Published on 6 March 2026 | Updated on 6 March 2026

Rape leaf beetles and stem weevils: what strategy to adopt?

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Le retour de conditions ensoleillées s’accompagne souvent de celui de deux insectes ravageurs du colza : les méligèthes et le charançon de la tige. Leur population a tendance à croître ces derniers jours en parcelle. Quels sont les bons réflexes pour concilier le maintien du potentiel de rendement et une lutte raisonnée ?

Rapeseed stem weevil

Photo de charançon de la tige du colza

Female rapeseed stem weevils lay their eggs in the stems. This egg-laying causes stem deformations and even bursts. These wounds make the plant more sensitive to water stress, and can also encourage the establishment of pathogenic fungi. The risk period is relatively long, from stage C2 to stage E. The earlier the attacks, the greater the damage.

Before taking any action, it is essential to check that the insect is present in the plot. Yellow cuvettes, Bulletins de santé du végétal and the OAD "Prédiction des vols de ravageurs" (Terres Inovia) are examples of tools that can be used to estimate the insect's peak flight and capture times.

In the case of significant observations, of rape crops that are not very vigorous when they start up again, that are behind in development, or that have already been weakened by biotic stress (e.g. flea beetle larvae) or abiotic stress (hydromorphy), there is a risk of damage. However, it is advisable to wait 8 to 10 days after captures before considering intervention. Intervening as soon as the first insect is trapped usually means treating too soon, and therefore having to intervene again quickly. Conversely, a single well-timed application is generally enough to control most of the risk. Pyrethroids (such as Karaté zéon, Lambdastar) can be used if the risk is proven.

* Be careful not to confuse rapeseed stem weevil with cabbage stem weevil, which causes little or no damage to rapeseed. Rape stem weevils have black tips on their legs, while cabbage stem weevils are smaller, with reddish legs and a whitish dorsal spot between the thorax and abdomen.

Méligèthes

Le méligèthe adulte est un coléoptère qui se nourrit exclusivement de pollen. Mais, poussé par la faim, lorsque les fleurs sont encore au stade bouton, il les perfore pour atteindre les étamines. Cette action peut endommager le pistil et entraîner l’avortement des fleurs. En revanche, dès que les fleurs sont ouvertes, le pollen devient facilement accessible, l’insecte ne cherche alors plus à percer les boutons encore fermés et se dirige instinctivement vers les premières fleurs. La nuisibilité devient alors généralement nulle et un traitement n’est plus nécessaire.
 

La nécessité d’intervenir avec un insecticide va donc dépendre du niveau de populations et de l’état général du colza. Les conditions climatiques actuelles sont poussantes, et les stades s’enchaînent très rapidement. Un colza vigoureux, avec un bon potentiel de départ, est doté d’importantes capacités de compensation, pouvant ainsi supporter les attaques, parfois même relativement fortes. 

Seuils d'intervention en fonction de l'état du colza et de son stade

 Colza au stade D1Colza au stade E
Colza vigoureuxPas d'intervention

6 à 9 méligèthes par plante**

Région sud : 4 à 6 méligèthes par plante

Colza peu vigoureux*50% de plantes infestées ou 1 méligèthe par plante**65 à 75% de plantes infestées ou 2 à 3 méligèthes par plante**

*ou conditions peu favorables aux compensations (températures faibles, plantes stressées en eau à floraison, dégâts parasitaires antérieurs…)
**Les comptages en bordure ou sur les plantes les plus hautes ne sont pas représentatifs de la situation. Il est conseillé de compter sur 5 x 5 plantes consécutives ; puis de calculer une moyenne ou un % par plante à rapprocher des seuils mentionnés dans le tableau. De plus il faut tenir compte des capacités de compensation des cultures.
 

Méligèthes sur colza

Lorsque le seuil d’intervention est dépassé, et que la floraison a du mal à démarrer, sur des colzas déjà fragilisés, la question du traitement insecticide peut se poser. Il convient néanmoins de ne pas se précipiter pour intervenir et d'attendre que le maximum de méligèthes soient présents dans la parcelle. En effet, un traitement réalisé trop précocement risque d’être peu efficace et peut nécessiter une nouvelle intervention par la suite. Toute intervention est à éviter à partir de l’apparition des premières fleurs sauf si la pleine floraison ne se produit pas une semaine après ces premières fleurs. La ponte des adultes et les larves n’engendrent pas de dégâts à la culture. Dans les situations avec l’association d’une variété piège, très précoce, type ES Alicia à hauteur de 5 à 10%, les interventions méligèthes sont rarement nécessaires. 
 

En cas d’intervention : 
Si un insecticide est nécessaire, n’utilisez que des produits homologués sur méligèthes et/ou charançons de la tige (pyréthrinoïdes). Le méligèthe est résistant à la plupart des pyréthrinoïdes depuis la fin des années 1990. Quelques substances (tau-fluvalinate, étofenprox) conservent leur potentiel d’efficacité. Les produits associant carbamates et pyréthrinoïdes, tel que MAVRIK JET, ne sont pas autorisés à cet usage ! 
En cas de présence simultanée de charançons de la tige du colza et de méligèthes, Trebon 30 EC est à privilégier. Attention, son application est autorisée jusqu’à début floraison (BBCH-61).
 

A noter que dès la présence de fleurs en parcelle (même lorsqu'il s'agit uniquement des variétés pièges), les interventions phytosanitaires sont soumises à l’arrêté abeilles ! 
 

Enfin, le colza est une culture refuge pour de nombreux auxiliaires (carabes, cantharides, araignées, coccinelles, hyménoptères parasitoïdes…), pour qui les insecticides ne sont pas sans conséquence. Toute intervention doit donc être raisonnée pour préserver ces insectes utiles au champ.