Comment choisir sa parcelle de lupin de printemps ?
Avant toute chose, il est important de bien choisir sa parcelle.
Le lupin est une plante sensible au calcaire actif et aux excès d’eau. Peu couvrante en début de cycle, le lupin de printemps est une culture qui peut se salir au cours du printemps ou en fin de cycle. Il est donc important de choisir une parcelle propre, exempte de vivace, drainante et dont le taux de de CaCO3 total est inférieur à 2,5 %. Eviter les parcelles hydromorphes et à fort risque d'enherbement printanier et estival, ainsi que les sols limoneux, froids et battants qui ralentissent la levée et donc pénalisent l’implantation.
Le lupin de printemps mets en place ses composantes de rendement sur les mois de juin-juillet- août. Il aura besoin d'assurer sa nutrition hydrique à ces moments clés. Favoriser des parcelles profondes ) bonne réserve utile.
Comment préparer sa campagne de lupin de printemps ?
La nature du précédent est indifférente. Néanmoins, dans un souci d’optimisation de l’utilisation de l’azote, privilégier les précédents à faibles reliquats tels que céréales (une ou deux pailles), tournesol, maïs….
Afin de limiter le risque maladies et ravageurs, le retour du lupin sur une même parcelle doit être espacé d'au moins 5 ans.
Quelle est la période optimale pour récolter le lupin ?
Récolte optimale à 14-15 % d’humidité
Les gousses de lupin ne s’ouvrent pas à maturité sur la plante, ce qui facilite la récolte.
Cette dernière est possible dès 20 % d’humidité, mais l’optimum est de récolter à 14-15 % afin de favoriser une bonne conservation des graines.
En cas de graines très sèches (teneur en eau inférieure à 10-12 %) ou de forte chaleur, battre plutôt le matin pour limiter l’éclatement des gousses au contact des rabatteurs.
Dates de récolte
Récolte du lupin
Le lupin d’hiver se récolte à partir de fin juillet.
Le lupin de printemps se récolte de mi-août à mi-septembre pour les zones les plus tardives. La maturité peut être retardée en cas d’été frais et humide.
La coupe avancée, pour les agriculteurs qui en ont une, est un vrai avantage.
Ce sont les deux premiers étages de gousses qui font l’essentiel du rendement du lupin.
Les rendements du lupin varient en général entre 20 q/ha et 45 q/ha. Cette variation est souvent liée aux conditions sanitaires de l’année, ainsi qu’à la disponibilité en eau en fin de cycle.
Quelques valeurs indicatives de composantes de rendement en conventionnel
| Type de lupin | Hiver | Printemps |
| Plantes/m² | 20 | 40 |
| Etages de gousses | 3 à 4 | 2 à 3 |
| Nb de gousses/plante | 15 à 20 | 10 |
| Graines/m² | 800-1000 | 700-850 |
| PMG | 290-330 | 270-330 |
| Rendement (q/ha) | 25-30 | 20-25 |
Source : Terrena
Maladies du lupin : sclérotinia
Description
Le sclérotinia (Sclerotinia sclerotiorum) peut être observé sur lupin. C’est le même parasite que celui observé sur pois, féverole, colza, tournesol...
Un mycélium blanc et des sclérotes de forme ovoïde se développent à l’intérieur de la tige et entraînent le dessèchement de la plante.
Un printemps humide et la présence d’autres cultures oléo-protéagineuses au sein de la rotation sont des facteurs favorables à son apparition.
Nuisibilité
Elle est généralement faible
Méthode de lutte
La lutte biologique à l’échelle de la rotation est possible, grâce à LALSTOP CONTANS® WG. Il détruit les sclérotes dans le sol : soit incorporé au sol en pré-semis à 2 kg/ha en première utilisation (50 €/ha), soit apporté sur la culture (moindre efficacité) entre 2 et 4 kg/ha, soit apporté sur les résidus de récolte contaminés à la dose de 1-2 kg/ha.
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Ravageurs secondaires : pucerons et punaises
Les attaques de pucerons (vecteurs de viroses) sont peu fréquentes.
La présence de punaises peut être observée sur les parcelles de lupin ; elles sont peu préjudiciables à la culture.
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Maladies du lupin : rouille
Description
La rouille (Uromyces lupinicolus) apparaît à partir de la floraison lorsque les températures sont élevées. Elle se présente sous forme de pustules de couleur brun-rouge, principalement sur la face inférieure des feuilles.
Nuisibilité
Elle peut être élevée en cas d’attaque précoce et de temps chaud et sec.
Méthode de lutte
Intervenir dès l’apparition des premières pustules avec une triazole autorisée.
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Maladie du lupin : Botrytis
Description
Le botrytis (Botrytis cinerea) peut être observé sur lupin. Il provoque une pourriture brun-gris. La maladie se développe le plus souvent en conditions humides à partir de la floraison.
Nuisibilité
Elle est moyenne à élevée en fonction des conditions climatiques.
Méthode de lutte
La gestion du botrytis doit être intégrée au programme fongicides.
Préférer Amistar 0,8 l/ha ou Sunorg Pro 0.8l/ha (metconazole 90g/l).
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L’anthracnose sur lupin : surveillance et lutte
Description
L’anthracnose (Colletotrichum sp.) est la maladie du lupin la plus préjudiciable. Elle est transmise par les semences et les résidus de cultures contaminés. Les plantes atteintes présentent des tiges avec une courbure en crosse et des chancres roses auréolés de brun. En cas de forte attaque elle peut provoquer le dessèchement de la plante. Des chancres peuvent également se développer sur les gousses.
Elle apparait généralement en foyers, à partir d’avril-mai sur lupin d’hiver et de printemps. En cas de forte attaque, les tiges cassent, la plante flétrit. Un temps chaud et humide au printemps favorise le développement de la maladie.
Nuisibilité
Elle peut être élevée en cas d’attaque précoce et importante.
Méthode de lutte
Dès que les premiers symptômes (courbure) apparaissent, intervenir avec Amistar 0.8l/ha (azoxystrobine 250 g/l), Pictor Active (pyraclostrobine 250 g/l + boscalide 150 g/l) ou Sunorg Pro 0.8l/ha (metconazole 90g/l).
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Maladie des taches brunes
Biologie
La maladie des taches brunes (Pleiochaeta setosa) est moins fréquente et se développe principalement sur lupin d’hiver. Des taches violacées brunes à noirâtres ponctiformes peuvent évoluer en nécroses plus ou moins irrégulières sur les feuilles, les tiges et les gousses. Les graines atteintes sont de taille réduite, tâchées et déformées. Des températures modérées (10-15°C) et une humidité importante favorisent le développement de la maladie.
A noter que le champignon peut également attaquer le système racinaire, provoquant des lésions noires sur les racines, et entrainant le flétrissement de la plante.
Nuisibilité
Elle peut être élevée pour les semis d’automne.
Méthode de lutte
Prévenir l’apparition de la maladie en utilisant des semences saines.
Pas de traitement homologué en végétation.
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Gestion en cours de campagne du charançon du bourgeon terminal
Biologie
Les adultes de charançon du bourgeon terminal (CBT) (Ceutorhynchus picitarsis) mesurent entre 2,5 et 3,7 mm. Ils ont le corps noir et brillant, avec une pilosité courte clairsemée, des taches latérales roussâtre entre le thorax et l’abdomen, et des taches dorsales blanchâtres. L’extrémité des pattes est rousse.
Les larves mesurent de 4,5 à 6,5 mm et sont blanchâtres. Leur tête est brune, tirant sur le noir au premier stade larvaire, puis sur le jaune. Les larves n’ont pas de pattes.
Les adultes, très discrets, pondent dans les pétioles à l'automne. Les larves peuvent passer dans le cœur des plantes au stade rosette et détruire le bourgeon terminal. Au printemps, les plantes ont alors un aspect buissonnant.
Fréquence : faible à élevée selon les régions
Nuisibilité : forte
1. Larves de charançon au cœur de la plante; 2. Charançon adulte
Pour différencier les différentes espèces de charançons du colza, utiliser la clé d’identification.
Gestion
Une fois dans les plantes, les larves de CBT ne sont plus atteintes par les insecticides (pas de stade “balladeur” comme la grosse altise). La lutte vise donc les adultes avant le début des pontes. Confirmer si possible le risque par des données BSV ou autre réseau de piégeage (vol, maturation, ponte).
L’outil de suivi de vol peut aussi vous aider à suivre la dynamique de vol.
| Stade sensible | Piégeage | Vol | Seuil |
| 3 feuilles jusqu'à la reprise de végétation | Cuvettes jaunes posées sur la végétation | Vol intervenant généralement vers mi-octobre dans le Centre et le Nord et début novembre dans le Sud-Ouest. | Raisonner selon le piégeage en cuvette et les données fournies par le réseau BSV (pic vol régional ou pontes si disponibles). Consulter l’outil suivi de vols. Dans les situations où le risque agronomique est faible et le risque historique charançon du bourgeon terminal est faible (nuisibilité rare), une impasse est possible même en présence d’insectes. Dans les autres situations, intervenir au pic de vol régional : Si vols fin septembre, généralement intervenir 15 jours après les 1ères captures (réseau de piégeage ou cuvettes) Si vols courant octobre, généralement intervenir entre 8 à 10 jours après les vols premières captures (réseau de piégeages ou cuvettes). Utiliser l'outil "Colza risque ravageurs" pour évaluer le risque. |
Si une intervention est recommandée, utilisez un pyréthrinoïde autorisée comme la lambdacyhalothrine, deltaméthrine ou cyperméthrine. Même en présence de mutation KDR, le niveau de résistance reste faible et les pyréthrinoïdes demeurent efficaces. L’étofenprox est un cran en dessous.
Le traitement visant le charançon du bourgeon terminal peut être efficace sur les premières larves de grosse altise si elles sont déjà présentes (vérifiable par Berlese) et selon leur sensibilité aux insecticides.
| Les ravageurs du colza sont tous régulés par de nombreux auxiliaires. Limiter les traitements insecticides autant que possible. Si un traitement se justifie, sur les insectes résistants, utiliser des produits efficaces au risque d’engendrer des pullulations d’insectes. Pour en savoir plus sur ces organismes, consulter l’article sur les auxiliaires. |