Published on 13 January 2026 | Updated on 13 January 2026

Tournesol sauvage : faire front commun pour en venir à bout !

Toujours d’actualité, cette adventice nécessite que les actions soient menées tôt dans la parcelle afin d’en maîtriser l’infestation. Les VTH font partie de l’arsenal de lutte, mais d’autres leviers méritent l’attention de tous afin de coordonner la gestion à l’échelle globale.

Caractérisé par un port buissonnant, une polyflorie (nombreux capitules de petite taille), une hauteur souvent supérieure à 2 m et la plupart du temps une tige ou des pétioles anthocyanés (avec une teinte rougeâtre), le tournesol sauvage reste une menace à ne pas négliger. Des solutions en cultures existent, elles doivent être préservées et s’inscrire dans le cadre d’une gestion globale.

Les caractéristiques du tournesol sauvage permettent de le distinguer du tournesol cultivé. En revanche, les confusions sont fréquentes avec les tournesols ornementaux, issus d’un croisement entre une lignée et un tournesol ornemental à proximité de la parcelle de multiplication de semences. Tournesol sauvage et tournesol ornemental sont considérés comme des tournesols adventices.
 

La polyflorie, un faux indice !

Attention à ne pas confondre les tournesols adventices avec des repousses de tournesol cultivé ayant une polyflorie, ces dernières étant systématiquement sur l’inter-rang, de hauteur comparable au tournesol cultivé et sans coloration rougeâtre. Par ailleurs, en réaction à un stress, certaines plantes de tournesol cultivé peuvent également présenter un caractère polyflore, mais restent d’une hauteur comparable aux autres tournesols et sans coloration rougeâtre.
 

Des précautions pour assurer la pérennité des VTH

Apparu en 2005 sur le territoire français, les tournesols adventices sont toujours signalés dans 10 à 15 % des parcelles enquêtées annuellement par Terres Inovia à l’échelle du territoire national (échantillon moyen annuel de 519 parcelles enquêtées). L’essentiel des signalements correspond à des pieds isolés, le plus souvent sur le rang, preuve d’une néo-infestation des parcelles dont l’origine est liée au lot de semences employées. 

La déhiscence prématurée des graines engendre une forte augmentation du stock semencier en l’absence de moyens de gestion. Une situation de néo-infestation non maitrisée, peut rapidement évoluer vers des foyers puis des infestations partielles ou totales. La concurrence exercée sur le tournesol cultivé peut se traduire par une perte de rendement qui dépasse 50 % du potentiel et altérer la teneur en acide oléique. 

En l’absence de problématique connue sur la parcelle, identifier dès que possible les tournesols « hors types ». Si ces individus présentent les caractéristiques d’un tournesol adventice (couleur rougeâtre sur pétiole et au centre du capitule, taille significativement supérieure, polyflorie avec difficulté pour identifier un capitule principal), il faut alors détruire les plantes. Si des graines sont déjà formées sur l’un des capitules, il est nécessaire de sortir les plantes de la parcelle.

Si la problématique est déjà connue, avec une présence moyenne à forte, les variétés tolérantes aux herbicides (VTH) sont indispensables, avec une application impérative de l’herbicide associé. Aucune zone de la parcelle ne doit rester sans traitement.

Le risque de croisement avec un tournesol d’une VTH est préoccupant. Les travaux menés en 2008 par Terres Inovia avaient mis en évidence le risque avéré de transmission du caractère VTH en présence de tournesols sauvages au sein d’une parcelle cultivée avec une VTH. Tandis que les solutions de désherbage développées sur VTH (SX, Clearfield ou Clearfield Plus) demeurent les seules efficaces contre les infestations de tournesols adventices en végétation, l’acquisition de la résistance à ces solutions par l’adventice rendrait la lutte impossible. Il est donc impératif d’appliquer l’herbicide associé en début de cycle, afin de prévenir tout risque de croisement en cas de contamination du lot de semences.

Agir pour assainir la parcelle

Après une infestation, il est recommandé d’éviter le labour, afin de laisser les graines en surface, lesquelles seront ainsi soumises aux contraintes climatiques, ce qui altérera leur potentiel germinatif. Les faux-semis avant les cultures de printemps ainsi que le déstockage par un déchaumage aussitôt après la récolte des cultures d’automne sont utiles à moyen terme s’ils sont répétés dans les différentes intercultures. La répétition des passages pendant l’été ne présente en revanche pas d’intérêt. Dans la mesure où la dormance des tournesols sauvages est plus profonde que celle des tournesols cultivés, l’effet d’un déstockage d’automne après la récolte du tournesol sera inutile. Sur la dernière interculture avant le prochain tournesol, un labour profond avec retournement peut s’envisager, pour repartir sur une situation assainie. Dans le cas contraire, privilégier un décalage de la date de semis et une destruction des individus levés au glyphosate.

La gestion efficace des tournesols sauvages implique tous les acteurs de la filière, pas uniquement les agriculteurs mais aussi le conseil et la distribution ainsi que les semenciers (meilleur contrôle des lots de semences). 

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