Tournesol : gérer les graminées et les dicotylédones
La gestion des adventices devient un enjeu croissant dans la culture du tournesol. Comme dans les céréales, certaines graminées gagnent du terrain, tandis que plusieurs dicotylédones difficiles – comme l’ambroisie, le datura ou le chardon – imposent des stratégies adaptées.
La gestion des adventices devient un enjeu croissant dans la culture du tournesol. Comme dans les céréales, certaines graminées gagnent du terrain, tandis que plusieurs dicotylédones difficiles – comme l’ambroisie, le datura ou le chardon – imposent des stratégies adaptées. Pour maintenir l’efficacité du désherbage, les programmes doivent combiner judicieusement solutions chimiques et interventions mécaniques.
Des flores adventices en évolution
Dans les tournesols, les graminées les plus souvent citées comme problématiques par les producteurs sont aujourd’hui les ray-grass et les vulpins. La culture étant majoritairement conduite en système pluvial et souvent intégrée dans des rotations avec cultures d’hiver, le tournesol revient généralement tous les trois à quatre ans sur une même parcelle. Dans ces conditions, les graminées estivales de type PSD (panics, sétaires, digitaires) restent présentes mais sont le plus souvent peu problématiques, car ces rotations ne leur sont pas particulièrement favorables.
Du côté des dicotylédones, une grande partie des situations reste dominée par une flore dite classique, généralement contrôlée par les programmes de pré-levée. Néanmoins, plusieurs évolutions sont observées ces dernières années. Les situations avec chardon des champs tendent à progresser, tandis que certaines espèces comme l’ambroisie ou le xanthium nécessitent toujours une vigilance particulière.
En matière de solutions herbicides, aucune évolution majeure n’est attendue pour la prochaine campagne. L’extension d’usage de l’Isard sur tournesol est toujours en attente et ne sera pas disponible pour cette campagne. Par ailleurs, Codix, association de DFF et de pendiméthaline, n’a pas obtenu d’extension d’usage sur tournesol.
La pré-levée reste la base du contrôle des graminées
Jusqu’en 2024, les solutions à base de S-métolachlore constituaient un pilier des programmes de désherbage antigraminée dans de nombreuses situations. Depuis le retrait de cette molécule, les alternatives reposent principalement sur les spécialités à base de pendiméthaline seule (Prowl 400 ou Atic Aqua, ou associé au Dmta-p, comme Dakota-p.).
Employée seule, la pendiméthaline se montre inefficace sur les ray-grass. En revanche, elle prouve son efficacité sur les PSD et semble suffisante dans la plupart des cas sauf en cas de fortes infestations de panics, situation que l’on rencontre plutôt dans des rotations dominées par les cultures d’été, notamment le maïs. La molécule présente également un spectre d’action assez large sur certaines dicotylédones, en particulier les chénopodes et les renouées.
Dans les parcelles où le ray-grass est présent et le contrôle nécessaire dans certaines situtations, la pendiméthaline par le Dmta-p devient indispensable.
Dans ce contexte, Dakota-P 3 l/ha constitue aujourd’hui une référence. Pour élargir le spectre d’efficacité à l’ensemble de la flore dicotylédone et graminée, ce type de base peut être complété par des solutions comme Challenge ou Chanon de 2 à 2,5 l/ha, ou encore Proman ou Inigo à 2 l/ha.
Aclonifène ou métobromuron pour compléter la pré-levée
Dans la plupart des situations, la base antigraminée doit être associée à un herbicide à large spectre sur dicotylédones afin de sécuriser l’efficacité du programme de pré-levée. Les solutions à base de métobromuron, comme Proman, Inigo ou Soleto, ainsi que celles contenant de l’aclonifène, comme Challenge 600 ou Colt, sont aujourd’hui les principales partenaires. A noter, l’exception faite aux sols argileux où l’emploi de Dakota-p à 3l/ha seul peut permettre de contrôler une pression dicotylédone modérée, dans la plupart des situations.
Une troisième solution reste disponible pour la campagne 2026 : Racer ME, à base de flurochloridone. Non mélangeable, cette spécialité devrait cependant vivre sa dernière campagne d’utilisation.
L’aclonifène présente un bon niveau d’efficacité sur de nombreuses dicotylédones, notamment les renouées, l’amarante, le chénopode, le gaillet, le laiteron ou encore certaines crucifères. Son efficacité apparaît toutefois plus moyenne sur mercuriale et plus limitée sur morelle, faiblesse qui peut être compensée par l’association avec Dakota-P.
Le métobromuron (Proman) apporte pour sa part de bons résultats sur amarante, chénopode, laiteron, linaire, matricaire ou morelle, ainsi que sur les renouées selon la dose utilisée. Proman est également recommandée dans les stratégies de gestion de l’ambroisie à feuilles d’armoise.
Les essais conduits durant 3 années montrent que Challenge 600 et Proman, appliqués à 2 l/ha sur une base Dakota-P à 2 l/ha, présentent des spectres d’efficacité globalement très proches. Challenge 600 se distingue toutefois par une meilleure efficacité sur mercuriale et sur renouée persicaire, tandis que Proman présente un avantage sur matricaire, lampsane ou encore, dans certaines observations, sur renouée des oiseaux et helminthie (tout en restant à un niveau insuffisant sur cette dernière).
Sur le plan économique, l’association Dakota-P 2 l/ha + Challenge 2 l/ha se situe autour de 98 €/ha, soit environ 18 €/ha d’économie en comparaison de l’association Dakota-P 2 l/ha + Proman 2 l/ha. Il convient toutefois de rappeler que l’utilisation de solutions à base d’aclonifène impose la présence d’un dispositif végétalisé permanent (DVP) de 20 mètres.
Le désherbage mécanique, un levier complémentaire efficace
Le tournesol supporte bien le désherbage mécanique et sa période de végétation offre plusieurs créneaux climatiques favorables pour intervenir. L’écartement inter-rang, généralement de 60 cm mais pouvant varier de 40 à 80 cm selon le matériel, permet d’envisager un ou plusieurs passages de bineuse.
Pour garantir l’efficacité de cette action, il est important d’intervenir sur un sol bien ressuyé, voire sec, et sans pluie annoncée dans les jours suivants. L’objectif étant d’éviter de provoquer de nouvelles levées d’adventices ou le repiquage de celles-ci. L’efficacité dépend aussi de l’enracinement des adventices, c’est-à-dire principalement de leur stade et de leur espèce : plus elles sont jeunes, plus l’arrachage sera efficace.
Dans les flores simples, les dicotylédones composées par exemple de mercuriale annuelle, mouron des champs, morelle noire, chénopodes ou renouées, les binages peuvent suffire à assurer le désherbage de post-levée lorsque les infestations restent modérées.
En revanche, lorsque la parcelle est confrontée à des espèces plus difficiles comme ambroisie, datura, xanthium, panics, sétaires, digitaires, ray-grass et même chardon, et dont la densité est considérée comme forte, il est préférable de maintenir un programme herbicide complet (prélevée + postlevée). Dans ces situations, le binage constitue un complément intéressant qui peut apporter environ 20 % d’efficacité supplémentaire sur des densités non négligeables (exemple d’un essai à 50 pieds d’ambroisie/m²). Les stades optimaux de la bineuse pour intervenir se situent généralement entre les stades « 2 et 6 paires de feuilles » du tournesol.
En l’absence de solutions herbicides efficaces en post-levée sur ray-grass, un passage de bineuse réalisé dans des conditions bien sèches peut également s’avérer efficace face à une situation insuffisamment contrôlée par les herbicides de pré-levée.
Dans les parcelles infestées par le chardon des champs et lorsque le recours à Express SX n’est pas possible, le binage peut aussi contribuer à détruire les plantes mères. L’intervention favorise alors le démarrage de nouvelles pousses sur les drageons en levant la dormance apicale. Pour éviter une intervention contre-productive, plusieurs passages sont généralement nécessaires, ce qui implique d’anticiper le premier passage suffisamment tôt dans le cycle de la culture.
Les solutions de post-levée, la meilleure réponse aux flores difficiles
L’intervention est recommandée au stade quatre feuilles du tournesol pour les spécialités à base d’imazamox et tribénuron, soit environ un mois après le semis. Un repère simple consiste à intervenir qu’à partir du moment où 80 % des plantes ont atteint ce stade.
Dans les situations de flores complexes, notamment avec ambroisie ou xanthium, une stratégie fractionnée peut être privilégiée. Elle consiste à réaliser une première application anticipée au stade 2 feuilles du tournesol, puis une seconde intervention environ une semaine plus tard.
Comparativement, l’imazamox offre un spectre un peu plus large sur les graminées estivales et présente un léger avantage face au tribénuron sur ambroisie et xanthium (écart moins visible en cas de fractionnement de ces solutions). Le tribénuron se distingue davantage sur les astéracées comme le laiteron, le séneçon ou l’helminthie, mais aussi sur la renouée liseron et surtout sur le chardon des champs.
Il existe plusieurs solutions à base d’imazamox. Selon la flore, il est possible d’ajouter une huile végétale et surtout de moduler la dose (tableau suivant). Le fractionnement en deux applications peut être privilégié pour les flores les plus complexes. L’efficacité du tribénuron à 45 g/ha sur chardon des champs reste d’un bon niveau, même en application tardive. Toutefois, au regard de la très forte concurrence exercée par cette espèce vivace sur le tournesol dès les premiers stades, un contrôle précoce, idéalement grâce au fractionnement, est à privilégier. Un contrôle tardif (au-delà de « 6 feuilles » du tournesol), même très efficace, peut conduire à une disparition partielle ou totale de la culture sous les ronds de chardons.
| Programme | Cible | |
|---|---|---|
| OU | Pulsar 40* 0.8l/ha à 1l/ha | Amarante, Datura, Linaire batarde, Morelle, Moutarde, Ravenelle |
| Davai* 0.4l/ha | ||
| Passat Plus 1.3l/ha | ||
| OU | Pulsar 40* 1l/ha | + Autres espèces (voir spectre) |
| Davai* 0.5l/ha | ||
| Pulsar 40 1.25l/ha | ||
| Davai 0.65l/ha | ||
| Passat Plus 1.6l/ha | ||
| Passat Plus 2l/ha | Bénéfices sur : Ambroisie, Renouée liseron, Tournesol sauvage, Digitaire, Gaillet, Laiteron, Mercuriale, Seneçon | |
| OU | 2x Pulsar 40* 0.6l/ha | Bénéfices sur : Ambroisie, Renouée liseron, Tournesol sauvage, Xanthium, Ammi-majus, Anthémis, Helminthie, Laiteron, Matricaire, Mercuriale |
| 2x Davai* 0.32l/ha | ||
| 2x Passat Plus 1l/ha | ||
| * : Huile végétale type Actirob B Stratégie en deux passages : 2-3F puis 8-10 jours plus tard. | ||
Le désherbage de la lentille
Pour la culture de la lentille, le désherbage constitue une étape importante de l’itinéraire technique. Sa croissance lente et son faible pouvoir couvrant la rendent vulnérable à la concurrence précoce des adventices, pouvant entraîner des pertes de rendement et des difficultés de récolte. De plus, pour réussir son désherbage chimique ou mécanique, la qualité d’implantation (profondeur et régularité de semis) est une étape importante pour limiter les problèmes de sélectivité et permettre une bonne efficacité.
Pour la culture de la lentille, le désherbage constitue une étape importante de l’itinéraire technique. Sa croissance lente et son faible pouvoir couvrant la rendent vulnérable à la concurrence précoce des adventices, pouvant entraîner des pertes de rendement et des difficultés de récolte. De plus, pour réussir son désherbage chimique ou mécanique, la qualité d’implantation (profondeur et régularité de semis) est une étape importante pour limiter les problèmes de sélectivité et permettre une bonne efficacité.
Une gamme d’herbicides homologués limitée
Le désherbage chimique repose essentiellement sur une application en post-semis prélevée. Lorsque la pression adventice persiste, un traitement complémentaire au stade 3–4 feuilles peut être envisagé, bien que les possibilités restent limitées selon les situations. Cette application peut être fractionnée pour améliorer l’efficacité et limiter des problèmes de sélectivité.
| Flore ciblée | Prélevée (dose/ha) | Post-levée (dose/ha) | Prix |
| Crucifères, chénopodes (faible pression), coquelicots, gaillets, renouées (oiseaux, liserons en faible pression), mourons, véroniques | Challenge 600 3 l/ha + Nirvana S 1 l/ha | Challenge 600 1 l/ha | 115 € |
| Idem + mercuriales, fumeterres, renfort sur chénopodes et renouées | Challenge 600 0,5 l/ha + Lentagran 0,5 kg/ha A renouveler une 2e fois | 175 € |
Pour les parcelles avec une problématique importante en graminées (vulpin, ray grass), il est possible d’utiliser les produits à base de propyzamide (Kerb flo à 1,875 l/ha) en prélevée. Cette matière active peut présenter un intérêt en situation de graminées résistantes à certaines familles d’herbicide (FOPs et DIMEs). Le produit ne peut pas être associé à l’application du Challenge 600 et du Nirvana S pour des questions de réglementation et de manque de sélectivité sur la lentille. Malgré les conditions de températures moins favorables au mois de mars, les essais montrent des efficacités correctes en conditions humides.
L’homologation récente du Pentium flo à base de pendiméthaline permet d’avoir une solution supplémentaire en augmentant la dose de cette matière active. Cependant, des essais sont en cours pour affiner les préconisations et limiter les risques de phytotoxicité. De plus, l'utilisation des produits Onyx et Corum est déconseillée en lentille pour des raisons de sélectivité.
Comme pour la campagne 2025, une demande de dérogation a été faite pour pouvoir utiliser le Nirvana S en post-levée pour lever des impasses techniques (ex : ortie royale). Le retour des services du ministère de l’Agriculture est toujours en attente. En cas de retour positif, il est conseillé de fractionner l’apport en 2 passages de 0,25 l/ha. Une association avec Challenge 600 à 0,5 l/ha est possible.
50 % des lentilles sont conduites en agriculture biologique
Le désherbage mécanique de la lentille se fait principalement avec la herse étrille (la herse de type Treffler étant plus sélective) ou la houe rotative. Le binage est possible mais demande des équipements spécifiques pour pouvoir travailler sur des écartements faibles.
La herse étrille peut être passée « à l’aveugle », quelques jours après le semis et permettra de détruire précocement les adventices en cours de levée. Cependant, il ne faut pas intervenir autour de la levée de la culture et jusqu’au stade 2 feuilles, car c’est le moment où la lentille est la plus fragile. On peut passer la herse étrille ou la houe rotative facilement à partir du stade 3-4 feuilles en réalisant les réglages adéquats (vitesse, angle d’inclinaison des dents).
Il est recommandé d’intervenir tôt car ce sont les stades jeunes des adventices qui sont plus sensibles aux outils. Il est également important d’intervenir sur sol bien ressuyé et par temps séchant, c’est-à-dire sans pluie annoncée les jours suivants pour éviter le repiquage ou la mise en germination de nouvelles adventices.
Le passage de la herse étrille pouvant faire remonter des cailloux, un roulage jusqu’au stade 8-10 feuilles de la lentille est recommandé après le dernier passage d’outils.
En savoir plus
Gestion des graminées adventices : quels sont les leviers mobilisés par les producteurs ?
Dans le cadre du projet GRAMICOMBI, une enquête vient d’être réalisée pour mieux comprendre les freins d’appropriation des leviers de gestion des graminées adventices par les agriculteurs.
Dans le cadre du projet GRAMICOMBI une enquête vient d’être réalisée auprès de 32 agriculteurs pour mieux comprendre les freins d’appropriation des leviers de gestion des graminées adventices par les agriculteurs.
Le projet GRAMICOMBI a été lancé dans le cadre du PARSADA. Piloté par Terres Inovia, il vise à construire des combinaisons de leviers de gestion intégrée des graminées dans les systèmes et à les déployer largement à l’échelle nationale.
Pour connaître les freins à l’adoption de leviers agronomiques pour mieux gérer les graminées adventices, une enquête a été menée auprès d’exploitants. « Elle a été réalisée dans le cadre du réseau Objectif Cultures Propres (OCP) en Bourgogne Franche Comté qui vise à évaluer l’efficacité et la faisabilité de la combinaison de leviers de gestion des graminées à l’échelle du système de culture en suivant et mettant en place un plan d’action pendant cinq ans sur 32 parcelles d’agriculteurs », explique Victor Fleury, ingénieur de développement de Terres Inovia. Ce réseau est animé par neuf partenaires : Terres Inovia, Arvalis, Alliance BFC, les Chambres d’Agriculture départementales de la région BFC et la Ferme expérimentale de Tart-le-Bas.
Une forte hétérogénéité dans l’adoption des leviers
Lors de cette enquête, chaque agriculteur a classé différents leviers de gestion des graminées, selon leur faisabilité, dans l’une des quatre catégories suivantes : réalisé, possible, contraignant et impossible.
Les résultats montrent une forte hétérogénéité dans l’adoption des leviers. « Certaines pratiques sont aujourd’hui déjà bien intégrées dans les systèmes de culture, par exemple l’application de glyphosate avant semis, la diversification du désherbage chimique et l’entretien des bordures ». En revanche, des leviers présentent un taux de mobilisation plus faible malgré un intérêt agronomique reconnu : la combinaison du décalage de la date de semis, de la diversification avec du désherbage mécanique et du nettoyage des outils de récolte offre une marge de progression importante. Enfin, d’autres sont majoritairement perçus comme difficiles à intégrer dans les systèmes actuels comme l’introduction d’une Culture Intermédiaire à Vocation Energétique (CIVE), l’écimage et la récupération de menues pailles.
Des freins économiques et techniques
Les principaux freins sont économiques : accès à du matériel spécifique, manque de débouchés, coût d’investissement et rentabilité incertaine. L’adoption de nouveaux leviers de gestion des graminées adventices se confronte aussi à des arbitrages techniques : le labour, par exemple, est souvent envisagé comme un levier de dernier recours en cas d’impasse technique. De même le choix variétal est fréquemment priorisé pour la résistance aux maladies ou pour le potentiel de rendement au détriment du pouvoir couvrant des variétés. « Le manque de références techniques, de consensus sur l’efficacité de certains leviers et de retours d’expérience freinent également leur adoption. L’exemple des variétés couvrantes illustre très bien cette difficulté, avec une efficacité perçue comme très variable selon les contextes ». Enfin, certains freins sont très ciblés : le temps de travail et l’organisation de chantier pour le désherbage mécanique, le recours à la prestation de service, le type de sol, la répartition du parcellaire, etc.
Les résultats de l’enquête montrent que de nombreux leviers de gestion des graminées adventices sont encore trop peu mobilisés par les agriculteurs. Si certains se heurtent à des freins structurels ou économiques importants, d’autres nécessitent avant tout un accompagnement technique de l’agriculteur, un renforcement des références et une adaptation au contexte de chaque exploitation. C’est précisément l’objectif du PARSADA GRAMICOMBI, porté par Terres Inovia, dans lequel s’inscrit le réseau OCP : lever les freins à l’adoption pour favoriser la combinaison cohérente des leviers de gestion des graminées adventices à l’échelle du système de culture.
Lutter contre l’enherbement en pois chiche : agir tôt pour être efficace
Le pois chiche est une culture qui se développe lentement en première partie de cycle, jusqu’au début de la floraison, ce qui est propice à l’enherbement de l’entre-rang. A ce jour, une stratégie basée sur une application de prélevée est incontournable pour assurer une efficacité acceptable. Elle pourra être relayée par une application de post-levée en fonction de la flore.
Application de la prélevée
Selon les conditions climatiques, la levée du pois chiche peut être relativement longue. Toutefois, il est conseillé de ne plus appliquer d’herbicides dans les quelques jours qui précèdent la levée afin d’éviter tout risque de phytotoxicité. Le positionnement de la prélevée au plus près du semis est donc à privilégier. L’humidité dans les premiers centimètres du sol conditionnera l’efficacité de ces herbicides racinaires dans les semaines qui suivent l’application. Pour leurs larges spectres, deux stratégies sont privilégiées : Prowl 400 2l/ha + Challenge 600 2l/ha ou Nirvana S 1,8 à 2l/ha (voir tableau ci-dessous). Attention, dès cette camapagne, le Prowl 400 n’est plus utilisable sur les pois chiches semés avant le 01/02.
Antidicotylédones en post-levée : deux spécialités commerciales disponibles
Le Challenge 600 peut être utilisé en post levée (à 0,5 l/ha), sous conditions d’une impasse de cette spécialité commerciale en prélevée. Il doit être appliqué tôt, au stade 2-3 feuilles du pois chiche sur des adventices jeunes (2-3 feuilles maximum). ONYX (Pyridate 600 g/l) apporte un bénéfice net sur la postlevée avec une efficacité régulière sur datura, repousses de tournesol, morelle et renouées. Comme le Challenge, il doit être appliqué tôt, à partir de 2 feuilles (et jusqu’à 8 feuilles) sur des adventices entre 2 et 4 feuilles. Une application par an et fractionnable en 2x 0,75l/ha. Un effet dose est constaté sur datura, morelle, renouées et matricaire (1,5 l plutôt que 0,75 ou 1 l).
(1) Utilisation possible seulement si semis réalisé après le 01/02.
(2) En fonction du type de sol, moduler la dose de Nirvana entre 1,5 et 2 l/ha maximum. Déconseillé dans les sols sableux.
(3) Si Challenge 600 non utilisé en prélevée
(4) Renouées en relais d’une prélevée efficace uniquement
(5) Fractionnement à 7-10 jours d’intervalle
(6) Non couvert par les firmes
Voir le tableau complet des herbicides en fin d'article
Désherbage mécanique
En complément ou en substitution, des solutions de désherbage mécanique sont possibles et montrent chez certains producteurs des efficacités tout à fait acceptables.
- Un passage d’herse étrille « à l’aveugle » en post semis prélevée sera profitable, puis de nouveau en végétation, à partir du stade 3-4 feuilles (le pivot des plantes est alors assez développé pour ne pas être arraché par l’outil). En adaptant la vitesse et l’agressivité, le passage de herse étrille est possible dès 1 feuille.
- Un passage de bineuse dans l’inter-rang est possible, si l’implantation est réalisée au semoir monograine, à partir du stade 4-5 feuilles (en veillant à ne pas recouvrir les plantes).
Le déclenchement des passages mécaniques se fera selon la levée des adventices (privilégier des interventions sur adventices jeunes), le stade de la culture (voir tableau ci-dessous) et les conditions météorologiques (intervenir toujours par temps séchant : sol bien ressuyé et pas de pluie annoncée dans les jours suivants, afin d’éviter le repiquage des adventices ou la mise en germination de nouvelles graines).
Dans nos essais, en situation de printemps humide, écartement à 60 cm, nous avons pu constater qu’une stratégie basée uniquement sur l’utilisation de la herse étrille en début de cycle à 1-2 feuilles, n’a pas donné satisfaction. De même, une stratégie basée uniquement sur du binage à partir de 4 feuilles ne permet pas une efficacité comparable à une stratégie combinant les deux outils : Herse étrille à 1-2 feuilles puis binage à partir de 3-4 feuilles, stratégie qui pour le coup a présenté de bons résultats en expérimentation. La météo de l’année et la diversité de la flore dans la parcelle ont une grande influence sur les résultats.
Désherbage mécanique du pois chiche, réglages et possibilités de passage en fonction du stade de la culture et du choix de l'outil.
Désherbage mixte
Allier chimique et mécanique prend tout son sens, d’autant plus pour une culture mineure où les solutions disponibles sont peu nombreuses et ne permettent pas toujours de répondre à toutes les flores rencontrées. En situation sèche au semis ou pluvieuse au printemps par exemple, une stratégie tout en prélevée peut s’avérer insuffisante : inefficacité de la prélevée ou re-salissement au printemps. On peut alors adopter, en substitution ou complément de la prélevée, une stratégie avec herbicide de post-levée appliqué à 3-4 feuilles en combinaison avec un ou plusieurs passages de bineuse à partir de 4-5 feuilles. L’application de la post-levée sera considérée en fonction des levées d’adventices. Cette stratégie donne de bons résultats en flore simple à moyenne (dans notre essai 2023 : renouée liseron, mercuriale, véronique des champs et ray-grass).
Pour aller plus loin
Propyzamide : les conditions sont favorables
La forte baisse des températures associée à une humidité satisfaisante des sols sur la zone Nord-Est permet aujourd’hui d’envisager l’application de propyzamide pour la gestion des graminées adventices dans les colzas.
La forte baisse des températures associée à une humidité satisfaisante des sols sur la zone Nord-Est permet aujourd’hui d’envisager l’application de propyzamide pour la gestion des graminées adventices dans les colzas.
Le propyzamide (KERB FLO et produits génériques) est une molécule herbicide incontournable dans la gestion du désherbage des parcelles de colza fortement infestées en graminées, notamment lorsque celles-ci sont résistantes à d’autres matières actives. Le propyzamide a une action racinaire systémique sur ray-grass, vulpin, repousses de céréales (surtout blé), bromes, folle-avoine (d’hiver surtout), pâturin, vulpie et agrostis.
Bonnes pratiques d’utilisation
Certaines conditions d’application sont indispensables pour optimiser l’efficacité et préserver la durabilité de la molécule :
- Une seule application de propyzamide à 750 g/ha par campagne, de début novembre à fin décembre sur colza.
- Pas d’application sur un sol saturé en eau pour éviter ruissellements et échecs d’efficacité.
- Viser une application sur sol frais et humide. L’efficacité dépend de l’humidité du sol. Des températures inférieures à 10 °C sont vivement conseillées pour assurer la persistance d’action.
Les résultats expérimentaux montrent que l’application des produits à base de propyzamide n’est pas très sensible à la biomasse et ceci ne doit pas remettre en cause la période optimale. Attention, en raison de l’action foliaire antidicotylédones de l’aminopyralide, respecter un délai sans pluie pour les produits IELO / YAGO / BIWIX / DITOP. Les applications trop tardives (au-delà de novembre) manqueront d’efficacité antidicotylédones.
Mélange herbicide + insecticide : quelle conduite adopter ?
Il est toujours tentant d’économiser un passage en associant l’herbicide et l’insecticide. Mais cela est parfois une mauvaise économie.
En premier lieu, il convient de s’interroger sur la nécessité de l’insecticide. Pour mémoire, le seuil indicatif de risque est de 5 larves par pied pour des colzas bien développés et de 2 à 3 larves par pied pour des petits colzas ou des colzas mal implantés avec des faims d’azote.
Dans les secteurs avec des résistances fortes aux pyréthrinoïdes (secteur SKDR), le mélange MINECTO GOLD + propyzamide est fortement déconseillé par l’institut pour des raisons de comptabilité et d’efficacité. MINECTO GOLD doit impérativement être associé à un adjuvant huileux (type ACTIROB). Or, la présence d’huile provoque la floculation du propyzamide, réduisant fortement son efficacité. Par ailleurs, Minecto Gold s’applique lorsque les températures sont douces et les larves actives pour maximiser son efficacité. Alors que la propyzamide s’applique par temps froid.
De la même manière dans les secteurs qui ne sont pas concernés par les résistances fortes et qui utilisent encore des pyréthrinoïdes pour la lutte contre les larves d’altise, il est souvent préférable de réaliser les interventions séparément. En effet, même si en pratique, le mélange propyzamide + pyréthrinoïdes reste possible, les conditions optimales d’application de l’insecticide (températures douces) diffèrent de celles de l’herbicide (températures fraiches).
Graminées adventices dans le colza : multiplier les leviers contre ray-grass et vulpins
Maîtriser la concurrence des mauvaises herbes passe par la combinaison des moyens herbicides, mécaniques et agronomiques.
Historiquement, les levées de ray-grass et vulpins dans le colza étaient automnales. Désormais, ces graminées adventices sont présentes toute l’année avec des infestations fortes au-delà de 100 ray-grass/m².
Afin de contrôler ces graminées adventices tout en maintenant le potentiel du colza, Terres Inovia recommande la gestion précoce – dès l’implantation –dans les cas de forte pression, sans attendre l’hiver. Sur une infestation importante de ray-grass, une application de post-semis/prélevée donne des résultats qui avoisinent en moyenne les 60%, avec une variabilité importante selon les conditions d’application. Cette application évite l’étouffement du colza, lequel sera plus robuste face aux autres adventices.
Une autre méthode de contrôle des graminées adventices consiste en un traitement incorporé en présemis avec du napropamide, type Colzamid 2 l/ha (figure 1). Cette pratique offre une meilleure régularité de l’efficacité, tant sur ray-grass que sur vulpin, en particulier dans les situations sèches.
La prélevée étant inutile sur les repousses de céréales, préférez un anti-graminées foliaire à l’automne. D’ailleurs, celui-ci pourrait avoir un impact sur la gestion des ray-grass et vulpins si tant est que ceux-ci n’ont pas développé de résistances.
En situation de forte infestation, en complément des interventions de prélevée ou de post-semis/prélevée, une application de propyzamide est nécessaire à partir de novembre, en conditions de sol froid (inférieur à 10°C) et d’humidité, afin d’assurer la pleine efficacité de cette molécule à action racinaire. « L’utilisation des anti-graminées foliaires créent une pression de sélection de résistance des ray-grass à ces solutions. Par conséquent, Terres Inovia recommande l’utilisation de la propyzamide dans ces situations pour éliminer les ray-grass ‘selectionnés’ par l’anti-graminées foliaire, et ainsi réduire la pression de sélection », Arnaud Micheneau, responsable herbicides chez Terres Inovia.
Gérer à l’échelle de la rotation
Entre une céréale et un colza, l’interculture est courte d’où le risque de concurrence entre les repousses et l’oléagineuse. Le choix du mode de destruction des repousses de céréales, par glyphosate ou bien par scalpage avec un travail du sol superficiel, est à raisonner en fonction des conditions et doit être positionné au moins deux semaines avant le semis du colza pour que les repousses de céréales n’assèchent pas trop le sol avant l’implantation du colza.
Introduire des cultures de printemps dans la rotation est un levier agronomique intéressant pour trois raisons essentielles. D’une part, cette stratégie vise à décaler les levées d’adventices et donc à en limiter la pression. Privilégiez le maïs, le tournesol, le sorgho ou le soja, semés en avril-mai, davantage que l’orge de printemps, la lentille ou le pois-chiche, semés en mars, pour lesquels la rupture des cycles des adventices en moins flagrante. D’autre part, le sol nu à l’automne, si un couvert n’est pas mis en place, rend possible la réalisation d’un faux-semis (mais jamais avant un colza) suivi d’une application de glyphosate ou d’un travail du sol par temps séchant pour détruire les levées.
Ne pas délaisser le labour
Les graines de graminées adventices enfouies grâce à un labour (idéalement avant une céréale ou une culture de printemps) perdent au moins 60-70% de leur capacité germinative. En revanche, il faut garder à l’esprit les potentiels impacts négatifs de cette pratique : altération de la fertilité des sols, de leur structure et risque de remontée des graines de dicotylédones. En conséquence, Terres Inovia suggère de se limiter à un passage tous les 3 à 4 ans et le déconseille avant un colza en sol argileux au risque d’assécher le profil, au détriment d’une bonne implantation de l’oléagineuse.
Enfin, appliquez les bonnes pratiques suivantes : récoltez les parcelles sales en dernier pour limiter la dissémination des graines d’adventices ; nettoyez à fond la moissonneuse ; récoltez les menues pailles, qui contiennent beaucoup de graines adventices, pour réduire la pression dans les parcelles. Terres Inovia s’investit dans la gestion des graminées en travaillant les solutions en culture (projet Gramicible) et la combinaison de leviers différents dans la rotation (projets Gramicombi et Gigan), dont les descriptifs complets sont en ligne sur www.terresinovia.fr.
|
Le binage, un allié du colza Un binage de septembre/début octobre sur colza (en fonction de la météo) limite le salissement de la parcelle. Cependant, sur ray-grass très développés, il n’offre qu’un court répit, puisque ces graminées adventices redémarreront rapidement. C’est donc pour cela qu’il vaut mieux intervenir tôt. Et comme le binage se limite au travail de l’inter-rang, un herbicide sur le rang peut être nécessaire en complément. |
Pour en savoir plus, visionnez le replay du webinaire Terres Inovia consacré au sujet :
Contacts : Fanny Vuillemin, f.vuillemin@terresinovia.fr - Arnaud Micheneau, a.micheneau@terresinovia.fr - Franck Duroueix, f.duroueix@terresinovia.fr
Lire l'article dans le n° de septembre d'Arvalis & Terres Inovia infos : ici.
GRAMICOMBI
FranceAgriMer
3 470 000 €
60 mois Non National
Les enjeux
Lors de l’analyse d’impact réalisée au printemps 2023 sur la disparition potentielle de 75 substances actives, liste établie par le ministère de l’Agriculture, il s’est avéré que 70 concernaient au moins une grande culture et qu’un grand nombre étaient stratégiques. Aucune des grandes cultures n’échapperait à une situation difficile/critique de gestion de la flore adventice du fait de ce retrait massif, aucune rotation ne serait à l’abri d’un tel niveau d’interdiction. L’étude a montré que cela entraînerait une baisse de la diversité des cultures dans les exploitations. La gestion des adventices, en particulier des graminées à l’échelle des rotations, est apparue comme un enjeu prioritaire.
L’enjeu du projet est de mettre au point et évaluer la combinaison des leviers opérationnels directs et indirects de gestion intégrée des graminées dans les systèmes, et de déployer largement ces solutions à l’échelle de la ferme France tout en faisant face à d’éventuels retraits de substances.
Les objectifs
GRAMICOMBI a pour objectif d’évaluer et de déployer les leviers de gestion intégrée et leur combinaison, afin d’en démontrer l’intérêt, concourant ainsi à mieux anticiper d’éventuels retraits de substances.
Le premier objectif est de rendre plus efficientes les pratiques agricoles de lutte contre les graminées, en particulier les mesures prophylactiques et leur combinaison via la reconception de systèmes de culture.
Pour cela, les messages iront jusqu’à la position technique pour un conseil clair activant un maximum de leviers. Le deuxième objectif est de déployer à grande échelle les résultats de différents dispositifs d’acquisition de références et de démonstration mis en place en 2024 : des plateformes, des parcelles satellites et des réseaux de producteurs.
La trajectoire multi-performante de ces différents dispositifs sera évaluée sur 5 ans et toutes ces implantations serviront de support aux actions de transfert, pour une meilleure adoption des leviers dans les territoires.
Les résultats attendus
L’évaluation et le déploiement des leviers de gestion des graminées et leur combinaison est attendue, en vue de parvenir à maitriser ces adventices dans un contexte d’anticipation de retrait de nouvelles substances herbicides. Le projet produira notamment une synthèse de tous les leviers étudiés sous forme de fiches affichant des positions techniques avec l’analyse pluri-critères de chaque technique, des documents opérationnels de restitution des résultats et des trajectoires des systèmes de culture mis en place dans les divers dispositifs et les réseaux d’agriculteurs suivis, un OAD opérationnel de combinaison de leviers et enfin des articles, vidéos, journées techniques, modules de formation en e-learning et autres supports de communication. Les cibles principales sont les agriculteurs, les conseillers et l’enseignement agricole. In fine, on espère atteindre une meilleure gestion des graminées dans les territoires à l’échelle de la ferme France, plus efficace et plus durable.
Le rôle de Terres Inovia
Coordinateur
Terres Inovia anime le projet et coordonne les différents partenaires. L’institut est aussi acteur de toutes les actions du projet : synthèse et acquisition de références sur les mesures prophylactiques, combinaison de leviers et reconception de systèmes, mobilisation des réseaux pour la mise en œuvre de ces stratégies, outils de transfert et formation des acteurs sur la gestion intégrée des graminées. Au-delà de l’acquisition de références, Terres Inovia œuvrera activement avec les partenaires pour un transfert de ces techniques ambitieux avec des livrables beaucoup plus aboutis que l’existant, la mise en place de dispositifs de démonstration, la mobilisation de réseaux d’agriculteurs en intégrant tous les acteurs de la production et du conseil et une communication originale et concertée.
Vous avez une question ?
Contactez notre spécialiste qui répondra rapidement à votre demande.
Nos partenaires
- ARVALIS
- ITB
- Acta
- UNILET
- Inov3PT
- INRAE
- Centre Français du Riz
- La Coopération Agricole – Luzerne France
- Chambres d’agriculture France
- Fédération Nationale du Négoce
- Lycées agricoles (dont celui de Venours et de Quétigny)
- FDGEDA du Cher
- Agroscope
- FNAMS
- Francopia
- Chambres d'agriculture de Normandie
- Chambre d'agriculture de Bretagne
- Chambre d'agriculture de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres
- Chambre régionale d'agriculture Bourgogne-Franche-Comté
Ces projets pourraient vous intéresser
Voici d'autres projets abordant les mêmes thématiques.
Plan de sortie du phosmet
Stratégies alternatives opérationnelles au retrait du phosmet pour réduire les attaques et la nuisibilité des ravageurs d’automne du colza.
Ouverture Occitanie
Accompagner la transition agroécologique de 30 exploitations agricoles en Occitanie
-
Colza
Pois d'hiver
Tournesol
Pois de printemps
Soja
Féverole d'hiver
Féverole de printemps
Lentille
Pois chiche
Lin d'hiver
Lin de printemps
Lupin d'hiver
Lupin de printemps
Cameline
Chanvre
Ravageurs
Fertilité et gestion durable des sols
CONCERTO
Gestion agroécologique concertée des insectes ravageurs en grandes cultures
Myco-Risk
Création d’une grille de risque pour le Mycosphaerella du colza
Fanny Vuillemin - f.vuillemin@terresinovia.fr
Franck Duroueix - f.duroueix@terresinovia.fr
Le guide de culture soja 2025 est disponible pour accompagner producteurs et conseillers lors de la prochaine campagne
Terres Inovia a mis à jour son guide de culture soja. Ce nouveau support complet, qui accompagnera les producteurs, est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée*.
Le soja est un pourvoyeur de performances agronomiques pour l’exploitation. C’est un excellent précédent ; il est économe en intrants, en temps et en matériel ; il est adapté à de nombreux systèmes de culture dont l’agriculture biologique ; etc.
Le guide de culture soja 2025
Ce guide de culture permet de tout savoir sur l’itinéraire technique du soja, jusqu’à la conservation. L’ensemble des rubriques de l’ouvrage ont été actualisées, telle que la présentation des variétés évaluées dans le réseau Terres Inovia.
A noter, toutefois, que la rubrique « Couvert végétal avant soja » a été enrichie avec les dernières connaissances de l’institut sur le choix optimal des espèces, le mode d’implantation et de destruction des couverts… Parallèlement, une nouvelle version de l’outil Acacia a été développée pour aider les agriculteurs à constituer leur mélange.
Pour la partie « Désherbage », les modifications portent essentiellement sur deux produits à base de pendiméthaline, que sont le Prowl 400 et l’Atic-Aqua. La principale évolution porte sur leurs conditions d’application, puisqu’elles comportent une DVP de 20 mètres et une ZNT de 50 mètres.
Le guide de culture soja 2025 peut être téléchargé gratuitement par toute personne ayant créé son compte personnel sur le site internet de l’institut. Le guide en version imprimée est également gratuit, seule une participation aux frais de port est demandée. Il sera envoyé à partir du 02 juin 2025.
Documents à télécharger
Le désherbage du soja évolue avec l’autorisation à titre dérogatoire de l’ISARD
Autorisation de Mise sur le Marché
Suite à la demande portée par Terres Inovia, Unilet et Légumes de France le 10 février dernier, le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire a accordé le 23 avril, à titre dérogatoire, une autorisation de mise sur le marché 120 jours pour ISARD /SPECTRUM / ENCARIT (art53 – REG 1107/2009). Cette autorisation porte notamment sur la culture de soja du 22/04/2025 au 14/08/2025.
Cette dérogation s’inscrit dans le cadre du retrait du S-métolachlore dont le délai de grâce a pris fin au 23/07/2024 pour les dernières utilisations. Tandis que la gestion par voie racinaire des fortes pressions de graminées estivales, apparait aujourd’hui préférable en soja, aucune solution homologuée ne constitue une réelle alternative, alliant spectre d’efficacité et sélectivité au niveau du s-métolachlore.
ISARD bénéficie d’une AMM sur soja à la dose de 1.2 l/ha (recommandations d’usage de 0.7 à 0.9l/ha, voir ci-après)
|
ISARD est composé de dmta-P à 720 g/l, apportera une réponse efficace aux pressions de graminées en particulier estivales, voire en ray-grass de manière plus partielle, avec quelques bénéfices en dicotylédones, notamment chénopodes, morelles ou encore laiterons. Les recommandations d’usage varient selon les situations, de 0.9 l/ha en utilisation seule et/ou forte pression graminées, à 0.7 l/ha en pression faible à modérée, ou utilisation associée à une autre solution de pré-levée. |
Il est accompagné des mentions :
- Protection des organismes aquatiques
Spe3 - Pour protéger les organismes aquatiques, respecter une zone non traitée de 20 mètres par rapport aux points d'eau.
- Protection des arthropodes et des plantes non cibles
Spe3 - Pour protéger les plantes non ciblées, respectez une zone tampon non traitée de 5 mètres par rapport à la zone non cultivée adjacente.
- Protection de l’eau et de l’environnement
Spe1 - Pour protéger les eaux souterraines, ne pas appliquer ce produit
ou tout autre produit contenant du diméthénamide-P plus d’une fois tous les 2 ans sur la même parcelle.
Spe1 - Pour protéger les eaux souterraines, ne pas utiliser sur une parcelle située dans le périmètre de protection d’un captage pour l’alimentation en eau potable.
Cette dernière restriction sur les périmètres, mise en place par le Ministère est inhabituelle dans les AMM et s’applique aux captages de prélèvements en eaux souterraines. Elle concerne les périmètres de captage en eaux souterraines dans leur différents niveaux (immédiat, rapproché et éloigné) qui représentent en général des surfaces restreintes (sauf certains périmètres en zones karstiques). Cette restriction ne présage pas du contenu des futurs renouvellements d’AMM ou des AMM par extension (ex : tournesol et soja) toujours en attente (ANSES). L’information sur ces périmètres de captage de prélèvement d’eau souterraine
est à rechercher auprès des Chambres départementales d’Agriculture ou des DRAAF-SRAL.
Alternatives à l’Isard dans les périmètres prioritaires de captage en :
L’usage de l’Isard n’est pas permis dans ces situations, ce qui complexifie indéniablement la gestion des graminées. Par conséquent, les alternatives envisageables sont :
- Successor 600 à base de péthoxamide, 1,5 à 2 l/ha. Performante en sétaire et digitaire, cette solution reste en retrait sur panic.
- Les solutions à base de pendiméthaline telles que Atic-Aqua, Prowl. Face au risque de manque de sélectivité en sols filtrant, bien tenir des recommandations de doses.
- Les anti-graminées foliaires (Stratos Ultra, Agil, Fusilade Max, etc.). Afin d’éviter tout risque d’antagonisme, il est préférable de dissocier l’application de Pulsar et d’antigraminées foliaire avec un intervalle d’une semaine (Pulsar ou Corum puis antigraminées foliaire).
Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr)
Ingénieur de Développement. Lutte contre la flore adventice. - Responsable herbicides
Désherbage de la lentille : Dérogation 120 jours NIRVANA S
La demande de dérogation 120 jours (art53 REG 1107/2009) déposée le 27 janvier 2025 par Terres Univia et Terres Inovia au niveau des services du ministère de l’Agriculture a reçu un avis positif.
La spécialité commerciale NIRVANA S bénéficie donc d’un usage dérogatoire pour la campagne 2025 (du 15 mars au 13 juillet 2025) pour la lentille au sein de l’usage légumineuses potagères (sèches)*désherbage.
NIRVANA S est alors homologué pour une utilisation en 2 (prélevée puis postlevée) ou 3 applications (prélevée puis postlevée fractionnée en deux applications) à la dose maximale de 2.2 l/ha en cumulé. Le stade maximal d’application est BBCH 16 (6 feuilles) et le délai avant récolte (DAR) de 63 jours. Nous recommandons de ne pas dépasser la dose de postlevée de 0.5 l/ha et de fractionner l’application en post levée en 2 applications de 0.25 l/ha.
Attention : Contrairement aux conditions d’emploi en prélevée stricte de la spécialité, la DGAL stipule dans le cadre de cette dérogation :
- une ZNT de 20 m accompagné d’une DVP de 20 m
- une ZNT arthropodes et plantes non-cibles : 5m
- une Distance Sécurité Riverains : 5m
- de ne pas appliquer ce produit sur sols artificiellement drainés ayant une teneur en argile supérieure ou égale à 45%
Les autres conditions sont identiques.
Chaque bassin de production ayant des problématiques spécifiques, nous vous recommandons fortement de vous rapprocher de votre opérateur de terrain habituel avant toute intervention sur votre culture.
Des risques éventuels de tassement/décoloration en végétation ne sont pas exclure et l’utilisation de NIRVANA S se raisonne sur une priorité d’infestation de type ortie royale ou renouée liseron en forte pression. Cet usage ayant été obtenu à la demande de Terres Univia et Terres Inovia pour lever des impasses techniques, la firme décline toute responsabilité sur ces éventuels risques de sélectivité.
Appliquer NIRVANA S, seul (associations non conseillées) en post levée sur une végétation sèche et en bon état végétatif (absence de stress hydrique, de carences). L’application sera efficace sur de jeunes adventices, 2-3 feuilles maximum.
Pour rappel, sont autorisés sur lentille en post-levée :
- CHALLENGE 600 : autorisé en postlevée à 1 l/ha/an (la dose totale prélevée + postlevée doit être de 4 l/ha maximum) - application entre le stade 4 et 7 feuilles. Fractionnable en 2 applications maximum de 0,5 l/ha par application.
- LENTAGRAN : autorisé à 2 kg/ha/an (dose pleine non recommandée du fait de manques de sélectivité) – application en post levée jusqu’au stade BBCH 33 (formation du 3ème entre-nœuds), fractionnable en 2 applications.
- Conseil : 2 applications à 0,5 kg/ha par application à 8-10 jours d’intervalle. Mélange possible avec CHALLENGE 600 à 0.5 l/ha.
- Attention, des manques de sélectivité peuvent parfois survenir selon les conditions d’application et de croissance des lentilles.
- NIRVANA S : autorisé en postlevée à 0.5 l/ha. Respecter un cumul maximum pré levée + post levée de 2 l/ha/an - application entre le stade 2 et 6 feuilles. Fractionnable en 2 ou 3 applications (pré-levée incluse).
- Conseil : 2 applications de 0,25 l/ha par application à 8-10 jours d’intervalle.
- CORUM : fortement déconseillé à cause du manque de sélectivité sur lentille.
Franck Duroueix - Responsable Protection intégrée des cultures Intrants & Biocontrôle - f.duroueix@terresinovia.fr
Gwenola Riquet - Responsable fongicides et biocontrôle - Désherbage des légumineuses à graines - g.riquet@terresinovia.fr
Zoé Le Bihan - Ingénieur de développement - Référente nationale lentille et lin oléagineux - z.lebihan@terresinovia.fr