La fertilisation du lin à l’automne
Pas d’apport d’azote à l’automne
Un apport d’engrais azoté est inutile à l’automne. Il est déconseillé d'apporter des effluents d'élevage sur le lin.
Les apports d’effluents à l’automne sont déconseillés car l’objectif est de d’éviter une croissance excessive du lin qui le sensibiliserait au froid. La végétation ne doit pas dépasser les 10 cm à l’arrivée des premières gelées.
De faibles besoins en potasse et en phosphate
Le lin a des besoins faibles en P et K. Raisonner les apports de P et K en fonction de la teneur du sol, de l’historique des apports (minéral et organique) et des résidus du précédent.
Gestion de la fertilisation phosphatée et potassique pour un rendement de 25 q/ha
| Sol à faible teneur | Sol à teneur moyenne | Sol à teneur élevée | |
| P2O5 | 40-50 u* | 30-40 u | 0 |
| K2O | 30 u** | 30 u | 0 |
* En cas d’exportation des pailles du précédent, ajouter à ces chiffres 10 à 20 u de P2O5
** En cas d’exportation des pailles du précédent, ajouter à ces chiffres 30 à 40 u de K2O.
Besoins, exportations et restitutions du lin en N, P, K
Eviter les carences en zinc en l’absence d’enrobage
En absence d’enrobage procéder à l’application de sulfate ou du chélate de zinc (volume de bouillie conseillée = 400 l/ha) au stade cotylédons-premières feuilles apparentes (= 2 cm) de manière à combler les exportations.
En cas de situation à risque de carence (terre superficielle argilo-calcaire, sols sableux, pH supérieur à 7,5, apport de chaux et de résidus d’origine agroindustrielle), même si des semences enrobées ont été utilisées, prévoir l’application de sulfate de zinc ou du chélate de zinc (forme plus sélective en conditions gélives ou en présence de morsures d’altises) au stade cotylédons-premières feuilles apparentes (volume de bouillie conseillée = 400 l/ha).
Pas d’application en cas de risque de gelées nocturnes.
En cas de carence, la plante prend un aspect grisâtre. A partir du stade 5-10 cm, des tâches blanchâtres peuvent apparaître sur le bouquet terminal (photo ci-dessous).
Ravageurs du pois : le sitone
Biologie
Le sitone est un charançon de 3,5 à 5 mm de long, de couleur gris brun, avec des yeux proéminents. Il arrive par vols échelonnés sur les parcelles de pois, depuis ses zones refuges (haies, bois, jachères, légumineuses). Sa larve, 6 mm de long, est bicolore : le corps est blanc et la tête, brun-jaune.
Sitone (Sitona lineatus) Fréquence : forte ; nuisibilité : faible
Le sitone est un charançon de 3,5 à 5 mm de long, de couleur gris brun, avec des yeux proéminents. Il arrive par vols échelonnés sur les parcelles de pois, depuis ses zones refuges (haies, bois, jachères, légumineuses). Sa larve, 6 mm de long, est bicolore : le corps est blanc et la tête, brun-jaune. Le sitone vit sur tout le territoire français.
En pois de printemps, les sitones entraînent des dégâts aériens et racinaires. Les adultes attaquent les bords des feuilles sous forme d’encoches semi-circulaires. Ces morsures n’ont pas d’impact sur le rendement. C’est la destruction des nodosités, puis des radicelles et des racines par les larves qui, en perturbant l’alimentation azotée des cultures, engendre une nuisibilité. Les pertes de rendement peuvent atteindre 10-12 q/ha dans les cas extrêmes et une baisse du taux de protéine jusqu’à 30%. L’impact du potentiel sera plus ou moins atténué selon le nombre de nodosités saines début floraison et du reliquat d’azote disponible dans le sol.
Règle de décision
| Stade sensible | Comment les détecter | Conditions favorables | Seuil |
| De la levée au stade 6 feuilles* | Observations sur plante : encoches sur les feuilles | Temps ensoleillé sans vent | Intervenir à partir de 5 à 10 encoches par plante sur les 1ères feuilles émises. Maintenir ensuite la surveillance et réintervenir si le seuil est à nouveau dépassé sur les jeunes feuilles émises avant *6 feuilles en pois de printemps. |
(*) 8-10 feuilles en pois hiver
Au-delà du stade 6 feuilles en pois de printemps et 8-10 feuilles en pois hiver, les traitements deviennent inutiles, car les adultes ont déjà pondu. Les pyréthrinoïdes homologués protègent uniquement les feuilles présentes lors du traitement. Le sitone apparaît souvent après le thrips. Il est rare de pouvoir maîtriser ces deux ravageurs par une seule application en végétation.
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Ravageurs du pois : oiseaux
Les pigeons (ramier, biset) sont à l’origine de dégâts importants sur pois à la maturité. Ils se nourrissent de graines dans les gousses, ceci d’autant plus que le couvert de pois est versé.
Ravageurs du pois : la bruche
Bruche (Bruchus pisorum) Fréquence : forte dans le Sud, moyenne dans l’ouest et plus faible dans le Nord ; nuisibilité : faible mais perte de qualité
La bruche est un petit coléoptère de 4 mm de long ; le fémur des pattes antérieures est noir, une tâche blanche sur le prothorax, une ligne oblique blanche sur les élytres et des taches noires sur l’abdomen. Sa larve, apode, au corps blanc et à la tête brune, mesure 5-6 mm. La bruche présente une seule génération par an. L’adulte pond sur les gousses. Après éclosion, la larve pénètre directement, sans se « balader » contrairement à la tordeuse, dans la gousse puis dans la graine. Elle s’y développe pour donner un adulte qui sort de la graine en faisant un trou bien rond. Ce dernier gagne une zone d’hivernage (zone boisée) sans se reproduire dans les graines stockées. Ainsi, aucune nouvelle graine n’est attaquée pendant le stockage. Surveiller de début floraison à fin floraison. Sur les gousses, observer les œufs de forme allongée (0,6 x 1,5 mm) et de couleur blanc crème afin d’identifier la présence de l’insecte dans la parcelle. Les bruches provoquent une faible perte de rendement mais affectent la qualité des graines. Les orifices formés dans les graines sont préjudiciables en alimentation humaine (seuil de 1 à 3%) et pour la production de semences (pouvoir germinatif faible). En alimentation animale, les seuils de dégâts tolérés sont élevés (10 %).
Ne pas confondre la bruche du pois avec la bruche de la féverole.
Règle de décision
Aucun insecticide actuel n’est efficace contre les larves qui pénètrent directement dans les gousses après éclosion.
La protection insecticide, qui vise les adultes, n’est que rarement efficace et peu valorisée en raison de la longueur de la phase de risque, du stade jeunes gousses 2 cm sur le premier étage fructifère jusqu’à fin floraison + 10 jours (une seule application de lambda-cyhalothrine réglementairement possible en floraison. Pour une efficacité maximale, la positionner à partir du stade jeunes gousses 2 cm et lorsque les températures maximales journalières sont supérieures ou égales à 20°C pendant au moins 2 jours consécutifs (les bruches sont alors actives). Cette application nécessite un fort volume d’eau (au moins 200 L/ha) pour pénétrer le couvert. Cette application permet de limiter le risque mais ne garantit pas toujours d’atteindre certains seuils qualité exigés en alimentation humaine par exemple.
Une lutte collective est souhaitable au sein d’un bassin de production, car les bruches se déplacent beaucoup.
| Stade sensible | Comment les détecter | Conditions favorables | Seuil |
| Stade JG2 cm à fin floraison + 10 jours (commencer la surveillance à partir de début floraison) | Observation visuelle sur la végétation | Bruches actives lorsque Tmax>= 20°C pendant au moins 2 jours consécutifs |
Absence de seuil. |
Pollinisateurs
SPe8. Pour protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs, ne pas appliquer les insecticides durant la floraison ou en période de production d'exsudat, à l'exception des usages bénéficiant de la mention abeille (F, PE, FPE) ou emploi possible. L'arrêté du 20 novembre 2021 encadre les horaires d’application : dans les 2 heures qui précèdent le coucher du soleil et dans les 3 heures qui suivent le coucher du soleil.
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Ravageurs du pois : la tordeuse
Tordeuse (Cydia nigricana) Fréquence : fréquent ; nuisibilité : moyenne
A l’âge adulte, la tordeuse est un petit papillon brun de 15 mm d’envergure. Il vole lorsque la température maximale dépasse 18°C. 2-3 jours après son arrivée dans la parcelle, il pond pendant 3 semaines environ, de préférence sur les feuilles de pois de printemps et d’hiver. Les chenilles, de 13 à 18 mm de long, sont bicolores : le corps est blanc-jaune et la tête brun clair. Elles apparaissent après une incubation de 1 à 2 semaines selon la température. Elles ont un court stade « baladeur ». Pendant ce temps, elles se déplacent pour pénétrer dans une gousse de pois, où elles grignotent les graines.
Règle de décision
Les traitements visent les chenilles avant qu’elles ne pénètrent dans la gousse du pois. Mais comme elles sont difficiles à repérer, le seuil de déclenchement de l’insecticide dépend du nombre de papillons mâles piégés dans des pièges spécifiques (piège Delta émettant des phéromones). Le pois est sensible à partir du stade jeunes gousses plates (gousses de 4-5 cm de long) sur le premier étage fructifère. Arrêter les traitements à fin floraison + 8-10 jours. Penser à utiliser un produit avec la mention abeilles s’il est nécessaire de traiter durant la floraison. Remarque : un traitement insecticide réalisé à début floraison contre les pucerons est trop précoce pour être efficace contre les chenilles de tordeuses, car les gousses ne sont pas encore formées.
Débouché en alimentation animale
Les dégâts occasionnés par la chenille de la tordeuse ont peu d’incidence sur le rendement en pois. S’il est utilisé en alimentation animale, on peut tolérer des seuils de présence élevés. Traiter à partir de 400 captures cumulées depuis le début de la floraison. Renouveler le traitement si, dans la semaine qui suit, le piège recense à nouveau 400 papillons.
Débouché en alimentation humaine ou en semences
Les attaques de tordeuse affectent la qualité (visuelle et germinative) des graines de pois, si elles sont vouées à l’alimentation humaine ou à la production de semences. Plusieurs traitements sont parfois nécessaires. Intervenir à partir de 100 captures cumulées depuis le début de la floraison ET en présence des premières gousses plates sur les pois (gousses de 4-5 cm de long sur les étages du bas). Si les tordeuses poursuivent leurs vols, renouveler le traitement tous les 8-10 jours, jusqu’à environ 8-10 jours après fin floraison ( soit 4 étages de gousses au stade limite d’avortement).
| Période d'observation | Stade sensible | Comment les détecter ? | Conditions favorables | Seuil |
| Début floraison à fin floraison + 8-10 jours |
Stade jeunes gousses plates à fin floraison + 8-10 jours |
Piège sexuel BSV |
Vol si Tmax>18°C |
Déclenchement selon le débouché : Alimentation humaine et production de semences : 100 captures cumulées à partir de début floraison ET apparition des premières gousses plates sur les pois. Alimentation animale : 400 captures cumulées depuis début floraison. Réintervenir si le seuil est à nouveau atteint |
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Ravageurs du pois : la cécidomyie
Cécidomyie (Contarinia pisi) Fréquence : faible ; nuisibilité : moyenne
La cécidomyie du pois est un moucheron gris de 2-3 mm. L’adulte est sans incidence directe sur le rendement de la culture, puisqu’il ne s’en nourrit pas. Il émerge des parcelles de blé cultivées en pois l’année précédente. Les femelles volent vers les nouvelles parcelles de pois avoisinantes durant la 2e quinzaine de mai. Les femelles pondent dans les boutons floraux encore enfouis sous les stipules. Les larves éclosent 4 jours après la ponte et créent des galles dans les boutons floraux, qui gonflent puis avortent. Les entre-nœuds se raccourcissent. Les dégâts sont visibles début juin et peuvent engendrer jusqu’à 30 q/ha de pertes de rendement. Surveiller les parcelles de pois à partir du stade 8-9 feuilles, surtout en Champagne crayeuse et en Picardie. Les facteurs favorables à l’adulte sont l’absence de vent et le beau temps. Plus la floraison est courte plus l’attaque est grave car la majorité des boutons floraux peuvent être détruits.
Règle de décision
Surveiller la présence des cécidomyies en plaçant une cuvette jaune (ou blanche) dans les parcelles. Quand il y a un vol de cécidomyies, la cuvette « devient noire » de moucherons.
Traiter contre la cécidomyie du pois avec un insecticide de contact, car elle ne s’alimente pas sur la culture. Intervenir au moment du pic de vol (forte augmentation de la population de moucherons entre 2 observations rapprochées – 24 h) et en fin de journée. Le but est de détruire les adultes avant la ponte. Les vols sont soudains et échelonnés ; un 2e traitement peut être nécessaire.
Les délais d’intervention sont courts (compter au maximum 48 heures entre l’observation de la sortie du blé et l’introduction de l’insecte dans les boutons floraux), la lutte chimique est donc souvent peu efficace.
| Stade sensible | Comment les détecter | Conditions favorables | Seuil |
| Du stade bouton floral jusqu’à début floraison + 15-20 jours | Captures en cuvettes jaunes (ou blanches) | Se poster le soir dans la parcelle à la hauteur de la végétation et observer les moucherons voler. |
Intervenir après une forte augmentation de la population de moucherons entre 2 observations rapprochées, en fin de journée. Intervenir avec un insecticide de contact. Réintervenir si nécessaire. |
Le pois d'hiver est moins touché que le pois de printemps car, même s'il est attaqué en même temps, il est à un stade plus avancé et les dégâts sont en général plus faibles.
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Les bonnes pratiques pour une implantation réussie du lin oléagineux d’hiver
Les semis de lin oléagineux d’hiver pourront démarrer à partir de mi-septembre et se poursuivront jusqu’en octobre sur les secteurs les plus poussants. L’objectif est de viser une levée rapide et homogène de la culture. Sa bonne implantation passe par un semis sur une parcelle propre présentant une structure superficielle, fine et rappuyée.
Choisir une parcelle propre et viser une structure du sol fine, aplanie et rappuyée
Quelle parcelle pour le lin d’hiver ?Le lin est une culture peu couvrante et sensible à la concurrence des adventices, il faut donc privilégier son implantation sur des parcelles propres. De même, les parcelles avec de fortes infestations en graminées et graminées résistantes sont à éviter. Les terres se réchauffant vite au printemps sont également à privilégier. Enfin, il est préférable de respecter un délai de retour minimum de 4 à 5 ans entre 2 lins (qu’ils soient d’hiver ou de printemps) pour limiter les risques de bioagresseurs. Quelle structure du sol et quel lit de semences ?Une levée rapide et homogène passe par un lit de semences finement préparé, rappuyé et aplani afin de maximiser le contact sol-graine, la graine de lin étant particulièrement petite. Un lit de semence motteux et soufflé sera à proscrire, de même qu’une présence trop importante d’amas de débris végétaux. Il faut également s’assurer d’avoir une bonne structure en profondeur, encore plus lors des implantations sans labour. |
Ne pas trop anticiper la date de semis afin d’atteindre le stade 5-10 cm du lin en entrée d’hiver
Les semis de lin commencent à partir de mi-septembre pour les secteurs les moins poussants et seront plus tardifs sur les secteurs très poussants. Il est primordial de ne pas semer trop tôt. En effet, l’objectif est que le lin atteigne le stade 5-10 cm à l’entrée d’hiver.
Un lin trop peu développé (<5 cm) présente une plus grande sensibilité aux conditions hivernales et présente un risque de perte de pieds en sortie d’hiver. Pour prévenir cela les semis seront à réaliser jusqu’à fin septembre dans les secteurs sensibles au froid à condition que les pluies soient revenues pour assurer une levée dynamique du lin et jusqu’au 10-15 octobre dans les secteurs peu sensibles au gel.
Un lin trop développé (>10 cm) risque d’être sensible aux gelées de printemps, c’est pourquoi les semis précoces sur des secteurs à forts résidus azotés, avec une pousse automnale importante sont à proscrire. De plus, la nouvelle réglementation TOPREX (désormais interdit à l’automne) et l’absence d’alternatives efficaces nous imposent de respecter rigoureusement des règles agronomiques :
- Eviter les précédents à forts reliquats azotés
- Eviter la fertilisation organique à l’automne
- Maitriser la densité de semis
Quelle densité de semis ?
Le semis du lin sera à réaliser entre 350 et 400 graines/m² pour au semoir à céréales pour obtenir 250 à 300 plantes/m² avec 2 à 3 tiges par plantes en sortie d’hiver. Le taux de germination des semences certifiées est au minimum de 85 %.
Les graines de lin sont fluides : contrôler la densité du semis car le poids de mille graines peut varier de 5 à 8 g selon les variétés (pour un PMG de 7 g, semez environ 28 kg/ha).
Et le choix de la variété ?Pour en savoir plus sur les caractéristiques des variétés de lin oléagineux d’hiver, consulter le site MyVar : https://www.myvar.fr/ |
Le lin requiert une vigilance pour le désherbage et les maladies fongiques
Le lin oléagineux d’hiver est déconseillé sur les parcelles présentant une forte infestation en graminées ou graminées résistantes. Nous recommandons l'utilisation de la COLZAMID, voir l'article suivant pour plus d'informations : Désherbage du lin oléagineux : quel programme pour les semis 2025 ?
Les anti-graminées foliaires sensibilisent le lin au gel, il est donc nécessaire de prendre des précautions sur les secteurs à risque.
Une vigilance pourra être portée sur les maladies fongiques. La septoriose est une maladie qui se gère dès l’automne pour les secteurs à risque moyen à fort. Ainsi, une application d’un fongicide dès le stade 2-3 cm du lin est nécessaire. Si cette maladie s’exprime tôt dans le cas d’automne doux et humides, elle peut impacter fortement la production de graines.
Enfin, les ravageurs sont peu fréquents sur l’automne, des altises du lin (différentes de celles du colza) peuvent parfois être observées lors de conditions exceptionnellement douces à l’automne.
Quels sont les besoins de fertilisation de ma parcelle de lin ?Il n’est pas nécessaire d’apporter de l’azote à l’automne sur le lin. La culture pourrait être davantage sensibilisée au froid si elle devient trop poussante à l’entrée de l’hiver. Les apports d’azote seront à raisonner à la sortie de l’hiver. En revanche, vous pouvez apporter 30 à 60 unités/ha de phosphore (en sol bien pourvu en cas de pailles restituées ou exportées) et 30 à 90 unités/ha de potasse (en sol bien pourvu en cas de pailles restituées ou exportées) pour un objectif de rendement de 25 q/ha. A raisonner selon votre analyse de sol. |
Préparation du lit de semences en lin oléagineux
- une bonne structure en profondeur (absence de compaction),une bonne fissuration horizontale et verticale pour le pivot. En effet, le lin a une racine principale pivotante.
Pour le lin d’hiver, l’objectif est d’atteindre un pivot de 10 à 15 cm dès l’automne (meilleure sélectivité des herbicides, potentiel de rendement). En revanche, le lin oléagineux est une plante exigeante en eau au cours de la floraison. Il faut donc que l'enracinement soit optimal afin d'exploiter la réserve hydrique du sol (exploration des racines au-delà de 1,2 m de profondeur si la structure le permet en lin d’hiver).
- Une structure superficielle fine, aplanie et rappuyée sera primordiale pour assurer une levée rapide et homogène du lin. Il faut éviter au maximum les amas de débris végétaux et des sols creux ou soufflés très néfastes à une levée homogène (une petite graine induit un contact sol-graine délicat). Rester vigilant face aux phénomènes de battance qui peuvent pénaliser à leur tour la levée.
Le non labour est conseillé dans les sols argileux. Si les pailles du précédent sont restituées, les broyer et les répartir de manière homogène sur l’horizon travaillé afin d’éviter la présence de mulch de paille trop épais qui pénalisera la levée.
La gestion des autres adventices difficiles en colza
Hormis les graminées hivernales, les géraniums et les crucifères, d’autres adventices posent problème dans les colzas et sont à gérer spécifiquement. On peut citer l’ammi élevé, le gaillet gratteron, le chardon-marie, le bleuet et l’érodium.
Ammi majus
L'ammi majus présente un développement végétatif exubérant qui peut le rendre très concurrentiel en fin de cycle.
Ammi majus : 1. Plantule - 2. à la floraison
L'ammi élevé est capable de germer toute l'année avec un pic en sortie d'hiver, début de printemps. Les germinations s'estompent à l'approche des fortes températures estivales pour reprendre à l'automne dans les colzas notamment, dès le début du mois de septembre. La fructification a lieu pendant l'été. En raison de ces caractéristiques biologiques et de son mode de levée plutôt échelonné, la rotation des cultures n’est pas un levier très efficace. Des faux-semis dans l’interculture colza-céréales peuvent contribuer à réduire le stock semencier superficiel. Le labour n’a pas d’effet.
Nos références actuelles montrent que l’ammi majus est bien contrôlé en prélevée avec des herbicides à base de clomazone (COLZOR TRIO, AXTER, CENTIUM 36 CS…) ou des herbicides à base de quinmérac (NOVALL, ALABAMA, etc…). En postlevée, le MOZZAR à 0,25 l/ha (ou MOZZAR 0,25 puis IELO 1,5 l/ha ou MOZZAR 0,25 puis MOZZAR 0,25) est efficace.
Gaillet
Le gaillet est très préjudiciable en colza. Bien que sa nuisibilité soit tardive, des pertes significatives sur le rendement, en fonction du milieu et des conditions, sont enregistrées dès 2 pieds/m². De plus, il provoque des problèmes de verse et une gêne considérable à la récolte (enroulements autours des rabatteurs, bourrages). Enfin, des études ont signalé que les gaillets peuvent constituer des plantes hôtes, relais de l'orobanche rameuse.
Gaillet gratteron : 1. Plantule - 2. à la floraison
Le gaillet lève préférentiellement de septembre à mars. La floraison a lieu de mai à octobre. Seule l'introduction de cultures d'été (semées dès la mi-avril) permettra de casser le cycle de l'adventice et diminuer progressivement la pression des gaillets en cultures d'hiver. Compte tenu de la persistance modérée des graines de gaillet une fois enfouies dans le sol, le labour peut être envisagé en cas d’échec de gestion. Les premières germinations débutant en fin d'été, des faux semis dans l’interculture colza-céréales réguliers et bien menés seront efficaces à partir de septembre et plus tardivement. Le binage à partir de 3-4 feuilles du colza est aussi une possibilité.
Les herbicides de prélevée comme COLZOR TRIO 4l/ha (avec clomazone) ou ALABAMA 2.5 l/ha (avec quinmérac) présentent les meilleures efficacités. Un programme avec de la napropamide 1.5 l/ha en présemis suivie d’un produit à base de quinmérac ou de clomazone en prélevée à dose modulée (2/3 à 3/4) est également envisageable (renforcement via la napropamide). On note fréquemment un petit complément d’efficacité à la prélevée avec IELO. Le produit de postlevée FOX est efficace sur très jeunes gaillets poussants. Mais c’est le produit MOZZAR qui sera le plus efficace, sur gaillet levé, quel que soit le stade.
Fiche Gaillet gratteron sur Infloweb
Chardon-Marie
Le chardon-Marie est une espèce annuelle qui se rencontre de plus en plus souvent en régions Centre, Poitou-Charentes et Sud-Ouest. Concurrentiel et volumineux, sa gestion est importante en colza.
Chardon-Marie
Les germinations ont lieu à l’automne et à l’entrée de l’hiver. Avant la sortie des pétales, le broyage et l’écimage peuvent être envisageables comme technique de lutte mécanique.
CALLISTO est une solution efficace et économique. Sur jeune adventice, les efficacités sont supérieures à 90%. Appliquer CALLISTO à 0,15 l/ha à partir de 6 feuilles du colza, sur une culture endurcie par les premiers froids (températures inférieures à 7/8°C). Renouveler l'application 3 semaines plus tard si nécessaire. IELO est un produit également efficace sur cette adventice, mais son niveau d’action diminue sur chardon-marie développé.
Les solutions suivantes sont les plus adaptées :
- CALLISTO 0,15 l/ha dès 6 feuilles du colza puis IELO 1,5 l/ha (début novembre);
- IELO 1,5 l/ha + CALLISTO 0,15 l/ha (début novembre). Ce mélange, éprouvé, se fera sous la responsabilité de l’utilisateur (déconseillé par les firmes).
- Le produit MOZZAR est très efficace sur cette adventice, une fois levée, dès la dose de 0,25 l/ha
Enfin, en l’absence de rattrapage à l’automne, il ne faut pas exclure la possibilité d’un rattrapage de printemps avec LONTREL SG à 174 g/ha + huile. L’efficacité, sans être supérieure à 85% reste tout de même très significative (efficacité finale observable au mois de mai) et empêche la multiplication de graines.
Bleuet
De plus en plus fréquent dans les parcelles du Centre, de Bourgogne ou de Lorraine, le bleuet est très difficile à contrôler en prélevée.
Bleuet
Le bleuet levant principalement entre octobre et novembre et de manière plutôt groupée, l’introduction de cultures de printemps ou d’été dans la rotation -ainsi que l'augmentation de l'intervalle de temps entre deux colzas dans la parcelle- limiteront la progression de l'adventice. Comme les graines du bleuet perdent leur viabilité rapidement lorsqu'elles sont enfouies (Taux Annuel de Décroissance proche de 70%), le labour occasionnel est un moyen de gestion efficace après un échec de désherbage.
L'herbicide COLZOR TRIO à 4 l/ha reste la meilleure référence de prélevée (effet napropamide) avec une efficacité insuffisante. Le bleuet se contrôle surtout en postlevée.
En rattrapage, trois solutions sont à retenir :
- début octobre à décembre : MOZZAR 0,25 l/ha
- début novembre : IELO 1,5 l/ha
- printemps : LONTREL SG à 174 g/ha + huile. Efficacité moyenne.
Erodium cicutarium
Erodium cicutarium à floraison
- Cotylédons de grande taille, divisés en 3 lobes profonds irréguliers permettant l’identification rapide de l’espèce
- Plantule en rosette étalée sur le sol
- Pétiole long et nettement poilu
- Feuilles lancéolées, qui comprennent jusqu’à 15 segments profondément lobés, voire divisés
- Plante adulte de moins de 20 cm de hauteur
- Fleurs rouges à roses, de 1 cm de diamètre
- Le fruit se termine par un bec et la graine possède une arête torsadée à sa base
Le contrôle en prélevée est difficile. Les meilleurs programmes combinent de la napropamide 1,5 l/ha (COLZAMID, etc.) en présemis incorporé avec un produit de prélevée type AXTER, COLZOR TRIO ou ALABAMA.
En post-levée, le rattrapage peut se faire avec FUSILADE MAX 1,5 l/ha, qui bizarrement, est relativement efficace (l’érodium n’est pas une graminée).
En postlevée l’utilisation de CLERAVIS/CLERANDA présente de bonne efficacité, à condition de choisir une variété CLEARFIELD®.
Pour les fortes infestations et en postlevée, on peut privilégier un programme de type MOZZAR 0,25 l/ha pus IELO 1,5 l/ha + FOX 1 l/ha.
Anthrisque
L’anthrisque n’est pas aussi nuisible qu’un gaillet mais elle n’est pas négligeable. Elle est du même ordre qu’une moutarde. Assez fréquente en observation, elle pose toutefois rarement de problèmes.
C’est de loin, avec l’ammi majus, l’ombellifère la plus difficile à contrôler. Privilégier les programmes ou solutions de prélevée à base de quinmérac (ALABAMA, NOVALL ou RAPSAN TDI).
En postlevée, les seules solutions efficaces sont :
- MOZZAR 0,25 l/ha (4-6 f du colza, à partir du 1er octobre) à renouveler 1 mois plus tard.
- LONTREL SG, à pleine dose, efficace uniquement du stade cotylédon à 2 feuilles.
Brochure "Lutte contre les adventices en systèmes céréaliers et oléagineux"
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Autres ravageurs du pois
Oiseaux
Pigeons (ramier, biset) et corbeaux (corbeaux freux, corbeille noire) sont à l’origine de dégâts importants sur pois. Ils se nourrissent de semences au semis et de jeunes plantules en début de cycle.
Lapins & lièvres
Les lapins et les lièvres sont à l’origine de dégâts sur pois. On observe généralement des plantes sectionnées entre le stade levée et 6 feuilles.