Optimisation économique

Mesurer vos biomasses en sortie d'hiver pour optimiser vos apports azotés au printemps

Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation. 

Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables. 

Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.

Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation. 

Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables. 

Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.

Top départ pour les pesées sortie d'hiver

La remontée des températures au cours de la semaine dernière permettra d’initier le redémarrage des colzas, après un repos végétatif et une fonte des biomasses en entrée d’hiver, à la suite des baisses de températures successives entre fin-novembre et début-janvier. Il est donc temps de procéder à la pesée des colzas, afin de déterminer les quantités d’azote à apporter en amont et/ou en cours de montaison selon les situations.

Méthode d’estimation de la biomasse

La pesée s’effectue sur 2 à 4 placettes d’1m² en sectionnant les colzas au ras le sol pour une bonne estimation de sa biomasse aérienne. La méthode de prélèvement varie selon l’écartement du colza (voir tableau ci-contre).  

Dans les parcelles avec des colzas hétérogènes, il est recommandé de réaliser 4 prélèvements, à différents endroits représentatifs de la parcelle, tout en évitant les bordures. La valeur moyenne sera lors retenue pour effectuer les calculs de dose prévisionnelle.

Pour éviter tout biais de mesure, notamment en cas de prélèvement par temps pluvieux ou en cas de forte rosée, il conviendra bien secouer les plantes pour les débarrasser des gouttes d’eau sur les feuilles et enlever les éventuelles petites mottes de terre à la base de la tige.

Pour vous aider

Vous pouvez aller voir ce tutoriel

D'autres outils pour calculer directement les doses d'azote à apporter

Il existe aujourd’hui une grande diversité d’opérateurs proposant des services de conseils azoté spatialisés sur colza à partir d’un traitement d’image. Ils permettent aux agriculteurs qui le souhaitent de moduler les apports au sein de la parcelle, soit avec un système piloté sur l'épandeur d'engrais, soit en modulant manuellement par grandes zones dans les parcelles présentant des états de croissance différents. Parmi eux, 4 produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia : 

  • Farmstar (Airbus, Arvalis)
  • Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
  • PRECIFert Azote (Precifield)
  • Bilan Colza by Abelio (Abelio)

Pour faciliter les estimations au champ, 2 applications smartphone, ImageIT (Yara France) et Crop-Analyser (Visio-Crop), font l’objet de partenariat avec Terres Inovia. La biomasse est estimée à partir de photographies classiques, dont l'exploitation et l’interprétation sont ajustées par la hauteur de végétation, à renseigner en amont du traitement d’image.

Vous trouverez davantage d’informations concernant les méthodes alternatives d’estimation des biomasses et doses prévisionnelles en azote des colzas sur ce lien.
 

Calcul de la dose prévisionnelle : Attention à la surestimation des besoins !

La Réglette azote colza® permettra de déterminer la dose totale à apporter à partir de plusieurs informations : la biomasse du colza, l’objectif de rendement de la parcelle, le type de sol, l’apport de produits organiques, la nature du précédent et éventuellement l’association de légumineuses gélives.

Afin de ne pas surestimer les besoins de la culture, et ainsi éviter toute sur-fertilisation inutile et coûteuse, notamment dans un contexte de prix élevé des engrais azotés vis-à-vis des prix de vente du colza, il conviendra de fixer dans un premier temps un objectif de rendement raisonnable. Pour ce faire, il faudra calculer la moyenne des rendements des 5 derniers colzas sur la parcelle ou des parcelles comparables, en enlevant la valeur la plus faible et la valeur la plus élevée : c’est la moyenne olympique.

Au vu des conditions de température en ce début d’hiver, 2 situations. 

Les colzas du Sud-Ouest ont davantage perdu de biomasse que les campagnes précédentes où, certaines années, ils ne se sont jamais vraiment arrêtés de croître et de se développer. Il convient donc, en plus de bien estimer son objectif de rendement, de prendre en compte l’azote absorbé à l’automne, par une estimation à postériori des biomasses en entrée d’hiver (entre 800g et 1.2 kg/m² en moyenne selon les parcelles) ou par le traitement d’images satellites prises entre la mi-novembre et début-décembre. Le risque de la non-prise en compte de l’azote absorbé à l’automne, lorsque les colzas ont « fondu » au cours de l’hiver, est là-aussi une surestimation des doses à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités absorbées précédemment (voir exemples ci-contre).

En Auvergne et Rhône-Alpes, marquées par des températures inférieures aux normales de mi-novembre puis de fin décembre à début janvier, les colzas ont connu un ralentissement marqué de leur croissance, voire une perte de biomasse dans certaines situations. Dans ce contexte, il est indispensable, en complément d’une estimation réaliste de l’objectif de rendement, de bien prendre en compte l’azote absorbé à l’automne. Les références issues des réseaux BSV montrent des situations très contrastées (biomasses en entrée d'hiver à 2,7 kg/m² de moyenne en Rhône-Alpes, avec des valeurs comprises entre 0,4 et 5,8 kg/m², et 1,5 kg/m² en Auvergne, avec des extrêmes allant de 0,3 à 2,8 kg/m²).
L’estimation a posteriori des biomasses à l’entrée de l’hiver, par des mesures terrain ou via l’exploitation d’images satellites acquises entre la mi-novembre et début décembre, est donc essentielle. Ne pas intégrer l’azote absorbé à l’automne, notamment lorsque les colzas ont “fondu” au cours de l’hiver, conduit à une surestimation des doses d’azote à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités déjà prélevées par la culture.

 

Fractionner vos apports en fonction de la dose totale à apporter

Le fractionnement permet d’ajuster au mieux les apports aux besoins des plantes.

Pour les colzas à faible croissance, un premier apport précoce dès la reprise de végétation est recommandé ; il est en effet nécessaire d’accompagner la reprise car les petites plantes ont peu de réserves et elles n'accèdent pas facilement à l’azote du sol car, leur système racinaire est faible.

Au contraire pour les colzas à forte croissance, il est conseillé d’attendre la montaison pour l’apport éventuel d’azote ; la remobilisation des réserves accumulées dans les organes suffira à assurer une bonne reprise de végétation.

Dans tous les cas, ne pas apporter plus de 100 kg/ha d’azote en une fois.
 

Vos contacts en région :

  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Pause hivernale Ouest Occitanie Est Occitanie Sud Aquitaine PACA Rhônes-Alpes Auvergne Fertilisation Optimisation économique Nutrition minérale Colza Compatible Quentin LEVEL- q.level@terresinovia.fr
Alexandra DENOYELLE - a.denoyelle@terresinovia.fr

« Un contexte économique toujours délicat »

Interview de Vincent Lecomte, chargé d'études économiques de Terres Inovia

L’Observatoire des résultats économiques à la production suit l’évolution de la rentabilité des grandes cultures en calculant les marges brutes et nettes du colza, du tournesol, du pois protéagineux et du soja irrigué à partir des données du Conseil National Cerfrance. Il a fait l’objet d’un Point Eco, publié par l’Interprofession des huiles et des protéines végétales à partir d'une analyse de Terres Inovia. L’analyse de Vincent Lecomte, chargé d’études économiques pour Terres Inovia.   

Quel est l’objectif de cet observatoire ?

Il permet d’appréhender de façon globale l’évolution des résultats économiques à la production du colza d’hiver, du pois, du tournesol et du soja via différents indicateurs dont la marge (en €/ha) et le prix de revient (en €/t).  

Que montrent les simulations pour la récolte 2025 ?

Les données consolidées montrent à présent, grâce à l’effet prix de vente en premier lieu, un positionnement relativement satisfaisant du tournesol au niveau de la marge, en particulier pour le débouché oléique, qui représente aujourd’hui 85% de la production nationale. Du côté du colza, les marges s’appuient sur des rendements moyens à satisfaisants, voire très satisfaisants dans certains bassins. Concernant le soja, les rendements dans l’ensemble, satisfaisants à très satisfaisants en irrigué, permettent, malgré une légère baisse des prix par rapport à la campagne précédente, d’obtenir des marges correctes. La situation est très différente en soja pluvial, dont les rendements ont été très affectés par les deux épisodes de canicule et la sécheresse de l’été 2025.  

Le contexte économique est donc favorable ?

Non. Le contexte économique est globalement difficile pour les grandes cultures pour la troisième campagne consécutive, avec un effet de ciseau entre les prix et les charges qui se prolonge. Mais, dans ce paysage plus que délicat, les oléagineux tirent bien leur épingle du jeu en 2025  au regard des céréales dont les prix de vente sont notoirement bas lors de la campagne de commercialisation 2025-2026. Ainsi ces données illustrent la robustesse et la résilience de ces oléagineux, renforcées par des démarches agronomiques initiées et promues par Terres Inovia, à l’exemple du colza et du tournesol robustes. Concernant le soja, nous remarquons que l’irrigation, en optimisant les apports d’eau selon les préconisations de l’institut, est un facteur majeur d’augmentation et de stabilisation des marges, ce qui est la définition même de la robustesse.

Qu'en est-il des résultats pour le pois protéagineux ?

Si les rendements 2025 ont été dans l’ensemble satisfaisants, en particulier en pois d’hiver, les faibles prix actuels, sous la double influence des prix bas du blé tendre pour l’alimentation animale et du tourteau de soja standard,   pénalisent la marge annuelle de la culture. Le contexte du pois en débouché alimentation humaine est différent, relativement plus favorable grâce à une meilleure valorisation.

Que faut-il retenir des résultats de cet observatoire ?

Au-delà de la conjoncture de l’année et de l’imprévisibilité de la campagne à venir, il importe d’appréhender la compétitivité des cultures à l’échelle pluriannuelle, au moins sur trois ans, et en tenant compte des effets « précédent » et de la rotation qui impactent fortement la performance économique sur le moyen terme. C’est ce que montrent les différents travaux de Terres Inovia et ceux conduits en inter-instituts dans le cadre de Syppre. La performance accrue passe par un meilleur équilibre dans les rotations entre les familles de cultures ainsi qu’entre leurs cycles de type hiver, printemps ou été pour une gestion efficace et durable des adventices, ravageurs et maladies. »

France entière Optimisation économique Compatible Vincent Lecomte
Stéphanie Bérard

Extraction d'huile de tournesol et de colza : Terres Inovia améliore ses connaissances sur les presses à vis

Inventées au siècle dernier, les presses à vis sont la référence pour produire de l’huile de colza et de tournesol. En raison de leur caractère économique et écologique notamment, l'institut mène des recherches pour les améliorer.

Les presses à vis ont été inventées au début du XXe siècle et elles restent la référence pour produire de l’huile de colza et de tournesol. Etonnamment, on ne comprend pas encore tout sur leur fonctionnement, notamment dans le cas des graines décortiquées.

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Presse à vis avec ses capteurs de pressions. Crédit : Terres Inovia.

Peu d’études scientifiques existent, alors que cette méthode a beaucoup d’avantages économiques et écologiques. Terres Inovia mène des recherches pour améliorer ces presses, notamment pour mieux traiter les amandes de tournesol, une source prometteuse de protéines pour l'alimentation.

Les premiers résultats publiés montrent que la pression et la puissance du moteur varient avec la rotation de la vis, ce qui n’était pas expliqué auparavant. Cela remet en cause les modèles classiques assimilant la presse à vis à une série de presses à pistons, car ces modèles supposent des pressions constantes lors de la compression, alors que les travaux de l'institut démontrent qu’elle fluctue considérablement dans la phase la plus sensible.

Un article complet est disponible dans le journal en ligne OCL : https://www.ocl-journal.org/articles/ocl/full_html/2025/01/ocl250030/ocl250030.html (consultable gratuitement).

Contact : P. Carré, p.carre@terresinovia.fr

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France entière Optimisation économique Colza Tournesol colza décorticage huile presse presse à vis tournesol

Prix payés aux producteurs des légumineuses à graines : « il existe une demande sur ces marchés »

L’Observatoire des prix payés aux producteurs des légumineuses à graines vient de publier sa seconde enquête. Elle a été réalisée par Terres Inovia et l’Interprofession Terres Univia dans le cadre du programme Cap Protéines+. Les explications de Vincent Lecomte, chargé d’études économiques de Terres Inovia.

Les légumineuses à graines sont des cultures de diversification qui répondent à plusieurs enjeux actuels de transition alimentaire, agroécologique et d’atténuation du changement climatique. Or, le développement pérenne de ces espèces dans les assolements passe par une connaissance fine des débouchés de ces filières, et notamment des prix payés aux producteurs, qui constituent l’un des facteurs clés de leur rentabilité.

C’est pourquoi Terres Inovia et Terres Univia ont mis en place en 2022 un Observatoire des prix payés aux producteurs de légumineuses à graines (OPP LAG). Après une première édition diffusée en 2022 sur les récoltes 2019-2021, l’Observatoire vient de publier les résultats pour la campagne de commercialisation 2022/23, menés dans le cadre du programme Cap protéines+, cofinancé par le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Ces deux éditions permettent d’établir les prix de vente moyens entre 2019 et 2023 de six légumineuses à graines (pois, soja, féverole, lentille, pois chiche et lupin) selon le mode de production (conventionnel et biologique) et les principaux débouchés.

Retrouvez les principaux résultats de l’Observatoire sur le dernier Point Eco de Terres Univia

Vincent Lecomte, chargé d’études agroéconomiques chez Terres Inovia

 

Pourquoi l’Observatoire des prix payés aux producteurs des légumineuses à graines a-t-il été créé ? Quels en sont les enjeux ?

Différents travaux consacrés aux économies des filières montrent qu’une meilleure diffusion des informations sur les prix est essentiel pour développer ces filières de façon pérenne avec un meilleur partage de la valeur entre l’amont et l’aval. Face à l’enjeu du développement des légumineuses à graines intégré par différentes politiques publiques aux échelles nationale et européenne, un observatoire a été créé dans le cadre du projet Cap Protéines, poursuivi avec Cap Protéines+, pour suivre et analyser les prix payés aux producteurs des différents débouchés de ces espèces que ce soit en agriculture conventionnelle et biologique. Avant de partager ces données, la première étape est de les recueillir, ce qui n’était pas réalisé jusqu’à présent. Nous nous appuyons sur un partenariat avec La Coopération Agricole et Négoce Village, deux organismes fédérateurs  que je tiens à remercier, de même que l’ensemble des organismes économiques ayant répondu à cette enquête.

En quoi cet observatoire peut-il être utile ?

Parmi ses différents usages possibles, cet observatoire est un outil pouvant être utile pour les agriculteurs et leurs conseillers pour calculer des marges économiques prévisionnelles de ces espèces, par exemple dans la cadre du projet d’un agriculteur d’insérer des légumineuses dans l’assolement de sa ferme. Cet observatoire va  d’enrichir au fil du temps par de nouvelles données. Il sera une source de plus en plus robuste pour réaliser des travaux économiques d’intérêt pour les producteurs.

Quelles sont les grandes tendances des prix des légumineuses à graines entre 2019 et 2022 ?

Sur cette période, nous constatons une hausse tendancielle des prix sur toutes les espèces, en sympathie avec les autres matières premières agricoles. Elle a été plus marquée en agriculture conventionnelle qu’en agriculture biologique. Ainsi, l’écart de prix entre les deux modes de production conventionnel et biologique s’est réduit, tout en restant largement favorable à ce dernier mode de production. En outre, nous observons que les débouchés en alimentation humaine sont en tendance mieux rémunérés que l’alimentation animale, sauf exception, par exemple pour des marchés de niche, à l’exemple du pois vert pour le débouché oisellerie mais qui ne représente que 3% des tonnages totaux collectés dans l’échantillon des répondants.

Comment interpréter ces résultats?

Ces tendances  illustrent qu’il existe une demande de légumineuses à graines pour les différents débouchés. Dans le même temps, les charges opérationnelles ont connu une forte hausse mais elles ont été beaucoup plus modérées pour les légumineuses à graines que chez les autres espèces, grâce à l’absence d’engrais minéraux azotés apportés. Ainsi, sous l’angle économique et hors effet du rendement, la rentabilité des légumineuses à graines a en tendance progressé sur la période.

Quelles sont les suites données à cet Observatoire ?

Il va se poursuivre grâce aux financements de Cap Protéines+. Ainsi nous allons lancer dans les prochaines semaines une 3ème campagne de collecte de prix (prix payés sur la campagne de commercialisation 2023/24). Un de nos objectifs  est d’augmenter le taux de réponses afin d’améliorer encore la représentativité des prix moyens pondérés par les tonnages. Parallèlement, nous collaborons avec FranceAgriMer pour améliorer les synergies sur suivi des prix payés aux producteurs de légumineuses à graines.

 

 

 

 

 

France entière Optimisation économique Pois d'hiver Pois de printemps Soja Féverole d'hiver Féverole de printemps Pois chiche Lupin d'hiver Lupin de printemps Lentille

Une approche de la compétitivité du pois protéagineux à l’échelle des principaux bassins de production

Une étude de Terres Inovia s’est penchée sur la compétitivité du pois protéagineux, permettant de quantifier les marges de progrès de cette légumineuse à graines.

Alors qu’un des objectifs majeurs du Plan Protéines est d’accroître significativement et de façon pérenne la place des légumineuses dans les assolements en France (et en Europe), Terres Inovia s’est penché sur la compétitivité  du pois protéagineux, relativement à d’autres espèces de grandes cultures et à l’échelle des principaux bassins de production actuels.

Dans un contexte d’instabilité croissante des rendements des grandes cultures et de volatilité marquée des marchés, cette étude permet de quantifier les marges de progrès de cette légumineuse à graines tant du point de vue des rendements, de la maîtrise des charges et de la recherche d’une meilleure valorisation de la graine via son prix de vente.

Un défaut de compétitivité quantifié en termes de rendement et de prix

Deux approches complémentaires ont été mises en œuvre dans l’analyse : l’évaluation de la compétitivité annuelle de l’espèce et celle à l’échelle de la rotation. La méthode est basée sur le calcul de rendements et de prix d’équivalence.

Les deux principaux résultats :

  •  Quel que soit le bassin considéré, les prix et les rendements d’équivalence du pois protéagineux en marge annuelle sont nettement supérieurs aux prix et aux rendements moyens obtenus par cette espèce.
  • Dans les différents bassins étudiés, la prise en compte des bénéfices liés à l’introduction du pois comme précédent à une céréale à paille (blé tendre) et à la rotation induit de meilleurs rendements et prix moyens corrigés du pois. Ceux-ci  restent toutefois inférieurs aux rendements et aux prix du pois moyens aujourd’hui pratiqués.

Ces simulations quantifient le défaut de compétitivité actuel du pois. Ce défaut subsiste, mais  de façon nettement atténuée, en intégrant les  effets très bénéfiques de cette légumineuses en tant que  précédent et à l’échelle de la rotation.  Cette étude agroéconomique n’avait pas l’objectif de chiffrer de façon fine la compétitivité du pois à l’échelle de l’exploitation agricole.

Des travaux en cours pour améliorer la performance du pois

Selon les hypothèses retenues, en tenant compte de l’aide couplée liée à la PAC 2023-2027, la rentabilité annuelle moyenne du pois apparaît comme globalement insuffisante dans le contexte de prix et de rendements 2019-2023 et de charges opérationnelles en 2024.

Dans le cadre du projet en cours Cap Protéines + (2024-2027), différents travaux sont engagés sur l’amélioration des performances du pois protéagineux et l’accompagnement des agriculteurs à la gestion du risque liée à des pratiques agroécologiques, incluant l’insertion d’une légumineuse à graines comme le pois et l’évaluation des effets des légumineuses à graines sur la multiperformance.

Télécharger la synthèse de l'étude dans la publication Point Eco de Terres Univia

L’étude complète est disponible sur demande (v.lecomte@terresinovia.fr)

 

France entière Optimisation économique Pois d'hiver Pois de printemps légumineuse marge pois rentabilité economie étude Non

Allonger les rotations et diversifier les systèmes de culture

Les motivations à la diversification des productions sont variées. L’amélioration de la marge et la recherche d’un système de culture plus robuste au niveau économique, c’est-à-dire obtenant une marge suffisante et plus régulière d’une année sur l’autre, fait partie des principaux mobiles. Mais ces motivations sont très variées (voir schéma ci-dessous).

Diversification des cultures et marge à la rotation : les avantages

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Vidéo réalisée lors des Culturales - 2021

Bouches-du-Rhône (13) Finistère (29) Gard (30) Haute-Garonne (31) Gers (32) Gironde (33) Hérault (34) Ille-et-Vilaine (35) Indre (36) Indre-et-Loire (37) Isère (38) Jura (39) Landes (40) Loir-et-Cher (41) Loire (42) Haute-Loire (43) Loire-Atlantique (44) Loiret (45) Lot (46) Lot-et-Garonne (47) Lozère (48) Maine-et-Loire (49) Manche (50) Marne (51) Haute-Marne (52) Mayenne (53) Meurthe-et-Moselle (54) Meuse (55) Morbihan (56) Moselle (57) Nièvre (58) Nord (59) Oise (60) Orne (61) Pas-de-Calais (62) Puy-de-Dôme (63) Pyrénées-Atlantiques (64) Hautes-Pyrénées (65) Pyrénées-Orientales (66) Bas-Rhin (67) Haut-Rhin (68) Rhône (69) Haute-Saône (70) Saône-et-Loire (71) Sarthe (72) Savoie (73) Haute-Savoie (74) Paris (75) Seine-Maritime (76) Seine-et-Marne (77) Yvelines (78) Deux-Sèvres (79) Somme (80) Tarn (81) Tarn-et-Garonne (82) Var (83) Vaucluse (84) Vendée (85) Vienne (86) Haute-Vienne (87) Vosges (88) Yonne (89) Territoire de Belfort (90) Essonne (91) Hauts-de-Seine (92) Seine-Saint-Denis (93) Val-de-Marne (94) Val-d'Oise (95) France entière Optimisation économique Vincent LECOMTE (v.lecomte@terresinovia.fr)

La piste du paiement des services environnementaux

Dans l’exemple ci-dessous, la marge à la rotation est améliorée de 46 €/ha/an en rotation colza/blé/pois/blé/orge d’hiver par rapport à la rotation colza/blé/blé/orge d’hiver.

 

 

Le marché volontaire du Carbone pourrait permettre au cours des prochaines années, dans le cadre de contractualisation à la production, de rémunérer les émissions évitées de gaz à effet de serre grâce à des pratiques plus vertueuses. Ainsi, par exemple, l’introduction de légumineuses à graines comme un pois permet, selon les données expérimentales acquises à ce jour, d’économiser 2 téqCO2/ha d’émissions par rapport à une culture non légumineuse, principalement grâce à l’économie d’. Sur le marché du Carbone, le tonne d’équivalent CO2 pourrait se situer entre 25 et 100 €. Dans l’exemple ci-dessous, la tonne éq. CO2 est à 25€ (minimum).

D’autres bénéfices induits, liés à certaines productions ou systèmes de culture d’intérêt, pourraient être rémunérés via le prix de vente (exemple à +15 €/t ci-dessous) dans le cadre de filières spécifiques.

Dans le graphe ci-dessous, nous constatons que le paiement de ces services écosystémiques induirait une augmentation de la marge à la rotation de 21 €/ha/an selon les hypothèses retenues. Ainsi, en prenant en compte l’ensemble des effets, la rotation avec pois obtiendrait une marge à la rotation de 67 €/ha/an supérieure à la rotation sans pois protéagineux.

 

Bouches-du-Rhône (13) Finistère (29) Gard (30) Haute-Garonne (31) Gers (32) Gironde (33) Hérault (34) Ille-et-Vilaine (35) Indre (36) Indre-et-Loire (37) Isère (38) Jura (39) Landes (40) Loir-et-Cher (41) Loire (42) Haute-Loire (43) Loire-Atlantique (44) Loiret (45) Lot (46) Lot-et-Garonne (47) Lozère (48) Maine-et-Loire (49) Manche (50) Marne (51) Haute-Marne (52) Mayenne (53) Meurthe-et-Moselle (54) Meuse (55) Morbihan (56) Moselle (57) Nièvre (58) Nord (59) Oise (60) Orne (61) Pas-de-Calais (62) Puy-de-Dôme (63) Pyrénées-Atlantiques (64) Hautes-Pyrénées (65) Pyrénées-Orientales (66) Bas-Rhin (67) Haut-Rhin (68) Rhône (69) Haute-Saône (70) Saône-et-Loire (71) Sarthe (72) Savoie (73) Haute-Savoie (74) Paris (75) Seine-Maritime (76) Seine-et-Marne (77) Yvelines (78) Deux-Sèvres (79) Somme (80) Tarn (81) Tarn-et-Garonne (82) Var (83) Vaucluse (84) Vendée (85) Vienne (86) Haute-Vienne (87) Vosges (88) Yonne (89) Territoire de Belfort (90) Essonne (91) Hauts-de-Seine (92) Seine-Saint-Denis (93) Val-de-Marne (94) Val-d'Oise (95) France entière Optimisation économique Vincent LECOMTE (v.lecomte@terresinovia.fr)

Utiliser les indicateurs économiques pertinents pour optimiser les systèmes de culture

Une première étape : calcul des marges à la culture

La marge exprimée en €/ha est l’indicateur particulièrement adapté pour évaluer la rentabilité économique en grandes cultures. Les marges les plus couramment utilisées sont la marge brute et la marge nette.

 

Sources : Terres Inovia et outil Systerre®

Calculer les marges à la culture est une étape nécessaire notamment pour faire un bilan économique des cultures en vue de décider d’un assolement. Mais cette approche, bien que très utile, n’est pas toujours suffisante. En effet, cette marge annuelle ne prend pas en compte les effets précédents qui varient selon les espèces (ex : atout des légumineuses à graines) ainsi que les effets liés à la rotation (ex : intérêt de rotations avec à la fois des cultures d’hiver, de printemps et d’été pour une gestion efficace et à coût réduit de l’enherbement).

L’outil de calcul de marge de tournesol est destiné à estimer la marge brute annuelle en €/ha de la culture de tournesol.

Accéder à l'outil

De nombreux logiciels permettent de calculer les marges annuelles à la culture.

Calculer les marges à la rotation : de plus en plus opportun et nécessaire

Pour tenir compte de ces effets précédents et à la rotation, la marge à la rotation exprimée en €/ha/an est l’indicateur adapté.  Ainsi, une culture dont la marge annuelle est comparable voire inférieure aux autres espèces de la rotation peut induire une marge à la rotation améliorée et plus stable dans le temps, et donc plus robuste, grâce à ces effets.

 

Exemple n°1 : introduire du tournesol et/ou du pois protéagineux dans une rotation colza/blé/blé/orge d’hiver

Le Barrois est un territoire argilo-calcaire superficiel dans le sud-ouest de la Meuse. Dans certaines zones, la succession culturale la plus fréquente a été au cours des deux dernières décennies Colza-Blé-Orge d’hiver, devenue parfois Colza-Blé-Blé-Orge d’hiver, conséquences par exemple de difficultés d’implantation en colza d’hiver (dans le cas de fin d’été particulièrement sèches). La diversification, notamment avec des cultures de printemps et d’été, permettrait de répondre à certaines difficultés de ces deux systèmes de culture telles que des problématiques de désherbage, de résistances du vulpin, etc. Dans ces sols superficiels, il s’agit de choisir des espèces de printemps ou d’été relativement tolérante au stress hydrique estival. Des résultats acquis précédemment ont montré que le tournesol est mieux adapté à ces situations que le maïs.  

Il faut alors chiffrer l’impact économique d’une diversification de ces deux systèmes de culture en calculant la marge à la rotation : si l’on compare la marge brute d’un tournesol avec celle d’un blé tendre ou d’un colza performant, on peut se dire que l’intérêt économique à produire du tournesol est limité. Mais c’est ne pas prendre en compte toute l’importance de l’agronomie et ses bénéfices économiques à moyen terme. Pour ce faire, intégrons les données de plusieurs sources : des résultats d’essais (par exemple l’évaluation de la diminution de 30 à 60 kg N/ha sur un blé après pois protéagineux en comparaison avec un blé après blé), des résultats d’enquêtes chez des agriculteurs et d’essais à l’échelle du système de culture (par exemple le gain de rendement de 7 à 8 q/ha pour un blé de pois par rapport à un blé de blé chez les agriculteurs du territoire) et des enquêtes (enquêtes sur les pratiques culturales de Terres Inovia).

Comparons les systèmes suivants :

  • colza-blé-blé-orge d’hiver, avec ou sans dégradation des performances liée aux difficultés citées ci-dessus,
  • colza-blé-tournesol-blé-orge d’hiver,
  • colza-blé-pois protéagineux -blé-orge d’hiver.

Il en ressort que bien que les marges annuelles du tournesol et du pois soient inférieures à celles du blé et du colza, la marge à la rotation est maintenue voire améliorée en introduisant l’une ou l’autre de ces cultures, respectivement dans un système de culture sans ou avec difficultés d’adventices et de ravageurs (figure 1). À noter que, pour ce qui est du pois protéagineux de printemps, l’aide couplée spécifique légumineuses à graines (de l’ordre de 105 €/ha dans le cadre de la PAC 2023-2027 est intégrée au produit. Les enquêtes sur les pratiques culturales du ministère de l’agriculture datant de 2017 révèlent que 15 % de la sole de blé est cultivée derrière un blé en France. Pourtant, cet enchaînement dans le cadre de rotations peu diversifiées, détériore la marge à court et moyen terme. Dans cet exemple, en introduisant du tournesol ou du pois entre deux blés, les résultats économiques s’améliorent et cela peut contribuer à regagner en robustesse.  

Dans des situations très dégradées s’agissant de l’enherbement par des adventices hivernales, comme le ray-grass ou le vulpin, des travaux réalisés notamment dans le cadre de l’action SYPPRE (1) ont montré que la succession de deux cultures différentes d’été ou de printemps, à condition que celles-ci soient relativement adaptées à des sols superficiels (à l’exemple du tournesol), permettent de nettement améliorer la marge du blé tendre suivant.

Figure 1 : Marges brutes à la rotation (€/ha/an) avec aides PAC intégrées de deux successions culturales alternatives comparées à colza-blé-blé-orge

(1)SYPPRE est une action inter-instituts avec Arvalis, l’ITB et Terres Inovia

 

 

Rotation Marge brute+ aides PAC (€/ha)  
colza/blé/blé/orge d'hiver (de référence) 707
colza/blé/blé/orge d'hiver (avec performance dégradée) 475
colza/blé/tournesol/blé/orge d'hiver 725
colza/blé/pois/blé/orge d'hiver 727
 
Rotation de référence Colza Blé tendre Blé tendre Orge d'hiver /
Rendement (g/ha) 35 70 64 65 /
Charges opérationnelles (€/ha) 573 463 503 395 /
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 836 729 600 664 /
Rotation de référence avec performance dégradée Colza Blé tendre Blé tendre Orge d'hiver /
Rendement (g/ha) 26 50 52 55 /
Charges opérationnelles (€/ha) 648 483 523 415 /
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 437 560 401 504 /
Rotation avec tournesol Colza Blé tendre Tournesol Blé tendre Orge d'hiver
Rendement (g/ha) 35 70 23 70 65
Charges opérationnelles (€/ha) 558 448 299 475 380
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 851 744 632 717 679
Rotation avec le pois Colza Blé tendre Pois Blé tendre Orge d'hiver
Rendement (g/ha) 35 70 35 72 65
Charges opérationnelles (€/ha) 558 448 460 428 380
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 851 744 570 794 679

 

Tableau 1 : rendements, charges et marges à la rotation de deux successions culturales alternatives comparées à colza-blé-blé-orge

Sur le même principe, comparons les successions suivantes :

  • colza-blé-orge d’hiver, avec ou sans dégradation des performances liée aux problématiques citées ci-dessus,
  • colza-blé-pois protéagineux -blé-orge d’hiver,  
  • colza-blé-tournesol-pois-blé-orge d’hiver,
  • colza-blé-orge de printemps-tournesol-blé-orge d’hiver,
  • tournesol-blé-pois protéagineux -blé-orge d’hiver.

Là encore, la marge à la rotation des successions alternatives est meilleure que celle du système de culture en conditions dégradées, et proche de la marge de référence (figure 2). 

Figure 2 : Marges brutes à la rotation (€/ha/an) avec aides PAC intégrées de cinq successions culturales comparées à colza-blé-orge

​​​​​​​

Rotation Marge brute+ aides PAC (€/ha/an)  
colza/blé/orge d'hiver (de référence) 743
colza/blé/orge d'hiver (avec performance dégradée) 500
colza/blé/tournesol/blé/orge d'hiver 725
colza/blé/pois/blé/orge d'hiver 727
colza/blé/tournesol/pois/blé/orge d'hiver 727
colza/blé/orge de printemps/tournesol/blé/orge d'hiver 718
tournesol/blé/pois/blé/orge d'hiver 695
 
Rotation de référence Colza Blé tendre Orge d'hiver / / /
Rendement (g/ha) 35 70 65 / / /
Charges opérationnelles (€/ha) 573 463 395 / / /
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 836 729 664 / / /
Rotation de référence avec performance dégradée Colza Blé tendre Orge d'hiver / / /
Rendement (g/ha) 26 60 55 / / /
Charges opérationnelles (€/ha) 648 483 415 / / /
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 437 560 504 / / /
Rotation avec tournesol Colza Blé Tournesol Blé Orge d'hiver /
Rendement (g/ha) 35 70 23 70 65 /
Charges opérationnelles (€/ha) 558 448 299 475 380 /
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 851 744 632 717 679 /
Rotation avec le pois Colza Blé Pois Blé Orge d'hiver /
Rendement (g/ha) 35 70 35 72 65 /
Charges opérationnelles (€/ha) 558 448 460 428 380 /
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 851 744 570 794 679 /
Rotation avec tournesol et pois Colza Blé Tournesol Pois Blé Orge d'hiver
Rendement (g/ha) 35 70 25 35 72 63
Charges opérationnelles (€/ha) 553 443 320 309 470 375
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 836 749 690 570 814 684
Rotation avec orge de printemps et tournesol Colza Blé ​​​​​​​ Orge de printemps Tournesol Blé Orge d'hiver
Rendement (g/ha) 35 70 48 25 70 63
Charges opérationnelles (€/ha) 553 443 320 309 470 375
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 836 749 607 690 722 684
Rotation sans colza, avec tournesol et pois Tournesol Blé Pois Blé Orge d'hiver /
Rendement (g/ha) 25 70 35 72 63 /
Charges opérationnelles (€/ha) 309 470 460 408 380 /
Marge brute + aide(s) PAC (€/ha) 690 722 570 814 679 /

​​​​​​​

Tableau 2 : rendements, charges et marges à la rotation de cinq successions culturales alternatives comparées à colza-blé-orge d’hiver

A la condition de prendre en compte, dans la conduite culturale (fertilisation, gestion de l’enherbement, des maladies, etc.), les effets liés au précédent et à la succession culturale, le calcul de la marge à la rotation devient opportun. Il peut se faire à l’échelle de l’îlot de parcelles, c’est-à-dire l’ensemble de parcelles voisines ayant la même succession culturale. Les outils et méthodes de raisonnement de la conduite culturale à la parcelle, ainsi que les divers logiciels de traçabilité disponibles aujourd’hui, facilitent cette approche.

Par ailleurs, dans un contexte de forte volatilité du prix des graines et des intrants, en particulier des engrais NPK, introduire des cultures sobres en intrants comme le tournesol et/ou en engrais comme les légumineuses à graines à condition qu’elles soient adaptées au contexte de production, est un facteur contribuant à la robustesse des systèmes de culture avec, de surcroît, des effets environnementaux positifs (notamment la diminution des émissions de Gaz à Effet de Serre). 

Le coût de production : un indicateur complémentaire à la marge

Le coût de production exprimé en €/t de graines produite est un indicateur complémentaire à la marge. Il donne des éléments concrets sur les performances économiques de la production considérée (par exemple une culture), que l’on peut comparer à d’autres situations équivalentes dans le cadre, par exemple, de suivis de groupes de fermes. Il permet par ailleurs d’aider à décider de l’opportunité de nouveaux investissements, grâce à la simulation (ex : irrigation ; choix d’un nouveau matériel), ou d’évaluer les effets d’évolution(s) de l’environnement (prix des intrants) et de la conduite culturale sur les résultats économiques et la compétitivité de la production considérée sur les marchés. 

Le prix de revient est le coût de production auquel les aides, ramenée en €/t, ont été soustraites. Il est notamment un indicateur pour décider de la stratégie de vente des productions. Il est à comparer au prix de vente de la production considérée.

 

Comparaison du prix de revient et prix de vente : exemple du colza

Depuis 2017, dans un contexte de hausse des charges en particulier entre 2020 et 2023, nous observons en tendance à la hausse du prix de revient avec un effet ciseau sur la campagne 2023. Ce constat vaut pour le colza (voir le graphe suivant) mais aussi les différentes grandes cultures.

 

Le prix de de revient, un indicateur de compétitivité sur les marchés : exemple du tournesol

Prenons l’exemple du tournesol. Augmenter le rendement à charges totales constantes permet de baisser le prix de revient. Voir le graphe suivant avec l’exemple de la récolte 2024.

De même, réduire de façon raisonnée de 100 €/ha, à rendement constant, les charges totales (opérationnelles et de structure) permet de baisser le prix de revient de l’ordre de 40 €/t pour un rendement de 25 q/ha.

Voir les tableaux suivants avec l’exemple du contexte de la récolte 2024 :

 

Exemple de comparaison de marges économiques du colza entre zones intermédiaires (ZI) et zones non intermédiaires (ZNI).

Les zones intermédiaires se présentent sous la forme d’une grande diagonale sur le territoire national avec des potentiels agronomiques en moyenne en retrait par à d’autres départements, en particulier ceux situés au nord de cette zone.

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Carte : départements situés en zones intermédiaires

 

Les données du CN CER France nous permettent de comparer les résultats économiques du colza d’hiver dans un échantillons de départements situés en zones intermédiaires et en dehors : voir la carte suivante.

 

​​​​​​​

Carte : échantillon de départements comparés

 

Les rendements du colza dans les zones intermédiaires sont inférieurs à la moyenne nationale. Néanmoins l’écart de rendements du colza entre les échantillons de départements en ZI et ZNI, qui était en tendance croissant entre 2000 et 2018 aurait tendance à se stabiliser depuis cette date : voir le graphe suivant.

Entre 2013 et 2022, les marges du colza sont inférieures  en ZI par rapport aux ZNI. Cet écart s’explique essentiellement par les différences de rendement moyen. Avec des charges opérationnelles et travaux par tiers comparables entre ZI et ZNI, l’écart de marges brutes entre ZI et ZNI est de +257 €/ha en faveur des ZNI. Mais, les charges de structure en ZNI étant plus élevées qu’en ZI (+178 €/ha), l’écart de marge nette en faveur des ZNI n’est « que » de +79€/ha.

Graphe : marges du colza dans les échantillons de départements en ZI et ZNI​​​​​​​

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Bouches-du-Rhône (13) Finistère (29) Gard (30) Haute-Garonne (31) Gers (32) Gironde (33) Hérault (34) Ille-et-Vilaine (35) Indre (36) Indre-et-Loire (37) Isère (38) Jura (39) Landes (40) Loir-et-Cher (41) Loire (42) Haute-Loire (43) Loire-Atlantique (44) Loiret (45) Lot (46) Lot-et-Garonne (47) Lozère (48) Maine-et-Loire (49) Manche (50) Marne (51) Haute-Marne (52) Mayenne (53) Meurthe-et-Moselle (54) Meuse (55) Morbihan (56) Moselle (57) Nièvre (58) Nord (59) Oise (60) Orne (61) Pas-de-Calais (62) Puy-de-Dôme (63) Pyrénées-Atlantiques (64) Hautes-Pyrénées (65) Pyrénées-Orientales (66) Bas-Rhin (67) Haut-Rhin (68) Rhône (69) Haute-Saône (70) Saône-et-Loire (71) Sarthe (72) Savoie (73) Haute-Savoie (74) Paris (75) Seine-Maritime (76) Seine-et-Marne (77) Yvelines (78) Deux-Sèvres (79) Somme (80) Tarn (81) Tarn-et-Garonne (82) Var (83) Vaucluse (84) Vendée (85) Vienne (86) Haute-Vienne (87) Vosges (88) Yonne (89) Territoire de Belfort (90) Essonne (91) Hauts-de-Seine (92) Seine-Saint-Denis (93) Val-de-Marne (94) Val-d'Oise (95) France entière Optimisation économique Vincent LECOMTE (v.lecomte@terresinovia.fr)

Terres Inovia publie la nouvelle édition des guides de culture colza et pois pour accompagner les agriculteurs lors de la campagne 2023-2024

France entière Maitrise des adventices Maitrise des maladies Changement climatique : atténuation et adaptation Atouts de la culture Fertilité et gestion durable des sols Optimisation économique Choix variétal Implantation Débouchés Irrigation Ravageurs Maladies Désherbage Récolte Stockage Colza Pois d'hiver Pois de printemps colza 2023 guide colza guide pois pois 2023 Non