Publié le 24 février 2026 | Modifié le 24 février 2026

Semer du tournesol en toute sécurité : les points à contrôler

Le contexte économique et des retournements de cultures d’hiver peuvent conduire à réassoler les parcelles avec du tournesol qui bénéficie d’une conjoncture favorable. Pour sécuriser la réussite de la culture, il est nécessaire de respecter quelques principes agronomiques.

1. Le délai de retour dans la rotation

Tête de rotation à cycle court, doté d'une bonne capacité de tolérance au stress hydrique, le tournesol s'adapte à de nombreux contextes de production. Appartenant à la famille des Astéracées, la culture permet une certaine rupture avec les autres familles botaniques. Idéalement, le tournesol doit revenir tous les 4 ou 5 ans dans la rotation (minimum 3 ans). Un tournesol sur tournesol ou un tournesol tous les deux ans entraîne un risque sanitaire important, notamment vis à vis du mildiou, pathogène à très forte nuisibilité. 
 

2. Gestion de l’interculture

Idéalement, Terres Inovia conseille de détruire les couverts au plus tard deux mois avant le semis afin d’éviter les effets dépressifs sur le tournesol liés à une quantité importante de débris végétaux, au risque de salissement, et à la concurrence pour l’eau. Toutefois, cette année, les conditions météorologiques pluvieuses rendent la gestion des couverts difficile et des couverts sont encore en place dans certaines parcelles. La destruction chimique est à envisager si le couvert n’a pas gelé et que la destruction mécanique n’est pas possible. En cas d’utilisation de 2,4-D, le semis ne peut intervenir qu’après un délai d’un mois minimum suivant l’application. Il est essentiel d’intervenir uniquement sur un sol ressuyé pour prévenir le tassement et préserver la structure du sol. Dans tous les cas, Il est essentiel d’intervenir uniquement sur un sol ressuyé pour prévenir le tassement et préserver la structure du sol.
 

3. Culture de remplacement et rémanence des herbicides

Si le tournesol est envisagé en substitution d’une culture d’hiver défaillante, il est nécessaire d’étudier la faisabilité en fonction des herbicides appliqués.
En cas de retournement d’une parcelle de colza, de nombreux herbicides auront peu d’impact sur la croissance du tournesol (cf. tableau 1). Un labour profond est néanmoins recommandé si le désherbage du colza comportait du CALLISTO (mésotrione), du CENT 7 (isoxabène), du Rapsan TDI (métazachlore + quinmérac) ou du CENTIUM (clomazone).
 

Une vigilance particulière s’impose également concernant les délais de rémanence (indiqués entre parenthèses dans le tableau) pour IELO, LADIVA et surtout TRIVALDI. En cas d’application de LONTREL 100 ou SG sur le colza, l’implantation d’un tournesol est à proscrire.
 

En cas de retournement d’une céréale d’hiver, la liste des herbicides déconseillés avant un tournesol est plus restrictive (cf. tableau 2). Le tournesol est ainsi à exclure comme solution de remplacement en cas d’utilisation de chlortoluron, seul ou associé (TABLO 700, CONSTEL…).
 

MATENO (diflufénican + aclonifène) et KALENKOA (diflufénican + mésosulfuron + iodosulfuron + méfénpyr) sont également non recommandés par la firme avant l’implantation d’un tournesol.
 

Pour le diflufénican utilisé seul (DFF) ou en association avec la pendiméthaline (CODIX), un labour est recommandé.
 

À noter que le tableau comporte plusieurs inconnues selon les matières actives : la prudence reste donc de mise. 
 

4. Travail du sol

Le tournesol est une culture exigeante vis-à-vis de la qualité d’implantation. L’objectif du travail du sol est de corriger les éventuels défauts de structure (compaction, faible porosité) et d’ameublir le sol (présence de terre fine nécessaire) afin de favoriser un bon enracinement. Un lit de semences de mauvaise qualité peut entraîner des pertes de rendement importantes (> 10 q/ha) ainsi qu’une dégradation de la qualité (baisse du % d’huile).
 

Les sols tassés, ainsi que ceux présentant un taux d’argile ≤ 15 % ou un faible taux de matière organique, nécessitent généralement une restructuration en profondeur, par exemple à l’aide d’un décompacteur, afin de recréer une structure favorable à la progression racinaire. Attention toutefois aux conditions d’humidité lors des décompactages hivernaux, qui peuvent provoquer un phénomène de lissage et « faire pire que mieux ».
 

Si les sols bien structurés peuvent s’affranchir de ce travail, la réussite des techniques très superficielles (< 5 cm) ou du semis direct reste souvent aléatoire. Le strip-till peut constituer, selon le type de sol, une alternative intéressante, à condition de travailler suffisamment en profondeur (15–20 cm).
 

Traditionnellement, pour la reprise en sortie d’hiver, deux passages d’outils (déchaumeur à dents, herse, vibroculteur, rotative…) sont préconisés afin d’éclater les mottes, affiner, aplanir et réchauffer le lit de semences.