Semis du colza : Les atouts du semoir monograine
Des levées plus rapides et régulières avec un semoir monograine
Comparaison de semoirs en conditions sèches : les colzas semés au semoir monograine sont au stade cotylédons – 1ère feuille lorsque les colzas semés au semoir à céréales sont en cours de levée. Le peuplement est plus régulier avec le semoir monograine.
(Essai Terres Inovia - Morville sur Seille (54) - automne 2012)
- Régularité de la position de la graine en profondeur et bon rappui de la ligne de semis : levée plus rapide et homogène
- Contrôle de l'espacement des graines sur la ligne : optimisation des capacités de compensation du colza
- Écartement entre rangs qui permet le binage
- Économie de semences.
Conditions de mise en œuvre :
- Ne pas dépasser 50cm d’écartement en sols superficiels
- En sols moyen à profond, les écartements de 45-50cm (semoirs à betterave ou tournesol) sont optimums
- Les écartements type maïs (jusqu’à 80cm) sont à réserver aux sols profonds à bonne disponibilité en eau et en azote
- Dans tous les cas : adapter les densités de semis pour contrôler le nombre de plantes sur le rang (ne pas dépasser 15 plantes par mètre linéaire)
Profondeur de semis : semer idéalement entre 2 et 4 cm de profondeur
Avant de prendre une décision concernant la profondeur de semis, il est nécessaire de connaitre la profondeur de la zone fraiche.
En condition optimale de fraicheur, semer à 2 cm.
En sol sec sur 3-4 cm, semer plus profondément, jusqu’à 4 cm, pour positionner la graine sur la zone fraîche. La graine germera dès que la situation climatique le permettra (1 mm de pluie par centimètre de sol) et la jeune racine pourra croître dans une zone restée fraîche.
En sol sec, sur 5 cm et plus, semer à 2 cm de profondeur pour profiter d'une germination rapide en cas de pluie. Si les précipitations sont trop faibles (inférieures à 10 mm), le risque de dessèchement du grain en cours de germination est possible, la jeune racine ayant des difficultés à se développer dans une zone sèche. C’est la situation la plus délicate. Un semis à 5 centimètres peut favoriser la levée qui sera toutefois retardée par rapport à un semis plus superficiel si la réhumectation est rapide.
Dans tous les cas, ne pas assécher inutilement le sol par des passages répétées (herse, vibroculteur). Rappuyer le sol limite l'évaporation et favorise les remontées capillaires. En conditions difficiles, le semoir de précision est un plus pour la maîtrise de la densité, de la régularité du positionnement de la graine dans le lit de semences et donc pour l'implantation du peuplement.
Point technique
Réussir son implantation pour obtenir un colza robuste
Ce guide détaille les connaissances, stratégies et règles de décision qui permettent d’adapter les techniques culturales à chaque situation, afin de réussir l’implantation, et d’obtenir un colza robuste.
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Densité de semis : éviter les surdensités
Le peuplement optimal à viser en fin de levée se situe entre 20 et 35 plantes par mètre carré, selon le type de sol et l’écartement en rangs.
La densité de semis pour atteindre ce peuplement optimal se raisonne en fonction des pertes attendues à la levée qui dépendent du type de sol et du mode de semis (moins de pertes avec un semoir mono-graine, en sol léger et frais, plus de pertes en semis direct, en sol lourd, caillouteux et sec).
| Type de semoir (écartement) | Doses de semis conseillées (graines/m² ou kg/ha) en situation de pertes à la levée | |||||
| Faibles (≈15 % : semoir monograine, sols légers, frais affinés) | Moyennes ≈30 % : sols argileux, motteux, caillouteux) | Fortes ≈40 % : semis direct dans mulch et sols caillouteux) | ||||
| gr/m² | kg/ha* | gr/m² | kg/ha* | gr/m² | kg/ha* | |
| Céréales 15-34 cm | 40 | 1,6 à 2,0 | 50 | 2,0 à 2,5 | 55 | 2,2 à 2,8 |
| Monograine 35-44 cm | 35 | 1,4 à 1,7 | 45 | 1,8 à 2,2 | 50 | 2,0 à 2,5 |
| Monograine 45-50 cm | 30 | 1,2 à 1,5 | 40 | 1,6 à 2,0 | 45 | 1,8 à 2,2 |
| Monograine 60 cm | 30 | 1,2 à 1,5 | 40 | 1,6 à 2,0 | Non recommandé | |
| Monograine 70-80 cm | 22 | 0,9 à 1,1 | 25 | 1,0 à 1,25 | Non recommandé | |
* à titre indicatif, dose de semis en kg-ha pour un PMG de 4 à 5 g
Date de semis colza : semer avant la pluie
Raisonner la date de semis en 2 temps :
1 - Fixer la plage de semis a priori optimale et être prêt à semer : semences, matériel et main d’œuvre disponibles
Plages de semis conseillées : être prêt à semer en début de période puis déclencher le semis dans cette plage si les conditions sont propices.
La précocité du semis est également à adapter au milieu :
- Conditions justifiant des semis précoces : sols argileux, argilo-calcaire, plateau en altitude, semis direct, colza associé à des légumineuses, risque altise adulte, risque géranium
- Conditions justifiant des semis moins précoces pour limiter le risque d’élongation : Sols à forte disponibilité en azote (apports organiques répétés notamment), climat avec températures particulièrement douces à l’automne.
2 - Décider de semer une fois entré dans la plage optimale :
Une fois entré dans la période de semis favorable, le déclenchement du semis se fera avant un épisode de pluie. Semer dans le sec est une bonne chose, la graine attendra des conditions de germination favorables et bénéficiera pleinement des pluies à venir. Semer juste avant une pluie de 7-10mm est idéal. Si le lit de semence est légèrement humide, c’est même crucial car l’humidité est suffisante pour activer la germination, il faut donc que de nouvelles pluies arrivent rapidement pour éviter le dessèchement des plantules. Donc, il faut donc être réactifs et s’adapter aux prévisions météo à 5 jours.
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Les bases de la culture du colza
Cette formation s'adresse aux agriculteurs et techniciens qui souhaitent une mise à jour complète sur les techniques de culture du colza. Elle s'adresse également aux techniciens qui débutent dans le métier.
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Impact du type de semoir sur la vigueur du colza à l'automne
Quel semoir ? Quel écartement ? Dans quel type de sol ? Quatre types de semoir peuvent être utilisé pour semer son colza : semis direct, semoir monograine, combiné strip-till, semoir céréales combiné rotative.
Semis du colza : Le strip-till cumule les atouts
Le strip-till qui travaille uniquement la ligne de semis est une alternative intéressante au semis direct, puisqu’il assure le nettoyage de la ligne de semis et la fissuration sans perturber l’inter rang.
Strip till & chantier de semis. Inter rang peu perturbé
Il est utilisable dans tous les contextes pédoclimatiques sous réserve d’adaptation.
Certes cette action peut occasionner des levées d’adventices sur le rang et limiter la fabrication de terre fine mais elle présente un intérêt certain en été.
Ce procédé combine un travail du sol plus ou moins profond selon le type de sol et sa structure (10 à 25 cm) sur une bande de largeur variable (5 à 10 cm), à des écartements variables (37,5 à 75 cm pour le colza) et des zones inter bandes non travaillées avec un semis mono-graine. Le sol doit être ressuyé, la vitesse de travail réduite et la profondeur de fissuration optimale entre 10 et 15 centimètres selon les types de sol.
- En sol de limons, de sables, les actions simultanées (fissuration semis) fonctionnent bien.
- En sols argileux, des précautions sont à prendre. Dans les sols argileux un peu frais, la ligne peut être mal refermée. En situation plus sèche, on note un manque de terre fine. Pour éviter une mauvaise qualité de semis (profondeur hétérogène, graines non recouvertes), le découplage des actions de fissuration et de semis est conseillé : fissuration précoce en bonnes conditions, puis semis sur une terre émiettée.
Ligne insuffisamment refermée
Période hivernale : gel sur lupin
Les variétés de lupin d’hiver sont sélectionnées entre autres pour leur résistance au froid.
Leur capacité à résister à des températures négatives dépend de différents facteurs liés à la variété, la date de semis ainsi que les conditions hivernales.
Le lupin atteint l’initiation florale vers le stade 7-8 feuilles. Avant ce stade, le lupin peut résister à des températures de l’ordre de -10°C en sol sain. Au-delà de ce stade, la culture peut présenter des dégâts de gel à partir de températures minimales de l’ordre de -5°C. Le lupin est très sensible à tout excès d’eau et résiste mieux au froid dans les sols très filtrants (sols sableux) que dans les sols argileux ou limoneux.
Afin de prévenir les dégâts de gel sur lupin, il est important de bien choisir sa parcelle, choisir une variété résistante et semer aux dates conseillées afin de favoriser un bon endurcissement à l’arrivée des gelées.
Mais l’endurcissement c’est quoi ?
Les protéagineux d’hiver ont la capacité de s’endurcir, c’est-à-dire de s’acclimater au froid pour mieux y résister. Pour que l’endurcissement se fasse dans de bonnes conditions, les températures doivent descendre progressivement et non brutalement.
Dégâts liés au gel
Ils apparaissent en quelques semaines, souvent suivant un retour de températures douces.
Les dégâts de gel apparaissent tout d’abord sous forme de brûlures sur le bord des feuilles, brûlures qui progressent sous forme de nécroses noires du haut vers le bas de la plante.
Il est également important de vérifier l’état du collet et de la racine même si les parties aériennes semblent saines : si ces derniers sont bruns et mous, la plante va dépérir plus tardivement et ne repartira pas. En revanche, s’ils sont bien blancs et sains, il n’y aura pas de dégâts. Un diagnostic précoce peut être effectué en prélevant des plantes et en les ramenant progressivement à une température de 15 à 20°C : au bout de quelques jours, si les plantes reprennent leur vigueur et restent vertes, c’est qu’elles n’ont pas gelé.
Les ravageurs du lupin : thrips
Les thrips du lin et des céréales (Thrips angusticeps), communément appelé « mouche(tte) d'orage » ou « bête d’orage », sont des insectes allongés, de petite taille (1 à 2 mm), noirs, pourvus de quatre ailes étroites longuement frangées et de pièces buccales piqueuses suceuses asymétriques.
L’adulte est actif pour des températures supérieures à 7-8°C. A l’automne comme au printemps, il pique les jeunes plantes de lupin et leur injecte une salive toxique, qui stoppent leur développement. Les plantes restent naines, le bourgeon terminal dégénère, et la plante finit par disparaitre.
En cas d’automne doux pour le lupin d’hiver et en levée lente pour le lupin de printemps, une protection peut être envisagée.
Documents à télécharger
Les ravageurs du lupin : limaces et taupins
Les limaces peuvent causer d’importants dégâts sur les cultures de lupin. Intervenir avec un molluscicide si besoin, dès le semis jusqu’au stade 2-3 feuilles.
Taupins : être surtout attentif après retournement de prairie, au moment de la levée.
Présence d'une limace sur du lupin | Larve de taupin
La problématique « mouche des semis »
Biologie
La mouche des semis (Delia platura) est l’un des ravageurs les plus préjudiciables au lupin, en particulier au lupin d’hiver. C’est un insecte très polyphage (plus de 40 plantes-hôtes).
Attirées par les sols humides, riches en matière organiques et fraîchement travaillés, la femelle dépose plusieurs centaines d'œufs dans le sol.
La durée de développement de la larve dure 3 semaines. Elle s'alimente aux dépens des matières animales ou végétales en décomposition sur lesquelles elle peut effectuer la totalité de son développement. Toutefois, très attirée par les graines en germination et les jeunes plants, elle y pénètre et creuse des galeries dans les cotylédons, les tigelles, les jeunes pousses avant leur sortie de terre. Les plantes sont vulnérables aux attaques pendant 3-4 semaines après la germination, jusqu’à ce que les tissus soient plus résistants.
Les larves se nymphosent ensuite sous forme de pupes dans le sol à des profondeurs variables. De 3 à 6 générations peuvent se succéder.
Typiquement, les plants attaqués ont le bourgeon terminal en partie ou entièrement noirci, pourri et fané. Parfois, l’apex est détruit. Souvent la base, et parfois le reste du cotylédon contiennent des galeries d’environ 1mm de diamètre, infestés par une ou deux larves de diptère. Les pieds touchés sont affaiblis, ils sont ensuite plus sensibles aux maladies fongiques et dépérissent souvent au cours de l’automne ou de l’hiver.
A partir du moment où les dégâts sont évidents, il est souvent trop tard pour mettre en place un contrôle adéquat.
Source : INRA ; Ségolène PLESSIX, Bruno Jaloux et Estelle Chenu (Agrocampus Ouest Angers) – projet PROGRAILIVE.
Méthode de lutte
Il n’existe pas de moyen de lutte en végétation contre la mouche des semis. Une lutte préventive s’impose via le travail du sol et la qualité de l’implantation.
Dès la récolte du précédent, et en particulier s’il s’agit d’une céréale, retirer les pailles pour limiter les quantités de matières organiques fraiches. Réaliser un ou des faux semis afin de diminuer le stock semencier. Rappuyer le sol avec un rouleau afin de conserver l’humidité.
Un mois avant le semis au minimum, un labour est indispensable afin d’enfouir au maximum la matière organique restante. Ce travail du sol attirera les mouches qui pondront, mais si le délai d’un mois est respecté, il n’y aura plus de risque pour la future culture de lupin au moment du semis.
Refermer le labour et ne plus toucher le sol jusqu’au semis.
Semer le lupin dans un sol chaud, bien ressuyé, à 2–3 cm de profondeur.
Avec semoir pneumatique, cela permet d'optimiser la répartition et la profondeur des graines. Bien rappuyer le sol pour favoriser un bon contact sol/graine. L’objectif est de favoriser une levée rapide de la culture, afin de passer la plus vite possible le stade de sensibilité à la mouche (apparition des premières feuilles).