Etat des parcelles – Visite floraison

Le lupin d’hiver atteint le stade floraison en Poitou-Charentes, avec apparition des boutons floraux du deuxième étage dans les parcelles les plus avancées. La floraison a été favorisée par le temps ensoleillé et chaud de début avril.

Lupin en floraison (Agathe Penant – TI)

Le lupin est de taille plus petite que l’année dernière, mais reste dans la moyenne des années précédentes. Son développement a été freiné pendant l’hiver par l’hydromorphie. Il couvre donc moins le sol, ce qui favorise un salissement des parcelles.
Les peuplements sont satisfaisants, restant dans l’objectif de 15 à 20 plantes/m².

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Positionnement annuel de 2015 à 2025 en cumul de pluies et sommes de températures

​​​​Le temps plus frais que l’année dernière, mais aussi plus sec, a moins favorisé le développement des maladies : on observe des débuts d’anthracnose seulement sur quelques parcelles. Même si un fongicide a été appliqué à la floraison, il est recommandé d’en appliquer un deuxième entre la deuxième et la troisième floraison, pour prévenir son apparition et son développement.  
Après la floraison, le lupin est moins sensible aux ravageurs. Des encoches de sitones sont présentes sur les feuilles, ainsi que des larves dans les nodosités, sans conséquence sur le lupin. Le gibier (chevreuil, lièvre) occasionne quelques dégâts mineurs, le lupin étant très appétant à floraison.

 

Laurine Gazuit - l.gazuit@terresinovia.fr - Apprentie Ingénieure zone Centre & Ouest 
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Agathe Penant - a.penant@terresinovia.fr - Référente protéagineux zone Centre & Ouest 


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Préparation de campagne Floraison Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Centre-Val de Loire Lupin d'hiver Laurine Gazuit & Agathe Penant

Premiers charançons des siliques dans les parcelles

La floraison des colzas débute sous un temps ensoleillé et doux et les premières siliques commencent à être bien visibles dans les parcelles. Les premières captures de charançons des siliques sont également signalées dans le nord-est de la France.

Stade de sensibilité du colza 

Le stade G2 (les 10 premières siliques ont une longueur comprise entre 2 et 4 cm) marque le début de la période de sensibilité des colzas au charançon des siliques. La fin de la période de sensibilité est atteinte au stade G4 (10 premières siliques bosselées) lorsque les jeunes siliques à piquer deviennent rares (fin floraison). 

 

Raisonnez les interventions selon la pression insectes 

A partir du stade G2, et si vous observez une présence significative de charançons uniquement en bordure de parcelle, l’application d’un insecticide autorisé peut être suffisant uniquement sur les bordures.  

Par contre, si les charançons ont déjà colonisé l’ensemble de la parcelle, le risque est présent si le seuil de 1 charançon pour 2 plantes est atteint. Dans ce cas, il faut appliquer un insecticide autorisé.  

Les produits insecticides autorisés doivent être homologués pour cet usage et bénéficier de la mention abeilles (se référer aux étiquettes des produits). De plus, ils doivent être appliqués uniquement dans la page horaire suivante : 

Pour rappel, les mélanges impliquants pyréthrinoïdes et triazoles en période de floraison ou de production d’exsudats sont formellement interdits. Si les 2 traitements doivent être effectués sur la même parcelle, un délai de 24 h minimum doit être respecté entre les applications et l’insecticide appliqué en premier.  

 

Implication des cécidomyies 

Les dégâts occasionnés par le charançon lui-même sont considérés le plus souvent comme marginaux. La nuisibilité est provoquée par les cécidomyies qui utilisent les piqûres des charançons des siliques comme porte d'entrée pour leurs pontes. Les larves de cécidomyies se développent dans les siliques et provoquent ainsi des pertes de rendement. La lutte directe contre les cécidomyies étant difficile, elle s'effectue via les interventions sur les charançons des siliques. 

 

Charançon des siliques - Crédit photo : L. Jung

Floraison Grand Est Hauts-de-France Ravageurs Colza Mathieu DULOT (m.dulot@terresinovia.fr)

Premières observations de pucerons cendrés : restez attentifs

Au jour de la rédaction de cet article (04/04/2025), les pucerons cendrés commencent tout juste à être observés en différents points du Sud de la France. Très localement, des parcelles peuvent être concernés depuis environ deux semaines.  La surveillance est fortement recommandée et l’évaluation du risque doit se faire au cas par cas.

Débutées depuis dix à quinze jours selon les situations, les floraisons sont désormais pleinement engagées, et les premières siliques apparaissent (la majeure partie des colzas sont au stade F2, G1 ou G2). Cette situation est  généralisée pour l’ensemble du Sud de la France (Auvergne-Rhône-Alpes, Aquitaine et Occitanie)


Sur ces différentes situations, les pucerons cendrés se font de plus en visibles. Ils impliquent vigilance et réactivité. Pour suivre au mieux la situation, n'hésitez pas à consulter le BSV de votre région. 

Maintenir la vigilance sur les pucerons cendrés

Une nuisibilité bien réelle dont il faut tenir compte. La hauteur du colza, et la crainte d’occasionner des dégâts par un passage est un frein à la gestion de ce ravageur, néanmoins la nuisibilité occasionnée par les pucerons cendrés ne doit pas être sous-estimée. Par ailleurs, le contrôle du puceron est d’autant plus difficile qu’il est réalisé sur des colonies importantes déjà bien installées.

Cette année, et contrairement à 2024 et 2023, la pression est aujourd’hui plutôt faible.  Mais attention,  des colonies précoces ont  pu être ponctuellement observées avant même la floraison. La hausse actuelle des températures, combinée à des prévisions de temps sec , constituerait alors des conditions favorables au développement de colonies.

La prise en compte d’insectes auxiliaires, comme les larves de coccinelle pour les plus faciles à identifier, est essentielle pour raisonner le choix de l’intervention. Dans la plupart des situations où les pressions de pucerons évoluent lentement, l’arrivée progressive de la faune auxiliaire joue un rôle majeur pour le maintien de la pression. En revanche, en cas d’évolution rapide des colonies, cette régulation biologique peut se montrer insuffisante.

A noter : les débuts de formation de colonies sont parfois difficiles à repérer (2 ou 3 individus au sommet d’une hampe). Bien souvent dans ces situations, les hampes concernées prennent une teinte légèrement violacée. Cette teinte est alors un indicateur de présence des pucerons, à observer donc de près.  

Seuils d'intervention pour le puceron cendré

  • De la floraison jusqu'à un mois avant la récolte, à partir de 2 colonies par m² une intervention insecticide se justifie. Utiliser préférentiellement MAVRIK JET, produit le plus efficace parmi ceux disposant de la mention abeille en période de floraison et production d'exsudats (entre stade BBCH59 et 80. L'arrété du 20 novembre 2021 encadre les horaires d'application durant la floraison: Dans les 2h qui précèdent le coucher du soleil et dans les 3h qui suivent.. A défaut de disponibilité de Mavrik Jet, se reporter sur le Mavrik Smart.
  • Un volume de bouillie de 150 l/ha sera nécessaire
  • Dans les situations de néo-infestation, un traitement uniquement en bordure peut permettre de gérer le risque
Tableau des Insecticides issu du Guide Colza 2024 (Guide 2025 bientot disponible)

Faut-il s'inquiéter du charançon des siliques ?

Pour l’instant peu observés dans les parcelles, les charançons des siliques ne représentent pas à ce stade de menace pour le colza, à l’exception de quelques situations  dont les 10 premières siliques dépassent 2 cm (G2).
Néanmoins dans un souci de meilleure réactivité, il est important d’identifier suffisamment tôt l’insecte, principal vecteur pour les pontes de cécidomyies.

Pour en savoir plus  :  Comment se prémunir contre le Sclérotinia et l’Oïdium et reconnaitre les symptômes de Mycosphaerella

 

Vos contacts régionaux

Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Occitanie

Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne, Rhône-Alpes, PACA

Floraison Est Occitanie Ouest Occitanie Sud Aquitaine Ravageurs Colza Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Lutte fongicide contre le sclérotinia du colza

Même si les attaques de sclérotinia sont peu fréquentes, la maladie reste redoutée en raison de sa très forte nuisibilité potentielle. Des leviers de lutte alternative se développent (biocontrôle, tolérance variétale). Néanmoins leurs efficacités, même combinées, sont insuffisantes pour sécuriser la production. Le recours à la protection fongicide au cours de la floraison reste donc une pratique courante pour se prémunir des attaques de sclérotinia. Elle limite également la nuisibilité des maladies secondaires qui sont gérées en même temps.

Protection des abeilles et autres insectes pollinisateurs durant la floraison

Tous les produits phytopharmaceutiques autorisés pendant la floraison du colza doivent être appliqués dans la plage de traitement de 5H soit 2H avant le coucher du soleil et 3H après le coucher du soleil (Arrêté du 20/11/2021 modifiant les conditions d’application des produits phytopharmaceutiques durant la floraison).

 

Les mélanges impliquant pyréthrinoïdes et triazoles en période de floraison ou de production d’exsudats sont formellement interdits. Si les 2 traitements doivent être effectués sur la même parcelle, un délai de 24 h minimum doit être respecté entre les applications et l’insecticide doit être appliqué en premier (arrêté dit « mélanges » du 12/06/2015).

 

 

Viser le stade G1 pour une efficacité optimale

Aucune solution curative n’existe à ce jour pour lutter contre le sclérotinia. Cela nous contraint à intervenir de façon préventive pour éviter les contaminations lors de la chute des pétales. Le positionnement du fongicide est essentiel pour garantir une bonne efficacité de la protection : intervenir trop tôt ou trop tard par rapport au stade G1 (chute des premiers pétales, 10 premières siliques avec une longueur inférieure à 2 cm) réduit significativement l’efficacité. Le stade G1 se concrétise généralement 6 à 12 jours après le début de la floraison du colza, selon les conditions climatiques. En cas de pluies annoncées au stade clé d’intervention, il est préférable d’anticiper (un tout petit peu) plutôt que de retarder l’intervention. Un créneau de 2h de sec après l’application suffit pour sécuriser l’efficacité du fongicide, sauf en cas de pluie lessivante (20mm) après le traitement.

 

Des solutions efficaces

La lutte fongicide contre le sclérotinia du colza s’oriente aujourd’hui vers des spécialités « haut de gamme » qui présentent toutes un bon niveau d’efficacité vis-à-vis du sclérotinia et qui ne coûtent pas systématiquement plus cher que des triazoles classiques (tébuconazole, metconazole). C’est le cas notamment du prothioconazole cette année. Des solutions récentes sont également disponibles comme le méfentrifluconazole ou la mandestrobine, les niveaux d’efficacité de ces solutions (proposées en pack ou en association toute formulée) sont équivalents à ceux des références du marché.
Malgré tout, cela ne veut pas dire que l’on peut faire n’importe quoi. Quelques règles sont à suivre pour assurer la durabilité de ces solutions, dans un contexte où des souches de sclérotinia résistantes aux fongicides de la famille des SDHI (boscalid, bixafen, fluopyram) ont déjà été identifiées. Un fongicide à base de SDHI doit obligatoirement être associé à un autre mode d’action dont l’efficacité est reconnue comme régulière (par exemple, prothioconazole, metconazole, méfentrifluconazole et tébuconazole ; les solutions de biocontrôle restent insuffisantes). Son emploi doit être limité à une application par campagne.
De la même manière, le fludioxonil a une action unisite. Il n’est pas recommandé de l’utiliser seul et sera toujours proposé en association avec un autre mode d’action (triazole (DMI) ou strobilurine (QoI-P))

 

Un passage suffit

Les stratégies à double traitement (2ème traitement 10/15 jours après le stade G1) ne montrent pas de gain d’efficacité vis-à-vis du sclérotinia dans la très grande majorité des situations. Elles sont très rarement rentables : le rendement net (coût fongicides et passages déduits) est plus faible pour la double application que pour un passage unique au stade G1 (figure). Elles peuvent néanmoins montrer un intérêt, qui reste aléatoire, dans quelques situations à très haut potentiel de rendement en situation de floraison très longue, de fortes pressions maladies en fin de cycle (mycosphaerella, alternaria, oïdium) qui nécessiteraient un relai, de première intervention trop anticipée pour assurer une protection correcte de la floraison.

 

Figure : Le double passage n’est pas valorisé dans le réseau d’essais : même niveau de rendement net entre la modalité traitée uniquement à G1 et celle avec une stratégie à deux applications. En vert : absence de maladie ou faible attaque <15% : nuisibilité de 0,7 q/ha (31 essais de 2010 à 2017). En rouge : forte attaque (moy. 33%, jusqu’à globale) : nuisibilité de 5,6 q/ha (10 essais de 2010 à 2016). Hypothèses de calcul pour le rendement net : Prix de la graine (rendu agriculteur) = 520 €/t Coût de passage = 10 €/ha

 

Pour aller plus loin 

Montaison Floraison Lorraine, Alsace et Haute-Marne Maitrise des maladies Maladies Colza Aurore Baillet - a.baillet@terresinovia.fr

Sclérotinia du colza : une protection préventive

Le sclérotinia est historiquement la maladie la plus préjudiciable sur colza au printemps. Néanmoins, les attaques sévères sont en net recul depuis plusieurs années. Des conditions climatiques moins favorables au développement du champignon au stade sensible de la culture pourraient expliquer cette baisse de la pression maladie, malgré une présence de l’inoculum dans les parcelles.

La lutte reste préventive

Il n’existe malheureusement aucune solution curative, une fois la maladie présente il est trop tard.  La protection est donc préventive. Il existe une variabilité du niveau de risque à la parcelle selon le nombre de cultures sensibles à la maladie dans la rotation, l’historique des attaques sur la parcelle, la densité du couvert et le climat (temps humide avant floraison). Malgré toutes les tentatives, aucune règle de décision ne permet de modifier la stratégie.

Le positionnement du traitement conditionne son efficacité

Le traitement à la chute des premiers pétales lorsque les 10premières siliques sont formées sur les hampes principales avec une longueur inférieure à 2 cm (stade G1) reste la seule solution efficace sur la maladie. Le stade G1 apparait, selon les températures, 6 à 12 jours après le début de la floraison du colza.

Des essais menés depuis plusieurs années par Terres Inovia démontrent que le positionnement du fongicide reste un élément majeur pour garantir une bonne efficacité : intervenir trop tôt ou trop tard par rapport au stade G1 réduit significativement l’efficacité sur sclérotinia.

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Attention à la variabilité inter et intra parcellaire !​​

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Pour une même date de semis, l’entrée en floraison peut différer entre les parcelles de l’exploitation. Cette variabilité s’explique d’une part par des différences de précocité entre variétés, par les conditions d’implantation mais également par des problématiques ravageurs (altises, charançon), et/ou le contexte pédoclimatique. Il est donc recommandé de piloter l’intervention fongicide sclérotinia au cas par cas.
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Au sein d’une même parcelle, l’utilisation d’une variété piège à méligèthes, précoce à floraison, entraine un décalage de stade. Il convient dans ces situations d’observer le stade de la variété d’intérêt pour positionner l’intervention au meilleur moment.

​​​​​Quelle solution utiliser selon le niveau de risque sclérotinia ?

Les solutions conventionnelles du marché, historiques comme plus récentes, sont des solutions performantes contre le pathogène et permettent une alternance des modes d’action. Cependant, le choix du fongicide doit tenir compte de l’évolution de la résistance du sclérotinia aux SDHI. La note commune publiée en 2024  par l’Anses, INRAE et Terres Inovia recommande d’éviter l’emploi seul d’un fongicide à base de SDHI, tel que le Pictor Pro (boscalid). Il convient de l’associer avec un autre mode d’action efficace (les solutions de biocontrôle restent insuffisantes) et de limiter son emploi à une seule application par campagne.

  • En cas de risque agronomique sclérotinia faible à modéré (pression historique modérée, retour colza 1 an/4-5), toutes les solutions fongicides employées à demi-dose présentent un niveau d’efficacité satisfaisant vis-à-vis du sclérotinia. Les triazoles (prothioconazole, mefentrifluconazole, difenoconazole, tébuconazole, metconazole) peuvent également être envisagés, ainsi que les biocontrôles utilisés en mélange avec une demi-dose de produit conventionnel.
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  • En cas de pression sclérotinia élevée (retour colza une année sur trois ou moins, historique d’attaques sévères 2 ans/10, climat favorable, etc.), le mode d’action SDHI doit être associé à un autre mode d’action dont l’efficacité est reconnue comme régulière (par exemple, prothioconazole,  mefentrifluconazole, metconazole, tébuconazole). Les produits à base de prothioconazole offrent également un haut niveau d’efficacité. L’utilisation de Treso (fludioxonil), au mode d’action unisite, devra quant à lui se faire en association avec un autre mode d’action (triazole (DMI) ou strobilurine (QuoI-P)).

Quel intérêt d’une stratégie à double traitement ?

L’application d’un fongicide relai 10-15 jours après le stade G1 ne montre pas de gain d’efficacité vis-à-vis du sclérotinia dans la très grande majorité des situations. Elle présente néanmoins un intérêt en cas d’entrée en floraison très hétérogène d’une parcelle en année humide et qui nécessite alors une protection étalée dans le temps.

Lors de fortes pressions en maladies de fin de cycle (mycosphaerella ou alternaria), ce fongicide relais permet de prolonger la protection des siliques qui conservent leur activité photosynthétique. Des tâches de mycosphaerella sont aujourd’hui observées dans certaines parcelles du Poitou-Charentes/Vendée ainsi qu’en Bretagne et Pays de la Loire, il faudra surveiller leur évolution et ajuster si besoin le programme fongicide prévu au stade G1. Sur 7 essais mycosphaerella menés par Terres Inovia entre 2022 et 2024 (départements 17, 35, 86), l’application d’une triazole à G1+15 jours apporte un gain de rendement pour 3 essais, n’a aucun effet pour 2 essais, accuse une légère perte de rendement pour 2 essais. De nouveaux essais sont reconduits en 2025 pour investiguer ces aspects de la protection fongicide notamment dans le cadre du projet MYCORISK.


​​​​​​​Mycosphaerella sur feuilles à Saint Sauveur d’Aunis (17), le 21 février 2025

Des solutions de biocontrôle existent :

  • En pré-semis incorporé, Lalstop Contans-WG (C. minitans) vise la destruction des sclérotes du sol. Il permet de réduire les attaques dès la première application (efficacité variable pouvant aller jusque 70%). Le risque de contamination est réduit mais une protection fongicide supplémentaire est souvent nécessaire car même un faible stock de sclérotes viables peut induire une contamination. La contamination de la parcelle peut également avoir pour source une parcelle avoisinante non protégée.
  • En traitement sur chaume, il permet de réduire le stock de l’année afin de limiter le risque pour les cultures suivantes.
  • Au stade G1, les traitements à base de Bacillus subtilis (Rhapsody) sont préconisés en association avec un traitement fongicide, a dose modulée. En cas d’attaque, le niveau d’efficacité sera déterminé par la demi-dose du fongicide choisi.


► Tableau des fongicides


Attaque de slérotinia sur tige - L.Jung Terres Inovia




Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire
Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin​​​​

Thomas Mear – t.mear@terresinovia.fr - Bretagne, Pays de la Loire
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​​​​​​​G​​​​wenola Riquet - g.riquet@terresinovia.fr​​​​​ - Responsable fongicides et biocontrôle - Désherbage des légumineuses à graines

Montaison Floraison Centre-Val de Loire Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Bretagne, Pays de la Loire Maitrise des maladies Maladies Colza Julien Charbonnaud, Elodie Tourton, Thomas Mear, Gwenola Riquet

Gestion des maladies aériennes de la féverole

Les premiers symptômes de botrytis sont observés sur féveroles d’hiver, et tendent à se développer. L’identification précoce de ces symptômes est indispensable dans le cadre de la gestion préventive du développement de la maladie.

Agir dès l’apparition des premiers symptômes de botrytis

Le botrytis est la principale maladie de la féverole, quelque soient les bassins de production. Il se développe en particulier dans les situations de semis précoce. Cette relation entre la surface nécrosée par le botrytis en fonction de la date de semis, est illustrée par le graphique ci-contre.

Figure 1 :  Relation entre la date de semis et la surface foliaire de la féverole nécrosée par le botrytis - données issues de l’observatoire maladies conduit entre 2016 et 2018
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​​​​​Ainsi, les attaques les plus marquées sont fortement influencées par des semis d’octobre jusqu’à début novembre. De ce constat découle la préconisation d’implantation à partir du 10 novembre. La maitrise de la densité constitue également un levier agronomique majeur pour freiner la progression de la maladie dans le couvert au printemps.

 


Photo 1 :  Symptômes de botrytis et d'ascochytose sur fèverole ​​​​​​​

Caractérisée par de petites tâches de 2-3 mm qui s’agrandissent pour former entre elles des tâches rondes ovales entourées d’un halo brun, la maladie conduit à la nécrose et à la chute prématurée des feuilles. Ces symptômes peuvent s’observer également sur tige avec des tâches plus allongées mais plus rarement sur gousses.
​​​​​Le botrytis ne doit pas être confondu avec l’ascochytose de la féverole qui se manifeste par des tâches moins nombreuses, diffuses, au centre plus clair (type brûlure de cigarette).

​​​​​La gestion du botrytis s’intègre dans une stratégie plus globale des maladies

​​​​​​​La rouille est une maladie pouvant également impacter la féverole ; elle apparait généralement plus tard dans le cycle de la culture, quand les conditions climatiques deviennent douces et humides. Des pustules orangées, caractéristiques de la rouille, peuvent apparaitre dès début mai, favorisées par des températures supérieures à 20°C en conditions humides. Comme le botrytis, elle provoque une sénescence accélérée des feuilles. 

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Photo 2 :  Symptômes de rouille sur fèverole

La stratégie de lutte doit prendre en compte le risque vis-à-vis de ces deux principales maladies : botrytis et rouille. Elle repose en particulier sur l’azoxystrobine et le pyriméthanil (SCALA). Le PROSARO (ou PIANO) et les solutions à base de metconazole (SUNORG PRO) peuvent aussi trouver un intérêt plus spécifiquement sur rouille.


Les attaques de botrytis sont d’autant plus difficiles à gérer, qu’elles ne sont pas prises aussitôt l’apparition des symptômes. Dès la mi-mars, si les symptômes apparaissent, une première intervention à base de SCALA 0.75 l/ha + AMISTAR 0.5 l/ha est à réaliser. Il s’agit de situations à forte pression. Une seconde intervention d’AMISTAR peut-être réalisée à partir du début floraison. Une troisième application pourra être réalisée entre floraison + 15 j et la fin floraison pour gérer les premières attaques de rouille et compléter le programme sur botrytis.

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​​​​​​​Photo 3 :  Symptômes de rouille et botrytis sur fèverole

Dans des conditions de pression moyenne, avec apparition des premiers symptômes de botrytis autour de la floraison, la première application d’azoxystrobine, associée ou non à du SCALA peut être réalisée début floraison, avant de revenir si besoin avec de l’azoxystrobine entre 15 et 30 jours plus tard selon l’évolution de la maladie. En cas d’une seconde application, et si de la rouille apparait par la suite, il sera toujours possible de réintervenir avec du metconazole (SUNORG PRO).

Sortie hiver Floraison Début de cycle / croissance Centre-Val de Loire Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Normandie et Ouest Ile-de-France Bretagne, Pays de la Loire Maladies Maitrise des maladies Féverole d'hiver Féverole de printemps Agathe Penant & Bastien Remurier

Les colzas abordent le stade de sensibilité vis-à-vis du méligèthe

A la faveur des températures douces et de l’allongement de la durée d’ensoleillement, les colzas sont aujourd’hui dans une phase de croissance active. Avec le maintien des températures conjugué à un retour des pluies et un bon enracinement, toutes les conditions devraient être réunies pour assurer au colza une poursuite de son développement sans entrave majeure dans les jours à venir. Dans ce contexte et jusqu’à l’entrée en floraison, le risque lié au méligèthe est à prendre en compte à travers une surveillance rigoureuse.

Pour bien prendre en compte votre situation, nous vous conseillons de vous référer à votre BSV régional:

La gestion de ce ravageur repose sur la mesure du risque la plus juste possible, pour décider d'intervenir ou de ne pas intervenir.

Visiter les parcelles pour évaluer le risque

Les règles de décision mises au point pour lutter contre les méligèthes visent à maintenir la population à un niveau acceptable (et non de l’éradiquer) pour que la floraison puisse s'engager franchement et que les capacités de compensation du colza, importantes à cette période du cycle, puissent s'exprimer.

Observer les parcelles du stade D1 (BBCH50) correspondant à l’apparition des boutons accolés toujours cachés sous les feuilles jusqu’au stade F1 (BBCH60) correspondant aux 1ères fleurs ouvertes sur la moitié des plantes :

  • Au stade D1 lorsque les boutons floraux sont présents et encore dissimulés sous les feuilles terminales, les méligèthes sont plus difficiles à observer. Il faut prendre le temps de bien analyser la zone de feuilles entourant les boutons. Au stade D2 (BBCH53) et E (BBCH57), les boutons sont complètement visibles  et les méligèthes sont plus facilement repérables.
  • Les comptages en bordure ou sur les plantes les plus hautes ne sont pas représentatifs de la situation. Evitez les plantes pièges si elles sont présentes. Comptage sur 4 x 5 ou 2 x 10 plantes consécutives.

Prendre en compte l’état du colza et le nombre de méligèthes par plante 

Rappelons qu’un colza vigoureux et sain, pourra supporter une présence, même importante de méligèthes. Au contraire, un colza chétif, stressé, dans un contexte contraint sera particulièrement vulnérable.

  • La vigilance doit à présent être maintenue par un dénombrement régulier sur les plantes pour se situer par rapport aux seuils.
  • Dès que les fleurs sont ouvertes, le pollen étant libre d’accès, la nuisibilité du méligèthe devient généralement nulle et le traitement inutile.
  • Surveillance de rigueur également dans les situations avec une variété haute et très précoce (ex : ES Alicia ou DK Exavance) en mélange. Cette pratique permet de maîtriser certaines attaques faibles à moyennes mais n’exclue pas la surveillance ! En cas de fortes attaques, au-delà des seuils indiqués ci-dessous sur les plantes d'intérêt, un contrôle des populations de méligèthes peut se justifier.
  • Il est important de ne pas intervenir trop rapidement afin de toucher le maximum d'insectes lors de l'application.
  • Toute intervention est à éviter à partir de l’apparition des premières fleurs dans la végétation sauf si la pleine floraison ne se produit pas une semaine après l’apparition des premières fleurs.

Les seuils d'intervention

Etat de la culture

Conseil et seuil d'intervention

Si le colza n’est pas vigoureux en sortie d’hiver (petits colzas dus aux levées tardives, infestations larvaires ...) et/ou si les conditions environnementales sont défavorables aux compensations (températures faibles, plantes stressées en eau, dégâts parasitaires antérieurs de type larves d'altises, charançons du bourgeon terminal).

 
1 méligèthe par plante au stade D1 ; 2 à 3 méligèthes par plante au stade E. 

Si le colza est vigoureux (sain, bien implanté, dans un sol profond et en l'absence de stress printanier significatif).

Attendre le stade E (boutons séparés) et intervenir uniquement si le seuil de 4 à 6 méligèthes par plante est dépassé.

Quels insecticides utiliser ?

Les méligèthes sont résistantes aux pyréthrinoïdes en «ine» lambda-cyhalothrine, deltaméthrine, cyperméthrine,… Le taufluvalinate et l'étofenprox sont 2 pyréthrinoïdes qui échappent à la rapide métabolisation par les méligèthes et conservent leur potentiel d’efficacité.

Les substances actives efficaces sur méligèthes  

  • l'étofenprox (TREBON,30EC, UPPERCUT 0.2 l/ha)
  • le tau-fluvalinate (MAVRIK SMART, TALITA 0.2 l/ha)

Recommandations d’utilisation

  • Volume de bouillie, un optimum autour de 200 l/ha : pour optimiser l'efficacité d'une pulvérisation insecticide, il est conseillé de travailler à volume « normal », en évitant les trop bas-volumes, inférieurs à 100 l/ha.
  • Le contexte de réalisation est important : réglage du pulvérisateur, conditions climatiques, caractéristiques du produit appliqué.
  • Protection des abeilles: Dangereux pour les abeilles (phrase SPE8) : pour protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs, ne pas appliquer durant la floraison et/ou en période de production d'exsudat, à l'exception des usages bénéficiant de la mention abeille F, PE, ou FPE. En cas d’intervention tardive (par exemple, stade E avec apparition des premières fleurs), utiliser impérativement les solutions efficaces et bénéficiant d’une dérogation abeille : MAVRIK SMART, TREBON 30EC (stade limite d’utilisation BBCH61) Attention : ces applications font l’objet d’un arrêté encadrant les horaires d’application : dans les 2 heures qui précèdent le coucher du soleil et dans les 3 heures qui suivent le coucher du soleil. 

Une utilisation raisonnée de ces solutions est indispensable. Lire attentivement les étiquettes et la documentation disponible et respecter les recommandations d'emploi.
 

Vos contacts en région :

  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) – Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur
  • Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées   
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Occitanie 
     
Montaison Floraison Sud Aquitaine Est Occitanie Ouest Occitanie Auvergne Rhônes-Alpes Ravageurs Colza Equipe Sud et AURA - Terres Inovia

Méligèthes : une menace discrète, mais à surveiller de près

Les méligèthes sont de retour dans les parcelles de colza. Bien que leur présence soit encore discrète, il est essentiel de surveiller leur évolution, car une météo plus clémente pourrait favoriser leur essor.

Une pression actuellement modérée, mais une vigilance de rigueur

Les conditions climatiques récentes, marquées par des températures fraîches suivies de pluies et d'une certaine douceur, ne sont pas favorables à une arrivée massive des méligèthes. Néanmoins, ces insectes sont piégés en cuvettes en Poitou-Charentes et Centre-Val de Loire. Leur présence sur plante reste timide, mais une météo plus douce les après-midi pourrait entraîner les premières vagues de vol.

Observation des parcelles et évaluation du risque

Les stratégies contre les méligèthes visent à maintenir leur population à un niveau acceptable, sans chercher à les éradiquer, afin de permettre une floraison optimale et laisser le colza exprimer ses capacités de compensation pendant cette phase du cycle.
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Il est important d'observer les parcelles du stade D1 au stade F1 :

  • Au stade D1, les méligèthes sont plus difficiles à repérer, il est donc nécessaire d'examiner attentivement les boutons encore cachés par les feuilles.
  • À partir du stade D2-E, leur présence devient plus facile.
  • Au-delà de la présence, c'est bien le nombre d'insectes par plante qui constitue le risque. Il faut donc compter.

Stade actuel en région Poitou-Charentes et Centre-Val de Loire

Actuellement, les stades de colza dans les régions Poitou-Charentes et Centre-Val de Loire évoluent, avec une majorité ​​​​​​​de parcelles qui devraient atteindre rapidement ou qui sont déjà au stade D1 ("Boutons accolés encore cachés") quelques-unes le stade D2 ("Inflorescence principale dégagée") des stades E sont observables voire même quelques fleurs isolées !.

L'activité des méligèthes débute avec les premiers individus détectés dans les pièges, signe de leur présence en parcelle. Mais pour évaluer le risque, c'est le comptage du nombre d'insectes par plante qui reste l'indicateur à prendre en compte pour déterminer le risque.

Rappel​​​​​​​ : les adultes de méligèthes perforent les boutons floraux du colza pour se nourrir du pollen. Les adultes, peuvent lors de ce prélèvement de pollen en dommager le pistil d’autant plus que les boutons sont petits et, provoquer l’avortement des boutons floraux. Plus les boutons sont gros plus la nuisibilité baisse. Avec l’apparition des premières fleurs, le risque continue de diminuer. Mais il faut une floraison dynamique pour détourner un maximum d’individus vers les fleurs ouvertes. Les larves de méligèthes considérées comme nuisibles quant à elles, apparaissent plusieurs semaines plus tard et sont naturellement régulées par de nombreux prédateurs, notamment des hyménoptères, qu’il est essentiel de préserver pour maintenir cet équilibre.

Méthode de comptage efficace

Afin d'évaluer correctement le risque, il est important d'éviter de se fier uniquement aux plantes en bordure ou aux plus hautes, qui ne sont pas représentatives. Il est recommandé d'effectuer un comptage sur 4 x 5 ou 2 x 10 plantes consécutives pour une meilleure estimation de la pression du ravageur.

Seuils de risque et prise de décision

L'état du colza joue un rôle essentiel dans la gestion des méligèthes :

  • Colza fragile ou en difficulté (levée tardive, excès d’eau hivernal, ou stress hydrique durant la montaison, dégâts significatifs de larves d'altises ou de charançons du bougeons terminal ou de la tige) : une surveillance accrue est nécessaire car le risque persiste même avec l'apparition des premières fleurs. Seuils d'intervention : 1 méligèthe par plante au stade D1, 2 à 3 méligèthes par plante au stade E
  • Colza vigoureux et bien implanté : le seuil est plus élevé et l'intervention n'est justifiée qu'à partir du stade E si le nombre de méligèthes par plante dépasse 4 à 6.

Dès que les fleurs sont ouvertes et que le pollen est accessible, la nuisibilité des méligèthes devient généralement nulle, faible rendant tout traitement inutile.

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De faible à forte infestation en méligèthes - Photo L.Jung Terres Inovia

Stratégies de protection et insecticides autorisés

Les méligèthes sont résistants aux pyréthrinoïdes en "ine" (lambdacyhalothrine, deltaméthrine, cyperméthrine). Toutefois, certaines pyréthrinoïdes spécifiques sont encore efficaces :

  • Étofenprox (TREBON 30 EC, UPPERCUT)
  • Tau-fluvalinate (MAVRIK SMART, TALITA SMART)

Recommandations d’application

  • Volume de bouillie : 200 l/ha est recommandé pour optimiser l'efficacité du traitement, évitant les trop bas-volumes (<100 l/ha).
  • Protection des pollinisateurs : ​​​​​​​En présence de fleurs, l'application des insecticides doit respecter les nouvelles règles (arrêté du 20 novembre 2021) :
    • Traitements autorisés uniquement dans les 2 heures précédant le coucher du soleil et les 3 heures suivant celui-ci.
    • En présence de fleurs, n'utiliser que des produits disposant d'une dérogation abeille (MAVRIK SMART, TREBON 30 EC, limite BBCH61).

​​​​​​​En Savoir plus :


►​​​​​​​ Surveillance et lutte contre le méligèthe

►​​​​​​​ Les bonnes pratiques de traitement en floraison pour protéger les abeilles

Les abeilles, des alliées pour nos cultures. Protégeons-les !


Elodie Tourton - e.tourton@terresinovia.fr - Poitou-Charentes, Vendée, Limousin
​​​​​​​Julien Charbonnaud - j.charbonnaud@terresinovia.fr - Centre-Val de Loire

Sortie hiver Montaison Floraison Centre-Val de Loire Poitou-Charentes, Vendée, Limousin Ravageurs Colza Elodie Tourton & Julien Charbonnaud

Comment se prémunir contre le Sclérotinia et l’Oïdium et reconnaitre les symptômes de Mycosphaerella

Dans les régions du sud de la France et en Auvergne-Rhône-Alpes, les parcelles se dirigent progressivement vers la floraison.L’eau, bien que souvent excédentaire, est un facteur favorable à cette entrée en floraison en bonnes conditions. C’est le moment de raisonner la protection fongicide colza lorsqu’elle est nécessaire.

Celle-ci doit être réalisée dès le stade G1, marqué par la chute des premiers pétales, environ 10 à 12 jours après le début de la floraison. En l’absence de pluie depuis le début floraison, dans les conditions du sud-ouest (hors façade atlantique et piémont pyrénéen) l’application peut être retardée de quelques jours de façon à mieux couvrir le risque oïdium sur la fin de cycle. En effet, dans les terres, le risque oïdium est supérieur au risque sclérotinia, et peut justifier cette adaptation de stratégie.

Pour la gestion du risque sclérotinia, les analyses réalisées par les kits pétales, dans le cadre du réseau BSV, permettront d’évaluer le niveau de risque avec plus de précision. 

Une gestion préventive pour le sclérotinia, curative pour l’oïdium 

La lutte contre le sclérotinia en végétation repose exclusivement sur une gestion préventive. Il s’agit de protéger les colzas avant la contamination des organes (tiges, feuilles) par le mycélium de sclérotinia ayant germé et étant présent sur les pétales. En effet, lorsque les pétales chutent, ces derniers se déposent sur les organes de la plante et les contaminent.

Pour l’oïdium, la protection de type curative est conditionnée par l’observation des premiers symptômes. Néanmoins, bien qu’efficace, la lutte curative contre l’oïdium est parfois difficile à mettre en œuvre car les colzas sont hauts et avancés lorsque les premiers symptômes ,de tache étoilée sur feuilles apparaissent, (Droite de la photo).

Il convient donc d’adapter le programme pour englober les potentiels risques sclérotinia et oïdium. Pour cela, il est opportun de choisir un produit fongicide efficace sur sclérotinia et avec des arrières-effets suffisants pour contrôler l’oïdium. Deux traitements ne se justifient généralement pas.

Dans le Sud-Est (Est Occitanie, PACA) où les attaques d’oïdium sont régulièrement fortes, viser une protection contre l’oïdium systématique au stade G1. Dans quelques situations (sclérotinia observé par le passé, ou parcelles en rotation avec des cultures maraîchères, (melons en particulier) on visera à la fois une protection contre oïdium et sclérotinia. 

Faire le tour des parcelles pour repérer le stade début floraison (F1)

L’entrée en floraison, stade F1, est un stade facile à identifier (soit 50% des plantes avec ouverture des premières fleurs), qui permet d’anticiper la chute des premiers pétales, stade G1, moment opportun pour protéger les colzas face au risque maladies. (6 à 12 jours séparent ces deux stades). 

Quel produit choisir pour optimiser le rapport coût/efficacité

 
Au-delà des performances sur sclérotinia, il est essentiel de choisir une solution permettant de contenir également la pression oïdium. Globalement les solutions à base de prothioconazole seul (JOAO ou générique à 0,7 l/ha), associé à une autre triazole : le tébuconazole (PROSARO 0.8 l/ha) ou à une SDHI (PROPULSE 0,8 l/ha) présentent les meilleures efficacités sur sclérotinia avec une très bonne action sur oïdium.

Compte-tenu des pressions sclérotinia généralement modérées voire même faible dans le Sud-Ouest, il est possible d’optimiser le rapport coût/efficacité de ces solutions. En effet, des diminutions de doses peuvent s’envisager, jusqu’à 0,5 l/ha par exemple pour un PROSARO ou une spécialité à base de prothioconazole seul. PROPULSE à 0.5 l/ha est à réserver aux situations d’absence de symptômes d’oïdium au moment du traitement. L’efficacité sur sclérotinia restera suffisante tout comme les arrières-effets sur oïdium.

Il est aussi possible d’employer d’autres substances actives, à moindre coût, comme le metconazole. L’efficacité sur sclérotinia est en léger retrait en comparaison des grandes références, mais peut suffire pour les pressions faibles à moyennes de la région. L’efficacité sur oïdium est bonne.
Pour les parcelles où le risque sclérotinia est plus marqué, lié à l’historique des attaques ou bien au pédoclimat plus favorable (ex : bordure atlantique). Une association du metconazole  à une SDHI, en l’occurrence du boscalide apportera un renfort sur cette maladie.

La solution TRESO apporte depuis 2022, un nouveau mode d’action (Phenylpyrroles (PP)) dans la lutte contre le sclérotinia via la substance active fludioxonil qui permet de limiter les résistances aux SDHI. Il n’est pas homologué pour l’usage oïdium et n’a pas été testé par Terres Inovia sur cette maladie. TRESO est uniquement disponible en association avec une autre solution, notamment du prothioconazole ou encore du metconazole.
D’autres solutions sont disponibles pour une gestion satisfaisante du sclérotinia comme REVYDAS à 0.8 l/ha (MEFENTRIFLUCONAZOLE + BOSCALIDE) ou des packs comme INTUITY FORCE ou POWER (MANDESTROBINE + METCONAZOLE ou PROTHIOCONAZOLE respectivement). Ces solutions n’ont pas été testées directement sur oïdium par Terres Inovia mais les modes d’action présent via les triazoles notamment sont efficaces contre ce pathogène.
 

N'hésitez pas à consultez le tableau des fongicides 2024

Situations à risque Mycosphaerella


Malgré l’absence de signalements de mycosphaerella en 2024 sur le territoire, certains secteurs du nord et de l’ouest de la Dordogne ou encore de la façade atlantique peuvent néanmoins se montrer plus exposés au risque. Les Charentes comme une large partie de la moitié nord de la France ont été particulièrement exposés à la maladie sur la dernière campagne. Une attention particulière est à porter sur l’apparition de la maladie.
Le traitement appliqué au stade G1 (chute des premiers pétales et 10 premières siliques de moins de 2 cm) contre le sclérotinia reste le pivot de la protection fongicide en colza. Ce traitement permettra également dans la majorité des situations de protéger contre mycosphaerella. En cas de présence bien visible de mycosphaerella au moment du traitement, il faudra appliquer au moins 80 % de la dose homologuée du fongicide à base de triazole seule ou associée, de préférence prothioconazole.


A noter, l’intérêt d’une application d’un fongicide/régulateur sur la montaison début mars n’a jusqu’ici pas été mise en évidence. Bien qu’un effet visuel sur l’expression des symptômes soit observé, aucun bénéfice sur le rendement n’a été noté (réseau de 7 essais Terres Inovia entre 2022 et 2024). Ce type de pratique sur des petits colzas, mal enracinés et/ou impactés par des insectes peut même à l’inverse pénaliser le rendement du colza.

Rhapsody, que penser de cette solution de biocontrôle ?

Rhapsody est désormais l’unique solution de biocontrôle destinée à la lutte contre le sclérotinia en application foliaire. D’une manière générale, l’efficacité intrinsèque de ce type de solution, appliquée seule est variable et peu satisfaisante. En association, l’efficacité finale reste très dépendante de la nature du fongicide associé. Les essais menés par Terres Inovia, ne montrent pas de gain d’efficacité des associations de produits de biocontrôle à une demi-dose de fongicide, par rapport à la demi-dose de fongicide seule. Il n’apparait donc pas d’intérêt technique particulier pour ce type de solutions. Par ailleurs, ces solutions n’apportent pas de bénéfices sur oïdium. Il n’y a pas de plus-value apportée par ces solutions de biocontrôle associées à un fongicide.
 

Vos contacts régionaux

  • Alexandra Denoyelle (a.denoyelle@terresinovia.fr) - Auvergne, Rhône-Alpes, PACA
  • Arnaud Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Sud Nouvelle Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées   
  • Quentin Lambert (q.lambert@terresinovia.fr) - Occitanie 
Montaison Floraison Colza Colza Colza A. Micheneau (a.micheneau@terresinovia.fr) - Terres Inovia

Gestion des maladies aériennes de la féverole

Sortie hiver Floraison Début de cycle / croissance Sud Aquitaine Est Occitanie Normandie et Ouest Ile-de-France Auvergne Rhônes-Alpes Maitrise des maladies Maladies Féverole d'hiver Féverole de printemps Equipe Sud et AURA - Terres Inovia