Le rendement du pois d’hiver
Un rendement en pois de 45 à 60 q/ha
Le rendement du pois est de 45 q/ha en moyenne française sur ces dernières années. Les seuils de rentabilité varient selon les régions : de 35-40 q/ha dans les terres superficielles du Sud-Ouest à 50-55 q/ha dans les limons profonds du Bassin parisien, soit 10-15 q/ha au-dessus du rendement local du colza.
Certaines variétés, comme ENDURO, peuvent même atteindre ou dépasser 60 q/ha dans les secteurs les plus favorables.
Élaboration du rendement
Une même densité quel que soit le taux de ramification
Les essais densité ont montré que l’optimum économique est le même, que les variétés ramifient peu ou beaucoup. Il est donc inutile d’augmenter la densité de semis pour les variétés qui ramifient peu. En revanche, à faible densité de peuplement (< 50 plantes/m²) les variétés qui ramifient le plus sont les moins pénalisées.
Exemple: le taux de ramifications est généralement plus élevé qu’en pois de printemps, notamment pour les variétés comme JAMES ou GANGSTER.
Durée de floraison
La durée de la floraison dépend en grande partie de l’alimentation en eau de la culture.
- en cas de bonne alimentation en eau (sol profond et temps assez pluvieux) : 8 étages sur 9-10 en fleurs portent effectivement des gousses ;
- en situation de stress hydrique important : sur 5 étages de fleurs, seulement 4 peuvent porter des gousses.
Poids de 1000 graines
En pois, pour une même variété, le PMG (Poids de 1000 graines) varie peu, sauf dans les situations extrêmement sèches où il peut être assez fortement réduit ou en cas de forte pression ascochytose en fin de cycle. Le rendement dépend donc essentiellement du nombre de graines formées.
Composantes optimales pour un bon rendement
Exemple avec la variété ENDURO
- Objectif de rendement : 60 q/ha
- PMG récolte : 200 g
- Nombre de graines récoltées : 3000 graines/m²
- Nombre de plantes/m² : 70
- Nombre d’étages fructifères : 6 à 9
| Le PMG des pois d’hiver est nettement plus faible que celui des pois de printemps. Il est compris entre 170 et 200 g selon les variétés. La production de pois d’hiver en nombre de graines/m² doit donc être supérieure à celle du pois de printemps pour obtenir le même rendement (q/ha). |
Les atouts du pois
Le pois s’intègre aisément dans les rotations céréalières
- Il est le plus souvent cultivé avant un blé, mais il peut être aussi associé au semis à d’autres cultures sur la même parcelle (pois d’hiver et blé, ou pois et triticale)
- Il facilite l’implantation sans labour de la culture suivante car il laisse un sol bien structuré, du fait des pailles peu abondantes, d’une récolte précoce (pendant l’été), d’un système pivotant et d’une activation de la vie biologique des sols.
- Le pois d’hiver peut faciliter le calendrier de travail car les périodes de son semis et de sa récolte sont décalées par rapport par rapport au blé, au colza et aux principales cultures de printemps ou d’été.
Gousses de pois
Il apporte des bénéfices au système de culture
- Le pois est l’un des meilleurs précédents du blé et du colza. Un blé tendre après un pois produit 6 à 12 q/ha de plus qu’un blé de céréale (7,4q/ha en moyenne). Un colza après pois produit entre 0,5 et 3 q/ha de plus qu’un colza après paille (données d’essais sur 3 campagnes).
- En faisant évoluer la composition des rotations à forte proportion de céréales ou de celles de type colza-blé-orge, le pois favorise la régulation des maladies des cultures dominantes (coupure des cycles des bio-agresseurs).
- Le pois aide au contrôle des adventices à l’échelle de la rotation cultureale, car il permet notamment de diversifier les substances actives utilisées et les dates de semis des cultures.
- Les légumineuses comme le pois sont capables de prélever l’azote de l’air grâce aux bactéries symbiotiques des nodosités de leurs racines. Elles ne demandent donc pas d’apport d’engrais azote. Les doses optimales d’azote sont, en outre, à réduire sur les cultures suivantes, soit de -20 à -60 kg/ha d'azote, selon les situations, sur les céréales à pailles ou le colza, pour un rendement similaire ou amélioré par rapport à un précédent de non-légumineuse.
Son intérêt économique se révèle à l’échelle de la rotation
L’intérêt économique du pois se perçoit à l’échelle de la rotation en intégrant les effets de précédent : une économie d’apport d’azote sur la culture suivante, un gain de rendement du blé suivant par rapport à un blé de paille, une possible réduction des phytosanitaires, et, à terme, une meilleure robustesse et productivité des cultures (efficience azotée voire activité biologique des sols). En tant que protéagineux, il bénéficie d’une aide couplée.
Exemples de marges indicatives comparées à l’échelle de la rotation
| Marge brute indicative* (€/ha/an) | |||||||
| Potentiel de sol élevé | Rotation de référence | 3 ans | Colza | Blé tendre | Blé tendre | / | Sur la rotation |
| 842 | 973 | 742 | 819 | ||||
| Rotation avec pois d'hiver | 4 ans | Colza | Blé tendre | Pois d'hiver | Blé tendre | Sur la rotation | |
| Avec prix de vente du pois = 195 €/t | 842 | 873 | 627 | 930 | 818 | ||
| Avec prix de vente du pois = 222 €/t** | 842 | 873 | 748 | 930 | 848 | ||
| Potentiel de sol limité | Rotation de référence | 3 ans | Colza | Blé tendre | Blé tendre | / | Sur la rotation |
| 531 | 617 | 486 | 545 | ||||
| Rotation avec pois d'hiver | 4 ans | Colza | Blé tendre | Pois d'hiver | Blé tendre | Sur la rotation | |
| Avec prix de vente du pois = 195 €/t | 531 | 617 | 515 | 674 | 584 | ||
| Avec prix de vente du pois = 222 €/t** | 531 | 617 | 615 | 674 | 609 | ||
* marge brute = produit brut - charges opérationnelles (+ aide découplée pour le pois à 100 €/ha)
** prix moyen de vente du pois dans l'observatoire des résultats économiques à la production 2006-2016 ; départements n° 10, 14, 27, 76 et 89
Sources : projection de marges 2019 du CER Nord Est Ile de France ; observatoires et expertises de Terres Inovia
Hypothèse concernant le blé de pois Vs blé de blé : + 7,4 q/ha à 160 €/t ; - 40 kg Nmin/ha à 1 €/unité ; - 30 €/ha de désherbage
Des débouchés en alimentation animale et humaine
Le débouché principal du pois protéagineux cultivé en France est l’alimentation animale (environ 50 % au cours des dernières campagnes). Les débouchés en alimentation humaine et comme ingrédient sont en pleine croissance depuis quinze ans : le pois jaune est utilisé par l’industrie française des ingrédients agroalimentaires et non alimentaires, ou exporté vers l’Inde pour l’alimentation humaine ; le pois vert est destiné à la casserie ; le pois marbré à l’oisellerie. Ces débouchés sont mieux valorisés en termes de prix de vente que le débouché alimentation animale. Quant aux pailles de pois, elles sont reconnues pour leur valeur fourragère ou utilisées pour la litière (bovins allaitants, animaux à croissance lente).
Soja de France : une charte pour valoriser les graines made in France non OGM
Pour valoriser les graines de soja produites sur l’hexagone, une charte a été élaborée par Terres Univia, l’interprofession des huiles et des protéines végétales. Objectif : garantir la qualité de la production d’un soja français non OGM, tracé et durable. Explications.
Le soja est une culture pleine de promesses. Ces dernières années, ces surfaces ont fortement progressé en France, passant de 76 000 à 154 000 entre 2014 et 2018. L’hexagone est, en effet, le deuxième pays producteur de cette culture dans l’Union Européenne, avec 410 000 tonnes produites en 2017, derrière l’Italie (978 000 tonnes).
Le tourteau de soja, première source en protéines concentrées
Le potentiel du soja n’a pas encore complétement été exploité. En alimentation animale, le tourteau de soja constitue la première source de protéines concentrées, en particulier pour les volailles En France, plus de 3,5 millions de tonnes de tourteaux de soja sont consommés par an, dont 450 000 tonnes de tourteaux de soja non OGM pour des filières animales sous cahier des charges. Mais une grande majorité de ces tourteaux est importée. Or, l’import non OGM pourrait être substituée par la culture française de plus de 200 000 ha de soja. L’enjeu d’une démarche de certification de graines de soja de qualité et non OGM est donc de taille. Du côté de l’alimentation humaine, on note une croissance continue des débouchés soyfoods (tofu pour les plats traiteurs notamment) et un développement possible à l’export.
Des premières graines certifiées depuis fin 2018
Pour valoriser les atouts et la qualité de la filière du soja français, la Charte Soja France a été créée par l’interprofession des huiles et des protéines végétales en 2018. Elle a été élaborée avec les semenciers, agriculteurs, collecteurs de graines, premiers transformateurs et utilisateurs industriels de la filière française du soja.
Lancée en 2018, cette démarche de certification en filière repose sur quatre engagements : des graines et des produits issus du soja d’origine France, non OGM, tracés et durables. Elle engage les trois maillons de la filière : la production de graines, la collecte et la première transformation.
Les producteurs de soja se sont engagés, dès novembre 2018, à produire les premiers lots de graines certifiés Charte Soja de France. Les garanties de traçabilité et du caractère non OGM seront facilitées par l’utilisation de semences certifiées françaises. Dans le cas d’un recours aux graines de ferme -pour lequel le producteur s’engage à déclarer la surface implantée auprès de la SICASOV et payer une redevance de 15€/ha-, le contrôle non OGM via l’analyse PCR sera demandé. Les engagements de durabilité reposent notamment sur le respect des bonnes pratiques techniques, sanitaires, environnementales et sociales à toutes les étapes de la filière. La traçabilité est, elle, garantie par de nombreux engagements, et notamment par la ségrégation des lots.
Le soja français a tout bon !
Le soja français a tout bon ! Il est important de rappeler qu’il est non-OGM, car sur le territoire français, la culture d'OGM est interdite. Comme nous savons que de nombreuses interrogations se posent autour de cette culture, il nous a paru essentiel d’y répondre. De l’agriculteur jusqu’aux produits alimentaires, chaque acteur met tout en œuvre pour garantir un soja de qualité, bon pour les Hommes, nos animaux et l’environnement. Rencontrez Didier Gorse, producteur du Sud-Ouest, Xavier Grosjean, éleveur de vaches montbéliardes, et tous les acteurs qui transforment le soja français en tourteaux, tofu, jus, desserts, plats cuisinés... Chacun a voulu témoigner de son travail et mettre en avant les savoir-faire français au service d’une alimentation de qualité.
Terres Oléopro, juin 2018
Les atouts économiques du tournesol
Un retour rapide sur investissement avec des charges opérationnelles limitées
Plante à cycle court, le tournesol mobilise une trésorerie limitée grâce à des charges opérationnelles, le plus souvent comprises entre 300 et 450 €/ha, inférieures à d’autres grandes cultures (voir le graphe ci-dessous) et sur une courte durée de l’ordre de six mois (avril à septembre). Ainsi, dans le cas d’une commercialisation par [acompte + complément de prix], le paiement des acomptes intervient le plus souvent assez tôt après la récolte.
Des charges opérationnelles maîtrisées et peu volatiles
Parmi les charges opérationnelles, le poste fertilisation minérale est celui soumis à la plus grande volatilité interannuelle à cause notamment du prix d’achat des engrais. Les besoins relativement limités en engrais azotés du tournesol (entre 0 et 80 unités) par rapport à d’autres espèces ont pour conséquence une variabilité interannuelle plus faible des charges opérationnelles que d’autres grandes cultures (voir graphe ci-dessus). C’est un facteur de stabilité des marges et indirectement du revenu agricole.
Des débouchés variés et assurés
Matière première agricole faisant partie des principaux oléagineux cultivés dans le monde, le tournesol, source d’huile et de protéines, bénéficie de débouchés variés et assurés.
En conduite sèche, une culture robuste et compétitive
Le tournesol valorise des milieux variés allant des sols superficiels à profonds. Des essais de comparaison de cultures d’été en conduite sèche (pluviale) dans le Sud-Ouest ont montré que cette espèce amortit particulièrement bien les aléas du climat (années sèches) et du prix au niveau de la marge de la culture et permet de dégager des marges intéressantes. C’est un atout certain dans le contexte du changement climatique en cours.
En conduite irriguée, une culture valorisant des apports d’eau limités
Par ailleurs cette culture valorise très bien des apports limités d’eau d’irrigation (≤ 100 mm) tout particulièrement dans les sols intermédiaires et superficiels.
Une culture avec de gros atouts pour allier performance économique et utilisation réduite d’intrants phytosanitaires
Le tournesol présente de nombreux atouts pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires tout en maintenant voire en améliorant sa performance économique :
- La génétique permet de gérer une partie importante des maladies et parasites, la lutte fongicide arrivant en complément (phomopsis, phoma).
- Le désherbage mixte montre de très bons résultats sur cette espèce en particulier : l’association herbisemis (désherbage localisé sur le rang lors du semis) puis binage : voir le tableau ci-dessous ; le désherbage en plein associé à un à deux passage(s) de herse étrille (1er dans les trois jours après le semis pouvant être complété par un second autour de 4 feuilles) qui permet de gagner 15 à 25 points d’efficacité par rapport à un désherbage en plein seul.
| Traitement herbicide de prélevée en plein (référence) | Traitement de prélevée localisé (herbisemis) puis binage | Traitement en plein à dose réduite puis binage | Binage(s) seul(s) | |
| Efficacité moyenne du désherbage (% de destruction des adventices) | 79% | 82% | 83% | 67% |
| Coût total (main d'oeuvre, mécanisation et herbicide) en €/ha | 89 | 63 | 84 | 24 |
| Temps passé (min/ha) | 10 | 27 | 37 | 27 |
Source : essais de Terres Inovia sur désherbage mixte en tournesol (2010 à 2012)
Une culture rentable avec des marges de progrès (Culturales 2018)
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Irriguer le tournesol : un intérêt accru dans les sols superficiels et intermédiaires
Une culture très tolérante aux conditions sèches…
Si la structure du sol n’entrave pas sa croissance racinaire, le tournesol est capable d'exploiter les horizons les plus profonds (jusqu’à 2 m) et d'extraire une plus grande quantité d’eau disponible du sol que d’autres cultures. Au niveau technico-économique, c’est une culture robuste, relativement à d’autres cultures d’été conduites en sec, amortissant particulièrement bien les aléas climatiques.
… et valorisant de quantités limitées d’eau d’irrigation
Le tournesol est également une plante qui répond bien à une irrigation modérée en quantité, surtout si sa croissance végétative est limitée avant la floraison. L’eau d’irrigation est particulièrement bien valorisée entre le tout début floraison et la fin du remplissage des graines, lorsque la réserve en eau du sol est en phase d’épuisement. Les besoins en eau d’irrigation du tournesol sont le plus souvent inférieurs à 100 mm (1000 m³/ha).
L’irrigation du tournesol est la mieux valorisée dans les sols superficiels et intermédiaires. Les essais et les observations en culture ont montré un gain moyen de l’ordre + 1.2 à + 1.4 q/ha par tranche de 10 mm d’apport dans les sols superficiels (RU ≈ 80 mm), + 0.8 à + 1 q/ha dans les sols intermédiaires (RU ≈ 130 mm) et de + 0.5 q/ha dans les sols profonds (Réserve utile ≈ 180 mm).
Deux apports d’eau, l’un avant et l’autre après la floraison : une stratégie gagnante
Comme l’illustrent notamment des essais conduits dans des sols filtrants de Rhône-Alpes, deux tours d’eau, positionnés avant et après la floraison, constituent la solution optimale pour augmenter le rendement avec un volume d’eau limité (80mm).
Dans ce contexte de disponibilité en eau restreinte, une seule irrigation de 40mm fin floraison apporte déjà un gain de rendement de 5q/ha par rapport à une conduite sans irrigation. Le positionnement de cet apport unique à fin floraison, par rapport à la préfloraison, permet d’augmenter à la fois le rendement et la teneur en huile (+ 4 points).
A noter que l’irrigation n’a aucun effet sur la teneur en acide oléique du tournesol.
Résultats essai CREAS/TERRES INOVIA 2006
Contexte : stress hydrique précoce et prolongé en sol superficiel
Des marges améliorées
Au niveau économique (marge intégrant les coûts de l’eau d’irrigation), le tournesol irrigué en culture principale est bien positionné relativement à d’autres espèces irriguées de printemps (pois) ou d’été (soja, sorgho, maïs) dans les sols superficiels voire intermédiaires selon le contexte de prix de vente des graines et de coût d’achat de l’eau, toutes les espèces étant irriguées avec des mêmes volumes restreints (1 à 3 tours d’eau avec un volume total inférieur ou égal à 100 mm). Toujours en relatif, l’irrigation du tournesol est moins bien valorisée dans les sols profonds où des espèces plus exigeantes en eau, comme le soja ou le maïs, se positionnent mieux au niveau économique.
La simulation économique présentée ci-dessous illustre l’intérêt de l’irrigation du tournesol dans les sols superficiels : dans ce contexte défini, le tournesol irrigué fait partie des cultures d’été à meilleure marge en conduite irriguée et volumes restreints.
Hypothèses retenues
Avec les hypothèses retenues, les gains de marge permis par l’irrigation du tournesol, pour un coût total de l’eau à 0.30 €/m³, sont compris entre +150 et +200 €/ha dans les sols superficiels pour 100 mm de dose totale. Ce gain n’intègre par l’effet de l’augmentation de teneur en huile sur le prix de vente des graines, effet le plus souvent valorisé à l’échelle de l’organisme de collecte.
Les coûts de l’eau sont très variables selon le contexte de chaque exploitation agricole irrigable (selon l’origine de l’eau, les modes de pompage et d’aspersion, l’amortissement plus ou moins avancés des équipements, etc.). De même, les prix de vente du tournesol et des autres cultures peuvent fortement différer d’une campagne à l’autre. Ainsi selon votre contexte de production, les gains de marge à attendre grâce à l’irrigation du tournesol sont très variables : voir les deux tableaux suivants (sols superficiel et sol intermédiaire).
Irrigation indispensable pour le tournesol en double culture
Dans le Sud de la France, le tournesol peut être cultivé en double culture (ou culture dérobée), juste après une orge précoce par exemple. Dans ce cas, l’irrigation est indispensable pour assurer une levée rapide dès fin juin – début juillet et accompagner la culture dans un contexte où la réserve en eau du sol est fortement entamée après la culture d’hiver.
L’irrigation du tournesol peut être très rentable pour l'exploitation !1. Lorsque la ressource en eau est limitée Mettre du tournesol dans l’assolement présente un intérêt pour les exploitations avec irrigation où les quantités d’eau disponibles ne permettent pas d’irriguer à l’optimal, sur toute la surface, les autres cultures, en particulier les plus exigeantes en eau. 2. Lorsque l’interdiction d’irrigation est précoce Les exploitations soumises à des arrêts précoces d’irrigation (début à mi-août) peuvent trouver avec l’irrigation du tournesol un moyen de valoriser l’eau à l’époque où elle est encore disponible. 3. Tout particulièrement dans les sols superficiels et intermédiaires |
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Les débouchés diversifiés du tournesol
La graine de tournesol est valorisée à la fois comme source d’huile et de protéines.
Deux principaux types de tournesols sont cultivés en France : le tournesol linoléique (ou « classique ») et le tournesol oléique. En complément, il existe des marchés « de niche », avec des volumes limités : tournesol oisellerie, le plus souvent sous contrat de production, avec une utilisation en graine entière ; tournesol décortiqué comme ingrédient alimentaire (boulangerie, salades, …).
Des huiles variées
Des tourteaux plus segmentés pour répondre aux demandes de l’aval
Les tourteaux de tournesol constituent une source importante de protéines qui contribue à réduire le déficit protéique de la France (47% en 2016-2017) et de l’Union Européenne (65% en 2016-2017). Deux principaux types de tourteau de tournesol sont aujourd’hui produits en France :
Les tourteaux dits « pailleux » ou « low pro », obtenus à partir de la trituration de graines entières, ont une richesse en protéines le plus souvent inférieure à 30 % sur matière sèche. Ils sont notamment appréciés pour l’alimentation des bovins viande.
Les tourteaux décortiqués obtenus après trituration de graines décortiquées. Le décorticage consiste à enlever de façon plus ou moins poussée l’enveloppe (coque) des graines. Les tourteaux ainsi obtenus sont plus riches en protéines. Parmi eux, les « high pro » dépassent 35% de protéines sur matière sèche. Récemment développés (usines de trituration de Bassens - 33 - et de Lezoux - 63), ils sont majoritairement valorisés pour l’alimentation des volailles. Les coques sont brûlées pour produire de la vapeur dans une chaudière à biomasse, contribuant à améliorer le bilan énergétique de la trituration. Ces coques peuvent être aussi valorisées en alimentation animale, notamment pour lapins.
Identifier la bonne parcelle pour le pois chiche
Le pois chiche est une culture méditerranéenne qui appréciera les sols filtrants avec un bon pouvoir de réchauffement au printemps. Veiller à éviter toutes parcelles hydromorphes, la culture étant très sensible aux excès d’eau. Ce phénomène pénalise la levée et accentue fortement les pertes de pieds.
Le pH de la parcelle est un critère important qui influera la mise en place de la symbiose et des nodosités. Le Mesorhizobium est, à priori, présent dans les sols à pH alcalin (>7) du sud de la France.
Parcelle de pois chiche
Les limons froids, battant et/ou acide sont donc à éviter. De même, prudence dans les sols profonds et riches qui auront tendances à favoriser un développement végétatif exubérant. Cela accentuera le risque de verse, même si la culture y est généralement peu sensible.
Pour éviter tous risques de maladies (fusarioses, ascochytose), ne pas implanter de pois chiche sur une même parcelle avant une période d’au moins cinq à six ans.
Enfin, la valorisation de cette espèce est destinée à l’alimentation humaine. On évitera donc les parcelles où la présence de morelle, xanthium ou datura est avérée, au risque de voir sa culture déclassée.
A retenirPrivilégier les parcelles sans flore difficile, à réserve utile moyenne à superficielle, non hydromorphes, bien exposées et avec un pH compris entre 7 et 9. Les argilo-calcaires sont par exemple des sols propices à la culture. Rotation d’au moins 5 à 6 ans. |
Le tournesol, une ressource clé pour les insectes pollinisateurs
Fournissant du pollen et du nectar, le tournesol est une espèce visitée par les insectes floricoles. Parmi ceux-ci, l’abeille domestique Apis mellifera L. est l’espèce la plus fréquente et également le principal agent pollinisateur.
L’importance du service de pollinisation rendu par les abeilles est cependant très variable et majoritairement sous la dépendance du niveau d’autofertilité des variétés considérées.
Abeille domestique sur capitule de tournesol
En zones de grandes cultures, le tournesol, culture à floraison de masse procure une ressource abondante au cœur de l’été, une période relativement creuse du point de vue des apports alimentaires nécessaires aux abeilles. Cependant, sa floraison est relativement courte : entre deux et trois semaines selon les conditions climatiques. A l’instar du colza, c’est une ressource clé pour l’apiculture professionnelle qui a favorisé son développement dans les années 80 : en 2019, le miel de tournesol représente 8% des 21636 tonnes de miel produites en France, (Source : Observatoire de la production de miel et gelée royale FranceAgriMer 2020).
Comme cela a été démontré chez d’autres espèces, l’attractivité du tournesol vis-à-vis des abeilles est sous la dépendance conjointe de facteurs génétiques en lien avec la production de nectar et de pollen et le niveau d’accessibilité de ces ressources pour les insectes et aussi de facteurs environnementaux (températures, hygrométrie, alimentation hydrique des plantes). Les stress thermiques et hydriques susceptibles d’intervenir au moment de la floraison peuvent de ce fait interrompre brutalement la fourniture de ressources et réduire considérablement le nombre de jours utiles à la collecte de nectar à l’échelle d’un territoire.
Les caractéristiques et les atouts du pois chiche
Une espèce, trois types de graines
Le pois chiche est une plante annuelle à cycle court (6 à 7 mois), à feuilles composées et aux fleurs blanches ou roses pourpres. C’est une espèce autogame quasi stricte et ses gousses peuvent contenir 1 à 3 graines.
Sa croissance est de type indéterminé, interrompue en général par les conditions sèches en fin de cycle. En situation fraiche et plus humide, ce caractère marqué peut être un obstacle à la maturité et à la récolte.
Les fleurs sont sensibles aux températures fraîches (moyennes inférieures à 15°C), qui entraînent des coulures et une mauvaise nouaison (gousses sans graines).
Le potentiel de rendement moyen actuel est compris entre 15 et 30 q/ha en mode de production conventionnel.
| Type | Production sur le territoire français | Graines | ||
| Taille | Couleur | Aspect | ||
| Kalubi | oui, majoritaire | moyenne à grande | blanc-crème | peu ridé |
| Desi | oui | assez petite | variées(noir, vert,marron,beige | ridé |
| Gulabi | non | assez petite | blanc-crème | lisse |
Les atouts du pois chiche
Comme l’ensemble des légumineuses à graines tel que le pois protéagineux ou la féverole, le pois chiche est capable de fixer l’azote atmosphérique (si associé à son rhizobium spécifique) et ne nécessite pas d’apport d’engrais azoté.
Adaptée au climat méditerranéen, la culture peut supporter des stress hydriques relativement importants sans impact sur son potentiel de rendement.
La teneur en protéines du pois chiche varie de 17 à 23 %. Sa graine, bien pourvue en lysine, contient 5 à 6 % de matières grasses, sensiblement plus que toutes les autres légumineuses à graines riches en amidon.
Le débouché exclusif du pois chiche est l’alimentation humaine.
Composition moyenne d'une graine de pois chiche cuite
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