Consultez le dernier numéro d'Arvalis & Terres Inovia infos

Le numéro régionalisé de juin d'Arvalis & Terres Inovia infos est disponible et consultable en ligne (PDF téléchargeables ci-dessous).

A découvrir dans ce numéro :

OLÉOPROTÉAGINEUX

  • Colza d’hiver : les variétés évaluées par Terres Inovia
  • Colza associé à des légumineuses : une stratégie validée par les agriculteurs du Sud-Ouest
  • Ravageurs du soja : Terres Inovia intensifie ses recherches en 2024
  • Récolte du tournesol : choisir un matériel adapté et maximiser la marge
  • Lupin d’hiver : les clés de réussite de l’implantation du protéagineux

Bonne lecture !

France entière Choix variétal Implantation Ravageurs Récolte Colza associé Colza Tournesol Pois d'hiver Pois de printemps Soja Féverole d'hiver Féverole de printemps Lentille Pois chiche Lin d'hiver Lin de printemps Lupin d'hiver Lupin de printemps Cameline atii

L’implantation du colza commence dès maintenant !

Les conditions climatiques humides rencontrées l’automne dernier lors de l’implantation des céréales ont pu provoquer des problèmes de structure (lissage, tassements, etc.). Pour garantir une levée réussie et un colza robuste, le choix du travail du sol à réaliser en interculture est déterminant. En plus du risque bioagresseur (limaces, rongeurs, adventices), il est nécessaire de prendre en compte la gestion de la paille, la structure du sol et le risque d’assèchement du sol lors de la prise de décision.

Observer son sol au printemps pour repérer d’éventuelles zones de compaction 

La période idéale pour réaliser un test bêche est avant la récolte du précédent lorsque le sol est encore frais (mars à mai), le diagnostic sur sol sec rendant difficile l’observation. Les conditions pluvieuses du printemps permettent, encore aujourd’hui, de le réaliser dans des conditions satisfaisantes. Son objectif est de repérer d’éventuels accidents structuraux et leur profondeur dans des zones représentatives de la parcelle. En cas de moisson compliquée telle qu’en 2021, il pourra être opportun de revérifier l’état structural après la récolte du précédent. 

Pour réaliser le test bêche, la première étape est de prélever un bloc de terre puis d’observer l’état général de ce dernier et de noter la profondeur à laquelle des différences sont observées : 

  • S’il se tient en un seul bloc continu sans présence de terre fine c’est souvent synonyme d’un compactage sévère avec porosité réduite, à confirmer lors de la deuxième étape 
  • Si le bloc se désagrège en grosses mottes, c’est un signe possible de compactage déjà fragmenté par un travail du sol, 
  • Si le bloc ne se tient pas sur la bêche et se désagrège en petites mottes avec beaucoup de terre fine, c’est que le sol n’est pas compacté.  

La deuxième étape permet de préciser le diagnostic. Elle consiste à observer la structure interne des mottes prélevées. Ces mottes peuvent être de trois types : tassées, tassées et fissurées ou poreuses. 

 

Méthode de prélèvement en vidéo : Observer l'état structural du sol avant l'implantation du colza : le test bêche

Suite à ces observations et en fonction d’éventuels tassements observés et de leur profondeur, il existe plusieurs recommandations : la possibilité de ne pas travailler le sol, un conseil de le travailler entre 0 et 10 cm ou bien entre 0 et 20 cm. 

 

Adapter le travail du sol est gage de réussite de l’implantation 

La prise de décision (choix des outils, nombre de passages, etc.) doit ensuite tenir compte du type de sol et des autres problématiques à gérer par le travail du sol (résidus du précédent, bioagresseurs). 

En fonction de ces critères, plusieurs choix peuvent être pris en suivant les arbres de décisions ci-dessous (à gauche pour les sols à comportement argileux, à droite pour les autres types de sols). 

 

Exemple de prise de décision en situation : Implantation colza : à anticiper avant le semis !

 

Ne pas oublier de mobiliser les autres leviers pour obtenir un colza robuste 

Bien évidemment, l’observation de son sol est une étape clé pour optimiser le travail du sol et obtenir un colza robuste, mais il ne faut pas négliger les autres critères pour atteindre cet état. Il faut être prêt à semer tôt et au plus proche d’une pluie efficace et annoncée de 7 à 10 mm en maitrisant la densité de semis et en assurant une nutrition optimale du colza en azote et phosphore (précédent avec un fort reliquat, fertilisation minérale ou organique au semis et/ou association à une légumineuse gélive). 

Plus de détail : Point technique « réussir son implantation pour obtenir un colza robuste »

Floraison Maturité/récolte Hauts-de-France Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Lorraine, Alsace et Haute-Marne Implantation Colza Nicolas Latraye (n.latraye@terresinovia.fr)

Boostez votre interculture d’été : embarquez avec la cameline

Encore peu cultivée en France, la cameline se distingue pourtant par des atouts originaux et prometteurs. Appartenant à la famille des brassicacées, cette crucifère rustique se caractérise par des besoins agronomiques limités et des débouchés de plus en plus attractifs, ce qui suscite un intérêt croissant chez les agriculteurs. L’un de ses principaux avantages est son cycle de culture court, compris entre 90 et 110 jours selon les variétés, qui en fait une candidate idéale pour une implantation en interculture d’été. Toutefois, quelques points de vigilance doivent être respectés pour garantir le succès de cette culture.

 

Tout mettre en œuvre pour une implantation rapide

La réussite de la cameline en interculture estivale dépend largement de sa vitesse d’implantation. Cette étape cruciale passe par une levée rapide, homogène et vigoureuse. Il convient donc de tout mettre en place pour que le cycle s’effectue le plus rapidement possible afin de permettre une récolte à une date acceptable pour ne pas avoir d’impact sur l’implantation de la culture suivante s’il s’agit d’une céréale d’automne, et pour maximiser les chances d’avoir des créneaux météo favorables à la récolte.
Pour maximiser les chances de levée précoce, il est crucial de choisir un précédent cultural adapté, permettant une récolte avant le 10 juillet, date limite pour le semis de la cameline. Les cultures les plus propices vont être le pois protéagineux ou de conserve ainsi que l’orge d’hiver. Mais attention, des rémanences d’herbicides des groupes 2 (inhibiteur d’ALS1  type metsulfuron, mésofulfuron, pyroxsulame etc..) et groupe 14 (inhibiteur de la PPO²  type bifenox) qui auraient été appliqués au printemps sur la culture principale, particulièrement en conditions sèches et de faible travail du sol, peuvent impacter la levée.

Après une orge d’hiver qui aura été fauchée la plus haute possible (25 – 30 cm), il est recommandé de retirer les pailles. Elles risquent de consommer de l’azote pour se dégrader et de gêner la qualité du semis (contact graine-sol).  Les menues pailles doivent être bien réparties. Le semis doit être réalisé le plus proche possible après la récolte du précédent, idéalement dans les 24 à 48 heures suivantes, pour profiter de l'humidité du sol encore présente. Toujours dans un souci de préservation de l’humidité résiduelle, le semis direct avec un semoir à dent est à privilégier en positionnant les graines à 3 cm de profondeur. 
Pour atteindre une densité optimale de 200 à 250 pieds/m², on devra semer environ 8 kg/ha de cameline. Cette recommandation tient compte des variations des poids de 1000 graines, qui peuvent aller de 0,9 à 1,5 gramme selon les variétés, tout en prenant en considération le taux de levée pénalisé par les conditions climatiques à cette période, ainsi que les phénomènes d’auto-compétition propres à cette plante. L'écartement entre les rangs devra être compris entre 12,5 et 15 centimètres.

1 ALS : acétolactate synthase
2 PPO : protoporphyrinogène oxydase

 

Eau et azote pour un démarrage rapide de la culture

À cette période de l'année, entre fin juin et début juillet, les précipitations significatives nécessaires à la germination des graines peuvent être aléatoires. Dans ce contexte, l'irrigation apparaît comme un levier pour garantir une levée rapide sans perte de temps. Un apport d'eau de l'ordre de 10 à 20 millimètres après le semis est suffisant. Néanmoins, à part dans le Sud Est de la France, on peut espérer à cette période un épisode pluvieux. Toujours dans l'optique de favoriser un bon départ de la culture, il est recommandé d'apporter 40 unités d'azote après une orge d’hiver, mais aucun apport n’est nécessaire en précédent pois. Aucun autre apport en azote ne sera nécessaire pendant la phase de végétation.

 

Privilégier une parcelle exempte d’adventices

Si la cameline est bien implantée, c’est une culture qui concurrence les adventices. Pour maximiser ses chances de succès, il est recommandé de disposer d'une parcelle propre au moment du semis et de gérer efficacement les repousses d'orge par la suite. En ce qui concerne la lutte contre les dicotylédones, les options chimiques sont limitées. 
 

Erreurs à éviter :

  • Manque de réactivité pour semer la cameline après la récolte du précédent 
  • Semis trop tardif (après le 10 juillet)
  • Travail du sol trop profond si déchaumage (> 3 cm)
  • Mauvais contact graine – terre (gestion des pailles)
  • Semis sur des sols infestés d’adventices et/ou repousse du précédent
  • Mauvais contrôle des repousses de céréales
  • Impasse de fertilisation azotée derrière céréales

 

Précédent pois d’hiver : une opportunité à saisir

  • Récolté tôt et apportant tout l’azote nécessaire à la cameline (aucune fertilisation sur la cameline), le pois d’hiver est un précédent particulièrement favorable à la cameline en dérobée
  • Vigilance en cas de traitement herbicide au printemps à base d’Imazamox et d’Aclonifen

 

Pour en savoir plus : télécharger le guide cameline ici

France entière Implantation Cameline

Le guide de culture soja 2025 est disponible pour accompagner producteurs et conseillers lors de la prochaine campagne

Terres Inovia a mis à jour son guide de culture soja. Ce nouveau support complet, qui accompagnera les producteurs, est téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia et peut également être commandé en version imprimée*.

Le soja est un pourvoyeur de performances agronomiques pour l’exploitation. C’est un excellent précédent ; il est économe en intrants, en temps et en matériel ; il est adapté à de nombreux systèmes de culture dont l’agriculture biologique ; etc.

Le guide de culture soja 2025

​​​​​​​
Ce guide de culture permet de tout savoir sur l’itinéraire technique du soja, jusqu’à la conservation. L’ensemble des rubriques de l’ouvrage ont été actualisées, telle que la présentation des variétés évaluées dans le réseau Terres Inovia.

A noter, toutefois, que la rubrique « Couvert végétal avant soja » a été enrichie avec les dernières connaissances de l’institut sur le choix optimal des espèces, le mode d’implantation et de destruction des couverts… Parallèlement, une nouvelle version de l’outil Acacia a été développée pour aider les agriculteurs à constituer leur mélange.

Pour la partie « Désherbage », les modifications portent essentiellement sur deux produits à base de pendiméthaline, que sont le Prowl 400 et l’Atic-Aqua. La principale évolution porte sur leurs conditions d’application, puisqu’elles comportent une DVP de 20 mètres et une ZNT de 50 mètres.

Le guide de culture soja 2025 peut être téléchargé gratuitement par toute personne ayant créé son compte personnel sur le site internet de l’institut. Le guide en version imprimée est également gratuit, seule une participation aux frais de port est demandée. Il sera envoyé à partir du 02 juin 2025.

Télécharger ou commander le guide soja 2025.

France entière Couverts végétaux Maitrise des maladies Maladies Ravageurs Implantation Maitrise des adventices Récolte Soja guide soja guide soja 2025 soja 2025

Implantation du soja : une étape clé pour réussir la culture

Contrairement aux dernières campagnes, la faible pluviométrie sur le mois d'avril permet la préparation des parcelles pour les semis de soja dans des conditions favorables sans risque de tassement dû à une humidité excessive des terres. Le retour de la pluie ces derniers jours va apporter de la fraicheur favorable à la germination des graines et les chaleurs de la semaine prochaine permettront une levée rapide du soja.

Travailler le sol pour favoriser la levée et la qualité d’enracinement   

La préparation du sol doit permettre d’obtenir un sol bien structuré en profondeur, propice à un enracinement de qualité favorisant l’absorption des éléments du sol (minéraux et eau). Un lit de semences aéré et suffisamment affiné en surface favorisera également une levée rapide et homogène. Le bon nivellement de la parcelle facilitera, à la moisson, la récolte des gousses les plus basses. En présence de cailloux, un passage de rouleau sur le sol peut être envisagé après le semis. 

 

Semer sur un sol réchauffé pour une levée rapide 

Quelle que soit la variété choisie, il convient de la semer dans un sol suffisamment réchauffé (10°C à 5 cm) pour permettre une levée précoce et favoriser la nodulation. Le semis devra être fait dès que les conditions le permettent, pour ne pas s’exposer à des retards de maturité à la récolte. 
Dans les régions du Nord-Est, les variétés des groupes 00 et 000 sont les plus adaptées, avec une période optimale de semis se situant entre le 20 avril et le 31 mai. 

 

Semer au semoir monograine ou au semoir à céréales ?  

L’utilisation d’un semoir monograine assurera une meilleure régularité à la levée et permettra ultérieurement un passage de bineuse sur la parcelle. En cas de semis réalisé avec un semoir à céréales, privilégiez les semis à faibles écartements (15 cm) pour une meilleure couverture du sol.   
Quel que soit le type de semoir utilisé, la graine doit être semée à 2 cm en semis précoce sur terre froide et battante. Pour les semis plus tardifs, sur terre chaude, ou sèche et motteuse, visez un semis plus profond à 3-4 cm.  

 

Adapter la densité de semis  

La densité de semis est à moduler en fonction du groupe de précocité et de la conduite hydrique de la parcelle. En cas de risque hydrique, la perte de potentiel peut être compensée par une augmentation du peuplement. Il conviendra d’ajuster le peuplement en fonction des pertes potentielles pour atteindre un objectif de 400 000 plantes par ha pour les variétés du groupe 00 à 500 000 pour les variétés du groupe 000.  

 

Assurer le développement des nodosités 

Lors d’une première culture de soja sur la parcelle, il est indispensable de réaliser une inoculation de bactéries fixatrices d’azote qui assureront 70 à 80 % de la fourniture d’azote à la plante. En effet, les rhizobiums sont naturellement absents des sols européens et doivent être ajoutés, soit directement sur les semences, soit via des micro-granulés incorporés sur la ligne de semis. Si la dernière culture de soja date de plus de 5 ans sur la parcelle ou si le sol est calcaire, la ré-inoculation sera également indispensable. Selon l’inoculum utilisé, il faut veiller à respecter les prescriptions pour maximiser la nodulation.
 

Semis de soja - Crédit photo : L. Jung

Implantation Grand Est Hauts-de-France Lorraine, Alsace et Haute-Marne Bourgogne-Franche-Comté Implantation Soja Mathieu DULOT (m.dulot@terresinovia.fr)

Implantation du tournesol : patience et observation avant de démarrer les préparations de sol

Après la période pluvieuse que nous venons de vivre à nouveau ces derniers mois, de nombreuses situations demeurent aujourd’hui dans la plaine : des parcelles en cultures de printemps non récoltées, aux parcelles non semées en cultures d’automne ou qui vont être retournées, en passant par celles dont les couverts végétaux ne sont pas encore détruits complètement... Afin de vous aider dans vos prochaines prises de décision de vos travaux de sol, Terres Inovia fait le point sur les éléments à prendre en compte, entre les généralités et le contexte de cette année, qui ressemble fortement à celui de la campagne précédente.

Bien comprendre les enjeux et les impacts autour de l’implantation du tournesol

Lorsque l’on évoque le semis du tournesol et notamment son ou ses meilleurs créneaux pour le réaliser, il est difficile de ne pas aborder l’ensemble de la phase d’implantation et uniquement se focaliser à sa mise en terre. Le climat de ces deux dernières campagnes est à l’origine de perturbations des opérations de travaux du sol qui ont directement impacté la période et la qualité du semis. Description des éléments fondamentaux à prioriser pour maximiser les chances de saisies des créneaux idéaux de semis : 

1. Favoriser la porosité dans le sol : 

Si l’on parle habituellement de l’importance d’une bonne structure de sol et d’un sol poreux, c’est souvent en lien avec l’enracinement d’une culture. Le système racinaire du tournesol est un de ses atouts majeurs : il est pivotant, capable d’extraire nutriments et eau en profondeur, mais il est sensible aux accidents structuraux. Cependant, la bonne gestion de l’infiltration de l’eau du sol ainsi que sa capacité de ressuyage ont pris une importance capitale face à l’hétérogénéité du régime de la pluviométrie. Plus que jamais, tassements, compactions, lissages ou semelles ne doivent plus entraver la préparation des sols, que cela soit en profondeur comme en surface. La phase d’implantation du tournesol est un moment déterminant dans la réussite de la culture et la mise en place de son potentiel. L’objectif du travail du sol avant le semis du tournesol est d’éviter les obstacles à la levée mais également à l’enracinement.

2. La structure du sol joue un rôle primordial dans la réussite du tournesol, à deux niveaux :

  • Le lit de semences de l’horizon 0-8cm doit permettre la bonne levée de la culture : la qualité du lit de semences conditionne le positionnement de la graine et les conditions physiques au voisinage de la graine. L’objectif est d’obtenir un horizon avec une majorité de terre fine rappuyée, et pas trop de résidus, pour favoriser le contact terre-graine. Selon les types de sol, l’enjeu est différent :
    • dans les sols argileux, l’enjeu est d’éviter de créer trop de mottes du fait d’un travail effectué dans des conditions trop humides ;
    • dans les sols sensibles à la battance, afin d’éviter les obstacles à la levée, l’enjeu est de trouver un équilibre entre terre fine et mottes, d’éviter un excès de terre fine, et de positionner les mottes en surface et la terre fine en dessous. Attention à la gestion des résidus de couverts qui doivent être suffisamment bien répartis pour éviter la gêne à la levée et contribuer à limiter les risques de battance et d’érosion.
  • L’horizon 8-20cm doit favoriser le bon enracinement et donc la nutrition de la culture par un bon état structural. Le système racinaire du tournesol est pivotant, potentiellement profond, d’où l’importance de ne pas limiter sa croissance en profondeur, afin de valoriser ce potentiel pour maximiser sa capacité à prélever l’eau et les nutriments du sol.​​​​

Adapter les différentes situations au contexte humide de l’année : trouver le compromis entre le ressuyage des parcelles et les profondeurs de travail du sol

​​​​​​​Les travaux de préparations de sol qui vont être effectués devront être réalisés dans des conditions permettant d’atteindre les objectifs cités ci-dessus. Selon le type de sol, la gestion de l’interculture et les conditions de température, la durée de ressuyage des sols permettant de rentrer dans les parcelles sans risque de tassement par le passage des outils et du tracteur pourra être plus ou moins rapide. L’observation devra se faire par la réalisation d’un diagnostic structural, a minima avec la méthode du test bêche pour avoir une vision de l’état initial de l’horizon 0-20 cm. Le profil 3D permettra d’observer la structure du sol au-delà de 20 cm. Plusieurs objectifs à ce diagnostic :

​​​​​1. Déterminer la profondeur nécessaire de travail du sol, et adapter le type de d’outil

L’évaluation de l’état structural va permettre d’identifier l’absence ou la présence d’obstacles ou de contraintes à l’enracinement à l’écoulement de l’eau. Selon les éléments de ce diagnostic, le choix de l’enchainement des outils et leurs profondeurs de passages pourra être déterminée et plus ou moins anticipée selon le type de sol et la gestion des couverts végétaux (sols légers ou sol argileux).

2. Intervenir dans des conditions optimales d’humidité de sol

Des observations directes permettent d’évaluer l’état d’humidité d’un sol dans lequel on s’apprête à utiliser un outil. Plus que la technique utilisée, les conditions dans lesquelles cette dernière se réalise ont bien plus d’impact sur la structure du sol que le choix de l’outil en lui-même. Une intervention de travail du sol pratiquée dans des conditions d’humidité inadaptées sera pénalisante pour la structure du sol et la porosité, risquant de compromettre tous les éléments de gestion d’infiltration et du ressuyage. La grille de décision ci-dessous peut vous aider dans l’évaluation de cette consistance. Le travail en conditions plastique est à proscrire. Il est possible de travailler en conditions semi-plastiques si les mottes s’émiettent en majorité et si la formation de boulettes reste minime, notamment pour les travaux d’ouverture en sol argileux. Attention également à contrôler l’état structural sous les roues du tracteur après le passage de l’outil, qui peuvent malheureusement créer de nouvelles zones de tassement, notamment en sols argileux non ressuyé comme le montre la photo ci-contre.
​​​​​​​
​​​​​​​

Source : Arvalis


 

Eviter un assèchement des mottes en sol argileux : en cas de passage en conditions de sol à tendance semi plastique, certaines mottes un peu plus humides peuvent se former en fonction du type d’outil utilisé. Afin d’éviter ce phénomène, privilégier les outils à dents fines et légères sans rouleau. En cas de conditions climatiques séchantes après l’intervention de travail du sol (température élevée ou risque de vent d’est), l’opération d’affinement de l’horizon travaillé devra être réalisée assez rapidement pour palier au risque d’obtenir des mottes qui ne pourront plus s’émietter, et qui pourraient nécessiter un passage pluvieux afin de favoriser leur affinement.

​​​​​​​3. Adapter la gestion de la couverture des sols

Dans de nombreuses parcelles, les couverts végétaux n’ont pas pu être détruits ni mécaniquement, ni chimiquement. En fonction du développement du couvert encore en place, Il faudra adapter le 1er passage d’ouverture des sols en y ajoutant l’objectif de destruction et de mulchage des couverts végétaux. Dans les situations avec forte présence de graminées non détruites et développées (ray-grass et vulpins), une destruction chimique pourra être nécessaire avant le travail du sol si le risque de repiquage après le semis s’avère trop important malgré les conditions pouvant être favorable à l’assèchement de surface.

Mettre en place toutes les pratiques de préparation de sol pour favoriser la réussite du semis du tournesol

Quelle que soit la situation, sol travaillé ou sol avec résidus, la finalité recherchée est la même : faire en sorte que la préparation du sol contribue à la réussite du semis. Cette réussite peut être évaluée au regard de plusieurs "indicateurs", liée la qualité des opérations réalisées durant la phase de préparation :

  • ne pas avoir dégradé la qualité structurale du sol : tassement par les passages des outils en conditions trop humides
  • obtenir un lit de semences favorable : au moins autant de terre fine que de mottes en surface
  • éviter la présence de résidus végétaux dans le sillon et sur le rang selon la gestion des couverts végétaux
  • obtenir une parfaite fermeture du sillon
  • semer sur un sol propre, en particulier indemne de graminées
  • semer à une profondeur homogène et conforme à l’objectif.​​​​​​

​​​​​​​

​​​​​​​

Matthieu Loos - m.loos@terres.inovia.fr - Chargé de développement Centre & Ouest​​​​​​​​​​​​​​

Implantation Centre-Val de Loire Implantation Préparation du sol Tournesol Matthieu Loos (m.loos@terres.inovia.fr)

Réussir l’implantation du tournesol débute par un travail du sol raisonné

Le tournesol est une plante à pivot et à cycle court, ce qui rend cette culture très exigeante vis-à-vis de la qualité d’implantation, notamment pour assurer l’installation du peuplement et mieux supporter les périodes de stress hydrique par un bon enracinement. Tout défaut d’enracinement entraine une perte de rendement (jusqu’à 10 q/ha) et de qualité (% d’huile).

Le travail du sol se raisonne en fonction :

  • De l’état structural,
  • De la présence de résidus végétaux en surface,
  • De la qualité du lit de semence

ATTENTION : avant de réaliser un travail du sol, vérifier son état d’humidité en profondeur pour éviter tout tassement et lissage liés au passage des outils. Cette observation se fait à l’aide d’une bêche. La présence de mottes encore humides entre 15 et 20 cm de profondeur vous incitera à décaler l’intervention de quelques jours pour permettre le ressuyage et limiter la création d’une zone non favorable à la croissance de la racine. Cette année, cette observation est d’autant plus importante, compte tenu des précipitations hivernales.

 

Assurer un bon état structural

L’objectif du travail du sol est de corriger les défauts de structure pour ameublir le sol et permettre un bon enracinement. L’idéal est de viser 15 cm de structure poreuse (cf. illustration ci-dessous).
 

 

Un bon enracinement aidera la plante à s’adapter aux périodes de stress hydrique, notamment durant la floraison.

Dans les sols fragiles (<15% d’argile ou à faible teneur en matière organique) ou tassés (récolte du précédent en conditions humides), une restructuration du sol en profondeur est nécessaire (15 à 20 cm). Dans ces situations, un labour ou un passage de décompacteur / fissurateur est réalisé (en automne – hiver en sol argileux et en sortie hiver en sol limoneux). Le labour aura également pour effet d’enfouir les graines, ce qui est un plus dans la lutte contre les adventices (graminées notamment).

Dans les autres types de sol, un travail plus superficiel (5 à 15 cm) avec des outils à dents peut suffire mais peut tout de même limiter la qualité d'enracinement. Les techniques d’implantation plus superficielles (< 5 cm) sont trop aléatoires pour être conseillées.

L’adaptation du tournesol aux différents modes d’implantation est récapitulée dans le tableau ci-dessous.

 

 

Gérer la destruction du couvert d’interculture

L’objectif est de gérer les résidus du couvert végétal et du précédent pour :

  • Limiter les risques d’encombrement au moment du semis,
  • Favoriser le contact sol/graine,
  • Limiter les risques de limaces.

Le couvert végétal doit être détruit au minimum 2 mois avant l’implantation du tournesol. 
En étant opportuniste avec les précipitations, un travail du sol ou un broyage a été réalisé durant l’hiver. Dans les autres situations, un roulage du couvert au moment des périodes de gel a été effectué.
Le travail du sol aujourd’hui a pour objectif de mulcher les résidus encore en surface et/ou de détruire les couverts non encore suffisamment détruits.
 

 

Assurer un lit de semence optimal

Un passage d’outils quelques jours avant le semis aura pour objectif :

  • De détruire les nouvelles levées d’adventices,
  • De participer au ressuyage du sol,
  • De réchauffer le sol,
  • De niveler et affiner le lit de semence.

Ce travail est réalisé avec des outils à dents ou des outils animés type herse rotative.
 

EXEMPLE DE TRAVAIL DU SOL EN SOL ARGILO-CALCAIRE

 

Expérimentation implantation tournesol 2024

Retour sur la plateforme multi partenariale Tournesol 360 (Syngenta, Adama, RAGT, Chambre d’Agriculture de la Nièvre, Soufflet Agriculture, Terres Inovia), où différentes méthodes d’implantation ont été testées.
Les rendements sont récapitulés dans le graphique ci-dessous :
 

 

Même si dans les conditions de l’année, nous n’avons pu récolter qu’un seul bloc sur les 3 (problèmes de limaces), il en ressort plusieurs enseignements qui vont dans le sens de nos expérimentations précédentes.
Il est important d’assurer un travail du sol homogène sous la racine. En effet, le labour présente ici le rendement le plus important car toute la profondeur de sol est travaillée par l’outil. Dans les situations de travail simplifié, nous voyons un différentiel entre 1 passage de décompacteur et 2 passages. L’objectif n’est pas de dire que le labour est plus efficace que 1 passage de décompacteur. L’idée est de parler en termes de résultat attendu, à savoir un sol poreux de façon homogène sur la ligne de semis ! En travail simplifié, il faut attendre le ressuyage de la parcelle et vérifier après le passage de l’outil que nous ayons bien une structure poreuse homogène dans le profil, pour ne pas pénaliser l’implantation du tournesol.
 

 

Sur la photo ci-dessus, nous voyons qu’après un passage de décompacteur en condition non suffisamment ressuyée (ou un travail pas assez profond en fonction de l’écartement des dents), le passage unique de décompacteur n’a pas suffi pour assurer une porosité homogène sous tous les pieds de tournesol, mais a plutôt déstructuré en créant des mottes mélangées à de la terre humide. Dans cette situation, un deuxième passage est recommandé en croisé pour assurer une homogénéité, permettant ainsi un gain de rendement de 4 q/ha ! 
Le passage de StripTill en permettant ce travail homogène sur la ligne de semis présente également un bon niveau de rendement.
La structure du sol était déjà bonne en sortie hiver, ce qui explique que le rendement en travail superficiel tire également son épingle du jeu. Cette préparation superficielle a permis un ressuyage et a moins déstructuré le sol par rapport au passage plus profond, notamment le passage unique réalisé trop précocement par rapport au ressuyage de la parcelle.
 

 

 

 

Préparation de campagne Implantation Bourgogne-Franche-Comté Préparation du sol Implantation Tournesol Michael GELOEN (m.geloen@terresinovia.fr)

Tournesol : les clés pour un semis réussi

La bonne implantation de la culture est essentielle pour obtenir un tournesol robuste, capable de mieux supporter les stress biotiques (ravageurs, maladies) et abiotiques (facteurs climatiques) tout au long de son cycle. Si une préparation minutieuse du sol est essentielle pour garantir un lit de semences de qualité, la réussite de l’implantation dépend également d’un semis soigné, réalisé dans des conditions optimales. Retour sur les étapes clés pour réussir cette phase cruciale.

•    Semez sur un sol suffisamment réchauffé et ressuyé

La température minimale du sol pour déclencher le semis est de 8°C à 5 cm de profondeur. L’objectif est d’assurer une croissance rapide et dynamique du tournesol pour sécuriser l’installation du peuplement et limiter l’impact des ravageurs (limaces, taupins, oiseaux). 


•    Adaptez la date de semis pour une levée au plus tard au 1er mai

Selon la région et la précocité de la variété, la date de semis optimale se situe entre le 20 mars si le sol est suffisamment réchauffé et fin avril. Pour les semis retardés en mai, les variétés très précoces seront à privilégier afin d’éviter les récoltes trop tardives. 


•    Visez un seuil de 50 000 plantes/ha levées. 

50 000 plantes levées à l’hectare est l’objectif à atteindre pour sécuriser la production et la teneur en huile ! Pour tenir cet objectif, adaptez votre densité de semis à votre contexte pédoclimatique (type de sol, contrainte hydrique, irrigation). 
 

Accéder aux guides tournesol et tournesol bio

 

•    Semez dans le frais 

Visez un semis à 2-3 cm de profondeur en sol frais. Si les conditions sont plus sèches, un semis à 4-5 cm est conseillé pour aller chercher de la fraicheur.

 
•    Semez lentement pour un peuplement homogène

Semez à 5 km/h maximum. Une vitesse de semis réduite améliore la régularité de peuplement et la profondeur de semis pour éviter les pertes à la levée. Si vous êtes équipés d’un semoir de précision rapide, vous pouvez augmenter la vitesse de chantier.
•    Préférez un écartement à 40-60 cm, qui permet de gagner entre 1 et 4 q/ha par rapport à un écartement large de type maïs (75-80 cm). Cette largeur favorise l’interception du rayonnement et l’exploitation des ressources du sol.
 

Levée de tournesol (crédit photo : Laurent Jung)

Levée de tournesol - Crédit photo : Laurent Jung

Préparation de campagne Implantation Bourgogne-Franche-Comté Implantation Tournesol Victoire Lefèvre (v.lefevre@terresinovia.fr)

Le guide de culture pois 2025 est disponible pour accompagner producteurs et conseillers lors de la prochaine campagne

Terres Inovia a mis à jour son guide de culture pois protéagineux. L’édition 2025 bénéficie de l’avancée des derniers travaux de l’institut sur l’implantation de la culture et la gestion des maladies et accompagnera producteurs et conseillers tout au long de la campagne. Téléchargeable gratuitement sur le site internet de Terres Inovia, il peut également être commandé en version imprimée.

Légumineuse historique des assolements français, au cœur des enjeux d’autonomie en protéines, le pois s’affiche comme une culture pilier des enjeux environnementaux, sociétaux et agronomiques des rotations françaises. Riche en protéines, valorisable sur de nombreux débouchés tant en alimentation animale qu’humaine, le pois constitue une solution de diversification des rotations, apporte de nombreux services agronomiques et contribue au verdissement de l’agriculture par son autonomie azotée.

Sécuriser le potentiel par la gestion de l’implantation, la protection contre les maladies et le choix variétal


Ce guide de culture permet de tout savoir sur les pois d’hiver et de printemps, du choix des variétés à la récolte et à la conservation, en passant par l’implantation, la fertilisation, le désherbage et la lutte contre les ravageurs et les maladies.
L’édition 2025 bénéficie des résultats des derniers travaux menés par Terres Inovia. Ainsi, alors que l’implantation reste une étape clé dans l’élaboration du potentiel final, les plages et les secteurs de semis évoluent pour adapter la culture du pois au changement du climat. Les enseignements des dernières campagnes ont également permis de mettre au point une nouvelle stratégie de protection contre les maladies. Enfin, la gamme de variétés disponibles continue à s’étoffer, la tenue de tige restant un critère important à prendre en compte.
    
Le guide de culture pois 2025 peut être téléchargé gratuitement par toute personne ayant créé son compte personnel sur le site internet de l’institut. La version imprimée est également gratuite, seule une participation aux frais de port est demandée. Il sera disponible à partir du 18 mars 2025.

 

France entière Débouchés Implantation Ravageurs Maitrise des maladies Maladies Récolte Stockage Pois de printemps Pois d'hiver guide pois guide pois 2025

Arpège : un projet novateur pour l’agriculture régénérative

Au Salon International de l’Agriculture, une conférence de presse a permis de présenter ce projet, dont Terres Inovia est partenaire, et qui ambitionne de développer l’agriculture régénérative et les légumineuses dans le Centre Val-de Loire à grande échelle.

La présentation d'Arpège lors de la conférence de presse organisée au Salon International de l'Agriculture


Comment adopter des pratiques vertueuses pour façonner l’agriculture de demain ? C’est l’objectif d’Arpège, un projet piloté par Axereal et porté par un consortium comprenant Terres Inovia, Unilasalle, Axa Climate, Genesis et Fertiberry semences. 

Développer des filières agricoles vertueuses

Financé par BPI France dans le cadre du plan d’investissement France 2030, il vise à déployer l’agriculture régénérative à grande échelle avec le développement de productions de légumineuses sur le territoire Centre-Val de Loire.

Concrètement, le projet vise à développer des filières agricoles vertueuses afin de renforcer la résilience des exploitations, améliorer la santé des sols, réduire l’impact environnemental et assurer la viabilité économique des producteurs. 

Arpège souhaite en particulier rendre concrètes les solutions d’allongement de la rotation à échelle des exploitations, en optimisant le potentiel de production et les bienfaits environnementaux des cultures bas carbone et bas intrants.


Les 4 axes du projet


•    Mesurer pour agir : évaluation de l’impact des pratiques régénératives sur la santé des sols; 
•    Innover pour produire mieux : expérimentations pour déplafonner et améliorer la productivité des cultures bas-intrants;
•    Anticiper le futur : concevoir des rotations adaptées aux défis climatiques de demain;
•    Former et transformer : accompagner les agriculteurs, moderniser et adapter les infrastructures de stockage des grains.

Les différentes étapes

Le projet Arpege a démarré en 2024 pour quatre ans, avec trois étapes clés :
•    Expérimentations de cultures de bas-intrants, avec un suivi sur toute la durée du projet, basée sur les pratiques existantes
•    Etat des lieux de la santé du sol : une première évaluation sera faite en juin 2025
•    Mesure des impacts : en 2027, analyse de la santé des sols suite aux changements de pratiques
Des essais auront lieu chez des agriculteurs de toute la région Centre-Val de Loire. Ils sont également déployés dans les différentes stations expérimentales agronomiques des partenaires (notamment le réseau Syppre). Objectif ? Avoir, fin 2026, 2 000 agriculteurs qui cultivent en agriculture régénérative.

Gilles Robillard, président de Terres Inovia
 

« Arpège est un projet collaboratif qui est au cœur des innovations. Ce qui lie tous les partenaires, c’est la création de la valeur ajoutée pour les agriculteurs. Le projet va particulièrement travailler sur les légumineuses car leur insertion sont porteuses de solutions sur l’impact du changement climatique ».

Gilles Robillard, président de Terres Inovia

 

Documents à télécharger

France entière Fertilité et gestion durable des sols Implantation Accidents climatiques Stockage Pois d'hiver Pois de printemps Soja Féverole d'hiver Féverole de printemps Lentille Pois chiche Lupin d'hiver Lupin de printemps agriculture agriculture régénérative arpège fertilité légumineuses sia sols