16,17,19,23,79,85,86,87
Surveillez l’arrivée du charançon de la tige du colza
Les charançons de la tige du colza pénalisent les composantes de rendement. Les pontes en perturbant le flux de sève sensibilisent les plantes aux stress ultérieurs et limitent leurs capacités de compensation. Un stress hydrique ou une attaque d’un autre ravageur au printemps sur un colza affaibli préalablement par le charançon de la tige sont ainsi plus dommageables. Le positionnement de l’intervention insecticide est déterminant pour garantir l’efficacité de la protection.
Le raisonnement tactique repose sur les relevés rapportés par les réseaux de cuvettes jaunes (BSV ou autres) et un bon examen du stade du colza.
Lire article sur la cuvette jaune
Pensez à nettoyer et à remettre votre cuvette sur la végétation pour détecter le début du vol. Le réchauffement actuel pourrait déclencher l’arrivée des premiers charançons dans les colzas, même si les pluies associées ou non à des vents sont plutôt défavorables aux déplacements d’insectes.
En ce début février, les colzas les plus avancés du Centre-Val de Loire se situent au stade C2 (apparition de la tige) voire même D1 ponctuellement. En Poitou-Charentes ils sont au stade C1 (formation de nouvelles feuilles). En Normandie et Ouest Ile-de-France, les plantes atteignent fréquemment le stade C2, selon les variétés, les réserves en azote, les types de sol... Attention, les infestations en larves d’altises peuvent être élevées cette année.
Dans ces cas, les éventuelles pertes de biomasse en janvier associées aux conditions hivernales renforcent la nécessité d’une vigilance accrue pour la suite de la campagne.
Quelques charançons de la tige du colza ont été capturés en région Centre-Val de Loire (BSV du 3 février 2026).
OAD pour prédire les vols de Charançon de la tige
Pour accompagner la surveillance de vos colzas, Terres Inovia met à disposition un OAD de prédiction de vol du charançon de la tige. Sur la base des captures relevées sur le territoire depuis 2011 par les observateurs BSV et en se basant sur un réseau de stations météorologiques couvrant les différents bassins de production, le modèle fournit une courbe de probabilité de piégeage sur la commune renseignée, jusqu’à J+7.
Lorsque la courbe se rapproche du seuil d’alerte (ligne en pointillés), vous devez vérifier régulièrement les captures dans votre cuvette.
Une vue d’ensemble sur une carte de France est également consultable pour indiquer le risque journalier de la date sélectionnée et jusqu’à J+7.
| Attention : Les informations prédites par les outils ne tiennent pas compte des spécificités de chaque parcelle et ne dispensent pas de la surveillance au champ (cuvettes jaunes placées à hauteur de végétation et observation de l'état du colza). |
Pour les 7 prochains jours, le risque de capture de charançons de la tige du colza est nul à faible et reste globalement sous le seuil d’alerte
Découvrez l'outil :
Intervenir au pic de vol
La sécurisation du potentiel conduit à intervenir idéalement lorsque le pic de vol régional est atteint et que les femelles sont aptes à pondre.
Il est recommandé d’intervenir lorsque les captures traduisent une présence significative d’insectes dans le réseau de parcelles, et avant l’entrée en phase de ponte. Un traitement réalisé dès les toutes premières captures peut conduire à une application prématurée.
Les solutions insecticides sont toujours efficaces
Le succès de la lutte chimique dépend du positionnement de l’intervention et de la persistance d’action. À ce jour, Terres Inovia n’observe pas de baisse d’efficacité au champ. Les résultats du monitoring ne montrent pas l’émergence de résistances inquiétantes.
DECIS PROTECH 0.33 l/ha et KARATE ZEON 0.075 l/ha sont efficaces pour réduire les dégâts du charançon de la tige du colza (réduction du nombre de tiges déformées et/ou éclatées). TREBON 30 EC est comparable à ces références et en cas d’infestation tardive et de présence de méligèthes, il présente l’intérêt d’être également efficace sur méligèthes...
SHERPA 100 EW et CYTHRINE MAX sont un peu en retrait. MAVRIK SMART est quant à lui inférieur aux références sur charançon de la tige et est à réserver pour la lutte éventuelle contre méligèthes entre les stades D1 et E-F1.
Attention : veiller à réserver les produits TREBON 30 EC ou MAVRIK SMART pour la lutte éventuelle contre méligèthes entre les stades D1 et E-F1.
Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Spécial Tournesol 2026 : Terres Inovia renouvelle son partenariat avec le groupe Réussir
Une nouvelle fois, l'institut technique a contribué à l'élaboration d'un support édité par le groupe Réussir et dédié à la culture du tournesol.
Une nouvelle fois, l'institut technique a contribué à l'élaboration d'un support édité par le groupe Réussir et dédié à la culture du tournesol.
Dans ce nouveau numéro du Spécial Tournesol 2026, plusieurs articles ont été rédigés par les experts de Terres Inovia.
- Une année 2025 chaude, sèche et... peu productive, par Elodie TOURTON.
- Phosphore, potasse : les apports sont-ils bien valorisés ? par Emile LEREBOUR
- Quel intérêt de la fertilisation azotée ? par Emile LEREBOUR
- Évaluer le risque taupin et noctuelle terricole pour adapter la lutte, par Laurent RUCK
- Un verticillium qui gagne du terrain dans l'ouest et le centre de la France, par Cécilia FONTYN
- Dégâts d'oiseaux à la levée : comment diminuer les risques ? par Christophe SAUSSE
- Caractéristiques des variétés de tournesol selon leur type et leur précocité, par Céline MOTARD
Emile LEREBOUR - e.lerebour@terresinovia.fr
Laurent RUCK - l.ruck@terresinovia.fr
Cécilia FONTYN - c.fontyn@terresinovia.fr
Christophe SAUSSE - c.sausse@terresinovia.fr
Céline MOTARD - c.motard@terresinovia.fr
Implanter la lentille dans de bonnes conditions
Les semis de lentille pourront débuter dès la mi-février en Poitou-Charentes/Vendée. Voici quelques recommandations pour réussir une bonne implantation.
Choisir sa parcelle
La culture de la lentille est très adaptée pour valoriser les sols superficiels qui présentent une réserve utile faible à moyenne. Les sols à privilégier sont les sols argilo-calcaires superficiels, moyens ou des sols volcaniques et granitiques.
Afin de favoriser la bonne mise en place des nodosités, il est recommandé d’implanter les lentilles dans des sols drainants, aérés et appuyés, avec de faibles réserves azotées. La lentille étant sensible aux excès d’eau et au stress hydrique en fin de cycle, il faut éviter les sols hydromorphes, limons battants et les sols très séchants. De plus, une forte réserve utile favorisera une végétation exubérante, et augmentera le risque de verse en fin de cycle et les maladies foliaires.
Enfin, la lentille étant une culture avec des premières gousses proches du sol, les sols très caillouteux peuvent compliquer le chantier de récolte.
Limiter les risques liés aux maladies telluriques
Les maladies telluriques affectant la lentille sont provoquées par des champignons tels que l’Aphanomycès euteiches, ou des complexes de Fusarium spp et Pythium spp. La présence d’agents pathogènes du sol est à prendre en compte lors du choix de la parcelle car la lutte est préventive : il faut éviter le retour trop fréquent de la lentille ou d’autres cultures hôtes sur la même parcelle.
Pour évaluer le potentiel infectieux des parcelles, vous pouvez contacter le laboratoire de Terres Inovia pour obtenir un diagnostic : Le test aphanomyces
Privilégier les parcelles à faibles pressions adventices
La lentille est une culture peu concurrentielle durant le début de son cycle, qui peut être fortement pénalisée si la flore adventice est trop élevée. Les parcelles à faibles pressions adventices sont à privilégier, ainsi que les parcelles indemnes de flores difficiles telles que le datura, l’ambroisie, le bleuet ou l’ortie royale. Certaines adventices, comme les morelles, le xanthium, l’ambroisie ou le datura peuvent également entrainer le déclassement de la récolte vers l’alimentation animale.
Préparation du lit de semences et semis des lentilles
En pluriannuel sur le secteur Poitou-Charentes, les parcelles de lentilles sont généralement semées entre la mi-février et la mi-mars. Ces dates correspondent aux préconisations de Terres Inovia.
La lentille supporte très mal les sols compactés, qui sont défavorables à l’enracinement et à la formation des nodosités. Il est conseillé de la semer dans un sol bien travaillé et ressuyé sur les 15 premiers centimètres. Un sol bien réchauffé (supérieur à 6 °C) au moment du semis permettra un départ dynamique de la culture.
La profondeur optimale de semis se situe entre 2 et 3 cm de profondeur avec un semoir à céréales. L’écartement recommandé est entre 12 et 17 cm pour éviter un trop grand salissement de la parcelle. En cas de sols très caillouteux, un roulage des parcelles peut être réalisé post-semis afin de niveler le sol (ne pas dépasser le stade 7-8 feuilles de la culture).
Semer 270 grains/m² pour les semis précoces, et 300 grains/m² pour les semis tardifs. L’objectif de peuplement à la levée est d’obtenir entre 220 à 250 plantes/m² levées.
En agriculture biologique, les densités de semis sont majorées afin de mieux gérer le salissement de la parcelle. Cette majoration varie entre +10 et +30% par rapport aux densités préconisées en conventionnel. Attention cependant à ne pas semer trop dense : des surdensités trop importantes peuvent entraîner de l’auto-compétition, moins de ramifications, et favoriser la verse et les maladies fongiques.
La lentille peut également être semée en association, en gardant la même dose de semis qu’en pur. En Poitou-Charentes, la lentille est principalement associée à de la cameline ou à du lin.
Enfin, la lentille étant peu couvrante durant le début de son cycle, la mise en place d’un programme de désherbage est recommandée pour limiter la croissance des adventices.
Fertilisation
Dans ses nodosités, la lentille réalise une symbiose avec la bactérie Rhizobium leguminosarum, naturellement présente dans les sols, pour fixer l’azote atmosphérique. Elle n’a donc pas besoin de nutrition azotée.
La lentille est une culture peu exigeante : pour un rendement de 15 à 25 q/ha, apporter 30 à 50 unités de P2O5, 60 à 80 unités de K2O et 20 à 25 unités de Mg.
Choisir sa variété
Consultez les résultats complets des essais variétés 2025 sur le site Myvar de Terres Inovia.
Solana Vera - s.vera@terresinovia.fr - Ingénieure de développement zone Centre & Ouest
Comportement des variétés de tournesol face à l'orobanche cumana - Résultats 2025
Le cycle de l’orobanche cumana
Les dynamiques d’accroches et d’émergences peuvent être différentes selon les secteurs, en partie liées aux conditions climatiques affectant le développement de l’hôte et/ou celui de la plante parasite.
Les toutes premières émergences sont apparues en juillet dans nos essais.
(Photo de C. Jestin – Terres Inovia ; site Longeville-sur-mer – 07/2025)
Le dispositif d’évaluation
Le réseau d’essais, mis en place annuellement est réparti entre la région Sud et le Poitou-Charentes/Vendée, avec 2 -3 essais/an. La difficulté de réussite de ces essais repose avant tout sur la possibilité de disposer de parcelles avec un niveau d’infestation important et homogène. Un grand merci aux agriculteurs pour nous avoir permis de conduire ces expérimentations chez eux.
En 2025, ce sont 2 essais qui ont été implantés dans des parcelles naturellement infestées :
- Longeville-sur-mer (85) - Visite terrain le 31/07, avec 21 participants
- Verdun-sur-Garonne (82)
Les variétés implantées sont celles ayant a priori un comportement permettant de répondre aux principaux risques sur les secteurs concernés selon les dires des semenciers, soit des variétés classées peu sensibles (PS). L’expérimentation permet d’affiner notre conseil en vérifiant le comportement des variétés PS (en les sur-ou dé-classant). Certaines variétés sont retestées d’une année à l’autre en cas de doute.
Le dispositif est en trois répétitions avec un témoin sensible adjacent pour évaluer la pression parasitaire. Les notations sont réalisées durant l’été en mesurant l’incidence et la sévérité.
Résultats 2025 : des variétés TPS en pression modérée à forte
Les conditions de l’année ont encore joué un rôle clé dans la présence d’orobanche. Sur les deux sites d’essais tournesol, un seul a finalement montré une infestation suffisante pour établir un classement variétal.
Le dispositif de Verdun-sur-Garonne (82) n’est pas retenu en raison d’une pression parasitaire trop faible : des conditions climatiqes sèches dès juin ont probablement été défavorables à l’orobanche.
La classification de cette année repose ainsi majoritairement sur le dispositif implanté à Longeville-sur-mer (85) connue pour sa pression parasitaire très forte. Cette année, les conditions environnementales ont favorisé l’orobanche pour les 3 répétitions de ce site. Le niveau d’attaque était modéré à fort sur le témoin sensible répété, avec en moyenne 87% de plantes attaquées (62 à 98%), avec une majorité de pieds en classe 2 (2-5 orobanches/pied) et 3 (6-15 orobanches par pied). Le niveau de sévérité reste toutefois inférieur aux années précédentes sur ce site, où il est fréquent d’observer plus de 15 orobanches/pied sur la totalité des témoins sensibles.
Orobanches émergées sur le témoin sensible à droite ; absence d’orobanche sur une variété résistante à gauche (Longeville-sur-mer, 2025) (Photo : C. Jestin, Terres Inovia)
En infestation modérée à forte, les 17 variétés testées ont présenté un comportement TPS (très peu sensible) avec en moyenne 0 à 10 % de pieds infestés. Seule la variété LID 1062H CLP présentait un niveau d’infestation moyen proche de 10 % (0-15% selon les blocs), à l’inverse des autres variétés qui présentaient moins de 3 % d’infestation. Le témoin résistant P64LE25 présent d’une année à l’autre présente toujours un très bon comportement soulignant la capacité de certaines variétés proposées sur le marché à répondre à la problématique.
Les variétés TPS de cette année sont listées ci-dessous. Retrouvez également tous les résultats sur myvar.fr.
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Variété |
Proposition classification 2025 |
Classification 2024 |
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CATALINA |
TPS |
TPS* |
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LG 50463 |
TPS |
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LG 50487 CLP |
TPS |
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LG 50626HOV |
TPS |
TPS* |
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LID 1062H CLP |
TPS |
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LID 1074H |
TPS |
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LID 1083H |
TPS |
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LID 6038H CLP |
TPS |
TPS* |
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P64HE188 |
TPS |
TPS* |
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P64LE25 |
TPS |
TPS |
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RGT GALLAXY SU |
TPS |
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ROQUETTE |
TPS |
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STABILO |
TPS |
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SUREST HTS |
TPS |
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SY ALMAGRO |
TPS |
TPS* |
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SY ESSENTIO |
TPS |
TPS* |
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SY MAGISTER |
TPS |
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TPS : Très Peu Sensible à l’orobanche cumana. *A conforter
Attention : l’infestation par orobanche cumana est encore un phénomène émergeant. La diversité génétique des populations d’orobanche n’est pas encore stabilisée. Toutes les variétés TPS/PS peuvent ne pas montrer les mêmes niveaux de comportement dans les secteurs à fort risque orobanche cumana. Une attaque notable n’est donc pas exclue malgré les mesures prises.
Aussi, les variétés non proposées à la classification dans le réseau Terres Inovia peuvent donc être potentiellement à risque concernant leur comportement vis-à-vis de l’orobanche.
Dans les secteurs historiques de présence d’orobanche, les variétés sans évaluation ou avec une note inférieure à PS ou TPS sont donc à éviter.
Comment intégrer le choix variétal dans la lutte contre l’orobanche cumana ?
Avant tout, le choix variétal est le 1er levier à activer pour limiter à la fois la nuisibilité sur le tournesol et la dissémination des graines de la plante parasite dans les parcelles avoisinantes.
Il convient d’utiliser à minima des variétés PS dans les secteurs à fort risque orobanche.
Pour maximiser la durabilité du levier génétique, il convient de l’associer à des pratiques agronomiques, chimiques, et prophylactiques, adaptées à votre situation.
Christophe Jestin - c.jestin@terresinovia.fr - Chargé d'études - génétique & protection des cultures
Céline Motard - c.motard@terresinovia.fr - Responsable adjoint variétés
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Ingénieur Régional de Développement Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Quentin Lambert - q.lambert@terresinovia.fr - Ingénieur Régional de Développement Zone sud
Observatoires LENTILLE : synthèse 2022-2025 Poitou-Charentes
Les observatoires lentille ont été mis en place durant 4 années en Poitou-Charentes, majoritairement dans le cadre du projet JACK (projet de recherche appliquée visant à augmenter la consommation et la production de légumes secs en France). Ces observatoires recensent 54 parcelles de lentille observées en région entre 2022 et 2025.
La campagne 2022 s’est caractérisée par une année particulièrement chaude, sèche et ensoleillée. Le début de campagne a été sec et frais, avec des retards de développement dans certaines régions, en lien avec les conditions météo. Le printemps sec a entrainé des stress hydriques et des déficits de croissance. Ce stress hydrique s’est poursuivi pendant la floraison et le remplissage des gousses. Les températures ont été douces au printemps durant la floraison, avec des pics de chaleur sur la façade atlantique. Quelques pluies ont fait leur retour en juin.
L’année 2023 a également été une année chaude. Le début de campagne a été sec et frais. Le printemps, sec sur la moitié Sud du pays a entrainé des stress hydriques sur les parcelles avant la floraison. Les températures ont été douces, voire élevées durant le printemps, accompagnée de pics de chaleur sur la façade atlantique. Le mois de juin a été marqué par le retour de quelques épisodes pluvieux.
La campagne 2024 a été une année atypique, marquée par une pluviométrie très importante. Le début de campagne a été frais et pluvieux. Le printemps s’est poursuivi avec des températures plus fraiches que la moyenne des 20 dernières années. Les conditions météorologiques particulièrement pluvieuses ont favorisé le développement de biomasse de la culture et ont également favorisé la floraison. Les lentilles n’ont pas été confrontées au stress hydrique ou thermique durant cette année.
L’année 2025 s’est caractérisée par une année à fortes chaleurs. Le début de campagne a été favorable aux bonnes conditions de levée, notamment avec les conditions pluvieuses. Le printemps 2025 a été chaud avec des pluies régulières. La fin du mois de mai et de juin a été caractérisée par des pics de chaleur accompagné de conditions sèches, accélérant le cycle.
Les graphiques des bilans hydriques sur les bilans climatiques sont visibles en annexes à la fin du document.
► Retrouvez le bilan observatoires lentille en cliquant ici
Solana Vera – Ingénieur de développement - s.vera@terresinovia.fr
Désherbage graminées : bien utiliser la propyzamide
La baisse des températures associée à une certaine humidité des sols permettra dans les prochains jours d’envisager l’application de propyzamide (Kerb Flo) sur les parcelles de colza infestées de graminées. Dans ce contexte, un rappel sur les conditions d’utilisation et d’efficacité de cette molécule parait important.
Rappel : comment agit la propyzamide ?
La propyzamide (contenue dans KERB FLO et produits génériques) a une action antigraminée à 100 % racinaire et systémique, assez lente car le produit doit migrer par les racines. Ainsi, l’efficacité ne se mesure souvent qu’en sortie hiver.
Quelles sont les graminées ciblées ?
Ray-grass, vulpin, repousses de céréales (blé surtout), bromes, folle avoine (d’hiver surtout), pâturin, vulpie, agrostis.
Cette substance active joue un rôle-clé pour le contrôle des graminées en colza.
Rôle clé pour la gestion à long terme du désherbage
La propyzamide limite fortement la pression de sélection de graminées résistantes aux herbicides foliaires. La gestion responsable de cette molécule est un enjeu majeur pour assurer la durabilité du désherbage, notamment en colza. La protection de la ressource en eau et la durabilité des molécules herbicides sont étroitement liées aux pratiques de désherbage.
3 règles d’or :
1. Une seule application de propyzamide à 750 g/ha par campagne :
- à partir de début novembre jusqu'à fin décembre pour le colza
2. Pas d’application sur un sol saturé en eau pour éviter les ruissellements et les échecs (asphyxie racinaire)
3. Pour une bonne efficacité :
- Viser des applications sur sol frais et humide : l'efficacité est dépendante de l’humidité du sol. Le résultat peut être insuffisant en période sèche.
- En cas d’enracinement profond des adventices, l’efficacité peut être décevante.
Quels sont facteurs pouvant pénaliser l’efficacité de la propyzamide vis-à-vis des graminées ?
- Levées précoces de graminées (fin août / septembre) et/ou abondantes non maîtrisées par les herbicides avant l’entrée hiver (les racines peuvent alors être trop développées) ;
- Application trop tardive sur des adventices trop développées (tallage des graminées) ;
- Façons culturales simplifiées sans labour (présence de mulch) ;
- Sols à forte teneur en argile (> 35 %) et MO en surface (> 4 %) ;
- Sols hydromorphes avec asphyxie des graminées (induisant une faible absorption du produit)
Qu’en est-il de l’effet « parapluie » ?
Pour des colzas dotés d’une forte biomasse (> 1.5 kg/m²), les volumes de végétation peuvent être élevés. Les biovolumes et les longs pétioles (plus de 50 cm) font alors obstacle aux herbicides racinaires.
Pour les produits contenant la propyzamide, mieux vaut dans ce cas positionner l’application au plus proche d’une pluie significative pour favoriser sa diffusion dans la végétation jusqu’à la surface du sol. Pour les produits IELO/YAGO/BIWIX/DITOP, pas d’application sous une pluie.
Mélange propyzamide avec un insecticide … à bien considérer
La tentation de mélanger avec un insecticide visant les larves d’altises est souvent grande car elle permet de viser les deux cibles – mauvaises herbes et insectes – en même temps.
Avant une telle décision, assurez-vous que l’infestation larvaire justifie l’insecticide. Les larves d’altises colonisent les parcelles de façon très variable.
De même, si une infestation larvaire justifie d’ores-et-déjà un insecticide, n’attendez pas que les conditions soient réunies pour la propyzamide pour intervenir.
Visez toujours les meilleures conditions possibles pour chacune des cibles (insecte ou mauvaises herbes) quitte à passer deux fois… plutôt que chercher à faire coûte que coûte « une pierre deux coups ».
Rappel : Le mélange de produit à base de propyzamide avec MINECTO Gold n'est pas recommandé. Plus d’info ici.
Pour aller plus loin
► Gestion des graminées hivernales
Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr – Bretagne, Pays-de-la-Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Hernie des crucifères : signaler les parcelles touchées, c'est important !
La hernie des crucifères est une maladie racinaire qui prend de l’ampleur ces dernières années, 2025-2026 ne fait pas exception. Les dégâts causés par la hernie sont très variables. Le plus souvent quelques zones ou foyers feront perdre 5 à 20 % du potentiel. Dans les pires cas, cela entraîne la nécessité de retourner la parcelle. Face à cette maladie, aucun levier seul ne suffit : la clé, c’est la combinaison.
Une maladie qui s’exprime davantage avec le changement climatique
Les températures douces durant l'automne combinées aux précipitations importantes en septembre, ont créent des conditions idéales au développement de cette maladie racinaire. La hernie des crucifères est causée par le parasite obligatoire Plasmodiophora brassicae. Les symptômes se manifestent par des boursouflures hypertrophiées (galles) sur les racines.
Des flétrissements et des rougissements sont généralement visibles sur les parties aériennes des plantes, souvent répartis en foyers ou en larges bandes dans les parcelles, pouvant aller jusqu’à la perte de pieds. La conséquence est la perte de rendement.
Une fois installée dans la parcelle, la maladie peut y rester plus de 10 ans et s’accrochera plus ou moins facilement aux crucifères cultivées dans la rotation, selon les conditions de milieu. Mieux vaut donc anticiper.
Galle de hernie sur colza - Crédit photo : L. Jung
Prévention, des réflexes à adopter
Pour les parcelles avec des symptômes de hernie, il n'y a pas de solution corrective efficace. Mais il est important de saisir l’enquête en ligne « hernie des crucifères » pour nous aider à lutter collectivement contre cette maladie : déclarer en ligne une parcelle avec de la hernie. En effet, la quantification des parcelles concernées ainsi que leur localisation permettent de cibler la communication et les programmes de recherche.
Après le diagnostic de présence de hernie, actuellement, il peut être judicieux de préparer la prochaine campagne, notamment pour les parcelles de l’exploitation en sol acide et hydromorphe, il est possible de réaliser un dépistage. Le test du chou chinois permet de vérifier si votre sol est contaminé par la hernie.
On veillera en particulier à éviter les contaminations entre parcelles (transport de terres collées aux pneumatiques et aux outils de travail du sol, épandeur d’apports organiques, etc.).
Surveillez les larves de grosses altises grâce au test Berlese
Les toutes premières larves de grosses altises peuvent être repérées dès fin octobre. Pour en avoir le cœur net, le test Berlèse est votre meilleur allié.
► Consulter les BSV rendant compte des prévisions de stades larvaires et analyses de risques :
- Centre-Val de Loire
- Poitou-Charentes/Vendée/Limousin
- Bretagne / Pays de la Loire
- Normandie / Ile-de-France
Les larves les plus dommageables colonisent les colzas bien avant l’hiver
Au début de leur vie, les larves sont relativement mobiles et s’introduisent par la face supérieure des pétioles des feuilles (des trous de galeries évoluant en cicatrices apparaissent alors très vite). Au gré des conditions, elles poursuivent leur développement pendant l’hiver en minant et se réfugiant dans les pétioles des feuilles. Le gel ne tue pas les larves. Dans le pire des cas, les larves gagnent le cœur des plantes avant ou pendant la reprise de végétation en sortie hiver.
Pour cette raison, il convient d’anticiper ! La lutte en novembre/décembre est la seule efficace pour limiter l’impact sur les plantes et notamment les ports buissonnants au printemps.
Pas de discrimination, diagnostiquez tous vos colzas
L'expérience des années récentes montre qu'il convient d’examiner tous types de colzas (gros, petit, sain, stressé, etc.) quel que soit le niveau d’attaques des grosses altises adultes en début de cycle. Les parcelles n'ayant pas nécessité d'insecticide jusqu’alors sont à surveiller au même titre que les autres. Le diagnostic des infestations larvaires est essentiel pour tous les profils de colza.
Berlese = plus simple et plus fiable
La méthode Berlèse peut être utilisée de façon assez rapide et permet sans effort de détecter et dénombrer toutes les larves. L’essayer c’est l’adopter !
Vidéo : Comment faire un Berlese
Attention à ne pas confondre les larves
De nombreux techniciens signalent en fin octobre et en fin novembre, la présence d'autres larves lors de la réalisation de test Berlèse ou lors d'observations directement sur les plantes. Le plus souvent sans pattes, il s'agit de larves de diptères et non d'altises d'hiver.
| Autres diptères dans les pétioles et feuilles |
Grosse altise dans les pétioles à cette époque de l'année |
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| Taille | 5 mm | 2 mm au stade L1 4 mm au stade L2 6 à 9 mm au stade L3 |
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| Forme | larve allongée | larve allongée + 3 paires de pattes | |
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Risque très inféodé à la parcelle !
Le risque de dommages liés à la présence de larves d’altises dans un colza dépend de plusieurs facteurs :
- type d’infestation : nombre de larves, date de leur apparition et dynamique de développement,
- conditions de milieu : réserve d’azote / phosphore disponible dans le sol, météo hivernale et post-hivernale,
- biomasse foliaire produite par le colza avant l’hiver et sa capacité ou non à soutenir cette dynamique de croissance le plus tardivement possible,
- qualité d’enracinement des plantes (état sanitaire, forme et taille des pivots).
De ce fait, la protection insecticide doit être raisonnée pour chaque parcelle. Les enjeux liés aux phénomènes de résistance et à la durabilité des solutions chimiques sont tels que chacun doit se sentir responsable.
N’intervenez qu’en cas de besoin
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Avec quoi intervenir si nécessaire ?
Il convient en premier lieu de s'informer sur l'état des résistances selon sa région afin de prendre la bonne décision : MINECTO GOLD : autorisation dérogatoire pour le colza
Rappel : nos essais montrent qu’en l’absence de résistance forte SKDR, la lambda-cyhalothrine (Karaté Zéon dans nos essais) est le pyréthrinoïde le plus efficace, supérieur à la cyperméthrine. La deltaméthrine (Decis Protech dans nos essais) est intermédiaire. Les pyréthrinoïdes particuliers etofenprox, tau-fluvalinate, esfenvalérate sont en retrait en termes d’efficacité.
Les insecticides sont efficaces sur des larves d'altises L1 et L2
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Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
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Rencontre Proléobio Centre & Ouest 2025 : le replay du webinaire disponible !
Chaque année, Terres Inovia et ses partenaires organisent les rencontres Proléobio dont l'objectif est de permettre aux conseillers et techniciens d’échanger sur les pratiques innovantes et les résultats de l’année des oléoprotéagineux en Agriculture biologique (AB).
Le 10 octobre s'est tenu un webinaire Proléobio pour la zone Centre et Ouest dont voici le programme et les points à retenir.
1. Conjoncture de la filière des oléoprotéagineux en AB par Claire Ortega, Terres Univia
- Une hausse de la collecte malgré la baisse de la demande entraîne de forts excédents de production en 2023/24.
- Les conditions climatiques entraînent un fort retrait de la collecte alors que la demande semble repartir en 2024/25 : des bilans “assainis”.
- Une amélioration de la situation après deux campagnes difficiles : importance de maintenir une bonne adéquation offre/demande (exemple du tournesol), y compris sur les petits marchés (exemple de la lentille).
- Des défis techniques sur les légumineuses à graines pour des performances plus stables.
- Importance de contractualiser ou à minima communiquer ses volumes auprès de son OS pour permettre une bonne lecture du marché.
2. Enjeux de la multiplication des semences de protéagineux en bio par Jerôme Fillon de Axereal Bio
- Répondre aux attentes des marchés : suivre avec les services collecte les besoins des transformateurs, être réactif pour la contractualisation des producteurs.
- Mettre en avant les variétés adaptées à l’AB : choisir parmi les variétés proposées par les obtenteurs, essais variétés pour évaluation en condition bio, tests en parcelles agriculteurs, suivi des parcelles de multiplication.
3. Résultats des essais variétés et itinéraire technique féveroles d’hiver et des printemps semés à l’hiver par Cécile Legall, Terres Inovia (la présentation sera diffusée ultérieurement)
4. Valorisation des protéagineux en alimentation humaine : enjeux de la création d’une filière Féverole et Pois AB par Sebastien Courtois, Ufab
Un défi de structuration de la filière pour développer des partenariats durables entre producteurs, transformateurs et utilisateurs finaux :
- synchroniser les développements production – besoins,
- structurer les flux du champ à l’assiette,
- sécuriser la filière avec une trajectoire triptyque,
- volumes – prix – qualités
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Contacts : Cécile Le Gall, c.legall@terresinovia.fr et Thomas Mear, thomas.mear@terresinovia.fr
Documents à télécharger
L’implantation des pois et féverole d’hiver 1er levier de maitrise de la maladie et du rendement
La phase de semis approche pour les pois et féveroles d’hiver. Afin de minimiser le risque de maladie et de maitriser au mieux le potentiel de rendement, la phase d’implantation est primordiale pour poser les bonnes bases de la réussite de ces cultures.
Parcelle de pois avec zone hydromorphe en 2024, fortement impactée par la maladie
Choix d’une parcelle non hydromorphe avant tout
Le choix d’une parcelle non hydromorphe est le premier critère à considérer. C’est un facteur important dans le risque de dégâts de gel et de développement des maladies. Par ailleurs, rappelons l’importance du développement des nodosités, nécessitant une bonne aération du 1er horizon. Si certaines parcelles se prêtent plus à l’hydromorphie que d’autres, l’absence de rupture de porosité du sol doit être assurée par la préparation du sol en amont, afin de favoriser au maximum les conditions de ressuyage. A noter que la féverole présente une meilleure tolérance à l’hydromorphie par rapport à un pois ou un blé.
Choisir une culture et une variété adaptées au type de sol :
- Le pois d’hiver s’adapte à de nombreux contextes de sols. Il faudra néanmoins faire attention à bien choisir des variétés avec une bonne tolérance à la chlorose ferrique pour les limons froids et les sols calcaires. Cette carence, même si elle est passagère, peut affaiblir les plantes les rendant plus sensibles à d’autres problématiques telles que les maladies.
- La féverole d’hiver s’adapte également à de nombreux types de sol mais se développera mal sur les sols acides (pH<5.5). Pour les sols basiques (pH<7.5) des carences en bores sont possibles, nécessitant de corriger la situation par un apport de 300g/ha avant début floraison.
Pour rappel, les caractéristiques et résultats des variétés sont référencées sur le site www.myvar.fr
Vous y retrouverez les synthèses variétales nationales et régionales parues récemment.
Le délai de retour de 5-6 ans entre 2 légumineuses de rente reste une règle importante dans l’insertion des légumineuses dans une rotation afin d’éviter la prolifération de certains bioagresseurs communs tel que l’aphanomyces. A noter que si le pois d’hiver évite en grande partie l’expression de l’aphanomyces en raison de son cycle décalé, la culture peut entretenir l’inoculum. Les parcelles à risque sont à éviter.
(Plus d’informations sur les légumineuses sensibles ou résistantes à aphanomyces via ce lien)
L’exposition au froid (bassin Nord-Est, parcelle en altitude) n’est pas un facteur rédhibitoire mais des leviers agronomiques doivent s’opérer en conséquence, à commencer par le choix d’une variété à bonne tolérance au froid. Également, la date et la profondeur de semis devront bien s’adapter pour maitriser le risque (cf. partie semis).
Le travail du sol, garant du risque d’hydromorphie et de maladies
Également la préparation du lit de semence doit être soignée sur 8-10 cm afin de permettre d’enterrer à une bonne profondeur les graines et améliorer le contact sol-graine. Le pois d’hiver demande un lit de semence fin (agrégats <10 mm). A l’inverse la féverole peut s’accommoder d’une préparation plus grossière (agrégats de 2-3 cm). En cas de risque de battance, n’hésitez pas à laisser quelques mottes de 5-6 cm pour limiter le risque de croûte de battance.
Dans toutes les situations de parcelle, l’écoulement de l’eau doit s’opérer sans obstacle lié à une rupture de porosité. Au-delà du risque d’hydromorphie sur le long terme, c’est avant tout la limitation des fenêtres d’interventions faute d’un bon ressuyage des parcelles qui peut entraver la conduite technique. Également, la stagnation de l’humidité sur la surface favorise le développement des maladies. En 2024, les préparations en TCS telles que les semis directs, ont souvent été moins impactés par la maladie en lien avec un meilleur ressuyage de la surface. Pour rappel, la préparation du sol doit se décider avant tout par la nécessité de correction du sol.
Eviter la surdensité, pour limiter les maladies et le coût en semences
Le pois et la féverole d’hiver ramifiant plus que les types printemps, il est conseillé de ne pas dépasser les densités recommandées au risque de développer des couverts trop denses au printemps, favorisant les maladies telles que le colletotrichum et l’ascochytose pour le pois ou le botrytis pour la féverole. De plus, la surdensité augmente inutilement la charge en semences pour un risque de perte de rendement plus grand.
| POIS D’HIVER | Sol limoneux |
Sol argileux, argilo-calcaire |
Sol de craie |
| 60 à 70 graines/m² | 80 à 90 graines/m² | 115 graines/m² | |
| PMG 200g | 120 à 140 kg/ha | 160 à 180 kg/ha | 230 kg/ha |
| PMG 220g | 132 à 154 kg/ha | 176 à 198 kg/ha | 253 kg/ha |
| FEVEROLE D’HIVER | Sol limoneux | Sol argileux, argilo-calcaire ou caillouteux |
| 20 à 25 graines/m² | 30 graines/m² | |
| PMG 450g | 90 à 113 kg/ha | 135 kg/ha |
| PMG 500g | 100 à 125 kg/ha | 150 kg/ha |
Test de germination nécessaire si utilisation de graines de fermePour les producteurs utilisant leurs graines de ferme, il est important de réaliser un test de germination afin d’adapter la densité. En effet, le taux de germination des graines de ferme est souvent plus aléatoire, pouvant être bien inférieur au taux minimal de 80% de germination des lots certifiés. Également, il faut veiller à écarter les lots présentant des grains cassés, tachés ou déformés, souvent porteurs de maladies bien installées sur les graines. Pour rappel, la plupart des maladies se transmettent principalement via la semence. L’utilisation de semences certifiées reste une sécurité tant sur la maitrise du taux de germination que sur le risque sanitaire apporté par la graine. |
Date de semis et profondeur, leviers incontournables pour se prémunir du risque de gel et de maladies
Les dégâts de gel, favorisant l’installation de maladies telles que le colletotrichum ou la bactériose en pois et le botrytis en féverole, sont souvent les premiers facteurs de stress pouvant impacter le potentiel des protéagineux d’hiver. La pression sanitaire de ces dernières années trouve une origine dans l’évolution du climat, avec des hivers plus doux et des gels plus tardifs au début du printemps. Face à cette évolution du contexte, la date et la profondeur de semis doivent également évoluer pour permettre de limiter ce risque.
2 conditions sont nécessaires pour limiter le risque de gel et de maladies :
- Retarder les semis afin d’éviter d’avoir des plantes trop développées en sortie d’hiver. Pour rappel, la tolérance au froid est maximale à 2-3 feuilles et chute drastiquement vers 6-8 feuilles. Cette stratégie de semer tard est d’autant plus importante avec des mois d’octobre et début novembre très doux, propices à la croissance excessive des protéagineux. Privilégier les semis de mi-novembre à fin décembre.
- Protéger l’épicotyle, zone la plus sensible au gel. Cela évite que les bas de tiges souvent nécrosés en pois d’hiver permettent une remontée des maladies sur la tige par la suite. Semer à 5-6 cm de profondeur les pois d’hiver et 7-8 cm les féveroles d’hiver. Les graines étant vigoureuses, la levée peut s’opérer sur plus d’1 mois si nécessaire sans conséquence sur le potentiel. Favoriser les semoirs à dents afin d’enterrer convenablement les graines.
Un sol nivelé pour faciliter la récolte et améliorer la sélectivité de la prélevée
Si les nouvelles génétiques présentent une meilleure tenue de tige qu’auparavant, le nivellement du sol reste recommandé sauf dans les sols limoneux sensibles à la battance.
Un sol bien nivelé permet dans un premier temps de limiter les risques de phytotoxicité du désherbage en prélevée et surtout de faciliter la récolte, en particulier dans les sols caillouteux. Attention, il n’est pas recommandé de rouler en sortie d’hiver au risque de favoriser des blessures mécaniques et le risque de maladies.
Une fertilisation P et K modérée mais nécessaire
Le pois et la féverole nécessitent une fourniture moyenne en phosphore et potasse, éléments jouant un rôle important dans le métabolisme notamment dans l’enracinement et la nodulation. Comptez 50-60 u de phosphore et 70-80 u de potasse selon la fourniture du sol.
Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr - Référent protéagineux zone Centre & Ouest