Pour améliorer l’autonomie protéique des élevages, Terres Inovia travaille sur les process de transformation des graines oléagineuses et protéagineuses. Un éventail de ces travaux a été présenté lors du Salon International de l’Agriculture, le 27 février.
Le besoin en protéine pour les animaux (par ration) oscille entre 14 à 22 %, bien au-delà de la teneur en protéines des céréales (entre 8 et 13%). Si les tourteaux représentent 31 % en volume des aliments composés, ils représentent environ 45 % de leur valeur financière tandis que le pays importe de 85 à 90% des tourteaux de soja consommés et 30-40% des tourteaux de tournesol.
Améliorer de 10% la valeur protéique du colza
En travaillant sur les procédés de transformation, il est possible de réduire cette dépendance en améliorant la valeur nutritionnelle des protéines produites localement. « Améliorer de 10 % la valeur protéique du colza reviendrait à disposer la même quantité de protéines avec 130 000 ha de moins, ou bien, sans semer un hectare de plus, réduire les importations de tourteaux de soja de 160 kt », indique Patrick Carré, ingénieur des procédés de Terres Inovia. Comment ?
L’institut travaille sur trois pistes d’actions :
• Protéger les protéines contre les dégradations du rumen (ruminants, lait)
• Réduire les dommages thermiques qui pénalisent la digestibilité des protéines
• Réduire les fibres pour concentrer les protéines et améliorer la digestibilité des acides aminés par le décorticage
Toastage en ferme et extraction mécanique du tournesol
Dans le projet Tecapel, en particulier, l’institut technique cherche à améliorer le toastage en ferme pour mieux valoriser les sources protéiques locales dans le cadre de la production laitière par la réduction de la dégradabilité ruminale des protéines au moyen de traitements thermiques. « Nous avons constaté une grande hétérogénéité de l’efficacité de cette technologie et notre objectif est proposer une conduite optimisée du procédé. Le projet a permis de mesurer cette efficacité dans un cadre expérimental pour mesurer les dégradabilités par la méthode des sachets mobiles à l’INRAE de Rennes puis les performances zootechniques en production laitières sur trois ruminants. Les résultats expérimentaux sur féveroles sont prometteurs mais nécessitent des combinaisons de temps et température très exigeants que les équipements disponibles ne permettent pas toujours d’atteindre en conditions fermières ».
Un autre axe des travaux de l’institut : l’extraction mécanique de l’huile de tournesol décortiqué, dont l’intérêt est d’augmenter la teneur en protéines et la digestibilité des acides aminés. « On gagne 10 points de digestibilité pour les protéines chez les monogastriques tout en ayant une meilleur densité énergétique.Toutefois, le pressage est un verrou technique, car sans coques l’extraction mécanique de l’huile devient problématique". Terres Inovia s’est engagé dans une étude fondamentale pour comprendre les raisons de cette difficulté et développer des solutions pour un pressage plus efficace préservant la qualité nutritionnelle des protéines.
Les travaux sur les process du colza et du soja
Pour le soja, le procédé conventionnel n’est pas optimal(temps de séjour longs et dispersion des temps de séjour). Les pistes envisageables :
• Revoir la gestion de l’écoulement des graines
• Améliorer l’efficacité séchante des cuiseurs par un meilleur contact air-soja,
• Améliorer l’extraction mécanique pour limiter le besoin de séchage (meilleurs arrangements des presses)
Pour le colza, un procédé a été mis au point permettant de presser à froid les graines décortiquées (procédé PEP : pression extrusion pression). « Il permet d’éviter la perte de lysine qu’on observe dans le colza industriel, améliore la teneur en protéines, réduit de près de 50 % la teneur en cellulose et améliore la digestibilité des acides aminés de 10 à 15 points ».