Stratégie de désherbage des protéagineux d’hiver

À l’approche des semis des pois et féveroles d’hiver, la préparation de sa stratégie de désherbage doit se réfléchir en connaissance de la flore de sa parcelle. Si des rattrapages en post-levée existent et peuvent suffire dans des situations de faible salissement, les programmes les plus efficaces se positionnent dès la prélevée et nécessitent de s’anticiper.

Réglementairement, qu’est-ce qu’un protéagineux d’hiver ? 


Les réglementations herbicides varient selon la typologie hiver/printemps des pois et féveroles. Avec des dates de semis parfois tardives des pois et féveroles d’hiver, voire reportées au printemps, des zones de chevauchement des conseils de semis des génétiques hiver/printemps tel que le bassin sud de la France, ou encore le semis de génétiques de printemps en hiver (exemple avec la féverole), il est important de rappeler que la date de semis prime sur la définition réglementaire quelle que soit la génétique utilisée. Ainsi, tout semis avant le 1er février est considéré comme un protéagineux d’hiver et tout semis à partir du 1er février est considéré comme un protéagineux de printemps. 

Gestion des dicotylédones : prélevée, post-levée ou les deux ?

​​​​​​En pois d’hiver, la prélevée est à privilégier pour les situations difficiles (parcelles hydromorphes ne permettant pas de passage précoce en sortie d’hiver), les flores compliquées à gérer en post-levée telles que les coquelicots et renouées, et les infestations d’adventices hivernales telles que le gaillet et la véronique de perse. Cette stratégie pourra se compléter d’une post-levée modulée en cas de forte pression ou si besoin d’un complément sur les flores printanières non contrôlées par l’application de prélevée, comme la matricaire et la fumeterre. Les stratégies tout en post-levée sont à privilégier seulement en connaissance de la flore et si le salissement est facilement maîtrisable. À noter que certains programmes de post-levée sont fractionnables pour une meilleure efficacité ou gérer les levées échelonnées. Les compléments mécaniques en post-levée sont à éviter, pouvant favoriser l’arrivée de maladies. 


En féverole d’hiver, la prélevée est indispensable faute de diversité de solutions possibles en post-levée à l’exception du Corum permettant de gérer seulement certaines flores printanières tel que le chénopode, la mercuriale ou la matricaire. Toutefois, la féverole se prête facilement aux passages mécaniques en post-levée (houe, herse, bineuse). Les stratégies de désherbage mixtes affichent de très bonnes efficacités.   

► Plus d’informations sur les stratégies de désherbage mécaniques et mixtes

Quelques spécificités des programmes antidicotylédone

  • Retrait d’usage du PROWL 400 / PENTIUM FLO / BAROUD SC sur pois et féverole d’hiver : Le retrait d’utilisation du PROWL 400 est effectif depuis le 28/09/2025. La pendiméthaline reste cependant accessible via le NIRVANA S et le BISMARK CS. Pour rappel, PROWL 400 reste homologué sur pois et féverole de printemps.
  • Différences réglementaires du CHALLENGE 600 et du COLT : ces 2 spécialités contiennent de l’aclonifen (600g/L) mais leurs modalités réglementaires d’application sont différentes. Entre doses autorisées et possibilités de double application pré + post, le tableau ci-dessous résume les principales différences d’applications possibles sur pois et féveroles. 

 

*herbicide générique : CHANON, etc,..
P=pois
F=féverole
L=lupin
(1) : respecter un délai de 25 jours entre les 2 applications pour pois d'hiver, 15 jours pour pois de printemps
(2) : respecter un délai de 10 jours entre les 2 applications de postlevée

  • Nirvana S à privilégier en prélevée : le Nirvana S reste un produit efficace pour les stratégies de prélevée de par son spectre d’action large et sa dose autorisé. Le produit peut toutefois être appliqué en post-levée à 2l/ha maximum en l’absence de passage en prélevée. Pour optimiser son efficacité et son spectre d’action, son positionnement en prélevée reste plus intéressant, sachant que le CORUM apportent les mêmes substances actives en post-levée et l’association des 2 produits est interdite (mention H361d).

Exemples de programmes antidicots en féverole d’hiver 

(1) DASH HC ou ACTIROB B

Exemples de programmes antidicots en pois d’hiver 

(1) DASH HC ou ACTIROB B
(2) 2 passages à 8-10 jours (pois de printemps) ou 10-15 jours (pois d'hiver) d'intervalle, pour améliorer l'efficacité à condition de débuter les applications sur adventices de cotylédons à deux feuilles
​​​​​​​(N.B) en l'absence d'application d'aclonifen en pré-levée, CHALLENGE 600 peut être appliqué en postlevée

La gestion des graminées résistantes possible sur protéagineux d’hiver

  • Propyzamide : les protéagineux d’hiver bénéficient du KERB FLO (propyzamide) pour gérer les pressions de graminées résistantes aux autres modes d’action. Le produit s’applique en post-levée précoce à 3-4 feuilles des pois et féveroles.  
    ​​​​​​​
  • ​​​​​​Antigraminées foliaires : en l’absence de graminées résistantes, il est possible d’appliquer en post-levée des antigraminées foliaires (FOP et DIME). A noter que, contrairement aux protéagineux de printemps, la cléthodime n’est pas autorisée sur les pois et féverole d’hiver. 

     

Pour plus d’informations sur les programmes conseillés et les efficacités, référez-vous aux liens suivants :

►Spectre des principaux programmes en pois


​​​​​​​►Spectre des princiaux programmes en féverole

Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr - Référent protéagineux zone Centre & Ouest

Implantation Centre-Val de Loire Bretagne, Pays de la Loire Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Normandie et Ouest Ile-de-France Pois d'hiver Féverole d'hiver Bastien REMURIER

Gestion des grosses altises adultes en production de semences de colza

​​​​​​​La récente dérogation 120 jours (art53-REG1107/2009) de Minecto Gold  questionne  sur le type de solution à employer en production de semences. En effet, Cette dérogation bénéficie aussi d’un usage spécifique porte-graine et moutarde

MINECTO GOLD est autorisé en 2 applications maximales par an à la dose maximale d’emploi de 100 g/ha UNIQUEMENT sur colza PORTE GRAINE et MOUTARDE

Lien vers la dérogation

Intervalle entre 2 applications : 14 jours
Première application : du stade BBCH 00 (levée) au stade BBCH 14 (4 feuilles)
Deuxième application : du stade BBCH16 (6 feuilles) à BBCH19 (9 feuilles ou plus)

 

Contre les adultes, spécificité du

colza porte graine

Cette application avec Minecto Gold est la seule solution pour lutter contre les altises adultes lorsque la résistance forte SKDR est généralisée comme cela peut être le cas sur les moutardes en Bourgogne. 
Sur colza porte graine qui peut nécessiter plusieurs applications, dans les secteurs où la résistance forte a été identifiée mais pas encore développée, Minecto Gold en alternance avec les pyréthrinoïdes est une solution pour freiner la progression de cette résistance forte et cela peut permettre de façon durable, de contrôler l’altise avec plusieurs solutions. 

Sur adultes en l’absence de résistance forte, l’efficacité de Minecto Gold n’est pas supérieure  à la référence pyréthrinoïde à base de lamda-cyhalothrine (ex : KARATE ZEON, etc,.). Cette efficacité est comprise entre 50 et 70%. L’application unique de Karaté Zéon ou Minecto Gold dans cette synthèse de 3 ou 6 essais a été réalisée sur des colzas peu développés entre le stade cotylédons et 2 feuilles ; 55% de plantes présentaient des morsures en moyenne lors de l’application.

Le colza semé tôt, en aout dans des conditions favorisant un développement rapide des plantules, permet généralement d’atteindre le stade 3-4 feuilles à l’arrivée des grosses altises, seuil au-delà duquel les plantes supportent les prélèvements foliaires.  Pour les régions à fortes résistances généralisées aux pyréthrinoïdes, les pyréthrinoïdes étant inefficaces, la seule solution passe par ce semis et cette levée précoce. 

 

Larves d’altises : colza et colza porte graine, même remède

L’intervention sur larves doit être limitée aux seules situations qui le justifient. La nuisibilité des larves est moindre sur des colzas développés et poussants à l’automne. Le risque larves d’altise à la parcelle  combine un risque agronomique (biomasse du colza, croissance continue, arrêt de croissance hivernale et précocité de reprise au printemps) et un nombre de  larves dans les plantes (méthode Berlèse ou dissection). 
En l’absence de risque agronomique, le seuil d’intervention  est de 5 larves par pied.  En cas de risque agronomique identifié, ce seuil est abaissé à 3 larves. En l’absence de risque global, renouvelez la méthode Berlèse 3 à 4 semaines plus tard. 

Consulter l’OAD de Terres Inovia

​​​​​​En quelques clics, cet outil estime le risque parcellaire lié aux prélèvements foliaires par les altises lors de la phase levée du colza. Il a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia.

Lien vers l'outil : Estimation du risque lié aux altises adultes


Si une intervention est justifiée contre les larves, le choix de l’insecticide va dépendre des résistances présentes et du risque charançon. 
Le tableau ci-dessous permet de prendre en compte le risque charançon et larves d’altise 
 

Altises

Charançon Bourgeon Terminal

Risque altise

Absence de résistance forte

Risque altise

Résistance forte

Risque charançon bourgeon terminal

Pyréthrinoïde  (1)  contre charançon bourgeon terminal 

puis (2) Minecto Gold (3) ou  lambdacyhalothrine (3) 
(larve altise)
 

Pyréthrinoïde (1) contre charançon  bourgeon terminal)

puis  Minecto Gold 
(larve altise)
 

Pas de risque charançon du bourgeon terminal lambdacyhalothrine ou Minecto Gold (larve altise)Minecto Gold 
(larve altise)

 

(1) : cyperméthrine, deltaméthrine ou lambda-cyhalothrine. La lambdacyhalothrine est supérieure aux autres sur larves d’altises. 
(2) Évaluer l’efficacité du traitement charançon sur larves altises avant une nouvelle intervention (au moins 2 semaines avant évaluation)
(3) Minecto Gold permet d’alterner les modes d'action
 

L.RUCK, F.DUROUEIX Terres Inovia
JC CONJEAUD,  ANAMSO
 

Implantation Automne France entière Ravageurs Colza L.RUCK, F.DUROUEIX - Terres Inovia & JC CONJEAUD - ANAMSO

L’Arrivée de l’automne est synonyme de vigilance sur les altises - Sud-Ouest

Les conditions climatiques dans le Sud-Ouest ont été favorables aux semis précoces des colzas. Les tout premiers semis ont été réalisés dès le 10/08 (avant les premières pluies du 13/08) puis la majorité des semis sont effectués fin août, alors que les pluies sont régulières. Depuis, la croissance est soutenue mais des derniers semis ont pu avoir lieu encore récemment. Les stades de développement s’étalent donc de cotylédon à 7 feuilles avec des parcelles en majorité à 4 feuilles (au 24/09). La semaine dernière a été marqué par un rafraîchissement des températures, notamment sur le matin. Cette semaine, les températures sont plus douces et sont donc potentiellement favorables au vol de grosses altises adultes. Dans ce contexte, un rappel du seuil, de la période de risque et des solutions disponibles est nécessaire.

Au vu des conditions météo, une surveillance est de mise

Le déclenchement du vol de grosses altises est conditionné par une variation de températures. Nous sortons d’une semaine plutôt froide et les températures se sont maintenant adoucies. Cela pourrait être favorable au vol d’autant que les premiers retours du réseau BSV la semaine passée montre quelques premières captures via les cuvettes jaunes. 

Par conséquent, il est indispensable de surveiller les parcelles dès aujourd’hui, et plus précisément celles qui n’ont pas atteint 4 feuilles, et suivre l’évolution de la situation au travers du BSV (Bulletin de Santé des Végétaux).  

Consulter l’OAD de Terres Inovia

​​​​​​En quelques clics, cet outil estime le risque parcellaire lié aux prélèvements foliaires par les altises lors de la phase levée du colza. Il a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia.

Lien vers l'outil : Estimation du risque lié aux altises adultes

 

L’insecte migre sur la parcelle depuis divers abris, où il réalise sa diapause estivale. Peu active le jour, l’altise est active en début de nuit pour s'alimenter au détriment du colza. Quelques jours seulement après l’arrivée sur la parcelle, la ponte a lieu dans le sol, à proximité du collet du colza. Les dégâts causés par les adultes se manifestent par la destruction de surface foliaire, sous forme de morsures circulaires. Concernant les dégâts, ils sont potentiellement préjudiciables et d’autant plus importants que le colza est peu poussant et à un stade peu développé avant 4 feuilles. Grâce au semis précoces pour la région cette année, une grande partie des colzas ne sont plus concernés par le risque grosses altises adultes. 

Les interventions ne sont pas systématiques !

De la levée à 3 feuilles, le colza pousse relativement lentement et sa biomasse est faible. Les destructions de feuilles (voire des cotylédons) par les adultes de la grosse altise sont d’autant plus préjudiciables sur des colzas peu développés et peu poussants. L’application d’une protection est conseillée si 80% des plantes présente au moins une morsure et 25% de la surface foliaire est consommée.

Intervention inutile à partir de 4 feuilles  

A partir de 4 feuilles, le colza entre en phase de croissance active. La production de biomasse par la plante est alors plus rapide que les destructions par morsures de l’altise. A partir de ce stade, une intervention contre la grosse altise adulte est inutile. Intervenir sur les adultes se raisonne au regard du risque qu’elles font peser sur les plantules de colza jusqu’à 3 feuilles inclues. Cette intervention n'aura que peu d'impact sur les infestations larvaires qui elles seront visibles à l'entrée de l'hiver et qui devront être gérées spécifiquement. 

Avec la seule famille des pyréthrinoïdes à disposition pour lutter contre ce ravageur au stade adulte, l’efficacité sur adultes comme sur les larves de la grosse altise est directement liée au niveau de résistance des populations. Il est par conséquent essentiel d’intervenir uniquement en cas de risque avéré sur adultes ou sur larves et de limiter l’utilisation de ces insecticides (stratégie d’esquive, en semant tôt).   

Si une intervention est nécessaire :  

  • Dans les secteurs où les résistances fortes ne sont pas généralisées (en jaune ou hachuré) comme le Sud-Ouest, intervenir avec un pyréthrinoïde en soirée (adulte actif en début de nuit).  
  • Pour les régions à forte résistance généralisée aux pyréthrinoïdes (secteur rouge sur la carte), non encore détecté dans le Sud-Ouest, la seule stratégie de gestion passe par un semis et une levée précoce. 

Toutes les pyréthrinoïdes n’ont pas la même efficacité 

Les molécules testées présentent quelques différences entre elles, qui s’accentuent au cours du temps, après application.

  • 3-4 jours après le traitement, les pyréthrinoïdes lambda-cyhalothrine, cyperméthrine (on peut y associer la deltaméthrine) et l’étofenprox sont comparables.
  • 7 jours après le traitement, on observe des différences. Lambda-cyhalothrine, cyperméthrine et deltaméthrine conservent leur efficacité (50 à 60 %). L’étofenprox est en retrait.
  • L’esfenvalérate est en retrait à 3-4 jours ou 7 jours.

Pour la première fois, la dérogation Minecto Gold est en vigueur sur l’ensemble du territoire, dont le Sud-Ouest. Attention cette dérogation d’utilisation ne porte que sur les larves de grosses altises (puisque utilisable seulement à partir du stade 6 feuilles), qui sont différentes des grosses altises adultes qui vont nous concerner dans les prochains jours.  Voir l’article ci-dessous 

Voir l'article sur la dérogation Minecto Gold 2025 

Cette même dérogation permet toutefois l’utilisation du Minecto Gold en colza semence (porte-graines) sur la cible grosse altise adulte (stade cotylédons à 4 feuilles). En effet, la dynamique de croissance entre un hybride (majoritairement utilisé en colza conso) et une lignée (utilisée en colza semence) mais aussi la date de semis (les colzas semences sont généralement implantés plus tardivement) explique l’ouverture de cet usage précoce avec une solution supplémentaires aux pyréthrinoïdes. 

Voir l’article dédié rédigé par l’ANAMSO et Terres Inovia 

Votre contact régional

  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Centre et Est Occitanie
  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Aquitaine, Gers et Hautes-Pyrénées
Implantation Automne Pause hivernale Ouest Occitanie Est Occitanie Ravageurs Colza Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Terres Inovia

L’arrivée de l’automne est synonyme de vigilance sur les Altises

Consécutivement aux précipitations parfois très importantes de fin août, qui ont globalement permis une bonne avancée des semis, on observe cette année en Auvergne-Rhône-Alpes des situations contrastées. Dans certains cas extrêmes, notamment en Auvergne où les pluies ont été particulièrement abondantes, des re-semis ont été nécessaires. Les stades de développement des colzas apparaissent relativement hétérogènes, allant de la levée jusqu’à 6 feuilles selon les secteurs et les dates de semis. Cette variabilité est renforcée par des conditions climatiques changeantes : un rafraîchissement ponctuel fin août - début septembre, suivi d’un retour de la chaleur ces dernières semaines. Les prévisions annoncent désormais une baisse des températures à partir de la semaine prochaine. Dans ce contexte, les colzas les plus jeunes restent particulièrement exposés au risque d’attaques précoces de grosses altises.

Au vu des conditions météo, une surveillance est de mise

Le déclenchement du vol de grosses altises est conditionné par une variation de températures. Ces dernières années en Auvergne Rhône-Alpes, le début du vol est enregistré entre le 20 et le 25 septembre. Les premiers retours des réseaux BSV, confirment une arrivée des grosses altises plus précoce que l’année dernière avec des captures en cuvettes significatives sur certains secteurs.

Par conséquent, il est indispensable de surveiller les parcelles dès aujourd’hui, et suivre l’évolution de la situation au travers du BSV (Bulletin de Santé des Végétaux). de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Consulter l’OAD de Terres Inovia

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​En quelques clics, cet outil estime le risque parcellaire lié aux prélèvements foliaires par les altises lors de la phase levée du colza. Il a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia.

Lien vers l'outil : Estimation du risque lié aux altises adultes

 

L’insecte migre sur la parcelle depuis divers abris, où il réalise sa diapause estivale. Peu active le jour, l’altise est active en début de nuit pour s'alimenter au détriment du colza. Quelques jours seulement après l’arrivée sur la parcelle, la ponte a lieu dans le sol, à proximité du collet du colza. Les dégâts causés par les adultes se manifestent par la destruction de surface foliaire, sous forme de morsures circulaires. Concernant les dégâts, ils sont potentiellement préjudiciables et d’autant plus importants que le colza est à un stade peu développé avant 4 feuilles. 

Les interventions ne sont pas systématiques !

Avec la seule famille des pyréthrinoïdes à disposition pour lutter contre ce ravageur, l’efficacité sur adultes comme sur les larves de la grosse altise est directement liée au niveau de résistance des populations. Il est par conséquent essentiel d’intervenir uniquement en cas de risque avéré sur adultes ou sur larves et de limiter l’utilisation de ces insecticides (stratégie d’esquive, en semant tôt). 

Un danger pour les colzas de la levée à 3 feuilles 

De la levée à 3 feuilles, le colza pousse relativement lentement et sa biomasse est faible. Les destructions de feuilles (voire des cotylédons) par les adultes de la grosse altise sont d’autant plus préjudiciables sur des colzas peu développés.

Intervention inutile à partir de 4 feuilles 

A partir de 4 feuilles, le colza entre en phase de croissance active. La production de biomasse par la plante est alors plus rapide que les destructions par morsures de l’altise. A partir de ce stade, une intervention contre la grosse altise adulte est inutile. Intervenir sur les adultes se raisonne au regard du risque qu’elles font peser sur les plantules de colza jusqu’à 3 feuilles inclues. Cette intervention n'aura que peu d'impact sur les infestations larvaires qui elles seront visibles à l'entrée de l'hiver et qui devront être gérées spécifiquement.

Si une intervention est nécessaire :  

  • Pour les régions à forte résistance généralisée aux pyréthrinoïdes (secteur rouge sur la carte), la seule stratégie de gestion passe par un semis et une levée précoce.
  • Dans les secteurs où les résistances fortes ne sont pas généralisées (en jaune ou hachuré), intervenir avec un pyréthrinoïde en soirée (adulte actif en début de nuit). 

Toutes les pyréthrinoïdes n’ont pas la même efficacité 

Les molécules testées présentent quelques différences entre elles, qui s’accentuent au cours du temps, après application.

 

 

 

 

 

 

  • 3-4 jours après le traitement, les pyréthrinoïdes lambda-cyhalothrine, cyperméthrine (on peut y associer la deltaméthrine) et l’étofenprox sont comparables.
  • 7 jours après le traitement, on observe des différences. Lambda-cyhalothrine, cyperméthrine et deltaméthrine conservent leur efficacité (50 à 60 %). L’étofenprox est en retrait.
  • L’esfenvalérate est en retrait à 3-4 jours ou 7 jours.

 

Votre contact régional

  • Alexandra DENOYELLE (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne Rhône-Alpes PACA
     
Implantation Automne Pause hivernale Auvergne Rhônes-Alpes Ravageurs Colza Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Normandie & Ile-de-France : apport d’azote à l’automne sur colza, rappels réglementaires

En vigueur sur les zones vulnérables, le 7ème programme d’actions « nitrates » ouvre la voie à un apport d’azote minéral en végétation jusqu’au 15 octobre sur le colza. Toutefois, des conditions agronomiques très strictes sont à respecter. Décryptage.

​​​​​Contexte et enjeux

L’apport d’azote minéral dans les premières semaines après le semis peut être un levier agronomique très efficace pour limiter la nuisibilité des infestations larvaires d’insectes d’automne (altise et charançon du bourgeon terminal). Terres Inovia et de nombreux partenaires ont acquis des références solides en ce sens depuis 2021, dans le cadre notamment du plan de sortie du phosmet.  
Attention ! L’apport d’azote – que ce soit au semis ou en végétation - n’a pas lieu d’être généralisé à toutes les situations ! Il n’est pertinent que s’il y a risque d’apparition d’une carence azotée en fin d’automne dans les parcelles exposées aux problèmes de larves d’insectes. 

Rappelons que l’engrais ici a pour vocation à apporter un soutien à la culture. Ce n’est pas de l’engrais « nutritionnel » pour contribuer directement à l’élaboration du rendement. 

Par rapport à un épandage de fertilisant avant la levée (autorisé réglementairement avant le 31/08), l’apport d’engrais en végétation - à partir du stade 4 feuilles du colza - augmente les chances de retour sur investissement. En effet, à ce moment, l’installation de la culture est assurée et l’apport est plus efficient. La campagne qui a débuté avec des semis dans le sec pour de nombreuses parcelles renforce cet argument.  
​​​​​​
NB IMPORTANT : tout apport d’azote – au semis ou à l’automne - est inutile lorsque le colza est mal implanté (levée tardive et mauvaise structure de peuplement). Cette pratique ne permet pas d’améliorer ou sauver une situation de « colza mal embarqué ». 

Que disent les textes réglementaires ? 

​​​​

Le 7ème programme d’actions national « nitrates » (PAN 7) décliné dans les régions (PAR 7) indique que :

Sur colza, un apport d’un maximum de 30 unités d’azote supplémentaires sous forme minérale, en végétation à partir du stade « 4 feuilles » est possible entre le 1er septembre et le 15 octobre, dans les situations où la disponibilité en azote du sol pendant l’automne est limitée.

Les situations où la disponibilité en azote du sol pendant l’automne est limitée sont les cas où :

☑️aucun apport de fertilisant azoté de types 0, I. a, I. b et II correspondant à plus de 30 unités/ha d’azote efficace n’a été réalisé avant le 1er septembre ;
☑️le semis du colza est réalisé avant le 25 août ;
☑️au moins une des deux conditions suivantes est respectée :

  1. Implantation du colza après un précédent céréale à pailles avec résidus de culture enfouis et fréquence historique d'apport de fertilisants de types 0, I. a, I. b et II inférieure à 1 an sur 3​​
  2. OU implantation du colza dans un sol à faible disponibilité en azote (reportez-vous pour NORMANDIE : page 3 de l’arrêté du PAR 7 sans annexe ; pour Ile-de-France :  page 11 de l’arrêté du PAR 7)
    ​​​​​​


Si l’une des trois cases n'est pas cochée, la mesure ne peut s’appliquer, l’épandage d’engrais minéral « en plein » en végétation reste alors interdit dans les zones vulnérables à partir du 31/08.

Que retenir, pour les apports d’azote minéral réglementés sur colza en fin d’été / début d’automne 2025 ?

Période d’épandage En Ile-de-France En Normandie
Avant le 31/08 Maximum 30 U d’azote minéral au semis lorsque le solde du bilan azoté du précédent est inférieur à 20 kg d’N.

Apport d’azote minéral
possible sans restriction

OU OU OU
Du 1er septembre au 15 octobre Voir le paragraphe « Que disent les textes réglementaires ?» ci-dessus  Voir le paragraphe « Que disent les textes réglementaires ?» ci-dessus 

 

Nota Bene

Le PAN7 prévoit une réévaluation de cette pratique d’apport en végétation du colza » en 2027 et exige la preuve qu’elle n’engendre pas une augmentation significative du risque de lixiviation de l’azote. Cette pratique doit donc être réservée aux situations qui le justifient, sur le plan agronomique. 

Au-delà du 31/08, l’apport localisé sur la ligne de semis d’un engrais composé (type NP-NPK) reste partout autorisé dans la limite de 10 kg N/ha. 
 
La quantité d’azote apportée– au semis ou à l’automne – ne doit pas être défalquée du calcul de la dose prévisionnelle à apporter au printemps. C’est l’estimation des biomasses de colza en entrée et sortie hiver qui interviennent dans le calcul. 
 
Tout apport d’azote organique ou minéral en été ou début d’automne accentue le risque d’élongation automnale du colza, a fortiori en cas de densité excessive de plantes/m², variété sensible à l’élongation et levée précoce. Les températures élevées exacerbent aussi le risque. 

Pour aller plus loin :

​​​​​​​Gestion des ravageurs : obtenir un colza robuste grâce à un apport d’azote

Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest

Implantation Automne Normandie et Ouest Ile-de-France Fertilisation Colza Jean Lieven

Désherbage du lin oléagineux : quel programme pour les semis 2025 ?

Le programme de désherbage antigraminées évolue sur le lin oléagineux d’hiver à la suite du retrait d’AVADEX 480. Découvrez quel programme pour les semis 2025.

COLZAMID (napropamide) en postsemis-prélevée est la solution alternative à l’AVADEX 480 travaillée par Terres Inovia depuis 4 campagnes (essais avec observation de la sélectivité et de l’efficacité). Son utilisation sur lin oléagineux est possible parce que COLZAMID couvre toute la portée de l’usage « Crucifères oléagineuses*Désherbage» (colza, lin, etc,.). Attention, les applications en présemis incorporé ne sont pas sélectives du lin. 

COLZAMID (napropamide) en postsemis-prélevée est la solution alternative à l’AVADEX 480 travaillée par Terres Inovia depuis 4 campagnes (essais avec observation de la sélectivité et de l’efficacité). Son utilisation sur lin oléagineux est possible parce que COLZAMID couvre toute la portée de l’usage « Crucifères oléagineuses*Désherbage» (colza, lin, etc,.). Attention, les applications en présemis incorporées ne sont pas sélectives du lin.

En situation de pression en graminées, un désherbage de pré-levée peut être réalisé avec COLZAMID (napropamide) à 1,5 l/ha. L’efficacité sera supérieure ou égale à AVADEX 480 qui lui est incorporé en présemis. Sur colza et en situation de ray-grass, COLZAMID en prélevée est légèrement inférieur à 500-600 g ha de métazachlore. Contre vulpin, COLZAMID est plutôt équivalent. Il faut souligner que les conditions de réussite du désherbage sont meilleures en lin (application fin septembre-début octobre) grâce à des sols souvent plus frais au moment des application. L’efficacité est alors comprise entre 50 et 80%.

Le spectre d’efficacité de COLZAMID sur dicotylédone est intéressant et nettement supérieur à AVADEX480, notamment sur coquelicot, c’est aussi un complément sur les pensées et véroniques. Les efficacités sur matricaire et véronique ne sont pas négligeables. 

Conditions d’application du COLZAMID

-    Appliquer l’herbicide dans les 48h après le semis
-    L’efficacité est abaissée en présence de mottes ou de résidus
-    L’application sur sol frais permet une efficacité optimale
-    L’efficacité est moins régulière sur des sols argileux
-    Ne pas appliquer avant de fortes pluviométries, ni sur sols 
-    Sur sols limoneux ne pas dépasser la dose de 1,5 l/ha, sur d’autres sols la dose peut être montée à 2 l/ha. 

Nous devons préciser qu’à ce jour la société UPL couvre uniquement les applications à 1,5 l/ha. 

Cette base sera complétée en végétation par un antigraminées foliaire, dans le cas où les ray-grass et/ou vulpins sont encore sensibles. Une vigilance sera portée sur ces applications, les efficacités fortement affectées par la résistance aux inhibiteurs de l’ACCase (“fop”, “dime” et “den”) sont parfois meilleures pour la cléthodime. Mais la fréquence de la résistance progresse, d’où l’intérêt du désherbage de prélevée, parfois la seule façon de contrôler les graminées. Dans les cultures plus faciles à désherber, il est préférable de limiter le recours à la cléthodime pour faire durer l’efficacité. En colza, pour contrôler les repousses, il est préférable de choisir un « fop » (AGIL, etc,.) et la cléthodime ne doit s’envisager que si l’on vise une efficacité optimale dans un programme avec KERB. 

En non labour et au semis, il est fortement recommandé, si le dernier passage d’outil date de plus de 5-8 jours, d’appliquer un glyphosate pour éliminer les premières levée de ray-grass ou de vulpin. Cette technique est préférable à un travail du sol au moment du semis (exemple avec un semis en combiné) qui peut favoriser, encore plus, de nouvelles levées en culture.

Le faux semis est en effet un levier incontournable et, dans la rotation d’autres leviers peuvent être activés pour lutter contre le ray-grass ou le vulpin : introduction d’une culture de printemps, voire deux successives, labour occasionnel, etc,.

En lin d’hiver : attention à la sensibilité au gel des antigraminées foliaires

Une autre donnée doit aussi être prise en compte, celle de l’augmentation de la sensibilité des lins au gel après passage d’un antigraminée foliaire (AGF) à l’automne :
•    Dans les zones à hivers froids (Centre, Nord et Est), éviter autant que possible l’usage d’un AGF avant la sortie hiver.
•    Dans les zones à hivers plus doux (Sud-Ouest, Ouest), l’application d’un AGF à l’automne est envisageable, seulement en cas de concurrence précoce.
•    D’une manière générale : mieux vaut positionner l’AGF en sortie d’hiver.

 

Préparation de campagne Implantation Début de cycle / croissance Période hivernale Sortie hiver Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Sud Aquitaine Bretagne, Pays de la Loire Désherbage Atouts de la culture Lin d'hiver Zoé Le Bihan (z.lebihan@terresinovia.fr)

Lupin d’hiver : réussir son implantation

Les semis de lupin d’hiver vont bientôt commencer. Après une préparation souvent anticipée du sol afin de limiter le risque mouche des semis, l’implantation doit être soignée pour donner à la culture toutes ses chances de réussite.

​​​​​​​Choix de la parcelle

Le choix de la parcelle est un critère très important pour la réussite du lupin d'hiver.
Sont à éviter :

  • Les parcelles hydromorphes – le lupin est très sensible aux excès d’eau, beaucoup plus que le pois ou la féverole ; les études récentes ont montré qu’il s’agit souvent du 1er facteur limitant le potentiel de rendement. 
  • Les parcelles présentant un taux de calcaire actif supérieur à 2.5% - le calcaire actif bloque le développement du lupin, qui jaunit, reste nain et finit par disparaitre ; 
  • Les parcelles présentant un fort risque de salissement – peu de solutions sont homologuées sur lupin, la gestion de l’enherbement est un point sensible de l’itinéraire technique de la culture. 

Choisir une parcelle saine, à pH à tendance acide (pH<7), afin de favoriser le bon développement de la culture.
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​​​​​​​► Comment choisir sa parcelle

​​​​​​​Limiter le risque mouche des semis

​​​​​​​​​​​La mouche des semis est un des principaux ravageurs du lupin. Attirée par les gaz émis par les pailles fraiches en décomposition, la femelle y pond plusieurs centaines d’œufs. Durant les 3 semaines qui suivent, la larve, très attirée par les graines en germination, peut s’attaquer aux jeunes pousses de lupin. Elle creuse ainsi des galeries dans les cotylédons, les tigelles et les jeunes pousses, détruisant le germe et provoquant le pourrissement des tissus. 
​​​​​​​La période de risque pour le lupin se situe avant le stade 4 feuilles ; au-delà, les tissus sont assez durs pour résister. 
​​​​​​​Au-delà du travail du sol en amont (idéalement 3 semaines avant le semis) permettant de limiter le risque, l’implantation va également jouer un rôle dans l’atténuation du risque : 

  • Semer en bougeant au minimum le sol, dans des conditions ressuyées, à 3 cm maximum de profondeur, afin de favoriser une levée dynamique et atteindre rapidement le stade 4 feuilles. 
  • Semer aux périodes conseillées, un semis trop tôt peut exposer un peu plus le lupin au cycle de la mouche des semis. A l’inverse, un semis trop tardif va limiter la vigueur du début de cycle avant l’hiver. 

Travail du sol pour limiter le risque « mouche des semis »

​​​​​​​​​​​​​​​​​​Variétés

Quatre variétés de lupin d’hiver sont inscrites – ORUS, MAGNUS, ULYSSE et ANGUS. Ce sont principalement ORUS et MAGNUS qui sont multipliées aujourd’hui. 
​​​​​​​Votre choix doit se faire en fonction du débouché (couleur des graines, teneur en protéines...), et de la localisation de votre parcelle (résistance au froid, précocité à floraison ...). 

Déterminer son choix variétal

​​​​​​​Penser à l’inoculum !

​​​Contrairement au pois ou à la féverole, Bradyrhizobium lupini, le rhizobium spécifique au lupin, n'est pas naturellement présent dans tous les sols français. Il est donc fortement conseillé d’inoculer une parcelle portant pour la première fois du lupin, afin d’assurer son autonomie azotée.  

Inoculation du lupin

Date et densité de semis

Semer le lupin entre le 10 et le 30 septembre. Dans le Sud-Ouest, les semis peuvent être retardés jusqu’à la mi-octobre. 
Semer dans de bonnes conditions de ressuyage afin de favoriser la mise en place d’un système racinaire solide. 
Ne semer ni trop dense (risque maladie) ni trop profond (perte de vigueur face à la mouche des semis) : semer 25-30 graines/m², à 2-3cm de profondeur – objectif 20 à 25 plantes par m² en sortie d’hiver. L’écartement idéal est de 35-40 cm voire plus si vous souhaiter introduire le binage. 
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​​​​​​​► Dates, densités et profondeur de semis

Désherbage

La gestion de l’enherbement reste l’un des points les plus délicats de l’itinéraire technique de la culture. En effet, peu de produits sont homologués sur lupin, limitant parfois le spectre d’action du désherbage chimique. 

La stratégie antidicots reposera sur une prélevée via la pendiméthaline et la clomazone, complété en pré+post par l’isoxaben (CENT 7) 

La stratégie antigraminée reposera essentiellement sur la propyzamide (KERB FLO), ainsi que quelques antigraminées foliaires de la famille des FOP. 

Désherbage de prélevée et post-levée sur lupin

Le désherbage mécanique permet un bon complément aux interventions chimiques, l’utilisation quand cela est possible de la herse étrille et surtout de la bineuse permet de maintenir les parcelles dans un meilleur état de propreté. 

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Désherbage mécanique du lupin

Périodes d’intervention des différentes techniques de désherbage sur le lupin d’hiver

Association : En conduite biologique, l’association apportera une meilleure maitrise du salissement par la couverture d’une plante associée. Le triticale se prête généralement bien à l’association avec le lupin d’hiver 

Associer le lupin d'hiver

​​​​​​​Attention aux limaces

La limace est, avec la mouche des semis, l’un des principaux ravageurs des jeunes lupins : elle s’attaque aux cotylédons, aux jeunes feuilles, mais également aux racines, sur lesquelles des morsures arrondies peuvent être observées. Ces morsures fragilisent les jeunes plantes et les rendent plus sensibles aux aléas hivernaux (humidité des sols, gels…). 

Il est donc important de surveiller ce ravageur dès le semis et de protéger les lupins en cas de présence importante. 

Les ravageurs du lupin : limaces et taupins

Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr - Référent protéagineux zone Centre & Ouest

Préparation de campagne Implantation Période hivernale Centre-Val de Loire Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Normandie et Ouest Ile-de-France Bretagne, Pays de la Loire Implantation Lupin d'hiver Bastien Remurier

Colza : les levées favorables ne doivent pas faire oublier d’observer la présence des ravageurs  

Grâce aux pluies qui ont débuté dès la mi-août (localement) puis fin août (sur l’ensemble du territoire), les semis ont pu être réalisés sereinement cette campagne et une grande partie de la sole prévue est maintenant semée et/ou levée. Les stades des colzas sur la zone sud et AURA sont compris entre levée en cours et 2 feuilles.  Les premiers ravageurs sont présents localement dans les parcelles. On peut citer en premier lieu les limaces. C’est le bon moment pour faire le point sur la reconnaissance et les moyens de lutte si nécessaire.

Ne pas se laisser dépasser par la présence de limaces 

Comme en 2024, cette fin d’été est humide et donc favorable à l’activité des limaces. Une attention toute particulière doit être mise en place pour éviter les déconvenues. Des retours d’attaques de limaces sont déjà remontés dans le Sud-Ouest, côté Auvergne-Rhône-Alpes, les conditions humides, rendent la vigilance de mise. Dans les situations à risque, et au vu du climat favorable à l’activité des limaces, une application préventive juste après le semis est conseillée. Puis, pour la majorité des parcelles déjà levées mais n’ayant pas atteint le stade 4 feuilles, le raisonnement du risque doit se faire en fonction de plusieurs critères :

  • L’activité des limaces via le suivi d’un piège, 
  • La dynamique de dégâts observés sur plante,
  • La disponibilité des molluscicides,
  • Les facteurs parcellaires favorables aux limaces (sol motteux, pailleux ou avec résidus en surface).

Les attaques précoces sont les plus préjudiciables.

La pose d’un piège et vivement conseillée (carton plastifié, tuile, soucoupe plastique, planche,…) ou mieux un véritable piège à limaces.  Relevez vos pièges tôt le matin - Voir l'article dédié 

Moyen de lutte :

Deux substances actives sont disponibles : phosphate ferrique et méthaldéhyde. N'hésitez pas à consulter le Tableau Anti-limaces présent dans le guide colza 2025.

Maintenir les repousses de colza pour limiter les déplacements de populations de petites altises vers les nouvelles parcelles

La petite altise peut être régulièrement observée dans les parcelles de colza. A ne pas confondre avec la grosse altise qui arrive sur les parcelles à partir de fin septembre, l’altise des crucifères est observée plus tôt, dès le mois d’août.

Sa présence n’est pas systématique, mais peut être localement préjudiciable. Généralement, on retrouve la petite altise dans les secteurs avec un historique colza :  Haute-Garonne, Tarn, Gers, Lot-et-Garonne ou encore  la Dordogne.

Des symptômes de petites altises ont été remontées localement en Auvergne Rhône-Alpes sur des parcelles déjà levées. 

Les symptômes se traduisent sur la plante par des morsures d’alimentation, ressemblant à ceux de la grosse altise, mais ne perforant généralement pas complètement les feuilles. Les dégâts associés peuvent alors être importants allant jusqu’à la disparition des plantes et potentiellement à la perte totale de la parcelle si le colza est peu développé et peu poussant. Le risque est donc plus présent sur les très jeunes colzas, c’est-à-dire au stade cotylédons et également sur les bordures, zones d’arrivées du ravageur.
Le colza est exposé à la petite altise de la levée jusqu’à 3 feuilles compris. Au-delà, la cinétique d’émission de nouvelles feuilles par la plante compense les pertes par morsure. Le seuil de nuisibilité est défini à 80% de plantes avec morsures et 25% de la surface foliaire détruite.

Moyen de lutte :

L’un des leviers les plus efficaces est celui qui consiste à limiter les risques de colonisation de la parcelle par l’insecte. Pour cela, il est primordial de maintenir en place les repousses de colzas sur les parcelles proches d’un colza en train de lever ou à un stade jeune. Ces repousses constituent des zones refuges. Leur destruction entraine alors le déplacement des populations de petites altises vers les nouvelles parcelles de colza en cours de levée. Par conséquent, la destruction d’une parcelle de repousses pour éviter d’entretenir les populations de petites altises est bien souvent une fausse bonne idée.
En cas de présence sur la parcelle, et si le seuil de nuisibilité est dépassé, les pyréthrinoïdes peuvent être utilisés. En l’absence de référence établies sur des différences d’efficacité entre les pyréthrinoïdes sur petites altises, privilégier les solutions les moins couteuses, telles que la deltaméthrine ou la cyperméthrine. Attention à bien tenir compte du nombre maximum d’application/an. A ce titre il peut être préférable de conserver la lambda-cyhalothrine pour des applications ultérieures.
L’efficacité de ces solutions est parfois mise en défaut, du fait d’une part des arrivées massives et successives d’insectes, et d’autres part des conditions météorologiques d’août ou début septembre chaudes et sèches qui favorisent les pullulations.
En cas de doute, sur l’atteinte du seuil de nuisibilité n’hésitez pas à utiliser notre outil en ligne, valable sur petites et grandes : Estimation du risque lié aux altises adultes altises

Tenthrède de la rave, la réactivité est la clé du succès

La tenthrède de la rave dans sa phase nuisible est une fausse chenille, de couleur gris-noir, qui dévore le limbe des feuilles en laissant les nervures. Les pullulations qui peuvent être importantes ne sont nuisibles que sur jeunes colzas. Au jour de la rédaction de cet article, aucune remontée d’attaque.
Le stade de sensibilité s’étend jusqu’au stade 6 feuilles inclus. Le seuil de nuisibilité est atteint si 25% de la surface foliaire est détruite par le ravageur. L’évolution d’une attaque peut être soudaine.
L’adulte qui est un hyménoptère de 6 à 8 mm, au corps et appendices noirs n’est pas nuisible. Son abdomen de couleur vive est jaune-orangé (critère de reconnaissance). Son arrivée dans les parcelles peut être identifié via les cuvettes jaunes. Attention, une arrivée en nombre ne présage pas forcément d’une forte attaque. Cela doit tout de même pousser à la vigilance et à l’observation.

Moyen de lutte :

Si une attaque est détectée et le seuil de nuisibilité dépassé, la lambda-cyhalothrine (Karate Zeon, Karis 10 CS, Lambdastar), la deltaméthrine (Decis Expert, Decis Protech, Deltastar) ou la cyperméthrine (Cythrine Max) peuvent être utilisées. Attention à bien tenir compte du nombre maximum d’applications/an. A ce titre il peut être préférable de conserver la lambda-cyhalothrine pour des applications ultérieures. Utiliser un volume de bouillie élevé afin d’atteindre la cible, notamment sur des colzas proches de 6 feuilles. Les solutions à base Bacillus thuringiensis (Bt) ne sont pas efficaces contre la tenthrède. 


Des attaques rares de vers gris ou noctuelle terricole

La noctuelle terricole est un insecte discret. La larve responsable des dégâts occasionnés sur colza se niche en journée dans les premiers cm du sol. Elle est active de nuit, venant s’alimenter en sectionnant le colza au niveau du collet. En cas de perte de pieds, il est donc utile de gratter la terre dans les premiers cm pour vérifier sa présence.  

Ces attaques sont le plus souvent localisées et restent assez rares à l’échelle du territoire (Gers, façade atlantiques ou Haute-Garonne principalement). 

Moyen de lutte : 

En cas d’attaque, une intervention est possible à base de cyperméthrine (uniquement Sherpa, 100EW, Aphicar 100 EW, Cyperfor 100EW, Scipio 100 EW)... Il est fortement recommandé d’intervenir le soir (activité nocturne) sur un sol de préférence humide, et d’utiliser un volume de bouillie important de 500l/ha, pour favoriser la pénétration du produit dans les premiers cm du sol. L'idéal pour y parvenir étant de réussir à intervenir sous une pluie (dans la limite de la portance du sol) ou juste avant celle-ci. 
Les homologations récentes des microgranulés Trika Super ou Trika Perfect, sont également des solutions autorisées mais leur efficacité sur noctuelles reste à préciser. Ces microgranulés doivent être incorporés à 4 cm au moins donc sans diffuseur. En raison du coût de ces solutions et du caractère aléatoire des attaques de noctuelle, il est préférable de les réserver aux parcelles à risque taupins avéré. Généralement, les attaques s’estompent à partir de 4-6 feuilles, lorsque le collet commence à s’épaissir. 


N'hésitez pas à consulter le Tableau récapitulatif des insecticides autorisés en Colza – 2025

 

Vos contacts régionaux

  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées ( Remplaçant d'Arnaud Micheneau) 
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) – Centre et Est Occitanie
  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) – Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur
     
Implantation Automne Ouest Occitanie Rhônes-Alpes Auvergne Ravageurs Colza Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) & Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr)

Colza en Normandie et Ouest Ile-De-France – point semis et désherbage

La nouvelle campagne débute dans des conditions sèches. Rappels sur les mises en garde et les adaptations en matière de raisonnement du désherbage du colza.

Les données de nos 90 stations météo réparties sur la Normandie et les départements 78, 91 et 95 ont enregistré une moyenne de 3 mm cumulés du 1er au 15 août et 7 mm du 16 au 25 août 2025. Seul le sud de l’Orne et de l’Essonne ont fait exception, des pluies significatives étant survenues le 20 août. 


A l’heure où nous écrivons ces lignes, le temps est changeant, les prévisions météo annoncent un régime plus frais, plus humide… Mais comme souvent dans ce type de contexte, le doute s’installe.

Des semis réalisés dans le sec dans la majeure partie des cas

Les semis sont encore en cours un peu partout mais la plupart est désormais réalisée en Haute-Normandie, Ile-de-France et Orne. La tendance 2025 semble confirmer celle des années précédentes (Tableau 1), alors que le sec s’est installé en août sur une large part de la région. Traditionnellement, les colzas des départements 91, 78, 61et du sud 27 sont les premiers semés. Les levées sont soit en cours soit suspendues à une humidification du lit de semences. Dans le Calvados et la Manche, les chantiers commencent toujours un peu plus tard.

 

Pour rappel, les besoins en eau pour faire lever les colzas dépendent de l’état du sol en surface et de la fraicheur présente au moment du semis. Dans la région, une bonne levée nécessite généralement 10 mm dans des sols limoneux bien affinés et 20-25 mm dans des sols motteux, argileux, pailleux. Plus d’information dans l’article du 18/08/2025.


Cette année, on peut s’attendre à ce que les conditions avant / après semis contrarient les germinations ou vigueurs à la levée en particulier dans les sols les plus difficiles à préparer en août. Nul n’est devin, il est encore trop tôt pour juger mais l’expérience du passé nous amène à rester très vigilant pour les prochaines semaines (ravageurs à la levée, désherbage).

L’efficacité des herbicides en post-semis prélevée est irrégulière par temps très sec

L’action racinaire diminue sur des sols à forte présence de mottes / cailloux. L’efficacité est irrégulière en sols argileux et encore plus en l’absence de pluies dans les semaines qui précèdent ou encadrent les applications. 


Dans les essais de Terres Inovia visant par exemple le ray-grass, l’efficacité des produits en postsemis-prélevée (BUTISAN S, SPRINGBOK, COLZOR TRIO, TANARIS, ALABAMA, à dose « efficace ») avoisine en moyenne 60 % avec une variabilité importante selon les conditions (de 15 à 90 %). En conditions sèches, sur graminées, la napropamide (COLZAMID) en application de présemis incorporée offre une efficacité un peu plus régulière.


Si le scenario de sol sec persiste, les traitements de postsemis-prélevée pourraient s’avérer peu rentables, en particulier sur des flores à enjeu important (graminées, géraniums, coquelicots, laiterons, gaillets).

Des traitements en post-levée précoce possibles

Les produits de type NOVALL, ALABAMA, ANITOP, SPRINGBOK, TANARIS, BUTISAN S, SULTAN et TEROX sont sélectifs du colza et autorisés en postlevée. Appliqués sur sol frais, après retour de pluies, idéalement au plus près du stade « rayonnant »* (cotylédons visibles sur près de 70 % des plantes), ces produits gardent une action racinaire intéressante avant la levée des ray-grass, vulpins, alchémilles, ammi majus, laiterons, coquelicots, gaillets, véroniques, lamiers, matricaires... L’application de certains de ces produits comme ALABAMA ou ANITOP peut être fractionnée (postsemis / prélevée puis postlevée précoce). 


Dans les parcelles à dominante graminées, les produits à base de métazachlore et dmta-p conservent une efficacité dont il ne faut pas se priver si les conditions redeviennent propices pour un traitement de post-levée précoce. Des ajustements dose et types de produits gagnent alors à être apportés dans de nombreuses situations (ex préférez SPRINGBOK 2 ou BUTISAN S 1 à ALABAMA 2) dans la mesure où cette intervention ne constitue « que » la base d’un programme qui sera complété par des antigraminées foliaires et racinaires en entrée hiver. 


Dans le cas où les graminées ne sont pas si préoccupantes ou si le temps sec persiste, il peut être envisagé de se tourner vers des stratégies strictement à base d’herbicides de postlevée (ex : MOZZAR, NERIS, IELO, KERB FLO et/ ou produits spécifiques FOX, CALLISTO, ATIC AQUA, CENT7). L’usage de ces produits de « tir à vue » doit s’appuyer sur un examen régulier des flores présentes (2 à 3 fois en septembre / octobre). 

* ces produits sont autorisés jusqu’aux stade 4 feuilles (TEROX) voire 8 feuilles du colza (NOVALL, ALABAMA, ANITOP, SPRINGBOK, TANARIS, BUTISAN S, SULTAN)

Cela peut vous intéresser : les stratégies herbicides pour le colza

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​​​​Jean Lieven - j.liven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
 

Implantation Automne Normandie et Ouest Ile-de-France Implantation Désherbage Colza Jean LIEVEN

Colza : Bilan de campagne 2024-2025 - Bretagne / Pays de la Loire

Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après deux années de récoltes très décevantes, et des surfaces en bernes pour les régions Bretagne et Pays de la Loire, les attentes étaient fortes pour la campagne 2024-2025.

​​​​​​​Le début de cycle se passe sans soucis particuliers, les levées sont satisfaisantes presque partout et les conditions de pousse à l’automne sont bonnes.

Les biomasses, bien que moins importantes que les deux années précédentes, sont satisfaisantes. 
​​​​​​​En entrée d’hiver, les colzas sont sains, avec une pression des ravageurs faible à modérée selon le secteur.

L’hiver a été pluvieux, et les colzas sont malheureusement restés les pieds dans l’eau pendant plusieurs semaines sur certaines parcelles, impactant fortement leur potentiel.

Fort heureusement, la floraison est efficace, et la phase de remplissage des grains a bénéficié d’un fort rayonnement.

Le manque de précipitation sur la fin de cycle a limité fortement le développement de maladie. Les enracinements plutôt bons ont permis de limiter le stress hydrique des colzas, pour finalement, déboucher sur des rendements bons à très bons ! Malgré des parcelles hydromorphes dépassant rarement les 30 quintaux et les dégâts de grêles, les rendements approchent des 38-39 quintaux en moyenne, c’est 1 tonne de mieux que la campagne précédente ! 

 

Bilan de campagne colza 2024-2025 - Régions Bretagne / Pays de la Loire (hors Vendée)

Thomas Mear - t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire

Préparation de campagne Implantation Automne Pause hivernale Sortie hiver Montaison Maturité/récolte Bretagne, Pays de la Loire Colza Thomas Mear