09,11,12,31,32,46,65,81,82
Réussir la destruction des couverts végétaux hivernaux
La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.
La période de destruction des couverts végétaux hivernaux approche. Cette intervention, qui doit permettre la dévitalisation totale des couverts et l’obtention d’une structure de sol favorable à l’implantation de la culture suivante, doit être réalisé dans des conditions optimales d’humidité du sol, mais en cas d’hiver pluvieux, comme c'est le cas cette année, le suivi de l'état d'humidité du sol est crucial pour identifier les rares créneaux favorables à la destruction qui vont se présenter.
Comment choisir la période de destruction des couvert hivernaux ?
Le déclenchement de la destruction doit faire l’objet du meilleur compromis entre l’atteinte des bénéfices du couvert (protection contre l’érosion, piège à nitrates, …), et le fait d’éviter de porter préjudice à la culture suivante par épuisement des ressources du sol, dégradation de la structure, ou augmentation de la pression ravageurs (limaces). Elle doit en outre être raisonnée en fonction du stade du couvert, sa composition, la présence d’adventices et la date prévisionnelle du semis de la culture suivante.
- Pour un couvert à dominante crucifères ou graminées, la destruction doit survenir au moins deux mois avant la date prévisionnelle de semis de la culture suivante, afin d’éviter une faim d’azote sur les premiers stades de développement de la culture.
- Pour un couvert à dominante légumineuses, la destruction peut être plus tardive, jusqu’à trois semaines avant la date prévisionnelle de semis. Dans ce cas de figure, le principal point de vigilance concerne la présence de résidus non dégradés au moment du semis.
Les conditions d’intervention sont cruciales pour les destructions mécaniques, tout particulièrement sur sols argileux. Les couverts contribuent au ressuyage du sol durant l’hiver, ils participent également au maintien d’une humidité au sol, d’autant plus importante avec des fortes biomasses ou s’ils contiennent des graminées. Il est ainsi primordial de détruire le couvert dès qu’une fenêtre favorable se présente, en d’autres termes, dès que le sol est suffisamment ressuyé sur tout le profil travaillé (consistance friable, ou au pire semi-plastique) pour limiter les risques de tassement ou de lissage. Pour cela, un suivi régulier des conditions d’humidité du sol s’impose à partir de février.
La destruction tardive d’un couvert hivernal à forte biomasse peut conduire à l’assèchement de sols à faible réserve utile, surtout si la fin d’hiver et le début du printemps sont marqués par un déficit de pluviométrie. L’alimentation hydrique de la culture suivante risque alors d’être pénalisée, en particulier en conduite pluviale.
Aussi, il faut savoir arrêter la progression d’un couvert quand il atteint 2 à 4 tonnes de biomasse par hectare (1 à 2 kg de matière verte par m²).
Vouloir trop « pousser » un couvert tardivement, peut conduire, en cas de scénario climatique défavorable, a des destructions trop tardives.
Quel mode de destruction pour mes couverts ?
Les techniques de destruction sont multiples et doivent être choisies en bonne cohérence avec les caractéristiques des espèces implantées et les propriétés du sol. En fin d’hiver, le labour ou des travaux profonds ne pourront être envisagés que sur les sols limoneux ou sableux. Sur sols argileux, le ressuyage suffisant du sol et des interventions qui restent superficielles, sont 2 conditions indispensables. Dans des situations avec des couverts bien développés, un broyage préalable peut être nécessaire.
Les travaux menés par Terres Inovia dans le cadre du réseau Syppre Lauragais ont montré que sur des couverts à tige creuse (féverole, phacélie), de nombreux matériels présentent des résultats satisfaisants de destruction (herse rotative, scalpeurs, déchaumeurs à disques indépendants, rouleaux hacheurs). La herse rotative sans rouleau, utilisée à faible profondeur (5-7cm) sur des couverts moyennement développés, assure la dévitalisation des plantes et la création d’un lit de semence favorable à la culture suivante. Le débit de chantier reste toutefois faible, tout comme l’efficacité sur les plantes à pivots et les graminées.
La difficulté principale consiste bien souvent à détruire les graminées adventices qui peuvent se développer dans le couvert pendant l’hiver, auquel cas, les outils à bon recouvrement ou équipés d’ailettes se détachent en termes d’efficacité, même si celle-ci est rarement totale. Aussi, la présence d’adventices et notamment de graminées justifie une destruction précoce, afin d’intervenir sur des stades jeunes, et viser une implantation de la culture suivante sur un sol propre.
Si le choix se porte sur la destruction chimique, des couverts développés vont demander des doses élevées de glyphosate. L’ajout de 2-4D peut améliorer l’efficacité de destruction des dicotylédones, mais s’il est utilisé, veiller rigoureusement au délai d’application avant semis du tournesol (30 jours). Précisions également que le levier de destruction chimique peut être mobilisé après une 1ère étape de destruction mécanique, si des graminées adventives n’ont pas été détruites et si les conditions d’humidité ne sont pas favorables. Dans ce cas de figure, il conviendra de moduler les doses utilisées.
Quel que soit le mode de destruction, il faudra être vigilant à la présence de résidus non dégradés ou trop grossiers qui risquent de perturber le passage de l’élément semeur de la culture suivante, ou nuire au contact sol-graine. Les résidus peuvent également générer une activité plus importante des mollusques au printemps. Une surveillance particulière doit être mise en place pour éviter des potentiels dégâts sur la culture suivante.
Pour aller plus loin
Clémence DE SAINTIGNON - Terres Inovia - c.desaintignon@terresinovia.fr
Une pression maladies intense et précoces dès la sortie d'hiver
Les conditions humides et relativement douces du mois de janvier ont été favorables au développement précoce et rapide de maladies du feuillage pour les cultures de féveroles d'hiver du Sud-Ouest, essentiellement le Botrytis mais aussi l'Ascochytose (anciennement Anthracnose) dans une moindre mesure. Dans les cas les plus sévères, et pour les situations où la destruction n'était pas initialement prévue, peut se poser la question du maintien de la parcelle et du choix de la culture de remplacement.
Les conditions humides et relativement douces du mois de janvier ont été favorables au développement précoce et rapide de maladies du feuillage pour les cultures de féveroles d'hiver du Sud-Ouest, essentiellement le Botrytis mais aussi l'Ascochytose (anciennement Anthracnose) dans une moindre mesure. Dans les cas les plus sévères, et pour les situations où la destruction n'était pas initialement prévue, peut se poser la question du maintien de la parcelle et du choix de la culture de remplacement.
Petits rappels sur la reconnaissance des maladies
Le Botrytis
Le botrytis est une maladie aérienne très fréquente sur féverole d’hiver, provoquée par un champignon : Botrytis fabae. Les symptômes sont répartis de façon homogène dans la parcelle et se présentent sous forme de très nombreuses petites tâches marron qui s’étendent et se rejoignent à mesure que la maladie se développe. A terme, elle occasionne une défoliation et des coulures de fleurs. Elle apparaît notamment sur les parcelles semées précocement et/ou densément.
Les conditions météorologiques de ce début d’année ont été particulièrement favorables au développement de la maladie, notamment sur les parcelles semées précocement (mi-octobre) et/ou de fonds de vallée fortement exposées aux excès d’eau récents. De premiers symptômes sont également visibles sur les parcelles semées plus tardivement (courant novembre). Dans ces circonstances, la nuisibilité s’annonce déjà être très élevée.
(Secteur d’Auch (32) le 02/02/2026 - Crédit photo : Terres Inovia)
Ascochytose:
Bien moins fréquente que le Botrytis, l’Ascochytose, anciennement appelée Anthracnose, est provoquée par le champignon Ascochyta fabae. Lorsque les températures sont fraîches (10-15°C) et l’humidité est élevée, elle apparaît en foyers dans la parcelle, caractérisée par des taches brun cendré peu nombreuses avec des points noirs au centre (pycnides). Elles évoluent le plus souvent en « coulures » au pourtour brun-noir. Avec le temps, le centre des taches s’éclaircit et se nécrose allant parfois jusqu’à trouer les feuilles. Sur les tiges, des lésions du même type mais plus allongées peuvent se développer et provoquer des cassures.
Cette maladie est notamment transmise par la semence. Pour limiter au maximum l’inoculum primaire, l’utilisation de semences saines et le traitement des semences sont primordiaux. Le traitement de semences PREPPER (Fludioxonil) est disponible et donné efficace contre l’Ascochytose, mais il n’a pas été évalué contre ce pathogène par Terres Inovia à ce jour.
La majorité des variétés de féverole d’hiver présente un bon comportement vis-à-vis de cette maladie.
(Ascochytose sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia)
La Cercosporiose
La Cercosporiose (Cercospora zonata) provoque des lésions sombres avec une zonation concentrique sans ponctuations noires. Elles apparaissent précocement à la base du couvert et évoluent généralement peu. Cette maladie est peu fréquente et peu nuisible.
(Rouille sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia)
La Rouille
La rouille (Uromyces fabae) est une maladie fréquente et très préjudiciable sur féverole. Elle se développe sur le feuillage sous la forme de pustules brun-rouge auréolées d’un anneau plus clair. Lorsque les conditions climatiques sont très favorables (temps chaud >20°C et humide) la rouille peut recouvrir, parfois de manière rapide et fulgurante, la totalité des feuilles voire des tiges, provoquant un dessèchement prématuré des plantes.
Elle peut entraîner jusqu’à 50 % de pertes de rendement (25 à 40 q/ha) lorsque l’attaque est précoce et importante, et qu’aucun traitement n’est réalisé.
(Rouille sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia )
Comment agir si la maladie est déjà présente ?
Aller observer les parcelles pour estimer le risque de forte nuisibilité Botrytis
Dans ce contexte d’arrivée précoce des maladies sur féverole d’hiver, il convient d’aller observer très rapidement les parcelles assolées pour estimer le niveau d’infestation actuel, et par extension la nuisibilité potentielle. Pour ce faire, il sera nécessaire de réaliser les observations suivantes, sur 5 à 8 placettes de 5 pieds représentatives de la parcelle :
- La densité de peuplement (nombre de pieds/m²)
- L’état sanitaire des pieds sur chaque placette (% de surface foliaire avec symptômes de maladie pour ce qui est du Botrytis, présence de taches pour ce qui est de l’Ascochytose)
En fonction de la densité de peuplement et de la part de surface foliaire touchée par le Botrytis, il est possible d’estimer à priori le risque de nuisibilité significative (> 30%) pour le rendement final de la culture. Terres Inovia a élaboré un tableau d’aide à la décision pour savoir où votre parcelle se situe vis-à-vis du risque Botrytis.
Cette estimation est à réaliser dès maintenant dans le Sud-Ouest. L’expérience nous montre qu’il y a une corrélation entre présence de la maladie en sortie d’hiver et nuisibilité pouvant atteindre jusqu’à 30% de potentiel de rendement à la récolte.
Intervenir lorsque les conditions seront propices ou retourner la parcelle ?
Pour ce qui est du Botrytis, les interventions fongicides n’ont pas d’effet curatif sur la maladie. Du fait de l’impossibilité d’intervenir immédiatement en parcelle, il conviendra de sérieusement penser à procéder au retournement des parcelles déjà fortement infestées (> 15% de surface foliaire avec symptômes dès à présent).
Pour les autres cas, notamment pour les semis tardifs (à partir de la mi-novembre, début décembre), il sera généralement possible de patienter et d’intervenir dès la fin-février ou début mars, lorsque les conditions météorologiques et la portance des sols seront plus favorables. Afin d’adapter au mieux la stratégie fongicide au contexte épidémiologique de l’année, Terres Inovia présente dans son Guide Culture divers exemple de programmes fongicides, qu’il est possible de retrouver ici.
En cas de retournement de la parcelle, le choix de la culture de remplacement dépendra, entre autres, des programmes de désherbage appliqués en entrée d’hiver. Voici un tableau récapitulatif des espèces implantables au printemps et des délais de semis à respecter en fonction des spécialités herbicides employées en début de campagne.
Vos contacts régionaux
- Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
- Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
Bilan de Campagne Soja 2025 - Sud Ouest
Terres Inovia, l’institut technique des professionnels de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre, présente son bilan de campagne 2025 pour la culture de soja. Dans le Sud-Ouest (Départements d’ancienne Aquitaine et Midi-Pyrénées), le rendement régional est estimé à 29 q/ha, en baisse de 6% par rapports aux rendements estimés pour la campagne 2024 (source : Terres Inovia), pour des surfaces annoncées à 63 000 ha, soit une baisse de près de 30% par rapport à la moyenne quinquennale (source : Agreste – SAA 2020 à 2024).
Terres Inovia, l’institut technique des professionnels de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre, présente son bilan de campagne 2025 pour la culture de soja. Dans le Sud-Ouest (Départements d’ancienne Aquitaine et Midi-Pyrénées), le rendement régional est estimé à 29 q/ha, en baisse de 6% par rapports aux rendements estimés pour la campagne 2024 (source : Terres Inovia), pour des surfaces annoncées à 63 000 ha, soit une baisse de près de 30% par rapport à la moyenne quinquennale (source : Agreste – SAA 2020 à 2024).
Focus : les rendements par région
La campagne 2025 a été marquée par de fortes disparités de rendements entre les parcelles cultivées en sec et celles qui ont été irriguées au cours de l’été, principalement en raison des conditions météorologiques estivales, chaudes et surtout sèches entre juillet et la mi-août. Les dates de semis ont également contribué à la variabilité des rendements, avec une plage de semis étalée de la mi-avril au début du mois de juin, conséquence d’un printemps pluvieux.
En ex-Aquitaine, les rendements moyens fluctuent de 26 à 34 q/ha selon les départements, pour une moyenne globale de 30 q/ha, avec de forts écarts entre conduites en sec (8 à 30 q/ha exceptionnellement dans les sols à forte réserve utile et implantation précoce, pour une moyenne estimée à 16 q/ha) et irriguées (25 à 48 q/ha, pour une moyenne estimée à 39 q/ha).
En ex-Midi-Pyrénées, les rendements moyens sont légèrement inférieurs, estimés à 27 q/ha de moyenne, avec là aussi de grands écarts entre départements (20 à 33 q/ha) et conduites (7 à 15 q/ha en sec, contre 20 à 45 q/ha en irrigué, avec quelques rendements exceptionnels à 55 q/ha très localement).
Des semis perturbés par la pluie
Les semis 2025 se sont décalés à cause des cumuls de pluies et des retards engendrés pour la préparation des sols. Dans le Sud-Ouest, l’essentiel des semis ont été effectués entre la mi-avril et la fin du mois de mai. Une fois les graines en terre, hormis quelques situations de pertes de pieds liés à des dégâts de taupins ou de mouches du semis, la levée s’est déroulée sans encombre.
Un début d'été caniculaire & une floraison sous la chaleur et la sécheresse
La seconde moitié du mois de juin est marquée par une séquence météorologique anormalement chaude et sèche qui a fortement impacté le développement des sojas, arrivant alors à début floraison pour les parcelles les plus précoces. Cette séquence s’est achevée par des pluies d’orages inégalement réparties sur l’ensemble du territoire.
Tout au long du mois de juillet, jusqu’à la mi-août, l’absence de pluies significatives et les remontées de températures ont été défavorables à la ramification et à la bonne fertilité des sojas conduits en sec et/ou insuffisamment irrigués, limitant de fait leur potentiel, notamment dans les terres les plus superficielles. Les parcelles régulièrement irriguées ont été moins impactées, expliquant ainsi les forts écarts de rendements obtenus à la récolte.
Une pression ravageurs moindre que les campagnes précédentes
Les attaques d'héliothis (Helicoverpa armigera) et de pyrale du haricot (Etiella zinckenella) sont rares, à des niveaux bien en-deçà des campagnes précédentes, tandis que les attaques de punaises (Nezara viridula et Halyomorpha halys) sont hétérogènes, avec des dégâts importants à la marge, selon le stade du soja (R5-R6) au moment de l'arrivée de l'insecte, l'absence de protection insecticide et/ou d'irrigation.
Pour plus d’informations, consultez le BSV Bilan régional 2025 ici.
Des pluies non-limitantes en fin de cycle, favorables au remplissage des graines
Les pluies sont revenues au cours de la dernière décade d’août et ce sont poursuives jusqu’à la mi-septembre. Ces précipitations, associées aux baisses de températures de fin d’été, ont permis d’allonger la fin de cycle des sojas et d’accompagner le bon remplissage des gousses des parcelles tardives (semis tardifs, variétés du groupe I).
Cet allongement de cycle a néanmoins ralenti l’entrée en maturité des parcelles les plus tardives, retardant les récoltes et dégradant parfois la qualité des lots moissonnés (humidité trop élevée, reprise de végétation, impuretés, etc.).
Une récolte qui s'étale entre les gouttes
La récolte s’est déroulée entre la mi-septembre et début-novembre, en fonction de la vitesse d’arrivée à maturité et des fenêtres de récoltes disponibles. Hormis pour les récoltes les plus tardives, la qualité est au rendez-vous, avec des niveaux d’humidité inférieur à 14% et des taux de protéines dans la moyenne.
Des surfaces en diminution constante depuis 2022
Les difficultés de production de ces dernières années, cumulées avec une conjoncture défavorable pour les productions biologiques, impactent directement les surfaces cultivées, avec une baisse de -5% en ex-Midi-Pyrénées et -8% en ex Aquitaine par rapport à 2024 (source : Agreste – SAA 2020 à 2024). Elle s’inscrit dans une dynamique de réduction constante des surfaces implantées en soja depuis 2022, avec une diminution des surfaces de -31% en Aquitaine et de -43% en Midi-Pyrénées en 3 ans (source : Agreste – SAA 2020 à 2024), principalement dans les territoires où la culture était conduite en pluvial et/ou en agriculture biologique.
Au niveau économique, si la rentabilité des parcelles conduites en pluvial est en moyenne très mauvaise, avec des marges nettes négatives, les parcelles irriguées affichent un niveau de marge nette (aides couplées et découplées comprises) positif (simulations de Terres Inovia à partir des données du CER France), ce qui est à souligner au vu des performances économiques récentes des exploitations en grandes cultures, hors cultures à forte valeur-ajoutée (source : données Agreste/RICA 2025, OTEX 15), dans un contexte de forte baisse des prix des céréales.
Vos Contacts Régionaux :
- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Eléments Complémentaires
Mesurer vos biomasses en sortie d'hiver pour optimiser vos apports azotés au printemps
Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation.
Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables.
Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.
Sur le Sud-ouest, les conditions de ce début de campagne ont permis, dans l’ensemble, un bon développement des colzas, lorsque ces derniers n’ont pas pâti de mauvaises conditions d’implantation.
Côté Auvergne, Rhône-Alpes et PACA, les conditions ont été très contrastées avec des implantations de colza particulièrement hétérogènes selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques. Dans ce contexte, les niveaux de développement des colzas à l’entrée de l’hiver sont très variables.
Plus que jamais, la mesure des biomasses à l’entrée et à la sortie de l’hiver constitue un levier indispensable pour affiner la dose d’azote à apporter au printemps et l’adapter au potentiel réel de chaque parcelle.
Top départ pour les pesées sortie d'hiver
La remontée des températures au cours de la semaine dernière permettra d’initier le redémarrage des colzas, après un repos végétatif et une fonte des biomasses en entrée d’hiver, à la suite des baisses de températures successives entre fin-novembre et début-janvier. Il est donc temps de procéder à la pesée des colzas, afin de déterminer les quantités d’azote à apporter en amont et/ou en cours de montaison selon les situations.
Méthode d’estimation de la biomasse
La pesée s’effectue sur 2 à 4 placettes d’1m² en sectionnant les colzas au ras le sol pour une bonne estimation de sa biomasse aérienne. La méthode de prélèvement varie selon l’écartement du colza (voir tableau ci-contre).
Dans les parcelles avec des colzas hétérogènes, il est recommandé de réaliser 4 prélèvements, à différents endroits représentatifs de la parcelle, tout en évitant les bordures. La valeur moyenne sera lors retenue pour effectuer les calculs de dose prévisionnelle.
Pour éviter tout biais de mesure, notamment en cas de prélèvement par temps pluvieux ou en cas de forte rosée, il conviendra bien secouer les plantes pour les débarrasser des gouttes d’eau sur les feuilles et enlever les éventuelles petites mottes de terre à la base de la tige.
Pour vous aider
Vous pouvez aller voir ce tutoriel
D'autres outils pour calculer directement les doses d'azote à apporter
Il existe aujourd’hui une grande diversité d’opérateurs proposant des services de conseils azoté spatialisés sur colza à partir d’un traitement d’image. Ils permettent aux agriculteurs qui le souhaitent de moduler les apports au sein de la parcelle, soit avec un système piloté sur l'épandeur d'engrais, soit en modulant manuellement par grandes zones dans les parcelles présentant des états de croissance différents. Parmi eux, 4 produits font l’objet d’un accord de partenariat avec Terres Inovia :
- Farmstar (Airbus, Arvalis)
- Agro-rendement (Wanaka/Agroptimize - Geosys)
- PRECIFert Azote (Precifield)
- Bilan Colza by Abelio (Abelio)
Pour faciliter les estimations au champ, 2 applications smartphone, ImageIT (Yara France) et Crop-Analyser (Visio-Crop), font l’objet de partenariat avec Terres Inovia. La biomasse est estimée à partir de photographies classiques, dont l'exploitation et l’interprétation sont ajustées par la hauteur de végétation, à renseigner en amont du traitement d’image.
Vous trouverez davantage d’informations concernant les méthodes alternatives d’estimation des biomasses et doses prévisionnelles en azote des colzas sur ce lien.
Calcul de la dose prévisionnelle : Attention à la surestimation des besoins !
La Réglette azote colza® permettra de déterminer la dose totale à apporter à partir de plusieurs informations : la biomasse du colza, l’objectif de rendement de la parcelle, le type de sol, l’apport de produits organiques, la nature du précédent et éventuellement l’association de légumineuses gélives.
Afin de ne pas surestimer les besoins de la culture, et ainsi éviter toute sur-fertilisation inutile et coûteuse, notamment dans un contexte de prix élevé des engrais azotés vis-à-vis des prix de vente du colza, il conviendra de fixer dans un premier temps un objectif de rendement raisonnable. Pour ce faire, il faudra calculer la moyenne des rendements des 5 derniers colzas sur la parcelle ou des parcelles comparables, en enlevant la valeur la plus faible et la valeur la plus élevée : c’est la moyenne olympique.
Au vu des conditions de température en ce début d’hiver, 2 situations.
Les colzas du Sud-Ouest ont davantage perdu de biomasse que les campagnes précédentes où, certaines années, ils ne se sont jamais vraiment arrêtés de croître et de se développer. Il convient donc, en plus de bien estimer son objectif de rendement, de prendre en compte l’azote absorbé à l’automne, par une estimation à postériori des biomasses en entrée d’hiver (entre 800g et 1.2 kg/m² en moyenne selon les parcelles) ou par le traitement d’images satellites prises entre la mi-novembre et début-décembre. Le risque de la non-prise en compte de l’azote absorbé à l’automne, lorsque les colzas ont « fondu » au cours de l’hiver, est là-aussi une surestimation des doses à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités absorbées précédemment (voir exemples ci-contre).
En Auvergne et Rhône-Alpes, marquées par des températures inférieures aux normales de mi-novembre puis de fin décembre à début janvier, les colzas ont connu un ralentissement marqué de leur croissance, voire une perte de biomasse dans certaines situations. Dans ce contexte, il est indispensable, en complément d’une estimation réaliste de l’objectif de rendement, de bien prendre en compte l’azote absorbé à l’automne. Les références issues des réseaux BSV montrent des situations très contrastées (biomasses en entrée d'hiver à 2,7 kg/m² de moyenne en Rhône-Alpes, avec des valeurs comprises entre 0,4 et 5,8 kg/m², et 1,5 kg/m² en Auvergne, avec des extrêmes allant de 0,3 à 2,8 kg/m²).
L’estimation a posteriori des biomasses à l’entrée de l’hiver, par des mesures terrain ou via l’exploitation d’images satellites acquises entre la mi-novembre et début décembre, est donc essentielle. Ne pas intégrer l’azote absorbé à l’automne, notamment lorsque les colzas ont “fondu” au cours de l’hiver, conduit à une surestimation des doses d’azote à apporter au printemps, en sous-estimant les quantités déjà prélevées par la culture.
Fractionner vos apports en fonction de la dose totale à apporter
Le fractionnement permet d’ajuster au mieux les apports aux besoins des plantes.
Pour les colzas à faible croissance, un premier apport précoce dès la reprise de végétation est recommandé ; il est en effet nécessaire d’accompagner la reprise car les petites plantes ont peu de réserves et elles n'accèdent pas facilement à l’azote du sol car, leur système racinaire est faible.
Au contraire pour les colzas à forte croissance, il est conseillé d’attendre la montaison pour l’apport éventuel d’azote ; la remobilisation des réserves accumulées dans les organes suffira à assurer une bonne reprise de végétation.
Dans tous les cas, ne pas apporter plus de 100 kg/ha d’azote en une fois.
Vos contacts en région :
- Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne-Rhône-Alpes & Provence-Alpes-Côte d'Azur
- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr)- Occitanie
Alexandra DENOYELLE - a.denoyelle@terresinovia.fr
Comportement des variétés de tournesol face à l'orobanche cumana - Résultats 2025
Le cycle de l’orobanche cumana
Les dynamiques d’accroches et d’émergences peuvent être différentes selon les secteurs, en partie liées aux conditions climatiques affectant le développement de l’hôte et/ou celui de la plante parasite.
Les toutes premières émergences sont apparues en juillet dans nos essais.
(Photo de C. Jestin – Terres Inovia ; site Longeville-sur-mer – 07/2025)
Le dispositif d’évaluation
Le réseau d’essais, mis en place annuellement est réparti entre la région Sud et le Poitou-Charentes/Vendée, avec 2 -3 essais/an. La difficulté de réussite de ces essais repose avant tout sur la possibilité de disposer de parcelles avec un niveau d’infestation important et homogène. Un grand merci aux agriculteurs pour nous avoir permis de conduire ces expérimentations chez eux.
En 2025, ce sont 2 essais qui ont été implantés dans des parcelles naturellement infestées :
- Longeville-sur-mer (85) - Visite terrain le 31/07, avec 21 participants
- Verdun-sur-Garonne (82)
Les variétés implantées sont celles ayant a priori un comportement permettant de répondre aux principaux risques sur les secteurs concernés selon les dires des semenciers, soit des variétés classées peu sensibles (PS). L’expérimentation permet d’affiner notre conseil en vérifiant le comportement des variétés PS (en les sur-ou dé-classant). Certaines variétés sont retestées d’une année à l’autre en cas de doute.
Le dispositif est en trois répétitions avec un témoin sensible adjacent pour évaluer la pression parasitaire. Les notations sont réalisées durant l’été en mesurant l’incidence et la sévérité.
Résultats 2025 : des variétés TPS en pression modérée à forte
Les conditions de l’année ont encore joué un rôle clé dans la présence d’orobanche. Sur les deux sites d’essais tournesol, un seul a finalement montré une infestation suffisante pour établir un classement variétal.
Le dispositif de Verdun-sur-Garonne (82) n’est pas retenu en raison d’une pression parasitaire trop faible : des conditions climatiqes sèches dès juin ont probablement été défavorables à l’orobanche.
La classification de cette année repose ainsi majoritairement sur le dispositif implanté à Longeville-sur-mer (85) connue pour sa pression parasitaire très forte. Cette année, les conditions environnementales ont favorisé l’orobanche pour les 3 répétitions de ce site. Le niveau d’attaque était modéré à fort sur le témoin sensible répété, avec en moyenne 87% de plantes attaquées (62 à 98%), avec une majorité de pieds en classe 2 (2-5 orobanches/pied) et 3 (6-15 orobanches par pied). Le niveau de sévérité reste toutefois inférieur aux années précédentes sur ce site, où il est fréquent d’observer plus de 15 orobanches/pied sur la totalité des témoins sensibles.
Orobanches émergées sur le témoin sensible à droite ; absence d’orobanche sur une variété résistante à gauche (Longeville-sur-mer, 2025) (Photo : C. Jestin, Terres Inovia)
En infestation modérée à forte, les 17 variétés testées ont présenté un comportement TPS (très peu sensible) avec en moyenne 0 à 10 % de pieds infestés. Seule la variété LID 1062H CLP présentait un niveau d’infestation moyen proche de 10 % (0-15% selon les blocs), à l’inverse des autres variétés qui présentaient moins de 3 % d’infestation. Le témoin résistant P64LE25 présent d’une année à l’autre présente toujours un très bon comportement soulignant la capacité de certaines variétés proposées sur le marché à répondre à la problématique.
Les variétés TPS de cette année sont listées ci-dessous. Retrouvez également tous les résultats sur myvar.fr.
|
Variété |
Proposition classification 2025 |
Classification 2024 |
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CATALINA |
TPS |
TPS* |
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LG 50463 |
TPS |
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LG 50487 CLP |
TPS |
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LG 50626HOV |
TPS |
TPS* |
|
LID 1062H CLP |
TPS |
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|
LID 1074H |
TPS |
|
|
LID 1083H |
TPS |
|
|
LID 6038H CLP |
TPS |
TPS* |
|
P64HE188 |
TPS |
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RGT GALLAXY SU |
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ROQUETTE |
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SUREST HTS |
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SY ALMAGRO |
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SY ESSENTIO |
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SY MAGISTER |
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TPS : Très Peu Sensible à l’orobanche cumana. *A conforter
Attention : l’infestation par orobanche cumana est encore un phénomène émergeant. La diversité génétique des populations d’orobanche n’est pas encore stabilisée. Toutes les variétés TPS/PS peuvent ne pas montrer les mêmes niveaux de comportement dans les secteurs à fort risque orobanche cumana. Une attaque notable n’est donc pas exclue malgré les mesures prises.
Aussi, les variétés non proposées à la classification dans le réseau Terres Inovia peuvent donc être potentiellement à risque concernant leur comportement vis-à-vis de l’orobanche.
Dans les secteurs historiques de présence d’orobanche, les variétés sans évaluation ou avec une note inférieure à PS ou TPS sont donc à éviter.
Comment intégrer le choix variétal dans la lutte contre l’orobanche cumana ?
Avant tout, le choix variétal est le 1er levier à activer pour limiter à la fois la nuisibilité sur le tournesol et la dissémination des graines de la plante parasite dans les parcelles avoisinantes.
Il convient d’utiliser à minima des variétés PS dans les secteurs à fort risque orobanche.
Pour maximiser la durabilité du levier génétique, il convient de l’associer à des pratiques agronomiques, chimiques, et prophylactiques, adaptées à votre situation.
Christophe Jestin - c.jestin@terresinovia.fr - Chargé d'études - génétique & protection des cultures
Céline Motard - c.motard@terresinovia.fr - Responsable adjoint variétés
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Ingénieur Régional de Développement Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
Quentin Lambert - q.lambert@terresinovia.fr - Ingénieur Régional de Développement Zone sud
Evaluer le risque lié au charançon du bourgeon terminal du colza dans le Sud-Ouest
Les piégeages réalisés dans le cadre du réseau de surveillance colza, ont mis en évidence un début de vol du charançon du bourgeon terminal (CBT) depuis trois semaines maintenant. Même si le vol s’intensifie doucement, il est temps de faire un point sur l’évaluation du risque en parcelle à partir des différents critères agronomiques qui permettent, selon les situations, une impasse de traitement.
Le CBT, un ravageur dont les dégâts sont visibles au printemps : rappel. Les dégâts sont occasionnés par les larves de charançons issus des adultes visibles aujourd’hui. Ces dégâts se traduisent au printemps par des pieds de colzas à port buissonnants, c’est-à-dire une disparition de la tige principale au profit de hampes secondaires repartant du pied ; ces plantes présentent une taille réduite par rapport à un colza sain. A l’échelle de la parcelle, on estime une perte de rendement à partir de 30% de plantes à port buissonnant.
Faut-il intervenir?
L’état du colza est primordial, couplé à la présence ou non du ravageur sur le territoire. Tous les colzas ne sont pas égaux face au CBT et la décision d’intervenir est non seulement soumise à une évaluation de la présence du ravageur mais également de l’état du colza.
1/ Evaluer l’activité du charançon du bourgeon terminal (BSV et parcelle)
Cuvette jaune indispensable. En effet, l’identification de l’insecte et surtout sa date d’arrivée sont des données indispensables pour intervenir au bon moment si l’intervention se justifie (risque de pontes). Par ailleurs, il est recommandé d’utiliser les données de réseaux d’observations (exemple BSV, bulletin de santé du végétal) et de comparer la situation de sa parcelle à celle des parcelles proches. En effet il peut arriver qu’un piège capture plus ou moins bien les insectes.
Les captures du ravageur étaient peu nombreuses depuis deux semaines. Elles tendent à se généraliser cette semaine, même si elles restent encore peu élevées en intensité.
N'hésitez pas à consulter le dernier BSV de votre région pour plus d'informations sur le risque local et les captures significatives :
• Occitanie
• Nouvelle-Aquitaine
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Ne pas hésiter à utiliser notre outil de prédiction des vols en sélectionnant le Charançon du bourgeon terminal- Prédiction des vols ravageurs Globalement, l’ensemble des secteurs de production de colza dans le Sud-Ouest sont concernés par la présence du ravageur. Rappelons que la protection des colzas vise les adultes au moment de la ponte des femelles. L’arrivée des adultes signale le début du décompte des 8-10 jours et donc de la période de risque. |
Attention, la moyenne pluriannuelle tend à lisser les pics de captures de chaque année.
2/ Evaluer le risque agronomique, c’est-à-dire la capacité du colza à poursuivre sa croissance
Le risque charançon du bourgeon terminal est réduit sur un colza suffisamment développé qui pousse au cours de l’automne jusqu’à l’entrée de l’hiver. Ainsi, c’est bien l’état de développement du colza et la dynamique de croissance durant l’automne jusqu’en entrée hiver qui sont déterminants.
La biomasse fraîche (mesurer la biomasse en kg/m² ou g/plante), la couleur du colza, la qualité de l’enracinement (longueur du pivot et état du système racinaire) et la disponibilité en azote permettent d’évaluer sa capacité à poursuivre sa croissance.
On recherche à la fois un colza bien développé au moment de l’arrivée de l’insecte, avec une alimentation correcte jusqu’à l’entrée hiver pour éviter une faim d’azote et un arrêt de croissance.
3/ Reporter les indicateurs de votre parcelle dans l’outil dédié
C’est la combinaison de cet état agronomique et de la présence du ravageur (qui permet d’évaluer le risque à la parcelle et de décider le passage d’un insecticide. La simple présence du ravageur n’est pas le seul indicateur à prendre en compte !
4/ Si je dois intervenir, comment positionner mon traitement
La stratégie de lutte consiste à viser les femelles adultes avant qu’elles ne pondent. L’aptitude à la ponte est atteinte 10 à 15 jours après l’arrivée sur les parcelles. Le traitement insecticide est donc à positionner un peu en amont, 8-10 jours après les premières captures significatives. On peut estimer un piégeage significatif à partir de 5 individus piégés sur la même semaine. Ce chiffre est à prendre comme une indication et non comme une valeur seuil validée.
La date d’intervention est donc fonction de la date d’arrivée des insectes sur la parcelle, 8 à 10 jours après les premières captures significatives (>5 individus/cuvette lors d’un relevé hebdomadaire).
Avec quelle solution peut-on intervenir ?
Les pyréthrinoïdes fonctionnent bien sur le charançon du bourgeon terminal. En cas de besoin, utiliser un pyréthrinoïde autorisé comme la lambda-cyhalothrine, la deltaméthrine ou la cyperméthrine. L’étofenprox affiche un niveau d’efficacité inférieur.
L’intervention visant le CBT exercera un premier contrôle des larves d’altises. Dans les situations peu poussantes, hydromorphe.
Votre contact régional
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Centre et Est Occitanie
- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Aquitaine, Gers et Hautes-Pyrénées
Une délégation de producteurs chiliens sur le site de Terres Inovia à En Crambade
Début octobre, l'institut a accueilli des agriculteurs sud-américains pour une visite d'acquisition de références sur la culture du colza. Le début d'une collaboration transatlantique.
Crédit : Terres Inovia.
Terres Inovia a récemment été sollicité par un groupe de producteurs chiliens en quête d'informations sur la culture du colza. A En Crambade (31), les agriculteurs venus accompagnés d'un ingénieur agronome local et d'une traductrice, les agriculteurs ont pu avoir des échanges avec l'équipe d'experts de l'institut.
11 000 km, et pourtant...
En effet, les conditions pédoclimatiques (notamment les sols argileux) sur le site de Haute-Garonne présentes des similitudes avec celles au sud de Santiago, à quelque 11 000 km, où les producteurs chiliens sont installés.
"Nous les avons reçus sur le terrain pour une demi-journée afin de leur montrer la station, les essais, de leur présenter les références techniques puisqu'ils étaient intéressés par l'itinéraire technique du colza ainsi que le cycle cultural", résume Quentin Lambert, ingénieur régional de développement Centre-Est Occitanie pour Terres Inovia.
Plus de diversification
Comme dans le Sud-Ouest où le colza est peu présent, les agriculteurs au sud de Santiago ne cultivent pas l'oléagineux. L'objectif des visiteurs était donc d'acquérir suffisamment de connaissances pour diversifier leurs rotations.
Après des échanges constructifs et une première idée de webinaire, la collaboration transatlantique s'oriente davantage vers une formation in situ au printemps 2026. Manténganse al tanto !
Contact : Quentin Lambert, q.lambert@terresinovia.fr
L’Arrivée de l’automne est synonyme de vigilance sur les altises - Sud-Ouest
Les conditions climatiques dans le Sud-Ouest ont été favorables aux semis précoces des colzas. Les tout premiers semis ont été réalisés dès le 10/08 (avant les premières pluies du 13/08) puis la majorité des semis sont effectués fin août, alors que les pluies sont régulières. Depuis, la croissance est soutenue mais des derniers semis ont pu avoir lieu encore récemment. Les stades de développement s’étalent donc de cotylédon à 7 feuilles avec des parcelles en majorité à 4 feuilles (au 24/09). La semaine dernière a été marqué par un rafraîchissement des températures, notamment sur le matin. Cette semaine, les températures sont plus douces et sont donc potentiellement favorables au vol de grosses altises adultes. Dans ce contexte, un rappel du seuil, de la période de risque et des solutions disponibles est nécessaire.
Au vu des conditions météo, une surveillance est de mise
Le déclenchement du vol de grosses altises est conditionné par une variation de températures. Nous sortons d’une semaine plutôt froide et les températures se sont maintenant adoucies. Cela pourrait être favorable au vol d’autant que les premiers retours du réseau BSV la semaine passée montre quelques premières captures via les cuvettes jaunes.
Par conséquent, il est indispensable de surveiller les parcelles dès aujourd’hui, et plus précisément celles qui n’ont pas atteint 4 feuilles, et suivre l’évolution de la situation au travers du BSV (Bulletin de Santé des Végétaux).
Consulter l’OAD de Terres InoviaEn quelques clics, cet outil estime le risque parcellaire lié aux prélèvements foliaires par les altises lors de la phase levée du colza. Il a été construit en intégrant des résultats d'essais et l'expertise des agents de Terres Inovia. Lien vers l'outil : Estimation du risque lié aux altises adultes |
L’insecte migre sur la parcelle depuis divers abris, où il réalise sa diapause estivale. Peu active le jour, l’altise est active en début de nuit pour s'alimenter au détriment du colza. Quelques jours seulement après l’arrivée sur la parcelle, la ponte a lieu dans le sol, à proximité du collet du colza. Les dégâts causés par les adultes se manifestent par la destruction de surface foliaire, sous forme de morsures circulaires. Concernant les dégâts, ils sont potentiellement préjudiciables et d’autant plus importants que le colza est peu poussant et à un stade peu développé avant 4 feuilles. Grâce au semis précoces pour la région cette année, une grande partie des colzas ne sont plus concernés par le risque grosses altises adultes.
Les interventions ne sont pas systématiques !
De la levée à 3 feuilles, le colza pousse relativement lentement et sa biomasse est faible. Les destructions de feuilles (voire des cotylédons) par les adultes de la grosse altise sont d’autant plus préjudiciables sur des colzas peu développés et peu poussants. L’application d’une protection est conseillée si 80% des plantes présente au moins une morsure et 25% de la surface foliaire est consommée.
Intervention inutile à partir de 4 feuilles
A partir de 4 feuilles, le colza entre en phase de croissance active. La production de biomasse par la plante est alors plus rapide que les destructions par morsures de l’altise. A partir de ce stade, une intervention contre la grosse altise adulte est inutile. Intervenir sur les adultes se raisonne au regard du risque qu’elles font peser sur les plantules de colza jusqu’à 3 feuilles inclues. Cette intervention n'aura que peu d'impact sur les infestations larvaires qui elles seront visibles à l'entrée de l'hiver et qui devront être gérées spécifiquement.
Avec la seule famille des pyréthrinoïdes à disposition pour lutter contre ce ravageur au stade adulte, l’efficacité sur adultes comme sur les larves de la grosse altise est directement liée au niveau de résistance des populations. Il est par conséquent essentiel d’intervenir uniquement en cas de risque avéré sur adultes ou sur larves et de limiter l’utilisation de ces insecticides (stratégie d’esquive, en semant tôt).
Si une intervention est nécessaire :
- Dans les secteurs où les résistances fortes ne sont pas généralisées (en jaune ou hachuré) comme le Sud-Ouest, intervenir avec un pyréthrinoïde en soirée (adulte actif en début de nuit).
- Pour les régions à forte résistance généralisée aux pyréthrinoïdes (secteur rouge sur la carte), non encore détecté dans le Sud-Ouest, la seule stratégie de gestion passe par un semis et une levée précoce.
Toutes les pyréthrinoïdes n’ont pas la même efficacité
- 3-4 jours après le traitement, les pyréthrinoïdes lambda-cyhalothrine, cyperméthrine (on peut y associer la deltaméthrine) et l’étofenprox sont comparables.
- 7 jours après le traitement, on observe des différences. Lambda-cyhalothrine, cyperméthrine et deltaméthrine conservent leur efficacité (50 à 60 %). L’étofenprox est en retrait.
- L’esfenvalérate est en retrait à 3-4 jours ou 7 jours.
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Pour la première fois, la dérogation Minecto Gold est en vigueur sur l’ensemble du territoire, dont le Sud-Ouest. Attention cette dérogation d’utilisation ne porte que sur les larves de grosses altises (puisque utilisable seulement à partir du stade 6 feuilles), qui sont différentes des grosses altises adultes qui vont nous concerner dans les prochains jours. Voir l’article ci-dessous Voir l'article sur la dérogation Minecto Gold 2025 Cette même dérogation permet toutefois l’utilisation du Minecto Gold en colza semence (porte-graines) sur la cible grosse altise adulte (stade cotylédons à 4 feuilles). En effet, la dynamique de croissance entre un hybride (majoritairement utilisé en colza conso) et une lignée (utilisée en colza semence) mais aussi la date de semis (les colzas semences sont généralement implantés plus tardivement) explique l’ouverture de cet usage précoce avec une solution supplémentaires aux pyréthrinoïdes. |
Votre contact régional
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Centre et Est Occitanie
- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Aquitaine, Gers et Hautes-Pyrénées
Grandes cultures bio : une rencontre technique dans le Gers
Mi-septembre, une journée d’échanges multipartenariale était organisée dans le Sud-Ouest. Quelque trente participants ont pu évoquer le bilan de campagne et visiter une parcelle d’essais.
Ce lundi 15 septembre, Fleurance (Gers) a accueilli la Rencontre technique grandes cultures bio. La journée a été animée conjointement par la chambre d’Agriculture du Gers, Terres Inovia, Arvalis, le LIA - Groupement d’intérêt public d’Occitanie, Agribio Union et le Creabio.
Un après-midi consacré à la visite d’une plateforme d’essais variétaux de soja bio et
à un dispositif trichogramme pour lutter contre les ravageurs du soja. Crédit : Terres Inovia
Au programme de l’événement, une matinée dédiée au bilan de campagne des cultures conduites en bio localement (connaître les ravageurs du soja, point sur les essais variétaux de pois chiche et lentille, association céréales et légumineuses, semi précoce de lentille), et un après-midi sur le terrains à Castelnau d’Arbieu en compagnie de Clémence de Saintignon et Quentin Level, ingénieurs chez Terres Inovia.
Soja bio : les agriculteurs préoccupés par les ravageurs
Pour la trentaine de participants et une classe de BTS, c’était également l’occasion d’échanger et d’enrichir leurs connaissances grâce aux retours des techniciens et des agriculteurs.
La journée a permis d’approfondir la compréhension des cycles des nouveaux ravageurs du soja, afin que les producteurs puissent mieux les repérer, identifier les périodes critiques et adapter leurs pratiques en conséquence. Les participants ont aussi pu découvrir les profils des nouvelles variétés en cours d’évaluation, ainsi que différents travaux en cours de réalisation.
Enfin, la visite au champ a offert une lecture concrète du comportement des variétés et également la présentation d’un essai de biocontrôle utilisant des trichogrammes pour lutter contre les ravageurs du soja. L’ensemble de ces présentations a également constitué un temps fort d’échanges : une occasion pour les participants de poser leurs questions et de discuter sur les problématiques rencontrées sur leurs exploitations et plus largement sur leur territoire.
Contact : Clémende de Saintignon, c.desaintignon@terresinovia.fr
Documents à télécharger
Colza : les levées favorables ne doivent pas faire oublier d’observer la présence des ravageurs
Grâce aux pluies qui ont débuté dès la mi-août (localement) puis fin août (sur l’ensemble du territoire), les semis ont pu être réalisés sereinement cette campagne et une grande partie de la sole prévue est maintenant semée et/ou levée. Les stades des colzas sur la zone sud et AURA sont compris entre levée en cours et 2 feuilles. Les premiers ravageurs sont présents localement dans les parcelles. On peut citer en premier lieu les limaces. C’est le bon moment pour faire le point sur la reconnaissance et les moyens de lutte si nécessaire.
Ne pas se laisser dépasser par la présence de limaces
Comme en 2024, cette fin d’été est humide et donc favorable à l’activité des limaces. Une attention toute particulière doit être mise en place pour éviter les déconvenues. Des retours d’attaques de limaces sont déjà remontés dans le Sud-Ouest, côté Auvergne-Rhône-Alpes, les conditions humides, rendent la vigilance de mise. Dans les situations à risque, et au vu du climat favorable à l’activité des limaces, une application préventive juste après le semis est conseillée. Puis, pour la majorité des parcelles déjà levées mais n’ayant pas atteint le stade 4 feuilles, le raisonnement du risque doit se faire en fonction de plusieurs critères :
- L’activité des limaces via le suivi d’un piège,
- La dynamique de dégâts observés sur plante,
- La disponibilité des molluscicides,
- Les facteurs parcellaires favorables aux limaces (sol motteux, pailleux ou avec résidus en surface).
Les attaques précoces sont les plus préjudiciables.
La pose d’un piège et vivement conseillée (carton plastifié, tuile, soucoupe plastique, planche,…) ou mieux un véritable piège à limaces. Relevez vos pièges tôt le matin - Voir l'article dédié
Moyen de lutte :
Deux substances actives sont disponibles : phosphate ferrique et méthaldéhyde. N'hésitez pas à consulter le Tableau Anti-limaces présent dans le guide colza 2025.
Maintenir les repousses de colza pour limiter les déplacements de populations de petites altises vers les nouvelles parcelles
Sa présence n’est pas systématique, mais peut être localement préjudiciable. Généralement, on retrouve la petite altise dans les secteurs avec un historique colza : Haute-Garonne, Tarn, Gers, Lot-et-Garonne ou encore la Dordogne.
Des symptômes de petites altises ont été remontées localement en Auvergne Rhône-Alpes sur des parcelles déjà levées.
Les symptômes se traduisent sur la plante par des morsures d’alimentation, ressemblant à ceux de la grosse altise, mais ne perforant généralement pas complètement les feuilles. Les dégâts associés peuvent alors être importants allant jusqu’à la disparition des plantes et potentiellement à la perte totale de la parcelle si le colza est peu développé et peu poussant. Le risque est donc plus présent sur les très jeunes colzas, c’est-à-dire au stade cotylédons et également sur les bordures, zones d’arrivées du ravageur.
Le colza est exposé à la petite altise de la levée jusqu’à 3 feuilles compris. Au-delà, la cinétique d’émission de nouvelles feuilles par la plante compense les pertes par morsure. Le seuil de nuisibilité est défini à 80% de plantes avec morsures et 25% de la surface foliaire détruite.
Moyen de lutte :
L’un des leviers les plus efficaces est celui qui consiste à limiter les risques de colonisation de la parcelle par l’insecte. Pour cela, il est primordial de maintenir en place les repousses de colzas sur les parcelles proches d’un colza en train de lever ou à un stade jeune. Ces repousses constituent des zones refuges. Leur destruction entraine alors le déplacement des populations de petites altises vers les nouvelles parcelles de colza en cours de levée. Par conséquent, la destruction d’une parcelle de repousses pour éviter d’entretenir les populations de petites altises est bien souvent une fausse bonne idée.
En cas de présence sur la parcelle, et si le seuil de nuisibilité est dépassé, les pyréthrinoïdes peuvent être utilisés. En l’absence de référence établies sur des différences d’efficacité entre les pyréthrinoïdes sur petites altises, privilégier les solutions les moins couteuses, telles que la deltaméthrine ou la cyperméthrine. Attention à bien tenir compte du nombre maximum d’application/an. A ce titre il peut être préférable de conserver la lambda-cyhalothrine pour des applications ultérieures.
L’efficacité de ces solutions est parfois mise en défaut, du fait d’une part des arrivées massives et successives d’insectes, et d’autres part des conditions météorologiques d’août ou début septembre chaudes et sèches qui favorisent les pullulations.
En cas de doute, sur l’atteinte du seuil de nuisibilité n’hésitez pas à utiliser notre outil en ligne, valable sur petites et grandes : Estimation du risque lié aux altises adultes altises
Tenthrède de la rave, la réactivité est la clé du succès
Le stade de sensibilité s’étend jusqu’au stade 6 feuilles inclus. Le seuil de nuisibilité est atteint si 25% de la surface foliaire est détruite par le ravageur. L’évolution d’une attaque peut être soudaine.
L’adulte qui est un hyménoptère de 6 à 8 mm, au corps et appendices noirs n’est pas nuisible. Son abdomen de couleur vive est jaune-orangé (critère de reconnaissance). Son arrivée dans les parcelles peut être identifié via les cuvettes jaunes. Attention, une arrivée en nombre ne présage pas forcément d’une forte attaque. Cela doit tout de même pousser à la vigilance et à l’observation.
Moyen de lutte :
Si une attaque est détectée et le seuil de nuisibilité dépassé, la lambda-cyhalothrine (Karate Zeon, Karis 10 CS, Lambdastar), la deltaméthrine (Decis Expert, Decis Protech, Deltastar) ou la cyperméthrine (Cythrine Max) peuvent être utilisées. Attention à bien tenir compte du nombre maximum d’applications/an. A ce titre il peut être préférable de conserver la lambda-cyhalothrine pour des applications ultérieures. Utiliser un volume de bouillie élevé afin d’atteindre la cible, notamment sur des colzas proches de 6 feuilles. Les solutions à base Bacillus thuringiensis (Bt) ne sont pas efficaces contre la tenthrède.
Des attaques rares de vers gris ou noctuelle terricole
Ces attaques sont le plus souvent localisées et restent assez rares à l’échelle du territoire (Gers, façade atlantiques ou Haute-Garonne principalement).
Moyen de lutte :
En cas d’attaque, une intervention est possible à base de cyperméthrine (uniquement Sherpa, 100EW, Aphicar 100 EW, Cyperfor 100EW, Scipio 100 EW)... Il est fortement recommandé d’intervenir le soir (activité nocturne) sur un sol de préférence humide, et d’utiliser un volume de bouillie important de 500l/ha, pour favoriser la pénétration du produit dans les premiers cm du sol. L'idéal pour y parvenir étant de réussir à intervenir sous une pluie (dans la limite de la portance du sol) ou juste avant celle-ci.
Les homologations récentes des microgranulés Trika Super ou Trika Perfect, sont également des solutions autorisées mais leur efficacité sur noctuelles reste à préciser. Ces microgranulés doivent être incorporés à 4 cm au moins donc sans diffuseur. En raison du coût de ces solutions et du caractère aléatoire des attaques de noctuelle, il est préférable de les réserver aux parcelles à risque taupins avéré. Généralement, les attaques s’estompent à partir de 4-6 feuilles, lorsque le collet commence à s’épaissir.
N'hésitez pas à consulter le Tableau récapitulatif des insecticides autorisés en Colza – 2025
Vos contacts régionaux
- Quentin Level (q.level@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées ( Remplaçant d'Arnaud Micheneau)
- Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) – Centre et Est Occitanie
- Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) – Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur