souvent liées à des pressions fortes, nous sommes actuellement en situation d’impasse technique.

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Le désherbage mécanique en complément

Lorsque les conditions le permettent (type de sol, météo, accès au matériel), les programmes herbicides évoqués ci-dessus peuvent être combinés à des passages de herse étrille ou de houe rotative à l’aveugle (prélevée) ou sur les premiers stades.

En effet, les itinéraires mixtes présentent un intérêt en particulier les années sèches où l’efficacité des herbicides peut être mise en défaut. Pour le passage en prélevée, le stade germination du pois étant très sensible à l’écrasement des roues, il vaut mieux n’intervenir que si nécessaire (levée d’adventices) et préférer des outils larges pour diminuer la surface des passages de roues.  En post-levée, la herse étrille ou la houe rotative (moins efficace, à réserver aux sols de limons à tendance battante) sont à passer entre les stades 2 et 5 feuilles du pois. Les passages mécaniques sont à envisager lorsque les adventices sont encore jeunes pour être sensibles aux outils et lorsque le pois n’a pas encore de vrilles bien développées, lesquelles risquent de s’accrocher au matériel et de tout arracher. Il est conseillé de cibler l’intervention après et avant 2-3 jours de beau temps pour une meilleure efficacité. Pour des raisons de fenêtres climatiques, le désherbage mécanique sur pois s’applique plutôt sur des pois semés à partir du 1er février, c’est-à-dire les pois dits « de printemps ».

Les évolutions en désherbage des pois protéagineux

Les solutions Prowl 400, Pentium Flo et Baroud SC, herbicides à base de pendiméthaline, se voient retirer leur usage sur graines protéagineuses d’hiver. Cet usage inclut les pois, féveroles ou encore lupins implantés avant le 1er février. La date limite d’utilisation de ces solutions a été fixée au 25/09/2025. Les possibilités de recours notamment de demande de dérogation par Terres Inovia sont à l’étude pour permettre l’utilisation de ces solutions pour les implantations 2025. Au 1er octobre, il n’était pas permis de préjuger des conclusions des réflexions en cours. Cette évolution réglementaire n’impacte pas les graines protéagineuses (pois, féverole, lupin) de printemps.

 

Contact : Arnaud Micheneau, a.micheneau@terresinovia.fr

Lire l'article dans le n° de décembre d'Arvalis & Terres Inovia infos : ici (attention, l'encadré de la page 35 comporte une erreur, la version ci-dessus est correcte).

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France entière Désherbage Pois d'hiver Pois de printemps