Taupins : Gestion en cours de campagne
Il faut avant tout bien identifier les parcelles à risque. 5 à 10 % des parcelles de tournesol sont considérées à risque : antécédents d’attaques notamment sur maïs voire sur tournesol ou colza, ou précédents favorables (friche, prairie, culture fourragère ou légumineuse).
Biologie
Description
Il existe une grande diversité d'espèces de taupins, mais deux genres dominent actuellement dans les cultures en France : Agriotes et Athous.
Adulte
- Coléoptères de 6-12 mm
- Couleur sombre, brun clair à brun noirâtre
Larve
- Filiforme, corps dur et cylindrique, ocre à cuivre, aspect luisant
- 3 paires de pattes discrètes
Biologie
Les taupins adultes se déplacent activement pour rechercher des sites de ponte qui leur conviennent au printemps. Ils déposent dans le sol leurs œufs, qui sont à l’origine des infestations larvaires pour les années à suivre. Selon les espèces et les conditions de développement, la phase larvaire dure entre deux et quatre ans et le stade adulte 1 an.
Dans les cultures attractives, les pontes des taupins sont annuelles et échelonnées avec un pic en fin de printemps et début d'é. Ainsi, dans la même parcelle, des larves d'âges différents cohabitent.
Selon les conditions (température et d'humidité), les larves de taupin se déplacent dans le sol, le plus souvent entre 0 et 60 cm de profondeur. Les larves préfèrent des températures comprises entre 10 et 26°C et des sols humides sans excès. Elles sont polyphages et supportent bien des périodes de jeûne.
Dégâts
Les adultes n'occasionnent pas de dégâts en grandes cultures, contrairement aux larves.
Les larves consomment les graines en cours de germination ou les parties souterraines des plantules levées ce qui peut engendrer des pertes à la levée.
Nuisibilité
Les pertes de rendement ne sont observées qu’en cas de fortes pertes de pieds. Les rares fortes attaques de taupins observées peuvent occasionner des pertes de 20 à 50% des pieds. Plus régulièrement, on peut observer dans les zones touchées des ronds, avec de forte perte de pieds pouvant occasionner des resemis partiels. En présence avérée de larves de taupins dans une parcelle, des levées de tournesol indemnes ont déjà été observées malgré des dégâts de taupins sur les racines. Cela s'explique par l’appétence plus faible du tournesol pour les larves de taupins par rapport au maïs, mais également par la durée du stade sensible plus courte sur tournesol (germination-levée) que sur maïs (pertes de plantes possibles plusieurs semaines après la levée).
Gestion
Identifier les parcelles à risques
| Risque moyen à élevé |
Les parcelles répondant à au moins une des conditions ci-dessous peuvent héberger des populations de taupins moyennes à élevées. Le risque d’observer des dégâts significatifs ne peut être exclu : Au cours des cinq dernières années précédant le semis du tournesol, la parcelle a subi des dégâts avérés de larves de taupins. Au cours des deux dernières années précédant le semis du tournesol, la parcelle a reçu une prairie, une culture fourragère (y compris en dérobé), une légumineuse ou une jachère non cultivée. Ces couverts sont propices à la ponte des adultes taupins, donc favorables au maintien et à l'augmentation des populations de larves. |
| Risque très faible à nul |
Parcelles non concernées par le cas précédent - Population de taupins nulle à faible, dégâts très peu probables sur tournesol. Majorité des situations où le tournesol est cultivé aujourd'hui en France |
Mettre en œuvre des mesures agronomiques
Dans les situations à risque, adapter :
1 - Le travail du sol
Le travail du sol lors de la destruction d'une culture attractive pour la ponte et favorable à l’installation de larves de taupins (prairie, culture fourragère, jachère pluri-annuelle) est déterminant pour réduire les populations. Intervenir en conditions séchantes et après la période de ponte des taupins (fin de printemps, début d'été) pour occasionner un surcroît de mortalité parmi les œufs et les jeunes larves de taupins.
2 - La densité et la date de semis
En situation à risque, recherchez une levée rapide et vigoureuse. Semez dans un sol suffisamment réchauffé.
Augmentez légèrement la densité de semis pour compenser les pertes de plantes éventuelles.
3 - Choix des insecticides pour les situations les plus exposées
Pour les cas les plus exposés, la protection est réalisée avec des traitements insecticides au semis à base de microgranulés.
La réglementation a changé pour les microgranulés à base de lambdacyhalothrine avec la nécessité d’incorporer à 4 cm de profondeur minimum et donc sans diffuseur :
- Ercole, Karaté 0,4 GR (lambda-cyhalothrine 0,4 %) de 12 à 15 kg/ha (51 à 64 €/ha),
- Trika Lambda 1, Trika Expert+ à 15 kg/ha (lambda-cyhalothrine 0,4 %, 80 €/ha),
- Trika Super, Dekiel (lambda-cyhalothrine 0,24 %) à 25 kg/ha (115 €/ha),
- Trika Perfect, Extra P (lambda-cyhalothrine 0,15 %) à 40 kg/ha (130 €/ha).
Pour Trika Lambda 1, Trika Super et Trika Perfect, la lambdacyhalothrine est associée à un fertilisant starter et un biostimulant.
Les microgranulés à base de téfluthrine (Force 1.5 G, Viking), 61 €/ha, doivent être incorporés à une profondeur minimum de 3 cm et donc sans diffuseur.
Les microgranulés à base de cyperméthrine (Belem 0,8 MG/Daxol), 49 €/ha, peuvent être incorporés dans la raie de semis grâce à un diffuseur (QDC-DXP) qui sera à adapter sur l’embout du tube de descente du microgranulateur.
Noctuelles terricoles
- Habituellement, les dégâts de noctuelle terricole (vers gris) restent modérés en intensité et localisés. En cas de disparition de pieds, assurez-vous de leur présence en grattant le sol au pied des plantes. En effet, les larves de noctuelles sont actives la nuit et enfouies au pied des plantes le jour.
- L’application au semis de microgranulés avec un diffuseur (Belem 0.8 MG/Daxol, à base de cyperméthrine) pour lutter contre les taupins apporte également une efficacité contre les attaques précoces de noctuelles terricoles.
- En cas d’attaque, intervenez rapidement dès les premiers signes d'infestation avec une pulvérisation à base de cyperméthrine (uniquement Sherpa 100EW, Aphicar 100EW, Cyperfor 100EW, Scipio 100EW). Le volume de la bouillie est d’au moins 500 l/ha. Traitez le soir (activité nocturne).
Dégâts d’oiseaux sur tournesol en fin de cycle
Les déprédations sont globalement plus rares qu’à la levée même si elles peuvent être localement importantes. Aussi bien les corvidés que les colombidés peuvent être impliqués. Récolter tôt, dès que la maturité est atteinte, est la seule parade pour limiter les prélèvements de graines par les oiseaux.
Les dégâts de pigeons peuvent être localement très pénalisants
Dégâts d’oiseaux : un challenge pour la R&D
La prévention des dégâts d’oiseaux est ardue car ces organismes se déplacent sur de larges distances et ne se contentent pas de réagir à des signaux : ils se souviennent, raisonnent et communiquent entre eux. Des recherches en partenariat sont en cours sur des pigeons équipés de GPS pour comprendre comment ils sélectionnent les ressources alimentaires sur la parcelle proprement dite et au sein du paysage. D’autres visent à étudier les choix alimentaires des corvidés au champs.
En parallèle de ces recherches indispensables, diverses solutions appliquées sont en cours de développement ou d’évaluation :
Semis sous couverts
Terres Inovia et ses partenaires travaillent sur des couverts d’orge et de féverole sortie hiver et détruits au moment du semis du tournesol. Ces couverts permettent de diminuer le taux d’attaques mais la conduite doit être adaptée pour éviter une concurrence préjudiciable au tournesol. Les premiers résultats montrent que l’orge est facilement agressive si le semis est trop précoce et suivi de conditions poussantes. En revanche, la féverole a dans certaines situations un effet bénéfique sur le tournesol en termes de biomasse et de rendement. Ces travaux sont en cours de consolidation pour trouver des alternatives mécaniques à la destruction des couverts par le glyphosate. Des développements sont envisagés sur la valorisation d’intercultures longues.
Semis de tournesol dans de la féverole : une technique pour perturber les oiseaux
Effaroucheurs lasers
Différents modèles sont disponibles, plus ou moins abordables, de la torche au dispositif autonome sur parcelle. Ils permettent de viser des individus, mais peu d’information sur une éventuelle efficacité sur des groupes de colombidés et corvidés.
Drones effaroucheurs
Différents concepts sont aujourd’hui développés : du drone terrestre au drone volant biomimétique, avec possibilités de réaction à l’environnement (détecteur de mouvements). L’analyse d’image en temps réel est un axe de travail prometteur sur lequel Terres Inovia travaille en partenariat avec l’INRA dans le cadre de l’institut Carnot Plant2Pro®
Perchoirs à rapace
Cette technique est peu coûteuse. Les perchoirs en zone de grandes cultures sont utilisés par des prédateurs trop peu puissants pour s’attaquer au pigeon ramier (par exemple buse variable), mais un effet dissuasif est possible. Une protection contre les corvidés est peu plausible.
Approche territoriale et gestion des habitats
Le couplage de méthodes de répulsion (effarouchement) et d’attraction (bandes ressources) est évoqué dans la littérature, mais implique l’acquisition de connaissances précises sur la façon dont les oiseaux exploitent les ressources dans les paysages agricoles.
À plus long terme, la gestion des populations de déprédateurs doit être pensée dans un cadre global de gestion des habitats. L’objectif est d’obtenir des communautés plus diversifiées et de favoriser la nidification de prédateurs naturels (comme l’autour des palombes et le faucon pèlerin).
Déclarer ses dégâts d’oiseaux et visualiser les zones à risque
Déclarer ses dégâts est important pour une reconnaissance de l’enjeu au niveau national et pour informer les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage qui proposent le classement « susceptible d’occasionner des dégâts » de certaines espèces. Cela permet aussi de réaliser des études pour mieux comprendre les variations des attaques et ainsi mettre au point des méthodes de prévention plus performantes.
Documents à télécharger
Tirs et piégeages d’oiseaux et petits gibiers: agir dans le respect de la réglementation
La réglementation offre des possibilités de protection des parcelles qui varient selon le statut des espèces et les départements.
Une espèce peut être déclarée « susceptible d’occasionner des dégâts » (anciennement « nuisible ») au niveau départemental. Cela autorise des opérations dites de « destruction » par des particuliers hors période de chasse. Des opérations de régulation administrative sous l’égide des lieutenants de louveterie sont aussi possibles pour toutes les espèces quel que soit leur statut. Il s’agit d’une procédure exceptionnelle soumise à enquête publique.
Statut des principales espèces d’oiseaux déprédatrices des grandes cultures
| Espèce | Statut | Type de régulation | |||
| Protégé | Susceptible d'occasionner des dégâts | Régulation en période de chasse | Destruction hors période de chasse | Régulation administrative | |
| Corneille noire | |||||
| Corbeau freux | |||||
| Choucas des tours | |||||
| Pigeon ramier | |||||
| Pigeon biset | |||||
| Etourneau sansonnet | |||||
Les formalités pour la destruction des espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts » comportent deux étapes :
- Demande d’autorisation individuelle de destruction à transmettre à la DDT, complétée par une délégation du droit de destruction si le demandeur n’est pas chasseur ou piégeur agréé.
- Déclaration de destruction (bilan) à transmettre à la DDT après les opérations.
La destruction est possible par piégeage (sauf pour les pigeons ramiers) ou tir. Les formalités et modalités de destruction peuvent varier d’un département à l’autre. Il convient de se rapprocher des DDT et Fédérations des chasseurs pour les connaitre précisément. Même si les autorisations peuvent être données rapidement, il convient d’anticiper la réalisation des dégâts qui peut couvrir un court laps de temps.
L'identification précise des oiseaux est nécessaire avant d'entreprendre une démarche.
Classements « susceptible d’occasionner des dégâts » pour la campagne cynégétique courant jusqu’au 30 juin 2020
L’arrêté ministériel triennal du 30/06/2015 établissant pour chaque département la liste des espèces d'animaux classées espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, est prolongé jusqu'au 30 juin 2019 par l'arrêté n°2018-530 du 28 juin 2018.
Obtenir le classement « susceptible d'occasionner des dégâts » des espèces déprédatrices
Pour obtenir ce classement ou bien le renouveler, il convient de déclarer les dégâts pour alimenter les travaux des commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage. C’est possible via une déclaration en ligne sur le site de Terres Inovia, ou bien via les Fédérations des chasseurs et chambres d’agriculture de votre département.
Pour plus d’information
La réglementation relative aux animaux sauvages est assez complexe car elle a hérité d’une histoire très riche. Notre guide fait le point sur la réglementation (à télécharger en fin d'article)
Documents à télécharger
Tournesol : prévenir les dégâts d’oiseaux
Les oiseaux sont un risque majeur aux premiers stades du tournesol. Les informations collectées ces dernières années (déclarations de dégâts, enquêtes) indiquent un ordre de grandeur de plus d’un tiers des parcelles attaquées au niveau national, avec une forte incidence du pigeon ramier. Les variations entre années ne doivent pas cacher une tendance de long terme à l’aggravation du problème Les dégâts sont particulièrement dommageables en cas de resemis.
Les corvidés, corneille ou corbeau freux, peuvent causer des dégâts dés le semis. Les colombidés, pigeons ramiers et pigeons de ville, consomment les cotylédons. La fréquence des espèces dépend des zones géographiques. Les corbeaux freux sont notamment moins fréquents dans le Sud-Ouest. Le guide d’identification recensent les principales espèces déprédatrices.
Le pigeon ramier est le principal oiseau déprédateur à la levée
Soigner l’implantation
La fenêtre de sensibilité des plantules de tournesol aux dégâts de pigeon ramier est étroite : environ 2 semaines de l’émergence à la première paire de feuilles. Les dégâts sont d’autant plus faibles que la levée est rapide et homogène. Semer dans un sol suffisamment réchauffé (8°C à 5 cm de profondeur), si possible en même temps que vos voisins.
Méthodes préventives : effarouchement et produits répulsifs.
Les engrais foliaires à effets répulsifs utilisables en plein sur plantules montrent une efficacité limitée. Aucun produit répulsif n’est autorisé en protection de semences
De nombreux modèles d’effaroucheurs sont disponibles utilisant des signaux visuels ou sonores (les listes sont disponibles en téléchargement en fin d'article)
L’usage des effaroucheurs sonores est soumis à des règles de bon voisinage qui peuvent être rappelées par des arrêtés municipaux. Ces dispositifs ne présentent pas une garantie d’efficacité absolue. Le principal problème est l’accoutumance des oiseaux qui peut être contrebalancée par les mesures suivantes :
- Ne pas poser les effaroucheurs top tôt, mais juste avant le stade sensible : de l’émergence à première paire de feuilles en cas de risque colombidés. Dés le semis en cas de risque corvidés.
- Ne pas hésiter à déplacer les effaroucheurs sur la parcelle tous les 2/3 jours.
- Pour les effaroucheurs sonores faire varier les signaux et les intervalles de diffusion.
- Observer le paysage avoisinant les cultures attaquées pour orienter les effaroucheurs en direction d’une alimentation alternative (comme des feuilles vertes, des baies, des glands, etc.).
- Envisager une combinaison d’effaroucheurs peut réduire l’accoutumance telle que l’utilisation de canons à gaz associés aux ballons/cerfs-volants ou associés aux moyens pyrotechniques par exemple.
Le recours à un fauconnier est efficace sur pigeon ramier d’après un test réalisé sur notre station d’En Crambade, mais il reste coûteux dans un cadre individuel.
Tirs et piégeages
L’élimination par tir ou piégeage est possible hors période de chasse si l’espèce cible est classée « susceptible d’occasionner des dégâts » sur votre département. La démarche requiert l’identification de l’espèce visée, une demande d'autorisation à la préfecture et délégation du droit de destruction si le demandeur n’a pas de permis de chasse. Il est possible d’en savoir plus sur notre article dédié [lien].
Resemis : le dernier recours
Seuls les dégâts sur tige sont fatals contrairement aux dégâts sur cotylédons
Le resemis ou le remplacement par une autre culture ne doit être envisagé qu’après observation attentive des dégâts. En effet, les lésions des cotylédons ne portent pas à conséquence contrairement aux dégâts sur tige. La décision de resemis doit donc être basée sur les seuls manques ou symptômes de tiges coupées.
Documents à télécharger
Reconnaitre les oiseaux déprédateurs du tournesol
Chaque espèce d’oiseau a son comportement propre, occasionne des dégâts à certains stades (semis, levée, maturité) et bénéficie d’un statut juridique particulier. Le classement « susceptible d’occasionner des dégâts » (anciennement « nuisible ») concerne le niveau taxonomique de l’espèce.
Les informations sur les dégâts doivent être remontées à ce niveau pour être prises en compte. Il est par ailleurs indispensable de savoir si une espèce est protégée avant d’envisager d’éventuelles opérations de destruction.
Les confusions les plus fréquentes concernent les espèces de corvidés (« corbeaux ») et de colombidés (« pigeons »). En vue de faciliter la déclaration de dégâts et le choix de moyens de lutte adaptés, notre guide permet d’identifier les principales espèces déprédatrices des cultures oléagineuses et protéagineuses.
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Source : Terres Inovia |
Source : Terres Inovia |
Source : Terres Inovia |
Corbeau freux |
Corneille noire |
Pigeon ramier |
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Source : Terres Inovia |
Source : Haha (CC BY-SA 2.0) |
Source : Pierre Selim (CC BY-SA 3.0) |
Pigeon biset |
Tourterelle turque |
Etourneau sansonnet |
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Source : Terres Inovia |
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Choucas des tours |
Corbeau freux
Longueur : 41 à 49 c - Envergure : 81 à 94 cm - Poids : 380 à 520 g
Couleur : Noir à reflets violet rougeâtre. Chez l’adulte, la peau nue autour de la base du bec est blanc grisâtre. Le jeune ressemble beaucoup à la corneille noire. La mue des plumes du bec a lieu la seconde année, entre février et mai.
Morphologie : L'oiseau est trapu. Le dessus de la tête est conique et le ventre plat. Le bec est pointu.
Alimentation : Se nourrit surtout d'insectes, de vers de terre, parfois de graines et de débris végétaux.
Habitat et comportement : Vit en campagne cultivée, en colonies, repérables par les nids volumineux regroupés en haut des arbres. Se nourrit en groupe dans les labours, souvent en compagnie de choucas. Oiseaux peu farouches lorsqu’ils ne sont pas chassés.
Risque de confusion
Adulte : aucun risque de confusion à cause de la base du bec blanchâtre
Jeune : risque de confusion avec la Corneille noire mais celle-ci a le bec bombé sur le dessus.
Statut
Chassable : OUI
Protégée : NON
Susceptible d’occasionner des dégâts (selon le territoire) : OUI
Source : BROUARD G. 2006. Guide d’identification à l’usage des piégeurs de corvidés. FREDON Rhône Alpes
Corneille noire (Corvus corone corone)
Longueur : 44 à 51 cm - Envergure : 84 à 100 cm - Poids : 450 à 600 g
Couleur : Noire avec des reflets métalliques verts.
Morphologie : Le corps est légèrement plus fin que le corbeau freux. Le bec est plus gros, arqué sur sa partie supérieure et partiellement recouvert de plumes.
Alimentation :Omnivore. se nourrit de déchets, charognes, insectes divers, petits animaux des champs, baies, fruits, graines.
Habitat et comportement : Sédentaire dans la majorité de l’Europe, elle habite les forêts, les grands parcs, les cultures. Comportement agressif envers les rapaces, qu’elle chasse bruyamment.
Risque de confusion :
- avec le jeune corbeau freux, mais celui-ci possède un bec plus pointu et non bombé
- avec le choucas des tours, qui est plus petit et donc les cris sont plus aigus.
Statut
- Chassable : OUI
- Protégée : NON
- Susceptible d’occasionner des dégâts (selon le territoire) : OUI
Source : BROUARD G. 2006. Guide d’identification à l’usage des piégeurs de corvidés. FREDON Rhône Alpes
Pigeon ramier (Columba palumbus)
Longueur : jusqu’à 42 cm - Envergure : jusqu’à 76 cm - Poids : en moyenne 500g
Couleur : Le plumage est gris, avec sur chaque aile une large bande blanche caractéristique, rendant l'oiseau facilement identifiable en vol. On observe de chaque côté du cou des petites tâches blanches (sauf chez les jeunes de l’année) et des reflets verts et pourpres.
Alimentation : Presque exclusivement végétale.
Habitat et comportement : Espèce répandue en zone cultivée, surtout à proximité d’arbres ou de zones boisées (bosquets, bois, haies…). Elle est plus rare dans les zones montagneuses. Elle peut réaliser jusqu’à 3 nichées par an.
Risque de confusion :
- avec le pigeon biset, mais celui-ci est plus petit, présente 2 larges bandes noires sur les ailes et aucune tâche blanche sur le côté du cou.
- avec la tourterelle turque, qui est plus petite
Statut
- Chassable : OUI
- Protégée : NON
- Susceptible d’occasionner des dégâts (selon le territoire) : OUI
Source : Terres Inovia. 1967. La protection des cultures contre les oiseaux – Etude sur les dégâts provoqués par Pigeons, Corvidés et Passereaux et les moyens de les limiter. Publication ACTA. 152 p
Pigeon biset (Columba livia)
Longueur : jusqu’à 32 cm - Envergure : jusqu’à 63 cm - Poids : jusqu’à 300 g
Couleur : Le plumage est gris-bleu, avec des reflets verts et lilas sur les côtés du cou. Le croupion et le dessus des ailes sont blanchâtres. La queue présente une barre noire à son bout, et les ailes 2 larges barres noires transversales, observables en vol.
Alimentation : Presque exclusivement végétale.
Habitat et comportement : L'oiseau niche souvent en colonies. Il peut ainsi être nuisible dans les zones cultivées surtout à proximité immédiate des villes.
Risque de confusion
• avec le pigeon ramier mais celui-ci est plus gros et présente des tâches blanches sur le côté du cou.
Statut
- Chassable : OUI
- Protégée : NON
- Susceptible d’occasionner des dégâts (selon le territoire) : NON
Source : Terres Inovia. 1967. La protection des cultures contre les oiseaux – Etude sur les dégâts provoqués par Pigeons, Corvidés et Passereaux et les moyens de les limiter. Publication ACTA. 152 p
Tourterelle turque (Streptopelia decaocto)
Longueur : environ 32 cm - Poids : entre 125 et 240 g
Couleur : Le plumage est gris sable plutôt clair, avec un demi collier noir autour de la nuque, souligné de blanc. Le cou et la poitrine tirent vers le gris vineux et le blanc au niveau du ventre. Les ailes présentent des liserés clairs et les plumes du bout des ailes sont foncées.
Morphologie : L'allure est élancée. Le bec est noir, court et fin.
Alimentation : Essentiellement granivore.
Habitat et comportement : L'oiseau vit en zone urbaine et rurale, vergers, bosquets… Il est visible près des stocks de grains. L'espèce est grégaire (vit en groupe) et vit généralement en couple.
Risque de confusion : avec le pigeon ramier mais celui-ci est plus gros.
Statut
- Chassable : OUI
- Protégée : NON
- Susceptible d’occasionner des dégâts (selon le territoire) : NON
Etourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)
Longueur : 18 cm - Envergure : 37 cm
Couleur : Le plumage est noirâtre aux reflets violets/verts. Des tâches triangulaires blanc roussâtre sont observables sur le dos, le dessus de la tête et le cou. La queue est bordée de roux. Chez les jeunes, le plumage est brun/gris et la gorge blanchâtre.
Morphologie : Les ailes sont pointues, la queue courte. Le bec est effilé et conique.
Alimentation : Insectivore (surtout pendant la nidification), frugivore et granivore (plutôt en automne).
Habitat et comportement : L'oiseau est très social, il vit en bandes d’effectifs variables selon les périodes de l’année. Les bandes se réunissent le soir dans des dortoirs pouvant compter plusieurs centaines de milliers d’individus. Elles se dispersent au printemps au moment de la nidification (couples isolés). L'oiseau réalise des vols importants dans la journée dans les champs et peut s’associer au corbeau freux.
Statut
- Chassable : OUI
- Protégée : NON
- Susceptible d’occasionner des dégâts (selon le territoire) : OUI
Source : Terres Inovia. 1967. La protection des cultures contre les oiseaux – Etude sur les dégâts provoqués par Pigeons, Corvidés et Passereaux et les moyens de les limiter. Publication ACTA. 152 p
Choucas des tours (Corvus monedula)
Longueur : 40 cm - Envergure : 64 à 73 cm - Poids : 220 à 270 g
Couleur : Presqu’entièrement noire, légèrement plus claire sur les flancs et la poitrine. Iris blanc. Chez les juvéniles, le plumage est terne et moins contrasté.
Morphologie : Allure générale compacte. Le bec est court.
Risque de confusion :Le choucas de tours ne doit pas être confondu avec d’autres corvidés plus corpulents et aux cris beaucoup plus graves comme la corneille noire et le corbeau freux.
Statut
- Chassable : NON
- Protégée : OUI
- Susceptible d’occasionner des dégâts (selon le territoire) : NON
Source : www.oiseaux.net
Le rendement du pois de printemps
Un rendement en pois de 45 à 60 q/ha
Le rendement du pois est de 45 q/ha en moyenne française sur ces dernières années. Les seuils de rentabilité varient selon les régions : de 35-40 q/ha dans les terres superficielles du Sud-Ouest à 50-55 q/ha dans les limons profonds du Bassin parisien, soit 10-15 q/ha au-dessus du rendement local du colza.
Certaines variétés, comme KAYANNE, peuvent même atteindre ou dépasser 60 q/ha dans les secteurs les plus favorables.
Élaboration du rendement
Une même densité quel que soit le taux de ramification
Les essais densité ont montré que l’optimum économique est le même, que les variétés ramifient peu ou beaucoup. Il est donc inutile d’augmenter la densité de semis pour les variétés qui ramifient peu. En revanche, à faible densité de peuplement (< 50 plantes/m²) les variétés qui ramifient le plus sont les moins pénalisées.
Exemples :
- la variété LUMINA ramifie toujours un peu et le nombre de tiges fertiles/plante se situe en général entre 1,4 et 1,7 (moyenne de 1,55) ;
- les variétés qualifiées de « monotige » comme KAYANNE, ramifient moins et ont entre 1,1 et 1,5 tiges fertiles/plante (moyenne à 1,3).
Durée de floraison
La durée de la floraison dépend en grande partie de l’alimentation en eau de la culture :
- en cas de bonne alimentation en eau (sol profond et temps assez pluvieux) : 7 étages sur 8-9 en fleurs portent effectivement des gousses ;
- en situation de stress hydrique important : sur 3 étages de fleurs, seulement 2,5 peuvent porter des gousses.
Poids de 1000 graines
En pois, pour une même variété, le PMG (Poids de 1000 graines) varie peu, sauf dans les situations extrêmement sèches où il peut être assez fortement réduit ou en cas de forte pression ascochytose en fin de cycle. Le rendement dépend donc essentiellement du nombre de graines formées.
Composantes optimales pour un bon rendement
Exemple avec la variété KAYANNE
- Objectif de rendement : 60 q/ha
- PMG récolte : 250 g
- Nombre de graines récoltées : 2400 graines/m²
- Nombre de plantes/m² : 70
- Nombre d’étages fructifères : 5 à 7
Le rendement du pois d’hiver
Un rendement en pois de 45 à 60 q/ha
Le rendement du pois est de 45 q/ha en moyenne française sur ces dernières années. Les seuils de rentabilité varient selon les régions : de 35-40 q/ha dans les terres superficielles du Sud-Ouest à 50-55 q/ha dans les limons profonds du Bassin parisien, soit 10-15 q/ha au-dessus du rendement local du colza.
Certaines variétés, comme ENDURO, peuvent même atteindre ou dépasser 60 q/ha dans les secteurs les plus favorables.
Élaboration du rendement
Une même densité quel que soit le taux de ramification
Les essais densité ont montré que l’optimum économique est le même, que les variétés ramifient peu ou beaucoup. Il est donc inutile d’augmenter la densité de semis pour les variétés qui ramifient peu. En revanche, à faible densité de peuplement (< 50 plantes/m²) les variétés qui ramifient le plus sont les moins pénalisées.
Exemple: le taux de ramifications est généralement plus élevé qu’en pois de printemps, notamment pour les variétés comme JAMES ou GANGSTER.
Durée de floraison
La durée de la floraison dépend en grande partie de l’alimentation en eau de la culture.
- en cas de bonne alimentation en eau (sol profond et temps assez pluvieux) : 8 étages sur 9-10 en fleurs portent effectivement des gousses ;
- en situation de stress hydrique important : sur 5 étages de fleurs, seulement 4 peuvent porter des gousses.
Poids de 1000 graines
En pois, pour une même variété, le PMG (Poids de 1000 graines) varie peu, sauf dans les situations extrêmement sèches où il peut être assez fortement réduit ou en cas de forte pression ascochytose en fin de cycle. Le rendement dépend donc essentiellement du nombre de graines formées.
Composantes optimales pour un bon rendement
Exemple avec la variété ENDURO
- Objectif de rendement : 60 q/ha
- PMG récolte : 200 g
- Nombre de graines récoltées : 3000 graines/m²
- Nombre de plantes/m² : 70
- Nombre d’étages fructifères : 6 à 9
| Le PMG des pois d’hiver est nettement plus faible que celui des pois de printemps. Il est compris entre 170 et 200 g selon les variétés. La production de pois d’hiver en nombre de graines/m² doit donc être supérieure à celle du pois de printemps pour obtenir le même rendement (q/ha). |
Stockage du pois
Bruches sur graines de pois
Ventiler
Lors de l’arrivée en stockage, la température des graines de pois peut être très élevée (> 35°C) ! Pour assurer une bonne conservation, ventiler l'air ambiant dès la mise en silo pour abaisser rapidement la température vers 18-20°C (ventilation de nuit souhaitable) et abaisser progressivement le taux d’humidité (<14 % pour une conservation sur la durée).
Intervenir contre la bruche
A la récolte, il reste souvent des graines bruchées d’où sortiront des adultes au cours du stockage. Or, il ne doit pas y avoir d’insectes vivants pour commercialiser les graines. La lutte contre les bruches au stockage contribue à réduire les populations l’année suivante.
- La fumigation phosphine (phosphure d’aluminium ou de magnésium) tue tous les insectes y compris les larves à l’intérieur des graines. Elle ne laisse aucun résidu, mais très peu d’OS français sont équipés (nécessité de silos étanches et d’un opérateur agréé). Cette technique est utilisée essentiellement dans les ports de chargement ;
- L’insecticide de stockage K-OBIOL ULV 6 (à base de deltaméthrine et pipéronyl butoxide) est le seul produit homologué sur pois (et lentille) en France. Le produit n’est pas cher et n’engendre pas de risque de dépassement de la LMR (limite maximale de résidus). Attention sur féverole, cet insecticide ne peut pas être utilisé car la LMR de deltaméthrine est abaissée à 0,01 mg/kg à partir de décembre 2024, et donc toute application au stockage rendrait la féverole non conforme. Bien qu’efficace, il semble assez peu utilisé par les OS ;
- Le chauffage est un traitement coûteux qui impose un compromis entre températures élevées pour tuer les bruches mais pas trop pour ne pas altérer la couleur des graines ;
- Le tri mécanique en hiver consiste à éliminer les déchets après que les bruches adultes sont sorties des graines. Cette pratique est assez fréquente, notamment en agriculture biologique, mais nécessite un délai avant la commercialisation. Il existe un risque de dispersion de bruches dans l’environnement.
Abaisser la température des graines ne permet pas de lutter contre les bruches, seulement d’assurer leur bonne conservation.