L’Observatoire des résultats économiques à la production suit l’évolution de la rentabilité des grandes cultures en calculant les marges brutes et nettes du colza, du tournesol, du pois protéagineux et du soja irrigué à partir des données du Conseil National Cerfrance. Il a fait l’objet d’un Point Eco, publié par l’Interprofession des huiles et des protéines végétales à partir d'une analyse de Terres Inovia. L’analyse de Vincent Lecomte, chargé d’études économiques pour Terres Inovia.
Quel est l’objectif de cet observatoire ?
Il permet d’appréhender de façon globale l’évolution des résultats économiques à la production du colza d’hiver, du pois, du tournesol et du soja via différents indicateurs dont la marge (en €/ha) et le prix de revient (en €/t).
Que montrent les simulations pour la récolte 2025 ?
Les données consolidées montrent à présent, grâce à l’effet prix de vente en premier lieu, un positionnement relativement satisfaisant du tournesol au niveau de la marge, en particulier pour le débouché oléique, qui représente aujourd’hui 85% de la production nationale. Du côté du colza, les marges s’appuient sur des rendements moyens à satisfaisants, voire très satisfaisants dans certains bassins. Concernant le soja, les rendements dans l’ensemble, satisfaisants à très satisfaisants en irrigué, permettent, malgré une légère baisse des prix par rapport à la campagne précédente, d’obtenir des marges correctes. La situation est très différente en soja pluvial, dont les rendements ont été très affectés par les deux épisodes de canicule et la sécheresse de l’été 2025.
Le contexte économique est donc favorable ?
Non. Le contexte économique est globalement difficile pour les grandes cultures pour la troisième campagne consécutive, avec un effet de ciseau entre les prix et les charges qui se prolonge. Mais, dans ce paysage plus que délicat, les oléagineux tirent bien leur épingle du jeu en 2025 au regard des céréales dont les prix de vente sont notoirement bas lors de la campagne de commercialisation 2025-2026. Ainsi ces données illustrent la robustesse et la résilience de ces oléagineux, renforcées par des démarches agronomiques initiées et promues par Terres Inovia, à l’exemple du colza et du tournesol robustes. Concernant le soja, nous remarquons que l’irrigation, en optimisant les apports d’eau selon les préconisations de l’institut, est un facteur majeur d’augmentation et de stabilisation des marges, ce qui est la définition même de la robustesse.
Qu'en est-il des résultats pour le pois protéagineux ?
Si les rendements 2025 ont été dans l’ensemble satisfaisants, en particulier en pois d’hiver, les faibles prix actuels, sous la double influence des prix bas du blé tendre pour l’alimentation animale et du tourteau de soja standard, pénalisent la marge annuelle de la culture. Le contexte du pois en débouché alimentation humaine est différent, relativement plus favorable grâce à une meilleure valorisation.
Que faut-il retenir des résultats de cet observatoire ?
Au-delà de la conjoncture de l’année et de l’imprévisibilité de la campagne à venir, il importe d’appréhender la compétitivité des cultures à l’échelle pluriannuelle, au moins sur trois ans, et en tenant compte des effets « précédent » et de la rotation qui impactent fortement la performance économique sur le moyen terme. C’est ce que montrent les différents travaux de Terres Inovia et ceux conduits en inter-instituts dans le cadre de Syppre. La performance accrue passe par un meilleur équilibre dans les rotations entre les familles de cultures ainsi qu’entre leurs cycles de type hiver, printemps ou été pour une gestion efficace et durable des adventices, ravageurs et maladies. »