Surveillance et lutte contre le méligèthe
Un ravageur visible mais peu nuisible en général
Le méligèthe est un petit coléoptère de 1.5 à 2.5 mm, son corps de forme aplatie est noir brillant avec des reflets métalliques parfois verts. Ses antennes et ses pattes sont noires ; ses antennes sont en forme de massue.
Les méligèthes se nourrissent de pollen : lorsque les fleurs sont encore au stade boutons, ils les perforent pour atteindre les étamines, ce qui peut endommager le pistil et conduire à leur avortement. Le risque de pertes est d’autant plus important que les boutons sont petits ; mais dès que les fleurs sont ouvertes, le pollen est libre d’accès et la nuisibilité devient généralement nulle et le traitement inutile. Les femelles pondent pendant la floraison dans les boutons mais cela n’endommage pas la plante.
1et 2. Méligèthe adulte sur boutons - 3. Boutons avortés suite attaque de méligèthes
Stratégie de lutte : maintenir la population à un niveau tolérable
La stratégie de lutte vis-à-vis des méligèthes a pour objectif de maintenir la population à un niveau tolérable (et non à l'éradiquer) pour que la floraison puisse s’engager sans retard important et que les compensations puissent s'exprimer au maximum. Le colza dispose d’importantes capacités de compensation. Lorsque la culture est vigoureuse, elle peut faire face à des attaques de méligèthes même fortes.
Visiter ses parcelles pour évaluer l’état des colzas et le niveau de présence du méligèthe
Plus la culture est vigoureuse et saine, plus elle peut supporter la présence de méligèthes, même abondante. Au contraire, plus la culture est chétive, stressée ou en situation contrainte, plus elle sera sensible aux attaques. L'observation de l'état du colza est donc aussi primordiale que l'observation du ravageur
- Ne pas intervenir trop rapidement, mais essayer de faire "le plein" avant l'application d'un insecticide. Traiter 5 à 7 jours après que le seuil d'intervention a été atteint. Si une nouvelle intervention s'avère nécessaire, attendre une semaine.
- Toute intervention est à éviter à partir de l’apparition des premières fleurs dans la végétation sauf si la pleine floraison ne se produit pas une semaine après l’apparition des premières fleurs. La ponte des adultes et les larves n’engendrent pas de dégâts à la culture.
| Stade sensible | Du stade boutons accolés D1 ou BBCH 50 au stade boutons séparés E ou BBCH 59 |
| Piégeage | Cuvette jaune uniquement indicateur de présence. Dénombrement sur plante nécessaire. |
| Condition de vol | Températures >14° C |
| Seuils d'intervention en fonction de l'état du colza et de son stade | ||
| Colza au stade D1 | Colza au stade E | |
| Colza vigoureux | Pas d'intervention |
6 à 9 méligèthes par plante** Région sud : 4 à 6 méligèthes par plante |
| Colza peu vigoureux | 50% de plantes infestées ou 1 méligèthe par plante** | 65 à 75% de plantes infestées ou 2 à 3 méligèthes par plante** |
*ou conditions peu favorables aux compensations (températures faibles, plantes stressées en eau à floraison, dégâts parasitaires antérieurs…)
**Les comptages en bordure ou sur les plantes les plus hautes ne sont pas représentatifs de la situation. Il est conseillé de compter sur 5 x 5 plantes consécutives ; puis de calculer une moyenne ou un % par plante à rapprocher des seuils mentionnés dans le tableau. De plus il faut tenir compte des capacités de compensation des cultures.
Innover avec l'utilisation de plantes piègesDans les situations où les attaques de méligèthes sont généralement modérées l’association d’une variété haute et très précoce à floraison (ex ES Alicia, Troubadour …) en mélange à 5-10% avec la variété d’intérêt peut permettre de rester en deçà des seuils d’intervention. Cette variété haute et très précoce sera en effet plus attractive pour les méligèthes, protégeant ainsi les plantes de la variété d’intérêt. |
Petit guide pratique
des ravageurs du colza
Conçus pour être glissés dans la poche, les petits guides pratiques proposent des fiches pour reconnaître insectes et maladies des cultures et leurs dégâts.
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Les stades repères du pois chiche
Identifier la présence de baris (très fréquent ; non nuisible)
La baris est un charançon noir à reflet bleu vert de 2,4 à 5mm, sans poils.
Sa nuisibilité est généralement très faible et est principalement due aux larves qui se développent à l’intérieur de la racine principale.
Les adultes sont capturés dans les cuvettes jaunes tout au long du cycle du colza. La lutte contre les autres insectes au printemps ne permet pas de contrôler la baris qui est installé sous le couvert végétal.
| Pour vous aider à différencier les différentes espèces de charançons du colza, utiliser la clé d’identification suivante : http://www1.montpellier.inra.fr/CBGP/coleotool/charancons.html |
|
Les ravageurs du colza sont tous régulés par de nombreux auxiliaires. Limiter les traitements insecticides autant que possible. Si un traitement se justifie, sur les insectes résistants, utiliser des produits efficaces au risque d’engendrer des pullulations d’insectes. Pour en savoir plus sur ces organismes, consulter l’article sur les auxiliaires. |
*L’utilisation des insecticides à base de néonicotinoïdes comme PROTEUS, HOREMEV200 est interdite depuis le 1er septembre 2018.
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Symptômes de carence en soufre et bore à la récolte
Symptômes de carence en soufre
Avortement ou formation de grosses siliques vides. Forte réduction du rendement.
1. Siliques épaisses et vides 2. Siliques présentant très peu de graines
Symptômes de carence en bore
L'association de plusieurs symptômes est nécessaire pour conclure à une carence en bore
- épaississement du pivot et du collet, et éventuellement moelle nécrosée dans la partie supérieure,
- régression et disparition des bourgeons terminaux ; départ très bas des ramifications ; port buissonnant,
- fentes longitudinales sur la tige en croissance active (stade D2) en "coups de rasoirs",
- pincement de la tige sous les boutons floraux de la hampe principale et des ramifications,
- siliques peu nombreuses, plus ou moins vides, souvent en crochet.
Bloquage de la croissance des siliques
Risque de confusion
- dégâts de gel entraînant la pourriture du bourgeon terminal
- dégât de charançon du bourgeon terminal
- éclatement de l'épiderme des tiges, lié à une croissance trop rapide au printemps
- attaque de charançon de la tige entraînant une nécrose de la tige
- carence en soufre et siliques vides.
Méthodes de correction
Le stade est trop tardif pour réaliser une correction.
Identifier la présence de nématodes (peu fréquent, peu nuisible)
La présence de foyers de plantes peu développées, au feuillage jaunissant peut être observée dans des parcelles de colza. Les régions les plus touchées se situent dans l'Aube, la Marne et l'Aisne, mais également sur la façade atlantique, en Charente, Vendée, Loire atlantique et dans le sud de la Touraine et les rotations qui y sont pratiquées permettent à quatre espèces de nématodes d'être à l'origine des symptômes observés. Ces symptômes s'expriment essentiellement à la fin de l’hiver lorsque les plantes supportent difficilement la reprise de végétation mais peuvent avoir une toute autre origine, comme des viroses, des carences, ou des problèmes de structure de sol. Des analyses sont donc indispensables pour identifier l'origine des dégâts observés.
Biologie
Meloidogyne artiellia est un nématode à galles qui peut se développer sur toutes les céréales mais également sur les légumineuses et les crucifères. Les populations sont présentes dans le grand bassin parisien, la Champagne et la Basse Normandie, où leur présence peut s’exprimer par des symptômes sur colza.
Heterodera cruciferae et H. schachtii sont des nématodes à kyste, bien connus tant du point de vue de leur biologie que de leur gamme d'hôte : H. schachtii se développe sur une large gamme de plantes hôtes, betteraves, crucifères, H. cruciferae étant strictement inféodé à cette dernière famille. Il n'existe par contre, que peu d'informations sur leur présence respective dans les zones où le colza domine même si H. cruciferae y est relevé ponctuellement.
Pratylenchus spp est largement connu pour être un agent de fatigue des sols et est par conséquent un candidat potentiel pour ce type de dégâts.
Symptômes de carence en soufre, phosphore et bore à floraison
Symptômes de carence en soufre
Décoloration (blanchissement) des fleurs. Les symptômes foliaires sont parfois fugaces ou peu prononcés. Ils apparaissent d'abord dans les tournières, les ruptures de pente et dans toutes les zones où la minéralisation et l'enracinement sont mauvais.
Fleurs pâles, avortées
Symptômes de carence en phosphore
A ce stade, il n’est plus possible de corriger les carences sur la culture en place. Etre attentif au raisonnement de la fertilisation sur les cultures suivantes, surtout si elles sont très exigeantes, pour éviter l’apparition de nouvelles carences.
Avec et sans fertilisation phosphatée, essai Terres Inovia
Symptômes de carence en bore
L'association de plusieurs symptômes est nécessaire pour conclure à une carence en bore
- épaississement du pivot et du collet, et éventuellement moelle nécrosée dans la partie supérieure,
- régression et disparition des bourgeons terminaux ; départ très bas des ramifications ; port buissonnant,
- fentes longitudinales sur la tige en croissance active (stade D2) en "coups de rasoirs",
- pincement de la tige sous les boutons floraux de la hampe principale et des ramifications,
- siliques peu nombreuses, plus ou moins vides, souvent en crochet.
Bloquage de la croissance des siliques
Risque de confusion
- dégâts de gel entraînant la pourriture du bourgeon terminal
- dégât de charançon du bourgeon terminal
- éclatement de l'épiderme des tiges, lié à une croissance trop rapide au printemps
- attaque de charançon de la tige entraînant une nécrose de la tige
- carence en soufre et siliques vides.
Méthodes de correction
Le stade est trop tardif pour réaliser une correction.
Surveillance du charançon de la tige du chou (très fréquent, peu nuisible)
Biologie
Le charançon de la tige du chou, accompagne ou précède légèrement et très fréquemment le charançon de la tige du colza dans les cuvettes, à la reprise de la végétation.
Les pontes sont déposées dans les pétioles et les larves migrent plus ou moins rapidement vers la moelle des plantes qui peuvent supporter ces hôtes sans dommages.
Charançon de la tige du chou adulte
Sa nuisibilité reste très limitée, contrairement à celle du charançon de la tige du colza.
Il est donc nécessaire d'apporter le plus grand soin à l'identification des captures dans les pièges pour ne pas les confondre et éviter un traitement inutile.
Ne pas confondre le charançon de la tige du colza avec le charançon de la tige du chou considéré comme peu ou pas nuisible pour le colza.Le charançon de la tige du colza a le bout des pattes noir. Le charançon de la tige du chou, plus petit, a le bout des pattes roux et une tache blanchâtre dorsale entre le thorax et l’abdomen. |
1. Charançon de la tige du colza; 2. Charançon de la tige du chou
Les adultes de charançons de la tige du chou pondent dans les pétioles puis les larves progressent vers les tiges. Les plantes peuvent supporter sans dommages un grand nombre de larves dans la partie médullaire. Des pertes de productions n’ont été identifiés que dans des cultures très denses (> 100 plantes/m2) où les larves ont attaqué les vaisseaux libéro-ligneux sur des tiges de très faible diamètre.
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des ravageurs du colza
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Charançons : identification de l'espèce au stade larvaire
Analyse d’un fragment spécifique d’ADN afin d’identifier les différentes espèces de charançons ravageurs du colza.
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Surveillance et lutte contre le charançon de la tige du colza (fréquent, très nuisible)
Biologie
C’est le plus gros des charançons nuisibles sur colza (3 à 4 mm). De couleur gris cendré, le bout des pattes est noir.
1. Charançon de la tige du colza adulte - 2. Tige déformée - 3. Tige éclatée
Ne pas confondre le charançon de la tige du colza avec le charançon de la tige du chou considéré comme peu ou pas nuisible pour le colza.Le charançon de la tige du colza a le bout des pattes noir. Le charançon de la tige du chou, plus petit, a le bout des pattes roux et une tache blanchâtre dorsale entre le thorax et l’abdomen. |
1. Charançon de la tige du colza 2. Charançon de la tige du chou
Le charançon de la tige du colza pond dans la tige ce qui peut provoquer une déformation et un éclatement de la tige. La nuisibilité de l'insecte est plus élevée en conditions sèches (avec ou sans éclatements de tiges).
| Stade sensible | Piégeage | Vol | Seuil |
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De la reprise de végétation (apparition des premiers entre-nœuds) - C2 ou BBCH 31 jusqu'à fin montaison E ou BBCH 57 |
Cuvette jaune posée sur la végétation |
Températures >9° C, absence vent et pluies favorables |
Lutte contre adultes avant la ponte. En général 8 jours après les premières arrivées* |
*En cas de premières captures précoces sur un colza encore au repos végétatif, différer l'intervention pour se rapprocher du début d'élongation de la tige. Attention toutefois à ce que les prévisions météo ne risquent pas de conduire à l'impossibilité de passer matériellement (pluies, vent) alors que le stade sensible est atteint.
*L’utilisation des insecticides à base de néonicotinoïdes comme PROTEUS, HOREMEV200 est interdite depuis le 1er septembre 2018.
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Charançons : identification de l'espèce au stade larvaire
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Reconnaître les larves de grosses altises
Des larves de grosses altises peuvent être encore présentes, y compris des larves jeunes. Les éclosions des œufs reprennent lorsque les températures se radoucissent. Un traitement à cette époque ne se justifie plus.
Ne pas confondre les larves de grosses altises avec celles de charançons (du bourgeon terminal ou de la tige) ou avec des asticots. La larve d’altise mesure de 1.2 à 8 mm selon les stades. Elle présente une tête bien développée de couleur brune à noire, une plaque pigmentée à l’extrémité postérieure et des plaques pigmentées tout le long du corps. Ce qui la différencie le plus facilement des larves de charançons et des larves de mineuses (asticots) est la présence de 3 paires de pattes.
| Espèces | Larve de charançons | Larve d'altise d'hiver | Larves de mineuses (asticots) | |
| Critères discriminants | Tête | Oui | Oui | Non |
| Pattes | Non | Oui | Non | |
| Divers | - | Plaques pigmentées tout le long du corps et à l'extrémité postérieure | - | |
| Extractible par Berlèse | Non | Oui | Oui | |
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des ravageurs du colza
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Stocker son lupin
Contrairement à la féverole ou au pois, les graines de lupin ne contiennent pas d’insectes pouvant émerger durant le stockage.
Silos de stockage
Il est important de maîtriser l’humidité et la température des graines de lupin pour assurer une conservation de longue durée :
- En présence importante d’impuretés, procéder au nettoyage pour éviter tout risque de développement de moisissures.
- Si les graines ont une humidité inférieure à 20 %, et à condition qu’il n’y ait pas de résidus d’adventices, une simple ventilation à air ambiant permet de ramener les graines à 14-15 % d’humidité pour les conserver entières.
- Si la récolte est plus humide, deux solutions possibles :
- le séchage à air chaud ;
- l’inertage en cas d’autoconsommation des graines : la graine est broyée et stockée dans un silo hermétiquement fermé comme pour l’ensilage. Le dégagement de CO2 dans le silo dû à la fermentation des graines suffit à assurer leur conservation.