Irriguer le tournesol : un intérêt accru dans les sols superficiels et intermédiaires

Une culture très tolérante aux conditions sèches…

Si la structure du sol n’entrave pas sa croissance racinaire, le tournesol est capable d'exploiter les horizons les plus profonds (jusqu’à 2 m) et d'extraire une plus grande quantité d’eau disponible du sol que d’autres cultures. Au niveau technico-économique, c’est une culture robuste, relativement à d’autres cultures d’été conduites en sec, amortissant particulièrement bien les aléas climatiques.

 

… et valorisant de quantités limitées d’eau d’irrigation

Le tournesol est également une plante qui répond bien à une irrigation modérée en quantité, surtout si sa croissance végétative est limitée avant la floraison. L’eau d’irrigation est particulièrement bien valorisée entre le tout début floraison et la fin du remplissage des graines, lorsque la réserve en eau du sol est en phase d’épuisement. Les besoins en eau d’irrigation du tournesol sont le plus souvent inférieurs à 100 mm (1000 m³/ha).

L’irrigation du tournesol est la mieux valorisée dans les sols superficiels et intermédiaires. Les essais et les observations en culture ont montré un gain moyen de l’ordre + 1.2 à + 1.4 q/ha par tranche de 10 mm d’apport dans les sols superficiels (RU ≈ 80 mm), + 0.8 à + 1 q/ha dans les sols intermédiaires (RU ≈ 130 mm) et de + 0.5 q/ha dans les sols profonds (Réserve utile ≈ 180 mm).

 

Deux apports d’eau, l’un avant et l’autre après la floraison : une stratégie gagnante

Comme l’illustrent notamment des essais conduits dans des sols filtrants de Rhône-Alpes, deux tours d’eau, positionnés avant et après la floraison, constituent la solution optimale pour augmenter le rendement avec un volume d’eau limité (80mm).

Dans ce contexte de disponibilité en eau restreinte, une seule irrigation de 40mm fin floraison apporte déjà un gain de rendement de 5q/ha par rapport à une conduite sans irrigation. Le positionnement de cet apport unique à fin floraison, par rapport à la préfloraison, permet d’augmenter à la fois le rendement et la teneur en huile (+ 4 points).

A noter que l’irrigation n’a aucun effet sur la teneur en acide oléique du tournesol.

 

Résultats essai CREAS/TERRES INOVIA 2006

Contexte : stress hydrique précoce et prolongé en sol superficiel

Résultats essai CREAS

 

Des marges améliorées

Au niveau économique (marge intégrant les coûts de l’eau d’irrigation), le tournesol irrigué en culture principale est bien positionné relativement à d’autres espèces irriguées de printemps (pois) ou d’été (soja, sorgho, maïs) dans les sols superficiels voire intermédiaires selon le contexte de prix de vente des graines et de coût d’achat de l’eau, toutes les espèces étant irriguées avec des mêmes volumes restreints (1 à 3 tours d’eau avec un volume total inférieur ou égal à 100 mm). Toujours en relatif, l’irrigation du tournesol est moins bien valorisée dans les sols profonds où des espèces plus exigeantes en eau, comme le soja ou le maïs, se positionnent mieux au niveau économique. 

La simulation économique présentée ci-dessous illustre l’intérêt de l’irrigation du tournesol dans les sols superficiels : dans ce contexte défini, le tournesol irrigué fait partie des cultures d’été à meilleure marge en conduite irriguée et volumes restreints.

 

Hypothèses retenues

Avec les hypothèses retenues, les gains de marge permis par l’irrigation du tournesol, pour un coût total de l’eau à 0.30 €/m³, sont compris entre +150 et +200 €/ha dans les sols superficiels pour 100 mm de dose totale. Ce gain n’intègre par l’effet de l’augmentation de teneur en huile sur le prix de vente des graines, effet le plus souvent valorisé à l’échelle de l’organisme de collecte. 

Les coûts de l’eau sont très variables selon le contexte de chaque exploitation agricole irrigable (selon l’origine de l’eau, les modes de pompage et d’aspersion, l’amortissement plus ou moins avancés des équipements, etc.). De même, les prix de vente du tournesol et des autres cultures peuvent fortement différer d’une campagne à l’autre. Ainsi selon votre contexte de production, les gains de marge à attendre grâce à l’irrigation du tournesol sont très variables : voir les deux tableaux suivants (sols superficiel et sol intermédiaire).

 

Irrigation indispensable pour le tournesol en double culture

Dans le Sud de la France, le tournesol peut être cultivé en double culture (ou culture dérobée), juste après une orge précoce par exemple. Dans ce cas, l’irrigation est indispensable pour assurer une levée rapide dès fin juin – début juillet et accompagner la culture dans un contexte où la réserve en eau du sol est fortement entamée après la culture d’hiver.

 

L’irrigation du tournesol peut être très rentable pour l'exploitation !

1. Lorsque la ressource en eau est limitée

Mettre du tournesol dans l’assolement présente un intérêt pour les exploitations avec irrigation où les quantités d’eau disponibles ne permettent pas d’irriguer à l’optimal, sur toute la surface, les autres cultures, en particulier les plus exigeantes en eau.

2. Lorsque l’interdiction d’irrigation est précoce

Les exploitations soumises à des arrêts précoces d’irrigation (début à mi-août) peuvent trouver avec l’irrigation du tournesol un moyen de valoriser l’eau à l’époque où elle est encore disponible.

3. Tout particulièrement dans les sols superficiels et intermédiaires

 

Bouches-du-Rhône (13) Finistère (29) Gard (30) Haute-Garonne (31) Gers (32) Gironde (33) Hérault (34) Ille-et-Vilaine (35) Indre (36) Indre-et-Loire (37) Isère (38) Jura (39) Landes (40) Loir-et-Cher (41) Loire (42) Haute-Loire (43) Loire-Atlantique (44) Loiret (45) Lot (46) Lot-et-Garonne (47) Lozère (48) Maine-et-Loire (49) Manche (50) Marne (51) Haute-Marne (52) Mayenne (53) Meurthe-et-Moselle (54) Meuse (55) Morbihan (56) Moselle (57) Nièvre (58) Nord (59) Oise (60) Orne (61) Pas-de-Calais (62) Puy-de-Dôme (63) Pyrénées-Atlantiques (64) Hautes-Pyrénées (65) Pyrénées-Orientales (66) Bas-Rhin (67) Haut-Rhin (68) Rhône (69) Haute-Saône (70) Saône-et-Loire (71) Sarthe (72) Savoie (73) Haute-Savoie (74) Paris (75) Seine-Maritime (76) Seine-et-Marne (77) Yvelines (78) Deux-Sèvres (79) Somme (80) Tarn (81) Tarn-et-Garonne (82) Var (83) Vaucluse (84) Vendée (85) Vienne (86) Haute-Vienne (87) Vosges (88) Yonne (89) Territoire de Belfort (90) Essonne (91) Hauts-de-Seine (92) Seine-Saint-Denis (93) Val-de-Marne (94) Val-d'Oise (95) Préparation de campagne Irrigation Atouts de la culture Tournesol Tournesol Tournesol Vincent LECOMTE (v.lecomte@terresinovia.fr)

Listes recommandées tournesol : pour un choix variétal optimal

Parce que la variété est un levier agronomique de premier plan pour répondre aux conditions climatiques et sanitaires locales et que l’adéquation entre choix de la variété et territoire est déterminante, Terres Inovia propose aux agriculteurs et techniciens un conseil variétal tournesol sous forme de « listes recommandées».

Choisir une variété de la liste recommandée, c’est l’assurance de bénéficier à la fois du progrès génétique, d’un bon niveau de performance et de caractéristiques agronomiques adaptées à son contexte de production.

Des listes élaborées chaque année à partir des résultats des essais Terres Inovia-Partenaires

Capture d'écran de l'application MyVar

Terres Inovia élabore les listes recommandées à partir des résultats issus des essais variétés tournesol des réseaux d’évaluation de post-inscription conduits par Terres Inovia et ses Partenaires[1]. Chaque année, à l’issue des résultats annuels, les listes recommandées pour les semis à venir sont mises à jour en y intégrant les derniers résultats.

Toutes les variétés disponibles sur le marché ne sont pas testées dans le réseau Terres Inovia-Partenaires, ainsi seules les variétés mises à disposition de Terres Inovia par leur représentant, dans le cadre de l’évaluation de post-inscription, sont prises en compte.

[1] Après leur inscription au catalogue des variétés commercialisées en France, les variétés font l’objet d’une évaluation par Terres Inovia dans le cadre d’un réseau Terres Inovia-Partenaires. Cette évaluation a lieu dans un réseau d’essais couvrant l’ensemble des régions de production.

Des règles de tri sécurisantes : performance et tolérance sanitaire

Les variétés proposées dans les listes recommandées répondent toutes à des exigences en termes de performance, de régularité et permettent également d’assurer une protection sanitaire minimale : ce sont les critères appliqués à toutes les situations, pour l’ensemble des listes.

Ces contraintes générales sont les suivantes :

  • Bénéficier du progrès génétique, avec des variétés inscrites en France depuis maximum 6 ans.
  • Productivité et régularité de bon niveau. Sont conservées, les variétés ayant obtenu, lors d’au moins une année d’évaluation, un indice de rendement supérieur ou égal à 100 dans au moins 50 % de nos essais de post-inscription.
  • Une tolérance sanitaire minimale : les variétés sont, au minimum, classées Peu Sensible (PS) au phomopsis.

Une expertise régionale et un tri adapté au contexte climatique et sanitaire

carte des régions des variétés tournesol
Des critères de tri régionaux viennent s’ajouter aux critères de base appliqués à toutes les situations. Ainsi, 8 bassins de production caractérisés par un contexte climatique et sanitaire cohérent ont été identifiés et donnent lieu à une liste recommandée. Ces critères supplémentaires, issus de l’expertise régionale, combinent les critères agronomiques d’intérêts : précocité, et niveau de tolérance vis-à-vis des autres maladies et parasites (ex: verticillium, orobanche cumana …). Finalisée par le régional Terres Inovia, chaque liste tient compte du contexte général de production de son secteur.

Pour répondre à des situations particulières, une liste de « Variétés possibles » est proposée sur chaque bassin de production. Cette liste regroupe des variétés qui ne satisfont pas à tous les critères mais qui présentent un intérêt dans certaines situations locales ; un commentaire de l’ingénieur régional Terres Inovia explicite leur intérêt et/ou les contraintes d’utilisation.

Des choix à la parcelle à faire pour certains critères. Certains critères de choix (tolérance herbicide, mildiou) sont liés à la connaissance de la parcelle : historique maladies et adventices. Ce sera donc à l’agriculteur, avec l’aide éventuelle de son technicien, de faire ses propres choix à partir de la liste proposée en s’appuyant sur les conseils proposés dans le document.

Accéder à myVar : Résultats et recommandations Terres Inovia 2024

Accéder aux résultats et recommandations

Bouches-du-Rhône (13) Finistère (29) Gard (30) Haute-Garonne (31) Gers (32) Gironde (33) Hérault (34) Ille-et-Vilaine (35) Indre (36) Indre-et-Loire (37) Isère (38) Jura (39) Landes (40) Loir-et-Cher (41) Loire (42) Haute-Loire (43) Loire-Atlantique (44) Loiret (45) Lot (46) Lot-et-Garonne (47) Lozère (48) Maine-et-Loire (49) Manche (50) Marne (51) Haute-Marne (52) Mayenne (53) Meurthe-et-Moselle (54) Meuse (55) Morbihan (56) Moselle (57) Nièvre (58) Nord (59) Oise (60) Orne (61) Pas-de-Calais (62) Puy-de-Dôme (63) Pyrénées-Atlantiques (64) Hautes-Pyrénées (65) Pyrénées-Orientales (66) Bas-Rhin (67) Haut-Rhin (68) Rhône (69) Haute-Saône (70) Saône-et-Loire (71) Sarthe (72) Savoie (73) Haute-Savoie (74) Paris (75) Seine-Maritime (76) Seine-et-Marne (77) Yvelines (78) Deux-Sèvres (79) Somme (80) Tarn (81) Tarn-et-Garonne (82) Var (83) Vaucluse (84) Vendée (85) Vienne (86) Haute-Vienne (87) Vosges (88) Yonne (89) Territoire de Belfort (90) Essonne (91) Hauts-de-Seine (92) Seine-Saint-Denis (93) Val-de-Marne (94) Val-d'Oise (95) Préparation de campagne Implantation Choix variétal Tournesol Tournesol Tournesol Arnaud VAN BOXSOM (a.vanboxsom@terresinovia.fr)

Le soja en double culture (dérobé)

Si on dispose d'eau d'irrigation au cours de l'été et que l'on souhaite augmenter ses revenus par ha cultivé, le soja en double culture est une très bonne opportunité, pour les débouchés en alimentation humaine comme en alimentation animale.

Le soja en double culture

Bien maîtrisé et pour un prix de graine compris entre 300 et 600 €/t, il permet de dégager une marge brute de 300 à 1000 €/ha. 

Pas de soja en double culture sans irrigation  

 Irriguer immédiatement après le semis (15 mm en boulbène, 20 mm en sol argileux) pour assurer un démarrage rapide de la culture. Cet apport est à renouveler si besoin.  

 Après la levée, réaliser un tour d’eau de 30 à 40 mm tous les 8 à 10 jours. Poursuivre l’irrigation jusqu’à fin septembre (environ un mois avant récolte) en ajustant selon les précipitations de l’année.

Besoins en eau d’irrigation pour un soja dérobé dans le Sud de la France                   (rendement visé : 28 à 30 q/ha) 

  Région Apports d'eau totaux Nombre de tours d'eau
Sols superficiels Midi-Pyrénées et Aude* 200 à 250 mm 7 à 8
Bordure méditerranéenne 250 à 300 mm 8 à 10
Sols profonds Midi-Pyrénées et Aude* 100 à 150 mm 3 à 4
Bordure méditerranéenne 150 à 250 mm 4 à 6

* nord 09, ouest 11, 31, est 32, sud 47, 81 et 82 

Réussir l’implantation  

Intervenir le plus rapidement possible après la moisson ; retirer les pailles ou les broyer en les répartissant sur la largeur de travail. Le soja en double culture ne se cultive qu'après une culture récoltée tôt (avant fin juin), orge, pois, ail. 
Réaliser soit une préparation de sol superficielle (deux déchaumages croisés), soit un semis direct (à condition de disposer d’un équipement adapté), soit un travail du sol localisé sur le rang (type "strip-till"). Il est important d'obtenir un lit de semence très régulier.

En effet, les premières gousses en dérobé sont plus basses qu'en culture principale : un sol irrégulier peut provoquer des pertes conséquentes à la récolte. 
Semer le plus tôt possible : les semis les plus précoces sont les plus productifs et permettent une récolte plus précoce dans de bonnes conditions en limitant les frais de séchage 
Adapter la précocité à la date de semis et veiller à une densité de semis suffisante.

Elément double disque

 

Les éléments à double disque de type «planteur» sont bien adaptés pour implanter un soja dérobé. Des équipements annexes comme les chasse-débris rotatifs permettent de semer en présence de résidus en surface (cas du semis direct). 

1 : disque d'ouverture 

2 : chasse-débris rotatif 

3 : roue de jauge 

4 : roue de fermeture

striptill soja

 

La technique du travail du sol localisé sur la ligne de semis, "strip-till" permet une implantation rapide en un passage combiné strip-till + semoir monograine ou 2 passages (strip-till puis semoir monograine) du soja en double culture. 

 

La précocité, premier critère de choix variétal 

Pour assurer une récolte courant octobre, la précocité de la variété doit être adaptée aux conditions pédoclimatiques de la région et à la date de semis.  

Choisir des variétés qui offrent un bon compromis entre rendement et teneur en protéines. Si le débouché visé est l'alimentation humaine, accorder une attention particulière à la teneur en protéines.  

Privilégier les variétés avec la première gousse haute, ce qui facilitera la récolte (le port du soja en dérobé est bas) 

Groupe de précocité
 
Date de semis conseillée Objectif de peuplement en irrigué (pieds/ha)
 
Densité de semis (graines/ha)
Nord Rhône Alpes Sud Bourgogne Sud-ouest Sud Rhône Alpes Bordure méditérranéenne Pertes d'environ 10% Pertes d'environ 20%
I inadapté en dérobé inadapté en dérobé avant le 1er juillet 400 000 450 000 500 000
0 inadapté en dérobé avant le 20 juin avant le 5 juillet 450 000 500 000 550 000
00 aléatoire en dérobé avant le 5 juillet avant le 10 juillet 500 000 550 000 625 000
000 avant le 1er juillet 550 000 600 000 700 000

En large écartement entre rangs (supérieur à 40 cm), l'objectif de peuplement peut-être réduit de 10 %.                                                                                                                                          

¹ Possible uniquement les années où les cultures d'hiver libèrent le sol très tôt.                           

² pour un développement végétatif optimal, ne pas dépasser un écartement de 40 cm.

Surveiller les limaces 

Intervenir si besoin en cas de présence.   

Désherber soigneusement 

Moins haut et moins ramifié qu'en culture principale, le soja dérobé est moins concurrentiel vis à vis des mauvaises herbes. Préférer le désherbage de post-levée (PULSAR 40, BASAGRAN SG, CORUM, divers antigraminées à action foliaire). La croissance rapide du soja et des adventices sur le mois de juillet implique très souvent un 1er passage de postlevée dès trois semaines après le semis. Eviter les heures chaudes et les temps très secs. Intervenir sur des adventices jeunes (dicoltylédones de 2 à 6 feuilles ; antigraminées d'une feuille à un talle maximum).   

Le soja dérobé en mode biologique est possible, le contrôle des adventices y est néanmoins plus délicat qu'en culture principale car la culture est moins concurrentielle.

 Conduites de culture optimales

     Préparation superficielle                                          Semis direct
Moisson avec retrait rapide des pailles ou broyage avec répartition des pailles sur la largeur de travail

 • Deux déchaumages croisés

 • Semis au semoir à céréales ou au semoir monograine

 • 1er tour d'eau juste après : 20 mm en sol argileux ; 15 mm sur boulbène ( à renouveler si besoin)

 

 • Semis direct avec un semoir adapté

 • 1er tour d'eau juste après : 20 mm en sol argileux ; 15 mm sur boulbène ( à renouveler si besoin)

 • A partir de la 1ère feuille trifoliée du soja et selon les levées d'adventices, désherbage de postlevée en évitant les heures chaudes de la journée et les hygrométries trop faibles.

Marges brutes indicatives en soja double culture, selon le prix de la graine  

Dans le sud de la France, le soja en double culture est compétitif dans les situations où il peut recevoir 150 à 250 mm d’eau d’irrigation. (Pour des doses totales d’irrigation inférieures à 100 mm, la double culture de tournesol est plus appropriée). 
Dans le sud de la Bourgogne et dans le nord de Rhône-Alpes, avec des variétés de groupe de précocité 000 semées avant le 1er juillet, le soja en double culture est possible y compris dans les situations peu irriguées (dose totale < 100 mm).

Poste €/ha Commentaires
 Variété 180  Densité de semis =        600 000 graines/ha (6 doses achetées/ha)
 Inocumum 32  Inoculation sur semences ou microgranulés
 Herbicide 90  PULSAR 40 en 1 ou 2 passages puis antigraminées
 Irrigation (220 mm à 0.07 €/m³ 155  5 à 6 apports de 40 mm chacun
 Charges opérationnelles 456  
 
 Rendement indicatif 27 q/ha  
 
 Marge brute

 85 €/ha pour un prix de la graine de 200 €/t

625 €/ha pour un prix de la graine de 400 €/t

1030 €/ha pour un prix de la graine de 550 €/t

 

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Soja : qualité des graines 2024

L’Observatoire de la qualité des graines de soja collectées en France est piloté par Terres Univia qui en confie la mise en oeuvre à Terres Inovia. Il a pour but d’appréhender annuellement les principaux critères qualitatifs de la récolte.

Contexte de la campagne 2024

En 2024, la surface cultivée en soja en France est estimée à 152 000 ha, marquant une baisse de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale 2019-2023. Le rendement moyen national atteindrait 26,1 q/ha, en légère progression par rapport à la moyenne quinquennale de 25,2 q/ha, portant la production totale à environ 398 000 t selon les estimations de février 2025 (source : Agreste). Cependant, on s’attend à une révision à la hausse des rendements qui permettrait à la production de s’approcher d’un point haut historique. Bien que les opérations de semis et de récolte aient été compliquées par des précipitations récurrentes, ces dernières ont néanmoins permis de répondre aux besoins en eau de la culture, favorisant de bons rendements dans les principaux bassins de production. Par ailleurs, même si les conditions climatiques globalement favorables ont permis d’atteindre une qualité des graines plutôt correcte, l'année se distingue par des difficultés à atteindre la maturité dans certaines zones de production, en raison des températures fraîches enregistrées à l'automne. Cette année, en raison des difficultés de récolte très tardives, le nombre d’échantillons analysés est en dessous des années précédentes, rendant ainsi la représentativité des résultats moins solide.

Bouches-du-Rhône (13) Finistère (29) Gard (30) Haute-Garonne (31) Gers (32) Gironde (33) Hérault (34) Ille-et-Vilaine (35) Indre (36) Indre-et-Loire (37) Isère (38) Jura (39) Landes (40) Loir-et-Cher (41) Loire (42) Haute-Loire (43) Loire-Atlantique (44) Loiret (45) Lot (46) Lot-et-Garonne (47) Lozère (48) Maine-et-Loire (49) Manche (50) Marne (51) Haute-Marne (52) Mayenne (53) Meurthe-et-Moselle (54) Meuse (55) Morbihan (56) Moselle (57) Nièvre (58) Nord (59) Oise (60) Orne (61) Pas-de-Calais (62) Puy-de-Dôme (63) Pyrénées-Atlantiques (64) Hautes-Pyrénées (65) Pyrénées-Orientales (66) Bas-Rhin (67) Haut-Rhin (68) Rhône (69) Haute-Saône (70) Saône-et-Loire (71) Sarthe (72) Savoie (73) Haute-Savoie (74) Paris (75) Seine-Maritime (76) Seine-et-Marne (77) Yvelines (78) Deux-Sèvres (79) Somme (80) Tarn (81) Tarn-et-Garonne (82) Var (83) Vaucluse (84) Vendée (85) Vienne (86) Haute-Vienne (87) Vosges (88) Yonne (89) Territoire de Belfort (90) Essonne (91) Hauts-de-Seine (92) Seine-Saint-Denis (93) Val-de-Marne (94) Val-d'Oise (95) Préparation de campagne Maturité/récolte Stockage Soja Soja Soja Hélène TRIBOUILLOIS (h.tribouillois@terresinovia.fr)

Conservation et Qualité : les bonnes pratiques du stockage du soja

Soja maturité

Les bonnes pratiques 

De bonnes pratiques de stockage de votre soja vous permettront de le conserver sur la durée en préservant sa qualité. Voici quelques règles à respecter : 

Nettoyer avant la mise en stockage : nettoyage des locaux avant remplissage et des circuits de manutention 

Attention aux graines cassées : le soja étant une graine fragile, il est conseillé de minimiser les impacts (réduire les hauteurs de chute, chocs directs sur les parois et dans les circuits de manutention) et le taux de graines cassées est un critère de qualité, en particulier pour l’alimentation humaine. 

Nettoyage des graines à réception : selon les conditions de récolte, ce point peut se révéler important. Ce nettoyage permet un meilleur refroidissement par ventilation, contribue à réduire les risques d’attaques d’insectes et permet de respecter la norme de 2% d’impuretés. 

Contrôler l’humidité des graines, et sécher si nécessaire : il est recommandé de stabiliser les graines de soja à une humidité comprise entre 12 et 13%, pour une conservation de longue durée en évitant de dégrader la qualité des graines (risque de développement de moisissures et insectes, risque d’acidification de l’huile). Si les graines sont trop humides, un séchage sera nécessaire : ventilation séchante possible entre 14 et 18% d’humidité, séchage immédiat au-dessus de 18%. A la norme commerciale d’humidité qui est de 14% pour le soja, les graines ne peuvent être conservées que pour une durée limitée. 

Contrôler la température des graines avec la ventilation de refroidissement : Il est impératif de refroidir les graines pour les conserver sur la durée en bonnes conditions, par la ventilation en profitant de températures extérieures basses (inférieures d’environ 10°C par rapport à la température des graines). Cette ventilation se fait par étapes, et doit démarrer dès la mise en cellule, en ramenant le plus tôt possible les graines à 18-20°C. Si le stock est conservé jusqu’au printemps, réaliser 2 à 3 autres ventilations pour stabiliser la température en-dessous de 10°C. 

L’air de refroidissement est généralement pulsé dans les cellules par des ventilateurs. Veiller à ce que ceux-ci travaillent dans la zone normale de leur diagramme débit-pression, soit à une pression au plus égale à 80 % de la pression maximale

Le stockage à la ferme 

La conservation à la ferme ne peut s’envisager que si l’on dispose de moyens de mesure de l’humidité des graines et de matériel de ventilation ou de séchage. Attention, le soja est particulièrement cassant : il faut réduire les hauteurs de chute, chocs directs sur les parois et dans les divers circuits de manutention. Pour être stockées sur une longue durée, les graines doivent être refroidies en dessous de 10°C, ce qui peut se faire graduellement.

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Réduire le risque sclérotinia pour les cultures suivantes

Dans les sojas ayant subi de fortes attaques de sclérotinia, l’utilisation du LALSTOP CONTANS® WG (1 à 2 kg/ha) juste après la récolte par application sur les tiges broyées permet de détruire les sclérotes de l'année et ainsi de réduire le stock de sclérotes du sol, limitant le risque sclérotinia pour les cultures suivantes et les parcelles voisines.

Réduire le risque sclérotinia pour les cultures suivantes

Respecter les précautions de stockage et d'emploi : la germination des spores du champignon contenu dans LALSTOP CONTANS® WG est optimale entre 7 et 24 °C et les conditions au-delà de 30 °C lui sont défavorables.  

LALSTOP CONTANS® WG est biocompatible avec certaines spécialités phytosanitaires. Ne pas mélanger LALSTOP CONTANS® WG avec les engrais liquides. Pour tout renseignement complémentaire, nous vous invitons à contacter la société LALLEMAND SAS – 4 Route de Beaupuy – 31180 Castelmaurou. Tél : 05 34 27 67 80. 

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Diagnostiquer les maladies avant la floraison

Le mildiou 

Le mildiou est fréquent mais sans incidence mesurable sur le rendement du soja. Il se manifeste par de petites taches jaune clair sur le feuillage de 1 à 5 mm sans halo de décoloration, évoluant en nécroses. Par temps humides, un duvet grisâtre est visible sur la face inférieure des feuilles. 

Mildiou sur feuilles de soja : face inférieure
 
Mildiou sur feuilles de soja : face supérieure

Mildiou sur feuilles de soja : 1. Face inférieure, 2. Face supérieure

Le rhizoctone 

Le rhizoctone provoque dans la parcelle des « ronds » ou foyers de plantes qui jaunissent puis se dessèchent. Dans les cas les moins graves, le rhizoctone peut ne concerner que quelques plantes isolées.  

Foyers de rhizoctonia dans une parcelle de soja

Foyers de rhizoctonia dans une parcelle de soja

En arrachant les plantes malades, le collet atteint par le rhizoctone montre des nécroses brun-rouge. A ne pas confondre avec les nécroses rose vif à rouge dues au Fusarium (voir photos ci-dessous). 

Nécroses brun-rouge au collet provoquées par le rhizoctone
 
Nécroses rose vif dues au Fusarium

1. Nécroses brun-rouge au collet provoquées par le rhizoctone 

2. Nécroses rose vif dues au Fusarium

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Optimiser son semis pour limiter les risques maladies

Optimiser le semis pour réduire le risque sclérotinia  

Pour limiter le risque sclerotinia, éviter les fortes densités et choisir un interligne assez large, de 50 à 60 cm permettant une fermeture des lignes moins rapide et ainsi de mieux aérer le soja. Ceci évite de créer un micro-climat sous couvert favorable au développement du sclérotinia. 

Semis de soja en dérobé

 Semis de soja en dérobé 

Diminuer la pression sclérotinia par la lutte biologique appliquée au semis 

En situation à risque sclérotinia, il est possible de réduire le potentiel infectieux de la parcelle à l’aide de l’agent de biocontrôle LALSTOP CONTANS® WG en pré-semis (de préférence un mois avant le semis) à 2 kg/ha, en première utilisation (efficacité variable dans nos essais, allant jusqu'à 70 %). Juste après l’application, incorporer le produit de biocontôle par un travail du sol superficiel (4 à 5 cm) qui optimise le contact avec les sclérotes. 

Car pour être efficace, LALSTOP CONTANS® WG doit être mis en contact direct avec les sclérotes. Cet usage assure une destruction des sclérotes superficiels qui permet de réduire la pression d'inoculum (émission d’ascospores qui contaminent les fleurs de soja) et limiter les attaques de sclérotinia.  

LALSTOP CONTANS® WG est biocompatible avec certaines spécialités phytosanitaires. Ne pas mélanger LALSTOP CONTANS® WG avec les engrais liquides. Pour tout renseignement complémentaire, nous vous invitons à contacter la société LALLEMAND SAS – 4 Route de Beaupuy – 31180 Castelmaurou. Tél : 05 34 27 67 80.

 

La spécialité LALSTOP CONTANS® WG est autorisée en mode biologique, par la directive européenne 2092/91.

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Diagnostiquer les maladies post-floraison

Le sclérotinia

Sclérotinia sur tige
Sclérotinia sur gousses

Le sclérotinia se manifeste par une pourriture blanche qui commence au niveau d’un nœud fleuri. Elle gagne la tige puis le haut de la plante se dessèche. En fin de cycle, des amas noirs (sclérotes) se forment dans et sur les tiges et les gousses. 

Optimiser l’irrigation pour réduire le risque sclérotinia 

Pour éviter le développement du sclérotinia, il est conseillé de ne pas irriguer trop tôt pour ne pas favoriser une végétation luxuriante favorable à la fermeture de la ligne créant un micro-climat propice aux contaminations des fleurs de soja par les spores de sclérotinia. De plus une végétation luxuriante augmente le risque de verse et la propagation du sclérotinia par contact plante à plante. 

Adapter l’irrigation en espaçant les tours d’eau et en augmentant la quantité d’eau apportée par tour (voir tableau). En sol profond, préférer les apports d'eau tous les 10 à 15 jours plutôt que chaque semaine

Stade et période conseillés pour l’irrigation :

Sols profonds Sols superficiels
Stade conseillé pour débuter l'irrigation 12 à 15 jours après le début de la floraison Début floraison
Période en année normale Du 10 au 15 juillet Du 25 juin au 1er juillet

Le diaporthe 

Le diaporthe attaque en végétation et se conserve sur les résidus de culture. Avec des semences certifiées, les attaques sont rares et les pertes de rendement sont très dépendantes de la sensibilité variétale. 

Les symptômes caractéristiques montrent des alignements de points noirs (pycnides) sur les tiges

Diaporthe sur tige
Diaporthe sur gousse

Le mildiou 

Le mildiou est fréquent mais sans incidence mesurable sur le rendement du soja. Il se manifeste par de petites taches jaune clair sur le feuillage de 1 à 5 mm sans halo de décoloration, évoluant en nécroses. Par temps humides, un duvet grisâtre est visible sur la face inférieure des feuilles.

Mildiou
Mildiou

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Anticiper le risque maladies sur soja

Réussir un soja en situation à risque sclérotinia 

Le sclérotinia constitue une des principales maladies du soja. Sans solution fongicide autorisée sur soja, la protection de la culture fait appel à différents leviers qui consistent à :  

  • Caractériser sa situation de risque au sclerotinia 
  • Miser sur le choix variétal 
  • Diminuer la pression sclerotinia par la lutte biologique au semis
  • Optimiser le semis pour réduire le risque sclerotinia
  • Optimiser l’irrigation pour réduire le risque sclerotinia 
  • Réduire le risque sclérotinia pour les cultures suivantes 

Dégâts du sclerotinia sur champ de soja

Dégâts du sclerotinia sur champ de soja 

Caractériser sa situation de risque au sclérotinia : 

Sont à considérer à risque sclérotinia, les parcelles ayant déjà subi des attaques sur soja il y a moins de dix ans, où il est pratiqué un retour fréquent (plus d’un an sur deux) d’une culture sensible au sclérotinia comme du tournesol, colza, melon… dans des sols moyennement profonds à profonds et irrigués.  

Le niveau de risque est défini dans la grille ci-après : 

  ​​​​​​​Irrigation
oui non
Fréquence de retour d'une culture à risque**
Présence antérieure de symptômes Type de sol Plus d'1 an sur 2 Moins d'1 an sur 2 Plus d'un 1 sur 2 Moins d'1 an sur 2
oui profond Risque fort Risque fort Risque fort Risque fort
superficiel Risque fort Risque fort Risque moyen Risque moyen
non profond Risque fort Risque moyen Risque moyen Risque faible
superficiel Risque moyen Risque faible Risque faible Risque faible

*  Présence significative de sclérotinia, il y a moins de dix ans, dans du soja ou dans une autre culture sensible (exemples : tournesol, pois, colza, melon)  

* * retour fréquent (plus d'un an sur deux) de cultures sensibles au sclérotinia

Miser sur le choix variétal 

Dans les parcelles à risque sclérotinia, privilégier les variétés peu sensibles (PS) à la verse et au sclérotinia (quand la sensibilité au sclerotinia est connue) à l’aide de l’outil myVar.

Réussir un soja sous pression rhizoctone 

Rhizoctone sur soja

rhizoctone sur soja 

La maladie se rencontre sur plus de 200 espèces dont la betterave sucrière et le maïs. Le précédent maïs semble favoriser le rhizoctone sur soja car ces deux cultures sont touchées par la même souche du champignon (Groupe Anastomose AG 2.2). Il en est de même pour le précédent betterave ; soja et betterave ont également en commun une souche (AG 5, plus rare que AG 2.2), qui provoque aussi des lésions racinaires. Ainsi, il est conseillé d’éviter les précédents maïs et betterave dans les parcelles où la maladie a déjà été identifiée. Il convient aussi de limiter les risques d'asphyxie des racines associés à une mauvaise structure du sol, des tassements et/ou une zone inondable, autant de milieux  propices au développement du rhizoctone. 

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