Limiter les risques de colmatage des drains par les racines de colza
Quelques précautions doivent être prises pour limiter le risque de colmatage par les racines.
- Favoriser une structuration homogène du sol pour limiter la concentration des racines dans les tranchées fonctionnelles qui surplombent les drains.
- Déchaumer pour détruire les pieds de colzas susceptibles de reverdir après la récolte
- Détruire les repousses avant le début de la période de drainage. Les racines mortes qui doivent s’évacuer du réseau par l’écoulement des eaux ne doivent pas être bloquées par de nouvelles racines.
- Eviter les rotations courtes. Un délai de 4 ans entre deux colzas est recommandé pour assurer une dégradation complète des racines qui ne seraient pas évacuées des drains.
Présence de racines dans le système de drainage des eaux
Le colza révèle les faiblesses du réseau de drainage
La durée du cycle cultural, la densité du chevelu racinaire, la profondeur d’enracinement, la capacité des racines à se développer dans le drain et la faible vitesse de dégradation des racines mortes sont autant de raisons qui concourent à l’abondance des débris végétaux dans les drains sous colza.
Toutefois, un réseau fonctionnel doit pouvoir évacuer ces débris grâce à la force de l’eau qui s’écoule en période de drainage.
Bouchon de racines évacué lors d'une intervention sur un réseau de drainage.
Les erreurs de conception sont rares et concernent le plus souvent un sous calibrage des canalisations ou le captage d’une mouillère.
Le bouchage de drain sous colza est essentiellement dû à des défauts de réalisation du réseau. Dans 80% des cas, le problème est lié à un mauvais raccordement entre le drain et le collecteur. Les autres causes peuvent être multiples et nécessitent un diagnostic précis : rupture de pente, drain écrasé, profondeur insuffisante (un minimum de 80 cm est requis)…
Les raccordements de drains effectués avec les anciens coudes pénétrants profondément dans les collecteurs causent régulièrement des bouchons. Le remplacement par des clips et pipes de raccordement, inventés par le SNED au début des années 80, résout le problème.
Lorsqu'un problème de bouchage survient, créant une zone ennoyée, une intervention avec une hydrocureuse peut résoudre la difficulté. Toutefois, l’ouverture d’une tranchée pour identifier la cause du problème est préférable car, le plus souvent, le réseau peut être réparé et les colmatages évités.
Enfin, les fossés collecteurs doivent être curés régulièrement pour permettre un bon écoulement des eaux du drainage vers l’exutoire.
Colza sur sol drainé
Le colza en limons et argiles hydromorphes
Pourcentage de colza implanté sur des surfaces drainées par bassins de production
Le colza, très sensible à l’excès d’eau, valorise les terres agricoles drainées. Source enquête nationale colza, Terres Inovia 2018
Le drainage a rendu possible la culture du colza sur les limons et argiles hydromorphes et a ainsi contribué à l’essor des surfaces de la culture. Aujourd’hui, plus de 350 000 ha de colza sont cultivés sur sol drainé chaque année en France.
Certaines entreprises de drainage recommandent de ne pas cultiver du colza sur une parcelle drainée ou d'observer un délai pouvant aller jusqu’à 10 ans entre les travaux et l’implantation du colza. Ces conseils n’ont aucun fondement technique. Un colza peut être implanté après l'installation d'un système de drainage sans mettre en péril le réseau, dès lors que les travaux ont été réalisés dans les règles, et que cette installation est bien entretenue. Les anciens réseaux en poterie ne posent pas de problème particulier.
Implantation : les clés pour un colza robuste
L’implantation est l’étape clé qui conditionne la robustesse du colza, c’est-à-dire sa capacité à supporter les attaques de bioagresseurs, en particulier les insectes d’automne, les aléas climatiques, et donc à exprimer son potentiel de rendement dans un contexte contraint.
La robustesse du colza passe par l’obtention d’états-clés
Une levée précoce
avant le 1er septembre pour atteindre le stade 4 feuilles avant le 20 septembre pour avoir un colza suffisamment développé avant l’arrivée des altises adultes et la baisse des températures automnales
Une croissance dynamique et continue à l’automne, et des pieds vigoureux
- biomasse supérieure à 1.5 kg/m² en entrée hiver
- pieds d'au moins 25g/plante mi-octobre et 45g/plante en entrée hiver pour limiter le risque de dégâts de larves d’insectes
Une reprise dynamique en sortie d’hiver
pour limiter globalement le risque de dégâts de coléoptères ou de leurs larves
Pourcentage de plantes saines à floraison (non impactées par les dégâts de larves d’insectes d’automne) en fonction de la biomasse par pied de colza en entrée hiver, dans des essais sans traitement insecticide et en parcelles agriculteurs
Etats-clés pour un colza robuste
La réussite de l’implantation a une influence majeure sur l’obtention de ces états-clés et doit s’appuyer sur
- Un précédent favorable : récolte précoce, reliquat d’azote disponible pour le colza, résidus pas trop abondants
- Un travail du sol optimisé qui limite l’assèchement du sol et permet un bon enracinement du pivot. Le diagnostic de la structure du sol dans le précédent est un prérequis pour s’adapter à chaque situation. Différents contenus sont dédiés à ce sujet :
- Une vidéo sur l’importance d’une bonne structure du sol pour la réussite de l’implantation du colza
- Un article « évaluer la structure pour identifier le travail du sol adapté »
- Une vidéo sur la mise en œuvre du test bêche
- Une vidéo sur le choix du travail du sol en fonction des résultats du test bêche
- Une vidéo sur les critères à considérer pour optimiser le travail du sol
- Un article « décider du travail du sol à privilégier en intégrant toutes les problématiques »
- Un article « adapter le travail du sol au type de sol »
- Une nutrition optimale en azote et phosphore qui peut s’appuyer sur différents leviers : sol fertile, précédent favorable, fertilisation (minérale ou organique) au semis, association de légumineuses gélives au colza
- Un choix variétal adapté : variétés à forte vigueur de départ et automnale et à reprise précoce en sortie d’hiver dans les situations à forte pression insectes et sols à faible disponibilité en azote
- Un semis précoce, avant les pluies et sans surdensité pour éviter d’obtenir des pieds chétifs peu robustes
- Si possible un semis au semoir monograine qui favorise la levée et la répartition du peuplement
Pratiques-clés pour un colza robuste
Toutes les informations détaillées sur la réussite de l’implantation sont à retrouver dans le point technique « Réussir son implantation pour obtenir un colza robuste »

PUBLICATION
Colza - Point technique Réussir son implantation pour obtenir un colza robuste
L’implantation, une étape décisive pour la réussite du colza
Une bonne implantation permet d’obtenir un colza robuste, peu sensible aux ravageurs et aux adventices et nécessitant peu d’intrants...
Comment raisonner le travail du sol en interculture ?
Favoriser la levée, la croissance végétative et l’enracinement des colzas est une priorité pour mettre en place un colza robuste, capable d’exprimer son potentiel et de faire face aux aléas climatiques et aux pressions des ravageurs.
Réussir l’implantation repose sur :
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Associer son colza à une légumineuse gélive pour lutter contre l'altise d'hiver et le charançon du bourgeon terminal
Associer son colza a une légumineuse gélive présente de très nombreux intérêt, notamment dans la gestion de certains ravageurs du colza. Il a ainsi été montré que ces couverts limitaient les attaques et les nuisibilités de l’altise d’hiver et du charançon du bourgeon terminal en limitant le nombre de larves par plante et en agissant sur la dynamique de croissance du colza.
Associer son colza avec une variété précoce pour limiter la pression en méligèthe
Dans les situations où les attaques de méligèthes sont généralement modérées, l’association d’une variété haute et très précoce à floraison en mélange à 5-10% avec la variété d’intérêt peut permettre de rester en deça des seuils d’intervention. Cette variété haute et très précoce (ES ALICIA et TROUBADOUR) sera en effet plus attractive pour les méligèthes, protégeant ainsi les plantes de la variété d’intérêt.
Visiter ses parcelles fin juillet pour faire les bons choix par la suite
Claire Martin Monjaret (Terres Inovia) nous explique l'intérêt de visiter ses parcelles tournesol au moment de la floraison (fin juillet - début août).
Cette visite peut permettre de prévenir les risques de tournesols sauvages, de maladies (mildiou, verticilium et phomopsis) mais aussi d'orobanche cumana.
L’irrigation en période de montaison
Une situation de sécheresse sur août et septembre est synonyme de levées très irrégulières et/ou tardives.
Elle peut limiter le potentiel de la culture du fait d'un peuplement trop faible et/ou de plantes insuffisamment développées avant l'hiver. De tels peuplements sont plus exposés aux risques climatiques (gel) ou aux facteurs biotiques (ravageurs, maladies dont phoma). Un resemis peut être envisagé en cas de mauvaise levée si la date envisagée n’est pas en dehors des périodes de semis conseillées, et en tenant compte des désherbants déjà appliqués.
L’irrigation du colza en période de floraison
Au printemps, le manque d'eau limite le développement des plantes et handicape l’absorption des éléments fertilisants. Dans les cas extrêmes les boutons floraux et les plantes dépérissent.
Un stress hydrique marqué en floraison est fréquent dans le Sud-Est et a pour conséquence une réduction de la production.
La sensibilité est forte entre le début de la floraison et G4 + 10 jours. En fin de cycle la sécheresse limite le PMG sans possibilités de compensation. Les résultats d’essais montrent qu'en cas de stress important à cette période, l'irrigation peut être rentable, surtout sur des sols à réserve faible à moyenne, avec des gains d'environ 8 q/ha pour 100 mm apportés et de 1,5 à 2 points d'huile.
L’irrigation, l’une des clés du rendement
L'irrigation entre F1 et G4 fait gagner près de 8 q/ha en cas de stress hydrique marqué.