Une pression maladies intense et précoces dès la sortie d'hiver
Les conditions humides et relativement douces du mois de janvier ont été favorables au développement précoce et rapide de maladies du feuillage pour les cultures de féveroles d'hiver du Sud-Ouest, essentiellement le Botrytis mais aussi l'Ascochytose (anciennement Anthracnose) dans une moindre mesure. Dans les cas les plus sévères, et pour les situations où la destruction n'était pas initialement prévue, peut se poser la question du maintien de la parcelle et du choix de la culture de remplacement.
Les conditions humides et relativement douces du mois de janvier ont été favorables au développement précoce et rapide de maladies du feuillage pour les cultures de féveroles d'hiver du Sud-Ouest, essentiellement le Botrytis mais aussi l'Ascochytose (anciennement Anthracnose) dans une moindre mesure. Dans les cas les plus sévères, et pour les situations où la destruction n'était pas initialement prévue, peut se poser la question du maintien de la parcelle et du choix de la culture de remplacement.
Petits rappels sur la reconnaissance des maladies
Le Botrytis
Le botrytis est une maladie aérienne très fréquente sur féverole d’hiver, provoquée par un champignon : Botrytis fabae. Les symptômes sont répartis de façon homogène dans la parcelle et se présentent sous forme de très nombreuses petites tâches marron qui s’étendent et se rejoignent à mesure que la maladie se développe. A terme, elle occasionne une défoliation et des coulures de fleurs. Elle apparaît notamment sur les parcelles semées précocement et/ou densément.
Les conditions météorologiques de ce début d’année ont été particulièrement favorables au développement de la maladie, notamment sur les parcelles semées précocement (mi-octobre) et/ou de fonds de vallée fortement exposées aux excès d’eau récents. De premiers symptômes sont également visibles sur les parcelles semées plus tardivement (courant novembre). Dans ces circonstances, la nuisibilité s’annonce déjà être très élevée.
(Secteur d’Auch (32) le 02/02/2026 - Crédit photo : Terres Inovia)
Ascochytose:
Bien moins fréquente que le Botrytis, l’Ascochytose, anciennement appelée Anthracnose, est provoquée par le champignon Ascochyta fabae. Lorsque les températures sont fraîches (10-15°C) et l’humidité est élevée, elle apparaît en foyers dans la parcelle, caractérisée par des taches brun cendré peu nombreuses avec des points noirs au centre (pycnides). Elles évoluent le plus souvent en « coulures » au pourtour brun-noir. Avec le temps, le centre des taches s’éclaircit et se nécrose allant parfois jusqu’à trouer les feuilles. Sur les tiges, des lésions du même type mais plus allongées peuvent se développer et provoquer des cassures.
Cette maladie est notamment transmise par la semence. Pour limiter au maximum l’inoculum primaire, l’utilisation de semences saines et le traitement des semences sont primordiaux. Le traitement de semences PREPPER (Fludioxonil) est disponible et donné efficace contre l’Ascochytose, mais il n’a pas été évalué contre ce pathogène par Terres Inovia à ce jour.
La majorité des variétés de féverole d’hiver présente un bon comportement vis-à-vis de cette maladie.
(Ascochytose sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia)
La Cercosporiose
La Cercosporiose (Cercospora zonata) provoque des lésions sombres avec une zonation concentrique sans ponctuations noires. Elles apparaissent précocement à la base du couvert et évoluent généralement peu. Cette maladie est peu fréquente et peu nuisible.
(Rouille sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia)
La Rouille
La rouille (Uromyces fabae) est une maladie fréquente et très préjudiciable sur féverole. Elle se développe sur le feuillage sous la forme de pustules brun-rouge auréolées d’un anneau plus clair. Lorsque les conditions climatiques sont très favorables (temps chaud >20°C et humide) la rouille peut recouvrir, parfois de manière rapide et fulgurante, la totalité des feuilles voire des tiges, provoquant un dessèchement prématuré des plantes.
Elle peut entraîner jusqu’à 50 % de pertes de rendement (25 à 40 q/ha) lorsque l’attaque est précoce et importante, et qu’aucun traitement n’est réalisé.
(Rouille sur féverole d’hiver - Crédit photo : Terres Inovia )
Comment agir si la maladie est déjà présente ?
Aller observer les parcelles pour estimer le risque de forte nuisibilité Botrytis
Dans ce contexte d’arrivée précoce des maladies sur féverole d’hiver, il convient d’aller observer très rapidement les parcelles assolées pour estimer le niveau d’infestation actuel, et par extension la nuisibilité potentielle. Pour ce faire, il sera nécessaire de réaliser les observations suivantes, sur 5 à 8 placettes de 5 pieds représentatives de la parcelle :
- La densité de peuplement (nombre de pieds/m²)
- L’état sanitaire des pieds sur chaque placette (% de surface foliaire avec symptômes de maladie pour ce qui est du Botrytis, présence de taches pour ce qui est de l’Ascochytose)
En fonction de la densité de peuplement et de la part de surface foliaire touchée par le Botrytis, il est possible d’estimer à priori le risque de nuisibilité significative (> 30%) pour le rendement final de la culture. Terres Inovia a élaboré un tableau d’aide à la décision pour savoir où votre parcelle se situe vis-à-vis du risque Botrytis.
Cette estimation est à réaliser dès maintenant dans le Sud-Ouest. L’expérience nous montre qu’il y a une corrélation entre présence de la maladie en sortie d’hiver et nuisibilité pouvant atteindre jusqu’à 30% de potentiel de rendement à la récolte.
Intervenir lorsque les conditions seront propices ou retourner la parcelle ?
Pour ce qui est du Botrytis, les interventions fongicides n’ont pas d’effet curatif sur la maladie. Du fait de l’impossibilité d’intervenir immédiatement en parcelle, il conviendra de sérieusement penser à procéder au retournement des parcelles déjà fortement infestées (> 15% de surface foliaire avec symptômes dès à présent).
Pour les autres cas, notamment pour les semis tardifs (à partir de la mi-novembre, début décembre), il sera généralement possible de patienter et d’intervenir dès la fin-février ou début mars, lorsque les conditions météorologiques et la portance des sols seront plus favorables. Afin d’adapter au mieux la stratégie fongicide au contexte épidémiologique de l’année, Terres Inovia présente dans son Guide Culture divers exemple de programmes fongicides, qu’il est possible de retrouver ici.
En cas de retournement de la parcelle, le choix de la culture de remplacement dépendra, entre autres, des programmes de désherbage appliqués en entrée d’hiver. Voici un tableau récapitulatif des espèces implantables au printemps et des délais de semis à respecter en fonction des spécialités herbicides employées en début de campagne.
Vos contacts régionaux
- Quentin LAMBERT (q.lambert@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Occitanie
- Quentin LEVEL (q.level@terresinovia.fr) – Ingénieur régional de développement – Ex-Aquitaine, Gers, Hautes-Pyrénées
Myco-Risk
DGAL à hauteur de 268 559€ et le reste sur fonds propres
377 721 €
36 mois Non NationalLes enjeux
L’organisation des dispositifs d’épidemio-surveillance permet de diffuser les Bulletins de Santé du Végétal (BSV) à l’ensemble des agriculteurs et prescripteurs. Pour analyser des risques liés aux bioagresseurs, les rédacteurs des BSV requièrent des références sur les périodes et seuils de risque vis-à-vis des bioagresseurs à enjeu majeur. Or, le mycosphaerella est une maladie qui prend une ampleur de plus en plus importante dans la culture du colza en France. Le manque de connaissances sur la biologie, la nuisibilité, les facteurs à risques et les moyens prophylactiques limite les capacités des techniciens et conseillers à analyser les risques et à proposer des recommandations raisonnées.
Les objectifs
Le projet Myco-Risk se propose d’apporter des éléments pour aider à analyser les risques et proposer des recommandations de lutte intégrée vis-à-vis du Mycosphaerella du colza. Résolument destiné à un usage opérationnel, ce projet s’articule autour de 3 objectifs :
- Acquérir des données permettant de mieux cerner l’influence des facteurs climatiques, agronomiques et environnementaux sur le Mycosphaerella.
- Evaluer la nuisibilité de Mycosphaerella sur colza, en particulier au regard des dates d’arrivée et de l’intensité des symptômes visibles en définissant une période de surveillance, de sensibilité et si possible des seuils indicatifs de risque. Des perspectives concernant de nouvelles stratégies de lutte contre le Mycosphaerella devraient découler des enseignements de cet axe de travail.
- Elaborer et diffuser une grille d’estimation a priori du risque, établie à partir des connaissances précédemment acquises.
Les résultats attendus
- Proposer des évolutions, si possible, du protocole harmonisé national de suivi BSV du colza.
- Répondre aux besoins des rédacteurs de BSV et conseillers agricoles : documents support de méthodes de reconnaissance, de suivi de la maladie, de prise en compte des paramètres importants pour l’analyse de risque…
- Fournir des éléments de recommandations propres à la protection intégrée : mesures prophylactiques, raisonnement de la lutte directe selon le contexte, etc.
Le rôle de Terres Inovia
Porteur de projet
Terres Inovia est le seul porteur de ce projet. Il a donc la charge de la totalité du projet et est responsable de son bon déroulement. Les expériences portant sur la nuisibilité sont réalisées à l’aide de prestataires mais aussi en interne avec l’expertise de la DRT. Concernant la partie sur la compréhension de la biologie de la maladie, celle-ci est mise en place dans les essais portant sur la nuisibilité avec notamment le suivis de l’expression des symptômes en lien avec la dissémination des spores et les conditions climatiques. La partie portant sur l’évaluation variétales vis-à-vis du Mycosphaerella est réalisée au sein des essais variétés de Terres Inovia chaque qui sont mis en place chaque année, en conditions de contamination naturelle.
Vous avez une question ?
Contactez notre spécialiste qui répondra rapidement à votre demande.
Ces projets pourraient vous intéresser
Voici d'autres projets abordant les mêmes thématiques.
Ouverture Occitanie
Accompagner la transition agroécologique de 30 exploitations agricoles en Occitanie
-
Colza
Pois d'hiver
Tournesol
Pois de printemps
Soja
Féverole d'hiver
Féverole de printemps
Lentille
Pois chiche
Lin d'hiver
Lin de printemps
Lupin d'hiver
Lupin de printemps
Cameline
Chanvre
Ravageurs
Fertilité et gestion durable des sols
CONCERTO
Gestion agroécologique concertée des insectes ravageurs en grandes cultures
-
Colza
Tournesol
Pois d'hiver
Pois de printemps
Soja
Féverole d'hiver
Féverole de printemps
Lentille
Pois chiche
Lin d'hiver
Lin de printemps
Lupin d'hiver
Lupin de printemps
Cameline
Chanvre
Débouchés
M2ProLIV
Vers des ingrédients protéiques multifonctionnels obtenus par transformation modérée de co-produits végétaux riches en lipides bénéfiques pour la santé
-
Colza
Pois d'hiver
Tournesol
Pois de printemps
Féverole d'hiver
Soja
Féverole de printemps
Lentille
Pois chiche
Lin de printemps
Lin d'hiver
Lupin d'hiver
Lupin de printemps
Cameline
Chanvre
Produire avec l’agroécologie
TwinFarms
Déployer des jumeaux numériques à l’échelle de l’exploitation agricole pour favoriser l’innovation agroécologique
Cécilia Fontyn - c.fontyn@terresinovia.fr
01/01/2025 Eclairer les décisions stratégiques Terres Inovia En cours NonSpécial Tournesol 2026 : Terres Inovia renouvelle son partenariat avec le groupe Réussir
Une nouvelle fois, l'institut technique a contribué à l'élaboration d'un support édité par le groupe Réussir et dédié à la culture du tournesol.
Une nouvelle fois, l'institut technique a contribué à l'élaboration d'un support édité par le groupe Réussir et dédié à la culture du tournesol.
Dans ce nouveau numéro du Spécial Tournesol 2026, plusieurs articles ont été rédigés par les experts de Terres Inovia.
- Une année 2025 chaude, sèche et... peu productive, par Elodie TOURTON.
- Phosphore, potasse : les apports sont-ils bien valorisés ? par Emile LEREBOUR
- Quel intérêt de la fertilisation azotée ? par Emile LEREBOUR
- Évaluer le risque taupin et noctuelle terricole pour adapter la lutte, par Laurent RUCK
- Un verticillium qui gagne du terrain dans l'ouest et le centre de la France, par Cécilia FONTYN
- Dégâts d'oiseaux à la levée : comment diminuer les risques ? par Christophe SAUSSE
- Caractéristiques des variétés de tournesol selon leur type et leur précocité, par Céline MOTARD
Emile LEREBOUR - e.lerebour@terresinovia.fr
Laurent RUCK - l.ruck@terresinovia.fr
Cécilia FONTYN - c.fontyn@terresinovia.fr
Christophe SAUSSE - c.sausse@terresinovia.fr
Céline MOTARD - c.motard@terresinovia.fr
Pois et féveroles : les traitements de semences disponibles pour les protéger
Depuis le retrait du WAKIL XL en 2021 et deux campagnes avec un usage dérogatoire pour cette spécialité jusqu’en 2023, les semences de protéagineux sont sans protection spécifique face aux mildious. Que s’est-il passé depuis ? Quelles solutions sont désormais disponibles pour protéger les pois et féveroles ?
Depuis le retrait du WAKIL XL en 2021 et deux campagnes avec un usage dérogatoire pour cette spécialité jusqu’en 2023, les semences de protéagineux sont sans protection spécifique face aux mildious. Que s’est-il passé depuis ? Quelles solutions sont désormais disponibles pour protéger les pois et féveroles ?
Les mildious du pois (Peronospora pisi) et de la féverole (Peronospora viciae) sont deux pathogènes distincts qui peuvent occasionner des pertes de pieds à la levée et donc impacter le peuplement voire le rendement. Les agents de la fonte des semis sont quant à eux plus nombreux (genres Pythium, Fusarium, etc.) et peuvent être communs à ces deux cultures. Enfin, l’aphanomycès est un pathogène spécifique du pois protéagineux et particulièrement du pois de printemps, qui peut avoir un réel impact sur le rendement de la culture en entraînant la pourriture du système racinaire et ainsi la perte de pieds.
Combiner les leviers
A ce jour, aucune solution de traitement de semences n’est disponible pour lutter contre l’aphanomyces. Des règles simples de choix de parcelle en fonction de différents critères permettent d’éviter les situations à risque (outil Eva de Terres Inovia). Des variétés de pois de printemps plus tolérantes ont par ailleurs été inscrites et sont conseillées dans les parcelles faiblement contaminées pour sécuriser les rendements. Elles permettent d’envisager la culture du pois de printemps sur des parcelles à pression faible à modérée. Enfin, Terres Inovia poursuit l’évaluation de solutions de traitements de semences pour compléter la stratégie de gestion.
À la suite de l’interdiction de l’usage en plein champ du WAKIL XL, les pois et les féveroles avaient perdu leur unique solution de traitement de semences alors disponible. Avec son large spectre, le WAKIL XL permettait de sécuriser l’implantation de ces deux cultures en ayant une action à la fois anti-mildiou via le métalaxyl-M mais aussi une action anti-fonte des semis via le fludioxonil et le cymoxanil. Depuis 2021, le seul traitement de semences autorisé sur pois et féveroles était le PREPPER, à base de fludioxonil (voir encadré). Ce dernier n’a aucune action contre les mildious mais montre une efficacité contre les agents de la fonte des semis (Fusarium et Ascochyta).
Depuis 2023, une augmentation de la présence de mildiou a été observée sur pois protéagineux dans les réseaux BSV. L’augmentation constatée concerne les attaques primaires (c’est-à-dire à la levée de la culture) et montre bien la présence du pathogène dans les parcelles, où il peut se conserver jusqu’à huit ans. En moyenne 4,6 % de parcelles ont été déclarées touchées par du mildiou entre 2011 et 2023 (utilisation du WAKIL XL autorisée) contre 16 % en moyenne pour 2024 et 2025 (moyennes pondérées). Sans avoir de volonté d’explication statistique, ces chiffres mettent en avant une tendance sur les dernières années (figure 1) et le besoin d’une solution de gestion performante de cette maladie.
PREPPER : un usage limité
Attention, depuis 2025, Certis-Belchim a fait retirer l’usage de la spécialité PREPPER sur féveroles et ne cautionne plus cet usage. Il reste cependant disponible sur pois protéagineux et les autres cultures bénéficiant déjà d’une AMM.
Une dérogation pour un traitement de semences anti-mildiou
La demande de dérogation 120 jours (art53 REG 1107/2009) déposée le 2 juillet 2025 par Terres Univia et Terres Inovia au niveau des services du ministère de l’Agriculture – avec le soutien de Corteva – a reçu un avis positif.
La spécialité commerciale LUMISENA, traitement de semence efficace contre le mildiou, bénéficie donc d’un usage dérogatoire pour la campagne 2026 (Graines protéagineuses*Trt Sem*Champignons (pythiacées)). Les semences traitées sont utilisables du 15/11/2025 au 15/03/2026 (120 jours) uniquement pour le pois protéagineux et la féverole (printemps et hiver).
Retrouvez tous les articles des éditions d'Arvalis & Terres Inovia infos ici : https://www.terresinovia.fr/fr/actualites/consultez-le-dernier-numero-darvalis-terres-inovia-infos-6
Pensez à vous inscrire à nos formations dédiées :
Anne Moussart - a.moussart@terresinovia.fr
Mildiou du tournesol : un homme averti en vaut deux !
En 2025, quelques cas de mildiou du tournesol ont été recensés en Lorraine et en Haute-Marne. Ces premiers signaux nous invitent à tenir davantage compte de ce risque sanitaire dans les choix techniques. Rapide revue de connaissance sur cette maladie et les stratégies de lutte.
En 2025, quelques cas de mildiou du tournesol ont été recensés en Lorraine et en Haute-Marne. Ces premiers signaux nous invitent à tenir davantage compte de ce risque sanitaire dans les choix techniques. Rapide revue de connaissance sur cette maladie et les stratégies de lutte.
Une maladie nuisible avec une grande capacité d’adaptation
Le mildiou du tournesol (P. halstedii) est une maladie particulièrement nuisible et redoutée.
Les spores de mildiou attaquent les jeunes racines de tournesol en présence d’eau libre dans le sol. Ces contaminations précoces occasionnent des plantes naines improductives. Chaque pied touché est donc un pied perdu.
Les races de mildiou évoluent en permanence pour contourner les résistances qui leur sont opposées. Cette capacité d’adaptation en fait un ennemi redoutable et implique une gestion responsable des leviers de lutte pour assurer leur efficacité et leur durabilité.
Des leviers de lutte efficaces mais pas infaillibles
Le mildiou est un problème sanitaire sérieux mais il n’est pas sans solution.
La sélection variétale est aujourd’hui le principal levier de lutte efficace contre la maladie. Il existe sur le marché des génétiques avec des profils mildiou sécurisants (RM9) bien qu’ils ne soient jamais infaillibles.
Les traitements de semences à base d’oxathiapiproline (PLENARIS, LUMISENA) constituent également un levier de lutte efficace. Toutefois, compte tenu du risque élevé de développer une résistance à cette substance active, Terres Inovia déconseille la généralisation de ce traitement de semences. Il doit être réservé à des situations particulières : historique d’attaques sur la parcelle, succession culturale à risque, génétique avec un profil mildiou classé Autre ou RM8.
Voir la position technique détaillée de Terres Inovia sur le lien suivant : Note de Terres Inovia 2025 sur le mildiou du tournesol
Compte tenu de la capacité d’adaptation du pathogène, ces leviers de lutte peuvent être pris en défaut dans des situations à risque fort. La gestion agronomique préventive reste donc indispensable pour assurer la durabilité de ces solutions.
La fréquence de retour du tournesol est un puissant amplificateur du risque maladie
Le risque zéro n’existe pas avec le mildiou. Néanmoins, il est possible de réduire le risque a priori en appliquant quelques principes. La fréquence de retour du tournesol est le premier levier à actionner ! Un retour raisonnable tous les 4 ou 5 ans minimum limite le risque d’avoir une attaque fortement nuisible. Les successions avec plus d’un tournesol tous les 3 ans sont à éviter. Les tournesols de tournesol sont à bannir. Dans ces situations en 2025 (conditions climatiques favorables), même les meilleures génétiques ont pu être contournées. Vis-à-vis du risque mildiou, les mélanges sorgho - tournesol sont à considérer comme une culture de tournesol .
D’autres mesures peuvent aussi être mises en œuvre. Les tournesols dans les couverts sont à éviter, de même que le niger. La bonne gestion des adventices de la famille des astéracées (séneçon commun, laiteron des champs, laiteron rude, matricaire camomille, bleuet) limite la multiplication de l’inoculum. L’alternance des variétés de tournesol limite le risque de contournement de la résistance génétique. Favoriser une bonne structure de sol pour l’évacuation de l’eau et décaler le semis si de fortes pluies sont annoncées participent également à limiter le risque de contamination.
Savoir reconnaitre le mildiou et le signaler
Le mildiou est une maladie émergente sur la région qu’il faut apprendre à reconnaitre. Par chance, c’est assez facile ! Le mildiou occasionne des taches chlorotiques délimitées par les nervures sur les feuilles. La présence d’un feutrage blanc sur la face inférieure des feuilles est caractéristique de la maladie et permet de confirmer le diagnostic. Les plantes touchées sont nanifiées. Les capitules sont dressés vers le ciel. Les pieds touchés peuvent être isolés, en foyers sur les zones les plus humides ou généralisés. N’hésitez pas à signaler à votre technicien et à l’ingénieur régional Terres Inovia les cas identifiés. Cela permettra de vous accompagner individuellement et d’assurer une veille sanitaire à l’échelle du territoire.
Consultez le dernier numéro d'Arvalis & Terres Inovia infos
Les quatre éditions du numéro d'Arvalis & Terres Inovia infos de janvier 2026 sont disponibles et consultables en ligne.
Les quatre éditions du numéro d'Arvalis & Terres Inovia infos de janvier 2026 sont disponibles et consultables en ligne.
Tournesol et oléoprotéagineux
- Tournesol : les variétés évaluées par Terres Inovia en 2025
- Implantation du tournesol : viser une levée avant le 1er mai
- Tournesol sauvage : faire front commun pour en venir à bout !
- Légumineuses de printemps : surveiller les thrips, sitones et pucerons dès la levée
- Pois et féveroles : les traitements de semences disponibles pour les protéger
Bonne lecture !
Les quatre éditions consultables en ligne
Edition Centre, Centre-Ouest, Vendée, Poitou-Charentes
Edition Nord, Normandie, Bretagne, Pays de la Loire
Edition Nord-Est, Centre-Est, Sud-Est
Attention une erreur s'est malencontreusement glissée dans les éditions Centre, Centre-Ouest, Vendée, Poitou-Charentes et Sud-Ouest. Dans le tableau oléique précoce, la variété LID 1083H n'a pas été évaluée en 2024. La donnée indiquée est erronée.
CIMA 2025 : une mobilisation contre les maladies des plantes
Des thématiques clés
Note de Terres Inovia 2025 sur le mildiou du tournesol
Le mildiou est un organisme tellurique qui peut survivre sous forme d’oospores plus de 10 ans dans le sol, même sans tournesol.
Rappels sur la maladie
Le mildiou est un organisme tellurique qui peut survivre sous forme d’oospores plus de 10 ans dans le sol, même sans tournesol.
L’absence d’attaque en culture ne signifie donc pas qu’il n’y a pas de mildiou dans la parcelle !
Les spores de mildiou ont besoin d’eau libre dans le sol pour germer et infecter les plantules de tournesol. Des conditions climatiques pluvieuses dans la période suivant le semis sont donc des plus favorables aux contaminations primaires racinaires du mildiou.
Le mildiou est également connu pour sa grande capacité d’évolution. Ainsi, aucune variété, même résistante à toutes les races, n’apporte pas de solution définitive et infaillible contre le mildiou. Les solutions de traitement de semences peuvent elles aussi perdre en efficacité si elles sont mal utilisées. La protection contre cette maladie passe par un raisonnement à la parcelle et sur le long terme, tenant compte de l’historique de la parcelle (attaques, variétés et traitement de semences utilisés). Les maîtres-mots : allongement de la rotation et alternance !
Fréquence mildiou par département : résultats de l'enquête 2025
La pression mildiou de la campagne 2025 est en augmentation par rapport à l’année précédente. Parmi les 1280 parcelles observées par les acteurs du dispositif interprofessionnel de surveillance (Terres Inovia, acteurs du BSV Poitou-Charentes, semenciers), 16,9% des parcelles ont été touchées par le mildiou contre 12,2% en 2024.
Comme en 2023 et 2024, les attaques ont de nouveau été d’une grande sévérité (comparées aux 20 dernières années), avec plus de 15% des parcelles touchées présentant plus de 10% de pieds nanifiés, et 5,1% à plus de 30% de pieds nanifiés. La gravité des attaques de mildiou est en légère baisse par rapport à 2024, mais la fréquence de parcelles avec mildiou est en augmentation ce qui favorise la multiplication de l’inoculum pour les années suivantes.
Situation particulière en 2025 : des attaques significatives de mildiou ont été observées dans le nord-est de la France (hors enquête kilométrique), en Meurthe-et-Moselle, Haute-Marne et Meuse. Les conditions météo de l’année ont pu être très favorables au mildiou, qui passait jusque-là inaperçu. Cette région n’était pas connue pour subir des attaques de mildiou, ce qui montre que même en absence de symptômes les années précédentes, des épisodes de mildiou peuvent tout le même survenir. Cela renforce la nécessité de rester vigilant face à cette maladie.
Position technique 2026 de Terres Inovia
Le schéma ci-dessous explique comment combiner au mieux les moyens de lutte pour bien gérer la situation en fonction de l’historique des parcelles. L’évolution constante des races de mildiou impose une adaptation régulière des stratégies de lutte et des choix variétaux. Les observations réalisées sur le territoire national montrent que, dans la majorité des cas analysés d’attaques de mildiou sur variétés de type RM9, l’isolat en cause correspond à la race 714# (contournant Pl8) C’est pourquoi il est aujourd’hui recommandé de privilégier les variétés dites RM8/9#, résistantes à cet isolat 714Pl8, dans le cas d’attaque précédente sur variété RM9.
Il convient toutefois de rappeler que les populations de Plasmopara halstedii sont en constante évolution. Aucune stratégie de lutte ne peut être considérée comme totalement durable ou absolue. Les recommandations doivent être régulièrement réévaluées en fonction des observations de terrain.
Sclerotinia : caractérisation de la sensibilité au boscalid, prothioconazole, au metconazole ou à l'azoxystrobine
Recherche d’une résistance de Sclerotinia sclerotiorum par la mise en croissance du champignon sur un milieu de culture contenant un fongicide.
Tarif : sur devis
Pour chaque population (1 population = 1 lieu de prélèvement à une date donnée), 10 sclérotes sont analysés afin de déterminer le pourcentage d’individus présentant une résistance. Les résultats sont transmis sous la forme d’un rapport.
Ces prestations pourraient vous intéresser
Construction d'une filière territorialisée
Terres Inovia vous accompagne dans la construction d'une nouvelle filière territorialisée.De la…Impuretés graines oléagineuses
Méthode utilisée : méthode interne Impuretés graines oléagineuses ISO
Méthode utilisée : NF EN ISO 658Teneur en eau graines oléagineuses ISO
Méthode utilisée : NF EN ISO 665Vous souhaitez obtenir un devis ?
Vous souhaitez en savoir plus sur cette prestation ou recevoir un devis ? Envoyez votre demande !
Sclerotinia : caractérisation de la sensibilité aux fongicides de type SDHI
Recherche par analyse moléculaire (HRM) de mutations sur le gène de la succinate déshydrogénase conférant la résistance aux fongicides SDHI chez Sclerotinia sclerotiorum.
Tarif : sur devis
Pour chaque population (1 population = 1 lieu de prélèvement à une date donnée), 10 sclérotes sont analysés afin de déterminer le pourcentage d’individus présentant une mutation. Les résultats sont transmis sous la forme d’un rapport.
Ces prestations pourraient vous intéresser
Construction d'une filière territorialisée
Terres Inovia vous accompagne dans la construction d'une nouvelle filière territorialisée.De la…Impuretés graines oléagineuses
Méthode utilisée : méthode interne Impuretés graines oléagineuses ISO
Méthode utilisée : NF EN ISO 658Teneur en eau graines oléagineuses ISO
Méthode utilisée : NF EN ISO 665Vous souhaitez obtenir un devis ?
Vous souhaitez en savoir plus sur cette prestation ou recevoir un devis ? Envoyez votre demande !