L'orobanche rameuse sur chanvre

L'orobanche rameuse : un parasite majeur

L’orobanche rameuse Orobanche ramosa (Orobanchacées) est une plante parasite non chlorophyllienne mais pourvue de suçoirs qui se développent sur les racines de ses plantes hôtes. L’orobanche est donc totalement dépendante de son hôte pour sa nutrition en éléments carbonés (sucre…), en eau et en sels minéraux.

Présente en Europe, l’orobanche rameuse occasionne des dégâts relativement importants sur colza, tabac et chanvre. En France, certaines régions de culture du chanvre sont touchées à des degrés divers sur certaines zones : Champagne-Ardenne, Haute Saône, Maine et Loire…

orobanche rameuse chanvre

Méthodes de lutte

En cas de suspicion de présence d’orobanche dans la parcelle, déterrer quelques systèmes racinaires de chanvre pour confirmer la liaison hôte/parasite et avertir le technicien le cas échéant. Il n’existe pas à ce jour de méthode de lutte curative efficace contre l’orobanche. Seule une observation accrue des parcelles et quelques précautions agronomiques peuvent permettre de limiter son extension :

  • nettoyer le matériel à la sortie de la parcelle infestée pour éviter toute contamination future,
  • optimiser la lutte contre les adventices avant implantation du chanvre. Certaines espèces d’adventices sont considérées comme des hôtes secondaires potentiels permettant au parasite de se multiplier,
  • abandonner la culture du chanvre sur les parcelles fortement contaminées,
  • allonger les rotations,
  • ne pas ensemencer du colza ou du tabac sur une parcelle en chanvre parasité précédemment,
  • arracher manuellement les pieds de chanvre parasités avant la maturation des graines d’orobanche.

Utilisation du levier génétique

Dans les parcelles faiblement infestées, il est recommandé d’utiliser une variété tolérante à l’orobanche. Cette variété est principalement destinée pour les parcelles « à risque », c’est-à-dire en bordure de zone infestée, ou sur lesquelles quelques orobanches ont déjà pu être observées. 

Il n’est pas conseillé de la cultiver dans des parcelles déjà totalement infestées par l’orobanche pour ne pas augmenter d’autant plus le stock de graines d’orobanches de la parcelle, et pour limiter le risque de dissémination du parasite. 

Aucune variété totalement résistante n’existe pour lutter contre l’orobanche rameuse.
Ces variétés tolérantes sont le résultat d’un travail qui a débuté en  2008 par la FNPC (aujourd’hui Hemp-it). En parcelle infestée, ces variétés ne sont pas totalement indemnes d’orobanche, mais le niveau d’infestation est significativement diminué par rapport aux variétés dites sensibles : le nombre de plantes parasitées diminue de 10 à 20 fois suivant le génotype et la variété témoin considérée. A ce jour, une variétés ayant un bon comportement à l’orobanche et des caractéristiques d’un niveau acceptable par rapport aux variétés actuelles (précocité, hauteur, rendement...) est disponible auprès des agriculteurs.

Incidence économique de l’orobanche

L’orobanche est un problème majeur lorsqu’elle est présente dans les parcelles. 
Le transformateur qui a établi un contrat avec le producteur reste très vigilant à ce sujet. Si sa présence est avérée, mais très faible, il peut être encore possible de détruire les pieds de chanvre parasités avant maturité des graines d’orobanche. 

Cependant, il est courant que la parcelle soit déclassée. Si l’infestation est plus importante, le transformateur peut refuser de collecter la production et le producteur sera dans l’obligation de détruire sa récolte, de ne plus ensemencer sa parcelle en chanvre et, par mesure de précaution, d’éviter d’implanter du colza ou du tabac.

Les symptômes

Dans certaines zones géographiques, les foyers d’infestation sont nombreux et les dégâts observés peuvent couvrir une échelle allant de l’insignifiant au plus sévère. En effet, l’orobanche rameuse peut entraîner des pertes de rendements jusqu’à 100 %.
Les dégâts se traduisent par un retard de croissance dû au fait que le parasite puise les ressources de son hôte. Les plantes parasitées dépérissent et donnent au champ un aspect clairsemé. La plante présente une chlorose des feuilles puis de la tige. En cas d’attaque très sévère, les plantes sont totalement détruites.

Cycle biologique de la plante parasite

Une phase souterraine

La plante parasite est présente sous forme de graines dans le sol. La présence de molécules émises par les racines de son hôte est indispensable pour induire la germination des graines. Lorsque les graines entrent en germination, elles émettent un tube germinatif (procaulôme) qui va se fixer sur la racine du chanvre. L’orobanche va puiser tous les éléments nécessaires à son développement grâce à son appareil d’absorption (appelé suçoir ou haustorium) qui la relie en direct aux éléments conducteurs des racines du chanvre. Le bourgeon s’allonge en une tige souterraine (rhizome) qui progresse dans la terre vers la surface du sol (fin mai à fin juin).

Une phase aérienne

L’émergence de la tige souterraine marque le début de la phase aérienne du cycle du parasite. Cette tige (jaune pâle à bleuâtre) se transforme rapidement en une hampe florale (juillet, voire août et même septembre). Les fleurs, groupées en épis, sont jaune pâle, ornées de bleu-violet, en épis. Après fécondation, les fleurs se transforment en fruits (capsules) qui vont libérer des dizaines de milliers de graines par pied d’orobanche (août-septembre). Les graines (0,2 à 0,3 mm) conservent leur pouvoir germinatif dans le sol pendant plus de 10 ans. Elles sont disséminées par le vent, l’eau, les animaux, dont les insectes, le matériel agricole ou l’homme. Les conditions permettant la germination des graines d’orobanche sont extrêmement variables, ce qui en fait un parasite très difficile à maîtriser.

Déclarez vos dégâts d’orobanche

Saisissez en ligne les parcelles dans lesquelles vous avez identifié de l'orobanche rameuse. Un questionnaire simple et rapide vous permettra d’ajouter vos parcelles touchées à notre base de surveillance, dans le cadre du suivi réalisé par Terres Inovia.

 

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Les maladies du chanvre

Maladies : un impact limité

Le chanvre est réputé insensible à la plupart des maladies virales, bactériennes et fongiques. La culture ne connaît donc pas de perte de rendement liée aux maladies et ne nécessite aucun traitement fongicide entre le semis et la récolte. En effet, les variétés actuellement proposées aux agriculteurs sont des variétés dites « population » : elles présentent une certaine rusticité et sont hétérogènes quant à la résistance aux pathogènes. Ainsi, seule une faible proportion de plantes sont touchées en même temps par une maladie.

Botrytis

Botrytis cinerea est un champignon qui se développe surtout lorsque l’humidité de l’air est importante (> 60 %) et les températures modérées (20 à 24°C). Le mycélium se manifeste par une pourriture de la tige brune ou noire avec un feutrage gris. Les feuilles deviennent jaunes et flétrissent lorsque la tige est très atteinte. La pourriture peut remonter jusqu’aux bourgeons floraux. Les fleurs sont alors piquées de noir et meurent. Cette maladie n’a pas d’incidence sur la productivité de la culture.

chanvre botrytis

Sclérotinia

Cette maladie peu nuisible est causée par Sclerotinia sclerotiorum (champignon identique à celui que l'on trouve sur colza, tournesol, pois...).

Les symptômes apparaissent généralement à la floraison, principalement sur des pieds isolés. Des lésions brun-jaune apparaissent sur les tiges. Les tissus corticaux en dessous de ces lésions s’effondrent. A partir de la tache encerclante, les parties supérieures de la plante dessèchent. En conditions humides, la surface de la tige s’enveloppe d’un mycélium blanc. Des sclérotes émergent de la surface, généralement en septembre.

Rhizoctone

Dans les parcelles sont parfois observés des pieds atteints de rhizoctone brun Rhizoctonia solani, ou de rhizoctone violet (Rhizoctonia violoacea ou Helicobasidium brebissonii). Les racines présentent un manchon de pourriture plus ou moins sèche, brune ou violacée parcourue par des filaments (mycélium) qui évoluent vers une pourriture plus molle en présence de bactéries à mesure que l'attaque se fait plus profonde dans les tissus de la plante. La pourriture remonte le long de la tige jusqu’à atteindre le bouquet floral. L’agent pathogène persiste dans le sol sous forme de sclérotes (< 5 mm de diamètre) pendant plusieurs années. La contamination des racines se fait par contact avec des sclérotes présents dans le sol. Le rhizoctone se développe en cercles concentriques par zones dans les parcelles. C’est la maladie qui occasionne actuellement le plus de dégâts, sans toutefois être très nuisible. Les plantes sèches ne facilitent pas la récolte.

La fonte de semis

La fonte des semis est causée par les pathogènes du sol, parfois impossibles à distinguer, entre autres Botrytis cinerea, Rhizoctonia solani, Fusarium (solani, oxysporum), et Pythium.
Le moyen de lutte le plus efficace est de recourir à un traitement de semences. 2019 sera la dernière année au cours de laquelle le seul traitement de semences autorisé (à base de thirame) pourra être utilisé. En présence de pathogènes, la perte de pieds à la levée peut atteindre plus de 30 % dans le cas d’utilisation de semences non traitées.

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L’irrigation du chanvre

Une pratique qui doit rester ponctuelle

Le chanvre est une culture rustique dont les besoins en eau sont de 30 à 40 mm/t de matière sèche. Il ne nécessite pas d’irrigation systématique, car il tolère assez bien la sécheresse grâce à son système racinaire profond, pivotant et fasciculé.

irrigation chanvre

L’irrigation est une pratique exceptionnelle dans le cas du chanvre. Irriguez dans les zones à risque important de sécheresse afin de sécuriser le peuplement et d’assurer des rendements corrects en paille et en graines.

Le chanvre valorise bien l’irrigation en zones sèches.

Les gains de rendement possibles

Quand les conditions sont bonnes (sol profond et pluies fréquentes), l’irrigation n’est pas nécessaire et la valorisation de cette eau serait nulle.

En revanche, dans les zones à fort risque de sécheresse, l’irrigation est conseillée pour :

Augmenter le rendement en paille

Deux tours d’eau sont plutôt bien valorisés. Quelle que soit la période des apports, plus de 3 t/100 mm d’eau sont gagnés en moyenne. Un bonus est également observé sur le diamètre des tiges. Le gain de rendement est moins aléatoire dans le cas des apports d’eau précoces (avant ou pendant la floraison) que tardifs (post-floraison)

Augmenter la production de chènevis

En moyenne, deux tours d’eau permettent de gagner environ 2 q/ha de graines (grande variabilité de 0 à 10 q/ha selon les essais). Les apports tardifs (fin floraison à post-floraison) peuvent faire espérer une majoration du rendement de 6,5 q/100 mm.

Le parcours optimum de l’irrigation du chanvre dépend de l’objectif de rendement fixé au semis ou à la signature du contrat avec l’industriel de première transformation.

Économiquement, les gains de rendement (en paille et chènevis) couvrent les frais d’irrigation.

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Le fauchage du chanvre en mode battu

chenevis chanvre

En mode battu, les graines (chénevis) sont récoltées les premières.

La récolte du chènevis

Le chènevis est une graine très fragile, qui s’oxyde rapidement. De plus, les inflorescences du chanvre contiennent beaucoup de petites feuilles qui se détachent au battage. Les réglages des machines doivent tenir compte de ces deux paramètres.
Il est préconisé d’utiliser une faible vitesse de battage (400 à 500 tours par minute) et de procéder à un nettoyage des grilles énergique.
Ces caractéristiques imposent que le chènevis soit séché dans les 6 heures suivant la récolte. Le non-respect de cette exigence conduit à un échauffement de la graine qui entraîne des pertes de qualité. Le chènevis conventionnel doit se trouver à moins de 9 % d’humidité.

Selon les systèmes de récolte, le battage et la fauche se feront en un ou deux passages.

Battage et fauche en deux passages

Dans ce cas, la récolte peut s’effectuer avec des moissonneuses batteuses conventionnelles ou axiales. Le tablier de coupe doit être positionné juste au-dessous des inflorescences, le plus haut possible pour qu’un minimum de matière passe dans la machine. Comme pour la moisson des céréales, les volumes de paille importants réduisent la vitesse d’avancement et plus il y a de paille qui entre dans la machine plus les risques d’usure et de bourrage sont élevés.

Le réglage de la machine a une incidence sur la qualité du chènevis.

Il faut utiliser une faible vitesse de battage :

  • Moissonneuse batteuse à secoueurs +/- 400 à 500 tours/min
  • Moissonneuse batteuse Axial +/- 300 à 350 tours/min

Il est nécessaire de desserrer largement les contres batteurs (en se laissant une marge en cas de bourrage) et de procéder à un nettoyage (grilles et vents) énergique (maximum d’impuretés < 25 %). La vidange de la trémie se fera avec un débit modéré.

busatis chanvre
ensileuse chanvre

1. Fauche de la paille en brins longs à la busatis suite à une moisson du chénevis - 2. Fauche de la paille en brins courts à l’ensileuse

Une fois la moisson du chènevis réalisée, la paille peut être fauchée. Le matériel de fauche doit permette de couper le chanvre écrasé par les roues de la moissonneuse et répondre aux exigences des transformateurs sur la taille des brins (longs ou courts). Pour des raisons pratiques, la faucheuse circulera préférentiellement en sens inverse de celui de la moissonneuse. Pour limiter l’écrasement de la paille par les roues de la moissonneuse, des diviseurs peuvent y être adaptés. Deux systèmes sont actuellement utilisés :

  • la faucheuse à sections (photo 1 ci-dessus), le système conventionnel qui nécessite le moins d’investissements et peut être géré individuellement par les agriculteurs
  • l’ensileuse modifiée équipée d’un bec Kemper (photo 2 ci-dessus). Cette deuxième solution, contrairement à la première, permet une récolte en brins courts mais entraîne des coûts de récolte très élevés pour les agriculteurs.

Battage et fauche en un seul passage

Deux types de machines combinées ont été développés dans différentes zones de production. Elles permettent, en un seul passage, la récolte du chènevis, la coupe de la paille en brins de longueur égale (autour de 50 cm) et son andainage. Mais l’investissement est lourd et implique une gestion collective de la récolte.

La moissonneuse modifiée avec un bec Kemper

Mise au point par l’industriel de défibrage allemand BAFA, est souvent dédiée exclusivement à la récolte du chanvre car les modifications faites sont importantes. Son débit de chantier moyen est de 1,3 ha/h. Cependant, toute la matière transitant à l’intérieur de la machine, des problèmes peuvent survenir dans les parcelles dont le rendement avoisine ou dépasse les 10 tonnes de matière sèche par hectare (réduction des débits de chantier, bourrages de matière). Par ailleurs des difficultés de triage et de propreté du chènevis peuvent être observés.

moissonneuse chanvre

Un prototype de récolte double voie

Il a été développé pour être adapté sur des moissonneuses-batteuses conventionnelles. Ce système permet des débits de chantiers de 4 ha/h. Seules les extrémités des tiges passent dans la machine permettant un meilleur tri du chènevis et une meilleure adaptation sur les parcelles à fort potentiel de rendement.

moissonneuse chanvre
moissonneuse chanvrre

Un prototype de récolte de la graine grâce à un système d’aspiration

Il a été développé pour être adapté sur une ensileuse équipée d’un bec Kemper. Cette innovation mise au point par un producteur de chanvre est actuellement en phase de test.

prototype recolte chanvre

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Le fauchage du chanvre en mode non battu

pailles chanvre

Paille de chanvre

Une qualité difficile à maîtriser

Laissant plus de souplesse dans le choix de la date de récolte qu'en mode battu, le mode non battu est plus confortable en termes d’organisation du travail sur les exploitations. Cependant, une qualité optimale de paille est plus difficile à obtenir en mode non battu car les tiges ont un niveau de maturité inférieur et contiennent davantage d’eau. Des pailles présentant un niveau de rouissage excessif (pailles noires) ou au contraire un rouissage insuffisant (pailles vertes) sont plus fréquentes qu’en mode battu.

Les différents systèmes de fauche

Les lamiers à section à un ou plusieurs niveaux de coupe sont les plus performants (photos A et B). Ils permettent une coupe nette qui préserve la qualité des produits. Mais ils imposent une récolte en brins longs qui ne sont pas toujours acceptés par les usines de première transformation.

Les faucheuses conditionneuses ou les faucheuses-andaineuses automotrices (photo C) nécessitent des adaptations, ajouts de diviseurs pour guider la végétation, avancement des barres de poussés, déflecteurs, protection d’organes en rotation. Achetés sur le marché de l’occasion, avec des pièces de rechange parfois difficiles à trouver, ces matériels souvent anciens et peu accessibles pour les nouveaux producteurs ne représentent pas des solutions pérennes pour la récolte du chanvre.
Les ensileuses avec rotors modifiés (photo D) équipées de bec kemper représentent un système performant pour la récolte en mode non battu. Généralement sur une largeur de travail de 4,5 m, le bec guide la paille vers le rotor (équipé d’un ou deux couteaux) dont la vitesse de rotation réduite permet la coupe de la paille en brins courts de 20 à 80 cm. La paille est directement andainée à la sortie du rotor. Cependant, ce système de récolte engendre des investissements importants difficilement supportables par des producteurs individuels mais envisageables dans une organisation collective de la récolte.

lamiers section coupe chanvre

A. Lamier à sections à un seul niveau de coupe

B. Lamier à sections à trois niveaux de coupe

faucheuse automotrice chanvre

C. Faucheuse-andaineuse automotrice

D. Ensileuse avec rotor modifié

 

 

 

 

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Du fanage à la conservation du chanvre

Le rouissage

Le rouissage est l'opération pendant laquelle les micro-organismes du sol attaquent les liants pectiques qui tiennent les fibres et le chènevis ensemble. Il permet d'obtenir des fibres plus affinées, plus souples mais moins résistantes.

Un certain niveau de rouissage peut être parfois demandé par les industriels pour des utilisations spécifiques.

  • Après fauchage, laisser les pailles sur le sol pendant 10 à 20 jours selon les conditions climatiques et la qualité du produit recherché.
  • La coloration blonde, grise, puis noire des pailles indique le degré de rouissage.
  • Un fanage ou un retournement des andains permet d’homogénéiser le rouissage.

Le fanage

Le fanage permet d’aérer la paille, de la fissurer et par conséquent d’accélérer son séchage. Il permet aussi de limiter l’incorporation de cailloux dans les balles. Par ailleurs, le fanage augmente le contact de la paille avec le sol et l’humidité (du sol, de l’air, de la pluie) et accélère le phénomène de rouissage. Il prépare la paille aux étapes ultérieures d'andainage et de pressage, qui s'en trouvent facilitées.

pailles chanvre

Pailles de chanvre

Andainage : les systèmes à rotor majoritaires

Cette opération est presque exclusivement effectuée avec des andaineurs mono-rotor. Outre le rassemblement de la paille en ligne avant le pressage, l’andainage permet de briser la paille pour faciliter son rouissage, son séchage et la perte de sa couleur verte. Suivant les conditions météo et le rendement de la culture, deux, voire trois passages, peuvent être réalisés.

andainage chanvre

Opération d’andainage sur le chanvre

Choisir le pressage

Le choix du pressage en balles « rondes » ou en balles « carrées » dépend des marchés visés par l’industriel de première transformation (fibre technique ou fibre papetière). Ainsi, pour être transformée en pâte à papier, la paille de chanvre doit être exempte de polluants plastiques. Or, en balles « carrées » au moment du nouage, des petits bouts de ficelle sont sectionnés et mélangés à la paille. D’autre part, l’expérience montre que les ficelles naturelles ne sont pas suffisamment élastiques et cassent au moment où les balles sortent du canal de compression. Le conditionnement de la paille de chanvre est également dépendant de l’ensemble des opérations qui précèdent. Par exemple, une fauche de la paille en brins longs (mode non battu) ne permet pas un pressage en balles « carrées».

Lorsque la paille est coupée en brins courts (ensileuses, moissonneuses modifiées) le pressage est facilité, en balles rondes comme en balles carrées. Ceci est d’autant plus vrai en mode non battu car les plantes sont généralement plus hautes (variétés tardives et pas de coupe des sommités par la moissonneuse batteuse).

pressage chanvre

Pressage en balles rondes sur le chanvre

Qualité : une paille impeccable

Il est impératif d’éviter tout corps étranger dans la paille, notamment les cailloux qui ralentissent et endommagent les outils de pressage et de défibrage. La présence de matières plastiques dans la paille peut conduire au refus de la marchandise car elles réduisent la valeur ajoutée de la filasse, pour le débouché papetier, particulièrement.

La conservation

Après le pressage, les balles sont ensuite mises à l’abri sous des hangars. Selon les bassins de production, le stockage peut être soit de la responsabilité du producteur, soit de celle de la coopérative qui détient l'outil de transformation.

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Quand récolter le chanvre ?

Une influence sur le rendement en graines mais pas en paille

Pour une variété donnée, la date de récolte a peu d’influence sur le rendement paille, sauf, bien sûr, si elle intervient avant la fin de la floraison. Par contre, plus la date est tardive, plus le rendement graines est élevé.

Attention : la graine de chanvre est très déhiscente. Si la récolte est trop tardive, le rendement peut s'effondrer suite à un coup de vent ou une forte pluie.

recolte chanvre

Chanvre en période de récolte

En mode non battu, mais attention aux récoltes trop précoces

ensileuse chanvre

Récolte du chanvre avec ensileuse

La récolte peut s’effectuer dès la fin de la floraison, lorsque l’optimum de rendement en paille est atteint. Néanmoins, à ce stade, les tiges encore très vertes, et la masse foliaire importante peuvent entraîner les conséquences suivantes :

  • augmentation du temps de séchage au sol,
  • augmentation non contrôlée du rouissage (pourrissement possible car les tiges contiennent beaucoup d'eau),
  • fibres et chènevotte de couleur verte, peu prisées par les industriels (défibrage difficile),
  • qualité de fibre non optimisée. En effet, les fibres continuent à se rigidifier après la floraison des plantes parallèlement à la maturation des graines, au jaunissement de la tige et à sa défoliation.

En revanche, plus les tiges sont jaunes et défoliées, plus leur fauchage est difficile.

En mode battu au stade optimal de maturité du chènevis

La date de récolte est liée à la précocité de la variété. La récolte du chènevis s’effectue environ 4 à 6 semaines après la date de pleine floraison, communiquée par l’obtenteur variétal.

Cependant, pour une même plante, les graines n’arrivent pas à maturité en même temps. Ainsi, il est admis que le stade de récolte est atteint lorsque les enveloppes des graines les plus basses de l’inflorescence commencent à tomber, que les graines en haut de l’inflorescence sont au stade pâteux et que les tiges sont quasiment totalement défoliées (du 5 septembre pour les variétés les plus précoces au 15-20 septembre pour les plus tardives). Cette date reste un compromis entre la quantité de chènevis mature et les conditions météorologiques qui, si elles se dégradent, peuvent provoquer un égrenage ou la germination sur pied impactant fortement le rendement en chènevis et compromettant la qualité de la paille.

Le mode de récolte se prévoit dès le semis

Le choix du système de récolte est déterminé par le contrat signé entre le producteur et l’industriel de 1ère transformation. Il doit prendre en compte les objectifs de récolte (récolte du chènevis ou non), l’organisation collective ou individuelle de la récolte, les contraintes à l’usine et les débouchés visés. Les différences existantes entre les différents modes de récolte concernent principalement la fauche avec la récolte ou non du chènevis.
L’organisation collective de la récolte permet d'investir dans des machines très performantes mais la réactivité du chantier peut être pénalisée si le nombre de machines disponibles est faible.

A retenir

Les dates de récolte dépendent :

  • du déroulement du cycle végétatif lequel est conditionné par la longueur du jour, qui détermine l’arrêt du développement des inflorescences.
  • du mode de récolte choisi : récolte de la paille seule (culture non battue) ou de la paille et des graines (culture battue). La date de récolte en culture non battue est souvent plus précoce. Ce choix doit être réalisé dès les semis afin de fixer avec discernement la précocité des variétés à implanter et la densité de semis.
  • du contrat que le producteur a signé avec un industriel de 1re transformation.
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Récolte et stockage de la lentille

Récolte

La récolte s’échelonne généralement sur le courant du mois de juillet jusqu’à mi-août pour les parcelles en altitude.

Elle débute lorsque le taux d’humidité des graines passe en dessous de 16 %.

Récolte de la lentille

Aucun matériel spécifique n’est nécessaire : intervenir quand les conditions le permettent pour limiter l’humidité dans la récolte (ne pas intervenir trop tôt le matin en parcelle) mais aussi minimiser l’égrainage des gousses et la casse du grain (éviter les très fortes chaleurs de l’après midi). Un réglage lent du batteur permet également de limiter la casse des graines.

Une vidange méticuleuse des machines est indispensable afin d’éviter le mélange avec des graines de céréales.

Un pré-nettoyage post récolte et avant stockage garantit une bonne conservation au silo.

 

Stockage

Assurer une bonne conservation des graines en ventilant avec l’air ambiant dès la mise au silo pour abaisser la température à 18-20°C.

 

La gestion de la bruche

La gestion de la bruche peut se faire au stockage, l’adulte sortant alors des graines. Il est alors possible d’intervenir pour éliminer le ravageur. Pour cela, plusieurs solutions sont disponibles :

  • La fumigation à la phosphine (phosphure d’aluminium ou de magnésium) qui élimine les bruches à l’extérieur et à l’intérieur des graines sans laisser de résidus ; cette intervention est à réaliser le plus rapidement possible après la récolte pour limiter au maximum les nouveaux envols de bruches dans l’environnement. Cette opération doit être réalisée par un opérateur agréé dans des silos étanches.
  • L’insecticide de stockage KObiol UVL élimine les bruches par contact. Son utilisation n’est donc recommandée qu’en combinaison avec la fumigation car les bruches n’ayant pas encore émergé lors de l’application ne seront pas éliminées.

En agriculture biologique sont également utilisés

  • La congélation des lots préparés en volumes suffisamment petits afin de permettre un refroidissement homogène des graines est une solution difficile à mettre en place mais c’est la seule employée à l’heure actuelle. Si elle est mal maîtrisée, une efficacité réduite est induite (temps de congélation trop court, temps de latence entre la réception et le traitement du lot trop long, lots placés à congelé trop gros…), si les lots sont décongelés trop rapidement, la condensation induite peut entraîner des moisissures des lots de lentilles, etc.
  • L’inertage n’est pas une technique utilisée à l’heure actuelle mais pourrait apporter des réponses techniques aux inconvénients de la méthode par congélation. Cette technique consiste en la modification de l’atmosphère de lots de lentilles, soit en remplaçant l’oxygène de l’air par de l’azote gazeux, soit en faisant le vide, soit en injectant du CO2 sous pression dans les enceintes contenant les lots de lentilles (Bigbags, cellules, etc.).


La destruction des déchets issus du pré-nettoyage et du tri des lots avant ou en cours de stockage est indispensable afin de réduire au maximum les foyers d’émergence des insectes à proximité des lieux de stockage lors de la campagne suivante.

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Maladies de la lentille durant le remplissage des gousses

Le sclérotinia

sclerotinia lentille

Le sclérotinia (Sclerotinia sclerotiorum) peut être observé sur lentille, se présentant sous forme d’un mycélium blanc à l’intérieur des tiges avec présence de sclérotes. La maladie entraine un dessèchement des plantes.

Il est commun à d’autres cultures (colza, tournesol, pois…).

Nuisibilité
Le sclérotinia est peu fréquent et peu nuisible sur lentille.

Méthode de lutte
Il n’existe pas de méthode de lutte en végétation sur sclérotinia.
La gestion de la maladie peut être anticipée via l’utilisation de LALSTOP CONTANS® WG, mais se gère surtout en préventif à l’échelle de la rotation (limiter le nombre d’espèces hôtes).

 

Ascochytose

L’ascochytose (Ascochyta lentis) est la maladie la plus préjudiciable à la lentille.

Elle se développe sur les feuilles, les tiges et les gousses sous forme nécroses brunes. Des pycnides sont souvent visibles au centre des lésions. Une attaque précoce et importante peut entrainer la chute prématurée des feuilles et le dépérissement des jeunes plantes. Une attaque importante courant floraison peut entrainer l'avortement des fleurs et des gousses, impactant alors le rendement.

La maladie est favorisée par les printemps chauds et pluvieux.

Nuisibilité
Elle peut être importante en cas d’attaque précoce ou de développement rapide de la maladie.

Méthode de lutte
Assurer une protection préventive avec une intervention à début floraison. En cas d’attaque précoce, intervenir dès les premiers symptômes.
Intervenir avec Amistar 0,5 l/ha (azoxystrobine) + Prosaro 0,5 l/ha (prothioconazole + tébuconazole).
Attention à respecter les rélais avant récolte

 

Botrytis

Le botrytis de la lentille (Botrytis cinerea), appelé également « pourriture grise », se développe dans des conditions humides et douces. Il se développe principalement sur les jeunes gousses, provoquant leur avortement.

Brotrytis sur lentille
botrytis sur tige lentille

Botrytis sur gousses (à gauche) et sur tiges (à droite)

Nuisibilité
Elle peut être importante en cas d’attaque importante.

Méthode de lutte
Le botrytis se gère de la même manière que l’ascochytose : assurer une protection préventive avec un intervention à début floraison. En cas d’attaque précoce, intervenir dès les premiers symptômes.
Intervenir avec Amistar 0,5 l/ha (azoxystrobine) + Prosaro 0,5 l/ha (prothioconazole + tébuconazole).
Attention à respecter les délais avant récolte.

 

La rouille

La rouille brune (Uromyces viciae-fabae) apparait plutôt en fin de cycle lorsque les températures sont élevées, sous forme de pustules sur les faces inférieures des feuilles et sur les tiges.

rouille lentille

Nuisibilité
La rouille peut se développer très rapidement. En cas de forte attaque, le rendement peut être impacté.

Méthode de lutte
Intervenir lorsqu’une plante sur deux comporte 2 à 3 pustules sur la face inférieure des feuilles ou sur la tige.
Amistar 0,5 à 0,8 l/ha (azoxystrobine) donne de bons résultats sur cette maladie.
Attention à respecter les délais avant récolte

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Ravageurs de la lentille durant le remplissage des gousses

Le puceron vert

Le puceron vert du pois (Acyrthosiphon pisum), mesure de 3 à 6 mm et est de couleur vert clair, parfois rose. En s’installant sur les lentilles pour y prélever de la sève, il provoque des dégâts directs (affaiblissement de la lentille, avortement des boutons floraux, gousses ouvertes, réduction du nombre de gousses et du PMG) et est également vecteur de virus. S’il colonise les parcelles en général au début de la floraison, il peut, comme en 2020, arriver de manière précoce sur des plantes à des stades jeunes, entraînant une pression importante parfois difficile à maitriser, et une transmission plus impactante de virus.

Puceron vert sur lentille

Règle de décision
Surveiller les parcelles de lentille dès le début du printemps surtout en cas d’hiver doux.
 
Si les pucerons apparaissent à la date habituelle au moment de la floraison, observez les auxiliaires. En effet coccinelles et syrphes, naturellement présents dans les bordures de champs peuvent faire retomber la pression sous le seuil d’intervention. Si ces auxiliaires sont présents tôt, reporter la décision d’intervenir en fonction de l’évolution des populations.

Stade sensible Comment les détecter Conditions favorables Seuil
Avant boutons floraux Observation directe sur plante

Hiver doux

Printemps chaud et sec

Plus de 10% des plantes portent des pucerons

*Si seuil atteint : pyréthrinoïde autorisé pucerons 
Début floraison à fin floraison + 2-3 semaines  2-3 pucerons par plante

(Mention abeilles impérative).

Si seuil atteint : SUMI-ALPHA 0.4 l/ha

*Avant 6 feuilles, si les sitones nécessitent également une intervention, utiliser un pyréthrinoïde autorisé pucerons et sitones.

ATTENTION : 9 virus peuvent infecter différentes espèces de légumineuses (pois, féverole, lentille et pois chiche) et sont tous transmis par le puceron vert du pois (Acyrtosyphon pisum), le puceron noir de la féverole (Aphis fabae) ou encore le puceron vert du pêcher (Myzus percicae).

En savoir plus

 

La bruche

Sur lentille, on identifie principalement Bruchus lentis et Bruchus signaticornis qui sont différentes de la bruche du pois (Bruchus pisorum) et de la féverole (Bruchus rufimanus). La femelle pond sur les jeunes gousses ; les larves non baladeuses se développent dans les graines avant d’en ressortir au moment de la récolte ou en cours de stockage, laissant à leur place un « trou », fortement préjudiciable pour les débouchés de l’alimentation humaine et semence.

oeufs de bruche sur gousse de lentille

Deux conditions doivent être réunies pour que la bruche soit préjudiciable à la culture :

  • La présence de fleurs, qui attirent l’adulte
  • La présence de gousses, lieu de ponte

D’après les travaux menés par l’ANILS en 2018, les bruches arrivent sur les parcelles avant l’apparition des fleurs et des gousses, pour se reproduire et se nourrir.

Des températures supérieures à 20°C favorisent leur activité.

Aucun produit n’est homologué sur la bruche de la lentille.

La gestion de la bruche se fait à ce jour uniquement au stockage. Cette lutte doit être collective si on veut réduire significativement les populations présentes dans l’environnement.

Article co-rédigé avec

   

Documents à télécharger

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