Les atouts du colza
Une coupure dans le cycle des maladies des céréales
Les maladies du pied sont la principale cause des baisses de rendement observées dans les monocultures céréalières.
Le piétin verse, les fusarioses et surtout le piétin échaudage sont largement favorisés par les rotations céréalières courtes.
Les effets bénéfiques du colza dans les rotations céréalières ne peuvent s’expliquer par le seul effet de « coupure ». La décomposition des résidus de culture de colza, riches en glucosinolates, entraîne la production de composés toxiques pour de nombreux pathogènes, dont des champignons conservés dans le sol.
Effet de la rotation sur les maladies du blé
| Maladie | Blé assolé | Blé de blé |
| Piétin échaudage | ++ | -- |
| Piétin verse | + | - |
| Fusariose | + | - |
| Rhizoctone | + | - |
| Rouille | + | + |
| Helminthosporiose | + | - |
| Septoriose | + | - |
| Oïdium | + | + |
| Fusariose sur épi | + | - |
++ : défavorise la maladie ; + : défavorise légèrement la maladie ; - favorise la maladie ; - - : favorise fortement la maladie
Source : Arvalis-Institut du végétal
Un risque mycotoxines maîtrisé pour le blé qui suit
Les références sur le risque mycotoxines en céréales montrent que le colza est l’un des précédents, avec le pois, qui permet le mieux de s’affranchir du risque DON. Ceci est vrai quelles que soient les pratiques culturales, y compris en non labour (pour en savoir, lire la fiche en bas de cet article).
Le colza améliore l’état organique des sols
Le colza dans la rotation contribue à améliorer la teneur en matière organique du sol (composée d’environ 50% de carbone). La matière organique, essentielle à la fertilité, contribue à fournir de l’azote (suite à sa minéralisation), à améliorer la stabilité structurale (moindre sensibilité à la battance, à l’érosion et aux tassements), à augmenter la capacité de stockage de l’eau et des éléments minéraux (amélioration de la capacité d’échange cationique ou CEC).
La restitution de carbone humifié par les résidus de culture du colza est nettement supérieure à celle des autres cultures. L’utilisation de couverts associés au colza ou d’interculture longue (avant les cultures de printemps) peuvent également contribuer de manière significative aux teneurs en matière organique des sols.
Source : d’après Agro-Transfert RT, Projet SOLéBIOM (AAP Genesys PIVERT)
Le colza pompe à nitrate
Un colza semé tôt peut mobiliser des quantités importantes d’azote à l’automne et durant l’hiver, c’est-à-dire pendant la période où les pertes de nitrates par lessivage sont les plus sensibles.
L’azote absorbé par le colza à l’automne est à prendre en compte dans le calcul de la fertilisation azotée de printemps. On fait ainsi d’une pierre deux coups : l’environnement est protégé tout en réalisant des économies.
Les repousses de colza sont une CIPAN efficace dans les zones vulnérables. Leur maintien en été permet d’absorber une bonne partie de l’azote minéral présent dans le sol et de réduire fortement le risque de lessivage hivernal sous la céréale qui suit.
Une floraison mellifère
Le colza est une plante mellifère visitée par de nombreux insectes pollinisateurs dont les abeilles domestiques font partie. La sécrétion abondante de nectar et la production d’un pollen de qualité en font une ressource incontournable pour ces insectes.
Dans beaucoup de régions agricoles, la culture du colza est la première grande ressource florale disponible pour les colonies d’abeilles domestiques en sortie d’hivernage ; elle représente un support substantiel à l’activité apicole.
Une protection contre l’érosion
L’érosion peut se traduire par la perte de plusieurs tonnes de terre par hectare et par an. En couvrant le sol 9 à 11 mois sur 12, notamment à l’automne, le colza réduit très sensiblement les risques d’érosion.
Documents à télécharger
Les rendez-vous du colza
Les rendez-vous de la culture
Connaître le chanvre
Présentation
Originaire d’Asie centrale, le chanvre, Cannabis sativa L. vulgaris est une plante de la famille des Cannabacées. Il est voisin de l’ortie et du houblon. Il se distingue de son cousin Cannabis sativa L. indica, interdit en France, par son taux de THC (Δ9 – tétrahydrocannabinol). Le chanvre est soumis à la réglementation française et européenne (harmonisées depuis 2004), autorisant dans l’Union européenne uniquement les variétés ayant moins de 0,2 % de THC. Les semences utilisées doivent donc être obligatoirement certifiées et inscrites au catalogue européen.
Semée en avril-mai et récoltée de fin août à octobre, cette culture de printemps à une croissance rapide. Elle atteint en moyenne 3 à 4m de haut. Le chanvre dispose d'un système radiculaire très développé autour d'une racine pivotante. Sa tige, rarement ramifiée, creuse et cannelée, a un diamètre moyen de 1 à 3 cm. Toutefois, les caractéristiques morphologiques (hauteur, diamètre, ramification) sont très dépendantes de l'espèce, de la densité du semis et des conditions environnementales. Comme elle ne nécessite aucun traitement fongicide, insecticide et herbicide au champ, l'implantation et la récolte constituent les deux seules interventions du producteur.
La tige du chanvre
La tige porte des feuilles pétiolées composées de folioles lancéolées inégales, et disposées en opposition tous les 10 à 30 cm. Cette disposition des feuilles évolue vers un mode alterné en début de floraison, caractère visible vers le sommet (inflorescence) des plantes. Le nombre de folioles, toujours impair, varie de 3 à 11 au cours de la croissance de la plante.
La tige du chanvre est composée de l'extérieur vers l'intérieur de plusieurs tissus :
- d'un épiderme protecteur
- de tissus parenchymateux impliqués dans des fonctions métaboliques
- de fibres riches en cellulose regroupées entre elles en faisceaux fibreux et ayant une fonction de soutien. Ce sont ces fibres aux propriétés exceptionnelles qui sont exploitées industriellement. Elles représentent approximativement 30 % du poids sec des tiges
- de tissus conducteurs. Ces derniers comprennent le phloème (transporteur de sève élaborée) et le xylème ou bois (transporteur de sève brute) aussi appelé chènevotte. Cette dernière représente environ 45 % du poids sec des tiges.
Les fleurs de chanvre
Un champ de chanvre en pleine floraison
Les espèces de chanvre majoritairement cultivées en France étant monoïques, les inflorescences femelles et mâles se retrouvent sur la même plante.
Les fleurs femelles sont regroupées en cyme au sommet des tiges. Quand elles sont présentes, les fleurs mâles, composées de 5 sépales jaune-verdâtres, sont organisées en grappes disposées au niveau de la partie apicale des tiges.
Les graines de chanvre
La graine de chanvre, appelée chenevis
Le fruit du chanvre (le chènevis) est un akène de forme ovoïde, de couleur gris-brunâtre, de 3 à 5 mm de longueur et contenant notamment 25 à 30 % de protéines et 35 % d'acides gras.
Les atouts du chanvre
Les atouts agronomiques
Une très bonne tête d'assolement
Le chanvre s'intègre bien dans une rotation. Culture de printemps, il permet de diversifier les assolements à base de cultures d'automne.
Le chanvre est une très bonne tête d’assolement qui laisse un sol propre (du fait de son comportement étouffant vis-à-vis des adventices) et meuble (du fait des racines pivotantes qui se développent en profondeur).
C'est un très bon précédent à céréales au même niveau qu'une luzerne ou un pois.
Pas de traitement en culture
La culture du chanvre ne nécessite pratiquement pas d’entretien ni l’usage de produits phytosanitaires en végétation. Si la levée se réalise dans de bonnes conditions, il se comporte comme une plante étouffante et empêche toute rivalité des adventices.
Un réservoir de biodiversité
Comparé à des cultures telles que le colza et le tournesol, le chanvre accueille la plus grande quantité et/ou activité d’arthropodes prédateurs (araignées, carabidés). Grâce à son couvert haut et dense, les araignées sont deux à trois fois plus nombreuses dans cette culture que dans les autres. L’effet tampon du couvert et la litière de feuilles au sol sont de forts atouts puisqu’ils offrent abri, humidité et nourriture à l’ensemble de ces prédateurs.
Une bonne résistance à la sécheresse
Par la configuration de son système racinaire (profond et en pivot), le chanvre est une culture qui résiste relativement bien à la sècheresse. Dans la très grande majorité des cas, les fournitures du sol sont suffisantes et l'irrigation ne se justifie pas économiquement.
Une culture adaptée à tout type de sol
Le chanvre se développe bien dans quasiment toutes les conditions et peut se retrouver dans tous les types de sols avec toutefois des différences de rendement. Il produira au mieux en terres profondes, humifères et bien drainées et donnera des rendements plus faibles en sols superficiels. Son système racinaire en pivot ameublit le sol, cependant le chanvre est très sensible à tous les défauts de structure du sol (semelle de labour, compaction localisée, etc.…).
Les atouts environnementaux
Les débouchés du chanvre a un impact favorable vis à vis de l'effet de serre, d’après les résultats de l'analyse du cycle de vie réalisé par l'INRA sur le chanvre.
L’agronomie
L’impact potentiel favorable est dû à la prise en compte du stockage de carbone dans la fibre et la chènevotte par la photosynthèse.
La thermoplastie
L'incorporation de la fibre de chanvre diminue l'impact potentiel défavorable du polypropylène. Ainsi, la consommation d'énergie et l'impact sur l'effet de serre sont respectivement inférieurs de 20 et 40 % à ceux liés à la production de polypropylène pur.
Le bâtiment
Le chanvre a un impact favorable vis-à-vis de l'effet de serre. Le cycle de vie d'un mètre carré de mur en béton de chanvre sur 100 ans stocke entre 14 et 35 kg de CO2 équivalent par m².
Afin d'évaluer les impacts potentiels sur l'environnement des compounds thermoplastiques chargés en fibres de chanvre et d'un mur en béton de chanvre, le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, en partenariat avec la filière chanvre, a sollicité l'INRA pour réaliser une ACV.
Une ACV permet de quantifier les impacts d'un produit fini, depuis l'extraction des matières premières qui le composent jusqu'à son élimination en fin de vie, en passant par les phases de distribution et d'utilisation, soit « du berceau au tombeau ». L'étude a été divisée en 3 parties : une partie agronomique, une partie thermoplastique et une partie bâtiment. Achevée en juin 2005, elle a mis en évidence des gains environnementaux dus à la présence du chanvre dans ces nouveaux produits. Or ces gains n'avaient pas été quantifiés jusqu'à présent.
Les atouts économiques
La culture du chanvre est éligible aux aides PAC (obtention d'une compensation financière à la surface et à la transformation industrielle de la filière).
Il existe une aide couplée à la surface pour la production de chanvre qui évolue chaque année. Une enveloppe de l’ordre de 1,7 millions d’euros est destinée au financement de cette aide avec un montant unitaire calculée en fin de campagne, sur la base des superficies demandées et respectant les conditions d’éligibilité à l’aide. Ainsi en 2015, son montant était de 140 €/ha. Du fait de l’augmentation des surfaces, en 2017 cette aide est passée à environ 100 €/ha.
Des débouchés diversifiés grâce à une valorisation de toutes les composantes de la planteToutes les parties aériennes de cette plante fibreuse et oléagineuse sont utilisées et valorisées dans une large palette de débouchés :
Les matériaux issus du chanvre possèdent une image extrêmement positive dans l’opinion publique de par leur caractère végétal, naturel et renouvelable (par comparaison aux produits issus du pétrole). |
Chanvre : pratiques culturales
Depuis 2011, Terres Inovia réalise une enquête annuelle sur les conduites du chanvre, culture contractualisée. Le dispositif tient compte de l'évolution des zones de production et couvre les bassins majeurs de production de chanvre en France.
La synthèse de ces enquêtes fournit un état des lieux sur l'ensemble des étapes de la conduite du chanvre :
- Surfaces en chanvre dans les exploitations agricoles
- Types de sols
- Variétés
- Dates et densité de semis
- Techniques culturales
- Fertilisation azotée
- Enherbement des parcelles
- Rendements paille et chènevis
Ces enquêtes réalisées régulièrement permettent de suivre l’évolution des pratiques au niveau national mais également pour chaque bassins concernés.
Documents à télécharger
Les débouchés du chanvre
Le chanvre, plante ligneuse et oléagineuse, est une culture qui trouve ses débouchés à la fois dans l’industrie non alimentaire et alimentaire. Toutes les parties aériennes de la plante (fibre, chènevotte, chènevis et poudre) sont utilisées et valorisées dans une large palette de débouchés.
Les matériaux issus du chanvre possèdent une image extrêmement positive dans l’opinion publique de par le caractère végétal, naturel et renouvelable de la culture (par comparaison aux produits issus du pétrole). Ses qualités environnementales sont un atout majeur dans la conquête de débouchés.
La papeterie
Le papier fabriqué à partir de chanvre est un papier haut de gamme léger et résistant (type papier bible) dont les usages sont très variés (papier à cigarettes, papier pour l’édition, papier à usage graphique…). Les fibres servent également à renforcer les papiers recyclés.
|
Pour en savoir plus :
|
L'éco-construction
Bien que fortement concurrentiel, ce marché est en forte expansion. Les fibres sont utilisées dans l’isolation thermique des habitations (laines de chanvre) en substitution des laines minérales (laines de verre ou laines de roche).
Sous forme de bétons de chanvre en mélange avec de la chaux, la chènevotte entre, par exemple, dans la construction de bâtiments à ossature de bois.
|
En savoir plus Construire en chanvre est une association dont le but est le développement de l'utilisation de matériaux de construction à base de chanvre. Cet organisme indépendant, créé par des professionnels du bâtiment diffuse les règles professionnelles de l'utilisation des matériaux à base de chanvre. |
Les produits issus de la plasturgie
Les matières plastiques renforcées de fibres de chanvre ou les fibres de chanvre mélangées à d'autres fibres synthétiques et naturelles (lin, sisal, kénaf) trouvent de nombreuses applications dans les marchés de la plasturgie : automobile (intérieurs de porte, tableau de bord, feutres non tissés…), habitat (profilés pour fenêtre, abords de piscine, jardinerie…), emballage/conditionnement (palettes…).
Le bien-être animal
La chènevotte et la poudre ont la particularité de posséder un pouvoir absorbant important des liquides. De ce fait, la chènevotte est essentiellement utilisée en litière pour chevaux, petits animaux de compagnie, tandis que la poudre est utilisée en litière pour bovins et chats (après granulation).
L'alimentation humaine
En alimentation humaine, les graines de chanvre peuvent être consommées sous de multiples formes, dans des biscuits et barres de céréales, des farines, ou encore des boissons. Elles servent également à la production d’huile d’assaisonnement de grande qualité. En effet, les caractéristiques particulières de cette huile triturée à froid en font la plus équilibrée du marché grâce à sa richesse en oméga 3 et plus particulièrement grâce à son excellent rapport oméga3/oméga6 (1 oméga 3 pour 4 oméga 6). Sa composition correspond précisément aux besoins du corps humain.
Autres utilisations
Les utilisations potentielles du chanvre sont très nombreuses et intéressantes pour d’autres marchés : paillage horticole et viticole (chènevotte), géotextile (fibre), amendement organique (poudre), cosmétique (huile)…
Le cycle de la culture de la lentille
La lentille est une culture de printemps à cycle court (130 à 150 jours). Semée de mars à avril, la récolte a généralement lieu courant juillet.
Voici quelques repères du cycle de développement :
| Base 0°C | Base 6°C | |
| Semis – Mi-Floraison | 940°C | 490°C |
| Mi-Floraison - Récolte | 560°C | 440°C |
| Cycle total | 1500°C | 930°C |
Fréquence moyenne sur 20 ans (2000 – 2019) de date d’atteinte des stades en fonction de la date de semis.
Semis
| Station météo | Le Puy Loudes Sanssac (43) | Bourges (18) | Auxerre (89) | La Roche-sur-Yon (85) | Mauvezin (32) | |||||||||||
| Semis | 01/03 | 15/03 | 01/04 | 01/03 | 15/03 | 01/04 | 01/03 | 15/03 | 01/04 | 15/02 | 01/03 | 15/03 | 01/04 | 15/02 | 01/03 | 15/03 |
| Pleine Floraison | 22/06 | 23/06 | 26/06 | 28/05 | 31/05 | 06/06 | 29/05 | 01/06 | 07/06 | 20/05 | 25/05 | 28/05 | 04/06 | 13/05 | 15/05 | 22/05 |
| Récolte | 31/07 | 31/07 | 03/08 | 01/07 | 03/07 | 07/07 | 02/07 | 04/07 | 08/07 | 26/06 | 29/06 | 02/07 | 07/07 | 18/06 | 20/06 | 25/06 |
Article co-rédigé avec
La place de la lentille en France
Différents types de lentille sont cultivés et consommés à travers le monde :
La lentille verte : plusieurs types de lentilles vertes existent à travers le monde, avec une large gamme de couleurs (du vert clair uniforme à un vert soutenu avec ou sans marbrures). En France, les lentilles vertes connues au travers de la lentille verte du Puy notamment ont de petites graines bombées de couleur verte avec des marbrures brunes et bleutées, et à peau fine. C’est la principale lentille cultivée en France.
Les lentilles corail (ou lentilles rouges) : la plus consommée au monde, notamment en Inde, au Bangladesh, au Moyen-Orient ou encore dans les pays du pourtour méditerranéen. Les graines sont petites, bombées, de couleur foncée. Une étape de décorticage est nécessaire pour dévoiler la couleur « orangée »/corail des cotylédons.
Les lentilles blondes : des graines larges, de couleur claire et plus plates que les précédentes avec une peau généralement épaisse et de couleur de cotylédons pâle.
La lentille noire : Petites graines très bombées de couleur noir brillant.
En France, la production de lentille est en forte croissance : les surfaces sont ainsi passées de 4 400 ha en 1997 à 37 500 ha en 2019. Les principales zones de production sont l’Auvergne, avec la lentille verte du Puy (AOC, AOP) et la lentille blonde de Saint-Flour (IGP, Label Rouge), le Berry, avec la lentille verte du Berry (Label Rouge, IGP), la Champagne avec la lentille rosée de Champagne, qui présente la particularité d’être semée en hiver. Hors zones historiques, la lentille est également largement cultivée dans l’Yonne et l’Aube, ainsi que dans l’Ouest et le Sud-Ouest.
La graine de lentille est riche en protéines : sa teneur est intermédiaire entre celle du pois et de la féverole ; sa teneur en fibre est également plus faible du fait de son tégument fin, ce qui la rend plus digeste en graine entière.
Sans gluten, la lentille répond à de nombreuses tendances actuelles du marché alimentaire : végétarisme, flexitarisme, sans gluten, enrichissement en protéines végétales ….
Ces marchés à valeur ajoutée assurent aux producteurs un meilleur revenu.
Article co-rédigé avec
Les atouts de la lentille
La lentille est une légumineuse qui s’intègre facilement dans les rotations céréalières. Culture de printemps à cycle court (150 jours), elle permet de diversifier les rotations et de rompre le cycle des bio agresseurs des autres cultures, qu’il s’agisse d’adventices difficiles à maitriser, de ravageurs ou de maladies des céréales, garantissant un système plus sain et un moindre apport de fongicides et d’herbicides sur le suivant.
La rentabilité d’une culture de lentille doit ainsi se calculer à l’échelle de la rotation, et non uniquement annuellement.
Peu exigeante, la lentille est une culture valorisant bien les terres moyennes à superficielles. A l’inverse les sols profonds la rendent plus vulnérable à la verse et aux maladies. Par ailleurs, sa capacité à noduler lui permet de fixer l’azote atmosphérique, la rendant autonome pour sa nutrition azotée. La lentille est également faiblement exigeante en phosphore et potasse. Cette quasi-autosuffisance permet de réduire l’impact environnemental (consommation moindre d’énergies fossiles imputables au tracteur, moins d’émission de gaz à effet de serre et de gaz acidifiants). La qualité de l’eau souterraine est ainsi préservée. De plus, l’introduction d’une lentille permet une restitution d’azote à la culture suivante, jusqu’à 30 unités dans les meilleurs cas.
Attention : la lentille est une culture intéressante à condition de contractualiser sa commercialisation (prendre contact avec un organisme avant d’engager des surfaces).
Article co-rédigé avec
Documents à télécharger
Les stades repères de la lentille
Plusieurs stades phénologiques de la lentille sont présentés sur cette page, il s’agit des stades repères importants pour le suivi et la bonne conduite de la culture. A part pour le stade levée (09), l’ensemble des stades est décrit comme atteint lorsque 50% du peuplement est dans l’état décrit.
Les notations entre parenthèses correspondent au stade BBCH de la lentille.
Germination et levée (Stade 0)
Ce stade décrit l’évolution des premiers stades de croissance de la culture de la semence sèche (00) au stade levée (09).
Ce stade levée est souvent utilisé comme stade repère (voir schéma ci-dessus). Il est considéré comme atteint lorsque 80% des plants ont levé. La tige est alors visible, selon les plantes une ou deux écailles peuvent être observées sur la tige. Les premières feuilles ne sont pas déployées.
Développement des feuilles (stade 1)
Le stade 1 définit le développement des premières feuilles sur la tige principale, allant de la première feuille bifolié (11) à la nième feuille mutlifoliée développée (1n).
A partir du développement de la troisième feuille (stade 13, schéma ci-dessus), les nouvelles feuilles sont multifoliées. La foliole terminale de la feuille attachée au troisième nœud est complètement développée et la première feuille du nœud supérieur commence à se dérouler. Les feuilles mutlifoliées se terminent par des vrilles peu prehensiles, ne s'accorchant pas aux structures végétales à sa proximité.
Elongation de la tige principale (stade 3)
L’élongation de la tige principale est décrite par le nombre d’entre-nœud visible sur celle-ci. Le premier entre-nœud sera noté stade 31. Quand plus de 9 entre-nœuds ont été comptés, le stade correspondant est alors 39.
Le schéma représente ici la formation des ramifications secondaires, qui ont lieu entre le 3ème et le 5ème nœud, c’est nouvelles tiges sont localisée à la base de la tige principale.
Apparition de l’inflorescence (stade 5)
Le développement reproductif de la lentille commence avec le stade 5, c’est-à-dire le développement des bourgeons floraux.
Le stade 51, aussi nommé stade torche, est présenté sur le schéma. Ce sont les premiers bourgeons floraux observables à partir du 9ème nœud. Ils sont visibles à l’aisselle d’une feuille et mesure 1 à 3 mm. Le stade 59 clôt le développement des bourgeons floraux complètement développés et les premiers pétales visibles.
Floraison (stade 6)
Le stade 6 décrit la floraison des premières fleurs visibles (stade 60) au dessèchement de ces fleurs (stade 69).
Le stade 65 est souvent utilisé comme stade repère. Il se caractérise comme la pleine floraison, avec plusieurs fleurs épanouies par plante. Ce stade est atteint sur une parcelle quand 50% des plants sont en floraison.
Développement du fruit (gousses) (stade 7)
Le stade 7 correspond au développement de la biomasse des gousses, on distingue les stades intermédiaires par le pourcentage de gousses ayant atteint leur longueur finale, par exemple 10% des gousses pour le stade 71 (comme présenté sur le schéma).
Le stade 75 peut être utilisé comme repère. Il est noté comme 50% des gousses d’un plant sont à leur longueur finale. Les gousses contiennent au moins une graine verte qui remplit complètement la cavité de la gousse sur l'un des nœuds les plus bas de la tige principale.
Maturation des gousses et des graines de lentille (stade 8)
La maturation des gousses et des graines de lentille est le dernier stade avant la récolte, il correspond au séchage des plants de lentille à la fin de son cycle de développement
Le stade 81 sera donné lorsqu’au moins une gousse de la tige principale a atteint sa couleur de maturité (dorée/marron), le stade de déhiscence du fruit est observé, avec l'ouverture des valves de la gousse. Les graines de lentille commencent à changer de couleur (vert --> couleur de maturité allant du blond, corail, vert foncé avec marbrures marrons). Les graines de lentille deviennent dures, impossible à couper avec l'ongle. La partie végétative des plants de lentille reste verte lors du début de la maturation des gousses et des graines. Le stade 89 est le stade de récolte. Facilement identifiable, il correspond à 90% de gousses mûres. Les deux valves des gousses se séparent facilement, prêtes à la libération des graines. Les graines sont dures et ont pris leur couleur finale (variable selon les variétés). La partie végétative des plants de lentille est désséchée, prenant une couleur doré marron.