Ce projet de R&D, piloté par Terres Inovia, fait partie des projets PARSADA. Terres Inovia a organisé sa réunion de lancement le 5 mars, à Paris, en présence des financeurs, des partenaires du projet et des porteurs d’autres projets PARSADA ayant un lien fort avec ALTIFAST.Soutenu par les pouvoirs publics, il vise à mieux connaître certaines espèces d’altises impactant le colza, le radis, le lin ou le chanvre pour fournir des solutions pratiques afin de lutter contre ces insectes.
PARSADA : trouver des alternatives au retrait de solutions chimiques
Quelles alternatives seront possibles pour protéger au mieux les cultures face au retrait progressif des substances actives ? « Le retrait progressif de certaines substances actives, la montée des résistances chez les ravageurs et les effets du changement climatique rendent la gestion sanitaire des cultures de plus en plus complexe », explique Franck Duroueix, responsable de la cellule des intrants et du biocontrôle chez Terres Inovia.
Afin de ne pas laisser les agriculteurs sans solutions, le PARSADA (Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures) a été conçu pour développer un éventail de solutions opérationnelles pour faire face aux potentielles situations d’impasses. À la fin de l’année 2025, près de 180 millions d’euros avaient déjà été engagés dans ces travaux.
ALTIFAST : de nouvelles stratégies de lutte contre les altises
Le projet ALTIFAST s’inscrit dans cette dynamique collective visant à développer de nouvelles stratégies de lutte contre : les altises (Aphtona euphorbiae et Longitarsus parvulus) sur lin fibre, l’altise d’hiver (Psylliodes chrysocephala) sur colza, les altises des crucifères (Phyllotreta sp.) sur radis porte-graine et l’altise du chanvre (Psylliodes attenuata) sur chanvre porte-graine.
Piloté par l’institut technique Terres Inovia, il rassemble Arvalis, la Fnams, l’Anamso et la Chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir. Le projet mobilise aussi la coopérative Hemp’it, le laboratoire d’EcoEntomologie d’Orléans, les établissements semenciers Vilmorin-Mikado et Vikima ainsi qu’une centaine d’acteurs régionaux, notamment des structures de conseil et des chambres d’agriculture dans le prolongement du Plan de sortie du phosmet.
Quatre piliers de recherche
Pendant cinq ans, les travaux s’articuleront autour de quatre axes :
• Approfondir les connaissances sur la biologie et l’écologie des coléoptères
• Développer des solutions à l’échelle de la plante
• Développer des stratégies de gestion à l’échelle de la parcelle et du territoire
• Transférer et déployer ces références sur le terrain
Une connexion avec d’autres projets
ALTIFAST s’inscrit également dans un écosystème de projets complémentaires.
Ainsi, des échanges méthodologiques seront notamment menés avec les projets COLEOFAST (piloté par la FNAMS) et TAUPIFAST (piloté par la Fn3PT) qui ciblent d’autres coléoptères posant problèmes dans les filières semences et grandes cultures. par exemple.
Des synergies sont aussi attendues avec les projets transervaux pilotés par l’INRAE : ASAP, consacré à l’étude de l’adaptation des bioagresseurs aux méthodes de lutte ; Metaserv, qui développe des outils de sélection et de déploiement des plantes de service, ARDECO qui vise à développer des solutions autour de l’écologie chimique. Un lien fort sera maintenu avec le projet Déphy EXPE CONCERTO, piloté par Terres Inovia, afin d’évaluer des stratégies de lutte combinatoire à l’échelle de la parcelle et du territoire.
Les avancées du projets seront communiqués au fil de l’eau via tous les supports disponibles : presse, site Internet, webinaires, rencontres techniques au champ ou en salle …
Le premier évènement à noter est la restitution des travaux du Plan de sortie du Phosmet le 24 mars 2026, qui cible l’altise d’hiver sur colza (et le charançon du bourgeon terminal).
Le retrait progressif de certaines substances actives, la montée des résistances chez les ravageurs et les effets du changement climatique rendent la gestion sanitaire des cultures de plus en plus complexe