Publié le 3 mars 2026 | Modifié le 4 mars 2026

Préparation avant le semis du tournesol : une étape cruciale pour l’implantation

La reprise des parcelles avant le semis est déjà une étape clé dans la perspective d’obtenir d’un tournesol robuste. L’enjeu principal cette année consistera à réaliser les opérations de préparation du sol dans de bonnes conditions d’humidité. 

Deux enjeux majeurs sont à considérer lors de la mise en œuvre des opérations de préparation au semis :

1-Préserver l’état structural du sol

Sur sols argileux, l’état structural du sol ne doit absolument pas être dégradé par les opérations de préparation au semis. Aussi, en fin d’hiver, le travail profond est à éviter. Seules des conditions de parfait ressuyage sur la profondeur de travail, qui devraient être rarissimes cette année, offrent des possibilités de fissuration et d’aération des sols argileux.  

Pour les sols limoneux, un travail profond de fissuration ou un labour peuvent, s’ils sont nécessaires, être envisagés même tardivement, juste avant le semis du tournesol.

2-Obtenir un lit de semence qui comporte au moins autant de terre fine que de mottes pour assurer un bon contact terre-graine.

 Attention, un trop grand nombre de passages peut générer de la terre fine en excès, ce qui peut être préjudiciable dans les sols sensibles à la battance ou à l’érosion.  

Raisonner le type d’outils, ainsi que le nombre de passages est indispensable

La préparation des parcelles en sortie d’hiver s’appuie sur 2 piliers :

  • Travailler des sols ressuyés, à consistance friable sur tout le profil travaillé. C’est le cas si les mottes, pétries dans la main, s’émiettent sans coller et donnent de la terre fine. Cette règle fondamentale invite à réaliser des observations très régulières de la consistance du sol, sur toute la profondeur de travail envisagée. Cela semble particulièrement crucial après l’hiver très pluvieux que nous venons de connaitre, afin de déclencher les opérations de reprise dès que les premiers créneaux favorables se présenteront (la fenêtre risque d’être courte cette année), et d’être prêt à semer dès le début du mois d’avril.
  • Le choix et les conditions d’utilisation des outils de travail du sol.  

    Outre l’état du sol au moment de l’intervention, ces deux autres critères s’avèrent déterminants pour réussir la préparation au semis.

  • Privilégier les outils à dents non animés pour préparer le lit de semences. Si 2 passages sont envisagés, le 1er peut être réalisé à 10-15cm de profondeur, sans rouleau pour favoriser le réchauffement du sol. Le 2ème passage à 6-8cm aura pour objectif principal de niveler et d’affiner
  • Combiner les outils pour limiter le nombre de passages  
  • Lutter contre la compaction du sol, en utilisant des équipements de type roues jumelées ou pneus basse pression. En l’absence de tels équipements, vérifier et adapter la pression des pneumatiques.  

Dans quel cas réaliser des faux semis printaniers ?

Sur des flores printanières et estivales qui lèvent tôt en saison comme l’ambroisie, la renouée liseron, le xanthium ou même un peu plus tardivement le datura, le faux-semis peut s’avérer efficace pour réduire les infestations dans le tournesol.  

Le faux-semis consiste à réaliser un travail superficiel du sol assez tôt en saison pour faire lever les adventices, bien rappuyé avec un rouleau et positionné de préférence avant une pluie.  1 à 3 semaines après, on détruira ces levées, soit chimiquement dans les situations où le glyphosate est autorisé, soit mécaniquement, en veillant à remuer le sol le moins possible pour éviter de provoquer de nouvelles germinations. Cette stratégie s’accompagne souvent d’un décalage de la date de semis du tournesol de 15 à 20 jours, nécessaire à la réalisation de cette chaine d’interventions.

Attention, des semis tardifs de tournesol, au-delà du 1er mai, peuvent pénaliser les résultats de la culture. Un compromis est donc à trouver entre bénéfices retirés du faux-semis, et risques occasionnés pour le tournesol. Ce décalage de la date de semis est à réserver aux situations où il est prioritaire d’alléger la pression exercée par les flores dites « problématiques », car difficiles à détruire et exerçant une forte concurrence sur la culture (ambroisie, renouée liseron, tournesol sauvage, xanthium).    

Vos contacts régionaux

  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
    Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
  • Alexandra DENOYELLE - Terres Inovia (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur