16,17,19,23,79,85,86,87

Stratégie de désherbage des protéagineux d’hiver

À l’approche des semis des pois et féveroles d’hiver, la préparation de sa stratégie de désherbage doit se réfléchir en connaissance de la flore de sa parcelle. Si des rattrapages en post-levée existent et peuvent suffire dans des situations de faible salissement, les programmes les plus efficaces se positionnent dès la prélevée et nécessitent de s’anticiper.

Réglementairement, qu’est-ce qu’un protéagineux d’hiver ? 


Les réglementations herbicides varient selon la typologie hiver/printemps des pois et féveroles. Avec des dates de semis parfois tardives des pois et féveroles d’hiver, voire reportées au printemps, des zones de chevauchement des conseils de semis des génétiques hiver/printemps tel que le bassin sud de la France, ou encore le semis de génétiques de printemps en hiver (exemple avec la féverole), il est important de rappeler que la date de semis prime sur la définition réglementaire quelle que soit la génétique utilisée. Ainsi, tout semis avant le 1er février est considéré comme un protéagineux d’hiver et tout semis à partir du 1er février est considéré comme un protéagineux de printemps. 

Gestion des dicotylédones : prélevée, post-levée ou les deux ?

​​​​​​En pois d’hiver, la prélevée est à privilégier pour les situations difficiles (parcelles hydromorphes ne permettant pas de passage précoce en sortie d’hiver), les flores compliquées à gérer en post-levée telles que les coquelicots et renouées, et les infestations d’adventices hivernales telles que le gaillet et la véronique de perse. Cette stratégie pourra se compléter d’une post-levée modulée en cas de forte pression ou si besoin d’un complément sur les flores printanières non contrôlées par l’application de prélevée, comme la matricaire et la fumeterre. Les stratégies tout en post-levée sont à privilégier seulement en connaissance de la flore et si le salissement est facilement maîtrisable. À noter que certains programmes de post-levée sont fractionnables pour une meilleure efficacité ou gérer les levées échelonnées. Les compléments mécaniques en post-levée sont à éviter, pouvant favoriser l’arrivée de maladies. 


En féverole d’hiver, la prélevée est indispensable faute de diversité de solutions possibles en post-levée à l’exception du Corum permettant de gérer seulement certaines flores printanières tel que le chénopode, la mercuriale ou la matricaire. Toutefois, la féverole se prête facilement aux passages mécaniques en post-levée (houe, herse, bineuse). Les stratégies de désherbage mixtes affichent de très bonnes efficacités.   

► Plus d’informations sur les stratégies de désherbage mécaniques et mixtes

Quelques spécificités des programmes antidicotylédone

  • Retrait d’usage du PROWL 400 / PENTIUM FLO / BAROUD SC sur pois et féverole d’hiver : Le retrait d’utilisation du PROWL 400 est effectif depuis le 28/09/2025. La pendiméthaline reste cependant accessible via le NIRVANA S et le BISMARK CS. Pour rappel, PROWL 400 reste homologué sur pois et féverole de printemps.
  • Différences réglementaires du CHALLENGE 600 et du COLT : ces 2 spécialités contiennent de l’aclonifen (600g/L) mais leurs modalités réglementaires d’application sont différentes. Entre doses autorisées et possibilités de double application pré + post, le tableau ci-dessous résume les principales différences d’applications possibles sur pois et féveroles. 

 

*herbicide générique : CHANON, etc,..
P=pois
F=féverole
L=lupin
(1) : respecter un délai de 25 jours entre les 2 applications pour pois d'hiver, 15 jours pour pois de printemps
(2) : respecter un délai de 10 jours entre les 2 applications de postlevée

  • Nirvana S à privilégier en prélevée : le Nirvana S reste un produit efficace pour les stratégies de prélevée de par son spectre d’action large et sa dose autorisé. Le produit peut toutefois être appliqué en post-levée à 2l/ha maximum en l’absence de passage en prélevée. Pour optimiser son efficacité et son spectre d’action, son positionnement en prélevée reste plus intéressant, sachant que le CORUM apportent les mêmes substances actives en post-levée et l’association des 2 produits est interdite (mention H361d).

Exemples de programmes antidicots en féverole d’hiver 

(1) DASH HC ou ACTIROB B

Exemples de programmes antidicots en pois d’hiver 

(1) DASH HC ou ACTIROB B
(2) 2 passages à 8-10 jours (pois de printemps) ou 10-15 jours (pois d'hiver) d'intervalle, pour améliorer l'efficacité à condition de débuter les applications sur adventices de cotylédons à deux feuilles
​​​​​​​(N.B) en l'absence d'application d'aclonifen en pré-levée, CHALLENGE 600 peut être appliqué en postlevée

La gestion des graminées résistantes possible sur protéagineux d’hiver

  • Propyzamide : les protéagineux d’hiver bénéficient du KERB FLO (propyzamide) pour gérer les pressions de graminées résistantes aux autres modes d’action. Le produit s’applique en post-levée précoce à 3-4 feuilles des pois et féveroles.  
    ​​​​​​​
  • ​​​​​​Antigraminées foliaires : en l’absence de graminées résistantes, il est possible d’appliquer en post-levée des antigraminées foliaires (FOP et DIME). A noter que, contrairement aux protéagineux de printemps, la cléthodime n’est pas autorisée sur les pois et féverole d’hiver. 

     

Pour plus d’informations sur les programmes conseillés et les efficacités, référez-vous aux liens suivants :

►Spectre des principaux programmes en pois


​​​​​​​►Spectre des princiaux programmes en féverole

Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr - Référent protéagineux zone Centre & Ouest

Implantation Centre-Val de Loire Bretagne, Pays de la Loire Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Normandie et Ouest Ile-de-France Pois d'hiver Féverole d'hiver Bastien REMURIER

Colza - Désherbage en post-levée sur dicotylédones : misez toujours sur un bon diagnostic !

C'est le moment, si ce n’est pas déjà fait, de repérer la présence de dicotylédones pour décider d’une éventuelle intervention.

Plusieurs espèces de mauvaises herbes pourront être contrôlées avec les produits de post-levée : MOZZAR/BELKAR, PACK MIZIS, LADIVA, FOX, CALLISTO, IELO, etc. En séquence ou en association, ces produits sont de vrais atouts, à condition de bien examiner les situations et connaître les spectres d’efficacité. Les reports d’intervention, tout particulièrement en raison des conditions humides cette année, doivent reposer sur un bon tour d’un de plaine (identification des mauvaises herbes et stades).

Certaines flores restent toutefois très complexes pour ne pas dire impossibles à contrôler avec les produits de post-levée en colza : citons par exemple les renouées (persicaires, des oiseaux, liseron), rumex, liserons ou encore morelles et amarantes très développées.

​​​​​​​MOZZAR / BELKAR : pour viser un spectre large de dicotylédones

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    ​​​​​​​D’une façon générale, les applications de MOZZAR / BELKAR 0.25 l/ha restent possibles pour les parcelles où l'on observe à ce jour des adventices au stade 2 à 4 feuilles telles que : géraniums, gaillets, alchémille, ammi-majus, bleuet, coquelicot, fumeterre, mercuriale, chardon-marie, chénopode, lamier, laiteron, helminthie, myosotis, repousses de lin. Le colza doit avoir atteint ou dépassé le stade 4 feuilles.
     
  • En application tardive (courant novembre), MOZZAR / BELKAR 0.25 l/ha garde une efficacité sur alchémille, lamier, coquelicot, chardon-marie, fumeterre, gaillet, géraniums en pression faible à moyenne. En revanche, l'efficacité peut décrocher sur capselle, véronique, laiteron, sisymbre, bleuet, matricaire et mercuriale si le stade est déjà bien avancé.
    ​​​​​​​
  • Attention, dans les cas où le colza couvre déjà fortement voire intégralement l’inter-rang, mieux vaut reporter la décision (attendre les premiers froids, tassement du colza) au risque de ne pas rentabiliser le produit limité par un certain « effet parapluie ».

LADIVA ou pack MIZIS (MIZIK + NERIS) :  pour élargir le spectre de MOZZAR

A base d’halauxifen-méthyl, de piclorame et d’aminopyralide, ces solutions renforcent le spectre dicots de MOZZAR, notamment sur pensée et composées (matricaires, laiterons, séneçon, bleuet, chrysanthèmes des moissons…), et ont une meilleure persistance d’action. Les conseils de périodes d’application sont les mêmes que pour MOZZAR : à partir de 4 feuilles du colza. Une seule application par campagne est possible.

Nota Bene :

  • MOZZAR, LADIVA, pack MIZIS détruisent les légumineuses associées au colza.
  • Les produits sont compatibles avec de nombreux insecticides ou antigraminées foliaires associés avec une huile végétale de type ACTIROB. Ne pas mélanger avec les fongicides/régulateurs.
  • En application tardive de MOZZAR, LADIVA ou du pack MIZIS, le mélange avec un produit type KERB FLO est possible avec adjuvant non-ionique de type PHYDEAL, PIXIES, GONDOR, SILWET, etc. LADIVA existe aussi en pack LADIVA FLO (LADIVA + KERB FLO)

Qu’apportent les autres produits de post-levée ?

Le recours à d'autres produits peut s'envisager soit en complément soit pour cibler certaines flores en particulier. Par soucis de sélectivité vis-à-vis du colza, le respect du stade d'application et des conditions d'emploi de ces produits est important.

  • FOX 1 l/ha est un herbicide de contact utilisable à partir de 4-6 feuilles (feuillage sec impératif) surtout pour compléter le spectre des autres produits. Points forts sur jeune mercuriale, morelle, chénopode, sanve, sisymbre, véroniques, pensée, lamier, myosotis. Efficacité également sur de jeunes coquelicots. Sélectif des principales légumineuses associées au colza si ces dernières sont bien développées.
     
  • CALLISTO 0,15 l/ha à partir de 4-6 feuilles du colza. Utilisé seul (sanve et autres moutardes, calépine) ou en association avec CENT 7 0,2 l/ha (ravenelle, barbarée, sisymbre, repousses de betterave) avec possibilité de renouveler 2 à 3 semaines plus tard pour les plus fortes infestations. Il détruit les légumineuses associées au colza.
     
  • IELO / YAGO / BIWIX 1,5 l/ha efficacité sur graminées, bleuets, chardons, matricaires, laiterons, séneçons, coquelicots et dans une moindre mesure sur pensées et véroniques.  Il a une légère action contre géranium disséqué. Ce produit détruit les légumineuses associées au colza. Un sol froid et de la pluie après l’application est nécessaire pour optimiser l’efficacité de la propyzamide. ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

​​​Pour aller plus loin

Conditions d'application des herbicides
Tableau d'efficacité des herbicides en colza (Juillet 2025)
Consultez l'outil 'Mélange des produits phytosanitaires'

Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr – Bretagne, Pays-de-la-Loire
 Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Automne Centre-Val de Loire Bretagne, Pays de la Loire Normandie et Ouest Ile-de-France Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Colza Equipe Centre & Ouest

Installation des colzas

A fin septembre, la majorité des colzas a atteint au moins le stade 4 feuilles après une installation plutôt chaotique. La sécheresse estivale a compliqué la préparation des sols. Malgré une météo favorable sur la période des semis, les fenêtres disponibles et les pluies annoncées effectives, la culture est moins réussie qu’on pouvait l’espérer.

Contexte d'implantation

Les intentions de semis étaient égales à la campagne passée, voire à la hausse pour certains. La préparation des sols est réalisée cet été au gré de quelques pluies, les faux semis sont peu efficaces. Les semis sont groupés fin août juste avant les précipitations du dernier weekend. Parfois les herbicides racinaires sont reportés en post-levée précoce. Les limaces ont localement fait des dégâts et provoqué des resemis, ainsi que la punaise des céréales sur des secteurs très limités. Les températures fraîches de septembre ralentissent le développement des colzas, ils poussent moins vite que d’habitude. Les cumuls de pluie localement importants entrainent des phytotoxicités des herbicides : colzas rougeâtres bloqués ou bordures des cotylédons blanchies.

Retour sur les punaises de céréales  

Les mois de juin et juillet chauds et secs ont favorisés les multiplications de punaises des céréales. Les infestations ont dans un premier temps étaient signalées dans les habitations ou les bâtiments communaux courant juillet, puis ont touché les parcelles de colzas en cours de levée courant août. Les sources identifiées sont des repousses de colzas et des parcelles de tournesols, les cibles sont les cultures rayonnantes : jeunes colzas ou repousses de céréales. A l’image des petites altises, afin de limiter les infestations, nous pourrions conseiller de ne pas déchaumer les repousses de colzas sources. Ces foyers de punaises des céréales, alors dérangés par le travail du sol, sont encouragés à se déplacer. Insectes polyphages, elles visent donc les jeunes cultures à proximité. Aucun lien n’est établi entre le type de travail du sol réalisé pour le colza (labour, travail plus ou moins profond, dents ou disques, SD) et l’infestation. Les dégâts en colzas ont été ponctuellement signalés en Vienne et en Deux-Sèvres. 

Arrivée des grosses altises adultes   

Quelques captures sont relevées courant septembre, artéfact dû à la température maximale qui oscille autour de 20°C (ligne en pointillés rouges). La chute des températures maximales à partir du 20 septembre (courbe rouge) provoque une colonisation massive des colzas par les grosses altises.
​​​​​​​Le weekend des 20-21 septembre sera à prendre comme début d’activité pour les simulations des stades larvaires en région.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les plantules issues des semis de septembre ont dû être protégées contre les attaques foliaires, elles n’étaient pas assez développées pour supporter les prélèvements (courbes noire et verte). Pour rappel le stade 4 feuilles est atteint à 400°Cj (base 0°C) soit à la date de l’interception entre la courbe et la ligne en pointillés noirs. Par exemple, pour une levée du 1er septembre sur le secteur de Niort, le stade 4 feuilles est calculé le 22 septembre. 

Actuellement, tous les colzas n’ont pas atteint le stade 4 feuilles et l’activité des grosses altises se maintient. Il pourrait être tentant d’employer le MINECTO GOLD. Récente dérogation de 120 jours, l’application n’est autorisée qu’à partir de 6 feuilles du colza : stade où la lutte contre les adultes n’est plus justifiée. Attention : une application unique est autorisée. Autant mettre à profit l’alternance des matières actives lors de la lutte contre les larves si elle est nécessaire.

De plus, en l’absence de résistance forte (notre région n’est pas skdr généralisée), l’efficacité de MINECTO GOLD sur adultes n’est pas supérieure à la référence pyréthrinoïde à base de lamda-cyhalothrine (ex : KARATE ZEON, etc,.). Cette efficacité est comprise entre 50 et 70%. L’application unique de Karaté Zéon ou Minecto Gold dans cette synthèse de 3 ou 6 essais a été réalisée sur des colzas peu développés entre le stade cotylédons et 2 feuilles ; 55% de plantes présentaient des morsures en moyenne lors de l’application.  

Articles à consulter :

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Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Automne Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Colza Elodie TOURTON (e.tourton@terresinovia.fr)

Charançon du bourgeon terminal : évaluer le risque avant d’intervenir

​​La gestion du charançon du bourgeon terminal repose en premier lieu sur la combinaison de leviers agronomiques car les solutions phytosanitaires sont limitées. Terres Inovia fait le point sur l’évaluation du risque à la parcelle et les insecticides à utiliser, lorsque la situation l’exigera. Deux OAD sont proposés pour accompagner agriculteurs et techniciens.

La cuvette jaune pour détecter l’arrivée

​​​​Il est important de suivre, en plus des pièges dans les parcelles, un réseau de piégeage comme celui du BSV qui permet d’établir une dynamique de vol à l’échelle d’un territoire et de positionner au mieux la protection insecticide, si elle est nécessaire.

Pour autant, il n’existe pas de relation entre le nombre d’individus capturés et les dégâts. ​​​​​​​


​​​​Les toutes premières captures ont été signalées en région Centre-Val de Loire il y a une dizaine de jours. Ce début de semaine, d’autres piégeages ont été confirmés en région Centre, dans le sud Ile-de-France et dans de rares situations ailleurs sur la partie Ouest de la France (voir cartes issues des données BSV ci-dessus).

Un outil de prédiction des arrivées de charançons du bourgeon terminal

Simple et en accès libre, l’outil modélise les vols selon les conditions climatiques. C’est une aide pour optimiser le raisonnement des interventions. Les données prédites ne tiennent pas compte des spécificités de chaque parcelle et ne dispensent pas de la surveillance au champ.

La dynamique de croissance durant l’automne jusqu’en entrée hiver est déterminante

Le risque charançon du bourgeon terminal est réduit pour les colzas levés précocement qui poussent régulièrement au cours de l’automne et jusqu’à l’entrée de l’hiver. Evaluer l’état de la parcelle de colza (mesurer la biomasse aérienne en kg/m² ou g/plante et en observer l’état des pivots) permet de savoir si le colza sera capable de faire face à une attaque de charançons. C’est la combinaison de cet état agronomique et de la présence du ravageur qui permet d’évaluer le risque à la parcelle.

Faut-il intervenir ? Et avec quoi ?

Les interventions sont à envisager en cas de captures lorsque les risques historiques et agronomiques évalués sont moyens et forts.
Terres Inovia a développé un outil d’aide à la décision « Colza Risques Charançons du bourgeon terminal » (outil en cours de mise à jour). L’estimation du risque global à la parcelle est associée, si elle est nécessaire, à une recommandation de lutte insecticide. Cet outil permet de classer une parcelle dans un niveau de risque global. Le risque global combine un risque agronomique et un risque lié à la nuisibilité historique du charançon dans le département. L'OAD s’utilise en complément des infos fournies par les BSV, les réseaux de cuvettes jaunes et le modèle de prédiction des vols. A l’automne 2024, les captures en Poitou-Charentes ont augmenté sur l’ensemble du territoire. Dans cette région, la nuisibilité historique est plutôt faible, mais elle pourrait évoluer si cette dynamique de piégeage se poursuit.

La résistance du charançon du bourgeon terminal aux pyréthrinoïdes (mutation KDR), bien que détectée dans les principaux bassins de production reste d’un niveau assez faible. Les pyréthrinoïdes demeurent donc relativement efficaces. En cas de besoin, utiliser un pyréthrinoïde autorisé comme la lambda-cyhalothrine, la deltaméthrine ou la cyperméthrine. L’étofenprox affiche un niveau d’efficacité inférieur.
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Un coléoptère discret

Charançon du bourgeon terminal, ravageur du colza - Terres Inovia - L. Jung
Le charançon du bourgeon terminal est un petit coléoptère qui mesure entre 2,5 et 3,7 mm. Les adultes ne sont pas nuisibles, mais ils pondent dans les pétioles à l'automne. La nuisibilité est due aux larves qui détruisent le bourgeon terminal lorsqu’elles passent dans le cœur des plantes au stade rosette. Au printemps, les plantes ont alors un aspect buissonnant. La lutte contre les larves n’est pas possible avec les insecticides disponibles. La lutte vise donc les adultes avant qu’ils ne pondent.


​​​​​​​​​​​​​​Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Région Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Automne Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Normandie et Ouest Ile-de-France Bretagne, Pays de la Loire Centre-Val de Loire Colza Equipe Centre & Ouest

Altises d'hiver : les bons réflexes, au bon endroit, au bon moment

Du stade cotylédons jusqu’au stade à 3-4 feuilles du colza, la lutte insecticide ne s’envisage, à la parcelle, que si la culture pousse moins vite qu’elle n’est dévorée.

D’après les BSV rédigés à partir des observations des 16 et 17 septembre, la situation est assez contrastée :

  • En Poitou-Charentes, à peine 10-15 % des parcelles suivies ont franchi le stade B4. La majorité des situations sont potentiellement exposées au risque mais les captures et les morsures restent à ce jour limitées et supportables.
     
  • ​​En Bretagne et Pays de la Loire, les stades stades majoritaires sont entre 2 et 4 feuilles. Les captures d’altises et les signalements de premiers dégâts sont encore peu fréquents.
     
  • En région Centre-Val de Loire, un tiers des parcelles signalent des captures. A ce jour, 35 à 40 % des parcelles du réseau BSV ont atteint ou dépassé le stade B4. 
    ​​​​​​​
  • En Normandie et Ouest Ile-de-France, respectivement 20 % à 35 % des parcelles ne sont plus menacées du fait du stade du colza. Les captures de grosses altises et les morsures sur plantes sont en augmentation. Entre 50 et 75 % des parcelles ont signalé des captures et/ou des morsures sur plantes.
    ​​​​​​

Dans toutes les régions, les premiers signalements restaient tolérables jusqu’au milieu de cette semaine mais les choses peuvent vite évoluer. Une vigilance absolue s’impose désormais pour les colzas en phase sensible, a fortiori ceux marqués par une faible vigueur au démarrage, des défauts de peuplement et des dégâts occasionnés par d’éventuels autres ravageurs. La hausse des températures doit attirer l’attention sur les menaces et risques potentiels à venir.

Surtout pas d’affolement, éviter les traitements inconsidérés !

Dans un contexte de résistance des altises d’hiver aux pyréthrinoïdes, la lutte insecticide contre les adultes doit être évitée dans la mesure du possible et ne doit s’envisager que :

  • si la survie de la culture est incontestablement menacée, du stade cotylédons jusqu’à 3 feuilles étalées du colza ;
  • à partir d’un raisonnement à la parcelle (observation minutieuse de l’évolution des dégâts) ;
  • si les insectes sont suffisamment actifs et nombreux (rappel : après son arrivée en parcelle, la grosse altise se nourrit du colza la nuit) ;
  • si la culture pousse moins vite qu’elle n’est dévorée ;
  • en respectant les précautions et règles d’usage des insecticides (volume d’eau…).

En cas de besoin, les traitements se réalisent sur un colza n’ayant pas atteint le stade 3-4 feuilles étalées.

Seuil indicatif de risque : 8 pieds sur 10 avec présence de morsures et avec 25 % de la surface végétative détruite.

NB : tenir compte d’une moyenne de défoliation observée sur toutes les feuilles des plantes. Si le feuillage est déjà gravement affecté par d’autres ravageurs défoliateurs (petites altises, limaces, tenthrèdes par exemple), c’est le pourcentage total de défoliation qui doit être considéré.

Quel insecticide choisir, en dernier recours ?

​​​​​​​Dans les régions du Centre et Ouest de la France, la résistance forte de type "SKDR" n’est pas généralisée. Les pyréthrinoïdes restent un moyen de lutte - à utiliser avec parcimonie - pour préserver leur efficacité dans la durée (notamment pour la gestion des larves d’altise, plus dommageables que les adultes).

Dans tous les cas, si besoin, intervenir dans de bonnes conditions de traitement à la nuit tombée. Utiliser un volume de bouillie de 150 ou 200 l/ha.

Dans les essais de Terres Inovia, l’efficacité* moyenne mesurée 7 jours après traitement indique que :

  • KARATE ZEON (lambda-cyhalothrine), DECIS PROTECH (deltaméthrine) et la cyperméthrine (CYTHRINE MAX ou SHERPA 100EW) sont comparables.
  • TREBON 30EC (etofenprox) est inférieur à KARATE ZEON ou une cyperméthrine.
  • MANDARIN GOLD (esfenvalérate) est inférieur aux références. Pour ce produit : fin de distribution le 01/03/2025 et fin d’utilisation au 28/02/2026.

 * Efficacité mesurée sur la base du % de destruction foliaire

Points d’attention

  • Tout insecticide appliqué au moment du pic d’activité des grosses altises adultes ne saurait garantir une efficacité suffisante pour lutter contre les infestations larvaires ultérieures. Les traitements “d’assurance” ou “ de nettoyage” sont à proscrire. Il sera plus efficace de lutter directement contre les larves.
    ​​​​​​​
  • ​​​​​​​L’altise d’hiver adulte est active surtout dans les premières heures qui suivent la tombée de la nuit. C’est pourquoi l’application en soirée, idéalement à l’obscurité, est à privilégier avec un volume de bouillie d’au moins 150 à 200 l/ha.

Altises et morsures : quel risque pour la culture ?

Le seuil de dommage est souvent atteint à partir de 25 % de défoliation des cotylédons et premières feuilles. Plus les dégâts s’accumulent brutalement et tôt (sur cotylédon notamment), ou plus la surface foliaire produite par le colza préalablement est faible, plus l’impact des morsures est élevé.

Les situations agronomiques ayant provoqué une vigueur faible au démarrage sont à surveiller de près : levée tardive, sol motteux, caillouteux, précédent blé ou orge de printemps, lit de semences pailleux, variétés peu vigoureuses au démarrage…

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L’observation est la base du raisonnement

Les captures dans les cuvettes jaunes -position enterrée- servent à détecter l’arrivée puis l’activité (Nocturne) des altises d’hiver. Les pièges jaunes ne sont pas un outil de décision de traitement. C’est l’observation très régulière, à la parcelle, de l’état du colza entre les stades cotylédons et 3 feuilles qui guide le raisonnement. 

Observer au crépuscule, idéalement dans les 2 heures qui suivent la tombée de la nuit pour apprécier très régulièrement l’évolution de la présence des altises. 
 
Plus que le seuil, la vitesse d’accumulation des dégâts et la vitesse de croissance de la culture sont les critères à prendre en considération, quasiment au jour le jour pour mesurer au mieux le rapport de force. Seul un suivi quotidien permet de bien discerner les morsures anciennes et récentes.

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​​​​​​​Articles liés

Consulter les BSV de votre région
La cuvette jaune, le piège incontournable pour détecter l’arrivée des ravageurs du colza
Gestion en cours de campagne des grosses altises adultes (altises d’hiver)
Etat des résistances selon la région et le ravageur

​​​​​​​► MINECTO GLOD : autorisation dérogatoire pour le colza

Consulter l’OAD de Terres Inovia

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​​​​​​​​​​​​​​En quelques clics, cet outil estime le risque parcellaire lié aux prélèvements foliaires par les altises lors de la phase levée du colza. Il a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia.

Lien vers l'outil : Estimation du risque lié aux altises adultes

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Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Région Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Automne Centre-Val de Loire Normandie et Ouest Ile-de-France Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Bretagne, Pays de la Loire Ravageurs Colza Equipe Zone Centre et Ouest

Soja : profitez de cette belle semaine pour récolter les parcelles mûres

Au regard des températures exceptionnellement élevées sur juin et début juillet, les sojas se sont rapidement développés. L’accélération de la maturation avec les fortes températures de mi-août a été moins brutale qu’attendue. Les parcelles ont commencé à changer de couleur début septembre. Quand les premières gousses virent au marron beige sur les plantes, les sojas arrivent au stade R7. A ce stade, il reste une vingtaine de jours avant la récolte. L’accalmie de pluie prévue cette semaine devrait permettre de battre les sojas précoces semés début mai.

​​TOP récolte : les graines « sonnent » dans les gousses 

​​​Il est important de bien repérer le stade optimum de récolte du soja qui se caractérise par le fait

que les graines sont libres et sonnent dans les gousses. Les graines sont alors bien rondes et peu rayables à l’ongle et la plupart des feuilles sont tombées.

L’humidité du grain est généralement comprise entre 14 % et 16 %. Les normes de commercialisation sont de 14 % d’humidité et 2 % d’impuretés. Une récolte avec une humidité supérieure entrainera de fait des frais de séchage qui viendront diminuer la marge de la culture.

De plus, il faut être vigilant et livrer rapidement la récolte car la graine ne se conserve pas au-dessus de 14 % d’humidité. 

A contrario, récolter un soja trop mûr est contre-productif car cela augmente le risque d’égrenage et donc la perte de grains à la récolte. A trop attendre, les gousses finissent par vriller et s’ouvrent, laissant tomber les graines au sol. A sur-maturité, il y a aussi un risque de réhumectation et donc de baisse de qualité.

Soja de Varzay (17), le 8 septembre 2025

​​​​​​​​​​​Récolter tranquillement 

Lors de la récolte, il est important d’adopter une vitesse modérée, de l’ordre de 4-5 km/h et de descendre la barre de coupe au maximum. L’objectif est de récolter l’ensemble des gousses, même les plus proches du sol. Si ces conditions ne sont pas respectées, on peut perdre 3 à 4 q/ha en laissant les premières gousses dans le champ. 

La coupe flexible : une solution pour récolter les gousses les plus basses

L’une des principales préoccupations au moment de la récolte est d’arriver à récolter l’ensemble des gousses, y compris les plus proches du sol. Les coupes flexibles peuvent répondre à ce problème. En effet, ce type de matériel est capable d’épouser la forme du sol et ainsi de récolter au plus près du sol (jusqu’à 5 cm environ) sur toute la largeur de coupe. Néanmoins, il faut noter qu’il y a encore peu d’équipements de ce type dans la région, le prix est un frein à son développement.

Pour plus d'informations, consulter l'actualité : Récolter du soja avec une coupe flexible 

Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Floraison Maturité/récolte Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Récolte Soja Elodie TOURTON (e.tourton@terresinovia.fr)

Désherbage du lin oléagineux : quel programme pour les semis 2025 ?

Le programme de désherbage antigraminées évolue sur le lin oléagineux d’hiver à la suite du retrait d’AVADEX 480. Découvrez quel programme pour les semis 2025.

COLZAMID (napropamide) en postsemis-prélevée est la solution alternative à l’AVADEX 480 travaillée par Terres Inovia depuis 4 campagnes (essais avec observation de la sélectivité et de l’efficacité). Son utilisation sur lin oléagineux est possible parce que COLZAMID couvre toute la portée de l’usage « Crucifères oléagineuses*Désherbage» (colza, lin, etc,.). Attention, les applications en présemis incorporé ne sont pas sélectives du lin. 

COLZAMID (napropamide) en postsemis-prélevée est la solution alternative à l’AVADEX 480 travaillée par Terres Inovia depuis 4 campagnes (essais avec observation de la sélectivité et de l’efficacité). Son utilisation sur lin oléagineux est possible parce que COLZAMID couvre toute la portée de l’usage « Crucifères oléagineuses*Désherbage» (colza, lin, etc,.). Attention, les applications en présemis incorporées ne sont pas sélectives du lin.

En situation de pression en graminées, un désherbage de pré-levée peut être réalisé avec COLZAMID (napropamide) à 1,5 l/ha. L’efficacité sera supérieure ou égale à AVADEX 480 qui lui est incorporé en présemis. Sur colza et en situation de ray-grass, COLZAMID en prélevée est légèrement inférieur à 500-600 g ha de métazachlore. Contre vulpin, COLZAMID est plutôt équivalent. Il faut souligner que les conditions de réussite du désherbage sont meilleures en lin (application fin septembre-début octobre) grâce à des sols souvent plus frais au moment des application. L’efficacité est alors comprise entre 50 et 80%.

Le spectre d’efficacité de COLZAMID sur dicotylédone est intéressant et nettement supérieur à AVADEX480, notamment sur coquelicot, c’est aussi un complément sur les pensées et véroniques. Les efficacités sur matricaire et véronique ne sont pas négligeables. 

Conditions d’application du COLZAMID

-    Appliquer l’herbicide dans les 48h après le semis
-    L’efficacité est abaissée en présence de mottes ou de résidus
-    L’application sur sol frais permet une efficacité optimale
-    L’efficacité est moins régulière sur des sols argileux
-    Ne pas appliquer avant de fortes pluviométries, ni sur sols 
-    Sur sols limoneux ne pas dépasser la dose de 1,5 l/ha, sur d’autres sols la dose peut être montée à 2 l/ha. 

Nous devons préciser qu’à ce jour la société UPL couvre uniquement les applications à 1,5 l/ha. 

Cette base sera complétée en végétation par un antigraminées foliaire, dans le cas où les ray-grass et/ou vulpins sont encore sensibles. Une vigilance sera portée sur ces applications, les efficacités fortement affectées par la résistance aux inhibiteurs de l’ACCase (“fop”, “dime” et “den”) sont parfois meilleures pour la cléthodime. Mais la fréquence de la résistance progresse, d’où l’intérêt du désherbage de prélevée, parfois la seule façon de contrôler les graminées. Dans les cultures plus faciles à désherber, il est préférable de limiter le recours à la cléthodime pour faire durer l’efficacité. En colza, pour contrôler les repousses, il est préférable de choisir un « fop » (AGIL, etc,.) et la cléthodime ne doit s’envisager que si l’on vise une efficacité optimale dans un programme avec KERB. 

En non labour et au semis, il est fortement recommandé, si le dernier passage d’outil date de plus de 5-8 jours, d’appliquer un glyphosate pour éliminer les premières levée de ray-grass ou de vulpin. Cette technique est préférable à un travail du sol au moment du semis (exemple avec un semis en combiné) qui peut favoriser, encore plus, de nouvelles levées en culture.

Le faux semis est en effet un levier incontournable et, dans la rotation d’autres leviers peuvent être activés pour lutter contre le ray-grass ou le vulpin : introduction d’une culture de printemps, voire deux successives, labour occasionnel, etc,.

En lin d’hiver : attention à la sensibilité au gel des antigraminées foliaires

Une autre donnée doit aussi être prise en compte, celle de l’augmentation de la sensibilité des lins au gel après passage d’un antigraminée foliaire (AGF) à l’automne :
•    Dans les zones à hivers froids (Centre, Nord et Est), éviter autant que possible l’usage d’un AGF avant la sortie hiver.
•    Dans les zones à hivers plus doux (Sud-Ouest, Ouest), l’application d’un AGF à l’automne est envisageable, seulement en cas de concurrence précoce.
•    D’une manière générale : mieux vaut positionner l’AGF en sortie d’hiver.

 

Préparation de campagne Implantation Début de cycle / croissance Période hivernale Sortie hiver Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Sud Aquitaine Bretagne, Pays de la Loire Désherbage Atouts de la culture Lin d'hiver Zoé Le Bihan (z.lebihan@terresinovia.fr)

Régulateur à l'automne : bien utile ?!

Le retour tardif des pluies dans la majorité de la zone ouest a conduit à des levées fin août début septembre. La question de la régulation ne se pose pas pour toutes ces parcelles. La croissance des plantes pouvant être en plus pénalisée par des phytotoxicités.

​​​Pour quelques cas exceptionnels de levée début à mi-aout, la question de la régulation peut se poser. 
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La grille présentée ci-dessous, a été conçue pour informer des risques et aider à la décision de recourir ou non au régulateur à l’automne. Les critères pris en compte sont : 

  • La période d’atteinte du stade 6 feuilles : si le stade 6 feuilles est observé avant le 10 ou 20 octobre (voir découpages secteurs dans la carte ci-dessous), les règles de décision s'appliquent. 
  • La sensibilité variétale : des différences de comportement s’observent dans les essais d’évaluation. Les variétés sont classées en 3 catégories de sensibilité à l’élongation automnale : forte / moyenne / faible. 
  • La densité de plantes de colza : le risque élevé est atteint si peuplement > 50 pieds/m² pour un écartement inférieur à 30 cm ou si peuplement >15 plantes par mètre linéaire. 
  • La réserve azotée disponible pour le colza : le risque élevé concerne les cas où les réserves azotées sont importantes (>100 u) ou si des apports de PRO (Produits Résiduaires Organiques) sont régulièrement effectués à l’échelle de la parcelle. 
  • L'état de croissance au moment de la décision : le risque élevé s'applique aux “gros colzas”, vigoureux et poussants, avec port en rosette, pivot bien développé et feuilles les plus développées très longues (> 20 cm entre la base du pétiole et le bord du limbe). 

​​​​​​​Quand intervenir ?

Dans les parcelles à risque fort ou assez fort d'élongation et uniquement dans ces cas, intervenir avec un régulateur de croissance au stade optimum de 6 feuilles du colza. Au-delà de 8 feuilles, le régulateur freine difficilement les élongations qui sont bien souvent déjà amorcées. 

Sur des colzas déjà allongés, le régulateur ne peut, au mieux, que freiner le développement végétatif des plantes et endurcir légèrement le colza. L’efficacité maximale est toujours obtenue en anticipant le phénomène d’élongation, donc avant 7 feuilles. Des conditions « poussantes » favorisent l’efficacité des produits. 

Ce type d’application n’a aucun effet direct sur le comportement du colza au printemps (pas de réduction de taille ni de verse). ​​​​​​​

Caractéristiques des produits régulateurs de croissance du colza à l'automne

  CARYX SUNORG PRO et autres génériques MAGNELLO (1) MEDAX TOP (2) (3)
Composition

Mépiquat-chlorure 210 g/l +
Metconazole 30 g/l

Metconazole 90 g/l

Tébuconazole 250 g/l +
Difénoconazole 100 g/ha

Mépiquat-chlorure 300 g/l + prohexadione-calcium : 50 g/L
Dose d'AMM 1,4 l/ha 0,8 l/ha 0,8 l/ha 1,0 l/ha
Dose conseil
Régulateur de croissance
0,7 l/ha 0,4 à 0,6 l/ha 0,6 à 0,8 l/ha 0,8 à 1,0 l/ha
Coût indicatif 22 € HT/ha 13 à 20 € HT/ha 22 à 30 € HT/ha 26 à 32 € HT/ha


(1)  Une seule application/an pour l’usage régulateur. Pas d’application possible de certains produits à base de tébuconazole (ex : BALMORA, HORIZON EW, BALTAZAR, génériques) plus tard en cours de cycle quel que soit l’usage (régulateur de croissance, cylindrosporiose, maladies fongiques des siliques, sclerotiniose).
(2)    Fractionnement possible en 2 applications à 0,5 l/ha. Respecter un intervalle de 14 jours entre deux applications
(3)    2 applications à dose pleine (1 l/ha) maximum par an et par culture (1 intervention à l’automne et 1 au printemps) en respectant un intervalle de 90 jours.

Les mélanges régulateurs + MOZZAR/BELKAR sont déconseillés​​​.
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Consulter l’outil "Mélanges de produits phytosanitaires" (en cliquant-ici) pour s’assurer que, sur le plan réglementaire, les régulateurs soient bien mélangeables avec les insecticides et herbicides.​​​​​​

L’expérience de 2023 – Bon à savoir

​​​​​​​En 2023, un réseau de 33 parcelles disposant de zones AVEC / SANS REGULATEUR a permis d’actualiser des références dans un contexte agro-pédoclimatique très favorable aux phénomènes d’élongation automnale. Les parcelles étaient des « situations à risque » représentatives de la Normandie et de l’Ouest de l’Ile-de-France : semis précoce (21 août en moyenne), majorité de parcelles avec apports de fertilisant organique ou minéral avant semis et atteinte du stade 6-8 feuilles du colza bien avant début octobre. Le régulateur a été appliqué en moyenne le 27 septembre majoritairement au stade B6 et avec CARYX ou SUNORG PRO.
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Les principaux enseignements étaient les suivants :

  • Témoins sans régulateur : 92 % de plantes élonguées. 62 mm d’élongation en moyenne ;
  • Zones avec régulateur : 72 % de plantes élonguées. 37 mm d’élongation en moyenne ;
  • Efficacité moyenne du régulateur : 23 % de réduction du taux de plantes élonguées, 42 % de réduction de la taille de l’élongation ;
  • Maîtrise par le régulateur d’une élongation < 40 mm dans un cas sur deux uniquement ;
  • Meilleures efficacités obtenues dans les situations agronomiques à risque modéré, et non pas à risque élevé : semis les plus tardifs (fin août) et non pas les plus précoces, colza au stade B6-B7 dans les premiers jours d’octobre et non pas à la mi-septembre, biomasse moyenne (moins de 1.5 kg) au moment de la mesure.
  • Il semblerait donc que l’effet du milieu en 2023 ait largement dominé l’effet de la conduite culturale. Le régulateur a fonctionné mais, bien qu’appliqué au bon stade dans des conditions très poussantes, il n’a pas pesé suffisamment pour éviter ou maîtriser le phénomène d’élongation survenu immanquablement dans les situations les plus risquées ;
  • Les situations cumulant des élongations importantes (> 50 mm) et des conditions propices à la verse printanières (variétés, disponibilité en azote) ont pu verser en fin de cycle.
  • Aucun effet significatif du régulateur sur le diamètre au collet et sur la longueur du pivot ;
  • Aucun dégât de gel sur élongation en 2024.

Merci aux partenaires : Chambres d’Agriculture de Normandie, Chambre d’Agriculture de région Ile-de-France, lycée du Robillard, BASF Agro, Soufflet Agriculture, Ets Lepicard et CER France 61


Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest 
Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire 
Thomas Mear - t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire 

Automne Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Centre-Val de Loire Bretagne, Pays de la Loire Normandie et Ouest Ile-de-France Régulateurs Colza Equipe Centre & Ouest

Colza : limiter l'impact des repousses de céréales

Comme souvent, les repousses de céréales sont à redouter, en particulier le long des anciens andains de récolte, après déchaumages. Examinez et mesurez le risque rapidement pour éviter une concurrence préjudiciable durant la phase d’installation.

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Nuisibilité potentielle dès 5-10 repousses de céréales/m²

​​​​​​La compétition exercée par les repousses de céréales vis-à-vis du colza augmente avec leur densité. Elle contre-carre la stratégie de « Colza Robuste » et entraîne souvent des pertes de rendement insoupçonnées.

A partir de 5 à 10 repousses/m² une intervention spécifique est souvent nécessaire. Les repousses d’orge d’hiver sont plus concurrentielles que celles de blé. 

Quand intervenir, et avec quelle solution, pour gérer les repousses ?

En cas de concurrence forte et précoce, il faut intervenir rapidement, dès le stade cotylédon du colza si c’est urgent et à partir d’1-2 feuilles des céréales, même si généralement on patiente jusqu’à 2-3 feuilles au moins.  

Sur repousses, préférer les produits de la famille des « fops » pour leur rapidité d’action. Réserver les produits de type dimes, souvent plus onéreux et moins rapides d’actions, pour un usage anti-ray-grass ou anti-vulpin. 

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Le tableau suivant intègre des exemples de produits. Les doses sont à ajuster au stade des repousses (de 2-3 feuilles à 2 talles) :

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En cas de risque vulpin ou ray-grass associé au risque repousses 
Seules les parcelles avec présence de fortes populations de vulpin ou ray-grass (> 20 à 50 /m²) nécessitent précocement un anti-graminée de type « dime » pour réduire la concurrence jusqu’à l’antigraminée de type Kerb, Ielo. 
Dans ces cas, l’application "une pierre deux coups” doit viser le meilleur compromis « stades / densité » au regard de la dynamique des infestations concomitantes. Dans le cas d’utilisation de cléthodim, le stade des colzas doit être d’au moins 2 feuilles.​​​​​​​

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Respecter les conditions d’application des antigraminées foliaires :  

Le jour J (efficacité) - dans les 3-4 jours qui précédent ou qui suivent l’application (efficacité et sélectivité) :  

  • T°C >10° et < 25°C le jour de l’application, conditions poussantes et plantes réceptives, c’est-à-dire non stressées par un à-coup climatique ; 
  • volume d’eau suffisant (> 150 L/ha) pour toucher correctement la cible ; 
  • temps calme et absence de pluie dans les 1-2 heures qui suivent. 
  • hygrométrie supérieure à 60-70 % ; 

Dans les 3-4 jours qui précédent ou qui suivent l’application (efficacité et sélectivité) :  

  • pas de fortes amplitudes (plus de 15°C entre mini et maxi),  
  • pas de gel ou de fortes pluies de nature à stresser les plantes. 

Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre, Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear - t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
​​​​​​​Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Automne Centre-Val de Loire Normandie et Ouest Ile-de-France Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Bretagne, Pays de la Loire Colza Equipe Centre & Ouest

Lupin d’hiver : réussir son implantation

Les semis de lupin d’hiver vont bientôt commencer. Après une préparation souvent anticipée du sol afin de limiter le risque mouche des semis, l’implantation doit être soignée pour donner à la culture toutes ses chances de réussite.

​​​​​​​Choix de la parcelle

Le choix de la parcelle est un critère très important pour la réussite du lupin d'hiver.
Sont à éviter :

  • Les parcelles hydromorphes – le lupin est très sensible aux excès d’eau, beaucoup plus que le pois ou la féverole ; les études récentes ont montré qu’il s’agit souvent du 1er facteur limitant le potentiel de rendement. 
  • Les parcelles présentant un taux de calcaire actif supérieur à 2.5% - le calcaire actif bloque le développement du lupin, qui jaunit, reste nain et finit par disparaitre ; 
  • Les parcelles présentant un fort risque de salissement – peu de solutions sont homologuées sur lupin, la gestion de l’enherbement est un point sensible de l’itinéraire technique de la culture. 

Choisir une parcelle saine, à pH à tendance acide (pH<7), afin de favoriser le bon développement de la culture.
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​​​​​​​► Comment choisir sa parcelle

​​​​​​​Limiter le risque mouche des semis

​​​​​​​​​​​La mouche des semis est un des principaux ravageurs du lupin. Attirée par les gaz émis par les pailles fraiches en décomposition, la femelle y pond plusieurs centaines d’œufs. Durant les 3 semaines qui suivent, la larve, très attirée par les graines en germination, peut s’attaquer aux jeunes pousses de lupin. Elle creuse ainsi des galeries dans les cotylédons, les tigelles et les jeunes pousses, détruisant le germe et provoquant le pourrissement des tissus. 
​​​​​​​La période de risque pour le lupin se situe avant le stade 4 feuilles ; au-delà, les tissus sont assez durs pour résister. 
​​​​​​​Au-delà du travail du sol en amont (idéalement 3 semaines avant le semis) permettant de limiter le risque, l’implantation va également jouer un rôle dans l’atténuation du risque : 

  • Semer en bougeant au minimum le sol, dans des conditions ressuyées, à 3 cm maximum de profondeur, afin de favoriser une levée dynamique et atteindre rapidement le stade 4 feuilles. 
  • Semer aux périodes conseillées, un semis trop tôt peut exposer un peu plus le lupin au cycle de la mouche des semis. A l’inverse, un semis trop tardif va limiter la vigueur du début de cycle avant l’hiver. 

Travail du sol pour limiter le risque « mouche des semis »

​​​​​​​​​​​​​​​​​​Variétés

Quatre variétés de lupin d’hiver sont inscrites – ORUS, MAGNUS, ULYSSE et ANGUS. Ce sont principalement ORUS et MAGNUS qui sont multipliées aujourd’hui. 
​​​​​​​Votre choix doit se faire en fonction du débouché (couleur des graines, teneur en protéines...), et de la localisation de votre parcelle (résistance au froid, précocité à floraison ...). 

Déterminer son choix variétal

​​​​​​​Penser à l’inoculum !

​​​Contrairement au pois ou à la féverole, Bradyrhizobium lupini, le rhizobium spécifique au lupin, n'est pas naturellement présent dans tous les sols français. Il est donc fortement conseillé d’inoculer une parcelle portant pour la première fois du lupin, afin d’assurer son autonomie azotée.  

Inoculation du lupin

Date et densité de semis

Semer le lupin entre le 10 et le 30 septembre. Dans le Sud-Ouest, les semis peuvent être retardés jusqu’à la mi-octobre. 
Semer dans de bonnes conditions de ressuyage afin de favoriser la mise en place d’un système racinaire solide. 
Ne semer ni trop dense (risque maladie) ni trop profond (perte de vigueur face à la mouche des semis) : semer 25-30 graines/m², à 2-3cm de profondeur – objectif 20 à 25 plantes par m² en sortie d’hiver. L’écartement idéal est de 35-40 cm voire plus si vous souhaiter introduire le binage. 
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​​​​​​​► Dates, densités et profondeur de semis

Désherbage

La gestion de l’enherbement reste l’un des points les plus délicats de l’itinéraire technique de la culture. En effet, peu de produits sont homologués sur lupin, limitant parfois le spectre d’action du désherbage chimique. 

La stratégie antidicots reposera sur une prélevée via la pendiméthaline et la clomazone, complété en pré+post par l’isoxaben (CENT 7) 

La stratégie antigraminée reposera essentiellement sur la propyzamide (KERB FLO), ainsi que quelques antigraminées foliaires de la famille des FOP. 

Désherbage de prélevée et post-levée sur lupin

Le désherbage mécanique permet un bon complément aux interventions chimiques, l’utilisation quand cela est possible de la herse étrille et surtout de la bineuse permet de maintenir les parcelles dans un meilleur état de propreté. 

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Désherbage mécanique du lupin

Périodes d’intervention des différentes techniques de désherbage sur le lupin d’hiver

Association : En conduite biologique, l’association apportera une meilleure maitrise du salissement par la couverture d’une plante associée. Le triticale se prête généralement bien à l’association avec le lupin d’hiver 

Associer le lupin d'hiver

​​​​​​​Attention aux limaces

La limace est, avec la mouche des semis, l’un des principaux ravageurs des jeunes lupins : elle s’attaque aux cotylédons, aux jeunes feuilles, mais également aux racines, sur lesquelles des morsures arrondies peuvent être observées. Ces morsures fragilisent les jeunes plantes et les rendent plus sensibles aux aléas hivernaux (humidité des sols, gels…). 

Il est donc important de surveiller ce ravageur dès le semis et de protéger les lupins en cas de présence importante. 

Les ravageurs du lupin : limaces et taupins

Bastien Remurier - b.remurier@terresinovia.fr - Référent protéagineux zone Centre & Ouest

Préparation de campagne Implantation Période hivernale Centre-Val de Loire Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Normandie et Ouest Ile-de-France Bretagne, Pays de la Loire Implantation Lupin d'hiver Bastien Remurier