Faut-il déclencher le semis des colzas ?

La levée précoce (avant le 1er septembre pour atteindre le stade 4 feuilles avant le 20 septembre) est une des clés pour obtenir un colza robuste, ce qui est à rechercher notamment dans les contextes concernés par les problématiques d’insectes d’automne. Pour beaucoup d’agriculteurs, les semis n’ont pas débuté en raison des conditions chaudes et sèches des derniers jours. Voici un état des lieux des situations et des éléments à prendre en compte qui incite au déclenchement des semis dans la plupart des situations.

Accéder à la version PDF ici.

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Dans quelques secteurs du Nord Est, l’humidité des sols et / ou des pluies (jusqu’à 20 mm les 12 et 14 août) ont permis des semis. Les parcelles sont en cours de levée.
Dans la grande majorité des cas, les semis sont encore en attente : les sols sont desséchés sur les premiers centimètres en raison de l’absence de pluviométrie et des températures fortes des derniers jours. Point positif : de nombreuses parcelles sont prêtes à être semées.

 

Quelles perspectives pour les prochains jours ?

Rappel - Quels sont les besoins en pluviométrie pour faire lever les colzas ?
Les besoins en eau pour faire lever les colzas sont fonction de l’état de surface et de la fraicheur déjà présente.

Besoin en précipitation (mm) pour faire lever le colza
  • Sol bien affiné en surface
  • Faible ou absence de fraîcheur dans les 30 premiers centimètres du sol
    (nombreuses situations)
  • Sol motteux en surface
  • Sol sec dans les 30 premiers centimètres du sol
    (souvent des sols argileux avec travail profond)
15 mm 30 mm

 

Les prévisions météorologiques prévoient l’arrivée d’une goutte froide à partir du 19 août, ce qui s’accompagnerait d’une baisse des températures et d’épisodes orageux (pluie et vent).

 

Raisonnement du déclenchement des semis

Compte tenu des probabilités de pluviométrie à 15 jours, il est conseillé de déclencher les semis sur l’ensemble du territoire. Les probabilités de cumuls de pluie sont plus faibles dans les dans certains secteurs de l’Ouest et des Hauts de France. Toutefois, attendre dans ces secteurs expose au risque d’une levée tardive et à l’incertitude de futures pluies la première quinzaine de septembre). Prévoyez un semis à 2-3 cm de profondeur. Privilégiez les semis au monograine pour assurer un positionnement et un rappui optimal des graines. Au semoir à céréales, un roulage après semis est conseillé pour maintenir l’humidité.

Nous rappelons que l’objectif est d’avoir un colza au stade 4 feuilles au 20 septembre (arrivée des adultes de grosses altises). Pour cela, le colza doit être levé au 1er septembre. 

Vous pouvez consulter le site https://aleapluie.modelia.org/details.php pour visualiser les probabilités de cumuls de pluie à 15j actualisées quotidiennement.
 

 

Implantation Bourgogne-Franche-Comté Implantation Colza Michael GELOEN (m.geloen@terresinovia.fr)

Colza : Bilan de campagne 2024-2025 - Poitou-Charentes / Vendée / Limousin

Une fois n’est pas coutume, le début de campagne est suffisamment arrosé. Les semis restent en tendance davantage précoces en août. Les pluies de la 1ère décade de septembre assurent une levée généralisée, excepté en Deux-Sèvres. Fin septembre, la majorité des colzas est correctement installée avec des peuplements et des stades réguliers.

Avec une activité accrue des grosses altises début octobre, la pression et la gravité sont globalement faibles en adéquation avec le développement avancé du colza. Les captures de charançons du bourgeon terminal sont très fréquentes fin octobre sur l’ensemble du Poitou-Charentes. Les larves de grosses altises sont précoces et nombreuses en entrée d’hiver. Le temps moins poussant cet automne donne des colzas à faibles biomasses, l’élongation et les faims d’azote sont moins marquées. À nouveau, les populations de larves de grosses altises augmentent pendant l’hiver. Leur impact est limité, car les colzas ont en tendance poursuivi leur croissance cet hiver.


Le piégeage et la gestion du charançon de la tige du colza sont réalisés la 2ème quinzaine de février. Le vol de méligèthes est précoce fin février, le colza n’a pas encore de fleurs. Finalement, les populations restent contenues et les dégâts sont anecdotiques.

La floraison est classique début avril. La nouaison est exceptionnelle avec un rayonnement satisfaisant. Les hampes sont bien régulières. Le stress hydrique en terres superficielles débute dès la floraison et limite le remplissage dans plusieurs situations ; parfois couplé aux nécroses de mycosphaerella sur siliques. Les pucerons cendrés sont rares et les charançons des siliques/cécidomyies arrivent tôt. L’orobanche rameuse est bien présente, mais ses émergences sont tardives ; elle touche de nouvelles parcelles. 


La fin de cycle est accélérée par les fortes températures de juin, les récoltes sont précoces et se déroulent en bonnes conditions. Le résultat est cohérent avec les conditions climatiques sans à-coup : l’année 2025 est une campagne tranquille. La moyenne en régions est estimée à 35 q/ha avec des rendements assez groupés.

Bilan de campagne 2024-2025 - Régions Poitou-Charentes/Vendée/Limousin

Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Préparation de campagne Implantation Automne Pause hivernale Sortie hiver Maturité/récolte Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Colza Elodie Tourton

Colza : Bilan de campagne 2024-2025 - Normandie / Ouest Ile-de-France

2025 a offert un très bon voire un excellent bilan technico-économique aux producteurs de colza en Normandie et dans l’Ouest de l’Ile-de-France. Les résultats égalent ou dépassent les scores élevés de 2017 et 2022.

​​​​​Les rendements en parcelle vont de 30 à 60 q/ha -38 à 48 q/ha si on resserre davantage.
​​​​​​​Les moyennes départementales vont de 40 à 46 q/ha. C’est 7 à 10 q/ha de plus par rapport à la moyenne quinquennale. De plus, les teneurs en huile sont en tendance bien plus élevées qu’en 2024.


Ce bilan résulte d’un excellent nombre de graines/m² et d’aucune difficulté majeure à surmonter pendant 10 mois, ce qui est assez rare pour le souligner. Le printemps sec et les températures élevées en fin de cycle ont sans doute soustrait quelques quintaux dans divers terroirs, mais le bilan reste positif.


Couplés à un bon prix de marché, les résultats ont de quoi réjouir, mais n’effaceront pas de la mémoire collective l’ampleur des dégâts provoqués à divers endroits par les orages de grêle les 13 et 25 juin.

Bilan de campagne Colza 2024-2025 Normandie / Ouest Ile-de-France

 

Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
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Préparation de campagne Implantation Automne Pause hivernale Montaison Maturité/récolte Normandie et Ouest Ile-de-France Colza Jean LIEVEN

Colza : Bilan de campagne 2024-2025 - Centre-Val de Loire

Après la campagne dernière que l’on peut classer parmi les années compliquées, marquées par de nombreux défis, la campagne qui s’achève avec un rendement régional qui pourrait approcher les 35 q/ha, se place parmi les années positives. Cette moyenne convenable cache comme tous les ans, une certaine hétérogénéité avec des déceptions comme des parcelles à potentiel ayant du mal à atteindre les 30 q/ha et à contrario des parcelles à potentiel limité fleurtant les 50 q/ha.

Floraison du colza - Terres Inovia - J. Charbonnaud
Ce bilan sera l’occasion d’apporter des hypothèses de réponses à ces écarts.

Quelques pistes peuvent être évoquées en préambule comme, les deux dernières campagnes très humides impactant les préparations de sols de l’été 2024 et donc la qualité de l’enracinement, la variabilité des pluies au cours de la campagne à la fois en quantité et selon la période.

Les autres éléments abiotiques étant relativement similaires à l’échelle régionale. Coté facteur biotique, sauf cas particulier, l’année peut être classée parmi les années à faible pression ravageurs et maladies. Certains secteurs ont été malheureusement concernés par des averses de grêle avec des dégâts pouvant atteindre les 100 %.





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Bilan de campagne Colza 2024-2025 Centre-Val de Loire

Pour ce bilan de campagne 2025, une sélection de stations météorologiques et d’illustrations a été réalisée. Vous pouvez retrouver plus d’éléments dans les diaporamas Bilan Colza et Bilan BSV accessibles avec les liens ci-joints :

- Bilan de campagne colza 2024-2025 Centre-Val de Loire en illustrations

- Bilan BSV campagne colza 2024-2025 Centre-Val de Loire​​​​​​​

Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Région Centre-Val de Loire

Préparation de campagne Implantation Automne Pause hivernale Montaison Maturité/récolte Centre-Val de Loire Colza Julien Charbonnaud

Colza : point sur les récoltes en Normandie & Ouest Ile-de-France

Des performances régulièrement très bonnes, voire excellentes clôturent la campagne 2025. Les rendements en parcelle vont de 30 à 60 q/ha -38 à 48 q/ha si on resserre davantage. C’est 7 à 10 q/ha de plus par rapport à la moyenne quinquennale.

La moisson 2025 offre donc finalement un bon voire un excellent bilan aux producteurs de colza en Normandie et dans l’Ouest de l’Ile-de-France. Les résultats égalent ou dépassent les scores élevés de 2017 et de 2022.

Ce bilan résulte d’un excellent nombre de graines/m² et d’aucune difficulté majeure à surmonter pendant 10 mois*, c’est assez rare pour le souligner. Le printemps sec et les températures élevées en fin de cycle ont sans doute soustrait quelques quintaux dans divers terroirs, mais le bilan reste dans l’ensemble positif.

Les résultats, couplés à un bon prix de marché, ont de quoi réjouir, mais n’effaceront pas de la mémoire collective l’ampleur des dégâts provoqués par les orages de grêle les 13 et 25 juin 2025, en Normandie tout particulièrement. 

Les premiers échos indiquent par ailleurs des teneurs en huile élevées, à consolider dans les jours à venir.

* nous écartons bien sûr les cas d’intempéries. L’étendue des dégâts concerne l’Eure en particulier et d’autres secteurs normands ou du sud des Yvelines. Les parcelles les plus abîmées par les orages de grêle en juin termineront entre 5 et 20 q/ha.

Premiers estimatifs de rendements parcellaires (moyennes indicatives)

Ouest Ile-de-France :

  • autour de 40 q/ha dans l’Essonne, pour des récoltes achevées avant la mi-juillet. Des résultats qui ne doivent pas éclipser des fortes irrégularités (28-50 q/ha) ;

  • 42 q/ha dans les Yvelines avec un peu d’hétérogénéité aussi : les conditions assez clémentes en fin de cycle ont succédé à des excès d’eau importants en fin d’hiver, au sud du département notamment ;

  • très bons résultats dans le Val d’Oise, concentrés autour de 44-46 q/ha.

Haute-Normandie :

  • autour de 42 q/ha dans l’Eure, si on écarte les parcelles grêlées. Les très bons rendements (43-48 q/ha) s’observent dans le Roumois, Lieuvin, plateau du Neubourg, Vexin Normand. Le Pays d’Ouche jusqu’aux secteurs de Verneuil d’Avre-et-Iton, réalise souvent des performances de 40-42 q/ha. Les plateaux d’Evreux et St-André, vallées de l’Eure et plateaux de Madrie sortent majoritairement entre 38 et 42 q/ha (32-35 q/ha pour les cas de contre-performances) ;

  • 44-46 q/ha en moyenne en Seine-Maritime dans une fourchette de 38 à 58 q/ha. Les excellents résultats concernent aussi les terres crayeuses, exposées plein sud, comme dans les vallées du Pays de Bray. Les zones du littoral de Dieppe, Eu, Fécamp et surtout le Havre frôlent ou battent des records (plus de 46 q/ha).

Basse-Normandie :

  • 39-41 q/ha en moyenne dans l’Orne. Comme dans le sud 27, nul doute que la fin de cycle a quelque peu pénalisé le poids des graines, au regard des rendements constatés selon les profondeurs de sols. Mais pour la plus grande satisfaction des producteurs, les rendements peuvent monter jusqu’à 50 q/ha et plus. D’une façon générale, c’est 7 à 10 q/ha de plus qu’escompté ;

  • Côté Calvados et Manche, les apparences n’étaient pas trompeuses. Les hauts rendements sont au rendez-vous : plus de 45 q/ha dans le Sud Manche, le Bessin et le Nord de Caen, entre 42 et 45 q/ha dans le Pays d’Auge et un peu moins de 40 q/ha en moyenne dans le terroir de Falaise.

 

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Jean Lieven (j.lieven@terresinovia.fr) - Normandie, Ouest Ile-de-France

Implantation Normandie et Ouest Ile-de-France Récolte Colza Jean LIEVEN (j.lieven@terresinovia.fr)

Faut-il déclencher le semis des colzas ?

La levée précoce (avant le 1er septembre pour atteindre le stade 4 feuilles avant le 20 septembre) est une des clés pour obtenir un colza robuste, ce qui est à rechercher notamment dans les contextes concernés par les problématiques d’insectes d’automne. De ce fait, et dans un contexte de sols parfois frais et de faibles cumuls de pluie annoncés dans les 15 prochains jours, des questions se posent sur la pertinence de déclencher les semis de colza dans les jours à venir. Terres Inovia fait un état des lieux des situations et des éléments à prendre en compte pour vous aider à prendre la décision de déclencher les semis.

L'actualité complète est disponible en PDF ici.

 

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Des cumuls de pluviométries hétérogènes depuis les deux dernières semaines

La situation est très hétérogène en fonction des secteurs : 

 

  • Dans la moitié nord de la France : des cumuls de pluie parfois importants ont été enregistrées depuis le 15 juillet (30 à 60 voire plus de 100 mm). Dans le nord des Hauts de France et en bordure maritime, des récoltes sont encore en cours et les pluviométries actuellement observées ne rendent pas les semis de colza d’actualité.
  • Dans la zone centre : nous observons une forte hétérogénéité des cumuls de pluie depuis le 15 juillet en lien avec des passages orageux (10 à 60, voire 100 mm).
  • Dans la zone sud : les cumuls de pluie sont dans la grande majorité inférieurs à 30 voire 10 mm. Les sols sont trop secs pour envisager un semis.

 

Des parcelles pas toujours prêtes à être semées !

Dans les situations de récolte précoce, les interventions de préparation du sol pour les semis (restructuration éventuelle en profondeur et préparation du lit de semence) se sont terminées ces derniers jours ou sont en cours de finalisation. Dans ce contexte, nous observons un dessèchement du lit de semence, défavorable au déclenchement des semis.

Seules les parcelles prévues en semis direct ou travaillées tôt après la récolte du précédent et roulées maintiennent leur fraîcheur, dans la mesure où la pluviométrie a été suffisante.
Par ailleurs, il convient d’intégrer le risque lié aux repousses de céréales. Hormis dans les situations de travail précoce après la moisson, les repousses de céréales ne sont pas encore toutes levées. Les semis de colza risquent de stimuler leur levée et ainsi concurrencer les colzas, notamment dans un contexte de fortes températures et de faibles disponibilités en eau.
 

Quels sont les besoins en pluviométrie pour faire lever les colzas ?

Les besoins en eau pour faire lever les colzas sont fonction de l’état de surface et de la fraicheur déjà présente.

Besoin en précipitation (mm) pour faire lever le colza
-    Sol bien affiné en surface
-    Présence de fraîcheur dans les 30 premiers centimètres du sol
(souvent des sols de limon travaillés superficiellement)
-    Sol motteux en surface
-    Sol sec dans les 30 premiers centimètres du sol
(souvent des sols argileux avec travail profond)
10 mm30 mm

 

Quelles perspectives pour les prochains jours ?

Les prévisions météorologiques prévoient une hausse des températures jusqu’au 18 août, avec des maximales avoisinant les 40°C. Ce phénomène amplifiera l’assèchement du sol, notamment dans les premiers centimètres du sol !
Parallèlement, les cumuls de pluie prévus dans les 15 jours à venir sont globalement très faibles : aucun secteur n’excède 50% de probabilité de cumuler plus de 10mm de pluie d’ici au 18 août. 

 

Raisonnement du déclenchement des semis

Deux situations sont possibles :

  • Dans les secteurs ayant cumulés 40 à 50 mm de pluie depuis les deux dernières semaines : si votre sol est prêt à être semé (= lit de semence bien affiné), que le risque de levée des repousses de céréales après le semis est faible, que l’humidité du sol sur l’horizon 0-30 cm est suffisante et que vous bouleversez peu ou pas le sol au semis (semis direct ou semoir de précision), alors un semis dans les prochains jours est possible avec une levée assurée par l’humidité présente au semis. Il y aura une incertitude sur la réussite de cette levée en fonction de l’intensité des températures à venir. Afin de maximiser les chances de réussir, il convient de semer assez profondément (environ 4 cm).
  • Dans les autres situations : attendre le prochain épisode pluvieux significatif pour déclencher le semis. En effet, avec des cumuls de pluie hétérogènes depuis les deux dernières semaines, l’état d’humidité du sol est peut-être limitante. Le semis avec des outils bouleversant le sol (herse rotative ou outils à dents), ou le risque de levées des repousses de céréales après le semis risquent d’entrainer un assèchement rapide du lit de semence compte tenu des températures annoncées d’ici la fin de semaine prochaine. Si besoin, profiter de cette période pour finaliser les préparations et rouler le sol pour garder la fraîcheur. Nous referons un point dans quelques jours.

Nous rappelons que l’objectif est d’avoir un colza au stade 4F au 20 septembre (arrivée des adultes de grosses altises). Pour cela, le colza doit être levé au 1 septembre. Il n’y a donc pas d’urgence à semer les colzas début août dans un contexte climatique très hétérogène.

Vous pouvez consulter le site Aleapluie pour visualiser les probabilités de cumuls de pluie à 15j actualisées quotidiennement.


Recommandations au semis

Si vous décidez de semer vos colzas, quelques recommandations sont à prendre en compte :

  • Dans un contexte de sol frais et d’absence de pluie significative annoncée post-semis, conserver la fraicheur : semer dans la foulée en cas de travail du sol et rouler après le semis (en sol sensible, attention au risque de battance en cas de pluie tardive si les levées ne sont pas rapides ou échelonnées, en fonction de la régularité de la profondeur de semis).
  • Ne pas semer superficiellement : l’objectif est de positionner la graine au plus près de la fraicheur, même à 4-5cm, tout en l’éloignant de la zone superficielle de risque d’assèchement (horizon 0-4cm selon la méthode de semis utilisée). Attention, en cas de semis de plantes compagnes avec le colza, les semis profonds peuvent pénaliser la levée des petites graines (trèfles notamment).
  • Privilégier les semis au semoir monograine.
  • Adapter sa stratégie désherbage : en cas de travail du sol, les conditions de fraicheur du sol après le semis seront favorables à l’absorption des produits racinaires de prélevée (surtout dans les programmes contre le ray-grass). En situation de semis direct avec présence de paille, et/ou de stratégie contre le vulpin, et/ou de présence de plantes compagnes : possibilité de décaler les applications d’herbicide racinaire en post levée précoce. Attention à l’absence de sélectivité des programmes de pré-semis incorporé (napropamide) sur les plantes compagnes en dehors de la féverole.
  • Surveiller les limaces : les conditions de forte humidité du sol au printemps et la forte présence de résidus de paille sont particulièrement favorables à la multiplication et à l’activité des limaces. Evaluer le niveau de risque par observation ou si nécessaire par piégeage avant le semis.
     
Préparation de campagne Implantation France entière Implantation Colza Michael GELOEN (m.geloen@terresinovia.fr)

Tournesol : les premiers enseignements de la campagne 2025 dans le sud-ouest

Comme chaque année, l’équipe régionale Terres Inovia a réalisé une enquête kilométrique visant à évaluer la qualité d’implantation du tournesol sur le sud-ouest

194 parcelles de tournesol ont été visitées de façon aléatoire par les équipes de Terres Inovia dans le sud-ouest de la France, entre le 4 et le 27 juin dernier. Cette enquête, réalisée dans le cadre du plan de surveillance du mildiou du tournesol, livre les 1ers  enseignements de la campagne 2025 pour ce territoire. - Article Rédigé début Juillet 2025

Ce qu’il faut retenir : 

  • Présence notable du mildiou : Observé dans 29 % des parcelles, avec des attaques généralement faibles (moins de 1 pied sur 20 touché). Toutefois, 5 % des parcelles infectées ont subi des dégâts importants.

  • Progression du verticillium : Cette maladie fongique gagne du terrain, avec des symptômes observés dans 26 % des parcelles.

  • Stades de développement étalés : La campagne a connu un étalement important des semis 

  • Peuplements tout juste dans les objectifs : Moyenne de 50200 pieds/ha, juste au-dessus du seuil bas recommandé (50000-60000). 

  • Enherbement lié à la densité de peuplement : 73 % des parcelles sont propres ou moyennement propres, mais celles avec des peuplements faibles sont plus souvent infestées. Chardon des champs et xanthium ont été fréquemment observés.

  • Autres maladies : L'Alternaria a été détectée dans 9 % des parcelles, sans impact majeur à ce stade, mais une enquête estivale complétera les observations.

Pour consulter le bilan complet de cette enquête - Enquête kilométrique Tournesol : les premiers enseignements de la campagne 2025

 

Cette enquête sera complétée par une seconde visite des parcelles durant l’été entre la floraison et la maturation des tournesols afin d’évaluer plus précisemment la pression maladies et adventices. (Réalisation Fin juillet/début Aout)

 

Vos Contacts régionaux 

Arnaud Micheneau - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers et Hautes-Pyréneées

Quentin Lambert - Occitanie

Implantation Phase végétative Remplissage des gousses Ouest Occitanie Est Occitanie Sud Aquitaine Tournesol Matthieu Abella (m.abella@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Ray-grass dans le colza : adopter la bonne stratégie

La pression des graminées augmente dans le colza, le ray-grass et le vulpin deviennent des cibles prioritaires. Leur gestion durable passe par l’activation et la combinaison de leviers agronomiques à l’échelle de la rotation. Un labour opportuniste, la réalisation de faux semis et l’alternance des dates de semis avec des cultures de printemps et d’hiver permettent de réduire la pression des graminées hivernales.

Les enjeux du contrôle précoce

Dans les situations à pression ray-grass modérée à forte, une application d’herbicide en prélevée est incontournable. Elle permet de maîtriser les populations d’adventices. Ce premier contrôle est partiel et fluctuant selon les conditions de l’année. Dans ces essais, Terres Inovia évalue l’efficacité moyenne des solutions les plus performantess autour de 60% toutes situations confondues.
Ce premier contrôle, bien que partiel, est essentiel pour limiter la concurrence précoce exercée par les graminées sur les jeunes plantes de colzas. En conséquence le colza, sera plus poussant et plus robuste face aux risques de début de cycles en particulier faces aux altises.
 

Quelles solutions sont à privilégier ?

L’application de napropamide à 900 g/ha en présemis incorporé (COLZAMID) offre depuis plusieurs années les meilleurs résultats en termes d’efficacité et d’efficacité. L’incorporation de la napropamide, bien que contraignante, offre une meilleure régularité de l’efficacité en conditions sèches
L’application de métazachlore à 750 g/ha comme le Sultan à 1.5 l/ha restent les références pour le contrôle précoce des ray-grass. Ce type de solution s’établi au même niveau que les doses modulées de métazachlore renforcées avec une autre molécule, comme par exemple le dmta-p  (Springbok 2l ou Alabama à 2l par exemple). Solutions permettant de substituer le métazachlore par d’autre substances, telles que le dimétachlore à 625g/ha et napropamide 625 g/ha associés, avec Colzor Trio 3.3 l/ha présentent également un niveau d’efficacité comparable.
Rappelons qu’en cas d’usage du métazachlore 1 an sur 3 sur la même parcelle, la dose est plafonnée à 500 g/ha/an.

Au-delà de l’importance du choix de la solution et de la dose, il est à noter que ce sont les conditions d’application qui jouent le rôle le plus déterminant sur l’efficacité. Autant que possible, nous rechercherons une application de post-semis prélevée sur sol humide. Les applications de post-levée précoces se traduisent généralement par des pertes d’efficacité. Les ray-grass ayant la capacité à germer en même temps que le colza, ces applications de post levée perdent une partie de leurs effets anti-germinatifs.
 

Maintenir des bonnes conditions d’efficacité de la propyzamide

L’application en postlevée de propyzamide (KERB FLO, IELO, etc.) reste un élément majeur dans la gestion des graminées et assure, dans la plupart des cas, une efficacité finale supérieure à 90%. Pour optimiser l’efficacité de la substance active, l’application doit être réalisée sur un sol humide et frais (température du sol inférieure à 10-12°C) de novembre à décembre au plus tard. Enfin, il est préférable d’éviter les applications avant des précipitations importantes pour limiter l’impact sur la qualité de l’eau. 

Gestion des dicotylédones : adapter les programmes à la flore observée

En plus des bénéfices attendus sur graminées, les solutions de prélevées sont d’un intérêt non négligeable pour le contrôle des dicotylédones.  Les chloroacétamides (en particulier métazachlore ou dmta-p plus complets que diméthachlore ou péthoxamide) constituent la base des efficacités contre les dicotylédones. Les spectres de ces bases sont renforcés et équilibrés par les molécules comme le quinmérac (gaillet, coquelicot voire helminthie)  la clomazone (gaillet ou quelques estivales comme la mercuriale) ou la napropamide (géranium tige grêle et disséqué, laiteron). A noter, l’intérêt du dmta-p sur géranium.
La majorité des dicotylédones peuvent toutefois être contrôlées en postlevée. L’action foliaire des herbicides est plus régulière et l’observation de la flore adventice permet de mieux adapter son programme et son coût à la flore adventice réellement présente. L’application pivot de MOZZAR à 0.25 l/ha, à 4 feuilles, dès le 1er octobre, assure une efficacité régulière sur un large spectre de dicotylédones. Si besoin, le programme peut être complété par une deuxième application de MOZZAR à 0.25 l/ha ou de IELO, FOX, CALLISTO ou ATIC-AQUA en fonction des espèces visées.

 Retrouvez les pages du guide Colza 2025 consacrées au Désherbage

Vos contacts régionaux 

  • Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Centre et Est Occitanie
  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr)- Auvergne-Rhône-Alpes, PACA 
Préparation de campagne Implantation Maturité/récolte France entière Désherbage Colza Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Travail du sol avant implantation des colzas : observer et s’adapter aux conditions sécheresse des sols

Des récoltes de céréales très précoces dans des contextes de sécheresse globale voire extrême des sols

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​En région Centre-Val de Loire et Poitou-Charentes, les récoltes se terminent, tandis qu’elles sont en cours en Ile de France et en Normandie et déjà bien entamées en Pays de la Loire et Bretagne.
 
Comme il est coutume de le dire, « les années se suivent mais ne se ressemblent pas… » Cette phrase pourrait parfaitement résumer les conditions de récolte de cette année 2025, complètement opposées à l’année précédente, mais non sans conséquences sur les travaux de sols des futures implantations de colza. Dans un contexte de structures de sols pouvant avoir été dégradées lors des implantations des céréales de l’automne dernier, les conditions sèches et chaudes depuis plusieurs mois ont rendu les sols dans un état de sécheresse pouvant être extrême dans certains secteurs. Les perturbations et orages de ces dernières semaines ont été très hétérogènes selon les secteurs, dont nombre d’entre eux ont été très peu arrosés par la perturbation des derniers jours, comme le montre la carte ci-dessous.

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Ainsi, il devient très difficile de réaliser à la fois des observations des structures des sols, mais également de pouvoir anticiper les travaux de sols qui peuvent éventuellement s’envisager dans des secteurs où le sol se trouve à des états d’humidité favorables. Au-delà de la capacité à démarrer les travaux de sol, l’état d’humidité des sols va donc être l’élément clé permettant d’obtenir ou non un travail du sol de qualité, c’est-à-dire qui répond aux objectifs de correction de la structure de sol et de préparation du futur lit de semence. 
Comment observer la structure des sols ? Quels sont les objectifs et les enjeux du travail du sol avant les semis de colza ? Quels peuvent être les impacts sur la réussite de la culture du colza ?

​​​​​​​Voici quelques éléments pour vous permettre de répondre de la meilleure manière possible à ces interrogations.

Les enjeux de l’implantation pour obtenir un colza robuste

​​​​​​​La réussite de l’implantation du colza est devenue une phase cruciale pour obtenir une culture robuste, à même d’exprimer son potentiel et peu sensible aux insectes d’automne. Pour parvenir à ces objectifs, la qualité de la structure du sol et du semis sont des éléments essentiels à l’atteinte de la robustesse du colza. La gestion du travail du sol avant le semis du colza doit permettre d’assurer la porosité verticale de la parcelle, et de répondre à deux objectifs majeurs :​​​​​

  • Obtenir une structure du sol favorable à un bon enracinement du colza : il est donc préférable avant le semis de restaurer une qualité structurale optimale à l’enracinement du colza sur 15 à 20 cm de profondeur. Il est important de déterminer à quelle profondeur se situe l’éventuelle compaction. Aucune obligation de travailler à 20 cm, si le souci est seulement à 8 cm. En l’absence de pluies significatives dans les prochaines semaines permettant de réhumecter l’ensemble de la profondeur de sol nécessitant un travail de sol, une question risque de se poser : l’enracinement du colza peut- il se mettre en place de manière optimale si l’on réalise uniquement un travail de sol de surface pour préparer le lit de semence ? L’expérimentation en bandes mise en place dans le Berry l’été dernier visant à comparer la réussite du colza dans des contextes de structures de sol favorables ou défavorables montre bien que, malgré un semis précoce et une croissance optimale durant tout l’automne, l’état structural aura un impact sur l’homogénéité et la profondeur de l’enracinement, et plus particulièrement la capacité que pourra avoir le colza à avoir une majorité de pivots atteignant au moins 15cm de profondeur (voir graphique ci-dessous).

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​​​​​​​​​​​​Plateforme implantation colza Syppre Berry 2025 : répartition des longueurs des pivots en entrée d’hiver 
selon l’état structural du sol en situation de semis précoce (08/08)

  • ​​​​​​​Préserver et/ou favoriser l’humidité en profondeur pour permettre une germination des graines et un développement rapide des plantes à l’automne : il faut veiller à ne pas faire de travail superflu pour limiter la profondeur et le nombre d’interventions au strict nécessaire.
  • Préparer un lit de semence permettant un positionnement optimal de la graine : l’ensemble des opérations de travail du sol doit permettre d’obtenir une bonne proportion de terre fine et de paille pour favoriser le contact « terre – graine » lors du semis du colza.

 Observer la structure du sol avant toute intervention

Avant de décider de toute intervention mécanique, il est important et nécessaire d’observer la structure de sol dans la globalité de la parcelle, c’est-à-dire dans les zones les plus représentatives, mais également dans les zones de textures de sol différentes.
Dans un contexte d’implantations délicates des céréales à l’automne dernier en conditions humides, l’objectif est de pouvoir caractériser l’état structural du sol, et de déterminer la profondeur et le choix des outils pour les interventions de travail du sol.

L’observation de la structure du sol peut se faire grâce à un test bêche sur l’horizon de travail du sol habituel (en général entre 0 et 20 à 25 cm de profondeur), ou par un profil 3D que l’on réalise à l’aide d’un télescopique.

Les photos ci-dessous ont été prises sur la plateforme SYPPRE Berry après les récoltes d’orge d’hiver et de blé tendre en contexte de sol argileux. Elles présentent des situations de qualités structurales différentes, conduisant à différentes gestions des interventions de travail du sol.

  • 1ère situation : absence complète de zone de compaction sur l’horizon 0-20cm

Comme le montrent les deux photos ci-dessous, on ne retrouve aucune délimitation d’horizons présentant différents niveaux de friabilité ou de compaction des mottes. Dans cette situation, aucun travail profond ne sera nécessaire pour garantir un bon enracinement du colza. Seuls des travaux de sol sur l’horizon de surface pourront être envisagées dans le cadre de la gestion de la paille, des repousses de céréales et de la gestion du lit de semence. En cas de répartition homogène de la paille, le semis direct au semoir à dents pourra également parfaitement s’envisager.
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Photos 1ère situation : absence de zone de compaction (Crédit photo : M. Loos)

  • 2ème situation : présence de zones de compaction sur l’horizon 0-20cm avec des mottes poreuses et friables

Dans ces situations, comme le montrent les photos de la page suivante, une ou plusieurs zones peuvent se délimiter, montrant des niveaux de friabilité ou de compaction des mottes différentes. L’objectif est de bien identifier les différentes profondeurs de ces zones, et de vérifier le niveau de compaction par une observation plus fine de la taille et de la fissuration des mottes. L’enjeu est de vérifier si l’enracinement du colza peut être compromis, et si une intervention mécanique doit se justifier afin de permettre la descente des racines. La photo prise de l’état de fissuration des mottes, et de bonne friabilité par la présence d’une bonne porosité racinaire, indique que le niveau de compaction reste léger, et ne présente pas un frein au développement racinaire du colza. 
Dans ces situations, les travaux de sols et de préparation du semis pourront être équivalents à la situation décrite précédemment.
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Photos 2ème situation : présence de zones de compaction légères mais friables friables (Crédit photo : M. Loos)
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  • 3ème situation : présence de zones de compaction sur l’horizon 0-20cm avec des mottes dures, très peu friables et sans trace de porosité

Il s’agit de situations pouvant résulter de tassements par les moissonneuses après les forts cumuls de pluie précédemment aux récoltes, ou de la présence de zones de compaction plus anciennes n’ayant pas été gérées avant l’implantation de la culture précédente. Comme le montrent les photos ci-dessous, les mottes qui composent les différents horizons de compaction présentent de fortes difficultés à leur émiettement en restant grossières. L’absence de porosité racinaire ne permet pas d’obtenir une certaine friabilité des mottes, notamment sur l’horizon 8-13cm. Le niveau de compaction ne permettra pas un développement optimal des racines du colza, risquant ainsi de limiter la profondeur d’enracinement du colza ainsi que son développement automnal. Dans ces situations, un travail du sol sera donc nécessaire pour corriger les défauts de la structure du sol et permettre un bon enracinement du colza.

Photos 3ème situation : présence de zones de compaction fortes difficilement friables (Crédit photo : M. Loos)

Adapter le travail du sol et le choix de l’outil au diagnostic de la structure du sol


Après l’observation de la structure du sol et la nécessité ou non de réaliser un passage d’outil, il est primordial de se projeter sur l’implantation des colzas.

  • Si l’humidité du sol le permet, réaliser les différents passages le plus tôt possible après la récolte et en amont du semis, et rouler. Le premier passage doit avoir lieu au plus près de la récolte du précédent, ce qui permet de bénéficier de l’humidité résiduelle et de maintenir les remontées capillaires, et donc de limiter le dessèchement des horizons plus profonds.
  • En cas de conditions sèches sur l’ensemble du profil de sol, mieux vaut ne rien faire et patienter que de travailler le sol coûte que coûte avec un outil dont le résultat ne permettra pas d’obtenir l’objectif initial. L’amélioration de l’état structural par le travail du sol peut ne pas être atteinte lors d’un travail en conditions humides (risque de lissage et de tassement), mais également en conditions sèches (création de mottes grossières ne permettant pas d’obtenir un état de porosité optimal).
  • Vérifier le travail réalisé par l’outil lors du travail du sol : au-delà du fait que chaque outil de travail du sol doit être utilisé à sa bonne profondeur d’utilisation (en fonction de son dégagement sou bâti et de son écartement entre dents), il doit également répondre à l’objectif de l’intervention. De même, réduire la profondeur de travail pour passer coûte que coûte en conditions sèches avec un outil qui n’est pas adapté ne permettra pas d’obtenir une structure de sol. Il ne suffit pas de seulement observer le travail de l’outil par son résultat depuis la cabine du tracteur…

 
 

Effet du travail du sol en conditions d’humidité non optimale au regard de l’état de surface ou en profondeur : si l’état de surface semble satisfaisant (gestion de la paille et des mottes), le passage des dents en profondeur ne parvient pas à créer une porosité mécanique optimale et homogène sur l’ensemble de la largeur de l’outil (Crédit photo : M. Geleon).

Adapter la gestion des repousses de céréales en fonction de leur dynamique de levées :
​​​​​​​​​​​si l’humidité du sol le permet, le travail du sol, qu’il soit superficiel ou plus profond, risque de favoriser les levées d’adventices et plus particulièrement des repousses de céréales de la culture précédente. Plus ces levées seront précoces, et plus ces dernières risquent d’assécher le sol en profondeur. Leur destruction doit donc être anticipée afin de maintenir le plus d’humidité dans le sol. En cas de sol sec, et de décalage du travail du sol, veiller à ce qu’un maximum de repousses de céréales puisse lever et être détruite à un stade jeune en amont du semis, afin que ces dernières ne puissent pas entrer en concurrence avec le colza par un assèchement du sol lors de sa levée.

En cas d’implantation en semis direct, il est primordial d’avoir des outils performants pour gérer les résidus pailleux (chasses- paille et herse à paille pour répartir les résidus). Les semoirs à dents offrent dans la plupart des situations une meilleure réussite du semis, en positionnant la graine sous le mulch de paille, en contact avec la terre fine. Le mulch protège le sol et limite l’évaporation. L’absence de travail évite la germination des adventices, surtout des dicots, à condition de semer à vitesse réduite (<6 km/h). Dans ces situations, la croissance précoce est souvent plus lente, ce qui milite pour un semis plus précoce.

En résumé

Les pratiques d’implantation permettent de préparer les conditions essentielles d’un colza robuste : une levée précoce et homogène, des pieds vigoureux avec une profondeur d’enracinement homogène comprise entre 15 et 20cm, une croissance dynamique et continue à l’automne et une reprise dynamique en sortie d’hiver.

  • Observer l’état structural et les conditions d’humidité de sons sol pour décider de travailler ou non, choisir le type d’intervention avec le bon outil et optimiser la profondeur de travail du sol.
  • Anticiper les travaux de sol pour préserver au mieux l’humidité du sol ou favoriser l’effet des pluies potentielles avant le semis.
  • Optimiser le travail du sol : limiter le nombre de passages et de profondeur de travail au strict nécessaire pour gérer la structure du sol, les résidus du précédent ou les bioagresseurs.
  • Adapter la gestion des repousses de céréales (levée et destruction) afin de maintenir la fraicheur au semis et éviter la concurrence par un assèchement du sol à la levée du colza.
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Matthieu Loos - m.loos@terres.inovia.fr​​​​​​​ - Chargé de développement Centre & Ouest
​​​​​​​Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Jean Lieven - j.lieven@terresinovia.fr - Normandie, Ile-de-France Ouest
Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin

Implantation Maturité/récolte Normandie et Ouest Ile-de-France Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Bretagne, Pays de la Loire Centre-Val de Loire Implantation Préparation du sol Colza Equipe Zone Centre & Ouest

Colza 2025-2026 : Boostez vos chances de réussite dès l’implantation

Réussir l’implantation de son colza est primordiale pour permettre le développement d’une culture robuste, a même de mieux supporter les attaques de ravageurs et autres aléas climatiques.

Les récoltes de céréales sont terminées,sur notre zone portées par un printemps plus sec et des températures particulièrement élevées ces dernières semaines. 

Les préparations de sols en vue de l’implantation des colzas peuvent débuter dans de bonnes conditions, à condition de bien gérer l’humidité souvent limitée des horizons superficiels. En effet, le risque de dessèchement rapide des sols peut compromettre la qualité de la préparation et l’implantation du colza si les interventions ne sont pas réalisées au bon moment.  

Si les désherbages ont été globalement efficaces cette année, la précocité des récoltes offre une fenêtre intéressante pour réaliser un faux semis. Cette pratique permettra de stimuler les levées d’adventices estivales et d’en éliminer une partie avant le semis du colza, contribuant ainsi à une meilleure maîtrise du salissement pour la campagne 2025. 

Adapter la préparation du sol au contexte pédo-climatique

La préparation du sol est à adapter à chaque contexte (humidité, sècheresse…) et parcelles (type de sol).  

Les objectifs à atteindre : 

  • Un mélange de terre fine et petites mottes en surface pour optimiser les conditions de germination 
  • Une structure permettant un enracinement en profondeur, sans zone de tassement sur au moins 20 cm
  • Maintenir au maximum l’humidité du sol pour assurer une bonne installation de la culture, en limitant le nombre de passage, et autant que possible en refermant, notamment par du roulage derrière les passages

Les différents passages de travail du sol sont à réaliser le plus tôt possible après la récolte, afin de préserver la fraicheur et l’humidité du sol. Pour les sols bien structurés en profondeur, un simple travail superficiel peut s’envisager. Pour les sols déstructurés et/ou tassés, un travail en profondeur sera indispensable. Le type d’outil utilisé pourra être adapté en fonction de la profondeur de tassement (décompacteur, chisel, etc.). 

A retenir:

  • Un travail du sol efficace est effectué au plus près de la récolte du précédent, pour profiter de l’humidité résiduelle et pour être prêt à semer dès que possible. L’objectif étant d’avoir terminé le travail du sol début août. 
  • Quel que soit le travail du sol, veiller à assurer une répartition homogène des pailles dans le profil, et éviter la présence de résidus sur la ligne de semis.
  • Les outils animés peuvent accentuer le dessèchement du sol et favoriser l’apparition de zones de compaction très superficielles ayant un impact sur l’enracinement des colzas. Si nécessaire, il conviendra de limiter cet outil aux sols particulièrement humides (mais ressuyés).
  • Adopter une stratégie du juste minimum, c’est-à-dire éviter les interventions répétées, qui n’apportent rien à la structure et qui assèche le sol. Une attention toute particulière dans les 15 jours avant le semis, où l’on effectuera une simple reprise du lit de semence seulement si nécessaire.

La structure de sol pour le colza est primordiale pour la suite du cycle. En effet, un mauvais enracinement, qui se traduit par un pivot court (< 15cm, photo ci-contre), coudée ou fourché, entraîne de multiples risques pour la réussite de la culture par la suite. Les plus importants sont l’hydromorphie hivernale, la mauvaise absorption des éléments minéraux (joue sur la biomasse et le rendement) ou encore des difficultés à entrer en floraison. 
Dans les parcelles avec une cinétique d’entrée en floraison lente, et couplée à une forte pression méligèthes,  ce qui a été le cas en 2023 et 2024, l’état des pivots était défaillant. D'où l'importance d'assurer une structure idéale pour leur développement.

Ajuster les paramètres de semis à votre situation

Date de semis :

Après une préparation du sol adaptée, la date de semis sera à raisonner en fonction des pluies annoncées, du type de sol et du climat. La date de semis doit permettre d’atteindre une levée suffisamment précoce pour passer le stade de sensibilité aux bioagresseurs de début de cycle le plus rapidement possible, c’est-à-dire l’atteinte du stade 4 feuilles.
Une pluie de 7-10mm après le semis peut suffire à faire lever les colzas dans de bonnes conditions, et assurer ensuite un développement avec l’humidité déjà présente dans les horizons inférieurs.

  • Sur le secteur Sud-Ouest: la période de semis s’étend du 10 août au 20 août, voire au 30 août pour les sols profonds à forte disponibilité en azote. Passé cette période, notamment lors d’absence totale de pluies annoncées, la mise en place de la culture est bien entendu toujours possible mais il faudra être très vigilant aux dégâts de grosses altises adultes. 
  • En Auvergne et nord Rhône-Alpes la période s’étend du 05 août au 15 août, voire au 20 août pour les sols profonds à forte disponibilité en azote.
  • Sur les secteurs plus au Sud (vallée du Rhône, PACA) les semis pourront s’étendre du 10 août au 25 août. Passé cette période, notamment lors d’absence totale de pluies annoncée, la mise en place de la culture est bien entendu toujours possible mais il faudra être très vigilant aux dégâts de grosses altises adultes.

Dans les situations où l’irrigation est possible, il ne faut pas s’en priver. En effet, un passage d’une quinzaine de millimètres sur la culture, c’est l’assurance de faire lever le colza dans les meilleures conditions, sans pertes de pieds.

Densité de semis 

La densité de semis doit être choisie en fonction du type de sol et du mode de semis. Le peuplement viser doit permettre d’obtenir des pieds robustes. Une sur densité de semis n’est donc pas forcément recommandée car elle peut favoriser l’obtention de pieds chétifs. (Voir l'article dédié: Densité semis Colza)

(Extrait du Guide Colza)

Profondeur de semis 

L’état d’humectation du sol est déterminant pour choisir une profondeur de semis adapté : 

  • Si les conditions d’humidité sont correctes, un semis à 2 cm permettra une levée optimale.
  • Pour les sols secs sur les 3 à 4 cm de surface, et frais en dessous, il conviendra de semer jusqu’à 4cm au plus près de la zone de fraicheur.
  • Au-delà de 5cm de sol sec, cibler un semis avant une pluie pour permettre de réhumecter le sol. Prévoir un semis à 2cm dès qu’une pluie de 10mm ou plus est annoncée. Si pas de pluies annoncées, semer à 4-5cm pour attendre une pluie significative qui pourra permettre la germination. Si les précipitations sont inférieures aux 7-10 mm annoncés et s’il n’y a pas de relais de pluie dans les jours qui suivent, il y a un risque de dessèchement du grain en cours de germination. 

Garantir la disponibilité en azote et phosphore à l’automne

Azote : 

Dans les parcelles à faibles disponibilités en azote, un apport au semis peut être envisagé, d’autant plus pour les semis précoces, afin de permettre une croissance continue des colzas à l’automne. La culture précédente (protéagineux, blé dur), peut également contribuer à la fourniture en azote du sol.Les apports peuvent se faire sous forme de fertilisants organiques avant le semis (fientes, lisiers, digestats, fumiers peu pailleux) ou par application d’engrais azoté (max 10 U d’azote en localisé ou 30 U en plein). Attention au respect de la réglementation notamment dans les zones concernées par la directive nitrates. 

Phosphore : 

Le colza étant une culture très sensible aux carences en phosphore, un apport au semis est conseillé, d’autant plus dans les sols avec une faible disponibilité. Le phosphore peut-être particulièrement peu disponible dans les sols argilo-calcaire.  Une analyse de terre déterminera si le sol de la parcelle est pauvre ou bien pourvu en phosphore et permettra d’adapter la dose.

  Plus de détails dans le Guide Colza 2025 - Rubrique Fertilisation 

Vos contacts régionaux

  • Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Centre et Est Occitanie
  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr)- Auvergne-Rhône-Alpes, PACA

Pour aller plus loin

Point technique Réussir son implantation pour obtenir un colza robuste 

 

Préparation de campagne Implantation Maturité/récolte Sud Aquitaine Est Occitanie Ouest Occitanie Rhônes-Alpes Auvergne Implantation Préparation du sol Colza Equipe Sud et AURA - Terres Inovia