33,24,47,40,64

Successfully destroying winter cover crops

The period for destroying winter cover crops is approaching. This operation, which is designed to completely remove the plant cover and create a soil structure favorable to the next crop, must be carried out under optimum soil moisture conditions. However, in the event of a rainy winter, as is the case this year, monitoring soil moisture levels is crucial to identifying the rare windows of opportunity that will arise for destruction.

The period for destroying winter cover crops is approaching. This operation, which is designed to completely remove the plant cover and create a soil structure favorable to the next crop, must be carried out under optimum soil moisture conditions. However, in the event of a rainy winter, as is the case this year, monitoring soil moisture levels is crucial to identifying the rare windows of opportunity that will arise for destruction.

Comment choisir la période de destruction des couvert hivernaux ?

Le déclenchement de la destruction doit faire l’objet du meilleur compromis entre l’atteinte des bénéfices du couvert (protection contre l’érosion, piège à nitrates, …), et le fait d’éviter de porter préjudice à la culture suivante par épuisement des ressources du sol, dégradation de la structure, ou augmentation de la pression ravageurs (limaces). Elle doit en outre être raisonnée en fonction du stade du couvert, sa composition, la présence d’adventices et la date prévisionnelle du semis de la culture suivante.

  • Pour un couvert à dominante crucifères ou graminées, la destruction doit survenir au moins deux mois avant la date prévisionnelle de semis de la culture suivante, afin d’éviter une faim d’azote sur les premiers stades de développement de la culture.
  • Pour un couvert à dominante légumineuses, la destruction peut être plus tardive, jusqu’à trois semaines avant la date prévisionnelle de semis. Dans ce cas de figure, le principal point de vigilance concerne la présence de résidus non dégradés au moment du semis.

Les conditions d’intervention sont cruciales pour les destructions mécaniques, tout particulièrement sur sols argileux. Les couverts contribuent au ressuyage du sol durant l’hiver, ils participent également au maintien d’une humidité au sol, d’autant plus importante avec des fortes biomasses ou s’ils contiennent des graminées. Il est ainsi primordial de détruire le couvert dès qu’une fenêtre favorable se présente, en d’autres termes, dès que le sol est suffisamment ressuyé sur tout le profil travaillé (consistance friable, ou au pire semi-plastique) pour limiter les risques de tassement ou de lissage. Pour cela, un suivi régulier des conditions d’humidité du sol s’impose à partir de février.

La destruction tardive d’un couvert hivernal à forte biomasse peut conduire à l’assèchement de sols à faible réserve utile, surtout si la fin d’hiver et le début du printemps sont marqués par un déficit de pluviométrie. L’alimentation hydrique de la culture suivante risque alors d’être pénalisée, en particulier en conduite pluviale. 
Aussi, il faut savoir arrêter la progression d’un couvert quand il atteint 2 à 4 tonnes de biomasse par hectare (1 à 2 kg de matière verte par m²).
Vouloir trop « pousser » un couvert tardivement, peut conduire, en cas de scénario climatique défavorable, a des destructions trop tardives.
 


 

Quel mode de destruction pour mes couverts ?

Les techniques de destruction sont multiples et doivent être choisies en bonne cohérence avec les caractéristiques des espèces implantées et les propriétés du sol. En fin d’hiver, le labour ou des travaux profonds ne pourront être envisagés que sur les sols limoneux ou sableux. Sur sols argileux, le ressuyage suffisant du sol et des interventions qui restent superficielles, sont 2 conditions indispensables. Dans des situations avec des couverts bien développés, un broyage préalable peut être nécessaire.

Les travaux menés par Terres Inovia dans le cadre du réseau Syppre Lauragais ont montré que sur des couverts à tige creuse (féverole, phacélie), de nombreux matériels présentent des résultats satisfaisants de destruction (herse rotative, scalpeurs, déchaumeurs à disques indépendants, rouleaux hacheurs). La herse rotative sans rouleau, utilisée à faible profondeur (5-7cm) sur des couverts moyennement développés, assure la dévitalisation des plantes et la création d’un lit de semence favorable à la culture suivante. Le débit de chantier reste toutefois faible, tout comme l’efficacité sur les plantes à pivots et les graminées.

La difficulté principale consiste bien souvent à détruire les graminées adventices qui peuvent se développer dans le couvert pendant l’hiver, auquel cas, les outils à bon recouvrement ou équipés d’ailettes se détachent en termes d’efficacité, même si celle-ci est rarement totale. Aussi, la présence d’adventices et notamment de graminées justifie une destruction précoce, afin d’intervenir sur des stades jeunes, et viser une implantation de la culture suivante sur un sol propre.

Si le choix se porte sur la destruction chimique, des couverts développés vont demander des doses élevées de glyphosate. L’ajout de 2-4D peut améliorer l’efficacité de destruction des dicotylédones, mais s’il est utilisé, veiller rigoureusement au délai d’application avant semis du tournesol (30 jours). Précisions également que le levier de destruction chimique peut être mobilisé après une 1ère étape de destruction mécanique, si des graminées adventives n’ont pas été détruites et si les conditions d’humidité ne sont pas favorables. Dans ce cas de figure, il conviendra de moduler les doses utilisées.

Quel que soit le mode de destruction, il faudra être vigilant à la présence de résidus non dégradés ou trop grossiers qui risquent de perturber le passage de l’élément semeur de la culture suivante, ou nuire au contact sol-graine. Les résidus peuvent également générer une activité plus importante des mollusques au printemps. Une surveillance particulière doit être mise en place pour éviter des potentiels dégâts sur la culture suivante.

Implantation Western Occitania South Aquitaine Auvergne PACA Rhônes-Alpes Couverts végétaux Tournesol Soja Compatible Matthieu ABELLA - Terres Inovia - m.abella@terresinovia.fr
Clémence DE SAINTIGNON - Terres Inovia - c.desaintignon@terresinovia.fr

Winter beans: Intense and early disease pressure as soon as winter emerges

The wet and relatively mild conditions of January were favorable to the early and rapid development of leaf diseases in winter faba bean crops in the South-West of France, mainly Botrytis, but also Ascochytosis (formerly Anthracnose) to a lesser extent. In the most severe cases, and in situations where destruction was not initially planned, the question may arise of maintaining the plot and choosing a replacement crop.

The wet and relatively mild conditions of January were favorable to the early and rapid development of leaf diseases in winter faba bean crops in the South-West of France, mainly Botrytis, but also Ascochytosis (formerly Anthracnose) to a lesser extent. In the most severe cases, and in situations where destruction was not initially planned, the question may arise of maintaining the plot and choosing a replacement crop.

A few reminders about disease recognition

Botrytis

Botrytis is a very common aerial disease of winter beans, caused by the fungus Botrytis fabae. Symptoms are evenly distributed throughout the plot, and take the form of numerous small brown spots that spread and merge as the disease develops. Eventually, the disease causes defoliation and flower blight. It appears particularly in early and/or densely-sown plots.

Weather conditions at the start of the year were particularly favorable to the development of the disease, especially on plots sown early (mid-October) and/or in valley bottoms heavily exposed to recent excess water. The first symptoms are also visible on plots sown later (during November). In these circumstances, the risk of damage is already very high.

(Area of Auch (32) on 02/02/2026 - Photo credit: Terres Inovia)

Ascochytose:

Bien moins fréquente que le Botrytis, l’Ascochytose, anciennement appelée Anthracnose, est provoquée par le champignon Ascochyta fabae. Lorsque les températures sont fraîches (10-15°C) et l’humidité est élevée, elle apparaît en foyers dans la parcelle, caractérisée par des taches brun cendré peu nombreuses avec des points noirs au centre (pycnides). Elles évoluent le plus souvent en « coulures » au pourtour brun-noir. Avec le temps, le centre des taches s’éclaircit et se nécrose allant parfois jusqu’à trouer les feuilles. Sur les tiges, des lésions du même type mais plus allongées peuvent se développer et provoquer des cassures.

Cette maladie est notamment transmise par la semence. Pour limiter au maximum l’inoculum primaire, l’utilisation de semences saines et le traitement des semences sont primordiaux. Le traitement de semences PREPPER (Fludioxonil) est disponible et donné efficace contre l’Ascochytose, mais il n’a pas été évalué contre ce pathogène par Terres Inovia à ce jour.

La majorité des variétés de féverole d’hiver présente un bon comportement vis-à-vis de cette maladie.

(Ascochytose sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia)

 

La Cercosporiose


La Cercosporiose (Cercospora zonata) provoque des lésions sombres avec une zonation concentrique sans ponctuations noires. Elles apparaissent précocement à la base du couvert et évoluent généralement peu. Cette maladie est peu fréquente et peu nuisible. 
(Rouille sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia)
 

La Rouille

La rouille (Uromyces fabae) est une maladie fréquente et très préjudiciable sur féverole. Elle se développe sur le feuillage sous la forme de pustules brun-rouge auréolées d’un anneau plus clair. Lorsque les conditions climatiques sont très favorables (temps chaud >20°C et humide) la rouille peut recouvrir, parfois de manière rapide et fulgurante, la totalité des feuilles voire des tiges, provoquant un dessèchement prématuré des plantes.

Elle peut entraîner jusqu’à 50 % de pertes de rendement (25 à 40 q/ha) lorsque l’attaque est précoce et importante, et qu’aucun traitement n’est réalisé.

(Rouille sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia )

 

Comment agir si la maladie est déjà présente ?

Aller observer les parcelles pour estimer le risque de forte nuisibilité Botrytis

Dans ce contexte d’arrivée précoce des maladies sur féverole d’hiver, il convient d’aller observer très rapidement les parcelles assolées pour estimer le niveau d’infestation actuel, et par extension la nuisibilité potentielle. Pour ce faire, il sera nécessaire de réaliser les observations suivantes, sur 5 à 8 placettes de 5 pieds représentatives de la parcelle :

  1. La densité de peuplement (nombre de pieds/m²)
  2. L’état sanitaire des pieds sur chaque placette (% de surface foliaire avec symptômes de maladie pour ce qui est du Botrytis, présence de taches pour ce qui est de l’Ascochytose)

En fonction de la densité de peuplement et de la part de surface foliaire touchée par le Botrytis, il est possible d’estimer à priori le risque de nuisibilité significative (> 30%) pour le rendement final de la culture. Terres Inovia a élaboré un tableau d’aide à la décision pour savoir où votre parcelle se situe vis-à-vis du risque Botrytis. 

Cette estimation est à réaliser dès maintenant dans le Sud-Ouest. L’expérience nous montre qu’il y a une corrélation entre présence de la maladie en sortie d’hiver et nuisibilité pouvant atteindre jusqu’à 30% de potentiel de rendement à la récolte.

Intervenir lorsque les conditions seront propices ou retourner la parcelle ?

Pour ce qui est du Botrytis, les interventions fongicides n’ont pas d’effet curatif sur la maladie. Du fait de l’impossibilité d’intervenir immédiatement en parcelle, il conviendra de sérieusement penser à procéder au retournement des parcelles déjà fortement infestées (> 15% de surface foliaire avec symptômes dès à présent).

Pour les autres cas, notamment pour les semis tardifs (à partir de la mi-novembre, début décembre), il sera généralement possible de patienter et d’intervenir dès la fin-février ou début mars, lorsque les conditions météorologiques et la portance des sols seront plus favorables. Afin d’adapter au mieux la stratégie fongicide au contexte épidémiologique de l’année, Terres Inovia présente dans son Guide Culture divers exemple de programmes fongicides, qu’il est possible de retrouver ici.

En cas de retournement de la parcelle, le choix de la culture de remplacement dépendra, entre autres, des programmes de désherbage appliqués en entrée d’hiver. Voici un tableau récapitulatif des espèces implantables au printemps et des délais de semis à respecter en fonction des spécialités herbicides employées en début de campagne.

Vos contacts régionaux

  • Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
  • Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées 
     
Levée East Occitania Western Occitania South Aquitaine Accidents climatiques Maitrise des maladies Implantation Féverole d'hiver Compatible Quentin LEVEL - Terres Inovia - q.level@terresinovia.fr

Measure your biomass at the end of winter to optimize your nitrogen inputs in spring

Conditions at the start of the campaign enabled good overall development of rapeseed crops, where these did not suffer from poor planting conditions. In order to estimate the amount of nitrogen to be applied in the spring, it is important to measure the biomass of the rapeseed at the beginning and at the end of the winter.

Conditions at the start of the campaign enabled good overall development of rapeseed crops, where these did not suffer from poor planting conditions. In order to estimate the amount of nitrogen to be applied in the spring, it is important to measure the biomass of the rapeseed at the beginning and at the end of the winter.

Weighing in at the end of winter

The rise in temperatures over the past week will enable the colza plants to start growing again, after a vegetative rest and a melting of biomass at the start of winter, following successive drops in temperature between late November and early January. It's now time to start weighing the colza plants, in order to determine the quantities of nitrogen to be applied before and/or during bolting, depending on the situation.

Biomass estimation method

Weighing is carried out on 2 to 4 1m² plots, cutting the colza at ground level for a good estimate of its above-ground biomass. The sampling method varies according to rapeseed spacing (see table opposite).

In plots with heterogeneous rapeseed, it is recommended to take 4 samples, at different representative locations in the plot, avoiding the edges. The average value will then be used to calculate the forecast dose.

To avoid any measurement bias, particularly when sampling in rainy weather or heavy dew, it is advisable to shake the plants well to remove any drops of water from the leaves and any clumps of earth from the base of the stem.

To help you

Take a look at this tutorial

Other tools to calculate nitrogen doses directly

Today, there is a wide range of operators offering spatialized nitrogen advisory services for rapeseed, based on image processing. They enable farmers who so wish to modulate inputs within the plot, either with a system controlled on the fertilizer spreader, or by modulating manually by large zones in plots presenting different states of growth. Among them, 4 products are the subject of a partnership agreement with Terres Inovia:

  • Farmstar (Airbus, Arvalis)
  • Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
  • PRECIFert Azote (Precifield)
  • Rapeseed Balance Sheet by Abelio (Abelio)

To facilitate field estimates, 2 smartphone applications, ImageIT (Yara France) and Crop-Analyser (Visio-Crop), are partnered with Terres Inovia. Biomass is estimated from conventional photographs, whose processing and interpretation are adjusted by the height of vegetation, to be entered before image processing.

For more information on alternative methods for estimating biomass and forecasting nitrogen doses for rapeseed , click here.

Calculating the forecast dose: Beware of overestimating requirements!

The Réglette azote colza® can be used to determine the total dose to be applied, based on a number of factors: rapeseed biomass, yield objective for the plot, soil type, organic fertilizer application, type of previous crop and, if applicable, the use of gelatinous legumes.

In order not to overestimate the crop's needs, and thus avoid unnecessary and costly over-fertilization, particularly in a context of high nitrogen fertilizer prices compared to rapeseed sales prices, it is advisable to first set a reasonable yield objective. To do this, calculate the average yield of the last 5 rapeseed crops on the plot or comparable plots, removing the lowest and highest values: this is the Olympic average.

Given the temperature conditions at the start of this winter, rapeseed crops in the South-West have lost more biomass than in previous years, when in some years they never really stopped growing and developing. So, in addition to estimating your yield target, you need to take into account the nitrogen absorbed in the autumn, by estimating biomass at the start of the winter (between 800g and 1.2 kg/m² on average, depending on the plot) or by processing satellite images taken between mid-November and early-December. The risk of not taking into account the nitrogen absorbed in the autumn, when the rapeseed has "melted" over the winter, is also an overestimation of the doses to be applied in the spring, by underestimating the quantities absorbed previously (see examples opposite).

Split your inputs according to the total dose to be applied

By dividing up the doses, you can adjust them to the plant's needs.

For low-growth oilseed rape crops, an early first application is recommended as soon as vegetation starts to grow again, as it is necessary to support the start of vegetation, as small plants have few reserves and cannot easily access nitrogen from the soil due to their weak root system.

On the other hand, for fast-growing rapeseed, it's advisable to wait until bolting before applying nitrogen; the remobilization of reserves accumulated in the plant's organs will be sufficient to ensure good vegetation recovery.

In all cases, do not apply more than 100 kg/ha of nitrogen at any one time.

Your regional contacts :

  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Southern New Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Pause hivernale Western Occitania East Occitania South Aquitaine PACA Rhônes-Alpes Auvergne Fertilisation Economic optimization Mineral nutrition Rapeseed Compatible Quentin Level - q.level@terresinovia.fr