Le sclerotinia est historiquement la maladie la plus préjudiciable sur colza au printemps. Néanmoins, les attaques sévères sont en net recul depuis plusieurs années. Des conditions climatiques moins favorables au développement du champignon au stade sensible de la culture pourraient expliquer cette baisse de la pression maladie, malgré une présence de l’inoculum dans les parcelles.
Le positionnement du traitement conditionne son efficacité
Le traitement à la chute des premiers pétales lorsque les 10 premières siliques sont formées sur les hampes principales avec une longueur inférieure à 2 cm (stade G1) reste la seule solution efficace sur la maladie.contre le sclérotinia. En l’absence de facteur limitant pour le développement du colza, le stade G1 apparait, selon les températures, 6 à 12 jours après le début de la floraison stade F1. Ce stade sera atteint en Poitou-Charentes/Vendée pour les premiers jours du printemps.
Des essais menés il y a plusieurs années par Terres Inovia démontrent que le positionnement du fongicide reste un élément majeur pour garantir une bonne efficacité : intervenir trop tôt ou trop tard par rapport au stade G1 réduit significativement l’efficacité sur sclérotinia.
Attention à la variabilité inter et intra parcellaire !L’entrée en floraison peut différer entre les parcelles de l’exploitation. Cette variabilité s’explique d’une part par des différences de précocité entre variétés, mais également par des problématiques ravageurs (altises, charançon, méligèthes), et/ou le contexte pédoclimatique. Il est donc recommandé de piloter l’intervention fongicide sclérotinia au cas par cas. |
Quelle solution utiliser selon le niveau de risque sclérotinia ?
Les solutions conventionnelles du marché, historiques comme plus récentes, sont des solutions performantes contre le pathogène et permettent une alternance des modes d’action. Cependant, le choix du fongicide doit tenir compte de l’évolution de la résistance du sclérotinia aux SDHI. La note commune publiée en 2024 par l’Anses, INRAE et Terres Inovia recommande d’éviter l’emploi seul d’un fongicide à base de SDHI, ces recommandations sont toujours d’actualité en 2026.
Quel intérêt d’une stratégie à double traitement ?
L’application d’un fongicide relai 10-15 jours après le stade G1 ne montre pas de gain d’efficacité vis-à-vis du sclérotinia dans la très grande majorité des situations.
Lors de fortes pressions en maladies de fin de cycle (mycosphaerella), ce fongicide relai permet de prolonger la protection des siliques qui conservent leur activité photosynthétique. Des tâches de mycosphaerella étaient déjà observées à l’automne dans certaines parcelles du Poitou-Charentes/Vendée. Aujourd’hui, 46 % des 54 parcelles enquêtées (fin février-début mars) présentent des symptômes sur les feuilles du bas. Pour ces situations déjà atteintes, il faut ajuster le programme fongicide prévu au stade G1 puis surveiller la progression des nécroses (feuilles du haut et siliques) pour relayer la protection si besoin.
Des solutions de biocontrôle existent :
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