14,27,50,61,76,91,92,93,94,95,75,78
Normandie et Ouest Ile-de-France : point sur les infestations larves d’altises avant hiver
Comment se place la campagne en cours par rapport aux précédentes ? Faut-il craindre des dégâts ultérieurs ?
Un bilan « entrée hiver » détaillant la pression exercée par les larves d’altises en Normandie et Ile-de-France est disponible à la fin de cet article.
Nous remercions les acteurs régionaux qui ont alimenté la base regroupant 113 résultats de tests Berlese en entrée hiver. Les données proviennent de sites principalement suivis pour le conseil, l’expérimentation ou les BSV de Normandie et Ile-de-France.
Etat des infestations en entrée hiver 2025-26 : Que retenir ?
- La moyenne s’élève à 5.8 larves par plante en entrée hiver 2025 (contre 2.2 en 2024 et 3.8 en 2023) ;
- Le niveau d’infestation est jugé élevé à très élevé, en particulier en Normandie et quelques zones en Ile-de-France Ouest (Sud-Est Essonne par exemple). Les chiffres restent toutefois très variables.
- Plusieurs vagues d’arrivées de larves d’altises ont pu être constatées. Les tests Berlese réalisés avant la mi-novembre montraient des niveaux d’infestations quasiment deux fois plus faibles que ceux réalisés après. Les températures très douces sur la 1ère moitié du mois de novembre puis à nouveau entre le 28 novembre et le 20 décembre ont été propices aux cycles des altises (pontes, développements larvaires).
- L’épisode hivernal avec des gelées marquées entre le 21 décembre et le 7 janvier a, depuis, interrompu le cycle biologique du ravageur. Rappelons que les larves d’altises sont capables toutefois de supporter de telles vagues de froid.
Faut-il craindre des dégâts ultérieurs : que retenir ?
- L’infestation est deux fois plus élevée que la moyenne pluriannuelle (10 ans) en Normandie et proche des habitudes en Ile-de-France.
- Le niveau de croissance du colza durant l’automne (1.5 à 1.8 kg/m² en moyenne) est élevé, c’est rassurant car la culture est alors disposée à davantage faire face à cette présence de larves.
- Le cumul de températures automnales était un peu dessus des valeurs saisonnières, ce qui a accéléré, sans que cela soit exceptionnel pour autant, l’évolution des stades du ravageur ;
- Les parcelles protégées en novembre sont théoriquement débarrassées d’une bonne partie de larves pouvant être compromettantes en février / mars.
- L’offre climatique de janvier à mars 2025 conditionnera en grande partie le rapport de force entre la culture et le bio-agresseur.
Il ne faut plus espérer obtenir de rentabilité d’un insecticide anti-larve appliqué en cette saison.
Dès la reprise de végétation, un suivi parcellaire restera de mise pour bien analyser la tournure des évènements.
→ Note larves d'altises colza 08/01/2026
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Normandie et Ouest Ile-de-France : un point sur des valeurs de biomasse de colza avant hiver
En entrée hiver 2025-26, le colza a mis en place un niveau de biomasse très correct. Les valeurs fluctuent généralement de 1.2 à 2 kg/m². La moyenne s’établit à 1.5 kg/m² en Normandie et 1.8 en Ile-de-France
Sur la base d’un échantillon de 160 parcelles ayant fait l’objet de pesées manuelles au champ :
- La moitié des situations a atteint ou dépassé 1.6 kg/m² de biomasse verte avant l’entrée hiver. L’an passé, la médiane était de 1.0 kg/m² pour un échantillonnage similaire.
- L’absorption d’azote est proche de 80-90 kg d’N/ha en moyenne, soit 20-30 unités de plus en entrée hiver 2025 par rapport à il y a un an.
- Par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes, ces valeurs de biomasse et azote absorbé avant hiver sont en augmentation de 15 à 30 %.
Le froid depuis le 22 décembre provoquera des pertes de feuilles « normales » dans les prochaines semaines. Aussi il est important d’en prendre compte du mieux possible.
Pour plus de détails, lisez la note qui dresse un premier bilan agro-climatique et situe les données de biomasse entrée hiver 2025-26 par rapport aux références pluriannuelles.
→ Note etat des croissances colza 06/01/2026
Nous remercions vivement tous les acteurs locaux pour la contribution à cette note de synthèse.
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Désherbage graminées : bien utiliser la propyzamide
La baisse des températures associée à une certaine humidité des sols permettra dans les prochains jours d’envisager l’application de propyzamide (Kerb Flo) sur les parcelles de colza infestées de graminées. Dans ce contexte, un rappel sur les conditions d’utilisation et d’efficacité de cette molécule parait important.
Rappel : comment agit la propyzamide ?
La propyzamide (contenue dans KERB FLO et produits génériques) a une action antigraminée à 100 % racinaire et systémique, assez lente car le produit doit migrer par les racines. Ainsi, l’efficacité ne se mesure souvent qu’en sortie hiver.
Quelles sont les graminées ciblées ?
Ray-grass, vulpin, repousses de céréales (blé surtout), bromes, folle avoine (d’hiver surtout), pâturin, vulpie, agrostis.
Cette substance active joue un rôle-clé pour le contrôle des graminées en colza.
Rôle clé pour la gestion à long terme du désherbage
La propyzamide limite fortement la pression de sélection de graminées résistantes aux herbicides foliaires. La gestion responsable de cette molécule est un enjeu majeur pour assurer la durabilité du désherbage, notamment en colza. La protection de la ressource en eau et la durabilité des molécules herbicides sont étroitement liées aux pratiques de désherbage.
3 règles d’or :
1. Une seule application de propyzamide à 750 g/ha par campagne :
- à partir de début novembre jusqu'à fin décembre pour le colza
2. Pas d’application sur un sol saturé en eau pour éviter les ruissellements et les échecs (asphyxie racinaire)
3. Pour une bonne efficacité :
- Viser des applications sur sol frais et humide : l'efficacité est dépendante de l’humidité du sol. Le résultat peut être insuffisant en période sèche.
- En cas d’enracinement profond des adventices, l’efficacité peut être décevante.
Quels sont facteurs pouvant pénaliser l’efficacité de la propyzamide vis-à-vis des graminées ?
- Levées précoces de graminées (fin août / septembre) et/ou abondantes non maîtrisées par les herbicides avant l’entrée hiver (les racines peuvent alors être trop développées) ;
- Application trop tardive sur des adventices trop développées (tallage des graminées) ;
- Façons culturales simplifiées sans labour (présence de mulch) ;
- Sols à forte teneur en argile (> 35 %) et MO en surface (> 4 %) ;
- Sols hydromorphes avec asphyxie des graminées (induisant une faible absorption du produit)
Qu’en est-il de l’effet « parapluie » ?
Pour des colzas dotés d’une forte biomasse (> 1.5 kg/m²), les volumes de végétation peuvent être élevés. Les biovolumes et les longs pétioles (plus de 50 cm) font alors obstacle aux herbicides racinaires.
Pour les produits contenant la propyzamide, mieux vaut dans ce cas positionner l’application au plus proche d’une pluie significative pour favoriser sa diffusion dans la végétation jusqu’à la surface du sol. Pour les produits IELO/YAGO/BIWIX/DITOP, pas d’application sous une pluie.
Mélange propyzamide avec un insecticide … à bien considérer
La tentation de mélanger avec un insecticide visant les larves d’altises est souvent grande car elle permet de viser les deux cibles – mauvaises herbes et insectes – en même temps.
Avant une telle décision, assurez-vous que l’infestation larvaire justifie l’insecticide. Les larves d’altises colonisent les parcelles de façon très variable.
De même, si une infestation larvaire justifie d’ores-et-déjà un insecticide, n’attendez pas que les conditions soient réunies pour la propyzamide pour intervenir.
Visez toujours les meilleures conditions possibles pour chacune des cibles (insecte ou mauvaises herbes) quitte à passer deux fois… plutôt que chercher à faire coûte que coûte « une pierre deux coups ».
Rappel : Le mélange de produit à base de propyzamide avec MINECTO Gold n'est pas recommandé. Plus d’info ici.
Pour aller plus loin
► Gestion des graminées hivernales
Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr – Bretagne, Pays-de-la-Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Hernie des crucifères : signaler les parcelles touchées, c'est important !
La hernie des crucifères est une maladie racinaire qui prend de l’ampleur ces dernières années, 2025-2026 ne fait pas exception. Les dégâts causés par la hernie sont très variables. Le plus souvent quelques zones ou foyers feront perdre 5 à 20 % du potentiel. Dans les pires cas, cela entraîne la nécessité de retourner la parcelle. Face à cette maladie, aucun levier seul ne suffit : la clé, c’est la combinaison.
Une maladie qui s’exprime davantage avec le changement climatique
Les températures douces durant l'automne combinées aux précipitations importantes en septembre, ont créent des conditions idéales au développement de cette maladie racinaire. La hernie des crucifères est causée par le parasite obligatoire Plasmodiophora brassicae. Les symptômes se manifestent par des boursouflures hypertrophiées (galles) sur les racines.
Des flétrissements et des rougissements sont généralement visibles sur les parties aériennes des plantes, souvent répartis en foyers ou en larges bandes dans les parcelles, pouvant aller jusqu’à la perte de pieds. La conséquence est la perte de rendement.
Une fois installée dans la parcelle, la maladie peut y rester plus de 10 ans et s’accrochera plus ou moins facilement aux crucifères cultivées dans la rotation, selon les conditions de milieu. Mieux vaut donc anticiper.
Galle de hernie sur colza - Crédit photo : L. Jung
Prévention, des réflexes à adopter
Pour les parcelles avec des symptômes de hernie, il n'y a pas de solution corrective efficace. Mais il est important de saisir l’enquête en ligne « hernie des crucifères » pour nous aider à lutter collectivement contre cette maladie : déclarer en ligne une parcelle avec de la hernie. En effet, la quantification des parcelles concernées ainsi que leur localisation permettent de cibler la communication et les programmes de recherche.
Après le diagnostic de présence de hernie, actuellement, il peut être judicieux de préparer la prochaine campagne, notamment pour les parcelles de l’exploitation en sol acide et hydromorphe, il est possible de réaliser un dépistage. Le test du chou chinois permet de vérifier si votre sol est contaminé par la hernie.
On veillera en particulier à éviter les contaminations entre parcelles (transport de terres collées aux pneumatiques et aux outils de travail du sol, épandeur d’apports organiques, etc.).
Surveillez les larves de grosses altises grâce au test Berlese
Les toutes premières larves de grosses altises peuvent être repérées dès fin octobre. Pour en avoir le cœur net, le test Berlèse est votre meilleur allié.
► Consulter les BSV rendant compte des prévisions de stades larvaires et analyses de risques :
- Centre-Val de Loire
- Poitou-Charentes/Vendée/Limousin
- Bretagne / Pays de la Loire
- Normandie / Ile-de-France
Les larves les plus dommageables colonisent les colzas bien avant l’hiver
Au début de leur vie, les larves sont relativement mobiles et s’introduisent par la face supérieure des pétioles des feuilles (des trous de galeries évoluant en cicatrices apparaissent alors très vite). Au gré des conditions, elles poursuivent leur développement pendant l’hiver en minant et se réfugiant dans les pétioles des feuilles. Le gel ne tue pas les larves. Dans le pire des cas, les larves gagnent le cœur des plantes avant ou pendant la reprise de végétation en sortie hiver.
Pour cette raison, il convient d’anticiper ! La lutte en novembre/décembre est la seule efficace pour limiter l’impact sur les plantes et notamment les ports buissonnants au printemps.
Pas de discrimination, diagnostiquez tous vos colzas
L'expérience des années récentes montre qu'il convient d’examiner tous types de colzas (gros, petit, sain, stressé, etc.) quel que soit le niveau d’attaques des grosses altises adultes en début de cycle. Les parcelles n'ayant pas nécessité d'insecticide jusqu’alors sont à surveiller au même titre que les autres. Le diagnostic des infestations larvaires est essentiel pour tous les profils de colza.
Berlese = plus simple et plus fiable
La méthode Berlèse peut être utilisée de façon assez rapide et permet sans effort de détecter et dénombrer toutes les larves. L’essayer c’est l’adopter !
Vidéo : Comment faire un Berlese
Attention à ne pas confondre les larves
De nombreux techniciens signalent en fin octobre et en fin novembre, la présence d'autres larves lors de la réalisation de test Berlèse ou lors d'observations directement sur les plantes. Le plus souvent sans pattes, il s'agit de larves de diptères et non d'altises d'hiver.
| Autres diptères dans les pétioles et feuilles |
Grosse altise dans les pétioles à cette époque de l'année |
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| Taille | 5 mm | 2 mm au stade L1 4 mm au stade L2 6 à 9 mm au stade L3 |
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| Forme | larve allongée | larve allongée + 3 paires de pattes | |
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Risque très inféodé à la parcelle !
Le risque de dommages liés à la présence de larves d’altises dans un colza dépend de plusieurs facteurs :
- type d’infestation : nombre de larves, date de leur apparition et dynamique de développement,
- conditions de milieu : réserve d’azote / phosphore disponible dans le sol, météo hivernale et post-hivernale,
- biomasse foliaire produite par le colza avant l’hiver et sa capacité ou non à soutenir cette dynamique de croissance le plus tardivement possible,
- qualité d’enracinement des plantes (état sanitaire, forme et taille des pivots).
De ce fait, la protection insecticide doit être raisonnée pour chaque parcelle. Les enjeux liés aux phénomènes de résistance et à la durabilité des solutions chimiques sont tels que chacun doit se sentir responsable.
N’intervenez qu’en cas de besoin
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Avec quoi intervenir si nécessaire ?
Il convient en premier lieu de s'informer sur l'état des résistances selon sa région afin de prendre la bonne décision : MINECTO GOLD : autorisation dérogatoire pour le colza
Rappel : nos essais montrent qu’en l’absence de résistance forte SKDR, la lambda-cyhalothrine (Karaté Zéon dans nos essais) est le pyréthrinoïde le plus efficace, supérieur à la cyperméthrine. La deltaméthrine (Decis Protech dans nos essais) est intermédiaire. Les pyréthrinoïdes particuliers etofenprox, tau-fluvalinate, esfenvalérate sont en retrait en termes d’efficacité.
Les insecticides sont efficaces sur des larves d'altises L1 et L2
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Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays-de-la-Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Rencontre Proléobio Centre & Ouest 2025 : le replay du webinaire disponible !
Chaque année, Terres Inovia et ses partenaires organisent les rencontres Proléobio dont l'objectif est de permettre aux conseillers et techniciens d’échanger sur les pratiques innovantes et les résultats de l’année des oléoprotéagineux en Agriculture biologique (AB).
Le 10 octobre s'est tenu un webinaire Proléobio pour la zone Centre et Ouest dont voici le programme et les points à retenir.
1. Conjoncture de la filière des oléoprotéagineux en AB par Claire Ortega, Terres Univia
- Une hausse de la collecte malgré la baisse de la demande entraîne de forts excédents de production en 2023/24.
- Les conditions climatiques entraînent un fort retrait de la collecte alors que la demande semble repartir en 2024/25 : des bilans “assainis”.
- Une amélioration de la situation après deux campagnes difficiles : importance de maintenir une bonne adéquation offre/demande (exemple du tournesol), y compris sur les petits marchés (exemple de la lentille).
- Des défis techniques sur les légumineuses à graines pour des performances plus stables.
- Importance de contractualiser ou à minima communiquer ses volumes auprès de son OS pour permettre une bonne lecture du marché.
2. Enjeux de la multiplication des semences de protéagineux en bio par Jerôme Fillon de Axereal Bio
- Répondre aux attentes des marchés : suivre avec les services collecte les besoins des transformateurs, être réactif pour la contractualisation des producteurs.
- Mettre en avant les variétés adaptées à l’AB : choisir parmi les variétés proposées par les obtenteurs, essais variétés pour évaluation en condition bio, tests en parcelles agriculteurs, suivi des parcelles de multiplication.
3. Résultats des essais variétés et itinéraire technique féveroles d’hiver et des printemps semés à l’hiver par Cécile Legall, Terres Inovia (la présentation sera diffusée ultérieurement)
4. Valorisation des protéagineux en alimentation humaine : enjeux de la création d’une filière Féverole et Pois AB par Sebastien Courtois, Ufab
Un défi de structuration de la filière pour développer des partenariats durables entre producteurs, transformateurs et utilisateurs finaux :
- synchroniser les développements production – besoins,
- structurer les flux du champ à l’assiette,
- sécuriser la filière avec une trajectoire triptyque,
- volumes – prix – qualités
Visionnez le replay !
Contacts : Cécile Le Gall, c.legall@terresinovia.fr et Thomas Mear, thomas.mear@terresinovia.fr
Documents à télécharger
L’implantation des pois et féverole d’hiver 1er levier de maitrise de la maladie et du rendement
La phase de semis approche pour les pois et féveroles d’hiver. Afin de minimiser le risque de maladie et de maitriser au mieux le potentiel de rendement, la phase d’implantation est primordiale pour poser les bonnes bases de la réussite de ces cultures.
Parcelle de pois avec zone hydromorphe en 2024, fortement impactée par la maladie
Choix d’une parcelle non hydromorphe avant tout
Le choix d’une parcelle non hydromorphe est le premier critère à considérer. C’est un facteur important dans le risque de dégâts de gel et de développement des maladies. Par ailleurs, rappelons l’importance du développement des nodosités, nécessitant une bonne aération du 1er horizon. Si certaines parcelles se prêtent plus à l’hydromorphie que d’autres, l’absence de rupture de porosité du sol doit être assurée par la préparation du sol en amont, afin de favoriser au maximum les conditions de ressuyage. A noter que la féverole présente une meilleure tolérance à l’hydromorphie par rapport à un pois ou un blé.
Choisir une culture et une variété adaptées au type de sol :
- Le pois d’hiver s’adapte à de nombreux contextes de sols. Il faudra néanmoins faire attention à bien choisir des variétés avec une bonne tolérance à la chlorose ferrique pour les limons froids et les sols calcaires. Cette carence, même si elle est passagère, peut affaiblir les plantes les rendant plus sensibles à d’autres problématiques telles que les maladies.
- La féverole d’hiver s’adapte également à de nombreux types de sol mais se développera mal sur les sols acides (pH<5.5). Pour les sols basiques (pH<7.5) des carences en bores sont possibles, nécessitant de corriger la situation par un apport de 300g/ha avant début floraison.
Pour rappel, les caractéristiques et résultats des variétés sont référencées sur le site www.myvar.fr
Vous y retrouverez les synthèses variétales nationales et régionales parues récemment.
Le délai de retour de 5-6 ans entre 2 légumineuses de rente reste une règle importante dans l’insertion des légumineuses dans une rotation afin d’éviter la prolifération de certains bioagresseurs communs tel que l’aphanomyces. A noter que si le pois d’hiver évite en grande partie l’expression de l’aphanomyces en raison de son cycle décalé, la culture peut entretenir l’inoculum. Les parcelles à risque sont à éviter.
(Plus d’informations sur les légumineuses sensibles ou résistantes à aphanomyces via ce lien)
L’exposition au froid (bassin Nord-Est, parcelle en altitude) n’est pas un facteur rédhibitoire mais des leviers agronomiques doivent s’opérer en conséquence, à commencer par le choix d’une variété à bonne tolérance au froid. Également, la date et la profondeur de semis devront bien s’adapter pour maitriser le risque (cf. partie semis).
Le travail du sol, garant du risque d’hydromorphie et de maladies
Également la préparation du lit de semence doit être soignée sur 8-10 cm afin de permettre d’enterrer à une bonne profondeur les graines et améliorer le contact sol-graine. Le pois d’hiver demande un lit de semence fin (agrégats <10 mm). A l’inverse la féverole peut s’accommoder d’une préparation plus grossière (agrégats de 2-3 cm). En cas de risque de battance, n’hésitez pas à laisser quelques mottes de 5-6 cm pour limiter le risque de croûte de battance.
Dans toutes les situations de parcelle, l’écoulement de l’eau doit s’opérer sans obstacle lié à une rupture de porosité. Au-delà du risque d’hydromorphie sur le long terme, c’est avant tout la limitation des fenêtres d’interventions faute d’un bon ressuyage des parcelles qui peut entraver la conduite technique. Également, la stagnation de l’humidité sur la surface favorise le développement des maladies. En 2024, les préparations en TCS telles que les semis directs, ont souvent été moins impactés par la maladie en lien avec un meilleur ressuyage de la surface. Pour rappel, la préparation du sol doit se décider avant tout par la nécessité de correction du sol.
Eviter la surdensité, pour limiter les maladies et le coût en semences
Le pois et la féverole d’hiver ramifiant plus que les types printemps, il est conseillé de ne pas dépasser les densités recommandées au risque de développer des couverts trop denses au printemps, favorisant les maladies telles que le colletotrichum et l’ascochytose pour le pois ou le botrytis pour la féverole. De plus, la surdensité augmente inutilement la charge en semences pour un risque de perte de rendement plus grand.
| POIS D’HIVER | Sol limoneux |
Sol argileux, argilo-calcaire |
Sol de craie |
| 60 à 70 graines/m² | 80 à 90 graines/m² | 115 graines/m² | |
| PMG 200g | 120 à 140 kg/ha | 160 à 180 kg/ha | 230 kg/ha |
| PMG 220g | 132 à 154 kg/ha | 176 à 198 kg/ha | 253 kg/ha |
| FEVEROLE D’HIVER | Sol limoneux | Sol argileux, argilo-calcaire ou caillouteux |
| 20 à 25 graines/m² | 30 graines/m² | |
| PMG 450g | 90 à 113 kg/ha | 135 kg/ha |
| PMG 500g | 100 à 125 kg/ha | 150 kg/ha |
Test de germination nécessaire si utilisation de graines de fermePour les producteurs utilisant leurs graines de ferme, il est important de réaliser un test de germination afin d’adapter la densité. En effet, le taux de germination des graines de ferme est souvent plus aléatoire, pouvant être bien inférieur au taux minimal de 80% de germination des lots certifiés. Également, il faut veiller à écarter les lots présentant des grains cassés, tachés ou déformés, souvent porteurs de maladies bien installées sur les graines. Pour rappel, la plupart des maladies se transmettent principalement via la semence. L’utilisation de semences certifiées reste une sécurité tant sur la maitrise du taux de germination que sur le risque sanitaire apporté par la graine. |
Date de semis et profondeur, leviers incontournables pour se prémunir du risque de gel et de maladies
Les dégâts de gel, favorisant l’installation de maladies telles que le colletotrichum ou la bactériose en pois et le botrytis en féverole, sont souvent les premiers facteurs de stress pouvant impacter le potentiel des protéagineux d’hiver. La pression sanitaire de ces dernières années trouve une origine dans l’évolution du climat, avec des hivers plus doux et des gels plus tardifs au début du printemps. Face à cette évolution du contexte, la date et la profondeur de semis doivent également évoluer pour permettre de limiter ce risque.
2 conditions sont nécessaires pour limiter le risque de gel et de maladies :
- Retarder les semis afin d’éviter d’avoir des plantes trop développées en sortie d’hiver. Pour rappel, la tolérance au froid est maximale à 2-3 feuilles et chute drastiquement vers 6-8 feuilles. Cette stratégie de semer tard est d’autant plus importante avec des mois d’octobre et début novembre très doux, propices à la croissance excessive des protéagineux. Privilégier les semis de mi-novembre à fin décembre.
- Protéger l’épicotyle, zone la plus sensible au gel. Cela évite que les bas de tiges souvent nécrosés en pois d’hiver permettent une remontée des maladies sur la tige par la suite. Semer à 5-6 cm de profondeur les pois d’hiver et 7-8 cm les féveroles d’hiver. Les graines étant vigoureuses, la levée peut s’opérer sur plus d’1 mois si nécessaire sans conséquence sur le potentiel. Favoriser les semoirs à dents afin d’enterrer convenablement les graines.
Un sol nivelé pour faciliter la récolte et améliorer la sélectivité de la prélevée
Si les nouvelles génétiques présentent une meilleure tenue de tige qu’auparavant, le nivellement du sol reste recommandé sauf dans les sols limoneux sensibles à la battance.
Un sol bien nivelé permet dans un premier temps de limiter les risques de phytotoxicité du désherbage en prélevée et surtout de faciliter la récolte, en particulier dans les sols caillouteux. Attention, il n’est pas recommandé de rouler en sortie d’hiver au risque de favoriser des blessures mécaniques et le risque de maladies.
Une fertilisation P et K modérée mais nécessaire
Le pois et la féverole nécessitent une fourniture moyenne en phosphore et potasse, éléments jouant un rôle important dans le métabolisme notamment dans l’enracinement et la nodulation. Comptez 50-60 u de phosphore et 70-80 u de potasse selon la fourniture du sol.
Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr - Référent protéagineux zone Centre & Ouest
Stratégie de désherbage des protéagineux d’hiver
À l’approche des semis des pois et féveroles d’hiver, la préparation de sa stratégie de désherbage doit se réfléchir en connaissance de la flore de sa parcelle. Si des rattrapages en post-levée existent et peuvent suffire dans des situations de faible salissement, les programmes les plus efficaces se positionnent dès la prélevée et nécessitent de s’anticiper.
Réglementairement, qu’est-ce qu’un protéagineux d’hiver ?
Les réglementations herbicides varient selon la typologie hiver/printemps des pois et féveroles. Avec des dates de semis parfois tardives des pois et féveroles d’hiver, voire reportées au printemps, des zones de chevauchement des conseils de semis des génétiques hiver/printemps tel que le bassin sud de la France, ou encore le semis de génétiques de printemps en hiver (exemple avec la féverole), il est important de rappeler que la date de semis prime sur la définition réglementaire quelle que soit la génétique utilisée. Ainsi, tout semis avant le 1er février est considéré comme un protéagineux d’hiver et tout semis à partir du 1er février est considéré comme un protéagineux de printemps.
Gestion des dicotylédones : prélevée, post-levée ou les deux ?
En pois d’hiver, la prélevée est à privilégier pour les situations difficiles (parcelles hydromorphes ne permettant pas de passage précoce en sortie d’hiver), les flores compliquées à gérer en post-levée telles que les coquelicots et renouées, et les infestations d’adventices hivernales telles que le gaillet et la véronique de perse. Cette stratégie pourra se compléter d’une post-levée modulée en cas de forte pression ou si besoin d’un complément sur les flores printanières non contrôlées par l’application de prélevée, comme la matricaire et la fumeterre. Les stratégies tout en post-levée sont à privilégier seulement en connaissance de la flore et si le salissement est facilement maîtrisable. À noter que certains programmes de post-levée sont fractionnables pour une meilleure efficacité ou gérer les levées échelonnées. Les compléments mécaniques en post-levée sont à éviter, pouvant favoriser l’arrivée de maladies.
En féverole d’hiver, la prélevée est indispensable faute de diversité de solutions possibles en post-levée à l’exception du Corum permettant de gérer seulement certaines flores printanières tel que le chénopode, la mercuriale ou la matricaire. Toutefois, la féverole se prête facilement aux passages mécaniques en post-levée (houe, herse, bineuse). Les stratégies de désherbage mixtes affichent de très bonnes efficacités.
► Plus d’informations sur les stratégies de désherbage mécaniques et mixtes
Quelques spécificités des programmes antidicotylédone
- Retrait d’usage du PROWL 400 / PENTIUM FLO / BAROUD SC sur pois et féverole d’hiver : Le retrait d’utilisation du PROWL 400 est effectif depuis le 28/09/2025. La pendiméthaline reste cependant accessible via le NIRVANA S et le BISMARK CS. Pour rappel, PROWL 400 reste homologué sur pois et féverole de printemps.
- Différences réglementaires du CHALLENGE 600 et du COLT : ces 2 spécialités contiennent de l’aclonifen (600g/L) mais leurs modalités réglementaires d’application sont différentes. Entre doses autorisées et possibilités de double application pré + post, le tableau ci-dessous résume les principales différences d’applications possibles sur pois et féveroles.
*herbicide générique : CHANON, etc,..
P=pois
F=féverole
L=lupin
(1) : respecter un délai de 25 jours entre les 2 applications pour pois d'hiver, 15 jours pour pois de printemps
(2) : respecter un délai de 10 jours entre les 2 applications de postlevée
- Nirvana S à privilégier en prélevée : le Nirvana S reste un produit efficace pour les stratégies de prélevée de par son spectre d’action large et sa dose autorisé. Le produit peut toutefois être appliqué en post-levée à 2l/ha maximum en l’absence de passage en prélevée. Pour optimiser son efficacité et son spectre d’action, son positionnement en prélevée reste plus intéressant, sachant que le CORUM apportent les mêmes substances actives en post-levée et l’association des 2 produits est interdite (mention H361d).
Exemples de programmes antidicots en féverole d’hiver
(1) DASH HC ou ACTIROB B
Exemples de programmes antidicots en pois d’hiver
(1) DASH HC ou ACTIROB B
(2) 2 passages à 8-10 jours (pois de printemps) ou 10-15 jours (pois d'hiver) d'intervalle, pour améliorer l'efficacité à condition de débuter les applications sur adventices de cotylédons à deux feuilles
(N.B) en l'absence d'application d'aclonifen en pré-levée, CHALLENGE 600 peut être appliqué en postlevée
La gestion des graminées résistantes possible sur protéagineux d’hiver
- Propyzamide : les protéagineux d’hiver bénéficient du KERB FLO (propyzamide) pour gérer les pressions de graminées résistantes aux autres modes d’action. Le produit s’applique en post-levée précoce à 3-4 feuilles des pois et féveroles.
- Antigraminées foliaires : en l’absence de graminées résistantes, il est possible d’appliquer en post-levée des antigraminées foliaires (FOP et DIME). A noter que, contrairement aux protéagineux de printemps, la cléthodime n’est pas autorisée sur les pois et féverole d’hiver.
Pour plus d’informations sur les programmes conseillés et les efficacités, référez-vous aux liens suivants :
►Spectre des principaux programmes en pois
►Spectre des princiaux programmes en féverole
Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr - Référent protéagineux zone Centre & Ouest
Colza - Désherbage en post-levée sur dicotylédones : misez toujours sur un bon diagnostic !
C'est le moment, si ce n’est pas déjà fait, de repérer la présence de dicotylédones pour décider d’une éventuelle intervention.
Certaines flores restent toutefois très complexes pour ne pas dire impossibles à contrôler avec les produits de post-levée en colza : citons par exemple les renouées (persicaires, des oiseaux, liseron), rumex, liserons ou encore morelles et amarantes très développées.
MOZZAR / BELKAR : pour viser un spectre large de dicotylédones
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D’une façon générale, les applications de MOZZAR / BELKAR 0.25 l/ha restent possibles pour les parcelles où l'on observe à ce jour des adventices au stade 2 à 4 feuilles telles que : géraniums, gaillets, alchémille, ammi-majus, bleuet, coquelicot, fumeterre, mercuriale, chardon-marie, chénopode, lamier, laiteron, helminthie, myosotis, repousses de lin. Le colza doit avoir atteint ou dépassé le stade 4 feuilles.
- En application tardive (courant novembre), MOZZAR / BELKAR 0.25 l/ha garde une efficacité sur alchémille, lamier, coquelicot, chardon-marie, fumeterre, gaillet, géraniums en pression faible à moyenne. En revanche, l'efficacité peut décrocher sur capselle, véronique, laiteron, sisymbre, bleuet, matricaire et mercuriale si le stade est déjà bien avancé.
- Attention, dans les cas où le colza couvre déjà fortement voire intégralement l’inter-rang, mieux vaut reporter la décision (attendre les premiers froids, tassement du colza) au risque de ne pas rentabiliser le produit limité par un certain « effet parapluie ».
LADIVA ou pack MIZIS (MIZIK + NERIS) : pour élargir le spectre de MOZZAR
A base d’halauxifen-méthyl, de piclorame et d’aminopyralide, ces solutions renforcent le spectre dicots de MOZZAR, notamment sur pensée et composées (matricaires, laiterons, séneçon, bleuet, chrysanthèmes des moissons…), et ont une meilleure persistance d’action. Les conseils de périodes d’application sont les mêmes que pour MOZZAR : à partir de 4 feuilles du colza. Une seule application par campagne est possible.
Nota Bene :
- MOZZAR, LADIVA, pack MIZIS détruisent les légumineuses associées au colza.
- Les produits sont compatibles avec de nombreux insecticides ou antigraminées foliaires associés avec une huile végétale de type ACTIROB. Ne pas mélanger avec les fongicides/régulateurs.
- En application tardive de MOZZAR, LADIVA ou du pack MIZIS, le mélange avec un produit type KERB FLO est possible avec adjuvant non-ionique de type PHYDEAL, PIXIES, GONDOR, SILWET, etc. LADIVA existe aussi en pack LADIVA FLO (LADIVA + KERB FLO)
Qu’apportent les autres produits de post-levée ?
Le recours à d'autres produits peut s'envisager soit en complément soit pour cibler certaines flores en particulier. Par soucis de sélectivité vis-à-vis du colza, le respect du stade d'application et des conditions d'emploi de ces produits est important.
- FOX 1 l/ha est un herbicide de contact utilisable à partir de 4-6 feuilles (feuillage sec impératif) surtout pour compléter le spectre des autres produits. Points forts sur jeune mercuriale, morelle, chénopode, sanve, sisymbre, véroniques, pensée, lamier, myosotis. Efficacité également sur de jeunes coquelicots. Sélectif des principales légumineuses associées au colza si ces dernières sont bien développées.
- CALLISTO 0,15 l/ha à partir de 4-6 feuilles du colza. Utilisé seul (sanve et autres moutardes, calépine) ou en association avec CENT 7 0,2 l/ha (ravenelle, barbarée, sisymbre, repousses de betterave) avec possibilité de renouveler 2 à 3 semaines plus tard pour les plus fortes infestations. Il détruit les légumineuses associées au colza.
- IELO / YAGO / BIWIX 1,5 l/ha efficacité sur graminées, bleuets, chardons, matricaires, laiterons, séneçons, coquelicots et dans une moindre mesure sur pensées et véroniques. Il a une légère action contre géranium disséqué. Ce produit détruit les légumineuses associées au colza. Un sol froid et de la pluie après l’application est nécessaire pour optimiser l’efficacité de la propyzamide.
Pour aller plus loin
► Conditions d'application des herbicides
► Tableau d'efficacité des herbicides en colza (Juillet 2025)
► Consultez l'outil 'Mélange des produits phytosanitaires'
Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr – Bretagne, Pays-de-la-Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Charançon du bourgeon terminal : évaluer le risque avant d’intervenir
La gestion du charançon du bourgeon terminal repose en premier lieu sur la combinaison de leviers agronomiques car les solutions phytosanitaires sont limitées. Terres Inovia fait le point sur l’évaluation du risque à la parcelle et les insecticides à utiliser, lorsque la situation l’exigera. Deux OAD sont proposés pour accompagner agriculteurs et techniciens.
La cuvette jaune pour détecter l’arrivée
Il est important de suivre, en plus des pièges dans les parcelles, un réseau de piégeage comme celui du BSV qui permet d’établir une dynamique de vol à l’échelle d’un territoire et de positionner au mieux la protection insecticide, si elle est nécessaire.
Pour autant, il n’existe pas de relation entre le nombre d’individus capturés et les dégâts.
Les toutes premières captures ont été signalées en région Centre-Val de Loire il y a une dizaine de jours. Ce début de semaine, d’autres piégeages ont été confirmés en région Centre, dans le sud Ile-de-France et dans de rares situations ailleurs sur la partie Ouest de la France (voir cartes issues des données BSV ci-dessus).
Un outil de prédiction des arrivées de charançons du bourgeon terminal
La dynamique de croissance durant l’automne jusqu’en entrée hiver est déterminante
Le risque charançon du bourgeon terminal est réduit pour les colzas levés précocement qui poussent régulièrement au cours de l’automne et jusqu’à l’entrée de l’hiver. Evaluer l’état de la parcelle de colza (mesurer la biomasse aérienne en kg/m² ou g/plante et en observer l’état des pivots) permet de savoir si le colza sera capable de faire face à une attaque de charançons. C’est la combinaison de cet état agronomique et de la présence du ravageur qui permet d’évaluer le risque à la parcelle.
Faut-il intervenir ? Et avec quoi ?
Terres Inovia a développé un outil d’aide à la décision « Colza Risques Charançons du bourgeon terminal » (outil en cours de mise à jour). L’estimation du risque global à la parcelle est associée, si elle est nécessaire, à une recommandation de lutte insecticide. Cet outil permet de classer une parcelle dans un niveau de risque global. Le risque global combine un risque agronomique et un risque lié à la nuisibilité historique du charançon dans le département. L'OAD s’utilise en complément des infos fournies par les BSV, les réseaux de cuvettes jaunes et le modèle de prédiction des vols. A l’automne 2024, les captures en Poitou-Charentes ont augmenté sur l’ensemble du territoire. Dans cette région, la nuisibilité historique est plutôt faible, mais elle pourrait évoluer si cette dynamique de piégeage se poursuit.
La résistance du charançon du bourgeon terminal aux pyréthrinoïdes (mutation KDR), bien que détectée dans les principaux bassins de production reste d’un niveau assez faible. Les pyréthrinoïdes demeurent donc relativement efficaces. En cas de besoin, utiliser un pyréthrinoïde autorisé comme la lambda-cyhalothrine, la deltaméthrine ou la cyperméthrine. L’étofenprox affiche un niveau d’efficacité inférieur.
Un coléoptère discret
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Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Région Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin