En 2025, quelques cas de mildiou du tournesol ont été recensés en Lorraine et en Haute-Marne. Ces premiers signaux nous invitent à tenir davantage compte de ce risque sanitaire dans les choix techniques. Rapide revue de connaissance sur cette maladie et les stratégies de lutte.
Une maladie nuisible avec une grande capacité d’adaptation
Le mildiou du tournesol (P. halstedii) est une maladie particulièrement nuisible et redoutée.
Les spores de mildiou attaquent les jeunes racines de tournesol en présence d’eau libre dans le sol. Ces contaminations précoces occasionnent des plantes naines improductives. Chaque pied touché est donc un pied perdu.
Les races de mildiou évoluent en permanence pour contourner les résistances qui leur sont opposées. Cette capacité d’adaptation en fait un ennemi redoutable et implique une gestion responsable des leviers de lutte pour assurer leur efficacité et leur durabilité.
Des leviers de lutte efficaces mais pas infaillibles
Le mildiou est un problème sanitaire sérieux mais il n’est pas sans solution.
La sélection variétale est aujourd’hui le principal levier de lutte efficace contre la maladie. Il existe sur le marché des génétiques avec des profils mildiou sécurisants (RM9) bien qu’ils ne soient jamais infaillibles.
Les traitements de semences à base d’oxathiapiproline (PLENARIS, LUMISENA) constituent également un levier de lutte efficace. Toutefois, compte tenu du risque élevé de développer une résistance à cette substance active, Terres Inovia déconseille la généralisation de ce traitement de semences. Il doit être réservé à des situations particulières : historique d’attaques sur la parcelle, succession culturale à risque, génétique avec un profil mildiou classé Autre ou RM8.
Note de Terres Inovia 2025 sur le mildiou du tournesol
Compte tenu de la capacité d’adaptation du pathogène, ces leviers de lutte peuvent être pris en défaut dans des situations à risque fort. La gestion agronomique préventive reste donc indispensable pour assurer la durabilité de ces solutions.
La fréquence de retour du tournesol est un puissant amplificateur du risque maladie
Le risque zéro n’existe pas avec le mildiou. Néanmoins, il est possible de réduire le risque a priori en appliquant quelques principes. La fréquence de retour du tournesol est le premier levier à actionner ! Un retour raisonnable tous les 4 ou 5 ans minimum limite le risque d’avoir une attaque fortement nuisible. Les successions avec plus d’un tournesol tous les 3 ans sont à éviter. Les tournesols de tournesol sont à bannir. Dans ces situations en 2025 (conditions climatiques favorables), même les meilleures génétiques ont pu être contournées. Vis-à-vis du risque mildiou, les mélanges sorgho - tournesol sont à considérer comme une culture de tournesol .
D’autres mesures peuvent aussi être mises en œuvre. Les tournesols dans les couverts sont à éviter, de même que le niger. La bonne gestion des adventices de la famille des astéracées (séneçon commun, laiteron des champs, laiteron rude, matricaire camomille, bleuet) limite la multiplication de l’inoculum. L’alternance des variétés de tournesol limite le risque de contournement de la résistance génétique. Favoriser une bonne structure de sol pour l’évacuation de l’eau et décaler le semis si de fortes pluies sont annoncées participent également à limiter le risque de contamination.
Savoir reconnaitre le mildiou et le signaler
Le mildiou occasionne des taches chlorotiques délimitées par les nervures sur les feuilles. La présence d’un feutrage blanc sur la face inférieure des feuilles est caractéristique de la maladie et permet de confirmer le diagnostic. Les plantes touchées sont nanifiées. Les capitules sont dressés vers le ciel. Les pieds touchés peuvent être isolés, en foyers sur les zones les plus humides ou généralisés. N’hésitez pas à signaler à votre technicien et à l’ingénieur régional Terres Inovia les cas identifiés. Cela permettra de vous accompagner individuellement et d’assurer une veille sanitaire à l’échelle du territoire.